Une rencontre inattendue (4)

Qui était ce mystérieux inconnu dont se serait épris ma sœur Annabelle ? J’étais tout le temps avec elle mais seulement aux vacances car nous étions jusqu’en terminale en pension au « Clos fleurie ». Elle était allée à la fac de médecine puis avait abandonné, ensuite elle était entrée en deuxième année à L’ École d’infirmière. Depuis elle était chez une amie de notre mère en libérale. Elle ne sortait jamais, je ne vois pas qui serait cet amoureux.

L’homme qui l’avait bousculé ressemblait plus à un ouvrier agricole qu’à mon frère Charles. Est-ce qu’elle s’était éprise d’un saisonnier ? Au vu des paroles de Rose cela me semblait assez conforme. Mais pourquoi avoir dit oui à Charles. Je n’y comprenais rien.

J’ai dû m’endormir car ma lampe de chevet est allumé , mais ce n’est pas pour cette raison que je suis réveillée. On gratte à ma porte. C’est Charles je reconnais sa façon de faire, mais cela fait bien longtemps qu’il n’est plus venu dans ma chambre.

Rapidement je passe un déshabillé et entrouvre la porte, c’est lui, il s’engouffre dans ma chambre et s’affale sur mon lit en proie à une crise de nerf comme jamais j’en ai vu.

Puis il se met à sangloter et entre deux sanglots me dit, Annabelle est partie, tout-à-l’heure il n’y aura pas de mariage. Je suis juste son frère elle ne m’aime pas d’amour.

  • Comment le sais-tu ?
  • Dès que tu nous as dit qu’elle n’était pas dans sa chambre je suis montée à la Cadole et elle y était, elle m’attendais.
  • Qu’ a-t-elle dit ?
  • Elle aime Julien le joueur de guitare
  • Celui qui fait les vendanges
  • Oui, lui, elle s’est donnée à lui et elle attend un enfant.
  • Oh ! Père et Mère sont au courant
  • Oui, notre père tout du moins. Il a exigé qu’elle se marie avec moi, l’enfant sera le nôtre et Julien ne reviendra plus vendanger.
  • Mais il y a un mais
  • Oui, Annabelle a consenti au mariage, mais chez une patiente à Mâcon elle a croisé son amoureux. Et elle a… Enfin tu comprends ce que je veux dire. Elle m’aime comme un frère et c’est tout.

Bien entendu que je comprenais, mais pourquoi ne s’était-elle pas confiée à mon frère. Jamais il n’aurait pu l’épouser la sachant amoureuse d’un autre.

Je voyais mon frère debout devant la fenêtre. Il pleurait.

  • Est-ce que toi tu l’aimais ?
  • Oui et non. Elle était plus ma petite soeur que ma future femme. Mais Grand-père me léguait la grande maison que si j’épouse Annabelle.
  • Tu peux vivre n’importe où, tu n’as pas besoin de cette maison. Tu prendras la succession de notre père, les vignes continueront après sa mort. Et surtout tu rencontreras une autre femme que tu chériras.
  • Je ne sais pas, je ne sais plus. Je vais partir.
  • Non ! Ne me laisse pas. Tu as toujours été mon pilier, ma bouée, mon phare, si tu pars, papa maman diront qu’ils ont raté leur vie. Maman est malade tu le sais. Et ce mariage c’était l’apothéose de leur vie. Leurs enfants se mariant ensemble.
  • Et bien ce n’est plus possible .
  • Ne pars pas attends demain, discute avec Père

Au moment où je lui dis cela, à nouveau un léger bruit se fait entendre. Ce sont des graviers que l’on jette à ma fenêtre. Je regarde et je vois Annabelle. J’ouvre ma fenêtre et lui dis de monter par l’échelle. Charles se précipite hors de ma chambre, mais je lui fait signe de se cacher dans mon cabinet de toilette. Il s’enferme et attends.

Annabelle à son tour s’écroule sur mon lit, au même endroit où Charles était il n’y a pas si longtemps.

  • Je hais Julien

À suivre…

Une rencontre inattendue (3)

Tous les trois nous nous précipitons dehors, mais il fallait bien se rendre à l’évidence, Annabelle avait disparu.

Seule sur les escaliers restait une tâche de sang mais notre sœur n’était plus là. Mon père se faisait moins de soucis que Charles.

