Une absence qui s’éternise (chapitre 10)

Bonjour à mes lecteurs,

Je vous ai mis l’intégralité du chapitre 10 car je dois m’absenter 3 à quatre jours la semaine prochaine. Cela me donnera le temps de transcrire l’ensemble de mes notes de mon cahier à mon ordinateur et dès que je rentrerais vous pourrez continuer à découvrir mon roman. Et à la fin je vous offrirais en prime le titre de mes écrits car je l’ai enfin trouvé…C’est un peu contraignant  de regarder qu’il n’existe aucun ouvrage ayant déjà ce titre. Même si les histoires sont différentes deux titres semblables c’est interdit.

Excusez-moi pour la longueur, mais j’espère que si l’histoire vous plaît et j’en ai l’impression vous ne verrez pas la longueur. De plus cela va dans le sens que vous avez l’air d’attendre.

 

 

Selon la volonté de leur maman et avec l’accord de leur père, la maman de France se trouve depuis le début de l’année scolaire dans une maison de repos à l’écart de Lyon. Cette maison se trouve dans les Monts du Lyonnais dans un charmant village qui se nomme Saint-Martin-en-Haut. C’est là que le chauffeur les dépose en ce début d’après-midi. Sa chambre est au rez-de-chaussée, elle a une porte-fenêtre qui donne sur un immense parc aux arbres à essences variées. En ce début d’après-midi la maman de France fait la sieste et ne s’attend pas à voir sa fille accompagnée de sa demi-sœur dont elle a appris l’existence par son mari qui est parti affronter ses démons, enfin c’est ce qu’elle pense, car il a été fort évasif au téléphone pas plus tard qu’hier matin.

Quand France accompagnée de Victoire arrive, elle voit que sa maman dort dans un fauteuil relax sur la terrasse. Comme à son habitude elle a une longue robe blanche avec un manteau de la même couleur ; sur sa tête un chapeau blanc qui la protège des rayons du soleil. Elle paraît tellement fragile pense France en la voyant assoupie. Ce blanc la rend diaphane se dit-elle. Elles essayent de faire le moindre bruit possible, mais hélas les gravillons du chemin réveillent la belle au bois dormant comme pense à ce moment Victoire. La maman de France soulève lentement son chapeau qui la protège des rayons du soleil de cette semaine Pascale, et elle rosit de plaisir en voyant que s’avance sa fille adorée. Elle pense de suite que la fillette qui l’accompagne est forcément Victoire née du premier amour de son mari.

–       Ma petite chérie, quel plaisir tu me fais, mais tu m’avais annoncé ta venue pour demain, je ne suis pas présentable. Toi, tu dois être Victoire.

Victoire apprécie la douceur de la maman de France et est même étonnée de sa gentillesse, après tout elle n’est que la demi-sœur de sa fille. Mais Luce ne parait pas du tout gênée par la présence du fruit de l’amour de son mari, au contraire, on dirait qu’elle la considère comme  sa propre fille. Elle l’embrasse chaleureusement, ce qui fait naître au bord des cils de Victoire, quelques larmes, qu’elle réprime rapidement. Personne ne doit voir qu’elle est émue. Mais la maman de France s’en est aperçue et elle lui tend un merveilleux mouchoir blanc pour qu’elle puisse s’essuyer les yeux, et lui fait comprendre qu’elle peut le garder. Ce qui met un sourire sur les lèvres de France, elle reconnait bien sa mère, elle a toujours distribué ses mouchoirs en fine batiste.

Luce Delmas s’intéresse énormément au travail scolaire des deux fillettes, elle leur pose les questions d’usage, félicite dans un premier temps sa fille pour ses résultats scolaires, et encourage Victoire pour sa progression tout en l’entourant d’affection.

–       Et bien je pourrai dire à votre père que vous avez bien travaillé en classe, il sera fort heureux.

–       Maman, pourquoi papa ne rentre pas, son travail l’attend et il laisse Fabien s’en occuper, je pensais que c’est ce qu’il ne voulait pas.

 

–       Ton papa, il faut le comprendre,  a appris en même temps que Victoire était sa fille, il l’ignorait complètement, et il s’en veut énormément d’avoir cédé à son père il y a plus de 12 ans.Quant à son travail il a préféré le fuir, il est en ce moment au Bénin où il va essayer avec ton parrain de mettre sur pied un laboratoire pour faire des recherches sur des vaccins. Mais votre Grand-Mère s’y oppose un tantinet,  je n’en connais pas la raison. Ici en France il doit aussi essayer de savoir qui lui veut du mal au sein de son propre Laboratoire, il y a eu des vols, et le pire de tout il a subi de la part de Fabien de nombreuses suspicions. Aussi,  comme il ne se sent pas dans l’état de travailler, sa mère lui a ordonné de prendre du repos et de revenir quand il aura mis ses idées en ordre. D’où son départ précipité vers son frère. Et votre grand-mère a donné les rennes à Fabien, ce qui contrarie ton père.

 

–       Mais Fabien a licencié le papa de Rose, la petite fille de la cuisinière de Bonne Maman, pourtant il faisait bien son travail, papa disait toujours « c’est un gardien exemplaire. » Maintenant qu’il est loin de nous il est  gentil, alors qu’avant son départ il me malmenait et m’envoyait promener à tout moment.

