Suite 15

23 ans plus tôt!

Mais revenons en arrière en ces temps troublés. En 1942, Pierrot réussis à s’évader du camp de prisonnier où il se trouvait  en Pologne, dans les mois qui ont suivis son évasion il s’était caché, mais comme dans le village tout le monde se connaissait bien et avait toujours vécu en harmonie, il s’était montré au grand jour. Puis  il avait rejoint le foyer familial. Puis début 43 avec son copain le brigadier, ils avaient appris que le Comte recrutait des hommes, mais eux deux pensaient qu’ils valaient mieux être discret, aussi c’est tout naturellement que Pierrot qui connaissait chaque recoin du terrain  avait monté un réseau.  Les jeunes du village qui voulaient échappés au STO s’engageait les uns après les autres, sauf quelques-uns  qui étaient soit malade, soit qu’il ne faisait pas l’affaire aux yeux de Pierrot. Il y avait un des jumeaux du Comte,  Momo, pourtant ce dernier était fort jeunet, à peine 16ans, mais il faisait des allers retours en vélo, à la barbe des Allemands, il transportait des courriers qu’il cachait dans la selle de son vélo ou parfois dans le fond de son pantalon, c’est Raymonde qui avait eu un jour cette bonne idée.

 Pierrot était connu dans le village comme un braconnier, le Comte, qui hier était son ennemi notoire, lui avait fait la vie dure, mais il connaissait la forêt comme sa poche ainsi que des cachettes dans des anfractuosités de rochers, semer ses poursuivants pour lui c’était un jeu d’enfants, hier c’était le Comte et ses serviteurs, aujourd’hui les troupes d’occupation. Le Comte lui avait donné carte blanche, une partie du château n’était pas habité, sa femme et ses enfants habitant encore au Puy, c’était un ancien château avec de belles oubliettes, il fallait bien le connaître sinon on pouvait s’y perdre. Pierrot et le brigadier avaient été au coude à coude avec le Comte, mais ils avaient été dénoncé à la Gestapo du Puy, et à partir de là,  tout avait viré au cauchemar. C’était quelques jours avant le débarquement, aux alentours du 4 juin 1944. Marius le jumeau avait été le matin même contraint de rejoindre le STO, son frère Maurice y avait échappé une première fois, hélas le soir même il avait été pris sur le Puy en compagnie de ses parents, et ce devant son frère et sa sœur.

Le Comte avait ignoré les deux plus petits pour éviter qu’ils soient embarqué au siège de la Gestapo, les deux enfants vivaient avec leur mère au Puy, hélas ils avaient décidés de se retrouver pour passer une journée ensemble avant les événements qui se préparaient. Mais ils avaient dû être suivis depuis le village et désigné par celui qui les avait vendus, car pour les retrouver là où ils étaient il fallait être dans le secret des dieux. Ceux  du village y avaient échappé car ils venaient de déménager du dernier endroit connu, Pierrot ne croyait pas en sa bonne étoile, et, depuis le début il les faisait changer de lieux assez régulièrement, un seul était dans la confidence pour éviter les fuites. Ce jour-là c’était Raymonde, sa future femme qui avait comme nom de guerre « abeille »

Quelques semaines plus tard, après le démantèlement du réseau,qui avait fait la jonction avec celui du Puy, celui qui allait se faire  passer pour Momo était arrivé au village avec les deux petits, c’est la mère du Pierrot qui s’était occupé d’eux. Elle n’était nullement la cousine du Comte mais c’était son nom dans la résistance. 

Comme le Comte avait une partie de sa famille qui vivait au Puy et lui et ses deux aînés vivaient au château, personne n’avait posé réellement de questions pour savoir si Momo était le frère des deux petits. C’est lui qui petit à petit s’était fait passer pour Maurice. 

