Épilogue (fin)

Excusez-moi de vous avoir fait languir mais je n’ai pas eu un moment pour écrire le mot fin, voilà c’est fait, bonne lecture et ne soyez pas déçus….

 

On apporte au juge le dossier, tout d’abord la première pièce est une carte d’identité, le juge la regarde, il se sent mal à l’aise, tiens comment se fait-il que ce simple morceau de papiers effraient à ce point quelques notables. Il la pose de côté et demande une suspension de séance, la foule gronde, c’est un comble, mais l’avocat général explique qu’il doit examiner les pièces et vérifier de leur authenticité, mais l’avocat de Mr Viricel refuse d’obtempérer. Il explique au juge que toutes les pièces ont été authentifiées par celui qui les a faits, entre autre cette carte d’identité qui a l’air de vous perturber dit-il au Juge ! Le juge a le regard fuyant, il s’essuie le front et bredouille un tas d’onomatopées  qui laissent ceux qui l’écoutent pantois.

–       Monsieur le Juge contestez-vous l’authenticité de cette pièce

–       Non, mais…

–       Mais quoi ?

–       Mais rien,

–       Alors avançons, faire une suspension de séance ne vous servira à rien, par contre si vous êtes démis de vos fonctions le procès avancera.

Un ricanement se fait entendre, c’est l’accusé qui jubile sur le banc. Mais tiendra-t-il encore le choc devant les révélations qui vont être dévoilés au grand jour.

–       Monsieur Maurice Brun que pouvez-vous nous dire sur cette carte d’identité, à qui appartient elle ?

–       Il faudrait que je la voie pour vous le dire.

–       Je vais vous la lire

–       Non : BRUN

–       Prénom  Marie

Dans la salle un brouhaha se fait entendre puis plus rien un silence énorme on attend la réponse de l’accusé, mais rien ne vient, il se tait.

–       Je n’entends rien, martèle le Juge

–       Vous pouvez le lire comme moi, c’est la carte d’identité de Marie Brun

–       Est-ce  votre première femme ? Si oui, ou est-elle ? Car si mes souvenirs sont bons elle a disparue dès la fin de la guerre et personne ne nous a laissé entendre qu’elle s’était marié et avec vous de surcroit !

–       On ne s’est pas marié mais on y a pensé, mais elle a disparue avant que je ne l’épouse.

La salle se tait, Pierrot est déçu, il ne sait toujours pas où est passé sa sœur, Maurice Brun doit le savoir mais ce n’est pas aujourd’hui qu’il va faire des révélations.

Puis le juge ouvre le dossier, de loin il semble bien mince mais personne hormis Jules et l’avocat savent ce qu’il contient. Le juge en sort une feuille de papier, une seule, ce qui fait rire Maurice Brun, 

le juge tourne la tête de droite à gauche et demande s’il y a un traducteur. L’avocat de Pierrot en connaît un mais il n’est pas présent. Aussi le juge décide avec les avocats des deux parties de faire une suspension de séance, ce qui fait dire à Pierrot et ses copains qu’à cette allure ce n’est pas ce soir qu’ils connaîtront la vérité. Quant à Maurice Brun il est devenu très pâle, il a l’air de sentir le vent tourner s’est dit Jules en le voyant à plusieurs reprises s’éponger le front, et, lancer des regards bizarres au juge, du reste ce dernier semble de plus en plus mal à l’aise, qu’est-ce qui le rattache à ces meurtres, à moins qu’il en connaisse plus ; Ce qui ferait de lui un complice, et de ce fait le procès serait renvoyer aux calanques grecs, ce qui n’arrangerait personne.

Plus de deux heures plus tard, le juge ayant eu un malaise, il est remplacé aux pieds levés par un de ses assesseurs qui a pris connaissance ainsi que les avocats du contenu de ce papier pas plus gros qu’une feuille de papier pelure, ce qui du reste y ressemble.

Jules Viricel vous êtes appelé à la barre, Jules se lève et sait qu’il va lui falloir dire la vérité, celle qu’il a découverte en se cachant dans le château.

–       Jules pouvez-vous nous dire d’où vous tenez ce papier ?

–       Monsieur le Juge je ‘l’ai trouvé dans une sacoche qui se trouvait dissimulé dans l’anfractuosité du rocher dans la pièce ou a été séquestré mon ami Robin.

–       Pour quelles raisons vous vous êtes trouvés dans cette pièce.

–       J’étais poursuivi par un homme habillé de noir, qui avait à la main un grand couteau et qui portait des chaussures noires avec un morceau de ferraille qui dépassait

Son avocat lorsqu’ils avaient répété cette scène lui avait demandé de tout dire et d’être bien précis. Aussi avait-il préparé ce moment avec lui et avec chacun de ses copains. Ces réponses étaient bien rodées.

–       Où étiez-vous quand vous avez croisé cet individu ?

–       Près de la croix du détour, le matin ou l’on a retrouvé le cadavre dans la rivière.

–       Le premier ?

–       Non le second, pour le premier j’étais bien trop jeune.

La salle rie puis se tait, on attend la suite et tout le monde espère que ce jour verra le dénouement.

–       Parlez-vous Allemand ?

–       Non !

–       Anglais ?

–       Pas plus, mais je connais le patois de chez nous.

