Une ombre sur le Causse

Le cri du loup dans la nuit

Olivier est attentif à l’aboiement d’Oural, il s’arrête un instant, son cœur battant la chamade alors que le jappement de son chien résonne dans le silence pesant du buron. Il sait que ce son pourrait signifier deux choses : soit son fidèle compagnon a repéré quelque chose d’inhabituel, soit les contrebandiers sont de retour et là il est mal.

Avec précaution, il avance dans l’obscurité, la lumière de sa lampe torche balayant les murs en pierre. Les ombres dansent autour de lui, créant une atmosphère de suspense. Le chien, toujours en alerte, grogne faiblement, comme s’il avait pressenti la présence d’intrus, mais il ne vient pas vers lui.

Je ne lui envoie pas d’ultrasons et le laisse vagabonder, il ne jappe plus, il a dû voir un mulot ou des randonneurs qui vont dormir à la belle étoile.

C’est à ce moment précis que vers le fond du buron là où le mur a des marches pour se rendre au grenier qu’un bruit sourd retenti . Olivier se fige, son instinct de survie prenant le dessus. Il se rapproche doucement, le cœur battant, la lampe torche pointée vers l’origine du bruit. À mesure qu’il s’approche, il distingue des voix, basses et furtives, échappées de l’ombre.

Vite il y a des intrus, par où sont-ils arrivés ? Ils devaient être dans le grenier. Il lui faut se replier et disparaître sinon il risque de se faire prendre sans découvrir ce qu’il se trame ici.

Mais il veut savoir, il a dans sa poche un petit appareil à infrarouge, il le met sur ses jumelles et sens être vu il observe.

Il s’agit de deux hommes, visiblement en train de discuter de quelque chose d’illégal. Olivier se dissimule le long de la trappe donnant accès à la cave, il se baisse brutalement et attend, tous ses sens sont en éveils. Il est souple si les deux hommes s’avancent, il aura le temps de se précipiter à l’extérieur. Mais pour l’instant il essaie d’entendre leurs paroles :

« On doit agir vite, sinon on va se faire pincer », dit l’un d’eux, tandis que l’autre acquiesce d’un air nerveux.

Olivier réalise qu’il doit agir, mais comment ? Il peut appeler son chef mais il a laissé son téléphone et ses papiers entre les pierres de la murette pour éviter d’être découvert et pour empêcher de donner l’alarme à l’ensemble de ceux qui opèrent sur les chemins de Compostelle. En restant planquer, il peut encore surprendre les hommes et récupérer des informations sur les kidnappings. Ou alors, il pourrait tenter de se faufiler en dehors du buron pour aller chercher de l’aide. Mais ce serait à ce moment-là que la chasse se focaliserait sur lui.

Pourtant son chien, toujours vigilant, semble plus qu’impatient. Olivier sait qu’il doit prendre une décision rapidement. Maintenant Oural hurle , c’est une plainte qui fend la nuit. Olivier a même l’impression d’entendre une meute qui lui répond. Les deux hommes à leur tour sont inquiets. Olivier le ressent à son tour, mais lui n’a pas peur, il connaît Oural, sur le Causse on a réintroduit des loups, possible que ce soit eux qui lui répondent. Toutefois Olivier est sceptique l’été ils ne traînent pas sur les chemins. L’impression qu’il ressent c’est que ce sont des êtres humains qui essayent d’attirer Oural. Qui sont-ils ? Amis ou ennemis, il lui faut sortir pour en avoir le coeur net.

Mais c’est Oural qui entre et se jette sur un des hommes, il ne va pas le manger comme semble le croire le second qui dit :

Pitié je me rends, je sais qu’il y a un intru. Pitié délivrez-nous de cette bête.

A suivre…

Copyright Janvier 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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