OÙ EST MADELEINE ? 15

Moi, Alejandro, j’ai adopté mon propre enfant. Madeleine aurait voulu le faire exprès, elle ne s’y serait pas prise autrement.Avec Pedro et Margot, nous voilà partis à Paris, en direction de la clinique du Docteur. Mon cœur bat à tout rompre: peut-être y retrouverons-nous cette lettre, ce fil ténu qui pourrait me mener à mon amour perdu.

Lorsque nous entrons dans le service, le médecin me regarde longuement, presque gêné.

— Monsieur Moreno… Je viens de me souvenir. La mère de Pedro avait laissé une lettre pour vous. Je pâlis. Deux mois… Non, quinze ans… et cette lettre dormait ici, ignorée. Je n’ose rien demander. Une puéricultrice s’avance alors et me tend l’enveloppe. Pedro reconnaît immédiatement l’écriture.

— C’est celle de maman…

Je déplie le papier, mes mains tremblent.

Mon amour,

Je n’ai pas obéi, j’ai gardé notre fils bien-aimé. Cela fait cinq jours que tu es parti. J’ai tellement espéré ton retour, mais personne ne t’a vu. J’espère que le remords aura raison de toi et que nous partirons sur Paris comme tu me l’as promis.

Je pars ce jour, car j’ai trouvé un travail, je pars avec notre bébé. La DDASS m’a indiqué une famille d’accueil, les Goujon. Ils ont déjà eu de nombreux enfants. Voici leur adresse au cas où il m’arriverait malheur.

Je t’aime Alejandro.

Pedro aura la couleur de tes yeux, il a ta fossette au menton. C’est toi et moi mélangés.

Je t’embrasse, mon Amour,

Madeleine

Heureusement que je suis avec Margot car je vois mon père s’écrouler et pleurer je le laisse avec le médecin je préfère attendre quand il revient il est encore bouleversé mais il est debout.

Nous regardons sur un plan de l’Ile de France où se situe l’appartement des Goujons. L’adresse des Goujon se trouve à Auteuil, à l’angle de la rue Michel-Ange et de la rue de la Fontaine. Il est à peine quinze heures, et nous partons sans perdre un instant.

Dans la cour des enfants jouent surveillés par une nurse anglaise pense Margot. Nous sonnons une jeune femme nous ouvre, les Goujons ont dû déménager, quelle malchance pense Pedro. Monsieur Moreno demande si Monsieur et Madame Goujon habitent toujours là, la jeune fille acquiesce ce sont ses parents elle nous fait entrer et part prévenir sa mère son père étant absent.

Madame Goujon écoute le récit du père de Pedro pour l’instant il ne lui dit pas que son fils ici présent est le bébé dont elle s’est occupée. Elle se souvient très bien de Madeleine car c’est la première fois qu’on lui confiait un bébé mais seulement pour un mois. Au bout d’un mois la maman pourtant très assidue au téléphone, les semaines précédant son retour, n’était pas revenue récupérer l’enfant ils avaient été obligés de le signaler aux Services Sociaux au bout d’un mois supplémentaire, l’aide Sociale avait pris l’enfant pour le mettre dans un orphelinat en vue de son adoption.

Un grand silence se fait après avoir entendu ce que nous disait Madame Goujon.

Pedro en profite pour lui dire :

— C’est moi le bébé de Madeleine. Je recherche ma mère, que savez-vous sur elle.

Madame Goujon est fort émue, elle prend Pedro dans ses bras et lui dit :

— Vous êtes un beau jeune homme votre père à bien pris soin de vous. Car pour elle Alejandro est forcément son père. Même regard et même fossette lorsque tous les deux sourient.

Elle les les informe que Madeleine avait repris ses études et qu’elle dormait dans un institut religieux qui accueillait des mères seules avec leur enfant. Il y avait une période probatoire, d’où l’a raison pour laquelle Pédro était chez eux.

Madame Goujon baissa les yeux avant de reprendre d’une voix plus grave.

Nous avons appris plus tard que le jour où Madeleine devait revenir chercher son bébé, elle avait eu un accident. Elle n’avait aucun papier sur elle. Personne n’avait pu l’identifier ni avertir sa famille.

Nous avons attendu, espéré… Mais elle n’est jamais revenue. Alejandro sentit son cœur se serrer. Pedro, les poings crispés sur ses genoux, avait du mal à respirer.

Dix-huit mois plus tard, grâce aux religieuses Monsieur et Madame Lopez sont venus frapper à notre porte, hélas Pedro n’était plus à l’orphelinat mais sens une maison d’enfants car on lui avait trouvé une famille. J’ai vu le drame et la tristesse que cela causait à vos grands-parents.

Le silence tomba dans le salon. On entendait au loin les rires des enfants dans la cour. Pedro leva les yeux vers Alejandro.

Alors… maman ne m’a pas abandonné ?

Sa voix tremblait. Alejandro posa une main ferme sur son épaule.

Non, Pedro. Ta mère a eu un accident. Elle n’a jamais cessé d’être à toi.

Madame Goujon acquiesça doucement.

Votre mère a survécu. Mais lorsqu’elle est sortie de l’hôpital, elle ne se souvenait plus de rien. Elle était amnésique. Nous avons essayé de la stimuler en lui parlant de vous, de ses projets, mais elle ne comprenait pas. Aussi nous sommes partis.

Elle a dû tout reconstruire.

Et… que lui est-il arrivé ? Demanda Alejandro, la gorge serrée.

A suivre…

Copyright Septembre 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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