La mer, gardienne des mémoires ! ( 17)

Le petit village breton était en fête.Les ruelles pavées étaient décorées de guirlandes de fleurs et de lampions. Le vent marin faisait onduler les rubans et apportait un parfum de sel et de thym.

Peter avançait parmi les invités, un léger sourire sur les lèvres. Il avait été invité par Lou et Erwan, et c’était un honneur qu’il acceptait avec émotion.Il regardait autour de lui : les amis, la famille, et surtout Lou, radieuse dans sa robe blanche, tenant la main d’Erwan.

Son fils courait entre les invités, riant aux éclats. Peter posa sa main sur l’épaule de Lou lorsqu’elle passa près de lui.

— Tu es là… dit-elle doucement, avec un sourire reconnaissant.

— Je ne manquerais ça pour rien au monde, répondit Peter.

— Maureen n’est pas venue,

— Elle discute avec Gaëlle, et Solveig vous a envoyé un cadeau vous ne tarderez pas à le recevoir, elle vous souhaite tout le bonheur du Monde.

Pour un instant, Peter laissa son regard se poser sur elle et sur Erwan, sentant que tout le passé, toutes les douleurs et les silences, avaient trouvé leur place.Arthur, pensait-il, aurait été heureux de voir Lou ainsi, entourée de ceux qu’elle aimait, avec la vie reprenant son cours.

La cérémonie commença, et Peter se tint debout, témoin silencieux mais présent, heureux d’avoir contribué, à sa manière, à ce moment de joie et de renouveau.Le vent souffla doucement, comme un souffle de mémoire, et il sut que, malgré tout ce qui avait été perdu, certains liens demeuraient — immuables et précieux — dans les gestes, les regards et les mains que l’on serre.

Quelques semaines après le mariage, Lou et Erwan prirent la route pour l’Irlande, le petit garçon à leurs côtés.Ils arrivaient à Kilmore Bay, là où Arthur, Maureen et Peter avaient grandi, là où le passé et le présent se rejoignaient. Les grands-parents de Tristan,les attendaient avec impatience et émotion.Leurs yeux brillaient derrière des rides de souvenirs, et lorsqu’ils virent Lou et Erwan, puis le petit garçon, un sourire immense éclaira leurs visages.

Le petit garçon, curieux et enthousiaste, courut vers ses grands-parents. Peter l’observait de loin, silencieux, heureux de voir le lien se former entre le garçon et la famille de son frère.
— Tu resteras ici quinze jours, dit le grand-père en riant, et nous allons te montrer chaque coin de la maison et de la plage, ajouta-t-il.

Lou posa sa main sur l’épaule d’Erwan, reconnaissante.
— Merci, dit-elle simplement. Merci pour tout.

Le soleil irlandais baignait la baie de sa lumière douce, et Peter sentit une paix profonde. Tout le passé, toutes les douleurs, toutes les absences, avaient trouvé leur place. Arthur était parti, mais il continuait de vivre dans ce garçon, dans cette famille, dans leurs souvenirs.

Pendant ces quinze jours, le petit garçon découvrit l’Irlande, ses grands-parents, et Peter, son oncle, toujours présent pour veiller sur lui.
Et Lou et Erwan, main dans la main, se permirent de sourire, de rêver à l’avenir, portés par l’amour et par la mémoire d’Arthur.

Fin.

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Auteur : Eva Joe

Ma plume ne s'essouffle jamais, elle dessine des arabesques sur la page de mes nuits, elle se pare comme un soleil en defroissant le ciel. En la suivant vous croiserez tantôt Pierrot et Colombine dans mes poèmes ou Mathéo et son secret et bien d'autres personnages dans mes nouvelles et mes suspenses.

6 réflexions sur « La mer, gardienne des mémoires ! ( 17) »

    1. Combien de fin dans les livres que j’ai lu que je n’ai pas aimé. Beaucoup de gens dans le coma attendent l’instant qui les libère pour ne plus s’accrocher et Lou l’a aidé à quitter cette terre qui n’était déjà plus la sienne.

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