Le fort ( La traversée dangereuse )

Lorsque vous aurez lu et si voulez visualiser le fort allez le voir ici, vous comprendrez la raison pour laquelle Mario y est allé.

 

C’est en sifflotant que je m ‘approche des jeunes mais je n’ai pas fait dix pas que j’entends  le cri de la fille, elle doit avoir environ une vingtaine d’années.

  • C’est lui je le reconnais, il m’observait avec une paire de jumelles, sale type tu n’as pas daigné lever un petit doigt pour me venir en aide.
  • Vous devez rêver Mademoiselle, je ne comprends rien à vos vociférations ;
  • Prenez moi pour une idiote du temps que vous y êtes, on vous suit mon ami et moi depuis deux jours et ce n’est pas votre volteface qui va changer quoi que ce soit, de plus hier nous avions pris du retard pour vous suivre, mais nous sommes certain que c’est vous qui avez poussé notre professeur dans l’abîme.
  • Vous avez vu un peu trop de films d’horreur pour m’accuser de quoi que ce soit. Du reste les gendarmes, eux m’ont crû alors vos accusations je me les mets là où je pense.
  • Malotru, je suis certaine que c’est vous l’assassin ;
  • Si vous le croyez alors bon courage, mais je me défendrais j’ai un témoin, un randonneur qui m’a laissé dans la montée du Ballon. «  En lui disant cela je m’autorise à lui dire que je viens de faire demi-tour, il me faut donner une explication assez plausible et après je repartirais à nouveau en sens inverse. » Comme j’ai entendu votre conversation, je pensais vous donner les éléments que j’ai en ma possession mais je vois que vous êtes complètement, tout au moins pour vous Mademoiselle un tantinet hystérique. Quand à vous Monsieur je suppose que vous accréditez les faits tels que Mademoiselle vous les a donnés. C’est un tas de mensonges et je vous prie de m’excuser si je ne suis pas le parfait imbécile qui répondrait à je ne sais quel signalement que vous pourriez faire aux autorités. Je ne vous dis pas au revoir mais je vous laisse.

 

Je tourne rapidement les talons et repart sur le chemin qui mène au fort, si je me dépêche je pourrais y passer la nuit, plutôt que de m’exposer avec ces deux gamins en mal de sensations fortes à une nuitée sous ma « guitoune »

Sale gamine, ce serai donc elle qui m’observait car là j’en suis certain elle regardait bien dans ma direction, et c’est en le faisant qu’elle a dû perdre l’équilibre, et bien la chute n’a pas l’air de l’avoir arrangé vu les propos incohérents qu’elle m‘a débité. Je veux vraiment me convaincre en me disant cela que c’est elle qui dit des mensonges, je sais pertinemment que j’ai rien fait pour cette « gonzesse », quand à l’autre j’aurais mieux fait de ne pas chercher à l’aider puisque de l’avoir fait me donne le mauvais rôle. Assassin elle y va fort la gamine. Je veux bien pour non-assistance à personne en danger, et encore je serais descendu de quelle manière dans les rochers. J’étais juste bon à y passer moi aussi. Merci je tiens à la vie, même si j’en ai douté après les frasques de mon amie.

Je cours plutôt que je marche, rapidement la montée devient plus rude et je ralentis la cadence, j’entends les jeunes qui arrivent, il me reste 200 mètres et cela monte tout le temps. En haut je connais comme ma poche le coin et je vais pouvoir me cacher, là je ferais le point sur ma vie. Il faut que je réfléchisse à ce qu’il me tombe dessus. Il faut certainement que je paye pour mes erreurs du passé, mais je ne vais pas m’accuser de ce que je n’ai pas fait, cet homme m’a lâché délibérément la main, je ne l’ai pas poussé, c’est juste un grand malheur, il est bien évident que j’aurais dû en informer les autorités mais on ne se refait pas. Enfin voilà le fort, je m’approche de la grande porte, là elle est fermée par un cadenas dans mes souvenirs je rentrais plus facilement il y a une dizaine d’années, Il doit y avoir du changement, mais bon ce n’est pas grave, j’aviserais demain matin si les jeunes gens connaissent le fort autant que moi je vais bien m’amuser ; Dans le cas contraire je repartirais en direction de Montbéliard et je continuerais ma traversée. J’aimerais bien faire les Alpes et aller dans le Parc du Mercantour, mais pour l’instant je dois me planquer, de façon à passer une nuit calme et reposante, je sens la fatigue dans mes jambes, normal j’ai fait le parcours à une cadence infernale, et maintenant ces garnements viennent m’agacer, voire me pousser au pire.