Un soir ou le  Pépé Viricel était imprégné d’alcool, Momo caché dans la grange l’avait entendu dire à ses vaches que le vieux Comte n’avait eu que ce qu’il méritait grâce à « Perrot » ce qui pour lui était Pierrot, mais depuis quelques temps son frère Jacques, qui avait retrouvé la parole mais pas toute sa tête  lui disait qu’ils avaient peut-être confondu avec le Joseph Perrot, et que Pierrot Viricel n’y était pour rien. Mais, pour lui le soi-disant Momo, il était trop tard, il lui fallait finir le travail et tant pis pour tous ceux qui l’avait supprimé, de toutes façons, ce n’était non seulement par vengeance mais aussi pour faire taire ceux qui commençaient à douter de lui, comme « l’abeille » plus communément nommée Raymonde. Puis les Viricel n’étaient pas sympathiques, les vieux, n’étaient plus là, il l’avait malmené, voire empêcher d’aimer Marie qui avait elle aussi disparue, et il était trop tard pour revenir en arrière. Avant de s’en aller il irait voir le Joseph Perrot, mais il en était pas encore là, maintenant que l’autre le brigadier est là, il va lui falloir partir, et ne rien lui dire. Il connait la maison comme sa poche, il va s’esquiver, et, quand l’autre s’en apercevra il sera déjà bien loin. Pour Maurice il s’était convaincu après son retour qu’il était le fils du Comte, son frère jumeau ne l’avait pas reconnu et pour cause ce n’était pas lui, il avait récupéré les papiers, il avait maigris, et personne ne l’avait su. Et voilà comment pendant les dix premières années il avait été le fils du vieux Comte mort en déportation, puis quand il l’avait tué, l’autre qui s’était fait passer pour son jumeau, il était devenu Maurice Brun. Mais il n’avait réapparu que lorsque le Pierrot avait été enfermé à sa place pour trente ans. Et, cela avait été un jeu d’enfants que de faire sa cour à la Raymonde.

 

 

Suite 14/1

Il lui fallait affronter le brigadier, va il est temps, il avance d’un pas pressé, voilà la ferme de Maurice, il est temps de passer sa grande  houppelande et de se cacher dans la grange. L’autre va arriver, et il ne faut surtout pas qu’il le reconnaisse avant que tout soit terminé.

–       Hello y-a-t-il quelqu’un ?

Crie d’une voix de stentor le brigadier, de plus en plus il est persuadé que ce n’est pas son ami de son nom de résistant : le « frangin » qu’il va rencontrer.

–       Qu’avez-vous besoin de crier, entrez et faîtes comme chez vous.

–       Où êtes-vous ? Et surtout qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous le nom de guerre de Pierrot ?

–       Là ! Mais pour me protéger, je ne vais pas me montrer, je vais juste vous donnez ce que vous voulez savoir.

–       Mais je ne veux rien savoir, c’est moi qui pose les questions.

–       Alors on se quitte là !

–       Ah non, j’ai amené mes hommes, ils vont investir la ferme, et après nous discuterons au poste.

Mais un gloussement se fait entendre, celui qui a osé se faire passer pour Pierrot n’en finit pas de rire, comme si ce qu’il venait de dire était si drôle. Ce rire lui est familier, étrange, il le connaît.

–       Pourquoi vous payez vous ma tête ?

–       Vous le savez bien, vous êtes venu seul, je m’en suis assuré, de plus vous êtes dessaisis de l’enquête.

Le brigadier pousse un soupir et se mord les lèvres, il est espionné, il ne lui faut pas s’attarder, le Juge et l’inspecteur vont lui en vouloir, mais il voulait entendre la confession de cet homme.

 Mais ce dernier hésite  à tout lui dire, il a besoin pendant quelques temps encore de ne pas se dévoiler, tant que la population croit en cette version qui le suis maintenant depuis plus de 20 ans, il est à l’abri. Après tout ils étaient jeunes pendant la guerre, et en ses temps troublés, avoir une famille était bien, vu le nombre d’enfants qui n’en avait pas. Les deux grands avaient disparus les deux petits étaient seuls, ,il les avait sauvé, par contre ce que l’on va lui reprocher ce sont ces meurtres.