 

–       Avant son départ ma fille chérie, il venait de savoir que l’on avait besoin de lui aux USA, et il se demandait ce qui se passait, puis quand il s’est retrouvé avec vous Victoire, il n’a pas su comment assumer, il vous a même poussée à parler vous-mêmes à France, ce que en d’autres temps il aurait assumé seul. Mais je ne puis vous en dire davantage mes chéries. Par contre France, j’ai reçu pour toi une lettre de ton papa, tu ne dois jamais communiquer ce que tu trouveras à l’intérieur à qui que ce soit, sauf à ta sœur.

A mots couverts, la maman leur dit que c’est la formule pour fabriquer les deux parfums homme et femme. Mais chut, elle n’a rien dit.

–       Venez rentrons il fait frais !

A l’intérieur elle se dirige vers une pile de linge et derrière se trouve une lettre d’où s’échappent des effluves fort agréables ; le tout est plié avec un ruban rouge, il tombe à terre une feuille fine, et dessus, il y a l’écriture de son mari.

–       Il faut que tu la mettes dans un endroit où personne n’en prendra connaissance, ou bien tu devrais la donner à Victoire, ta grand-mère n’ira pas regarder dans ses affaires.

 

–       Quel honneur vous me faites Madame.

 

–       Oh ! Non pas Madame, si tu ne peux pas m’appeler Maman ce que je comprendrais, dis-moi Luce.

 

 

–       Merci Maman Luce.

L’après-midi est allé fort vite, France a remis la lettre à Victoire et a laissé le petit mot et le ruban à sa maman. Elle ouvrira le courrier seulement quand elles seront en sûreté chez Monsieur Donnât, le papa de Léa. L’infirmière qui suit la maman de France les a remerciées de leur visite et leur a même dit de revenir plus souvent car elle avait trouvé Madame Delmas très calme. Mais France et même Victoire s’était rendu compte qu’au fur et à mesure qu’approchait la fin de leur rencontre, elle rentrait dans son mutisme et ses yeux presque violets se voilaient de tristesse.

Quand elles sont rentrées à la grande Maison, Fabien était encore là et discutait âprement avec leur grand-mère. Dès qu’elles ont toutes deux franchi le seuil, il y a eu comme un grand silence qui a mis tout le monde mal à l’aise. Et comme par hasard dans leur monde où rien ne devait sortir, elles  ont appris le soir même que Fabien jouait un drôle de jeu. Après le repas auquel assistait Fabien, la grand-mère et le petit fils s’étaient, comme à leur habitude depuis des années, retirés dans le bureau de Bon Papa qui était depuis celui de sa femme, mais tout le monde le nommait ainsi depuis 10 ans. Les fillettes, curieuses comme elles étaient et sentant que l’atmosphère s’épaississait, avaient décidé d’aller dans le boudoir vert attenant au bureau et là, l’oreille collée à la paroi du mur du placard, n’avaient pas perdu une miette des manigances de leur grand cousin.

–       Bonne Maman tu m’as demandé de prendre un détective privé et suivant tes recommandations je lui ai donné carte blanche. Voici ce qu’il vient de découvrir. Il a suivi Oncle François depuis qu’il a déposé sa fille  Victoria, et non Victoire comme vous l’appelez, à l’internat où se trouve France. A partir de ce moment il ne l’a pas quitté d’une semelle. Il s’est envolé à nouveau pour les USA, régler les affaires courantes à la fois chez la mère de la petite et à la fois au laboratoire. Le poste resté vacant par Madame Gerry n’avait plus besoin de personne, compte tenu que le laboratoire a fermé ses portes, il a donc licencié l’ensemble des chercheurs. Certains sont donc revenus en France, comme tu le sais, et ils devaient intégrer le laboratoire, mais je ne les ai pas gardés, c’étaient les yeux et les oreilles de François je n’en n’ai pas besoin.

 

–       Tu as largement exagéré, je te l’ai du reste dit il y a quelques temps, mais comme le Laboratoire tourne bien, je ne t’en fais pas griefs.

 

–       Merci Bonne Maman de m’accorder votre confiance, car mes oncles et ma tante n’ont pas l’air d’être d’accord avec vous. J’espère que les petites pestes n’informeront pas vos autres enfants.

–       Justement j’ai prévenu Monsieur Donnât, il va venir les chercher demain au plus tôt. Il est comme tu sais Commandant dans la Marine Française mais il a été légèrement blessé lors d’un entraînement et il a un repos de trois mois voire plus. Il ne m’a posé aucune question, mais de cette manière tu auras les coudées franches.

 

–       Merci ! Bon je termine et après je filerai dormir, je le mérite bien. Donc il est allé se mettre au vert chez son ami de promotion. Il y a quinze jours il est sorti et c’est là que le détective a perdu sa trace, mais auparavant il a posté 7 lettres. Or à ce jour, après que Luce ait répondu qu’elle en avait une, la vôtre, celle de vos deux fils et de votre fille et la mienne, je ne vois pas qui a reçu la septième. A moins que ce soit France, mais hier elle ne l’avait pas sur elle, j’ai fait vérifier ses bagages quand elle était avec nous au mini Conseil de Famille.

 

–       Ma petite France a gardé son sac à dos, c’est certainement là qu’elle a mis cette lettre, avant qu’elle ne parte demain matin, il va falloir que je trouve cette lettre. As-tu pris connaissance de celle de Luce ?

 

–       Oui, mais cela n’a rien à voir avec l’entreprise, ce sont des banalités de couple.

 

–       Elle a accepté que tu  la lises ?

 

–       Pas vraiment mais je l’ai menacée.

 

–       Fabien, je ne veux rien savoir de tes manières.

C’est à ce moment-là que le téléphone a sonné dans le bureau et les deux fillettes se sont empressées de disparaître, craignant que Fabien en profite pour aller à l’extérieur, vu quel’appel ne le concernait  pas, chercher des verres comme souvent il le faisait.

