Le Charmant Som

Juste pour le plaisir et pour faire suite à l’épilogue de ma saga voici un sommet de la Chartreuse en Isère appelé – Le Charmant Som -.

Je l’ai gravi en d’autres temps. Je dédie mon texte à Agnès

Il est des montagnes qu’on ne gravit pas seulement avec les jambes, mais avec le cœur.
Le Charmant Som, modeste et majestueux à la fois, fait partie de ces lieux où le temps se suspend.
Là-haut, au-dessus des forêts de la Chartreuse, le vent parle bas, les nuages frôlent les crêtes, et la lumière change comme une respiration.
Ce n’est plus une marche : c’est une ascension vers le silence.
Une manière d’aller vers soi, à travers la beauté du monde.

Au matin clair s’élève une lente ascension,

Dans l’air pur résonnant d’une douce chanson.

Sous l’éclat des sapins, la lumière s’effile,

Et le pas pèlerin devient presque docile.

Chaque pierre conduit vers un rêve d’azur,

Chaque souffle arraché se fait plus clair, plus pur.

Les cœurs battent ensemble au rythme du silence,

Et la terre, en secret, promet la délivrance.

Quand s’ouvre enfin le ciel, au bord du firmament,

Le monde est suspendu dans un émerveillement.

Les monts bleus s’étendent, nobles, immuables trônes,

Et l’ombre des vallons s’efface en sombres couronnes.

Grenoble au loin scintille, au creux des horizons,

Comme un joyau brûlant sur l’or des frondaisons.

La Chartreuse respire, immense, souveraine,

Et le vent pur s’enroule autour des âmes pleines.

Alors l’homme s’incline, ému, silencieux,

Car son cœur reconnaît la demeure des dieux.

Un rayon d’or descend, glisse sur la croix claire

—Et l’esprit s’ouvre au ciel, humble, vaste, et sincère.

Le monde semble neuf, lavé de tout vacarme,

Et la paix, sur le front, dépose une larme

Le Charmant Som s’endort, gardien du firmament,

Dans la gloire du soir et l’éternel présent.

Redescendre du Charmant Som, c’est toujours un peu revenir de soi-même.Les bruits reprennent, le monde se remet à tourner, mais quelque chose demeure.Une paix discrète, un éclat d’air pur, une lumière qu’on garde en soi.On ne quitte pas vraiment la montagne : on la porte, silencieuse, dans le creux du cœur.Et lorsque, plus tard, la vie se fait trop bruyante, il suffit de fermer les yeux.Alors revient le souffle du vent sur les crêtes, le pas sûr sur la roche tiède,et ce moment suspendu où le ciel et la terre ne faisaient plus qu’un.

EvaJoe Copyright Octobre 2025

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

9 réflexions sur « Le Charmant Som »

    1. J’avais dix-sept ans lorsque je suis montée sur sa crête, la même année j’ai aussi fait un autre sommet de la Chartreuse. Chamchaude. Mais lui c’était plus difficile. En haut c’est grandiose…

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