Suite 14

Pour ne pas vous faire languir trop longtemps je vous en met un passage, car je viens juste de rentrer et…Repars bientôt….

 

 

Puis, un jour il y a maintenant 11 ans, un homme était arrivé au village, il disait à qui voulait l’entendre qu’il était le fils du Comte,  alors il lui avait tapé sur l’épaule en lui disant c’est moi ton petit frère, dans ses yeux sombre il y avait lu un doute, mais neuf ans après la guerre, il avait changé, mais il ne pouvait lui avouer avoir usurpé sa place,  le vrai n’aurait pas dû réapparaître. Aussi un soir de beuverie, ce fameux soir, l’autre lui avait finalement avoué qu’il n’était pas Momo mais il l’avait connu, lui et son père dans un camp en Allemagne, il était revenu pour venger son copain qui avait disparu là-bas. Un drôle de dialogue s’était poursuivis entre les deux hommes, l’autre se confiant à l’homme sans passé, le prenant pour le frère cadet de son pote, jusqu’au moment où, en l’écoutnt il avait compris qu’il s’était fait berné. C’est pour cette raison qu’il s’était débarrassé du faux Momo, en lui mettant sa montre au poignet, la montre du vieux Comte. Il ignorait même qui il était? Un pauvre homme qui avait pensé berner la petite sœur et le frère cadet, mais lui avait eu cette idée avant lui. Et sa place elle était en or. Personne, ne saurait jamais le nom du mort, puisqu’il ne le lui avait pas dit. Il avait les papiers du fils du Comte mais il savait que ce n’était pas lui. Il les avait cachés, et ensuite brûler. Depuis plus personne ne s’était mis au travers de son chemin jusqu’aux aveux de Raymonde, quelle garce celle-là, elle pensait qu’il aurait pu aller en prison. 

II ne l’avait pas réellement tué ce faux Momo, car lorsqu’ils s’étaient retrouvé ils  étaient complètement ivre, il l’avait fait boire plus que de raison et il s’était étouffé, après il suffisait d’attirer les regards sur Pierrot et le tour avait été joué. Un procès vite fait, malgré les états de service de Pierrot pendant la dernière guerre où il était le chef d’un réseau. Mais les preuves étaient accablantes, il s’était chargé de lui faire porter le chapeau, il avait mis le paquet.  Mais comble de malchance il s’était fait avoir il y avait de cela plus d’un mois, quand en redescendant en ville, à Lyon on l’avait reconnu sur le quai de la gare, depuis ils avaient libéré Pierrot, le gamin de la mère Viricel qui avec ses copains le prenaient comme souffre-douleur. Depuis il s’était vengé et d’une manière atroce, il avait violé sa femme et l’avait assassiné, en mourant il avait lu dans ses yeux qu’elle avait tout compris.  Mais il n’allait pas parler de cela au brigadier, il le saurait plus tard, pour l’instant il lui fallait se faire tout petit. Mais le brigadier était bedonnant il ne ferait pas le poids contre lui, si l’autre l’attaquait par surprise.

