Shana face à son passé 22

Deux semaines de nuits hachées, de biberons en équilibre sur un genou, de pleurs et de sourires presque esquissés. Deux semaines de chamboulement total, mais aussi de joie pure. Ce jour-là, Thomas avait décidé de les présenter à « ses frères ». Ceux avec qui il avait partagé le danger, les silences, les confidences rares… et désormais, un chapitre nouveau.

Dans le 4×4, bien calés à l’arrière, Matéo et Matias dormaient dans leurs sièges-auto, emmitouflés dans des combinaisons minuscules aux couleurs neutres. Shana, radieuse malgré la fatigue, portait un large sweat à capuche dans lequel elle aurait pu dissimuler un troisième bébé.

Mila, téléphone à la main, se prenait déjà pour la photographe officielle de la mission, pendant que Maël levait les yeux au ciel à chaque photo prise.

— T’as dit qu’on y allait 20 minutes, hein ? Pas deux heures, marmonna-t-il.

— Oui, soupira Thomas avec un sourire. C’est pas une opération. Juste… une présentation. Et un moment que j’ai envie de leur offrir.

Quand ils arrivèrent à la caserne, le silence se fit presque immédiatement. Une poignée d’hommes en tenue, larges d’épaules, regard acéré, les attendaient près de la grille. Des visages qu’on imagine durs, marqués, blindés.

Mais à la vue des deux cosy transportés par Thomas et Shana, quelque chose bascula.

— C’est eux ? demanda Gaby, massif, pourtant ému.

— C’est eux. Matéo et Matias. Quinze jours chacun. Ne me demandez pas qui est qui, ils sont capables de changer de tête juste pour vous embrouiller.

Un éclat de rire discret parcourut le groupe. Des hommes d’élite, ceux qu’on envoie là où personne ne veut aller, s’étaient soudain adoucis.

— Mon dieu, ils sont minuscules, souffla Yacine en se penchant, impressionné.

— C’est incroyable, ils ont l’air… parfaits, ajouta Julien.

— Tu crois qu’on peut les prendre ? demanda Léo, soudainement redevenu un enfant.

Shana hocha la tête, un sourire aux lèvres. Elle tendit doucement Matias, bien calé dans ses bras. L’un des hommes, les mains encore calleuses de l’entraînement du matin, le prit avec un soin religieux.

— Il a les yeux de sa mère, celui-là, déclara-t-il comme un oracle.

Mila, en retrait, captait chaque instant avec son téléphone.

— Voilà. J’ai une vidéo où les mecs les plus durs de France font des grimaces à un bébé. Je vais faire un montage, « Les Gardiens et les Gagas », dit-elle, hilare.

Maël, bras croisés, observa un moment, puis se pencha à l’oreille de Thomas :

— T’as vu ? Ils flippent plus à tenir Matias que leur arme de service.Thomas sourit.

— C’est parce que ça, c’est plus précieux que tout ce qu’on protège.Un silence suivit. Profond, très respectueux.Puis un des hommes, en fixant Matias :

— Tu sais, Thomas… Tu nous as vus dans plein d’états. En sueur, en rage, en larmes parfois. Mais là… c’est peut-être la première fois qu’on voit un truc qui nous dépasse complètement.

— C’est la première fois que je ressens ça aussi, répondit Thomas, d’une voix posée.

— Et c’est beau, ajouta Ludo. C’est rare. Merci de nous l’avoir montré.

Les minutes passèrent dans une atmosphère suspendue. Des hommes aux carrières de fer, touchés en plein cœur par deux vies à peine écloses. Une transmission de force douce, de respect silencieux, d’émotion assumée.

Avant de repartir, Mila lança :

— Bon, j’espère que vous avez tous retenu lequel a le pli au front et lequel a la fossette, hein ? Parce que sinon… couches pour tout le monde !

Éclats de rire. Même Maël sourit franchement.

Thomas, en replaçant les cosy dans la voiture, regarda ses frères d’armes, sa femme, ses enfants. Sa famille. Sa tribu.

— Deux bébés. Quatre enfants. Et quinze hommes… complètement retournés.

Il se disait que ce jour-là, il n’avait pas seulement présenté ses fils. Il avait présenté sa fierté.

Au moment de partir après avoir rendu les honneurs à ses hommes, le Colonel pointa le bout de son nez. Thomas était juste rn train de dire à son groupe que la prochaine fois il apporterait :

D’une seule voix 15 hommes crièrent :

Le Champagne !

Et dans la foulée dirent :

Mes respects mon Colonel, mais celui-ci était vers la voiture et admirait les frimousses des deux enfants. Puis se tournant vers Maël lui demanda :

Alors jeune homme, vous êtes fiers de vos petits frères c’est ce que m’a dit ma fille pas plus tard que ce matin, ce qui valu à Maël un coup de coude dans les reins et des que le Colonel fut parti un éclat de rire et une phrase assassine à l’encontre de son frère.

Ah ah tu es toujours fourré chez le Colonel ce n’est pas Patrick qui t’intéresse mais Mélodie sa fille.

Thomas tout en conduisant trouvait que ses enfants étaient comme tous les autres. Ils étaient vraiment une famille.

Hélas les jours heureux croisent la route des jours sombres.

A suivre…

Copyright juin 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

8 réflexions sur « Shana face à son passé 22 »

  1. Superbe présentation des jumeaux aux frères d’arme de Thomas.
    Tu m’inquiètes EvaJoe en annonçant des heures sombres… Tout ce bonheur, c’était trop beau !
    Bises et bon vendredi – Zaza

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  2. « Une transmission de force douce, de respect silencieux, d’émotion assumée. »

    Quelle belle phrase!

    Un épisode mimi comme tout!

    Une pause bienvenue après toute cette action. J’adore la description de ces durs à cuire devenant tout marshmallow! 😀

    G.Bisous

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