Brusquement je vois au travers des arbres le tunnel que je cherchais, je m’engouffre rapidement et atteint le long boyau où je peux me dissimuler, personne ne peut me voir de l’extérieur, et le temps qu’ils me cherchent je serais au cœur de l’édifice. Les marches sont de plus en plus rouillées, c’est dangereux, il faut que je monte avec plus de précautions, me voici installé dans ce qui autrefois appelions la salle de garde, le vent qui souffle à l’extérieur ne vient pas me glacer, certes il ne fait pas très chaud mais au moins s’il pleut je serais à l’abri. La fenêtre a été masquée par une couverture, il doit y avoir des squatters, il me faut être vigilant car c’est un domaine militaire, qui risque d’être réhabilité de manière à ce qu’il soit dans un futur visité. Pour l’instant je dois m’installer pour la nuit, afin que je la passe le plus confortablement possible. Il faut aussi que je prévois l’intrusion de ces gamins, je vais faire comme par le passé, tendre une ficelle au travers du sol, j’y accroche deux gamelles, si on vient violer mon sommeil je serais réveillé en sursaut mais je leur ferais peur, de plus avant de partir j’ai glissé mon révolver dans la poche intérieur de mon sac, je ne leur tirerais pas dessus mais je les affolerais en tirant en l’air. Après il ne me restera qu’à me jeter dans la cheminée, à descendre le plus rapidement possible ce que je viens de monter, mais je n’en suis pas à ce stade, et ce n’est même pas certain qu’ils aient l’idée de venir par ici.

Pour ce soir je ne mangerais pas du chaud, je ne veux pas les attirer avec la bonne odeur de mon repas. Petit à petit le jour baisse, je n’entends plus les appels des gamins, qui ont dû rameuter leur troupe. Je m’installe et sombre rapidement dans un sommeil profond. Mais vers minuit, heure fatidique pour les gamins j’entends des hululements, ils semblent m’entourer, mais ils ne savent pas qui je suis. Je ne vais pas m’attarder là, je vais faire une sortie, je jette un regard par la fenêtre et je les vois qui courent de ci de là avec des lampes torches. Je ne sais pas si c’est un jeu ou une chasse à l’homme. Il faut que je descende dans les profondeurs, le fort est souterrain dans sa majeure partie, je pensais être à l’abri, croyant que les jeunes jouaient dans les pièces du bas même si tout est fort endommagé car il a été en partie brûlé. Il y a de la suie de partout. Il est interdit d’y pénétrer à ses risques et périls, les jeunes du coin hier comme aujourd’hui aiment bien faire des jeux grandeur nature.

 

A suivre…

Des éclats de voix (La traversée dangereuse )

Vous ne vous étonnerez pas si vous vous apercevez que j’alterne entre la troisième personne et la première, je ne sais si on a le droit, mais je l’ai pris…

 

 Le hurlement qu’il pousse va alerter tous ceux qui sont en montagne, mais personne ne va me rejoindre cette nuit, du reste je me demande où le mort et moi nous aurions pu dormir car il y avait juste la place pour une seule personne. La nuit se poursuit sans encombre, je dors comme un bébé, mais le lendemain la surprise est immense, lorsque je mets le nez dehors il y a un  peloton de gendarmes.