La salle se met à rire, un rire qui n’en finit pas comme si le dénouement proche mettait du baume au cœur des anciens maquisards.

–       Silence !

Et la salle entièrement acquise à la cause de Jules et de ses amis termine par :

–       Sinon je fais évacuer la salle !

Et le fou rire gagne même les jurés. A nouveau le rire, puis plus rien, la salle veut savoir et espère que l’on va leur lire cette lettre. Mais Pierrot qui se penche vers son voisin, qui n’est que le brigadier et père de Paulo, rigole et chuchote le contenu de la lettre en possession de l’assesseur du premier président. Il a l’air de la connaître par cœur, est-ce lui qui l’a écrit ? Mais comme la salle est calme le rire de Pierrot et du brigadier-chef résonne. Tout le monde se tourne vers eux.

–       Monsieur Pierre Viricel quand on vous demandera de parler vous viendrez à la barre, à moins que vous soyez à l’origine de cette lettre. Levez-vous et prenez la place de votre fils, je vous remercie jeune homme, rejoignez votre place.

–       Connaissez-vous le contenu de cette lettre ?

–       Oui, Monsieur le Président !

–       L’avez-vous tapé à la machine ?

–       Oui Monsieur le Président !

–       Dans quelle circonstance et à quels moments :!

–       C’était juste après le débarquement en Normandie

–       Est-ce écrit en allemand ?

–       Non en anglais, je le parle si c’est votre deuxième question.

La salle est suspendue aux lèvres de Pierrot, il sait certainement ce qu’il y a dans ce courrier, et surtout la raison pour laquelle Maurice Brun est prostré à sa place.

–       Pouvez-vous m’en dire l’essentiel ?

–       Oui, c’est la confession de Momo, alias Maurice Brun ici présent ; j’ai découvert que c’était un traitre, je l’ai obligé à signer le courrier sur lequel il reconnaissait avoir trahis l’ensemble du réseau, et fait accuser le petit Perrot qui du reste il a tué dernièrement.

–       Pourquoi ce courrier a été caché ?

–       Tout simplement parce que notre maquis a été attaqué par les allemands qui quittaient le Puy, mais avant ils devaient régler quelques comptes avec nous, et dans l’embuscade qui a suivis, Momo a disparu et nous nous sommes évaporés dans la nature. Quand je suis revenu quelques jours plus tard, je n’ai pas retrouvé la sacoche, la cachette avait été pillé j’ai pensé que Momo était revenu et avait tout jeté. J’ai confié le double à mon ami le brigadier-chef qui est cette feuille de papier pelure, seule papier au moment des faits en notre possession.

–       Pensez-vous que l’original existe toujours ?

–       Je ne sais pas.

–       Pour vous, quel est le rapport entre la trahison de Maurice Brun dit « Momo » et les meurtres qui ont eu lieu dans votre village, dont celui de votre femme ?

D’abord il y a eu comme un silence, un lourd qui a enveloppé toute la salle, puis Pierrot a dit l’invraisemblable :

–       Parce que Momo est mon frère, enfin mon demi-frère, je l’ai su lorsque ma sœur Marie s’est amouraché de lui, mon père a été obligé de nous le dire. Mon père l’a eu avec la fille aînée du Vieux Comte. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait par vengeance, pour récupérer son nom, sa famille. Et pourtant mon père l’avait accueilli à sa table, il aurait pu loger chez nous, mais il voulait toujours plus.

–       Mon père n’est pas revenu du camp de concentration, ni la femme du Comte qui était sa mère. Ma sœur a disparue je n’ai jamais su si Maurice l’avait fait elle aussi disparaître.

–       Non !

C’est Maurice Brun qui a hurlé ce non, je n’ai pas touché à un cheveu de Marie, je l’aimais, quand j’ai su que c’était ma demi-sœur je lui ai dit, elle est devenue folle et s’est jetée dans la mare. J’ai réussis à la récupérer et je l’ai emmené à Lyon et confié au sœur Saint-Joseph, si elle n’est pas morte, elle y est encore, mais elle n’avait plus sa tête.

Pierrot hurle de colère et s’effondre en pleurs, mais il crie pourquoi ne pas nous l’avoir dit, ma mère est morte de chagrin. Elle, ne t’avais rien fait, ni moi ?

–       Toi tu avais le nom des Viricel moi je devais porter le nom des Bruns, des buveurs depuis des années, et de plus il était méchant, ta mère n’a pas été tendre avec moi, elle me faisait coucher sous l’escalier.

–       Tu as rendu la pareille à mon fils.

Le président de la cour d’Assises arrête le dialogue qui s’est instauré entre l’accusé et son témoin.

Maurice Brun a avoué avoir tué le vieux comte et chargé Pierrot de ce meurtre, il avait planifié le tout pour qu’il tombe dans le piège. Il reconnait avoir trahis les différents maquis et fait porter le chapeau aux fils Perrot, un tantinet naïf. Il est à l’origine de la mort de la femme du Comte, de son père d‘adoption, du père et de la mère Viricel, cela fait beaucoup de monde pour un seul homme, mais maintenant que l’issue est proche il vide son sac, mourir pour un meurtre ou pour dix on ne le tuera pas dix fois. Donc il dit tout.

Puis récemment il aurait bien voulu tuer l’enfant qui est né de son union avec la femme du Pierrot, mais le brigadier est passé avant et il n’a pas retrouvé son enfant.

