Shana face à son passé 12

Et pourtant, un événement inattendu allait changer la donne.

Alors qu’à Lyon se déroulait ces moments dramatiques ou Calmet était liquidé car ayant trop parlé,Shana , épluchait depuis une quinzaine de jours un dossier d’ une unité spécialisée dans les crimes sexuels et réseaux pédocriminels. C’était une affaire non résolue. Des voisins s’étaient plaint de va et viens surtout la nuit d’un nombre impressionnant de personnes qui arrivaient vers 19 heures. Cela se passait dans un quartier résidentiel, lors d’une surveillance autour d’une maison bourgeoise la planque organisée à différents moments de la journée n’avait rien donné. On suspectait le couple d’abriter des “réunions privées” avec des mineurs. Plusieurs photos avaient été prises mais personne n’y avait reconnu qui que ce soit. Et surtout aucun enfant n’était rentré. En conclusion il était noté, des voisins jaloux voudraient aller aux partouzes. Et l’affaire avaient été laissé en suspens. D’autres crimes ou dossiers plus lourd s’étaient greffes sur celui-ci et méritaient plus d’attention qu’une partie de jambes en l’air avec adultes consentant.

Sur les photos prises cinq ans plus tot par des spécialistes de la traque. Une silhouette nette, un visage de profil sortant d’un SUV gris attire le regard de Shana.

Elle n’avait pas eu ce rapport sous les yeux à l’époque. Aujourd’hui, elle se sent mal, le bébé lui va bien. Le visage lui disait quelque chose mais les pages avaient été mainte et mainte fois consulté que c’était plié autour du visage, mais la voiture, elle lui donnait des frissons d’horreur.

En parcourant la presse économique, son œil fut happé par un article illustré du portrait d’un financier interrogé dans le cadre d’un « audit de conformité bancaire ». C’était Etienne de Brevailles, l’homme recherché par Morel, Gendarme dans une brigade de province un tantinet sur la touche et Thomas Lambert chef incontestable de l’unité d’élite du GIGN. Le sang de Shana n’a fait qu’un tour, l’homme que tout Interpol cherchait se pavanait cinq ans plus tôt dans ce pavillon de la ville de X. Voilà le lien qui lui manquait. Voilà la raison pour laquelle elle se sentait mal.

Et ce matin il sortait libre de sa convocation chez le Juge. Et c’était encore lui qui quittait la villa à deux heures du matin, pressé. Shana l’avait déjà vu dans d’autres circonstances. Pourquoi personne n’avait fait le lien ?

Shana lança immédiatement une recherche confidentielle. Et les signaux d’alerte s’enchaînèrent. Des virements suspects. Des allers-retours entre Paris et ce petit village du Beaujolais et de son vin célèbre.

Le Sergent Buisson et elle-même entendent bien distinctement dans les écoutes du passé. Un nom prononcé à voix basse par plusieurs suspects :

— “EB”… c’est lui qui paie. Lui qui protège.”

Elle prit son téléphone et appela le numéro de téléphone privé remis trois mois plus tôt par Julien M.

Ce n’était pas la ligne directe du commissariat central de Lyon. Mais un téléphone prépayé, le même pour tous. Ni vu ni connu.

— Capitaine Morel ? Je crois que vos fantômes croisent les miens. Et si c’est ce que je pense, c’est un putain d’État parallèle qu’on a sur les bras. Et pire tout ce qui nous semblait terminé avec l’arrestation de Capet est de retour . Il y a même des tentacules qui sont au delà de nos frontières. J’arrive.

— Non ! Ne vous fatiguez pas Shana c’est à moi de faire le voyage, rendez-vous là où vous savez.

— Bien Capitaine, le Sergent Buisson et moi nous y allons mon beau-frère nous y conduira avec une voiture passe-partout et une immatriculation bidon.

— Parfait, tout est en place les têtes devraient tomber…

Dès le lendemain, Morel rejoignit discrètement Shana et Buisson à une planque connue de Shana et Morel. Shana emporte avec elle son dossier, ses photos, et surtout : des écoutes téléphoniques accablantes, où un homme (identifié comme un ancien directeur d’établissement social) faisait clairement allusion à « des protections au sommet » venant de l’argent noir géré par le baron” JLC.

L’ancienne villa fut mise sous surveillance, mais à peine deux jours plus tard… elle fut incendiée dans la nuit, aucun blessé. Pas de traces, comme si quelqu’un avait effacé un tableau gênant. Est-ce que les voisins avaient prévenus les propriétaires en voyant le va et viens des voitures qui planquaient derrière et devant la maison. Bien qu’elle soit banalisées dans un quartier calme elles sont vite repérées.

Morel et Shana savaient désormais qu’ils ne pouvaient plus passer par la voie normale. Trop de complicités. Trop de risques.

Il fallait frapper vite, fort, et exposer au grand jour ce que les puissants tentaient d’enterrer depuis des années.