  • Bonjour, vous avez passé la nuit dans la petite cabane ?
  • Oui, et que puis-je pour vous Messieurs ?
  • Rien, mais maintenant que vous nous posez la question, j’aimerais savoir à quelle heure êtes-vous arrivé hier au soir ?
  • Je ne sais pas, vers les 20 h, il faisait presque nuit, j’ai eu du mal à trouver l’endroit qu’un promeneur m’avait indiqué.
  • Ah vous avez croisé un randonneur, il était seul ?
  • Oui, et…
  • Et ?
  • Je lui ai trouvé une sale tête, mais ces explications étaient parfaites je n’ai pas eu le moindre mal à trouver le refuge, refuge pour lilliputien.
  • Oui, vous avez raison, ce n’est pas à proprement parlé un refuge, c’est juste pour dépanner. Bon nous allons voir si nous retrouvons votre indicateur.
  • Il y a un souci, ce Monsieur a disparu ?
  • Non, mais en contrebas de la cabane, nous avons trouvé un homme qui a fait une sale chute, compte tenu que le corps est plutôt disloqué et vu que vous nous avez pas entendu frapper plusieurs fois à la porte, nous pensons soit que vous étiez profondément endormis et vous n’avez rien entendu, soit cela s’est passé avant votre arrivée.
  • Pauvre homme !

Une fois les gendarmes partis, Mario se caresse le menton où sa barbe naissante pointe légèrement, il prépare son petit déjeuner, s’étire et récupère ses chaussures qu’il avait laissé près de l’entrée, et il part en direction du Jura. En chemin il se félicite d’avoir mentis au gendarme, il aurait pu avoir des ennuis et cela ne l’intéresse nullement. Le voilà repartis sur les crêtes en direction du Ballon d’Alsace, je fais pression sur mes bâtons pour pouvoir monter et là je découvre devant moi le Lac des Perches, la vue est magnifique mais bientôt elle s’efface car le brouillard monte de la vallée. Le sentier devient plus abrupt et là surgissant de nulle part je vois un chamois qui disparaît vers le sommet. Celui-là a bien su me narguer et je n’ai même pas eu le temps de prendre mon appareil photo. Dès mon arrivée je vois un bar ouvert, heureusement car il fait un vent glacial et ce café chaud me réchauffe. La femme qui me sert n’est pas très bavarde, au moment où je vais pour sortir elle me demande si hier j’ai croisé un jeune homme, cela semble être son fils, mais je lui dis que j’ai croisé qu’un homme d’une quarantaine d’années à la mine patibulaire.  J’ajoute :

  • mais quel âge a votre enfant ? Pour se promener sur les sentiers il doit être adolescent.
  • Il a 17 ans et il connait la montagne comme sa poche, mais hier il n’est pas rentré.
  • Si je le croise je lui dirais que vous l’attendez, moi je me dirige vers le fort du Salbert.
  • C’est le lieu où il joue avec ses amis, vous avez des chances de le croiser.
  • Mais il n’a pas un portable ?
  • Non, il a perdu le sien, et il ne me répondait jamais.
  • Ah ces jeunes ;

Je ne m‘attarde pas, car le vent est de plus en plus fort et j’aimerais que pour midi je sois vers les étangs, si le temps le permet je ferais quelques photos, ensuite ce sera la montée vers le fort, là j’admirerais la vue et j’entamerais ma descente pour dormir dans les bois. Je serais à l’abri du vent qui se déchaîne, météo France n’avait rien annoncé, encore une erreur des météorologues. Tous des bons à rien !  Mais rien ne va se passer comme je l’espérais. Je vais devenir une proie pour les amis de l’homme qui a chuté hier au soir. Mais pour l’instant je sifflote, fort heureux de ma randonnée. 

Je bois à même la source lorsque j’entends des éclats de voix, je tends l’oreille et ce que j’arrive à comprendre e fait froid dans le dos. Ce sont deux jeunes gens, un gars et une fille, la fille semble ne pas être d’accord, mais l’autre l’a convainc de le suivre, et, surtout de faire monter leurs copains qui font une battue pour trouver le dingue qui a tué leur père.