Il avoue aussi avoir tué un vagabond à qui il a mis l’anneau du Comte pour laisser croire en la mort d’un de ses fils.

Quand le juge lui demande pourquoi il a tué Madame Viricel qui était sa femme, il a juste dit, Pierrot libéré, elle allait me quitter.

Les jurés qui ont prêtés serment se sont retirés et la salle a été évacuée, toutes sortes de bruits circulent, les uns pensent réclusion à perpétuité, d’autres avance l’idée qu’il sera guillotiné.

Pierrot en compagnie de son fils pense qu’il y a eu assez de morts, et ce n’est pas en le tuant qu’ils sauront si Marie est toujours à Lyon, et ils pensent tous les deux à l’enfant de Maurice et de Raymonde.

–       Papa si ton père avait reconnu Maurice, il aurait pu vivre à la ferme et il aurait été heureux, là il a cherché à se venger car on l’avait placé chez les Bruns qui n’ont pas été tendres avec lui. Il ne faut pas que mon petit frère est le même sort que son père.

–       Jules ce n’est pas nous qui rendons la justice.

 

La séance a repris et la sentence rendue, Maurice Brun a juste baissé la tête à l’énoncé du verdict, condamné à la peine de mort. Un grand silence a suivi le verdict. Personne n’a applaudis.

 

 

FIN.

 

 

Épilogue (Suite)

Profitant d’un mouvement de foule, les trois enfants se sont glissés dans la salle d’audience. L’avocat de son père a froncé les yeux en les voyant puis s’est approché d’eux en leur demandant de ne faire aucun bruit, juste écouté et laissé les adultes prendre position et juger en leur âme et conscience. Bien entendu qu’ils ne feront pas de vagues, ils ont réussis à rentrer maintenant, ils n’ont pas envie de se faire sortir. Jules attend l’entrée de son beau-père, il y a du brouhaha dans la salle, puis, soudain plus un bruit, la cour entre suivi par l’accusé, il est habillé comme un Monsieur chuchote Aubin. Tout le monde s’assoit, mais Jules se lève à nouveau, le voici face à son beau-père, celui-ci le voit, leur regard se croise, Jules a décidé de ne pas baisser ses yeux, il faut qu’il tienne jusqu’au bout, ne pas le lâcher; qu’il puisse lire ce qu’il pense de lui. Maurice Brun vaincu vient de baisser les yeux. Jules peut s’asseoir, la première partie est à son avantage, on verra pour la suite.

Maintenant pour Jules tout va se jouer là, il pourrait partir mais finalement tout le retient ici, sa vie s’est arrêtée il y a un an en découvrant l’horreur, lorsque l’on est venu lui annoncer la mort brutale de sa maman, puis plus tard quand dans le village les bruits ont courus que c’était son beau-père l’assassin. Il lui faut rester pour comprendre toute cette haine, après s’il peut, il tournera la page.

La matinée a été longue, son père est arrivé il a témoigné, lui aussi devra être lavé des soupçons qui ont pesé sur lui. Quand il a vu Jules et ses copains il a pleuré, pour lui c’est important que son fils soit auprès de lui. Après son interrogatoire et contre interrogatoire par l’avocat de la partie civile et celle de l’accusé, au lieu d’aller à côté de ses copains, il s’est glissé vers son fils, et il lui a pris la main et serrer très fort. Ensemble ils seraient encore plus forts. L’après-midi s’est étirée et rien n’est venu étayer où contrecarrer les idées des anciens maquisards, personne ne sait encore la raison de cette haine bien que des éclats de voix aient mis la puce à l’oreille de chacun des protagonistes, il n’y a rien qui semblent apporté un peu d’eau au moulin des uns et des autres. Après avoir déclamé qui il était Maurice Brun s’est muré dans le silence. Il ne veut plus rien dire, il a la tête baissée ; ce n’est plus l’euphorie du début, cela sent l’acquittement a dit ce matin Paulo en revenant ce qui a fait hurler Jules, il faut qu’il prenne les choses en main, mais que faire, le tribunal ronronne doucement, il fait chaud, l’avocat général s’essuie la figure, on apporte de l’eau, de nombreuses interruptions de séances ont lieu, cela sent mauvais se dit Jules. Que faire ?

A nouveau son regard croise celui de son beau-père, l’autre esquisse un sourire comme si il se payait la tête de tout le monde, alors Jules ne sait pas bien ce qui lui a pris, mais il se lève avance dans l’allée et se poste devant l’accusé et lui crache au visage. Un silence glacial suit son geste puis la foule présente se lève et applaudit l’enfant qui retourne à sa place. La salle est évacuée, l’accusé emmené, et dans l’antichambre du tribunal, Jules est vertement  sanctionné par l’avocat de son beau-père, mais Jules ne se démonte pas et dit je veux parler j’ai des choses à dire.

–       C’est trop tard,

–       Je préfère faire repousser l’audience que de me taire !

–       Je me demande bien ce que vous avez de si important à dire jeune homme, attention tout faux témoignage est punissable.

–       Ne vous inquiétez pas Maître c’est du lourd !

–       Ah ! Pourquoi avoir attendu si longtemps et ne m’avoir rien dit avant.

