La Saga de l’été (chapitre 3 suite )

Il est plus de minuit lorsque les policiers  sont de retour, ils reviennent bredouille, Marco est passé entre les mailles du filet. Par contre lors du compte rendu l’inspecteur a marqué des notes sur des faits qui certes ne semblent pas aller dans le sens de l’affaire mais qui toutefois l’ont passablement intrigué. Il est encore à déchiffrer tout ce que ce coup de filet raté lui a apporté quand soudain il se souvient de la réflexion de Paul un de ses meilleurs collaborateurs.

  • Voyons qu’est-ce qu’il m’a dit ? ?

Ah ! C’est Paul qui lui a parlé d’un jeune recru qui lui a fait une réflexion en voyant une gamine dans le TER, il est partis, mais dès demain matin il lui demandera si il est capable de faire un portrait-robot, voire dessiner les traits de cette gamine car c’est un excellent dessinateur. Demain, mais c’est dans à peine trois heures. Il lui faut se reposer. Son lit d’appoint est là, il s’allonge et à peine couché, il dort d’un sommeil profond, mais peuplé de toutes ses affaires en cours.

Trois heures plus tard il est réveillé par le jeune gardien de la paix dont Paul lui a parlé hier soir, il lui a posé sur son bureau un café et y a joint deux croissants, c’est rare, mais il le note car ce sont aussi ses petits moments qu’il aime partager avec ses hommes. Leur vie est souvent rude mais ils savent se réserver des moments d’intimité dans lesquels on peut repérer la trempe de certains hommes et femmes.

  • Merci
  • Ah je vous ai réveillé Chef !
  • Non je dormais que d’un œil, avez-vous déjeuné ?
  • Oui mon Commandant !
  • Continuez à me dire Chef j’ai l’impression d’être dans une brigade de cuisine.

Tous les deux rient, cela détend l’atmosphère de la veille qui était lors du « briefing «  oppressante, puis après que le Commandant est pris son petit déjeuner, il expose au jeune gardien l’idée qu’il a eu. De suite il acquiesce et sent même de la fierté dans cette demande. Son chef lui tend un carnet à dessin qu’ils utilisent lors des portraits robots. Ses souvenirs datent de cette nuit, de plus il a un bon coup de crayon et dessine souvent les portraits de ceux qui le lui demandent. Mais là il doit faire appel à sa mémoire, mais il a une bonne mémoire visuelle, il va certainement aider son Commandant. De plus il y a pensé en rentrant chez lui, il est certain que cette gamine est  ou a un lien de parenté avec le portrait vieilli de cette fillette. Mais il est vrai qu’elle faisait plus âgée, enfin c’est le Commandant qui va suivre l’enquête, elle a été rouverte officiellement ce matin, 15 ans après, mais il faut dire qu’il y a de nombreuses zones d’ombre.

Le commissaire attend en compagnie de son jeune inspecteur les résultats du dessin du jeune gardien Lebon. Enfin le voici, il tend à son chef le portrait, et là un juron s’échappe de la bouche de l’inspecteur.

Mais à ce moment un coup est frappé à la porte, c’est la jeune stagiaire de l’accueil :

  • Monsieur le Commissaire, il y a un jeune homme qui insiste pour voir le Commandant, il dit qu’il est le jeune garçon placé chez la « Famille Minot ».

A ces mots, l’inspecteur bondit et dit :

  • Je reviens !

Puis, avisant Théo, car c’est bien lui, il le convie à le suivre dans le bureau du Commissaire.

  • Asseyez-vous jeune homme, avez-vous quelques choses à me dire pour insister lourdement à l’entrée auprès de mes collègues.

Théo n’en mène pas large, mais il se doit de leur dire qu’il a vu sa sœur et que suite au portrait-robot diffusé à la télévision hier, sa sœur a de nouveau fuguée mais cette fois-ci de chez lui, enfin de sa chambre car sa « tatie » n’était pas au courant et du reste en ce moment rien n’a changé.

  • Tout d’abord, j’ai 18 ans aujourd’hui et je me devais de venir vous voir, surtout depuis ce matin quand j’ai vu ce qui s’est passé à la gare de Saint-Pierre des Corps. Je me suis dit si ma sœur est partie elle a certainement rejoint une gare et ?
  • Sandie c’est votre sœur ?
  • Oui
  • Elle a quel âge ?
  • 15ans mais elle en paraît 18.

L’inspecteur prend le portrait vieilli de l’enfant disparu il y a juste 15 ans et la tends au jeune homme pour voir sa réaction, mais à la surprise générale il leur dit :

  • Oui c’est elle, mais là elle est plus jeune, votre portrait date un peu.!

Dans le bureau du commissaire plus aucun raclement de pieds, plus de toux, plus un bruit, ils sont tous abasourdis, mais cela confirme ce que le jeune gardien a pensé en voyant Sandie dans le TER. Aussitôt pris d’une impulsion subite le jeune gardien tend à Théo son propre dessin alors que ni le Commissaire, ni son Commandant ne l’ont encore vue. Théo la regarde et deux larmes coulent sur ses joues. Il tend le dessin au gardien et lui dit :

  • Vous dessinez bien, oui c’est ma sœur !

L’inspecteur à son tour prend le dessin et siffle en effet d’après la photo que le père lui avait remis, ils ont vieillis la photo pour lui donner 15 ans, mais puisque elle en paraît 3 de plus, il va falloir faire des retouches. De suite et sans s’occuper de Théo qui ne comprend rien il appelle le laboratoire et quelques instants plus tard on lui apporte une nouvelle photo, alors que le Commissaire s’étonne de cette rapidité, il apprend qu’ils avaient prévus plusieurs portraits plus ou moins vieillis au cas où on leur le demande.

