Shana face à son passé 16

Brittany recule doucement dans le couloir, hors de vue. Le téléphone toujours à la main, elle coupe la vidéo qu’elle vient d’enregistrer.

Elle a entendu une conversation entre un des hommes de Thomas et son ami de promo, il parlait d’une clinique. Les ordres étaient claires suivre Thomas et sa femme partout où ils iraient et les filmer. C’est ce qu’elle venait de faire.

Au même moment elle a un sms sur son portable. Un débriefing est programmé on vous envoie une voiture.

Elle range le téléphone dans la poche intérieure de sa veste. Lisse ses cheveux. Puis prend un instant pour respirer profondément.

Elle a toujours été prudente. Discrète. Trop, peut-être. Depuis le début, elle savait jongler entre les lignes. Ce n’était pas de la trahison, pas vraiment. Juste… des informations déplacées. Des détails transmis, en échange d’une protection, d’un dossier effacé, d’un frère sorti de prison. Ça avait commencé comme ça.

Et maintenant ? Tout a dérapé. Elle n’a jamais imaginé que les hommes attaqueraient si vite. Ni que Shana serait là, elle bien vu dans quel état tout cela l’avait mis.

Elle s’avance vers l’ascenseur, s’efforçant de garder une démarche normale. Son badge pend à sa veste, comme une couverture de routine. En croisant deux agents du GIGN, elle leur sourit. L’un d’eux détourne les yeux. L’autre, non.

Un frisson traverse son dos.

Plus bas, dans le parking sécurisé, un véhicule l’attend. Ordre de mission, dit le message. Elle doit se rendre à un debrief sur la mission manquée. Un détail administratif lui ont-ils dit.

Mais quelque chose cloche. Elle ne sait pas quoi.

Et au dernier étage de l’hôpital, Thomas la regarde depuis la baie vitrée. Il ne dit rien. Il sait. Il a laissé l’ordre passer. Il a laissé le véhicule se préparer. Mais cette fois, c’est elle qu’on suit.

Et il ne compte pas la laisser disparaître.Le moteur tourne déjà quand Brittany atteint le parking souterrain. L’air y est plus frais, figé. Une lumière blafarde tombe des néons au plafond. Elle vérifie l’heure sur sa montre. Tout semble normal.

Le chauffeur ne dit rien lorsqu’elle ouvre la portière arrière. Elle s’installe, ajuste son sac sur ses genoux. La voiture démarre, descend la rampe, puis s’engage dans le couloir de sortie.

Mais au lieu de prendre la direction du boulevard, elle tourne à gauche, vers une autre section du sous-sol.

— Ce n’est pas l’itinéraire, dit-elle, le ton plus tranchant qu’elle ne l’aurait voulu.Silence. Le véhicule s’arrête brusquement.

La portière s’ouvre violemment.

Deux hommes en civil l’attrapent sans un mot, la tirent hors de la voiture. Elle résiste un instant — réflexe de panique — mais elle comprend vite. Ce n’est pas une arrestation de façade. C’est une opération préparée.

Un troisième homme s’approche. Veste foncée, oreillette.

— Brittany Capet née Lemans, vous êtes en garde à vue. Soupçons de compromission, de passage à l’ennemi. d’opération sombre et j’en passe. Vous avez le droit de garder le silence.

Elle tourne la tête, les lèvres entrouvertes. Et dans l’ombre du pilier, Thomas apparaît.

Il ne la regarde même pas vraiment. Son regard passe à travers elle.

— Tu as mis Shana en danger. Mon enfant. Mon équipe. Tu ne parleras plus à personne sans que je sois dans la pièce.

Brittany tente un dernier mot.

— Thomas, je…

.Les agents l’entraînent sans ménagement vers un couloir isolé. Elle sait ce que cela signifie. Il ne s’agit plus de protéger des informations. Il s’agit de vérité.

Lumière blanche, implacable. Un mur miroir sans tain. Deux chaises. Une table. Pas de dossier papier, pas d’ordinateur. Juste une voix, juste lui.

Brittany est assise, les poignets libres, mais elle sait qu’elle ne sortira pas d’ici sans cicatrices. Elle garde la tête haute pour l’instant.

Thomas entre, seul. Il ferme la porte derrière lui. Ne s’assoit pas.Silence.Il la fixe longuement. Brittany soutient le regard, mais elle sait que chaque seconde de silence joue contre elle. Il n’a pas besoin de crier. Il n’a pas besoin d’intimider. Il sait.