Mais pour ça, il leur fallait encore une chose : les fichiers cryptés de Calmet. Et le seul capable de les déchiffrer était en cavale. Un ancien analyste de la DGSI… lui aussi disparu.

Après quelques jours de filatures discrètes, mais surtout grâce à une ancienne connaissance de Shana au sein du renseignement intérieur qu’ils retrouvèrent Raphaël Brenne, un ex-analyste de la DGSI, spécialiste des systèmes de cryptage bancaires, aujourd’hui planqué dans un squat high-tech de la banlieue lyonnaise.

Quand Morel lui tendit la clé USB de Calmet, Brenne pâlit.

— D’où vient ça ? Qui vous a donné ça ?

— Il est mort, noyé. On pense que c’est vous le dernier à pouvoir nous aider.

Brenne brancha la clé. Le cryptage était du lourd, niveau militaire, mais pas infaisable. Trois heures plus tard, il dévérrouilla le cœur du dossier : une structure en arborescence, contenant des documents comptables masqués par des sociétés écrans, des listes d’invités à des « conférences privées » dans des maisons, hôtels particuliers, chalets en Suisse ou domaines en Bourgogne.

Shana avait annulé sa visite du quatrième mois et l’avait repoussé quinze jours plus tard. Elle n’aurait pas commencé son cinquième mois. Le médecin obstétricien avait accepté mais interdiction d’aller au-delà.

Il y avait des vidéos…Shana, qui avait vu les pires horreurs dans sa carrière, mit ses écouteurs.

Et son visage se figea.

— Ce sont des enfants ils n’ont pas plus de douze ans. Certains parlent allemand, d’autres espagnol. Et lui, là, à droite…C’est un adulte.

Elle agrandit l’image : Étienne de Brévailles, costume froissé, visage moite, assis dans un salon aux rideaux rouges. Il riait, et le pire… Mais Shana ne pouvait pas le dire, Morel se penche sur la vidéo et lui dit

— A partir de maintenant Shana c’est terminé vous ne visionnez plus rien. Baptiste va vous reconduire chez vous.

Elle protesta mais il fut inflexible. Thomas pas plus tard que ce matin m’a téléphoné, il était en colère car il avait appris que vous aviez changé la date de votre visite chez votre médecin. Le Colonel vous ordonne de rentrer chez vous. C’est un ordre Lieutenant.

En repartant avec Baptiste, elle lui dit seulement ses quelques mots :

. Le financier n’était pas seulement au courant. Il participait. Je l’ai vu… J’ai vu…. C’était horrible…

Baptiste tourne brusquement dans une allée forestière et s’enfonce dans la forêt. Shana s’aperçoit de rien jusqu’au moment ou une silhouette en treillis leur barre la route. La porte de Shana s’ouvre et sous le masque elle voit deux yeux verts, ils sont inquiets. C’est Thomas.

Dans un premier temps il l’a câline puis la gronde doucement :

— Baptiste va nous emmener à la visite du quatrième mois, j’ai refusé de l’annuler et nous y serons d’ici deux heures. De plus cette nuit tu as visionne l’Insoutenable, j’aurais dû m’y opposer. A compter d’aujourd’hui seuls Morel et Buisson s’occuperont de mettre le nez dans ce nid de mer

Mais Thomas ne finit pas sa phrase, au même moment il entend dans son oreillette :

 » Alerte, alerte une voiture en vue, immatriculation cachée, deux suspects à l’intérieur. « 

Branle bas le combat dans la forêt, la voiture de Baptiste est emmenée à couvert avec Shana, Baptiste et Thomas. Elle est rapidement mis sous des branches et des feuillages. Shana est cachée dans une planque dans le sol, sur ses oreilles un casque pour ne rien entendre. Elle y est en compagnie de deux des gars de Thomas et de Brittany une anglaise qui était venue les interviewer. Cette dernière trouve fort plaisant ces instants.

Baptiste récupère une mitraillette et suit au pas de courses son frère. Les hommes sont en place. Ils ont ordre de ne tirer que dans les pneus. Les deux hommes Thomas les veut vivant.

A suivre…

Copyright juin 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

8 réflexions sur « Shana face à son passé 12 »

  1. Les preuves s’accumulent concernant le fameux EB.
    Il ne faudrait pas que Shana accouche prématurément, c’est normal que ses supérieurs veuillent la préserver.
    Par contre, ce message d’ans l’oreillette de Thomas « Alerte, alerte une voiture en vue, immatriculation cachée, deux suspects à l’intérieur. » ne dit rien qui vaille…
    Vite, vite la suite !
    Bises et bon vendredi – Zaza

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  2. Bien sûr qu’il y a un indic mais il faudrait que je relise, trop fatiguée ce soir. D’ailleurs, j’avais dit que je partais au jardin !!! mais tu me tortures et c’est difficile d’arrêter quand on est dedans et du coup, je loupe des indices..

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