  • Regardez jeune homme, au fait quel est votre prénom ?
  • Théo!
    • Est-ce que le prénom d’Amaury a une résonance en vous.

    Le jeune homme a un air hagard, il se lève s’assoit et leur dit :

A suivre

La saga de l’été ( Chapitre 3 )

Il s’installent juste derrière Sandie, elle n’en mène pas large, si c’était pour elle ? Mais le train a démarré et ils discutent entre eux. Soudain un prénom accroche son oreille, il n’y a pas trente-six « Marco » sur le coin, il serait donc à sa poursuite et non de la sienne. Serait-ce ces policiers qui sont allé au bar ce matin ? C’est bien possible, mais alors ils ont pris peur avec Dorian pour rien, il ne le suivait pas, il fuyait la police. Sandie se sent soulagée, elle va pouvoir rejoindre Dorian à la gare suivante. Toutefois il ne faut pas qu’elle relâche prise, il lui faut être attentive à tout ce qui se passe, et surtout à ce qu’elle voit au bout du wagon, Marco en personne vient de faire son entrée, la voici prise entre l’enclume et le marteau. Demander secours à la police, certes elle serait sauvé des griffes de Marco, mais se jetterait directement dans les bras de la police ce qui signifierait retour à la case départ : le foyer ! Ça elle ne le veut pas, il n’en n’est pas question, alors que faire. Elle avise à côté d’elle un magazine, certainement oublié par la personne qui occupait cette place, elle s’en saisis et se plonge dans une lecture fort intéressante, puisqu’elle ne voit pas que Marco a fait demi-tour certainement à la vue des policiers, qui, eux n’ont rien vu. Mais le train entre en gare et c’est même le terminus, aussi Sandie va prendre tout son temps pour descendre, malheureusement les policiers font de même. Que faire ? Se lever, passer devant eux, où repartir par où est venu Marco. Au moment où elle va se lever, le policier situé derrière elle lui demande de ne pas se lever, du reste un appel se fait entendre par la SNCF.

– Les passagers du TER N° 4250 F en provenance de Tours doivent rester dans leur wagon, une opération policière est en cours, nous répétons les passagers du TER….

La suite se perd dans un brouhaha énorme, une course poursuite commence, des policiers ont pris en chasse un homme qui court vite, si Sandie était à l’extérieur, elle verrait que chaque porte est gardée comme la sienne par deux policiers à l’intérieur et deux policiers à l’extérieur. Mais Sandie se fait toute petite dans son coin, quelle idée a eu Dorian à la laisser seule, maintenant elle a peur. Et lui que fait-il en ce moment ?
Lorsque Dorian est entré dans son wagon il a bien remarqué qu’il était suivis par Marco, mais qu’importe il savait qu’à l’intérieur du wagon il ne lui ferait pas de mal, mais pour cela il fallait prendre une rame pleine de gens qui rentrent chez eux après une dure journée de travail et qui n’aspirent qu’à leur petite tranquillité. Dorian voit au moment où il va pour monter que ce wagon est presque vide et qu’il y a Sandie, cette gamine ne lui est rien mais elle lui a fait penser à sa petite sœur, aussi s’est-il juré de lui venir en aide au moment où il a appris qu’elle était en fugue. Si ce Marco lui court après c’est que forcément elle le dérange. La raison , il veut éviter de la connaître, lui ce qui l’intéresse c’est juste la mettre à l’abri, en attendant qu’elle se décide à aller à la police, parfois il y en a qui savent te donner l’envie de te dépasser, c’est ce qu’il lui était arrivé quelques années auparavant, si il pouvait être cet homme pour Sandie alors il allait s’y employer dans la mesure de ses moyens. Mais auparavant il fallait se soustraire à la vue de Marco. Ce dernier le suit toujours, au loin on entend les sirènes de la police, bizarre se dit Dorian, on dirait qu’elles sont sur le quai, puis il n’y pense plus, c’est assez souvent que la police patrouille dans le coin. Enfin voici une rame, il monte avec Marco sur ses talons. Cela va être difficile de s’en débarrasser, à moins de sauter avant d’arriver à Saint-Pierre, au moment où le TER prend la dernière courbe, il est presque au pas, mais il faut avertir Sandie et il n’est pas certain qu’elle soit capable de sauter et surtout de ne pas sa faire de mal. Mais Dorian comme Sandie ne se jetteront pas dans le vide, en effet deux policiers montent dans la rame de Dorian, et s’assoient comme des passagers ordinaires.
De suite Marco se sent mal à l’aise, il consulte sa montre et se lève, il passe devant Dorian sans le voir, et, pourtant ce dernier en est sûre il le suivait. Serait-ce les policiers qui le font fuir ? Il en est de sas réflexions quand il voit revenir Marco la mine sombre, il s’installe en face de Dorian et lui assène ces quelques phrases :

 « Petit con, tu as trouvé le moyen d’avertir les flics »