En arrivant dans la chambre, elles ont réfléchi où cacher l’écrin ainsi que la lettre de leur papa qui leur était destinés. Car les menaces de Fabien étaient fort claires, il avait tout vérifié ce matin, il ne s’était pas sali les mains, il l’avait fait faire par un homme de main ou son détective, ceci elles l’ignoraient toutes les deux. Plus elles réfléchissaient plus elles pensaient qu’il viendrait pendant leur sommeil. Ne pas dormir n’était pas la bonne solution. Mais où tout cacher ?  Une idée vint à France, elle allait mettre le tout dans la grosse plante sur le balcon extérieur, elle allait faire un trou, le reboucherait et remettrait sur le dessus les petits copeaux de bois de manière que personne ne trouve qu’il y avait quelque chose d’anormal. Toutes les plantes de la grande maison avaient des copeaux de bois. Mais auparavant elle enveloppa l’écrin, la lettre dans la robe d’une de ses poupées qui trônait sur la cheminée, dans la chambre de son père.

Rapidement, aidée de Victoria, c’est ainsi qu’elle l’appellera désormais, vu que c’est celui-là son vrai prénom, elles ont réussi, avant le retour de Bonne Maman, à tout remettre en place et à fermer les persiennes, de manière que leur cousin ne puisse se rendre sur le balcon au cours de la nuit. L’essentiel était de se montrer étonnées si leur Grand-Mère les avertissait de leur départ imminent pour se rendre chez Léa, et de ne jamais regarder vers la fenêtre pendant qu’elle leur parlerait. Mais lorsque Bonne Maman est montée, elle leur a demandé de l’accompagner au rez-de chaussée, elle avait quelques choses d’important à leur dire. Elles ont eu beau prétexter qu’elles avaient sommeil, elle s’est montrée inflexible. Toutes les deux ont bien compris ce qui allait se passer. En effet, tout en descendant, suivies de leur Bonne Maman, elles ont croisé Fabien qui sifflotait, accompagné d’un inconnu. Mais elles n’ont pas osé poser une seule question et se sont bien douté de ce qu’il allait faire. Toutes les deux, sans se concerter, ont espéré que leur cachette était un lieu sûr.

Après que leur grand-mère les aient averties de leur départ dès demain chez les Donnât, elle a discuté de leur travail scolaire, mais ne semblait pas totalement intéressée par leur réponse, ce qui n’était pas étonnant compte tenu de ce que les deux fillettes avaient entendu. Elle attendait le retour de Fabien, qui est réapparu plus d’une demi-heure plus tard. A sa tête, et devant sa négation en regardant sa grand-mère, toutes deux ont compris que leur cachette n’avait pas été découverte. Leur cousin est parti, suivi de son acolyte qui était certainement son détective privé. Il a serré leur Bonne Maman dans ses bras et est sorti sans regarder ses cousines.

Ces dernières, pressées de se rendre dans leur chambre, ont pris congé de leur Bonne Maman et l’ont regagné rapidement pour essayer de dormir. La nuit a été dure pour France, Victoria a bien dormi, c’est tout au moins ce qu’elle a dit à France le lendemain. Cette dernière s’est demandé pourquoi sa grand-mère n’était plus la même, et  c’est pendant la nuit qu’elle a décidé de lui dire qu’elle avait eu son père au téléphone pas plus tard  que la semaine dernière. Ce qu’elle avait caché à tout le monde. Aussi, connaissant les levers matinaux de sa grand-mère, France est descendue dès six heures du matin. Sa grand-mère déjeunait tranquillement dans le patio à peine éclairé. C’est à ce moment-là que France l’a trouvée, pâle et les traits tirés, elle a sursauté en voyant apparaître une de ses petites filles.

–       Bonjour, ma petite France, tu es tombée de ton lit ?

 

–       Non Grand-Mère, mais j’ai mal dormi, il fallait que je vous confie quelque chose, surtout que nous n’aurons plus l’occasion de nous voir avant cet été.

 

–       Qu’as-tu à me dire mon enfant ?

 

–       Papa, je l’ai eu au téléphone la semaine passée, je ne l’ai dit à personne, vous êtes la seule désormais à le savoir. Je ne l’ai même pas dit à Maman.

La Grand-Mère ne lui a  pas répondu, elle a juste fermé les yeux et lui a dit :

–       Merci, mais maintenant retourne te coucher.

France est bien retournée dans la chambre, Victoria était réveillée et elle attendait sa sœur. Elles avaient déjà récupéré la lettre et le coffret qui détenait cette fameuse clef. C’est à ce moment-là qu’elles ont entendu des cris dans le bas de la maison. C’était la femme de chambre de leur grand-mère. France est sortie dans les escaliers pour voir ce qui se tramait.

–       Mademoiselle France, appelez le Samu, votre grand-mère a eu une crise cardiaque !

 

 

Fin de la première partie

Ce 27 mars 1915

Pour la communauté de Clara: Il y a 100 ans

 

 

 

Selon les carnets de guerre  d’Anna Vautrin

 

Samedi 27 mars 1915

Il y a des avions en l’air toute la matinée.

