Heureux qui comme Ulysse…….

Sur le thème de t’AIME 

de

SABINE de chemin-je-t-aime

 

Il y a des voyages comme des rêves,

on se lève le matin et l’on ne sait pas si on vient de le vivre

ou si l’on revient d’un beau voyage.

Il y en a sans images

et d’autres sans retour.

 

Etienne Daho nous a chanté les voyages immobiles:

« C’est un moment fort où se réveille l’eau qui dort »

 

 

Souvent je voyage mais j’aimerais vous conter

Que je suis  ce voyageur immobile

qui marche dans sa tête

le corps au repos

la pensée concentrée sur un trajet intérieur

où je vois des images 

et ressens des sensations

imagine des fleurs se dandinant au soleil

 

S’allonger sur un relax au bord de mon canal

ou  assise sur mon banc si chère à Sabine

Puis partir au fil de l’eau 

grâce à mon imaginaire.

 

Il y a tant de chemins inexplorés 

tant de voyages à partager

des lieux à conter et raconter.

 

Mon âme vagabonde, mes pensées sont débridées

nous partirons en escapades sur ces chemins escarpés 

ou le conscient et l’inconscient se rejoignent

ou nos jours sont nuit 

et nos nuits multicolores :

 

Car c’est le rêve qui nous habite

et c’est là où l’imaginaire s’emballe

en imaginant ces desti-nations 

où tous nous nous rassemblons pour vivre ces voyages.

 

Venez vous asseoir près du canal, 

alors vous avez pris place?

regardez les bateaux qui s’en vont pour une rencontre

avec vous, avec moi

Ils filent sur l’eau

ils glissent et s’en vont

mais attention vous partez avec moi

oubliez tout, vos problèmes, vos contraintes

laissez vos bagages,

et derrière vos silences étonnés

vos sourires égarés

Nous voguons vers cette eau qui m’attire

comme m’attire les précipices dans ces montagnes.

 

Il y a des voyages intérieurs

ou je me remémore mes rencontres:

Ce vieil homme qui cire les chaussures  dans une rue d’Istanbul

le visage mangé par une barbe, le regard triste

il me balbutie quelques mots

et me fait un grand sourire en faisant mine de cirer mes nus pieds

Oui c’est ce sourire que je garde en moi les jours de tempête.

 

Cette femme marchant des mètres derrière son mari

qui est confortablement assis sur un âne

sans porter quoi que ce soit

alors que sa compagne plie sous le fardeaux.

 

Je revois le jardin Pamplemousse avec ces énormes nénuphars

Se souvenir du gardien du parc qui nous contait les légendes de l’île (Maurice)

Au détour du chemin croiser la tombe fictive de Paul et Virginie

En feuilletant mes albums je pars dans mes voyages en photos

je vous laisse les découvrir

 

 

 

 Fleurs de lotus 

 L’arbre à saucisses

 Bougainvilliers et flamboyants

 

Au pieds de mon banc que je vous laisse imaginer

l’herbe n’est plus verte, tant nos pieds l’ont foulé

le soleil y dépose des rayons dorés , ambrés

et si vous vous taisez, alors coller votre oreille 

à la terre de ce lieu

peut-être que comme moi vous l’entendrez chuchoter

le vieil alchimiste qu’  est mon imaginaire.

Alors vous pourrez partager mes silences

et déguster mon voyage.

tout en respirant le parfum de mon cœur.

 

EvaJoe 

Chapitre 2 Des pleurs et des cris (suite d’une histoire)

Pendant ses grandes vacances elle était resté deux mois vers Bonne Maman, puis un après-midi où la chaleur était lourde, c’était un temps orageux, cousins et  cousines n’étaient pas sortis, Bonne Maman craignait que ses petits-enfants attrapent une insolation, aussi jouaient-ils tous à des jeux calmes à l’intérieur de sa demeure.

Soudain la cloche de l’entrée qui ne sonnait que par ceux qui la connaissait avait retentis, ce fut une nuée de pas qui s’étaient engouffrés dans le hall pour voir qui venait leur faire une surprise.

C’était les parents de France, aussi s’éclipsèrent-ils rapidement, laissant leur cousine avec ses deux parents, ce qui pour cette dernière était une grande joie car sa maman étant fatiguée passait le plus clair de son temps en maison de repos. Mais son père n’         avait pas l’air d’être venue pour voir sa fille chérie, c’est à peine si il dépose ses lèvres sur son front, et, en la repoussant doucement lui dit qu’il doit parler à Bonne Maman.