–       Je pensais que l’audience allait se passer autrement, puis j’ai vu que mon beau-père trompait tout le monde aussi je vais parler, j’ai des révélations à faire, mes amis pourront aussi témoigner ? Car je les ai mis dans la confidence.

–       Je ne pense pas que le Juge soit aussi magnanime, je pense qu’un seul aura le droit de parler, donc comme votre père et beau-père sont impliqués je pense qu’il acceptera que ce soit vous.

–       De toute façon il n’y a que moi qui sois au courant.

–       Alors n’en parlons plus, je vais avertir le juge, j’espère que par égard à votre jeune âge il acceptera et ne vous réprimandera pas pour ce que vous venez de faire.

–       Maître je m’excuse mais il a tout fait pour me pousser à l’esclandre.

–       Désormais il vous faudra être calme car je pense qu’il recommencera à la prochaine occasion, ne tomber pas dans ses filets, sinon votre témoignage ne vaudra rien.

–       Cela m’étonnerait.

L’audience n’a pas recommencée, ils ont dû revenir le lendemain, mais comme un enfant témoignait et pour éviter tout nouveau esclandre il y avait un peloton de gendarmes qui entouraient le tribunal, jusque dans la salle il y en avait. On aurait dit une forteresse comme disait Paulo à son copain Aubin en rentrant avec les autres villageois. Mais à l’entrée il fallait montrer patte blanche et  pour les deux enfants cela n’allaient pas se dérouler comme prévu.

– Vos papiers!

–       Lesquels ?

Un fou rire prend la file des anciens du Réseau à frérot, les gamins ne manquent pas d’aplomb, cela leur rappelle leur jeunesse. Mais le chef de la brigade voit cela d’un mauvais œil et les repousse vers la sortie. Que va faire Jules qui est le dernier de la file ? S’il ne peut pas rentrer tout va aller à la dérive.

–       Bonjour jeune homme, avez-vous vos papiers ?

–       J’ai mieux que ma carte d’identité, j’ai mon témoignage au fond de ma tête et je dois témoigner à l’audience, mais il faut que mes deux copains puissent rentrer.

–       Qui ?

–       Mes deux amis que vous venez de raccompagner vers la sortie.

Il y a un moment de flottement, le brigadier ne veut pas perdre la face, vis-à-vis des enfants, ils ne feront pas la loi, tous les trois resteront à l’extérieur vu qu’ils n’ont pas de papiers. Mais petit à petit la foule gronde et le brigadier se sent dépasser.

–       Bon allez circuler mais j’espère que vous saurez bien vous tenir et que je n’aurais pas à le regretter.

–       Ne vous inquiétez pas, Monsieur le Brigadier, ce soir vous serez heureux de nous avoir fait entrer.

Les voilà dans la salle, tout le monde les regarde et ils applaudissent à tout rompre, Jules et ses copains ne sont pas peu fiers, ils ont fait obstacle à la force publique, c’est bon signe tout devrait se dérouler normalement. A nouveau le silence se fait, la cour entre, puis l’accusé, et tout le monde est invité à s’asseoir. Puis le Juge annonce un retournement de situation, Jules est appelé à la barre.

–       Veuillez décliner votre identité et jurez que vous allez nous dire que la vérité, je fais une entorse aux règlements, mais je pense que si vous avez autant insisté auprès de votre avocat c’est que vos révélations vont nous permettre de faire un bond en avant.

–       Oui Monsieur le Juge, j’ai découvert des papiers qui mettent en cause directement Monsieur Maurice Brun, celui qui était le mari de ma mère.

–       Les Avez-vous sur vous,

–       Je les ai donné à mon avocat, je pense qu’il vous les montrera, moi je ne sais pas comment fonctionne un tribunal.

Un rire dans la salle a le don d’agacer terriblement le Juge, mais il fait comme s’il n’avait rien entendu, si cela recommence il fera évacuer la salle.

 

 A suivre

Epilogue

Pour vous remettre dans l’histoire voici presque la fin de mon récit.

 

 

Assis sur la murette qui supporte la croix, Jules attends ses amis, Il a donné rendez-vous à la Croix du Détour à ses amis Paulo et Aubin, comme à son habitude il est arrivé en avance, il attend ses deux amis et songe aux évènements qui se sont succédé depuis l’arrestation de son beau-père et du traître « Perrot », traître, certes, mais pas seul…En effet pendant l’occupation les querelles qui s’étaient arrêtées un temps, avaient vite repris le dessus après la débâcle. Pourtant à cet époque il eut été préférable de penser d’abord à sa survie plutôt que de convoiter le lopin de terre de son voisin, mais les « Bruns et les Perrot » ne le voyaient pas de cet œil. L’un, le fils Brun était dès le départ dans la milice, l’autre le fils Perrot  avait d’abord rejoint les rangs de la Résistance pour dans un premier temps échappé au STO, puis à la suite d’une rafle sur Lyon, il va accepter de faire tomber Pierrot Viricel dont la tête est mise à prix. On lui présente dans les locaux de la gestapo le fils Brun et tous les deux qui ont une dent contre Pierrot, vont unir leur destiné et trahir l’ensemble du réseau. Mais pour peaufiner le tout, ces deux-là avaient planqué dans le château du Comte une grosse somme d’argent, et pour la récupérer il leur fallait la tête du Comte, C’est Maurice qui alors âgé de 17 ans avait réalisé le plus beau coup de filet, en se cachant dans le château il avait surpris une conversation et su que le Comte devait se rendre au Puy pour y retrouver sa femme et trois de leurs enfants qui arrivaient de Lyon et qui au vu de ce qui se passait sur la ville préférait vivre ensemble à la campagne. Il avait été les dénoncer à la Kommandantur du Puy et ce qui devait arriver n’avait pas tardé de se produire.