A quelques encablures de la ferme se tenait le brigadier, il regardait sa montre, on lui avait donné rendez-vous ici. Sur son bureau ce matin il y avait une lettre, pas vraiment anonyme puisque elle était signé du Pierrot son frangin dans la Résistance., mais il n’en comprenait pas la raison, possible qu’il aurait dû en parler à l’inspecteur, il ne fallait pas qu’il tombe dans une embuscade, il y avait déjà eu trop de morts et des disparitions on en comptait à la pelle depuis ces 20 dernières années. Depuis les temps troubles où le village avait été plongé, les règlements de compte n’en finissaient pas. Il serait temps de tourner la page. Les enfants nés après la guerre avaient envie de vivre autres choses, mais là c’était de plus en plus lourd. Soudain il voit une ombre qui se découpe sur la crête, il lui semble reconnaître cette silhouette, on dirait le Comte, enfin la dernière fois qu’il l’avait vu c’était à la mort supposée de son frère. Était-il au courant que ce dernier était vivant, y était-il mêlé ? Il ne peut rien en dire pour l’instant. Mais il se souvient de la mine des villageois lorsqu’au retour des déportés les gamins avaient dit qui ils étaient les deux fils du Comte de Raoult, la mère était revenue mais elle n’avait pas vécue longtemps, juste le temps de dire que les deux gamins étaient bien ses petits. Le père il aurait dans les combien aujourd’hui, au moins soixante ans. L’aîné du Comte en avait bien 40.. Ils avaient vécu au château jusqu’au faux assassinat du petit qui à l’époque avait  25 ans. Le cadet  avait disparu depuis la mort supposée de son frère et depuis plus personne ne l’avait revu.

 

La suite  du 14 demain….

Suite 13

Resté seul, Gilles est sceptique, Jules sait mais ne veut rien lui dire, il a bien essayé de le confondre mais le gamin est intelligent. Bon il est possible que ce qu’il a vu n’ai aucune conséquence sur ces affaires, mais il aurait bien aimé décidé d’une battue dans la forêt pour essayer de trouver Pierrot, il sait qu’il aura sur son dos, sa fiancée et son beau-frère mais c’est son travail et il veut mener à bien cette enquête. De toutes façons le brigadier mis sur la touche refusera sûrement de les accompagner, et pourtant il doit les connaître les lieux où Pierrot se planque. Gilles fait partie de ceux qui sont d’accord pour réviser le procès de Pierrot, mais il y a eu un mort il y a onze ans, qui était-il ? Qui l’a tué ? Un inconnu ou Pierrot. Il en est là de ses réflexions quand un coup est frappé à la porte de son bureau.

–       Entrez !

–       Ah Monsieur le Juge.

–       Alors Monsieur l’inspecteur avez-vous des éléments nouveaux ? Des suspects, des arrestations ?

–       Hélas, non, mais je suis sur plusieurs pistes, je préfère attendre avant de vous dévoiler quoi que ce soit.

–       Bon je compte sur votre rapidité, et surtout par pitié évitez que demain nous nous levions avec un autre meurtre.

–       Alors là, Monsieur le Juge cela ne dépend pas de moi, mais du ou des assassins, et surtout tant que nous ne connaîtrons pas la raison de cette épidémie de crimes et délits en tout genre, nous ne serons pas protégé.

Le juge est repartis déconfit, mais Gilles ne peut enfermer qui que ce soit il n’a pas la moindre piste qui pourrait le conduire à un présumé assassin. Cette affaire est verrouillée, qui tire les ficelles il ne sait pas. Marie Caroline ce matin a émis une idée, elle pense que tant que l’on n’aura pas élucidé le premier meurtre on ne saura pas ce qui se passe en ce moment. Le pire c’est qu’il va falloir qu’il lui annonce la mort de sa propre mère. Mais compte tenu qu’elle a quitté le village depuis fort longtemps il ne pense pas qu’elle sera énormément affectée. Sa mère savait et elle n’a jamais rien fait pour la sauver des pattes de son amant.. Son beau-père qui a abusé de sa femme, enfin celle qui sera bientôt sa bienaimée. Du reste ou il est celui-là pense Gilles ?

Loin de tout ce tumulte marche sur la route qui mène au village du haut un homme, il regarde à droite et à gauche, il ne faut pas qu’il soit pris, il doit accomplir une dernière tâche, après il lui restera plus qu’à disparaître à tout jamais, sa vengeance sera accomplie. Mais auparavant il lui faut tuer un gamin, qui actuellement est insaisissable, mais il le faut, car Pierrot doit payer ce que sa famille lui a fait subir et pour son mépris.. Il va souffrir, de plus il sera accusé de la mort de sa femme, tout va s’enclencher et se retourner contre lui. Ce qu’ignore, cet individu c’est que Pierrot l’a vu et pas plus tard que la nuit passée. Pour l’instant il marche et va à la rencontre du brigadier, qui ne mène plus l’enquête.