La maman de France a beau geindre, son mari s’en fiche complètement, voir cela l’agace prodigieusement. Toutefois comme il part à la recherche de sa propre mère, il veut bien que sa femme passe un instant avec leur fille mais lui fait comprendre avec  sa mine des mauvais jours qu’il faut qu’elle le rejoigne le plus vite possible.

–       Ma chère nous irons nous isoler dans la bibliothèque, aussi dépêche-toi d’embrasser la petite et rejoins nous.

Mais France ne l’entend pas ainsi, elle veut rester longuement avec sa maman, ce qui exaspère son père qui lui donne une gifle, la mère et la fille se mettent à crier ensemble, ce qui ramène le reste de la maisonnée, tous forts étonnés de la scène qu’ils découvrent.

De suite, la grand-mère en maîtresse femme emmène son fils, sa bru et la petite France dans le boudoir vert qui sert d’habitude de bureau pour les plus grands de ses petits-enfants. Elle conseille aux autres de retourner là où ils étaient et de ne pas les interrompre jusqu’à nouvel ordre. Tous s’éparpillent et continuent de vaquer à leurs occupations.

France s’assoie aux pieds de sa grand-mère comme à son habitude, mais son père ne veut pas de sa présence et lui le fait comprendre, il se saisit de sa fille et la dépose hors de la pièce sous le regard ahuris de sa mère, quant à sa femme elle n’émet pas un mot.

Dans le couloir, son père lui dit de filer rejoindre les autres, mais France ne l’entend pas de cette oreille, et elle fait mine de partir et reviens se cacher dans la pièce attenante au boudoir rose. Elle s’assoit à même le sol et se met l’oreille contre la mince paroi qui coupe depuis peu les deux pièces. Et, là elle entend tout d’abord crier sa Bonne Maman, elle, qui est si gentille, elle est étonnée qu’elle soit autant en colère, qu’est-ce que son papa a fait, car cela ne peut être que son papa qui l’ai fait crier.

Puis, plus tard elle se dit dans sa petite tête qu’elle n’aurait jamais dû écouter, elle aurait au moins pas entendu les mots de son papa, papa s’était même un mot trop gentils pour un père qui cataloguait sa fille de « pisseuse », mot qui sur le coup elle n’avait pas compris. C’était son grand cousin qui le lui avait expliqué, ce jour-là, elle avait su qu’elle n’était plus la petite fille gâtée de son papa. Pour son cousin c’était un mot vulgaire et France devait se tromper jamais son papa n’avait pu le dire, car il parlait très bien et ne s’emportait jamais. Pourtant, France ne mentait pas, son papa l’avait répété plusieurs fois et en plus il riait comme si c’était amusant. Mais qu’est-ce qu’elle avait bien pu lui faire pour qu’il se comporte de cette manière. France ne comprenait pas ce qui lui arrivait et pire ce qu’il arrivait à sa petite famille si tendrement unie il y avait quelques semaines.

Le soir dans sa chambre, sa grand-mère était restée plus longuement auprès d’elle comme si elle voulait pardonner à son fils d’avoir été aussi méchant avec sa petite fille, pourtant sa grand-mère ne pouvait savoir qu’elle avait osé écouter à la porte. Elle l’avait prise dans ses bras au moment où elle s’était penché sur elle pour la border, avait essuyé ses larmes et lui avait ajouté que tout allait bien se terminer, mais elle ne  pouvait pas lui en faire la promesse. France s’était endormis, épuisée après une journée plus longue que d’ordinaire.

Ses parents reviendraient dans trois jours car c’était son anniversaire et Bonne Maman avait insisté pour que toute la grande famille le lui souhaite. Son père n’avait rien dit et trois jours plus tard ils revenaient, et dès la fête terminée ils repartaient tous les trois.

Ce fut son dernier anniversaire avec la grande famille, plus tard, elle était trop âgée et on ne les faisait plus. 

 

A suivre

Les korrigans m’ont pris mon cerveau!

Sur la lande passent les korrigans

ils laissent derrière eux les esprits malfaisant

donnant des idées aux chenapans

qui font peur aux enfants.

 

Dans les contes d’antan l’on parlait de princesses

on enjolivait la vie  par pure  maladresse

il y avait des mots à faire sourire, mais pleins de tendresse

laissons à nos petits retrouver la magie de la caresse.

