Une ombre dans l’escalier 23

Quelques heures plus tard… Saint-Ouen, Quai de Seine – 03h12

Le fourgon s’arrêta sans un bruit, phares éteints. D’autres véhicules étaient déjà positionnés autour du vieux bâtiment industriel, un monstre de tôle et de béton dormant au bord du fleuve. L’air sentait la rouille, le fuel et la pluie menaçante. Il n’y avait personne, tout avait été nettoyé. C’était propre, pas le moindre mégot, aucun papier, la place était nette. Si Shana en avait pas été persuadée, ils seraient passés à côté. Un gémissement là derrière un mur fraîchement monté. Le premier coup avait déclenché le hurlement d’une femme. Shana avait mené le groupe et c’est elle qui est entrée la première sa soeur gisait au sol à moitié nue, un bol d’eau à proximité et une laisse autour du cou pour un jeu sadique du procureur. Elle avait réussi, Edith sa soeur était vivante, maintenant c’était le temps de la reconstruction.

Quelques jours plus tard, Shana a enfin retrouvé sa fille, il y a eu des pleurs et de longues embrassades, puis Edith a entouré sa jeune sœur et sa nièce pour que chacune apprivoise l’autre. Mila connaissant Edith, cela lui a facilité la tâche. Depuis qu’elle avait su que l’enfant dont elle s’occupait c’était l’enfant de sa petite soeur, elle n’avait pas arrêté de lui parler de sa maman. Et ce fut tout naturellement que la fillette allait vers celle qu’elle connaissait le visage.

le jour où Mila a dit Maman à Shana, cette dernière s’est mise à pleurer des larmes de joie.

Pendant ce temps dans les bureaux de l’Aide Sociale à l’Enfance, on vient d’avertir Myriam que tout est conforme l’enfant Noam est bien le sien les test adn sont formels. Demain elle va retrouver son fils, Alain l’accompagne car c’est lui son père. Il est heureux et abasourdis, Noam a été conçu un soir de folie entre eux deux, mais qu’importe Alain est fier de son fils.

Face à Myriam et Alain, un petit garçon, assis sur un tapis, des cubes dans les mains. Un ours en peluche dans le coin. Il a grandi. Il a changé. Mais ses yeux, ces yeux sombres et profonds, c’est ceux de son père. Six mois se sont écoulés depuis ces jours de folie. Six mois avant de pouvoir prendre son bébé dans les bras.

— Noam… », murmure Myriam. L’enfant lève la tête la regarde.

Un instant, le silence absolu.Puis, doucement, il se lève, avance, il pose sa main sur celle de Myriam, sourit à son père, pas un mot. Juste ce contact, comme une reconnaissance instinctive.

Myriam tombe à genoux. Elle pleure sans bruit. Elle n’ose pas l’étreindre. Pas encore. Une éducatrice chuchote :

— Il vous regarde depuis qu’il est là. Il ne pleure pas. Il attend.

Noam approche, plus prêt, un pas deux pas, il s’approche encore. Puis il entoure le cou de Myriam de ses petits bras. Et là, elle craque. Elle le serre fort. Comme si elle ne voulait plus jamais le lâcher.

Alain attend, il a désormais tout son temps, Myriam l’a accepté comme son futur epoux. Elle lui murmure, entre deux larmes :

— C’est fini, mon cœur. On rentre à la maison.

A suivre…

Copyright juin 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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