La mer, gardienne des mémoires ! (7)

Trois jours plus tard sur la table où il va prendre son repas il y a une lettre. La lettre qu’il attendait. Il l’a tourne dans tous les sens. Il regarde le timbre, la lettre a été posté en France et plus particulièrement d’un petit village où il est allé avant hier.

Il échafaude des plans sur la comète, il a dû la croiser, ce village est petit mais magnifique. J’y suis allée avec ma colocataire lorsque je faisais mes études. Solveig était une amie sincère mais elle allait partir en coopération en Afrique pour trois ans. Et elle mettait un point d’honneur à m’aider. Elle aussi était passionnée par cette histoire rocambolesque.

Cette bouteille qui avait échouée sur une plage où je regardais les vagues montées à l’assaut des rochers, chez moi en Irlande. Et cette petite sonnette qui faisait écho à ce qu’Arthur m’avait raconté à son retour de France. La plage des Sables Blancs, les eaux limpides, turquoises. Il y avait cinq ans Arthur avait rencontré une jeune fille, une toute jeune m’avait-il dit. Mais j’ignorais son prénom. L’avait-il dit à ma sœur, tiens c’est une idée, je lui téléphonerai demain et lui demanderai.

Comme disait Solveig c’était presque impossible qu’une bouteille jetée dans les eaux françaises puissent atterrir en Irlande.

Mais Peter, lui, commençait à croire que certaines impossibilités ne demandaient qu’à être vécues.

Il déchira lentement l’enveloppe, le cœur battant plus vite qu’il ne voulait l’admettre.Le papier était épais, d’une écriture fine, un peu penchée, presque timide.

Mais en haut, à gauche, un détail le fit froncer les sourcils.

> À l’attention de Tristan, chez M. et Mme O’Donnell,Kilmore Bay, Irlande,

Il relut deux fois, incrédule.Tristan ? Ce n’était pas son prénom. Ni celui de personne qu’il connaissait, du moins le croyait-il.

Et pourtant… c’était bien l’adresse de ses parents, à Kilmore Bay.Il retourna l’enveloppe. Pas d’erreur : le timbre, le cachet, tout était parfaitement réel.

Peter sentit une drôle de chaleur lui monter au visage.Tristan. Ce prénom résonna étrangement dans sa tête, comme un écho oublié.Et soudain, un souvenir : Arthur, son frère, rentrant de France des années plus tôt, un sourire un peu gêné au coin des lèvres. Il avait parlé d’une rencontre, d’une jeune fille rencontrée au bord de la mer, à la plage des Sables Blancs. Il s’était montré évasif, presque secret. Aurait-il pu… ?

Peter se laissa tomber sur la chaise, la lettre encore ouverte dans la main. Arthur n’avait jamais été très franc sur cette histoire.Et s’il n’avait pas donné son vrai prénom ?S’il avait voulu se cacher derrière un autre nom — Tristan ? Déjà enfant il disait qu’il s’appelait autrement. Tristan et Iseult… Voilà c’était ça le lien.

Il sentit une étrange émotion l’envahir. Un mélange de curiosité, d’inquiétude et d’une fascination qu’il ne s’expliquait pas.La lettre lui était tombée entre les mains par hasard, mais il avait maintenant l’impression que ce hasard n’en était pas un.

A suivre…

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

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