Shana face à un choix 16

Lieu : Dakar, Sénégal – Quartier administratif fermé – 2h43 du matin :

Le Capitaine Diallo est le chef du commando sénégalais, il est accompagné de deux agents français , qui sont rattachés à l’ambassade..C’est une mission conjointe sous couverture pour vérifier la trace administrative d’un enfant supposé né ici il y a 15 mois. Avec un seul objectif : accéder aux archives internes du ministère de l’Intérieur sans alerter les services locaux.

Une camionnette banalisée roule sans phares dans une ruelle latérale du Plateau, à Dakar. Elle s’arrête à hauteur d’un bâtiment gris sans enseigne : le Centre National d’État Civil Numérisé.

Le Capitaine Diallo (en chuchotant) : C’est là. Bloc C. Niveau -1. Le fichier central.

Les deux agents français hochent la tête. Un homme, Léonard, ouvre sa mallette : dispositifs de dérivation électrique et brouilleur réseau. Léonard :

Vous avez bien les codes récupérés par l’agent consulaire ?

Diallo : À une minute près, on est invisibles. Au-delà, c’est infiltration.

Ils s’engouffrent dans le bâtiment par une porte de service, neutralisent le badge magnétique. L’accès aux sous-sols est direct. Il n’y a pas d’alarme sonore, mais chaque mouvement est surveillé électroniquement. Arrivés à l’étage -1, une salle froide les accueille : armoires numériques, serveurs, un terminal central.

L’ Agent français (Muriel) : Le numéro de registre de naissance, c’est : SNB-20451-ND / 22. Nom déclaré : Moussa Diallo. Né d’une mère “Aminata Sow”.

Ils entrent la référence dans la base. L’écran clignote. Puis un message rouge s’affiche :

“Fichier inexistant. Référence attribuée mais non validée.”

Diallo (blême) : C’est une coquille administrative. Un numéro volé.Cet enfant n’a jamais été déclaré ici.

Muriel (fronce les sourcils) : Quelqu’un a utilisé un cadre administratif réel, mais aucune naissance ne l’a rempli.

Léonard (scrute la console) : Pire. Le système a été forgé de l’intérieur. Le code figure dans la base miroir utilisée pour la délivrance des passeports diplomatiques.

Un silence choquant.

Muriel : Tu veux dire que ce faux acte de naissance pourrait être reconnu légalement par l’ambassade, s’il est bien présenté ?

Léonard : Oui. C’est un bébé fantôme… mais validé dans le mauvais système.

Diallo (murmure) : Donc, le bébé n’est pas sénégalais. Mais il a une trace d’identité sénégalaise créée à dessein.

Muriel : Je dois en informer la France.

Diallo : Pour cela je vous conseille de sortir d’ici, et de le faire du véhicule avec ce téléphone. Prudence obligé. Je vous quitte ici, à partir de maintenant nous ne nous connaissons pas. Bonne chance.

Thomas (voix radio) :

— Résumez-moi. Cet enfant est un fantôme administratif ?

Muriel : — Oui. Il n’est jamais né ici. Mais son acte de naissance existe, injecté dans une base parallèle du ministère, comme un cheval de Troie administratif.

Thomas : — Donc quelqu’un a fabriqué une identité complète pour cet enfant, assez solide pour tromper les autorités. Il a été “fabriqué” pour circuler sans être retracé.

On continue de vérifier, je vous laisse Commandant , un appel crypté

Tenez-moi au courant le plus rapidement possible.

Diallo : Muriel venez immédiatement j’ai une piste.

Muriel : J’arrive

Dans un café discret, quartier de Grand-Yoff, Dakar vers 11h12, on retrouve Diallo et Muriel
Diallo a contacté un vieil informateur, Sékou Traoré, ancien greffier reconverti en courtier officieux de documents. Il aurait aidé Samir à « régulariser » certains enfants dans les années passées. Mais rien ne va se passer comme il le pensait.


Le café est à moitié vide. Ventilateurs lents, mur taché de nicotine. Sékou Traoré entre, vêtu sobrement, son regard méfiant. Il repère immédiatement Diallo. Ils se serrent la main comme deux anciens rivaux.

Diallo (sec) : Je te laisse 30 secondes. Pas plus.

Sékou (léger sourire) : Tu n’as pas changé, Capitaine. Toujours aussi cassant. Alors, c’est Samir qui te ramène à moi ? Et c’est qui cette femme.

Muriel ne dit rien, elle est voilée comme lui l’a conseillé Diallo.

Diallo sort une enveloppe. À l’intérieur : la copie du faux acte de naissance sénégalais, et une photo du bébé.

Ce n’est pas un enfant Sénégalais, il ne ressemble pas du tout aux bébés de mon Pays.

Diallo : Il ne vient pas d’ici. C’est toi qui as monté ça ?

Sékou : J’ai facilité… disons… une couverture. Mais ce gosse, je ne l’ai jamais vu. Il m’a été “envoyé” avec dossier complet en photo, s’il avait trois jours c’était le bout du monde. C’est tout ce que je sais.

Diallo (calme mais tranchant) : Tu mens. Et tu sais ce que ça coûte, ici. Qui te l’a envoyé ?

Sékou hésite. Puis soupire.

Sékou : Le contact venait de Bamako. Une clinique privée, rue de Koulikoro. On m’a dit que l’enfant n’avait jamais été déclaré, qu’il fallait “lui fabriquer une naissance.” On a utilisé un numéro sénégalais dormeur.C’est une commande spéciale.

Diallo : Qui a commandé ?

Sékou baisse la voix.

Sékou : Un homme qui parlait comme Samir, mais ce n’était pas lui. Il portait un nom touareg, mais avait l’accent de France.Il m’a payé en euros. Et m’a dit que le bébé valait la vie de plusieurs hommes.

Diallo se lève. La tension est montée d’un cran.

Diallo : Je veux l’adresse exacte. Et si ce que tu dis est faux, je te laisse ici. À poil. Avec un fax au parquet.

Sékou gribouille quelque chose sur un morceau de nappe :

“Clinique Sainte-Maïssa, Koulikoro, Bamako. Chirurgien-directeur : Dr. Boubakar A.”

Diallo, accompagné de Muriel sort et ils se rendent à l’ambassade de France. Diallo sort discrètement par une porte latérale habillé en bédouin. Il se fond dans la foule grouillante. Pendant ce temps Muriel se prépare pour rentrer en France, sa mission est terminée.

A suivre…

Copyright Juillet 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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