Dorian ne lui répond pas, il n’a pas envie de finir au poste, les policiers regardent dans leur direction, mais ils n’ont pas pu entendre la phrase susurrée plutôt qu’hurlée de Marco. Ils doivent calculer le nombre de passagers, ou bien sont-ils à la poursuite de Marco et ont-ils l’intention de l’attraper sur St Pierre des Corps. Mais il le saura bien vite.
Au moment où le TER prends sa courbe avant d’entrer sur la gare de triage, Marco se lève à nouveau et s’approche de la porte, Dorian pense qu’il va sauter comme on le faisait naguère, mais rien ne se produit. Il reste debout et attend que les portes s’ouvrent. Il est devenu celui que l’on chasse et n’est plus le chasseur pense Dorian.
Juste avant que le train s’immobilise totalement en gare, Dorian a réussis à ouvrir la porte et s’est jetée plus que descendue sur le quai. Aussitôt les deux policiers se sont précipités derrière lui, mais l’autre à déjà quelques mètres d’avance.
Il s’ensuit une course poursuite entre quelques policiers, tout ce petit monde disparaît aux yeux des passagers qui se demandent bien qui est ce personnage habillé comme un prince surgit de nulle part. Dans la rame de Sandie où elle aussi a suivis les péripéties de la course poursuite, un des policiers la regarde intensément, puis il dit assez fort pour qu’elle puisse l’entendre mais pourtant discrètement.
– Dis-moi Paul tu ne trouves pas que la gamine ressemble au portrait-robot de celle qui a été enlevée.
– Cette gamine n’a pas 15 ans, elle en a au moins 18 voire plus
– Allons lui demander ses papiers d’identité
– Bonne idée!
– Bonjour Mademoiselle
– Bonjour Messieurs (dit-elle d’une petite voix fluette, elle a tellement peur, mais il ne faut pas qu’ils s’en aperçoivent)
– Vous voyagez seule ?
– Je rentre chez moi
– Où habitez-vous ?
– Ici
– Dans la gare
– Non, à Saint-Pierre!

Au moment où ils vont lui demander ses papiers, une voix se fait entendre.

– Ah ma chérie je t’ai cherché, te voilà !

C’est Dorian qui en avisant la scène s’est décidé à intervenir à ses risques et périls, mais qui sait c’est samedi soir, deux amoureux intéresseront moins les policiers que le beau Marco qui doit toujours courir.

– Qui êtes-vous jeune homme ?
– Je suis le fiancé
– Ah la jeunesse, allez circulez les amoureux !
Le plus jeune des policiers lancent une œillade légèrement grivoise aux deux jeunes enlacés qui quitte le TER, Ces derniers passent devant une escouade de policiers armés jusqu’aux dents et cagoulés. A la sortie Dorian voit qu’il y a un contrôle des papiers de tous les voyageurs. Que faire, passez seul et laissez Sandie se débrouiller, mais auparavant il lui faut savoir si elle a des papiers d’identités.

– Sandie as-tu ta carte d’identité ?
– Oui, pourquoi ?
– Regarde il y a un contrôle
– Tu ne peux pas te faire passer pour mon fiancé, advienne que pourra, je vais me mettre devant toi et si ils m’arrêtent je te connais pas, d’accord !
– Je ne peux pas dire que je te connais pas, mais j’aviserais selon les circonstances.

Les jeunes gens se séparent, Sandie tend sa carte d’identité et attend, mais il ne se passe rien on la laisse passer. La photo sur sa carte ne lui ressemble pas, elle a, à peine 10 ans, mais depuis elle a bien changée. Dorian passe lui aussi sans encombre, les voilà à l’air libre et loin de tout ce déploiement de force. Ils marchent comme deux amoureux en devisant tranquillement, mais dès que la gare se trouve à quelques encablures d’eux, Dorian lui demande de courir et de le suivre.

La saga de l’été ( chapitre A suite 3 )

Tout d’abord, excusez moi si vous avez eu deux  fois à la lecture le chapitre  A suite 2, mais il n’était pas sur ce blog, si vous voulez recopier vos commentaires vous pouvez le faire en vous rendant sur APLN, d’avance merci, sinon je  les mettrais.

 

 

Lorsque Sandie quitte la chambre de son frère, elle ignore où elle va s’en aller mais elle ne doit pas rester ici, tôt ou tard  la mère d’accueil et sa sœur viendront mettre leur nez dans la chambre et là son frère aura des problèmes, quant à elle, ils la ramèneront peut-être entre deux gendarmes à son foyer, cela lui donnerait des lettres de noblesse ou cela lui vaudrait des sanctions, elle n’essaye pas de répondre à cette question, elle doit se fondre dans la foule en évitant soigneusement d’aller dans cette rue ou elle n’aurait jamais dû mettre les pieds. Ce Marco est un être abject, une pourriture qui a cherché à la mettre sur le trottoir comme sa mère avait-il l’air de dire…Mais encore faut-il que ce soit vrai, ce genre de personnage ment comme il respire. Pourtant Sandie sait qu’il lui faudra en savoir davantage, d’abord appeler le commis, qui sait possible qu’il est appris des choses importantes grâce aux confidences du « Marco ». Elle a emprunté le téléphone de son frère, elle reviendra le lui rendre dès qu’elle en saura mieux sur leur vie passée. Pour l’instant, elle fouille sa poche à la recherche du papier qu’il lui a glissé lorsqu’elle  l’a quitté.

 Ah le voici, il va lui répondre, mais bien entendu il ne connaît pas son numéro, mais ce n’est pas grave, elle lui a dit qu’elle se débrouillerait, puis il la regardait avec des yeux qui en disaient long  sur sa beauté. Elle le savait qu’elle était bien fichue, elle avait toujours été enviée dans tous les foyers où elle avait séjourné. Ce n’était pas sa faute.

