Shana face à un choix 13

Boum !La porte arrière explose dans une gerbe de poussière. Le GIGN fond sur les lieux, en formation.

— GIGN ! NE BOUGEZ PAS !Les deux complices, surpris dans le couloir, sont neutralisés sans résistance. Un troisième homme tente de fuir par la cuisine mais est plaqué au sol en deux secondes.

Dans la pièce centrale du 1 er étage, Édith est ligotée à un radiateur. Elle est vive, consciente, mais très faible. Thomas s’avance aussitôt, coupant les liens.

— C’est fini, vous êtes sortie d’affaire. Mais Édith, paniquée, halète :

— Non… non… il n’est plus là. Samir. Il était là y’a deux minutes, puis il a pris son sac… il a dit « si ça pète, je saute. »

À cet instant, un cri à la radio.

— Fenêtre brisée côté nord ! FENÊTRE BRISÉE !Tous les opérateurs s’arrêtent. Un bruit sourd, métallique, vient de l’arrière du bâtiment. Et puis

Vroummmm !Un moteur hurle dans le petit matin, un véhicule file à toute allure sur le chemin de terre derrière la structure.Thomas se rue à la fenêtre. Trop tard : une voiture grise foncée — plus basse, plus rapide que les précédentes — s’éloigne à toute vitesse, zigzaguant entre les bosquets.

— Putain ! Il était là ! Il s’est jeté dans le vide ! Youcef , furieux, balance son casque contre le mur.

— Il avait prévu la brèche. Il savait. Quelqu’un l’a prévenu.Un gendarme s’approche de Thomas, le visage grave :

— Commandant… le principal suspect s’est échappé.

— Mais l’otage est sauve.

Thomas hoche la tête… les yeux fixés sur la forêt.

Une caravane blanche transformée en PC mobile bourdonne d’activités. Cartes dépliées, radios grésillantes, Thomas fixe les écrans avec le visage fermé. Il n’a pas dit un mot depuis 20 minutes.La radio claque brusquement :

— PC, ici standard 95. On vient de recevoir un appel anonyme. Transfert direct, priorité 1. Un homme dit avoir vu “le type de la télé” entrer dans un bâtiment vers 6h05.Thomas décroche aussitôt.

— Allô. Commandant Thomas à l’appareil. Parlez.La voix au bout du fil est calme, masquée par un modificateur vocal, mais distinctement adulte, éduquée.

— Il est pas loin. Vous l’avez loupé de peu. Il a changé de bagnole à Saint-Vrain. Renault Talisman noire, plaques fausses.— Il est reparti vers le sud. Il a une adresse, un point de chute. C’est pas lui le chef, vous le savez, non ?

Thomas serre le combiné.>

— Qui êtes-vous ?

Silence. Puis la voix ajoute :

— Je le connais. Je l’ai vu faire des choses qu’on efface pas. Mais c’est pas pour lui que j’appelle. C’est pour l’enfant.

—Oui et … Continuez…

— Il veut le reprendre. Et s’il échoue, quelqu’un d’autre le fera.Un léger bruit de fond : vent ? Train ? Puis le clic froid de la ligne qui coupe.Thomas reste un instant figé.

Léna la jeune standardiste qui fait ses classes est servis. Elle se précipite vers Thomas. Celui-là, voyant son expression lui demande :

— Une piste ?

— Mieux. Une alerte.

— Samir bouge encore. Des gendarmes en faction devant la caserne l’ont vu rôder , puis ils l’ont suivis une fois qu’il a vu les manoeuvres dans la cour. Ils vous font dire qu’il a serré la main de deux types qu’ils ont réussis à prendre en photo. Le Sergent Poisard va vous les envoyer.

— Merci Léna, à la gendarmerie on commence par le B A ba et là c’est précis votre compte rendu. Vous ferez un bon gendarme.

— Merci mon Commandant

— Je vais attendre ses fameuses photos, mais je m’aperçois qu’il ne renonce pas. Il va chercher le bébé. Il le veut à tout prix. Ce bébé est mieux avec sa mère. Puis se tournant vers Buisson son second , il lui dit :

— On n’a plus le luxe de réagir après. Cette fois, on doit le devancer. Et penser comme lui.

Léna arrive sa tablette à la main:

— Le Gendarme n’a pas réussi à vous envoyer les photos, il me les a fait parvenir sur ma tablette.

— Avez-vous un câble Léna, je vais télécharger les photos sur mon ordinateur.

— Oui mon Commandant, j’ai tout apporté.

— Parfait on va voir qui Samir a bien pu rencontrer. J’agrandis le premier type. Un homme, lunettes de soleil remontées dans les cheveux, veste kaki, posture neutre. Il ne parle pas, observe. En retrait tiens mais lui c’est le premier témoin. Il en savait beaucoup, c’était un coup monté, possible qu’il.pensait apprendre où était l’enfant.

Thomas se fige.

— Je le connais, son voisin , c’est Mounir Rachidi. Un ancien éducateur, viré du foyer il y a cinq ans, où nous avons retrouvé Edith. On l’a revu plus tard dans plusieurs procédures de garde contestées. Il jouait les conciliateurs… Mais il manipulait les mères isolées. Buisson relève les yeux, surpris.

— Il bossait dans le social ?

— Il a surtout trouvé sa place dans les marges du système. Il connaît les rouages, les tribunaux, les failles. Il accompagne, il conseille… mais à sens unique.— Et il déteste les institutions. Il s’est mis à « aider » des pères en litige, souvent violents.

Léna affiche un rapport :

— Il est apparu dans une enquête classée sur une disparition d’enfant, justement. Il avait « aidé » le père à faire pression sur la mère. La justice n’a rien pu prouver.

Thomas serre la mâchoire.

— Et maintenant il est là, en forêt, avec Samir. En train de couvrir une opération, pendant que l’autre appelle la cellule de crise pour nous enfumer.

Silence.

— Ce n’est pas un hasard. Samir a des relais. Pas des gangsters. Des gens qui savent comment contourner le système.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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