 Ce dernier ignore qui il est, il ne le connait que sous le nom d’un maquisard, il s’est introduit dans les locaux de la gendarmerie et a déposé un papier pour le brigadier où il était noté cela :

«  Rendez-vous à la ferme de Maurice et il était signé le Frangin »

Bien entendu que le brigadier avait mordu à l’hameçon, le « Frangin c’était le surnom de Pierrot dans le Maquis de la Croix du Détour, il le sait car naguère il était ici, il a assisté au démantèlement du maquis après que les Allemands soient venu les déloger. Mais personne ne sait qui il est.et il va essayer jusqu’au bout de se protéger, car, si on venait à découvrir qu’il joue double jeu il ne donnerait pas cher de sa peau. Dans son intérêt il  ne le verra pas au grand jour car il risque de le reconnaître, ils se verront dans la grange des Viricel, chez le Maurice qui, lui aussi a disparu et en cela il glousse, cela ressemble à une mauvaise farce, mais c’est lui qui tire les ficelles, tout va se jouer dans les jours qui viennent et quand ils sauront qui il est, il sera déjà loin.

 L’Amérique l’attire, il ira là-bas et ils n’entendront plus jamais parler de lui, mais par contre il aura semé le trouble dans le village et fais accuser Pierrot. A cause de lui, sa famille avait souffert et il n’avait jamais revu ses parents, et encore moins sa jeune sœur. il lui en avait fait baver, mais là c’était la dernière ligne droite. Mais auparavant il allait lui raconter ce qu’il s’était réellement passé dans le village après la guerre, au moment du règlement de compte final. D’un côté les résistants, de l’autre les collaborateurs et au milieu le plus grand nombre les indifférents et ceux qui ne voulaient rien savoir. Puis, il y avait eu le retour des prisonniers et des déportés

Dans un village de cette envergure,  tout le monde se connaissait et quand il avait débarqué avec ces deux gamins, les Raoult, tout naturellement les villageois avaient pensé qu’ils étaient de la même famille. Lui, n’avait nullement cherché à les détromper, il était l’aîné et le village avait gobé son mensonge, en ces temps on se méfiait de tout le monde mais pas de gamins Les deux autres avaient peur de lui,il s’était moulé dans le moule et fait passer pour le grand-frère du cadet qui ne parlait plus depuis qu’il avait vu son frère aîné emmené avec sa mère Devenir leur grand frère avait été un jeu d’enfants. La petite avait une enveloppe dans sa poche  sur lequel il était écrit :

«  A mon amie  Rose ! » Rose c’était la mère de Pierrot, la mémé Viricel comme on l’appelait dans le village, elle avait lu la lettre, le gamin Raoult ne parlait plus il ne pouvait contredire ce que lui le môme trouvé sur la route affirmait.

Il avait raconté au Viricel ce que la petite Marie-Suzanne lui avait dit, en 1943 elle n’avait que 9 ans, elle avait vécu des choses terribles sur la route, l’arrestation de leur maman qui rejoignait son frère le Comte, ceci était écrit dans une deuxième lettre qu’il avait volé et il avait gardé secret ce détail qui allait lui servir bien plus tard. Quant au Momo s’était lui désormais. Quand il avait croisé les deux gamins ils se terraient dans une cave vers le Puy, il avait de suite saisis l’opportunité de les prendre sous son aile, puis en écoutant la petite racontée ce qu’il s’était passé, et vu son jeune âge, il avait réussis à lui dire qu’il était son Momo tout d’abord, elle le frappait en lui disant, ce n’est pas toi, les méchants l’ont emmenés, mais lui à force d’insister avait réussis à devenir son Momo, il faut dire que la petite était vraiment belle, il lui avait promis de la protéger tout le temps. Il avait 17 ans, mais il était chétif et pouvait passer pour un gamin d’à peine 14 ans. La « Mémé  Viricel » comme il l’appelait s’était occupé d’eux, mais lui devait déjà être une graine de vermine, car il n’avait pas eu le même amour, Avec du recul il s’était même demandé si elle ne s’était pas rendu compte qu’il mentait. Mémé Viricel n’était pas une tendre, elle ne faisait pas dans la dentelle.