 

Quand le mensonge rassure, la vérité nous broie

si les rêves sont perdus, à qui je le dois?

A vouloir espérer le soleil

on y perd son orgueil.

 

Dans les landes ou courent nos rêves d’enfants

chahutent les lutins nommés korrigans

ils emportent avec eux notre indifférence

pour qu’enfin s’allument les feux de notre espérance.

 

Retrouverons nous les ajoncs que nos cœurs dégustaient

en repoussant les épines qu »ils nous offraient.

Et jouant la caresse dans le vent frais

ils nous laisse s’en aller sans arrêt.

 

Dans la coupe nous buvons l’hydromel

la boisson des dieux qui temporise l’informel

et si je puise comme une légende au cœur du Graal

C’est que je sais que j’ai un bon mental.

 

 

janvier 2015 EvaJoe Copyright

 

 

Une disparition inquiétante

Elle était là au bout du chemin avec son toit de guingois et ses fenêtres aux petits rideaux à carreaux rouges et blancs. Une maison comme les autres, mais cette ferme avait un secret. Comme dans toutes les fermes il y avait des animaux qui vivaient les uns avec les autres et répondait à des noms mais ici ils avaient de jolis prénoms. Il y avait Etoile la belle alezane et sa petite pouliche Vénus.

Les vaches ne s’appelaient pas Rita ou Marguerite, mais Prunelle et Mirabelle. Le coq se nommait Auguste et quant aux poules il y avait Mascara car on aurait dit qu’elle s’était maquillée, puis Châtaigne, elle avait toujours ses plumes en bataille et la petite dernière se nommait Poucette car lorsqu’elle était née elle n’était pas plus grosse que le pouce du fermier.

Dans la cour sous un soleil caniculaire dormaient deux chiens, le plus âgé se nommait Réglisse il était noir et c’était un beau labrador, mais il était vieux et à moitié aveugle, mais jappait quand il se passait quelques choses d’anormal. La plus jeune répondait au doux prénom d’Amande, sa couleur s’en rapprochait, c’était aussi une labrador, mais elle était jeune et un tantinet fugueuse. Un gros chat qui ne dormait que d’un œil était allongé de tout son long dans la balancelle, mais il se gardait bien de la faire bouger ne voulant pas réveiller la charmante enfant avec qui il se trouvait. Lui, il répondait au doux prénom de Camomille, il faut dire que sa couleur s’apparentait à la tisane.

Il y avait aussi deux biquettes une se nommait Tempête et l’autre Téméraire, quant aux moutons ils sont bien trop nombreux pour tous les nommer, mais pour vous donner un aperçu je vous en cite quelques uns. Améthyste, Topaze, Rubis, Précieuse, Émeraude et bien d’autres dont à ce jour j’ai oublié le nom.

C’était une fin d’après-midi où au loin on voyait s’amonceler de gros nuages noirs et dans les champs les hommes s’affairaient pour rentrer les « roules ». Mais lorsque Camille se réveille de sa longue sieste, elle se précipite dans l’enclos ou se trouve sa ponette, qui bientôt doit mettre bât, hélas, cette dernière a disparue. Quel émoi dans la petite cour….De tous les côtés nous entendons:

« Salade ou es-tu? »

« Salade reviens »

« Salaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaade…. »

 

Mais nenni personne ne répond aux cris angoissés de la petite Camille. Sa maman sort dans la cour et constate comme le grand frère que la clôture de l’enclos laisse apparaître un gros trou comme si on avait découpé avec beaucoup de précaution le grillage où se trouvait la jolie Salade. Dans le pré seuls broutent paisiblement les deux vaches et bien entendu elles n’ont rien vu….

Bizarre ni Amande ni Réglisse n’ont aboyé constate le papa en rentrant des champs. Bizarre et étrange, il n’était pas loin son champs, il n’a vu personne s’en aller ni en charrette, ni en voiture, voir même en camion…Tout cela était bien étrange. A la nuit tombée ils constatent que rien ne s’est produit et ils sont contraints d’appeler la gendarmerie, qui, bien entendu en entendant disparition se sont précipités à la ferme, mais quand ils ont vu que c’était une ponette sont repartis plus vite qu’ils n’étaient venus, en leur demandant de venir déposer une plainte le lendemain matin si cette dernière n’était pas revenue. En partant ils râlaient pour s’être déplacer pour un canasson….

 

A suivre Copyright le 17/10/2014