  • Allo
  • Oui ? Qui êtes-vous ?
  • C’est Sandie
  • Ah ! Vous me voulez quoi ?
  • C’est vous le jeune homme que j’ai croisé
  • Oui, mais je suis sous surveillance, je ne sais pas dans quoi vous vous êtes mis, mais ce type ce n’est pas un tendre.
  • Oh ! Etes-vous toujours à votre travail ?
  • Oui
  • Quand est-ce que je peux rappeler ?
  • Vous voulez quoi de moi ?
  • Vous connaissez Marco ?
  • A peine et pas comme je l’ai vu aujourd’hui
  • Ah bon il était comment
  • Méchant, voire fou
  • Oh ! Il vous a fait du mal ?
  • Non ! Mon patron est intervenu
  • Heureusement pour vous, acceptez-vous de me revoir
  • Oui, mais en plein Tours pas ici, vous connaissez la ville ?
  • Non, mais je saurais retrouver l’endroit que vous allez me dire.
  • Alors d’accord on se retrouve vers la gare, c’est là d’où je repars chaque soir, j’y serais vers 20 h cela vous ira.
  • Oui, merci à tout à l’heure.

Sandie se demande ce qu’elle va faire pendant toutes ses heures, flâner, il n’en n’est pas question, car elle risque de faire des mauvaises rencontres, aller au point de rendez-vous, oui pourquoi pas. D’abord regardez un plan de la ville pour savoir où se trouve cette fameuse gare.

Les heures s’écoulent interminablement, que va-t-elle lui demander au jeune commis, elle ne le sait pas et se demande si c’est bien prudent de retrouver ce gars, après tout si elle la croisé ce matin c’est à cause de ce Marco et de sa stupide idée d’aller dans ce bar. Bon, elle prend le bus et se rend à la gare de Tours, elle a eu un moment d’hésitation lorsqu’ une dame lui a demandé si c’était à Tours ou à Saint-Pierre-des Corps qu’elle voulait aller. Il y a plus de trains qui partent de là-bas mais c’est franchement plus loin. Elle s’est décidée pour Tours car il lui semble que le commis lui l’aurait mentionné cette ville.

Bientôt il sera là devant elle, car il est tout au plus 19 h 56, il ne devrait pas tarder, mais soudain Sandie sent comme une fébrilité la gagner, pire elle a peur, elle voit avançant vers elle ce « Marco », que fait-il là ? Est-ce qu’il l’a vu ? Il passe à quelques mètres d’elle, Sandie n’en mène pas large, il y a beau avoir une foule considérable, on ne sait pas de quoi ce type serait capable, puis soudain elle voit arriver marchant comme un félin mais regardant à droite et à gauche le jeune homme de ce matin. Brutalement il la prend par la main et la plaque contre le mur en dessous de la grosse horloge de la gare.et il lui dit :

  • Ne faîtes pas un geste, ne dîtes rien, Marco m’a suivis il est là à trois encablures et regarde de ce côté.
  • Oui, je sais, je l’ai vu mais il ne m’a pas vu.
  • Mais qui êtes-vous pour lui
  • Jusqu’à ce matin je l’ignorais, maintenant je pense qu’il y a un rapport avec ma mère.
  • Alors votre mère est dans de sales draps, car Marco est toujours remboursé.
  • Justement il ne sait où se trouve ma mère et je dois payer pour elle.
  • Savez-vous que c’est un souteneur de la pire espèce il a déjà été mêlé à plusieurs scandales, je le tiens de mon patron, il m’a dit ce matin de ne plus me trouver sur sa ligne de mire, et là à cause de vous je suis à nouveau sous les feux des projecteurs., suivez-moi Sandie, mais dépêchons nous car mon train entre en gare dans 30 minutes et c’est le dernier je ne voudrais pas le manquer.
  • Sandie rit sous cape en voyant le lieu où Dorian l’a emmené, ce sont les toilettes de la gare, c’est un lieu peu reluisant mais à cette heure il n’y a presque personne, il s’engouffre dans un wc côté dame. Didier a demandé à la « dame pipi » son autorisation, elle a l’air de le connaître. Ils sont protégé par deux portes, plus la dame à l’entrée, théoriquement Marco ne devrait pas faire un scandale ici, mais Sandie a tout de même peur, cela doit se lire sur son visage.
    • Ecoutez-moi, nous allons nous séparer ici, je ne veux plus entendre parler de vous, j’ai ma vie, vous n’avez qu’à reprendre la vôtre et ne remettez plus jamais les pieds dans le bar. Mais toutefois avant de partir dîtes moi le nom de travail de votre mère, et si mon patron sait quelques choses je vous en informerais, par contre cet après-midi le bar a reçu la visite de la police est-ce à cause de vous ?
    • Je ne suis pas allée voir les flics, non, à moins que l’on m’ait vue et signalée
    • Tu es en fugue ?
    • Oui !
    • Ah ! Alors là c’est différent, je sais ce que c’est la rue, j’ai une piaule sur Saint-Pierre des Corps nous allons y aller mais nous allons prendre le train séparément, tu vas sortir la première te rendre au quai N° 3 tu prendras le TER, tu t’assois dans n’importe quelle rame je te retrouverais sur le quai à Saint Pierre. Tu as de l’argent pour un billet de train ?
    • OuI

Comme Dorian lui l’a dit, Sandie se rend au guichet prend son billet pour la gare suivante, cela ne lui coûte pas très cher, elle passe aux côtés d’un policier qui la dévisage, mais ne dit rien, la voici sur le quai, le TER rentre en gare à 20 h 25 précise. Elle monte dans la rame en face d’elle, s’assoit et attends le départ du train. Au moment où celui-ci démarre, la porte s’ouvre et deux policiers entrent.