Une battue, je ne suis ni un chevreuil, ni un faon, voire même un sanglier. Ces jeunes gens sont aveuglés par la douleur, mais de là, à être en rage contre moi, et encore me dis-je ils ignorent totalement que c’est moi. Il me faut à ce moment précis prendre une grande décision, je dois redescendre la montagne et leur laisser croire que je fais le tour du GR en venant de Montbéliard. Oui voilà c’est la meilleure idée, je repartirais dans quelques semaines quand toute cette histoire sera terminée, je ne tergiverse pas longtemps, je fais demi-tour et part dans leur direction, il va falloir que je joue serré et surtout qu’aucun muscle de mon visage ne bouge, signe chez moi d’une grande fragilité depuis les événements que j’ai vécu il y a quelques années. Mais il ne faut pas que je m’en souvienne, je me suis fait une autre identité, je ne peux reprendre l’ancienne cela mettrait en jeu toute ma vie. Et puis quelle idée j’ai eu de partir sur les chemins en plus pour cette femme que j’aimais et qui m’a laissé comme  un vulgaire crétin, j’aurais dû me battre, rester, et non être là entre e marteau et l‘enclume à jouer ma vie pour ne pas avoir eu le courage d’affronter le regard de mes amis et parents. Je ne suis pas un assassin, j’ai essayé de le sauver ce type, mais sa main à lâcher et moi je n’ai pas pu le récupérer, j’espère qu’une chose c’est qu’il est mort sur le coup, si par malheur il était vivant je pourrais passer pour un type qui ne s’est pas préoccupé de son prochain. Merde c’est bien ma veine, moi qui depuis cinq ans ait fait profil bas, pas un bruit, j’ai tissé ma toile, monté une affaire, il a fallu mon coup de sang pour reprendre mes habitudes de voyou.

 

A suivre

Dans les Vosges ( La traversée dangereuse)

Au moment où machinalement il abaisse ses jumelles il voit un éclair aveuglant.  Il hésite puis fixe à nouveau son regard vers le chêne qui se trouve en contre-bas du GR. Là, assise à califourchon se trouve une enfant, à moins qu’elle soit plus âgée,  mais il en est certain c’est une toute jeune fille,  qui regarde dans sa direction avec des jumelles. Il se demande si elle l’a vu, car ce qui se passe ensuite va virer au cauchemar, il voit un corps qui s’écrase  inexorablement sur le sol.

Il n’en croit pas ses yeux,  il est certain qu’il n’y est pour rien, c’est impossible qu’à cette distance il est pu causer la moindre défaillance, cette gamine a dû regarder ailleurs et non dans sa direction. Il a beau scruter le sol il ne voit pas grands choses un tas d’arbres lui gêne la vue. Que faire ? Il ne peut pas redescendre en ligne directe car c’est un amas de rochers tous plus ou moins pointus, un éboulis qui ne lui dit rien que vaille. Après tout personne ne peut savoir qu’il a pointé ses lunettes dans cette direction, aussi sans se soucier de cet incident, il continue son chemin. Il n’a pas fait six pas qu’il s’arrête, il ne peut continuer son chemin sans au moins avertir les secours, il pense être à la limite du chemin d’Alsace et de ceux du Jura, ici pas de panneaux indiquant le nom du département, c’est un chemin qui s’enfonce dans la forêt. Tout en râlant sur le sort qui s’acharne sur lui il parvient à récupérer son téléphone et fait le 15 pour appeler les secours, mais hélas ici rien ne passe. Aussi ne sachant que faire et ne pouvant pas rejoindre  le lieu où sous ses yeux s’est déroulé ce drame, il continue son chemin. Puis la journée se passe sans incident notoire, il a juste croisé un randonneur comme lui, mais celui-là redescendait. Aussi profitant de cette rencontre il lui demande ce qu’il ignore, ayant fait la première partie du chemin comme un somnambule ou un boxeur qui est resté dans le cirage et qui en sort après avoir été sonné par son adversaire, il ne sait plus où il est.

  • J’ai dû me perdre. C’est du n’importe quoi, en fait il ne sait quoi lui dire.