La guerre fait tourner la tête à bien des petits jeunes gens. Le neveu du docteur Spilmann est parti mercredi avec un de ses camarades de lycée. Ils s’étaient habillés en boy-scout. Ils sont allés à pied jusqu’à Laneuveville puis toujours à pied, ils ont trouvé des soldats qui allaient partir pour les tranchées. Ils ont mangé avec eux puis les ont suivis dans une tranchée. Là ils ont couché dans la tranchée sur la paille. Le lendemain, ils sont partis avec les soldats jusqu’à la deuxième tranchée. Ils ont vu tomber des obus autour d’eux. Puis se disant qu’on devait être inquiet à la maison, ils ont quitté les soldats. Arrivés dans un village en ruine, ils aperçoivent deux gendarmes. Ils se cachent vite dans une cave et lorsque les gendarmes sont passés, ils reviennent à pied jusqu’à Nancy. Ils étaient allés près de Courbesseaux (20 km de Nancy). Pendant ce temps, les parents affolés avaient demandé à la préfecture qu’on fasse des recherches. Mercredi matin, les deux gamins qui ont 12 ans étaient partis au lycée à 8 h. Ce n’est qu’à midi que les parents ne les voyant pas revenir se sont inquiétés. A 4 heures du soir, les deux familles recevaient une carte de leurs enfants disant : « nous suivons les soldats. » Ils étaient heureux de leur escapade disant que le jus (café) qu’on leur avait servi le matin dans la tranchée était excellent. Ils avaient bien dormi dans la paille. Un soldat leur avait prêté sa capote pour dormir. Ils avaient trouvé la soupe très bonne. En revenant, les soldats leur avaient donné à chacun un casque et une baïonnette. Tout le monde ne pourra pas dire après la guerre qu’on a couché dans une tranchée. Voilà l’enthousiasme des enfants. Ils veulent jouer au soldat. Le petit camarade du neveu du docteur Spilmann couchait parait-il depuis trois semaines chez lui sans se déshabiller et la tête sur son sac. La veille de leur départ, le petit Bailly avait demandé à son père l’argent de sa semaine.

Nous avons vu passer aujourd’hui devant la maison 50 à 60 voitures avec des bâches, toutes ayant la même forme. Je ne sais pas ce qu’il y avait dedans. Elles allaient vers la rue de Metz.

 

Bien entendu que c’était les taxis de la Marne, mais ceux qui les voit passer ne le sauront que bien plus tard…

 

 

 

 Lu dans le Miroir en date du 27 mars 1915

Belgique.-Combat d’artillerie en Belgique, dans la région de Nieuport; plus au sud, dans la région de Saint-Georges, nous avons enlevé une ferme.
 
France.-. En Champagne, simple bombardement entre Meuse et Moselle, mais nous avons facilement repoussé des attaques : deux au bois de Consenvoye et au bois des Caures (près de Verdunj; trois aux Eparges; deux au bois Le Prêtre. Près de Badonviller, nous avons solidement organisé les positions occupées par nous. En Alsace, au Reichackerkopf, les Allemands ont, de nouveau,  aspergé nos tranchées de liquide enflammé, mais sans obtenir de résultat.
Six de nos aviateurs ont bombardé les hangars des zeppelins, à Frescaty, et la gare Metz. Ils ont déterminé une panique, puis sont rentrés à bon port. D’autres aviateurs français ont bombardé les hangars à l’est de Strasbourg.
Les Russes ont remporté un très sérieux succès dans les Carpathes, au col de Lupkov, et enlevé une partie de la crête des Beskides aux Autrichiens. Ceux-ci ont reculé, en abandonant, au cours de la seule journée du 24, près de 6.000 prisonniers.
Un incident assez sérieux s’est élevé entre l’Allemagne et la Hollande. Celle-ci a déjà fait des représentations au sujet du vapeur Zevenbergen, qui fut attaqué le 21 par un avion. Or, le vapeur Medca, dont la nationalité néerlandaise était clairement affirmée, a été canonné trois quarts d’heure durant et coulé.
Von der Goltz et Liman von Sanders, les deux dictateurs allemands de la Turquie, ont quitté Constantinople. La situation des Allemands, dans cette ville, devient de plus en plus critique, et un fort parti s’y est créé en faveur de la paix.
 
 

Ecrivain mort à la guerre

André Cambon – 1882 – Tué le 27 mars 1915 à Notre-Dame-de-Lorette (Artois ).

 

A Notre Dame de Lorette c’est là ou le président de la République a le 11 novembre 2014 inauguré l’anneau de la mémoire, c’est un Haut lieu de la Grande Guerre.

Le Mémorial International de Notre-Dame-De-Lorette

 

Avec près de 580 000 soldats morts sur leur sol et plus de 300 villages et villes anéantis, les départements du Nord et du Pas-de-Calais figurent au premier rang des régions détruites à l’issue de la Grande Guerre. Arras, comme Reims et Verdun a été déclarée ville martyre.

 

 

 

 Attaque aux Eparges (Marne)

Le 27 mars un bataillon du 54e et le 25e bataillon de chasseur se lancent encore à la rescousse, enlèvent plus de trois cents mètres de tranchées et subissent une violente contre-attaque bataillon de chasseurs allemands

lls arrivent cependant à se maintenir dans les tranchées conquises mais, malgré des prodiges de valeur, mais ne peuvent pousser au delà.

La crête tant convoitée restait donc encore aux mains des allemands.

Pour suivre les attaques de Mars 1915:

http://chtimiste.com/batailles1418/combats/1915eparges.htm

 

Et aussi…………………..