Maurice avait planqué non loin du lieu de rencontre pour désigner à la milice le Comte ainsi que l’aîné de ses enfants, pensant que c’était le jeune Momo. Et non son frère jumeau, fait qu’à l’époque il ignorait. Une partie de la famille avait été arrêtée, sauf les deux plus jeunes que le Comte avait réussis à faire partir en les faisant passer au milieu des passants qui regardaient la scène surréaliste, faut dire que le Puy en 1942 était une toute petite bourgade. Les deux petits s’étaient éloignés en suivant une femme qui d’un bon pas regagnait sa demeure, mais Maurice qui avait aperçu toute la scène les filait.

La suite tout le village la connaissait, et, en particulier les trois jeunes amis, dont Aubin qui en avait fait les frais puisqu’il avait été pris à la place de Jules par le fils Perrot. Ce dernier n’avait rien pu dire car il était mort sur la table d’opération, et ce n‘est pas le beau-père de Jules qui allait leur en expliquer la raison. Le procès allait avoir lieu dans les jours suivants c’est la raison pour laquelle les trois copains s’étaient donné rendez-vous. Au vu de leur jeune âge ils ne compareraient pas, mais leur témoignage serait évoquer au cours du procès, mais Jules pensait que tout cela ne lui rendrait jamais sa maman, certes il avait retrouvé son père et vivait heureux avec lui, mais sa mère lui manquait terriblement, aussi avec Paulo ils avaient décidés qu’il se rendrait au Puy pour voir l’assassin comme tout le village l’appelait désormais. Pour oublier il lui fallait le regarder dans les yeux, après il pense qu’il va pouvoir tourner la page.

Enfin voici ses copains et bien entendu c’est du procès qu’il est encore question dans leur discussion. Tant qu’il n’aura pas eu lieu ils seront hantés par ces évènements. C’est lundi qu’il va commencer, ils se mettent d’accord et se rendront en bus au Puy, ils n’en toucheront un mot à personne ce sera leur secret. Jules est certain que son père comprendrait mais le père de Paulo et les parents d’Aubin verraient cela d’un mauvais œil, déjà que leur fils ainé avait mené l’enquête ainsi que le brigadier-chef. Il faut tourner la page martelait tous les jours le père d’Aubin, oublions ces jours et passons enfin à autres choses.

Le lundi 7 juillet 1966 les trois jeunes adolescents se retrouvent à l’arrêt du bus, le premier passe à 6h 30 du matin, ils arriveront très tôt, trop sans doute, mais il faut qu’ils puissent être au bon endroit. Pour Jules il en va de sa survie et du reste de sa vie, pour les deux autres, c’est pour Jules qu’ils le font. A l’arrêt il y a la « Mémé Perrot » comme tout le monde la nomme, elle n’a pas l’âge à être une grand-mère mais depuis la mort de son mari un an plus tôt elle a des cheveux blancs d’où son surnom. Elle jette un regard aux trois gamins mais ne dit aucun mot. Puis arrive d’un pas pressé Momo, qui sert la main aux trois enfants, il a un sourire en coin, est-ce qu’il comprend que les trois enfants se rendent au procès, c’est bien possible, mais pour lui il est normal qu’ils comprennent ce qui s’est réellement passé pendant ces moments troubles, surtout Jules, il faut qu’il avance.

Dans le bus on entend une mouche volée, personne ne pale, les trois amis sont au fond, la « Mémé Perrot » devant, quant à Momo il est au milieu. Les arrêts se succèdent, beaucoup de paysans se rendent au procès, mais pour Momo se sont ses amis de combat qui montent à chacun des arrêts, ils se regroupent tous au milieu du bus. Le père de Jules s’est rendu seul au procès, ils doivent se retrouver devant la porte, eux-aussi ont envie de croiser le regard de l’assassin et du traître. Ils espèrent que le procès aura bien lieu, dans d’autres villes, il y a eu des reports, mais là on juge aussi un assassin, et, là cela ne remonte pas en 1943.

 

 