Il me répond assez goguenard :

  • J’espère que vous savez que vous faîtes le GR 5 ;
  • Bien entendu,
  • Alors vous allez pouvoir attaquer le Grand Ballon, à votre place vous devriez vous arrêtez car là-haut il tombe une pluie glaciale.
  • A cette époque ?
  • Cela arrive parfois, vous venez de quel coin ?
  • De Ribeauvillé
  • Vous connaissez bien le temps de l’été sur les crêtes, là c’est simplement plus haut. Enfin je vous dis cela car vous me semblez complétement perdu et si vous n’avez pas l’habitude de marcher.
  • Ne vous inquiétez pas pour moi, la randonnée cela me connait, c’est juste que je pensais avoir franchis la frontière.
  • Ah mais nous ne sommes pas en Suisse, vous voulez aller dans le Jura Suisse.

Agacé au plus haut point il laisse cet homme qui commence sérieusement à lui prendre la tête et l monte allègrement le sentier qui mène à cette vue magnifique sur le Grand Ballon, il ne l’aurait pas raté, mais il pensait passer plus sur le bas. Il faut dire qu’il s’est  lancé dans cette aventure sur un coup de tête, demain matin il observerait plus attentivement son topo guide pour ne pas avoir l’air bête qu’il vient de montrer à ce randonneur, au demeurant un tantinet pédant. Enfin le voici au sommet, du Grand Ballon des Vosges qui culmine à 1424 m, c’est là qu’ il aperçoit la station radar qui ressemble à la proue d’un navire, il y a aussi un monument qui commémore le sacrifice des bataillons de chasseurs durant la guerre de 14-18. Il admire la vue qui s’offre à lui, puis amorce la descente, c’est d’abord sur les pistes de ski, la pluie commence à s’arrêter, et lorsque il atteint le sous-bois il ne pleut plus et le soleil revient. Il essaye de trouver un lieu pour dormir, rien n’est plat, tout est bosselé, comme il regrette les pentes herbeuses des Crêtes. Thann la prochaine ville où il doit se ravitailler est encore loin, enfin voici un endroit pas trop dur, il s’installe et dès qu’il est couché, il revoit cette gamine faire une chute terrible. Si elle est morte il vais s’en vouloir mais comment peut-il le savoir ? Il ne pouvait pas retourner en arrière, surtout que le chemin sur lequel cette jeune fille se trouvait il ne l’a pas sur son guide. Au vu du nombre de personnes qui se baladent sur le bas des sentiers, il espère qu’elle sera retrouvé, et puis qui lui dit qu’une femme soit tombée de ce chêne ; allez n’y pensons plus songe-t-il ?

Au petit matin c’est le brouillard qui l’accueille, un réveil humide qui l’agace. Pour son petit déjeuner il a un fond d’eau  et un sachet de café soluble, il fait chauffer l’eau sur son petit réchaud, il trouve aussi quelques biscuits mous et une barre de céréales. Encore 15 kilomètres et il sera  à Thann et là il va bien se ravitailler. Ce n’est que de la descente et il regrette de ne pas avoir pris ses bâtons. Il s’en achètera,  Thann n’est pas une ville perdue.

La première chose qu’il aperçoit ce sont les manchettes des journaux, on dirait que toute la ville ne parle que de ça. Ils ont retrouvé la gamine, en fait elle a tout juste 17 ans, elle jouait avec ses amies et elle a perdu l’équilibre, ses amies ont donné l’alerte. Finalement les grands titres lui ont donné envie d’en savoir davantage et il a acheté ce maudit canard, maudit car ce qu’il y a lu, lui a  laissé une espèce de malaise.

