Folie des sens

Sur son visage un domino de soie

Deux mains attachées au montant du lit

Lui, glisse à pas feutré sur le plancher vernis

En entendant ce bruit la voici en émoi.

 

Au contact de son corps elle s’enflamme

En se tortillant voudrait être libérée

Mais à ces mots le voici raz de marée

Et de baisers dévore cette femme.

 

En arrachant le foulard à ses yeux

Il voit son regard qui se révulse

Mais lui a un sourire obséquieux.

 

 

Dans son ombre gorgée de sève

Sentant  le désir de sa
chair

Il se penche et la possède sans trêve

 

Comme un souvenir

Te souviens-tu lorsqu’assis sur tes genoux je t’écoutais

J’ignorais encore qu’un jour tu ne serais plus là

Mais en ce temps je buvais tes paroles

Et avec toi je partais dans des contrées  imaginaires.

 

 

Quand on est enfant nous  pensons  que toute histoire est vraie

La tienne était si belle que je me souviens de chacun de tes mots

Je galopais sur des chevaux de toutes couleurs, crinière au vent

Mes cheveux dénoués flottaient et te caressaient le visage

 

J’entends encore ton rire en cascade très communicatif

Avec une herbe parfois tu me chatouillais le visage

Ton regard aux yeux vert comme les algues marines

Étaient parfois songeur, si je m’appuyais un peu trop près

Tu me repoussais et doucement tu me racontais tes rêves.

 

Avec toi j’escaladais les montagnes, nous allions toujours plus haut

Même si je te disais que mes petites jambes ne te suivraient pas

Tu me portais sur tes épaules et tu m’invitais à caresser le ciel

Et, lorsque fatiguée je m’endormais, tu me chantais une berceuse.

 

Et dans mes rêves tu étais mon héros, je te voyais sur un bateau

Voguant sur une mer déchainée ou sur un lac calme

Affrontant des tempêtes et sortant triomphant

Ton bateau était une coquille de noix ou un cuirassier.

 

Lorsque tu rentrais au soir après des mois d’absence

Je te sautais au cou et je t’embrassais

Comme si nous nous étions quitté hier

Nous reprenions nos longues histoires.

 

Tu me racontais ta vie mais tu me l’a contais belle

Tu l’édulcorais de mots sucrés et vanillés

Je buvais tes mots car j’étais ta princesse

Et avec toi je faisais le tour du monde.

 

Parfois accrochée à une otarie j’entendais  des applaudissements

A d’autres moments j’étais dans une montgolfière

Nous survolions des sommets enneigés et des petits villages

Où nous nous jetions dans des canyons du haut d’un pont.

 

Plus tard, à mon adolescence j’ai su que tu m’aimais

Aujourd’hui j’ai appris que tu es dans un monastère

Sans doute pour m’oublier, mais j’espère ton retour.

Comme autrefois je suis au bout du chemin et je t’attends

 

Dis reviendras-tu ?  Je suis une femme aujourd’hui

Avec toi j’ai fait le tour de la terre et j’en rêve encore

À  mes enfants Je  leur raconte les mêmes songes

Eux  aussi s’endorment le sourire aux lèvres.

Tombe la neige

 

 

Aujourd’hui c’est le coucou du Haïku d’Alice 

 

Sur une photo d’Eliane

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elle tombe sans fin

pas de traces de petits pas

flocons voltigent

 

 

averse étoilée

bataille de boules de neige

joues rouges des enfants

 

 

reflet de neige

pas de danse sur le canal

d’une cane frileuse

 

 

 

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forsythia fleuris

étincelle de diamant blanc

sous manteau neigeux

 

 

Neige

 

 

En apparté, le texte précédent est purement imaginaire, je n’ai pas rêvé ou cauchemardé
 C’est pure fiction.

 

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Te voila paré de blanc mon beau forsythia

tu as fière allure sous ton manteau glacé

espiègle tu t’étales pour ne pas te froisser

voulant nous faire croire que tu es hortensia.

 

Le jour a volé au ciel sa couleur bleutée

et donne à la neige un reflet étonnant

le ciel est bas c’est impressionnant

mon imaginaire te donne des tons pailletés

 

Aucun bruit sur la campagne alentour

même le clapotis de l’eau s’est évanouis

Maître hivers est là dans ses plus beaux atours.

 

Bientôt la neige s’en ira et le printemps verra le jour

Pour l’instant tu es loin comme enfouis

Mais les bourgeons seront bientôt de retour.



Dis: Raconte moi

 

 

Dis:  Raconte-moi mon rêve 

Interprète le, mais pas à ta façon. 

 

 

Au royaume des songes je te voyais

Tu étais là mais voyageant dans la nuit

De soupirs en sanglot le cauchemar m’envahit

Et ne sachant que faire je m’enfuyais.

 

J’aurais tout donné pour que je puisse me réveiller

Mais imperturbable tu avançais vers moi

Et acculée je me penchais au bord de ce toit,

Si au moins tu étais vivant j’aurais pu m’émerveiller.

 

Comment vivre avec cette réalité ?

Qui me fait souffrir en permanence

Et comment dois-je l’affronter ?

 

Lors de mes nuits sans sommeil

Luttant pour repousser mes rêves

Je te revois marchant sous le soleil.

 

Dis: Raconte-moi mon rêve

Interprète le, mais pas à ta façon.