Voyons, Charles ne vous mettez pas dans cet état, Annabelle s’est relevée et est allée se coucher.

Mais Charles n’était nullement d’accord, aussi pour le calmer je partais en courant dans la chambre de ma grande soeur. Mais son lit n’était pas défaut. Annabelle avait disparu. Je ne pensais pas qu’elle avait quitté la demeure familiale de son plein gré. On venait de l’enlever mais pourquoi ?

Charles à mon retour de la chambre de son amour était abasourdi, où était son Annabelle ? Pourquoi l’avait-on enlevé, qui et pourquoi ?

Notre père a rapidement appelé la gendarmerie, le Comte de La Roche Vineuse était fort bien considéré dans la Région, aussi ses derniers firent diligences pour arriver rapidement sur les lieux…..

Il était plus de minuit quand les gendarmes repartent de notre demeure. Annabelle était introuvable. Seuls ses pas qui partaient en direction de la vigne nous prouvaient qu’elle était bien vivante.

Avec qui avait-elle rendez-vous ?

Père ne comprenait pas, quant à Charles j’avais comme l’impression qu’il nous cachait quelques choses. Mais à ce stade de l’enquête il n’était pas encore en capacité de nous l’expliquer.

Quant à moi qui pensait connaître tous les secrets de ma sœur je me posais un nombre impressionnant de questions.

Elle était tellement heureuse de se marier, elle m’avait offerte une merveilleuse robe de demoiselle d’honneur bleue pâle de la couleur de mes yeux, quand à ma cousine Élodie elle en avait une verte, elle aussi de la couleur de ses yeux. Nous aurions dû porter une capeline de la même couleur. Si ma cousine était avec son fiancé moi j’aurais dû être avec le fils de nos meilleurs amis, un jeune homme qui était aux beaux arts. Il avait 22 ans et Annabelle me disait :  » Vous feriez un beau couple », cela me faisait bien rire. Personne ne pouvait choisir pour moi.

Père m’a envoyé dormir car je l énerve à tourner en rond. Mais je m’arrête au niveau des cuisines où j’entends des chuchotements. Je n’ai pas pour habitude d’écouter aux portes mais ce que j’entends me laisse pétrifier.

  • La petite dame a disparu
  • Cela ne m’étonne pas
  • Elle la rejoint , j’en suis certaine, pas plus tard que cet après-midi je les ai vu cacher dans les vignes du haut. Je leur ai fait signe que je ne les trahirais pas.

Mais de qui Rose la cuisinière peut-elle parler ? Ma soeur n’aimerait donc pas Charles. Ce serait-elle enfuie avec cet amoureux ? Et surtout; est-ce l’homme qui est sorti en trombe de la maison de Grand-père ?

Mais je n’en saurais pas plus car j’entends mon Père qui arrive, vite je monte quatre à quatre les marches de l’escalier et m’enferme dans ma chambre.

À suivre…

Une rencontre inattendue (2)

Nous nous regardons et sur nos visages doit se lire la même interrogation. Mais qui se trouve dans la maison de nos grands-parents ? Maison qui va appartenir dès demain à Charles et Annabelle car sur le testament de Grand-père il est précisé qu’il a légué à Charles son petit-fils la maison de ses ancêtres. On a ouvert l’enveloppe il y a tout juste trois jours. Charles a fait la promesse à Papa qu’il irait dans la grande maison juste le soir de ses noces. Alors aurait-il failli à sa promesse ? Annabelle et moi nous en doutons. Mais titillé par le doute, ma soeur ainée se précipite chez notre père et entre sans frapper dans la bibliothèque pour voir notre père et Charles.

  • Ma Mie avez-vous vu le diable pour nous interrompre.
  • Non mon amour, j’ai hâte d’être à demain.
  • Va te coucher Annabelle tu seras bien vite à demain.
  • Oui Père

Mais Annabelle est fort têtue, puisque ce n’est pas Charles qui cela peut-il bien être. Elle se précipite sans se soucier du risque qu’elle encourt. Ouvre la grande porte sous mes yeux ahuris et, je ne vois qu’une ombre habillée tout de noir qui heurte violemment la future mariée et se sauve à travers vigne sans se soucier des dégâts.

J’hurle et descends à mon tour les marches et arrive dans le hall en même temps que mon Père et mon frère.