Il est écrit que les jeunes adolescentes ont vu dans la montagne une lumière comme une paire de jumelle, bien entendu qu’elles n’ont pu dire si elles étaient observés, mais lui, il le  sait et c’est de là que lui vient ce mal être. Il ne va pas aller se présenter à la gendarmerie car après tout dans la montagne  il n’est pas le seul à avoir une paire de jumelles. Il a déjà assez de problèmes avec les femmes, si ces gamines font n’importe quoi, ce n’est pas de sa faute. Et, sur ces bonnes paroles il s’enfonce dans les rues de  la ville à la recherche de ses victuailles pour se ravitailler judicieusement, il ne veut manquer de rien, tout de même il doit faire attention au poids de son sac, et là ce n’est pas gagné. Il ne veut pas dépasser les 7 kg, sinon il va être au-dessus de qu’il se sent capable de porter. Voici le magasin de sport qui lui a été indiqué par une petite vieille qui connaissait bien le GR 5 et qui lui a souhaité bonne continuation. Il a trouvé les bâtons qu’il voulait, et maintenant il reprend son périple. Au début j il a du mal avec la synchronisation de la marche et des bâtons mais petit à petit il prend le rythme et s’envole vers le sommet, il pleut, dans les descentes ils soulagent ses genoux, il avait oublié son accident de ski, et les descentes le lui rappellent. Quant au passage délicat il s’aide et il les passe assez facilement, il lui faut arriver avant 18 h à la petite cabane que lui a signalé un randonneur, il marchait dix fois plus vite et il pense pouvoir le retrouver plus haut. Celui-là avait bien une tête de bandit de grand chemin, et, pourtant c’est lui qui a engagé le premier la conversation lors de son arrêt pour la pause-déjeuner. Juste avant d’arriver au Col de Rimbach, il entend un juron et il voit arriver sur lui venir une dizaine de pierres. Il vient juste de s’arrêter et ne pense nullement à cet homme, pourtant il entend distinctement un appel au secours, décidément le voici toujours face à des gens qui ne savent pas ou poser leurs pieds. Il n’est pas le bon samaritain et il n’a pas envie de se détourner de son chemin. Au moment où il arrive en vue de la petite cabane, il voit sur le côté un homme suspendu dans le vide. Il s’arrête car ce n’est pas un mauvais bougre, pose son sac à même le sol et lui tends la main, il est tétanisé par la peur, en dessous de lui c’est le vide, s’il lâche c’est la mort.

  • « Petit à petit il m’affole car il ne fait rien pour essayer de remonter et  je me sens glisser vers lui, si je continue ce n’est pas un homme qui sera fracassé en bas mais deux. Aussi je le regarde et lui demande de faire un effort, mais il me dit qu’il ne sent plus sa jambe et qu’elle doit être cassée. Je lui fais comprendre dans un premier temps que je ne peux pas le soulever, il semble plus grand et surtout il est plus lourd que moi, aussi je prends une décision, certes horrible mais il faut que je sauve ma peau. Je lui lâche la main et l’inconnu bascule dans le vide. »

A suivre

En route (La traversée dangereuse)

Mario c’est le type même qui a un visage ingrat, un regard franc, une tignasse toujours mal peignée, une poignée forte, dure qui vous serre la main voire vous l’écrase, si vous êtes une femme vous préférerez qu’il ait l’idée de vous faire la bise, sinon vos doigts vont être broyés. A côté de ça il a son franc parlé et il faut filer doux devant lui, car il lui arrive de piquer des colères terribles, il vaut mieux faire profil bas que de l’affronter. Il est entrepreneur d’une Société au concept innovant, à partir de palettes en bois, lui et ses collaborateurs comme il les nomme recyclent, fabriquent des maisons révolutionnaires, ensuite ils les livrent  aux clients en kit. Son affaire est florissante, hélas depuis quelques semaines il n’a plus goût au travail, son frère a beau le seconder tant qu’il peut, Mario déprime.

Sa femme est partie avec l’ingénieur en chef, il était marié depuis à peine un an. Il avait consacré toute sa vie à son travail et le mariage pour lui était secondaire, puis au mariage d’un de ses neveux il avait été ébloui par la jeune Maud, la première copine du fils de son frère qui était venue pour faire un scandale. C’est lui qui avait été chargé d’évacuer la jeune demoiselle qui hurlait sa rage devant la mairie de Ribeauvillé, et de fil en aiguille en voulant la consoler, la belle s’était épanchée sur son épaule il lui avait caressé la tête puis déposer sa bouche sur la sienne et depuis c’était une folie de leurs corps.