A Suivre

A partir du chapitre suivant les deux histoires vont s’entremêler…..

 

La Saga de l’été (chapitre 2 suite 3)

Lorsque Jean Charles quitte le commissariat, le jeune inspecteur le suit des yeux, il trouve cet homme voûté, triste et se dit qu’il doit penser qu’il est maudit voire pire. Que dire de ce deuxième enlèvement, qui 15 jours après n’a toujours rien donné, rien, pas une mince chance de trouver un indice, aucune des personnes interrogées ne peut expliquer ce qui s’est réellement passé, aucun indic a eu vent de cet enlèvement, le dossier est réduit à peau de chagrin. Mais cet après-midi il doit rencontrer la Belle Maud, la première femme de Jean-Charles, possible qu’elle en sache plus que son ex-mari. Ce serait-elle venger de lui ? Mais pourquoi, quand il la vue hier au cimetière elle semblait fort affecter par la disparition des deux enfants, elle semblait plus émue par le kidnapping du bébé, cela devait trop lui rappeler la disparition de sa petite Léa., enfin il en saurait plus car d’un instant à l’autre elle va rentrer dans son bureau.

Pendant ce temps Maud erre sans but dans les rues de Tours, personne ne peut la reconnaitre, elle a bien changé, elle a vieillie, même si son port de tête est resté élégant, elle n’est plus la jeune femme dévergondée qui avait pourtant fait une grande impression sur Jean-Charles. Il faut dire qu’à l’époque elle était seule, sans souteneur, puis une erreur de sa part, et cela avait été la dégringolade. Elle avait épousé Jean-Charles lors d’une cérémonie assez intime, Jean-Charles avait mis ses parents au courant que lors de la naissance d’Amaury qui était né cinq ans après leur mariage. Elle avait vite été mise de côté par le père et le frère de son ex-mari, seule sa maman, une femme effacée et douce lui avait tendue les bras. Du reste au moment de la disparition des enfants elle avait été la seule à ne pas la maudire, pour les trois autres hommes c’était entièrement de sa faute et depuis on l’avait chassé, elle allait dire répudié, oui c’était exactement ce qu’il lui était arrivé. Jetée comme une malpropre, personne pour l’aider, pour savoir où en était l’enquête. Ce jeune inspecteur lui a demandé à la sortie du cimetière de venir le voir avant de repartir pour le Mans, elle a acquiescé et là voilà devant la porte. Un planton lui répond que l’inspecteur l’attend dans son bureau et une jeune stagiaire l’accompagne au deuxième étage.

A son entrée l’inspecteur se lève et vient à sa rencontre, elle n’est en rien mêlée, enfin il l’espère à ce deuxième enlèvement, mais il a préféré la rencontrer, puis il a lu le dossier du premier enlèvement et il veut éclaircir quelques points. Qui sait se dit-il avec quelques questions bien posées il va peut-être un peu mieux comprendre ce qui s’est passé la première fois, il trouve que l’interrogatoire de la mère a été bâclé, elle parle d’un « maquereau », puis plus rien, ni son prénom, voire son nom, personne n’a suivis cette piste, étrange.

Dans un premier temps il l’observe, elle est belle, environ 40 ans, grande, élancée mais d’une tristesse à faire peur. Elle a mis pour la circonstance une robe noire assez courte mais cela lui va, dans les cheveux un foulard retient une chevelure qui doit être assez folle, de grandes boucles brunes. Ce foulard est d’un beau vert. Au cou un bijou, une alliance et un petit cœur. Il est certain que ce sont les photos de ces bébés, qui aujourd’hui ont 15 ans et 17 ans. Il a demandé au père des photos, il les a, il va expliquer à cette femme qu’il va les vieillir et les diffuser sur les journaux de la Région, sait-on jamais, mais pour l’instant il se doit de l’interroger.

  • Si je vous ai fait venir ce n’est pas pour parler de ce second enlèvement mais pour éclaircir le premier. A l’époque savez-vous pourquoi on ne vous a pas demandé le nom et le prénom de votre souteneur ?
  • Ils m’ont dit que dans ce milieu il n’allait pas s’encombrer de gamins et que la piste qu’ils avaient suivie n’avait rien donné.
  • Mais vous leur avez dit son nom ?
  • Oui, bien sûr, mais mon mari, enfin mon ex-mari ne voulait pas en entendre parler.
  • Ah je vois, et vous vous souvenez de son nom ou de son « pseudo », car parfois il ne donne pas leur vrai nom.
  • Oui, je le sais il s’appelait Marco
  • Marco ? Connaissez-vous son surnom ou son nom de famille ?
  • Oui
  • Et c’est ?
  • Marco Leif et son surnom c’est le Filou
  • Merci, vous êtes certaine de l’avoir dit à l’époque.
  • Maintenant que vous me le dîtes, je ne sais plus, j’en étais certaine, mais là , je ne sais pas, mon ex ne voulait pas que j’étale ma vie d’avant.
  • Et, si je puis me permettre, lorsque vous étiez marié est-ce que vous avez continue votre métier précédent.
  • Je n’étais plus prostituée, j’étais Escort- Girl pour des patrons qui venaient sur Paris. Je les accompagnais, enfin vous connaissez.
  • Oui, si l’on veut, mais je n’ai nullement besoin d’en savoir davantage, j’explore toutes les pistes de la première fois. Et, est-ce que vous vous rappelez si aux cours des dernières semaines il se serait pas passé quelques choses d’étranges que vous n’auriez jamais dit au moment ou qui vous est revenu longtemps après et qui vous fait penser que peut-être cela pourrait être en lien avec nos deux affaires.
  • Je ne sais pas, vous pensez à quoi ?
  • A tout et à rien, dîtes-moi tout ce dont vous vous souvenez, moi je me débrouille pour écarter ce qui n’est pas en rapport, mais dans l’état des choses, vu que nous n’avons jamais retrouvés vos enfants, j’espère qu’ils sont vivant et le moindre indice me sera profitable.