 

L’Argonnais Henri Ernest Udron fusillé le 27 mars 1915   (impossible d’en connaître la raison)

 

Il se nomme UDRON Henri Ernest, il est né dans la commune de Le Neufour à dix heures du matin le 19 mars 1889. Durant la Grande Guerre, il était soldat de 2 classe au 2 Régiment d’Infanterie Coloniale. Pour des raisons que j’ignore pour l’instant, il fut passé par les armes le 27 mars 1915 à Vienne la Ville. Il avait d’ailleurs été inhumé sur cette même commune, plus précisément au bord de la route de la Croix Gentin, à 200 mètres du carrefour de la route de Vienne la Ville à Sainte Ménéhould.

 

Comme je fais des recherches sur le parcours de mon grand-père (Régiment d’infanterie Coloniale), je n’ai pas bien entendu fait des recherches sur ce soldat, mais comme il a été fusillé  il y a tout juste 100 ans et que l’on fusillait parfois pour pas grand chose, je pense que c’est lui faire un peu d’honneur que d’en parler aujourd’hui. Jusqu’à présent tout ce que j’ai lu sur les fusillés de la guerre de 14/18, c’était pour avoir refusé de monter au front, ou pire être resté endormis dans une tranchée…Etc etc…

 

 

 

 

 

 

Le Conseil de Famille (chapitre 9)

 

 

La fin de semaine était arrivée assez rapidement et sans trop de problèmes pour Victoire. Bien entendu, elle avait été obligée de présenter des excuses à toutes les fillettes  avec qui elle avait été désobligeante, mais la punition était juste.

La directrice pour ne pas cibler les sixièmes avait réuni l’ensemble des élèves internes pour leur rappeler la règle d’or de l’établissement, toujours se référer à un supérieur en cas de litiges et ne jamais faire justice soi-même, mais elle n’avait pas convoqué ni Léa, ni France, et encore moins Erika qui s’était sentie fautive de n’avoir pu être là.

Enfin la voiture de Bonne Maman vient d’arriver, les deux fillettes avec leurs bagages s’engouffrent dans la voiture. Auparavant, elles ont salué Monsieur Donnât et dit au revoir à Léa qui part chez son père ; et elles se retrouveront tous la seconde semaine car Denis les aura rejointes. Le papa de Léa avait été informé par leur père qu’il devrait s’occuper en plus de France de sa seconde fille née hors mariage. Aussi en partant il leur dit :

-Nous ferons plus ample connaissance dans une semaine, car là  nous devons nous dépêcher de rentrer. A bientôt Mesdemoiselles Delmas.

 Ce qui fit rosir de plaisir Victoire, qui, pour elle, porter ce nom était devenu un grand honneur depuis qu’elle avait réussi à crever l’abcès avec  sa sœur. Tout en roulant, France fait des parallèles entre la famille de son amie et la sienne, mais pas celle qu’elle forme avec son papa et sa maman et prochainement Victoire, mais la grande famille. Et la conclusion à laquelle elle arrive lui parait fort étrange, en effet chez Léa ce qui a de la valeur c’est la manière de donner une bonne éducation et non l’argent ou la renommée. Bien que d’un grade fort important, le papa de Léa mène avec ses deux enfants une vie simple, ils se chérissent tous, et personne n’essaie d’emmener l’autre dans des histoires étranges.

France trouvait que chez les Delmas la grande famille était gentille, mais il y avait toujours des bruits de couloir, des sous-entendus, de vieilles histoires qui rongeaient un à un les membres de la famille. Tout d’abord son oncle qui s’était donné la mort si on en parlait on avait toujours des chut ! Ensuite cette rancœur de Fabien envers son oncle le père de France et Victoire. Puis Bonne Maman qui se taisait souvent quand on arrivait près d’elle, et qui n’avait pas l’air de porter dans son cœur à la fois sa propre maman et maintenant, vu ce que lui en avait dit Victoire, sa soeur avait senti une certaine animosité de la part de celle qui apprenait son existence. Dans la grande maison c’était le patrimoine et le statut que cela leur donnait qui était toujours mis en avant. Cela était pesant.

Quand le chauffeur est arrivé, Victoire lui avait demandé si elle devait embrasser cet oncle, ce qui avait fait bien rire France, elle lui avait murmuré :

«  C’est le chauffeur de notre Grand-Mère »

Ce qui avait fait éclater de rire Victoire, et Léa qui avait surpris la conversation. En effet Victoire se sentait perplexe devant tous ces domestiques  qu’elle avait entrevus dans la grande maison. Elle appréhendait son arrivée, Fabien n’avait pas l’air de l’apprécier, et elle ne savait pas comment régler le conflit qu’elle voyait poindre dans sa vie.

Mais France, alors qu’elle était plus jeune qu’elle, la protégerait, elles se l’étaient mutuellement dit. Tout en roulant vers Lyon, les fillettes se taisent et chacune est plongée dans ses pensées.

France se souvient de tout ce que son père lui a appris concernant le Laboratoire DELMAS père et fils. C’est le patriarche c’est ainsi qu’il nommait son grand-père qui avait créé ce laboratoire. Au départ, les chercheurs étaient seulement Bon Papa qui était mort dix jours après le suicide de son fils aîné. France ne les avait pas connus, elle était née la même année mais trop petite pour s’en souvenir. Pour pouvoir continuer il fallait que ce soit Fabien, mais à l’époque il était bien trop jeune et son père lui avait toujours dit que jamais il ne pourrait prendre la tête de l’entreprise familiale. La raison, il ne lui avait pas dite. C’est donc son frère cadet, notre père qui avait quitté le CNRS, et Il reviendrait à elle de le remplacer quand elle serait en âge de le faire, mais pour cela il fallait qu’elle travaille bien à l’école, il lui demandait d’être au moins ingénieur chimiste. Il avait pour sa fille France un grand projet celui de mettre en place une antenne spécifique pour  fabriquer des parfums. Sa fille France connaissait déjà les deux premières fragrances, mais son papa attendait de le proposer sur le marché qu’elle soit en âge de le seconder, puis plus tard de voler de ses propres ailes.

