La mer, gardienne des mémoires ! (6)

Pour Solveig le plus probable c’était non loin de Pont-Aven la plage des sables Blancs. Une eau limpide aux reflets turquoises voir émeraudes. Cela avait interpellé Peter, lorsque son frère était rentré de son voyage en France il avait parlé d’une plage qui ressemblait aux Seychelles. Il y était retourné l’année suivante. Étrange… Serait-ce celle-là ? Mais son frère ne pouvait plus rien lui dire à ce sujet.

La plage des Sables Blancs s’étendait devant lui, large et déserte, avec ce sable blanc presque aveuglant sous le soleil de septembre. L’eau turquoise, limpide et brillante, semblait venue d’un autre monde, contrastant avec le ciel gris qui s’étirait loin à l’horizon. Les vagues venaient doucement lécher le rivage, dans un murmure régulier, comme si elles chuchotaient l’histoire de la jeune fille à quiconque voulait l’écouter.

Il marcha lentement, les pieds nus dans le sable, sentant chaque grain froid contre sa peau. Le vent jouait dans ses cheveux et le froid de la mer le faisait frissonner. Il s’arrêta à plusieurs reprises, observant la couleur de l’eau, les reflets du soleil, et chaque petit détail qui pourrait lui parler d’elle. La mer, pensa-t-il, gardait son secret jalousement.

Il ouvrit le papier une fois de plus, relisant les mots traduits avec l’aide de son ami :

« J’attends encore, là où la mer finit… »

Peter pensait que Finistère c’était là où la terre fini. La mer ou la terre, c’était là en Finistère. Il était allé sur toute les plages. Puis il vivait au travers d’Arthur son frère aîné. Marcher sur cette plage c’était marcher sur ses traces. Lui qui était plongé dans un sommeil Infini.

Chaque phrase du papier résonnait en lui comme une note suspendue dans l’air. Il leva la boucle en or à la lumière, fit glisser le ruban blanc entre ses doigts, et observa les vagues. Il ne savait pas où exactement chercher, et il savait que peut-être il ne la trouverait jamais.

Pourtant, il sentait que la mer, cette même mer qui avait porté la bouteille depuis le Finistère jusqu’à l’Irlande, lui avait confié un fragment de son histoire. Et ce fragment suffisait à l’entraîner plus loin, à marcher, à espérer, à attendre que le destin se révèle, lentement, sans qu’il sache quand ni comment.

Il poursuivit sa marche le long de l’eau turquoise, laissant ses empreintes disparaître sous les vagues. Chaque pas était une promesse silencieuse, un dialogue avec cette inconnue qui l’attendait quelque part, derrière le voile invisible de la mer et du temps.

Et dans ce silence, seul avec le murmure des flots et la lumière éclatante de l’océan, il comprit que la quête venait de commencer, et que la mer, fidèle gardienne, déciderait quand elle lui permettrait de franchir le seuil du mystère.

Lorsqu’il rentre au gîte après son errance de la journée, il apprend de la propriétaire que sa mère a appelé. De suite il pense à son frère. Mais lorsqu’il a sa mère il apprend qu’une lettre venue de France l’attend. Il est bouleversé, et si c’était Lou qui lui écrivait. Il demande à sa mère d’où vient le courrier et là il est stupéfait la lettre a été postée de France. Lou serait en Bretagne, sa mère refuse de lui lire le courrier. Elle propose de lui l’envoyer. Deux petits jours à attendre. Ce n’est pas la mer à boire.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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