— Pourquoi eux ? finit-il par demander. Pourquoi cette information-là ?

Elle ne répond pas tout de suite. Elle tente un sourire, mais il tombe à plat.

— Tiens regarde cette photo. Est-ce que tu le connais ?

Brittany est pâle, puis devient cramoisie et finalement pleure.

Thomas lui hurle

— Qui est cet homme pour toi ? Qui est-il parle ou je …

Puis il se calme et les bras croisés attend.

— Tu sais très bien comment ça marche… Ces gens-là ….

— Stop tes gémissements je connais. Qui est cet homme ?

— C’est… C’est…. Mon mari… Il s’appelle appelait Théo Capet. Nous nous sommes mariés. Enfin je n’étais pas consentantes, mais il voulait un enfant.

— Un fils je suppose

— En as-tu eu un ?

— Oui un garçon.

— Ou est-il ?

— Je l’ai mis en nourrice, mais ce que je n’avais pas dit à Théo c’est que la nourrice c’était ma mère.

— Et tu as été punie

— Comment le sais-tu ?

— Je connais leurs méthode aux Capet le père a violé ma femme pour qu’elle lui donne un fils et la deuxième génération a recommencer.

Ils m’ont menacé d’enlever mon fils, ils ont des moyens importants… Je ne pensais pas que ça irait aussi loin.

— Tu les as introduits dans un périmètre classé. Tu as transmis des horaires de convoi. Tu as fourni des identifiants de terrain.

Brittany fronce les sourcils.

— Je n’ai jamais donné des noms. Jamais. Je voulais juste… brouiller les pistes.

Thomas pose ses deux mains sur la table, doucement, puis s’assoit enfin.

— Tu savais que Shana était dans cette voiture ?

Un silence. Léger vacillement dans le regard.

— Non, murmure-t-elle. Je te jure que non.

— Mais tu savais qu’une femme y serait. Tu savais que ça devenait dangereux.

Elle baisse les yeux, sa voix devient plus fragile.

— Ils m’ont fait croire que ça n’irait jamais jusque-là. Qu’ils avaient juste besoin d’un accès. Pour vérifier un transfert. Pas une attaque. Pas ça.

— Tu travailles pour qui, exactement ? Donne-moi un nom.

Brittany relève les yeux. Il y a encore une hésitation — l’ultime instinct de survie.

— C’est un homme que tu connais m’a dit Théo,

Un frisson lui remonte le dos, mais il ne montre rien.

— Son nom

—JLC le fantôme

Thomas sort et laisse Brittany en plan et demande à son équipe de réfléchir pour savoir à qui appartient ses trois lettres. C’est à ce moment qu’il voit qu’il a plusieurs appels . Trois de Morel, autant de Buisson et un sms laconique de Shana.

Tu ne m’as pas rappelé suite aux appels de Morel et Buisson je vais à la prison voir le géniteur de ma fille. Je sais qui est JLC.

A suivre…

Copyright Juin 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

13 réflexions sur « Shana face à son passé 16 »

  1. Je chercher, je cherche.
    JLC, le géniteur de sa fille ???
    Un Capet, c’est certain, mais ce n’est pas le père, il a été tué par le procureur.
    Ce n’est pas le fils qui a grillé comme une saucisse…
    Peut-être le fils qui est en prison ??? Mais alors, Capet père ne serait pas le père de Mila ???
    Ah damned ! Encore une famille tuyaux de poêle 🤣
    Bises et bon début de semaine – Zaza

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  2. Ta réponse m’a fait remonter en arrière, et eurêka, j’ai compris où j’avais fait mon erreur.
    « Jaril Capet, vous êtes accusé du meurtre de l’ambassadeur de France au Pérou… »
    Capet père était donc en prison. Mais serait-il le seul commanditaire de cette organisation ???
    JC ne correspond par à JLC… Alors ????

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  3. Dis donc, pas facile de «  »voyager » dans tous ces Capet. J’avoue, je m’y perds. Tu aurais pu laisser quelques indices au fur et à mesure, non, tu exagères. Ma tête est trop fatiguée avec cette chaleur !

    Thomas va devoir rester très froid.

    Pas facile ton truc, tu nous fais revenir presque au début avec tous ces viols d’enfants, tout ça pour en avoir un mais garçon.

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