Lui,  couchait sous l’escalier, son petit frère le muet dormait avec Pierrot et la petite dormait dans la chambre avec Marie, la sœur du Pierrot, Marie, il l’aimait bien celle-là, mais elle aussi avait disparu dans la grande tourmente, personne ne l’avait revu au village. Comme il était l’aîné il n’allait pas à l’école, il aidait à la ferme il  s’occupait des bêtes. Le « Pépé Viricel s’était vite rendu compte qu’il avait peur des vaches, cela le faisait rire il le poussait vers les vaches,  et, un jour il avait reçu un coup de pieds, il avait perdu connaissance et pendant toute la guerre et même plus tard il le surnommait le benêt. Mais il s’était vengé du Père Viricel, lui aussi il n’était pas revenu du camp en Allemagne.

A suivre  ( à mon retour la suite)

Suite 12

Je suis en Pause jusqu’au 21 mai, mais vous aurez la suite, à bientôt, je programme.

 

Tout en cheminant dans la forêt, Gilles met son frère au courant de ce qu’il peut lui dire dans le cadre de son enquête. Puis il se tait et songe qu’il y a beaucoup de zones d’ombre, mais aussi il a plusieurs pistes, hélas pour Jules toutes mènent à son père. Où il y a un homme qui prends un malin plaisir à brouiller les pistes, ou alors ils ont vu ce qu’il ne fallait pas voir ou c’est son père qui a tué sa femme ainsi que le type de la rivière, quant au kidnapping, son frère pourra peut-être éclairer sa lanterne. Mais que ce soit la maman, le fils ou le père tous y sont mêlés, et le gamin lui cache sûrement quelques choses, oseras t il lui faire confiance ? Ce soir il navigue à vue. Il espère qu’encourager par Aubin, dès demain, Jules lui dira ce qui l’a fait la nuit ou avec Paulo ils sont sortis. Il en touchera deux mots à son frère, ce soir dans sa chambre, mais brusquement il se souvient que Marie Caroline a demandé à ses futurs beaux-parents d’accueillir son jeune frère, et ses parents n’écoutant que leur bon cœur ont de suite dit oui. Il lui faudra donc discuter avec son frère sans la présence de Jules. De plus demain ce sont les grandes vacances qui commencent, les gamins devront veiller à ne pas trop s’éloigner du village tant que les affaires ne sont pas résolus, il sent que cela va être fort difficile. Car tous les gamins du village, l’été vont dans la forêt.

Lorsque Jules attends dans le couloir étroit l’arrivée de l’inspecteur, il est anxieux, il vient de se faire remonter les bretelles d’abord par sa sœur aînée, puis par son instituteur, tous deux sont d’accord, il lui faut dire la vérité, sinon tout le monde aura des problèmes de plus Gilles comprendra lui a assuré sa sœur, il sait que tu as vécu des horreurs, mais lui cacher certains faits peut permettre à l’assassin ou les assassins de commettre d’autres forfaitures. Car personne ne sait si c’est une seule personne qui a commis à la fois l’enlèvement d’Aubin et à la fois les deux crimes, donc Jules se sent assis entre deux chaises, à la fois dire la vérité, mais aussi trahir la parole donnée à son père, possible qu’il puisse dire une partie des choses tout en cachant qu’il a rencontré son père. Pour l’instant, l’attente se prolonge, où est passé Gilles, il lui a promis ce matin au petit déjeuner qu’il fallait qu’il soit à l’heure. Mais lui se permettait d’être je ne sais où, ce qui agaçait au plus haut point le jeune garçon. Enfin, le voilà, il a la mine sombre, ça promet pense intérieurement Jules. Qu’as-t-il encore découvert pense le jeune garçon ?