Chapitre 17

En effet, absorbé par leur conversation ils n’ont pas fait attention que l’amant de Raymonde écoutait ce chuchotement qui lui parvenait de la pièce d’à côté. Jules et Suzon se font tout petit, ils s’enfoncent dans le mur, mais c’est exactement ce qui se passe, là ou Jules pensait qu’il n’y avait rien et que ce rideau cachait rien, il y a une porte  qui se dérobe et s’entrouvre, une cachette datant de ces journées sombres, tous deux se laissent tomber à même le plancher, la porte se referme sur eux les voici emprisonnés mais ils ont échappé à ce fou furieux. Ils verront plus tard comment sortir de cette pièce sombre et sans fenêtre. Ils attendent que les pas s’éloignent. Un bruit de verrou, les voici seuls, livrés à eux-mêmes mais enfermés.. Jules allume sa lampe électrique qu’il n’oublie jamais et regarde le décor. Il y a une grande pièce avec deux lits, une table ou il gît quelques papiers, Jules distraitement les regarde et stupeur ce sont des cartes d’identités au nom de Maurice et Marius Raoult, les deux fils du Comte. Qu’est-ce qu’elles font ici ? Marie-Suzanne ne dit rien en voyant le visage de ses deux frères, au contraire, elle a l’air heureuse, bizarre pense Jules.. Il y a aussi un gros livre de cuir rouge. C’est le journal du Comte pendant la guerre. Pendant que Suzon l’examine, Jules cherche le moyen de sortir de cette cachette. Si son beau-père en avait eu connaissance il serait venu directement ici au lieu de fouiller la cellule où Aubin a été séquestré, du reste il ne sait par qui ? Qui a déposé tout ceci ici ? Et pour quelles raisons ? Mais Jules voit que Suzon sourie et elle se dirige vers le mur du fond, elle appuie sur un bouton et dit :

–       Je connais une personne qui va pouvoir t’expliquer pleins de choses.,

Elle ajoute :

–       Viens, nous sommes seuls, 

Puis se tournant vers Jules elle lui présente l’homme aux cheveux blancs ;

–       Jules, je te présente mon père !

–       Ton père ?

–       Bonjour, tu ressembles suffisamment à Pierrot pour ne pas être son fils, je suis heureux de te rencontrer, Marie-Suzanne m’a tant parler de toi.

–       Mais on vous croyait mort en déportation

–       Non j’étais bien vivant mais salement amoché et surtout amnésique, je suis revenu que depuis les tristes évènements qui ont mis à mal le village. J’ai rencontré dans les bois celui qui se faisait passer pour mon fils, il m’a reconnu, pourtant j’ai bien changé, mais j’allais voir le subterfuge et comprendre que ce n’était pas mon fils, aussi as-t-il décidé de me tuer. Je m’en suis sorti grâce à ta mère, elle m’a ramené ici à ma demande car je connaissais cette cachette. Nous l’avions utilisé pendant la guerre et jamais personne ne l’avait trouvé, jusqu’à ce jour.

Le père de Maurice Brun a été  dans le même réseau que nous tous ici. Hélas, un jour il s’est fait retourner par l’ennemi après avoir été pris dans une rafle sur Lyon, et aidé du fils Perrot qui était milicien il nous a tous dénoncé. La suite tu l’as connais, ton père te l’a certainement raconté.

–       Je ne sais pas grand-chose, seulement ce que les anciens en disaient, et de toutes façons ce n’était pas cette version. Certains disaient que c’était mon père qui avait trahis les siens.  Puis, mon père a été accusé du mort de la rivière il y a 11 ans, on disait que c’était le petit Marius, votre fils.

–       Le mort de la rivière c’était le père de Maurice Brun, c’est son fils qui l’a tué, et il a fait accuser ton père car cela l’arrangeait bien. Il convoitait ta mère.

–       Mais moi que lui ai-je fait ? Pour que je sois son souffre-douleur !

–       Cela ne date pas d’hier, cela fait des générations que les Viricel et les Bruns ne s’aiment pas. Un jour c’était pour un lopin de terre, le lendemain pour un puits, enfin de compte ils ne s’aimaient pas, puis les évènements de cette guerre certainement fort lointaine à tes yeux n’ont fait qu’envenimer les choses, Maurice Brun et son père étaient dans la milice, ton père, ainsi que ta maman étaient résistants, mes fils aînés aussi. Pendant et à la fin de la guerre il y en a qui ont voulu réglé leurs comptes. Les Bruns en particulier, qui ont voulu profiter de ce moment pour que leurs querelles passent inaperçues. Hélas, mal leur en a pris, car à ce moment-là, notre réseau a dû se scinder en deux, car nous étions trop nombreux et un jeune du nom de….

Au moment où le Comte va enfin nous dire ce qu’il s’est passé, on entend comme un raclement de gorge, il y a quelqu’un de l’autre côté du mur qui nous écoute. Le Comte met un doigt sur ses lèvres et nous dit d’approcher doucement de la paroi du mur qui tout à l’heure s’était entrouvert, délicatement il passe sa main sur le mur voisin et nous voyons apparaître une petite fenêtre. La peur se lit sur le visage de Suzon, mais son père nous fait comprendre que l’on peut voir sans être vu. Comme c’est pratique pense en son for intérieur Jules, mais il ne prononce aucune parole car ce qu’il voit l’effraye encore plus. De l’autre côté armé de pioches se trouve son beau-père et le père Perrot, ces deux-là ont l’air de bien s’entendre pense le Comte, ce qui aujourd’hui ne l’étonne plus, heureusement qu’il connait son château comme sa poche, il leur faut s’éloigner sans tarder de cette cachette. Il fait signe à sa fille et à Jules afin que tous les deux lui emboîtent le pas. Il atteint rapidement la chambre ou il s’est terré ces derniers jours, referme le mur, soulève une latte du plancher et les fait se glisser par l’ouverture, il va falloir qu’ils se fassent tous les trois fort petit, la position ne sera pas commode mais c’est la seule issue possible pour fuir les deux fous qu’ils ont entraperçus., il se glisse à son tour à l’intérieur et remet en place les lattes du plancher qui avaient été soudés ensemble, la moquette va se rabattre dessus et ils ne devraient pas les découvrir.