L’inspecteur a l’impression que Maud est affolée, lui cacherait-elle quelques choses ? Et quoi ? Il va falloir être vigilant mais surtout ferme, sans l’affoler car il pense qu’elle va rentrer dans sa coquille. Mais au même moment un coup discret à la porte le fait lever les yeux.

  • Excusez-moi Madame,
  • Entrez je vous prie, qu’est-ce que c’est ?
  • Mon Commandant nous avons reçu un avis concernant une jeune fille de 15 ans, elle a fugué ce matin et elle a été aperçue dans les rues piétonnes ce matin vers 11 h, aussi le Commissaire a demandé que je vous donne le signalement.
  • Elle a fugué d’où ? Les parents sont au courant, prévenez mii quand ils seront là.
  • Elle était en foyer vers Moulin, il pense qu’elle serait partis dans la nuit à bicyclette et a attrapé le premier car du matin qui se rend à la gare, mais le chauffeur dit qu’elle est descendue avant la ville.
  • Et à 11 h elle était à Tours, elle a dû trouver une voiture, bon donnez-moi son portrait.

Le jeune gardien passe la photo à son chef qui la pose devant ses yeux sur la table, puis à nouveau va pour interroger la jeune femme, mais elle la voit ouvrir la bouche et sangloter.

  • Que se passe-t-il , pourquoi pleurez-vous ?
  • Cette jeune fille qui a 15 ans l’âge de ma fille, cela me fait pleurer.
  • Ah je comprends dit l’inspecteur, tout en glissant entre deux feuilles le portrait de la jeune fille, bon reprenons, vous êtes bien certaines de ne rien me cacher et de m’avoir tout dit, car vous savez que si l’enquête était rouverte, je pourrais vous convoquer à nouveau, alors autant tout me dire, cela vous évitera de revenir sauf bien entendu si nous découvrons que les deux affaires sont liées.
  • Je ne sais si je peux vous le dire
  • Osez, cela peut nous aider, même une chose infime peut faire commencer ou continuer une enquête.
  • Lorsque j’ai eu ma fille je me suis arrêtée de travailler définitivement, car deux enfants cela me prenaient tout mon temps. Marco le fouineur
  • – Le fouineur ou le filou ?
  • En fait les deux, selon ce qu’ils faisaient ils changeaient, bref un vrai caméléon
  • Je vois, donc vous vous êtes arrêtés de travailler, il s’est passé quelques choses dont vous voulez m’informer ?
  • Oui ! Je lui devais une somme énorme, mon mari m’a dit s’en être occupé, puis quand nos enfants ont été enlevé, il m’a dit tu vas être obligé de retourner « tapiner » car tu n’as pas rendue la totalité de ta dette, si cela se trouve c’est lui et c’est la raison pour laquelle il nous a volé nos enfants. Et, le soir même il me déposait dans la rue ou il m’avait trouvé, en me disant de disparaître à tout jamais. C’est ma belle-mère qui m’a aidé et recueilli, sans elle, je pense que je serais retourné sur le trottoir.
  • Rien d’autre ?
  • Non, enfin oui, mon ex a le jour où il m’a ramené sur  Paris dans les lieux que je fréquentais 7 ans auparavant, il a reçu un courrier, je ne l’ai pas eu entre les mains, mais le parfum qui émanait de cette mystérieuse lettre était le même que celui de Marco.
  • Cette lettre n’est pas dans le dossier, je vous remercie Madame, vous n’avez pas de photos de vos enfants ?
  • Je n’ai que ce médaillon, mon ex ne m’a rien laissé.
  • Ce n’est pas grave, si l’enquête évolue et je vais tout faire pour que les deux enlèvements soient rapidement élucidés, je vous tiendrais au courant, vous pouvez repartir dans votre famille, essayez de ne plus penser, enfin si vous y arrivez. Bon courage Madame.

Maud partie, l’inspecteur ressort du dossier la photo de la jeune Sandie, disparue depuis ce matin mais signalée que maintenant soit plus de10 h après. Il fait diffuser sur les ondes et à la  télévision l’avis de recherche, puis il travaille à différents dossiers jusqu’à fort tard. Lorsqu’il quitte son bureau une idée lui trotte dans la tête, mais en cet état de l’enquête il ne veut point extrapoler. Demain matin il y aura une descente dans les milieux bien connus de la prostitution et ce simultanément sur, Paris où l’enquête sera diligenté par un de ses amis de promotion et en même temps sur Tours. Auparavant silence total.