Il ne se passait pas un instant où la belle débarquait à l’atelier, dès qu’il la voyait son sexe s’enflammait et peu importe le lieu il la prenait et reprenait, tout le monde l’entendait glousser car la mutine avait le verbe haut, ce qui faisait dire au personnel qu’elle aimait bien que l’on sache qu’elle se faisait baiser par son homme. Cette vie faîtes de sexe, d’alcool de fêtes en tout genre auraient pu durer longtemps si Maud n’avait pas rencontré au cours d’une soirée ou la bière coulait à flot, l’ingénieur en chef de la Société « Mario-Pal-Maud », ce dernier avait été autant ensorcelé que son patron quelques mois auparavant. Si au départ les tourtereaux s’étaient cachés, depuis les vacances ils s’affichaient dans le village. Et, rapidement Mario avait eu vent de l’infidélité de sa femme. Le lendemain du jour fatidique Maud avait retrouvé toutes ses affaires sur le trottoir, depuis ils étaient séparés et Mario avait même modifié le nom de sa Société. Maud avait été ôtée, en lieu et place il y avait à nouveau « Mario-palettes », nom commun mais fort connu.

Quinze jours plus tard alors que la belle, filait le parfait amour avec l’ingénieur de sa Société, lui, Mario a remis les clefs de son Entreprise à son frère et il est parti sac au dos vivre autres choses et s’éloigner de son village où les ragots vont bon train. Il va parcourir le GR5 de chez lui jusqu’à la côte après il avisera pour la suite. Il en est certain il vivra quelques choses de passionnant, grand et captivant. Le soleil brille, il fait chaud avec une légère brise, il est sur les crêtes pas loin du Ballon d’Alsace, il dort à la belle étoile, il a toutefois emporté sa toile de tente au cas où la pluie montre son nez. Il rencontre des familles, des vacanciers des randonneurs qui font un bout de chemin avec lui mais devant son mutisme ils le laissent rapidement. Il préfère être seul  mais accepte de cheminer quand cela se produit. Mais à la longue le babil incessant le saoule.

Il connait très bien les chemins de randonnée, il les a plus fait l’hiver en raquettes ou à ski, cela ne le dérange pas de les parcourir désormais à pieds. Les premiers jours il est allé doucement, puis petit à petit il a augmenté les kilomètres, depuis ce matin il a admiré un chevreuil qui a détalé devant lui. Il la suivit, perdu, retrouvé et là il a sortis ses jumelles pour pouvoir l’observer. Il a beau scruté la montagne, il ne voit rien, il a juste remarqué une gamine qui s’apprêtait à monter sur un arbre juste en contrebas du GR, ensuite il l’avait oublié, il avait continué son chemin, puis, à nouveau il s’était  remis en marche et à ce moment il avait reçu un éclat de lumière dans l’œil et depuis il scrutait l’horizon.

La suite vous l’avez vu en haut….

 

A suivre….

 

 

La traversée dangereuse

Tout là-haut dans les branches du chêne centenaire brillaient deux petits points dans le soleil, il fallait toute la dextérité de l’homme qui parcourait le chemin de grande randonnée pour s’en apercevoir. Il faut dire qu’il scrutait les environs avec une paire de jumelles espérant apercevoir à nouveau le jeune chevreuil  qui gambadait dans les rochers de la montagne qui lui faisait face. Au moment où machinalement il abaisse ses jumelles il voit un éclair aveuglant.  Il hésite puis fixe à nouveau son regard vers le chêne qui se trouve en contre-bas du GR. Là, assise à califourchon se trouve une enfant, à moins qu’elle soit plus âgée,  mais il en est certain c’est une toute jeune fille,  qui regarde dans sa direction avec des jumelles. Il se demande si elle l’a vu, car ce qui se passe ensuite va virer au cauchemar, il voit un corps qui s’écrase  inexorablement sur le sol.

 

A suivre si vous le voulez bien…