Maintenant il leur faut ramper le plus silencieusement possible afin qu’ils puissent regagner le souterrain et rejoindre le plus rapidement possible le village. Encore quelques mètres difficiles, car le boyau est étroit, mais ils doivent leur chance de salut aux protestants qui avaient fuis les persécutions il y a fort longtemps, le Comte avait révélé cette cachette qu’au père de Pierre, qui était son chef de réseau. Plus tard, la cachette leur avait permis de sauver plusieurs jeunes du village et de cacher Pierre Viricel dont la tête avait été mise à prix par la Gestapo. Le père de Suzon leur explique ceci avant de sortir au grand jour, mais au moment de franchir les frondaisons ils découvrent une véritable souricière mise en place par l’inspecteur, le brigadier. Il y a aussi des renforts venus du Puy en Velay. L’inspecteur est fort étonné de les voir surgir presque à ses pieds, ils sortent carrément de la terre, mais il ne dit mots et les éloigne, ils sont rapidement pris en charge par des gendarmes et interrogés séparément, bien que les jeunes n’aient pas vraiment quelques choses à dire, le Comte quant à lui va les aider à mener leur opération à bien.

Sur le sol il dessine le château, les cachettes diverses, les oubliettes et surtout d’où il vient de sortir. L’inspecteur en avait entendu parler mais il ignorait totalement d’où ce boyau partait et surtout où il sortait.

Un par un les gendarmes se glissent à l’intérieur et font en sens inverse le chemin parcouru par le petit groupe formé du Comte et de sa fille, et du jeune Jules. Avec les gendarmes Jules découvre son père, qui le serre dans ses bras. Tous les deux sont heureux de s’en être sortis, bientôt ils recommenceront une nouvelle vie ensemble, mais auparavant Pierrot va confondre les deux hommes qui sont encore dans le château, il faut qu’il soit laver de tous les meurtres que l’on a cherché à lui faire endosser.

Des coups de feu se font entendre, un tir nourri puis plus rien, pourvu que personne ne soit tué car il faut qu’ils parlent. Tous ont envie de savoir pourquoi Maurice Brun a commis tous ses méfaits, pourquoi il a tué sa femme Des pourquoi qui n’auront jamais de réponses si un des deux sont morts.

Les voici devant la porte du château, le Comte sort le premier, puis Pierrot, l’inspecteur suivit de plusieurs gendarmes dont le brigadier-chef, et ensuite arrivent Maurice Brun. Mais où est passé Jules Perrot, ah le voici il est allongé sur une civière de fortune, il a l’air salement amoché, mais ce n’est pas une arme à feu qui la atteint, il a dans le ventre une pioche. Ceux qui sont à l’extérieur sont abasourdis, Maurice Brun a tenté de tuer « Perrot » ça c’est un comble.

 

Si j’ai le temps avant mon départ demain matin je programmerais l’épilogue, mais il n’est pas totalement écrit. Possible que pendant ma semaine de vacance je pourrais le terminer et à ce moment-là je le mettrais en ligne.

 

Bonne lecture….

Chapitre 16

 

Mais des pas se font entendre, qui peut venir, le brigadier, comme lui sont sur le qui-vive. Ah ce n’est que la Suzon, cette jeune femme de 32 ans qui traîne sa peine tout le long des chemins à la recherche de simples. Elle est appelée la sorcière, mais parfois quand il la croisait il lui semblait voir des éclairs de lucidité dans son regard, mais jamais il n’avait osé lui parler. Plusieurs fois la petite comme il l’appelait, s’était approché de lui à le toucher, mais, lui en gros lourdaud, il l’avait repoussé. Que venait-elle faire ici ?

–       Bonjour Suzon, que viens-tu faire ?

–       Elle n’est pas là Raymonde

–       Non, que lui veux-tu ?

–       Je viens voir mon frère, enfin celui qui se fait passer pour lui ;

–       Qui ?

–       Maurice !

–       Comment ça Maurice c’est fait passer pour ton frère, c’est bien la première fois que j’entends ça, et pourquoi se serait-il fait passé pour Momo ? Décidément aujourd’hui j’en apprends des vertes et des pas mûres.

–       Je l’avais dit à Raymonde que Maurice c’était mon frère elle m’avait dit que je devais me tromper

–       Ah, Raymonde en savait donc plus qu’elle aurait pu prétendre, dommage qu’elle ne soit plus là pour tout nous raconter.

–       Plus là ! Mais où est-elle ?

Que dire à la petite Suzon, le brigadier se gratte le crâne, il ne sait que répondre à cette jeune femme, elle a suffisamment souffert, mais elle semble dans un drôle d’état. Que va-t-elle lui apprendre et pourquoi si longtemps après la guerre.

–       Que se passe-t-il ? Saurais-tu qui est le mort de la rivière.

–       Lui, je ne sais pas, mais le premier mort, je connais quelqu’un qui pourrait vous en dire plus que moi, mais il faut que vous me suiviez et me promettiez de n’en rien dire.