France sentait que ses vacances de Pâques ne seraient pas de tout repos, car elle savait par une indiscrétion du chauffeur qu’elles venaient pour un Conseil de Famille. La raison, elles ne la connaissaient pas, et surtout elles ne comprenaient ni l’une ni l’autre. En chemin le chauffeur s’était arrêté et elles ont eu le plaisir de voir arriver Bertrand, le filleul de leur papa, lui aussi avait été obligé de changer ses vacances car son frère lui avait dit de rappliquer immédiatement. A peine arrivés, les domestiques de Bonne Maman viennent récupérer les bagages des trois enfants, et le chauffeur les conduit dans la bibliothèque où se trouve l’avocat de la famille, Fabien et sa mère et aussi Bonne Maman. Il n’y a ni leurs oncles, ni leur tante. Cela leur parait encore plus étrange, elles sont inquiètes. Quant à Bertrand, il se demande ce qu’il peut bien faire ici, alors qu’il devait partir avec sa classe à Londres. Il devrait toutefois les rejoindre plus tard, mais pour l’instant il doit embrasser sa mère qui se dit en porcelaine, et cette dernière  dépose à sa nièce France et à son fils un baiser sur le front, tend sa main à Victoire qui rougit sous l’affront. Du reste elle ne serre pas la main de cette femme qui ne lui est rien.

C’est Bonne Maman qui prend la parole la première :

–       Mes enfants, si je vous ai invités c’est parce que mon fils François, votre père m’y contraint. Il donne de ses nouvelles de temps en temps, et surtout il ne me dit pas ou il est. Mais peut-être que vous, France et Victoire, vous en savez plus que moi sa propre mère. Vous écrit-il ?

 

–       Oui, lui répond France, mais cela fait longtemps que je n’ai pas eu de courrier, car j’attends sa nouvelle adresse, il doit me la communiquer.

La mère de Fabien, hurle :

–       Depuis quand ?

Aussitôt France se met à pleurer, tant cette pression lui fait mal, mais Victoire joue son rôle de grande sœur à merveille.

–       Vous n’avez pas besoin d’agresser ma petite sœur, on a reçu du courrier il y a 8 jours et nous n’en savons pas plus, c’est tout ce que l’on peut vous dire.

 

–       Je ne m’adresse pas à toi, tu es une intrigante…

 

–       N’importe quoi ?

A ce moment-là, la Bonne Maman calme le jeu :

–       Voyons, ne nous énervons pas, il faut ma petite France que tu me donnes les lettres de ton papa.

 

–       Non Bonne Maman, papa me les a envoyées à moi et personne ne les lira, de toute façon je ne les ai pas. Et il ne me dit rien sur son travail sauf que bientôt je saurais tout.

 

–       Mais dans cette lettre il n’y a pas le code du coffre-fort de la famille ?

 

–       Non, pourquoi me donnerait-il cela, je ne parle jamais avec lui des affaires familiales.

Soudain Fabien, qui est dans une colère terrible prend la parole :

–       Et la formule du parfum tu ne l’aurais pas par hasard ?

 

–       Ah Papa veut faire du parfum ? c’est bien, mais si toi tu le sais et bien moi, je ne suis pas dans le secret, tu es le premier à me l’apprendre.

Du coup Fabien se mord les lèvres, et lui dit qu’il faut qu’elle pense à l’avertir le plus rapidement possible si son père lui met dans une de ses lettres une formule. Il lui explique que ce sont de drôles de signes que bien entendu elle ne peut utiliser vu qu’elle n’y connait rien. En petite fille bien élevée, France acquiesce, se gardant bien de lui dire qu’elle n’en fera rien. Maintenant c’est au tour de Bertrand d’être sous le feu des questions de sa maman et de son frère, mais lui ne peut rien dire de plus que les filles.

Finalement Fabien a trouvé qu’il avait perdu assez de temps avec les petits comme il les appelait. Il se sauve pour travailler et laisse sa mère en tête à tête avec sa grand-mère. Quant à Bertrand il attend sur le perron que sa mère en ait terminé avec Bonne Maman.

France a accompagné Victoire au premier étage et lui confie qu’elles vont coucher toutes les deux dans la chambre de leur papa, c’est la femme de chambre qui le lui a confié. Pour la circonstance ils ont ajouté un des lits d’une autre chambre. Mais ce qui ne rassure nullement France, ce sont les propos de sa grand-mère, elle voulait lire ses lettres. N’allait-elle pas profiter d’une de ses absences pour venir fouiller dans sa valise et découvrir la fameuse clef que son père lui a confiée, et qu’elle a rapportée du lycée pour la mettre en lieu sûr chez Léa où elles doivent se rendre assez rapidement. Cet après-midi, elle va profiter de l’absence de sa Bonne Maman qui doit se rendre à un bridge chez des amies, pour aller visiter sa maman. Elle a même demandé à Victoire de l’accompagner, ne voulant pas la laisser seule dans la grande maison. Mais il lui faut auparavant avoir le feu vert de sa Grand-Mère ce qui n’est pas encore certain.