Il presse le pas et regagne son petit studio, il va dormir quelques heures avant d’aller sur les lieux qu’il a noté dans son calepin ; ceux où il y a 15 ans était fréquenté par la belle Maud, ah mince mais quel était son nom ? Zut il se maudit il ne lui a pas demandé. Que faire l’appeler ? Ou retourner au boulot. Bon à ce degré de l’enquête ce n’est pas grave. Il avisera dans 4 h, pour l’instant il n’a qu’une envie c’est dormir. Lorsque son réveil sonne il lui semble s’être endormis seulement dix minutes avant, vite il avale rapidement un café et gagne le lieu de rendez-vous qu’il a donné à ses hommes. C’est dans un silence total qu’une dizaine d’hommes investissent un bar d’une rue mal famée de Tours et au même moment une autre brigade fait une descente dans un night-club de Paris.

Cette même nuit, non loin de là Théo et Sandie qui ont vu l’avis de recherche à la télévision ont tenu une réunion secrète, le grand-frère pousse sa sœur à aller se présenter au commissariat, mais elle ne le veut pas, il faut dire que plus têtue qu’elle cela ne doit pas exister. De guerre lasse ils sont allés se coucher, et, vers cinq heure trente Sandie s’est glissé hors de la chambre de bonne de son frère et s’en est allée.

A suivre

A suivre

La saga de l’été (chapitre 2 suite 2)

Si vos souvenirs s’estompent, voici où nous en étions resté :La tombe ? Quelle tombe ? Ils n’ont jamais été retrouvés !

 Mais il laisse sa phrase en suspend en voyant l’effet que ses paroles ont sur la jeune femme, il se tait, un grand silence s’intercale entre les mères d’un côté et la police de l’autre. Pourquoi 15 ans après ce premier drame ils se retrouvent dans cette maison pour constater l’enlèvement de deux autres enfants, même si il y a eu erreur sur l’un, il y a tout de même deux enfants à nouveau dans la nature. Qui sont les commanditaires et à qui on en veut ? Et pourquoi atteindre les gens avec l’enlèvement de petits innocents ? La bonne est seulement une amie d’étude de Serena, dans leur malheur ils peuvent se serrer les coudes mais 10 jours après l’enlèvement les indices sont plutôt maigres.Quelques heures plus tard, le papa est de retour de son voyage d’affaire, il est dans un état second en apprenant la nouvelle disparition dont il fait l’objet, son fils aîné, né de son mariage avec Selena a été enlevé, il est maudit. Dans son malheur on ne lui a pas enlevé sa fille, mais hélas l’amie de sa femme a subis le sort qui lui était infligé. Ni lui, ni les policiers ne comprennent l’acharnement dont il est la victime. Autrefois ils avaient mis le premier enlèvement sur le compte de Maud, sa première femme, ancienne prostituée, elle devait de l’argent à son souteneur, mais là, Serena n’a rien à voir avec cette sordide histoire. Alors ? Serait-ce lui qui était visé ? Mais par qui ? Et pourquoi ?  Aujourd’hui il est convoqué au commissariat, il va s’y rendre seul après avoir été s’incliner en compagnie de la mère de ses deux premiers enfants sur une tombe qui ne contient pas leurs corps, ils ignorent si ils sont mort ou vivant. Possible que l’enquête soit relancée, car les deux affaires sont liées, le jeune inspecteur en est convaincu. Il verra ce qu’il va lui dire cet après-midi.Maud est là dans l’encoignure de la porte du cimetière, elle attend son ex-mari, il se fait attendre, elle ne comprend pas pourquoi il n’est pas arrivé, lui, si ponctuel se fait désirer. Lui, s’est remarié, elle sa vie s’est arrêtée ce 25 juin 2000, jour où ses deux enfants ont été kidnappés. Des années d’enquêtes qui n’ont jamais aboutis, disparus à tout jamais. Depuis, elle a quitté cette ville et vit en recluse dans la petite maison attenante à celle de ses parents. Ah le voilà se dit-elle dans son for intérieur. Comme il est vouté, il lui semble encore plus triste que d’ordinaire. Machinalement il l’embrasse et soudain se met à sangloter. Maud ne comprends pas, aussi est-ce fébrile qu’elle lui demande :

  • Il y a du nouveau pour les enfants ?
  • Comment le sais-tu ?
  • Non ! Je te le demande
  • Parles-tu de nos enfants ou de ceux de Selena et moi.
  • Je ne comprends pas, que se passe-t-il ?
  • Mon fils a été kidnappé et la fille de notre bonne aussi.
  • Oh mon Dieu quelle horreur, encore, mais pourquoi ?
  • Nous ne le savons pas
  • Mais cela s’est passé quand donc ?
  • Il y a plus de 15 jours,
  • Mais tu ne m’en as rien dit
  • Je viens juste de l’apprendre
  • Oh ! Mais pourquoi te l’avoir caché
  • J’étais en déplacement.
  • Selena ne t’en avais rien dit
  • Voilà, c’est exactement cela, elle m’a joué la comédie plus de 10 jours, elle me passait la petite mais elle l’empêchait de me parler.
  • Mon pauvre ami, crois-tu que ce sont les mêmes ?
  • Tu penses à qui ? A ton ancien souteneur ?
  • On n’a jamais su, il a disparu de la circulation
  • Il se nommait comment, le sais-tu au moins ?
  • Oui
  • Alors accompagne-moi au commissariat et essayons de voir si les deux affaires ne sont pas liées.
  • Pourquoi le serait-elle, je ne connais même pas tes enfants, et moi tu m’as plutôt condamné il y a quinze ans que soutenus, je refuse de t’aider, je repars chez moi, si tu as du nouveau concernant nos enfants, préviens-moi

Maud s’en va en laissant un Jean Charles Paillet complétement désemparé, il se glisse en catimini dans le parc, vers le caveau familial ou il y a juste une ligne :

«  Ce 25 juin 2000 disparaissaient Amaury 2 ans et Léa 2 mois où qu’ils soient qu’ils dorment en paix »

Cette phrase c’est Maud qui a voulu la faire graver sur le tombeau familial. L’inspecteur avait l’air de l’ignorer lorsque Serena lui en a parlé, s’ils étaient vivants on aurait dû les retrouver. Jean Charles allonge le pas et rejoint sa voiture, une belle Lamborghini dernier cri et part en direction du commissariat.

