Shana face à son passé 4

Lorsque Thomas a terminé d’expliquer à ses tireurs d’élite qui est ce dénommé Etienne de Brevailles, la capitaine Chardon souffla un peu fort à son voisin

— C’est pas possible, cet homme déjeune à Bercy plus souvent que moi à la cantine.

Thomas laissa son groupe en rire, il avait une mission fort importante à accomplir celle d’expliquer à Shana qui était l’homme qu’elle avait vu entrer dans la maison de l’horreur. Et il se disait qu’à côté être tireur d’élite était moins difficile que de choisir des mots pour lui le dire.

Thomas tournait comme un ours en cage, il attendait Shana qui avait été appelé par Myriam qui s’occupait de leurs enfants. Ils étaient repartis chez eux car Shana ne voulait rien savoir. Puis son téléphone avait sonné, Myriam était leur amie et la nounou de leurs enfants depuis plus de 12 ans. Elle a dû lui annoncer que demain elle récupérerait les enfants puisque la mission était annulée.

Lorsque Shana revint, Thomas était au pied du mur, il était grand temps de lui donner la raison pour laquelle tout était annulée.

Après avoir écouté Thomas, Shana n’avait dit aucun mot. Seule une larme avait coulé, puis de gros sanglots l’avaient secoue longtemps. Thomas se sentait impuissant alors il a fait la seule chose qu’il savait faire. Il a pris Shana dans ses brasLa nuit était tombée sans bruit, enveloppant leur appartement d’une ombre douce. Seule la lampe posée au sol projetait une lueur chaude sur les murs, comme un dernier refuge contre tout ce qui, dehors, venait de se briser.Shana se tenait près de la fenêtre, les bras croisés contre elle-même. Son regard, vide, fixait les lumières de la ville. Elle ne pleurait plus. Il n’y avait plus de larmes, seulement un froid planté dans la poitrine.Thomas s’approcha sans un mot. Il posa sa main contre son dos, lentement, comme s’il demandait la permission d’exister à côté d’elle. Elle ne bougea pas tout de suite. Puis elle se tourna vers lui, les yeux rougis, le cœur tremblant.

« Cette nuit j’ai encore plus besoin de toi. Je t’aime. »

Puis elle ajouta :

— Pourquoi est-ce un éternel recommencement ? Pourquoi suis-je toujours au milieu de la tempête ?

Thomas hocha la tête. Il ne chercha pas à répondre. À ce moment-là, les mots auraient été inutiles. Il posa son front contre le sien, ferma les yeux. Leur souffle s’accorda, imperceptiblement, comme deux battements perdus qui se retrouvent. Alors, elle se raccrocha à lui. À ses bras, à sa chaleur, à cette certitude qu’il n’était pas ce monde pourri qu’elle venait de redécouvrir. Il la serra fort, si fort qu’elle sentit son propre cœur battre contre sa poitrine, à travers le sien.

Le baiser naquit entre deux silences. Il était d’abord fragile, presque timide, puis devint plus profond, plus vrai. Shana passa ses mains derrière sa nuque, le tira contre elle comme pour effacer la distance entre leurs corps et les questions sans fin.Ils tombèrent sur le lit comme on tombe dans une vérité simple. Leurs vêtements n’étaient plus qu’un obstacle à la tendresse. Chaque geste était une promesse : je suis là, je te vois, je ne partirai pas. Thomas l’effleura du bout des doigts, comme on trace un poème sur la peau. Elle ferma les yeux, s’abandonna à cette tendresse brûlante. Ce n’était pas une fuite, ce n’était pas une distraction. C’était un cri muet, une lumière dans le noir.

Ils s’aimèrent doucement, intensément, sans urgence. À chaque mouvement, c’était comme s’ils recousaient les fils invisibles qui menaçaient de se rompre. Il y avait de la douleur dans leurs gestes, mais surtout de l’amour – cet amour qui, même écorché, refusait de mourir.

Quand leurs corps s’apaisèrent, mêlés dans le silence, Thomas murmura contre sa peau :

« Tu n’es pas seule. Tu ne l’as jamais été. »

Et elle comprit que malgré tout, la vie continuerait, portée par cette lumière-là.

La lumière douce du matin glissait entre les rideaux entrouverts. Dans la chambre encore tiède de la nuit passée, le silence était vivant, un silence habité, plein de tout ce qu’ils n’avaient pas eu besoin de dire.Thomas était déjà éveillé. Il la regardait dormir, une mèche de cheveux tombée sur son visage, sa respiration paisible. Il n’osait pas bouger. Il y avait dans ce moment quelque chose de sacré, de fragile, comme si le moindre geste pouvait le briser.

Shana ouvrit lentement les yeux. Elle mit quelques secondes à revenir, à se souvenir, puis elle le vit. Il était là, le menton posé contre le bras, le regard tendre.

Elle lui sourit, un sourire encore fatigué, mais vrai.

— Tu ne dors jamais, toi ? murmura-t-elle.

— Je dors quand tu vas bien.

Elle baissa les yeux, touchée. Il n’avait pas besoin d’en dire plus. C’était sa façon à lui de veiller, de panser ce qui en elle avait été blessé sans crier.

Il tendit la main, écarta doucement la mèche de son front.

— Tu veux qu’on parle ? demanda-t-il.

Elle réfléchit. Puis elle secoua doucement la tête.

— Pas tout de suite. Reste… juste là.

Il s’allongea contre elle, son torse contre son dos, son bras passé autour de sa taille. Elle se sentit protégée, entière. Ses doigts vinrent caresser les siens, en silence.

— Tu sais, dit-elle après un moment, je crois que je n’ai jamais aimé comme ça. Comme si t’étais la seule chose qui me tient debout.

Elle ferma les yeux. Une larme glissa sur l’oreiller, mais cette fois, ce n’était pas une larme de douleur. C’était une larme d’amour, simple et immense.

À suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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