Que ce passe-t-il Claire ?

Annabelle gît dans les escaliers de la maison de Grand-père. J’ai vu du sang sur les marches.

À suivre …

Une rencontre inattendue (1)

C’était en août dans les années soixante, on ne parlait pas encore de la nuit des étoiles mais en observant le ciel il m’arrivait parfois de voir des étoiles filantes.

je faisais un vœu, toujours le même . D’années en années j’espérais qu’un jour il se réaliserait. J’avais 20 ans, née au début de la guerre. Mes parents avaient quitté en hâte le Nord de la France, poussés par les Allemands qui envahissaient la France. Je suis née le 18 juin 1940 sur le bas côté d’une route, alors que nous venions de subir un raid aérien. Ici ou là gisait des femmes, des enfants, des hommes fauchés par ses fous. Ma mère prise de panique avait ressenti les premières douleurs et mon père l’avait mis dans un fossé, mon frère apeuré serré tout contre elle. J’étais née et je criais. Ma mère était morte en me mettant au monde. Le soir mon père nous déposais mon frère et moi dans une église avec un mot accroché à nos vêtements :

S’il vous plaît prenez bien soin de mes enfants. L’aîné se nomme Charles, sa soeur vient de naître ce jour, sa maman voulait l’appeler Claire. Je reviendrais les chercher lorsque j’aurais retrouver mes parents. Je vous en prie leur nom de famille est hérauts. Leur maman s’est éteinte ce matin en mettant au monde ma fille. Adieu mes enfants je reviendrais vous chercher.

Vingt ans plus tard je n’ai jamais revu mon père, j’habite avec Charles dans une maison de maître au coeur de la Bourgogne et je suis comme toutes les filles de ces années un peu fleur bleu et espérant le prince charmant.

Les religieuses qui nous ont recueilli ont attendu la fin de la guerre et le retour de notre père. Puis nous avons été adopté par un grand viticulteur dont les garçons étaient morts dans la tourmente de ces années sombres. Ne leur restait qu’une fille la douce Annabelle qui aujourd’hui allait épouser mon frère.

Cela fait trois jours que j’espère voir des étoiles filantes, hélas je n’en n’a pas vue la queue d’une. Je ne désespère pas et scrute le ciel de ma mansarde. Annabelle ne fait que m’appeler elle veut que je vois sa robe d’apparat. Mais je suis encore plus têtue qu’elle, demain c’est son grand jour je l’aiderait à s’habiller et j’aurais tout le loisir de l’admirer. J’étais cachée dans le boudoir de notre mère et j’ai assisté aux essayages. La robe est magnifique même si notre mère a fait ajouter sur sa poitrine un tulle pour que Charles n’ait pas de drôles d’idées en la voyant autant dénudé. J’ai attrapé un fou rire , et me suis enfuie sur la pointe des pieds par une porte qui donne sur la nurserie.

Maus voilà Annabelle qui me rejoint et me demande si j’en ai vu. Hélas non mais j’ai tout mon temps. C’est à ce moment là que nous avons vu dans la maison de nos grands-parents comme un feu follet. Qui pouvait se déplacer à pareille heure la veille du mariage d’Annabelle et Charles ?

A suivre …

Vous ai-je fait peur

Et moi qui rêvait pensant qu’une affaire d’État

Allait vous faire bondir et vous mêlez à mon cri

Aucun de vos doigts n’ont osés franchir le pas

De mon humble demeure

A part Zaza et Pimprenelle, je ne vois point vos écrits

Est-ce la torpeur de cette canicule

Qui vous a saisi à bras le cœur

Vous faisant fuir mon humble demeure.

Meme les plus téméraires qui crient toujours contre tout

N’ont oses déposés à mes pieds leurs pensées

Je me fiche de celles qui sont affectueuses, j’aurai préféré lire votre rage

Plutot que vous vous défiliez à la nage

Dans des eaux sûrement plus sage

Osez mais osez donc me dire ce que vous pensez de ma lecture sur la syndicaliste

Et ne vous cachez point derrière votre petit doigt pour osez dire je ne savais pas

Lisez mon cri de colère ou de rage et réagissez pour éviter d’être fataliste.

EvaJoe ce 15/08/2023

Interdiction de me copier 🤣🤣