Voilà sa tante qui quitte avec perte et fracas la grande Maison, avec un regard courroucé envers ses deux nièces, elle s’éclipse rapidement et dès que  leur grand-mère apparaît, France lui fait la proposition suivante :

–       Bonne Maman, j’ai appris que vous alliez voir vos amies pour un bridge, aussi pour pouvoir profiter de vous, je n’irai pas demain voir Maman, mais cet après-midi et Victoire m’accompagnera. De cette manière je lui présenterai maman, et j’en suis certaine elle sera une seconde maman pour elle.

 

–       Ma petite fille j’avais prévu autre chose pour vous deux cet après-midi, car ton parrain arrivant demain du Bénin, s’était proposé pour vous accompagner à la maison de repos. Mais finalement, le chauffeur me déposera et fera un détour pour vous y emmener.

 

–       Oh merci Bonne-Maman !

 

–       Ne me remercie pas, c’est bien normal que tu puisses aller voir ta mère.

Elle tourne les talons, sans un autre mot, pour se rendre à la cuisine afin de donner des ordres pour qu’ils servent le déjeuner à midi tapante. Mais Bonne Maman faisait toujours la difficile habituellement pour que sa petite-fille puisse aller voir sa mère, ce fut la première chose qui inquiéta France, mais elle n’en fit pas part à sa sœur aînée, elle garda pour elle ses questions.

La révélation (chapitre 8 suite)

 

 

 

–       Bonjour France, asseyez-vous toutes les deux. J’ai déjà vu Victoire, vous a-t-elle parlé ?

–       Oui Madame, mais ce matin j’ai reçu un  courrier de papa et je vois qu’il est étonné que je ne lui parle jamais dans mes courriers de la venue de Victoire. Au vu de ce que vient de me dire Victoire je comprends son sous-entendu, il ne voulait pas me l’annoncer lui-même, il espérait que Victoire me le dirait elle-même.

Et, à ce moment France se tourne vers Victoire et l’apostrophe  car elle est en colère :

–       Pourquoi as-tu eu ce comportement avec moi et surtout pourquoi m’avoir fait tant souffrir ? J’ai toujours rêvé d’avoir un frère ou une sœur je t’aurais accueillie les bras grands ouverts. Pourquoi ne m’avoir rien dit ? Pourquoi ? Papa espérait tellement que nous devenions amies avant de découvrir notre lien de parenté.

Dans le bureau on pourrait entendre une mouche voler tant le silence est pesant, puis tout-à-coup les deux fillettes éclatent en sanglot ; aussi bien pour l’une que pour l’autre, la tension ses derniers temps a été rude. La directrice ne dit rien, elle pense que France sera capable de prendre sur elle et d’accepter cette sœur qui lui tombe du ciel, quant à Victoire il lui faudra mettre sa fierté dans sa poche, mais vu qu’elle pleure autant que sa sœur, elle pense à ce moment qu’elle a franchi un grand pas. Aussi c’est sur la pointe des pieds qu’elle laisse les deux sœurs faire plus ample connaissance, elles ont certainement beaucoup de choses à se dire.

–       J’étais jalouse de toi France, tu avais eu notre père et moi pendant mon enfance je n’ai eu que ma maman, qui est morte, emportée par un cancer. Elle ne m’avait jamais parlé de notre père, elle était fort évasive, mais jamais elle n’a dit du mal de lui, elle parlait de circonstance malheureuse. Depuis qu’elle est partie j’ai été livrée à moi-même, j’étais avec une tutrice que ma mère avait désignée avant de s’en aller à tout jamais. Elle était gentille mais ne connaissait rien aux enfants, et puis il y a eu l’ouverture de ce testament et là tout a basculé. J’ai rencontré notre père à New York, chez un homme de Loi qui a ouvert un testament et qui m’a présentée à mon père. Lui ne savait même pas la raison pour laquelle il était convoqué, je pense qu’il s’en doutait, mais ma mère ne lui avait jamais rien dit, et pourtant elle travaillait pour les Laboratoires Delmas comme chimiste.

–       Comment ta maman a rencontré Papa ?

–       Non seulement  Papa, mais aussi tes oncles et ta tante, car ses parents, mes grands-parents étaient employés chez ton grand-père et ta grand-mère. Ma grand-mère était cuisinière et mon grand-père chauffeur. Le jour où ton grand-père a empêché ses fils, d’abord son fils aîné qui s’est tué par la suite car il aimait lui aussi ma mère à la folie, et ensuite notre père, à avoir une relation avec ma mère, mes grands-parents  maternels ont quitté Bonne-Maman qui était veuve à la suite de la crise cardiaque de Bon papa.

–       Oui, je sais que Bon Papa est mort quand il a appris que son fils aîné s’était donné la mort, mais jamais il ne nous a été dit la raison.

Dans la pièce, le silence s’est fait entre les deux fillettes ; la directrice, qui attend dans la pièce voisine, hésite à les déranger. Passé ces explications de la raison pour laquelle elles sont sœurs, il faut que l’abcès éclate concernant la vie que Victoire a menée à sa sœur.

–       Tu te rends compte Victoire tu es là depuis deux mois et tu n’as même pas essayé de faire un pas vers moi, tu n’as même pas pris la peine de dire à Papa que c’était plus difficile que tu ne pensais, mais surtout tu as été très méchante avec moi, tu m’as poussée dans les escaliers, j’en ai eu le poignet cassé, tu ne t’es même pas excusée alors que tu aurais pu le faire. Certes tu es ma sœur mais tu dois te comporter différemment sinon je ne donne pas cher de notre fratrie.

–       France, j’espère que tu me pardonneras, car papa m’a donné une mission, je dois te protéger. Puisque je vide mon sac, il faut que tu saches que c’est moi qui ai fracturé ton armoire et que c’est bien entendu moi qui ai mangé ta tablette de chocolat. Je te demande pardon pour ce que j’ai fait et surtout j’espère que nous arriverons à ressembler à des sœurs.