Le brigadier est abasourdis, c’est impossible, il y a là anguille sous roche, il va falloir qu’il mette ça au clair. Maurice Brun serait Momo le fils de son compagnon d’armes, le Comte, ce sont deux personnes distinctes, il en est certain. Il est vrai qu’à la mort du petit Marius, enfin celui que l’on pensait être Marius, Momo a quitté la Région, et, en y pensant bien, Maurice Brun a fait son apparition quelques mois plus tard, étrange coïncidence, alors qui tire les ficelles ? Qu’est-ce que cet imbroglio veut dire, mais il n’a pas le temps de se poser plus de questions, qu’il reçoit sur la tête un grand coup, il n’a pas le temps de se rattraper il s’affaisse de tout son long et sombre dans le néant.

Marie Suzanne, car c’est bien elle s’étonne de son geste, mais il lui faut reprendre ses esprits, ne pas se laisser surprendre par l’inspecteur qu’elle voit de l’autre côté de la paille. C’est bien pratique ici, elle voit sans être vue. Celle qui est considérée comme une simplette, a fait sa propre enquête, Jules et Paulo l’ont bien aidé, ces deux gamins sont débrouillards et fort intelligents.

 

Pendant ce temps, le beau-père de Jules écoutait sans faire de bruit, mais il n’a pas vu arriver derrière lui, une ombre, tout-à-coup il sursaute, on vient de lui mettre une main sur l’épaule. Il ne s’est pas méfié, il est tellement sous le choc de ce qu’il vient d’entendre qu’il a baissé sa garde. Et l’inspecteur, en planque depuis de longues heures vient brutalement de surgir. Le voilà fait comme un rat !

–       Ôtez votre houppelande et montrez-vous au grand jour que je vois à qui j’ai affaire.

–       Vous n’allez pas être déçu du voyage, je suis chez moi, j’ai tout de même le droit de venir.

–       Comment ça chez vous ?

–       Je suis Maurice Brun, c’est la ferme de mes grands-parents, et j’habite là avec ma maîtresse.

–       Maurice Brun, Où étiez-vous passé ? On vous cherche depuis hier ? Vous allez me suivre à la gendarmerie et vous m’expliquerez votre emploi du temps

–       Où est ma Raymonde adorée ?

–       Suivez-moi et je vous mettrais au courant.

 

 Tout le village a dû se donner rendez-vous à la ferme du haut, car voici Jules qui fait son apparition. Comme il est dans la confidence, elle peut se montrer. Mais au moment où elle va apparaître, au fond de la grange, elle entend un juron, c’est l’inspecteur qui vient de s’étaler de tout son long, Suzon de son petit nom n’a pas le temps de se baisser que Jules la voit, ils échangent un regard, Maurice Brun a réussis à fausser compagnie à l’inspecteur, tous deux le voient lui passer les menottes qu’il avait à sa ceinture, il se frotte les mains et vient dans leur direction, vite ils leur faut fuir et se planquer quelques parts. Vite filons au château il ne connaît pas toutes les oubliettes où autres cachettes.

–       Avant de nous planquer je vais voir s’il n’est pas trop amoché le brigadier.

–       Laisse-le, nous n’avons pas le temps, je ne donne pas cher de lui, quand l’autre va le découvrir, il va se demander ce qui s’est passé ? Du reste c’est toi qui l’as frappé ?

–       Oui…

–       Pourquoi ?

–       Il ne m’a pas dit ou était Raymonde, ta mère !

–       Tu es…Il allait dire folle, mais il se mord la langue, c’est ce que le village en entier ont dit d’elle, ses longues années.

Tout en allongeant le pas, le plus silencieusement du monde, Jules est secoué par les sanglots, Marie-Suzanne ne comprend pas ce déluge de larmes, dès qu’ils ont franchis le muret, ils s’enfoncent sous les arbres qui poussent n’importe où depuis que personne n’entretient le château. Ils descendent par l’escalier de pierre qui mène aux oubliettes, Jules connait cet endroit comme sa poche, il fait sauter le verrou d’une porte vermoulue, allume sa lampe électrique et pousse Suzon derrière un rideau dont tous deux ignorent ce qu’il protège. En chuchotant elle lui demande pourquoi il pleure tant, mais déjà un pas lourd se fait entendre avec un bruit caractéristique de ferraille. Jules se met à trembler, il reconnait le pas de son beau-père, donc c’est bien lui qu’il a surpris dans la forêt. Pourvu qu’il ne soit pas pris, ni lui, ni Suzon. Mais l’autre se contente de se rendre dans la cellule où était enfermé Aubin, et ne fait nullement attention aux deux jeunes gens. Il a l’air de chercher quelques choses de précis, car ils l’entendent jurer plusieurs fois, ils ne peuvent pas sortir, pourvu que l’autre s’en aille car là ils ne pourront pas ressortir de sitôt.

Jules chuchote à Suzon :

–       Il doit chercher quelques choses de particulier et je pense qu’il va s’enfuir

–       Pourquoi dis-tu cela Jules ?

–       L’inspecteur et le brigadier savent qu’il a usurpé la place de ton frère, et nous sommes à peu près certains qu’il sait qui a trahis le réseau de mon père.

–       Chut ! Il arrive !

 

 

A suivre

 

Si je publie ce roman, je modifierais certainement ou ôterait totalement la partie précédente, celle-là explique tout aussi bien ce qui s’est passé et qui est qui? Mes excuses pour vous avoir livré un chapitre assez embrouillé, mais j’ai voulu faire au mieux car j’étais absente…