A son arrivée l’inspecteur n’est pas là, mais une jeune stagiaire le fait entrer dans un petit bureau chargé d’une tonne de papiers, il lui propose un verre d’eau ou un café, il opte pour le café, il va en avoir besoin, il ignore tout ce que lui réserve le jeune diplômé fraichement sortis de son école d’officiers. Il se dit en catimini c’est un blanc bec, il va vouloir faire du zèle pourvu que ce ne soit pas au détriment des enfants. Il en est là de ses réflexions lorsqu’il voit rentrer le jeune inspecteur en cravate rouge, chemise blanche et complet veston noir. Avec la chaleur qu’il fait il est habillé comme un nabab, lui-même est en jeans et chemise noire ouverte sur rien. Mais bon il n’est pas là pour détailler et comparer leurs vêtements.

  • Bonjour Monsieur Paillet, j’aurais préféré vous voir en d’autres circonstances
  • J’aurais préféré que vous me disiez que vous aviez retrouvé Amaury et Léa, mais hélas j’ai mon second fils de kidnapper ; c’est un véritable cauchemar. Et, on n’a jamais su si les aînés étaient morts.
  • Sans les corps on n’est jamais sûr de rien

A ces mots Monsieur Paillet ne peut retenir ses larmes et le jeune inspecteur respecte ce père, mais il lui faut l’interroger pour savoir ce qu’il faisait, et, où il était ces dix derniers jours.

  • Avez-vous des ennemis ?
  • Non, je travaille pour une Société d’Import-Export, certes j’ai des fonctions importantes puisque je suis le Directeur de la branche Ouest, mais on ne fait pas des produits mettant en périls qui que ce soit. Nous travaillons dans la commercialisation de « tablettes nouvelle génération », cela nécessite aucune Société à nous espionner, ni qui que ce soit à faire des pressions en m’enlevant mes enfants pour que j’avoue je ne sais quoi..
  • Et, il y a 15 ans vous étiez dans la même Société ?
  • Oui, mais j’étais juste un cadre, là j’ai été promu il y a pas plus de 6 mois aux fonctions que j’occupe.
  • Je vois, en effet, mais votre première femme vous l’avez rencontré ou ?
  • Je n’ai jamais caché à l’inspecteur chargé du dossier que je l’avais rencontré dans un bar à striptease, je suis tombée éperdument amoureux d’elle. Seulement elle ne m’avait pas dit qu’elle avait un souteneur et qu’elle lui avait volé de l’argent.
  • Ah ! Mais je n’ai pas vu cela dans le dossier
  • Pourtant nous en avons parlé, mais la première enquête a été bâclé, et je pense, j’ai même la certitude que mes enfants sont vivants, mais je ne pourrais jamais les reconnaître, et comment me verront –ils, comment verront ils leur mère ?
  • Nous reviendrons au cours de notre discussion sur la première disparition, mais pour l’instant revenons sur ce que vous avez fait dans les jours qui ont précédé l’enlèvement. Etes-vous sortis, avez-vous rencontré des personnes que vous n’aviez jamais côtoyés, avez-vous donné des réceptions ? Avez-vous rencontrés des personnes de votre vie antérieure ?

Sous le feu incessant des questions Jean Charles ne sait où donner de la tête, il essaye de tout enregistrer mais ne répond à aucune question, il attend patiemment la fin de cette longue tirade.

  • Effectivement nous avons donné une réception juste avant mon départ pour Grenoble.
  • Ah ! Vous souvenez-vous de qui était présent ce soir-là ?
  • Oui, en partie mais ma femme a dû tout noter c’est elle qui a fait les cartons d’invitation
  • Je lui demanderais, mais est-ce que parmi vos invités il y en a qui connaissent votre vie antérieure. Le kidnapping de vos deux premiers enfants ?
  • Je ne sais pas si il y en avait, nous n’habitions pas sur Tours quand cela nous est arrivé.
  • Rencontrez-vous des gens de votre vie de villégiature, car cette maison c’est bien celle où vous passiez vos vacances avec votre première femme.
  • Oui, mais je ne sais si il y avait les « Morin »
  • Qui sont les Morin ?
  • Des amis d’enfance
  • Et ?
  • Je vous réponds, je ne sais ce que vous recherchez
  • J’essaye de faire le rapprochement entre les deux affaires
  • Et ?

Pour l’instant je ne puis rien vous dire de plus mais j’ai déjà une petite idée, je vais piocher dans ce sens et dîtes à votre femme de me donner la liste des invités à votre réception.

  • Au revoir Monsieur Paillet je vous tiendrais au courant, en attendant évitez de faire du bruit et n’allez pas donner des interviews à la presse ; cela desservirait mon enquête.
  • Ce n’est pas mon genre, ni celui de ma femme, déjà que j’aurais bien aimé la discrétion et bien c’est raté.
  • N’oubliez pas que la dernière fois c’est la discrétion qui ne nous a pas aidé.

A suivre