La directrice profite de ce moment assez tendre entre les deux fillettes pour revenir, et elle les invites à se prendre dans les bras. Ce qu’elles font avec beaucoup de promptitude, un sourire naît sur chacun de leur visage. Ce n’est pas encore gagné, pense la directrice mais elles viennent de faire un grand pas en avant. Puis, doucement, elle les met à la porte et les invite à rejoindre leurs amies, et elle insiste sur le mot ami. Pendant que les fillettes se passent un peu d’eau sur leur visage bouffi, la directrice en profite pour rejoindre Léa qui n’a pas quitté son banc, sautant par la même occasion le premier cours du matin. La directrice comprend très bien la raison, elle va se retrouver entre France et Victoire, mais elle a une grande capacité d’écoute, elle s’en est rendue compte depuis qu’elle a rejoint l’internat, et elle chérit France. Elle va être capable d’aimer Victoire, elle se doute que c’est elle qui a mené la punition contre Victoire, il lui faut à tout prix lui en toucher un mot avant que ses camarades la rejoignent.

–       Alors, Léa, vous avez manqué le cours d’histoire géographie de ce matin, il faut dire que le paysage a de quoi vous laisser rêveuse, mais je vous invite à rejoindre le cours suivant et profiter des quelques minutes qui vous en séparent pour être présente auprès de votre amie et laisser une chance à Victoire de se reprendre, elles ont toutes les deux beaucoup de choses à vous dire.

–       Je pense Madame la Directrice que j’ai compris à mi mot, France et Victoire ne seraient-elles pas sœurs ? Car avant d’aller vous voir, je leur ai trouvé une forte ressemblance, il faut dire que toutes les deux pleuraient.et que Victoire n’avait pas cet air renfermé qu’elle affiche depuis son arrivée.

Mais la directrice ne lui répond pas car les deux sœurs arrivent, elle remet juste un bon d’absence pour chacune d’entre elles pour la deuxième heure du cours d’histoire géographie. Léa les voit arriver main dans la main, et elle en sourit, elle avait raison.

A midi au moment du petit déjeuner tout l’internat est réuni car la directrice veut profiter des évènements pour leur rappeler que l’on ne fait jamais justice soi-même. Même si tout peut conduire à une vengeance, celle-là aurait pu tourner au drame si Victoire avait été cardiaque. Elle en profite pour leur annoncer que France et Victoire viennent de découvrir qu’elles sont sœurs. La directrice ne fait aucune allusion concernant l’attitude de Victoire, seule Léa est au courant mais elle saura tenir sa langue.

Au travers de ses larmes, Victoire esquisse un sourire, la vie va redevenir normale. Le soir un appel téléphonique de Bonne Maman les informe toutes les deux que pour les vacances de Pâques elles seront à la grande maison la première semaine et quant à la seconde, Monsieur Donnât les récupérera toutes les deux pour qu’elles passent une semaine de vacance à la mer en compagnie de Léa et Denis.

A la suite de cette annonce les trois fillettes sautent de joie et attendent avec impatience la fin de la semaine.

L’I GREC

Chaque semaine nous thématisons une lettre avec le jeu suivant de Domi pour sa communauté de l’annuaire des Nuls.

Trouver un Pays, un objet, une fleur, une ville commençant par la lettre Y

 

 

 

Popeye s’insurge il n’est pas question qu’il se rende avec sa femme et sa fille dans le pays ou l’Acropole n’est plus une destination depuis que l’I Grec a pris les rennes du Pays. Du reste aller au Yémen n’est pas mieux, voir pire, cela le console un peu.

Alors c’est décidé il n’irait pas voir Monsieur IGrec et encore moins se balader au Yémen. Voilà il resterait en France et ira en vacance à Yvoire en Haute Savoie.

 

Comme à son habitude Olive compulse avec frénésie les guides de vacance, elle récite d’un trait à son Popeye ce qu’elle a découvert.

 

Yvoire fait partie des plus beaux villages de France, il est fleuris et a eu la première récompense du plus beau village fleuri en 1950 c’est dire que cela ne date pas d’hier.   c’est  aussi un village médiéval. Mais surtout ce village reçoit la visite des amoureux surtout l’hiver. Mais Popeye et Olive n’aiment pas l’hiver, ils s’y rendront au printemps.

 

Soudain alors que Madame Olive a la tête dans les ruelles d’Yvoire on entend gronder le père Popeye, il apostrophe sa fille  Mimosa

qui comme un bébé joue avec un Yo-yo, joue avec ton jeu de Yam cela fera moins de bruit lui dit-il…..

Quelle déception cet enfant se dit-il!

La sonnette à la porte dérange  Popeye, mais au moins pendant ce temps il ne s’occupera pas de Mimosa, c’est la fleuriste du coin de la rue qui livre l’Ylang-Ylang qu’il a commandé hier matin. Sa femme va être ravis, elle adore son parfum. Vite, il la prend et la pose dans leur chambre pour que son Olive la découvre, seule, dans un instant.

Cette fleur remplacera le, vieux Yuca qui  vit ses dernières heures.

Puis, il rejoint son Olive et lui montre la chambre, Olive s’y précipite pensant que son Popeye a envie d’une partie de Zizi….. (juste pour annoncer le Z) mais vous avez compris à quoi ces deux-là vont se livrer.

– Oh mon amour comme cela sent bon l’Ylang-Ylang, c’est mon parfum préféré…