–       Jules, il me faut ta totale confiance, quoi que tu me dises, ni je te maintiendrais en garde à vue, ni je te punirais. J’ai été élevé dans le respect de tous. Ton père si il avait pu t’élever ne t’aurais jamais battu comme plâtre, Marie Caroline m’a raconté ce que ton beau-père t’as fait subir, à partir d’aujourd’hui et ce, jusqu’à ce que ton père soit lavé de tout soupçons, tu n’auras plus rien à craindre de ton beau-père, il n’a plus aucun droit sur toi. C’est ta sœur et moi qui nous occuperons de toi ?

Pendant que Gilles lui dit tout cela, le jeune adolescent se sent mal à l’aise, il se tortille sur sa chaise, il entend que son père ne lui aurait pas fait de mal contrairement à l’amant de sa mère, car ils n’ont jamais été marié, lui comme il a été naïf il les a crû quand ils lui le disaient, surtout son beau-père qui lui assurait avoir autorité sur lui. Mais le discours que son beau-frère lui fait est beau, c’est certainement pour l’amadouer, il veut qu’il lui conte tout sans émettre aucun détail. Il est toujours dans le questionnement et ne sait si ses paroles sont celles de la sagesse ou si il lui les dit pour lui laisser croire qu’il n’en tiendra pas compte et du coup il lui tend un piège, si c’est le cas ce serait un véritable guet-apens.

Après un long silence, ou l’inspecteur prépare son carnet de cuir rouge ou il prend ses notes lors de tout interrogatoire, il invite Jules à répondre à ses questions. Il voit bien que le gamin est en proie à des doutes qui le laissent avec un mal être terrible, et, surtout il vient de perdre sa maman, pour un jeune garçon ce doit être dur, mais, lui, en tant qu’officier de justice est chargé de l’affaire et dans ce cas, trouvé des preuves lui permettrait d’arrêter assez vite celui ou ceux qui ont commis ces crimes. Mais là ou tout cela se complique, c’est que Jules sera demain son beau-frère, sa future femme veut qu’il s’en occupe mais en douceur, sans le brusquer. C’est tout un art il va falloir agir avec tact et doigté, être ferme mais tenir compte de sa peine. Le mieux c’est qu’il puisse tout lui dire même si cela n’est pas facile. Il a même peur que le juge lui retire l’enquête, déjà que le père de Paulo a été mis sur la touche, vu son degré de parenté avec Paulo, avec Pierrot qu’il connaît très bien, n’était-il pas tous les deux dans un réseau de Résistance ici à la croix du détour ? Son propre père à Gilles en faisait partis il était radio, et il y avait aussi le vieux Comte. Ce qu’en savait Gilles c’est que fin 1943, un gars du village avait trahis le groupe, les allemands avaient tendu un coup de filet, Pierrot, son père et le brigadier avait échappé à la rafle. Par contre le Comte, sa femme, son fils cadet, le Père de Pierrot et d’autres gars du village avait été pris. Seul le fils du Comte était revenu, il n’avait jamais reparlé. Seul son frère aîné l’attendait, leur petite sœur Marie-Suzanne personne n’avait su ce qu’elle était devenue. 

Il lui faut arrêter de songer à ce qu’il risque de lui arriver si le Juge apprend que Jules sera demain son beau-frère, et surtout tirer un trait sur le passé, mais comme sa future femme et comme le brigadier ils se demandent si le tout ne serait pas lier à une espèce de vengeance. Mais pour l’instant il lui faut poser les bonnes questions à Jules :

–       Viens Jules, nous allons parler tous les deux.

–       Vous ne pouvez pas me laisser tranquille j’ai perdu ma mère cette nuit, je ne sais pas où est mon père, ma sœur m’a grondé comme si j’avais vu je ne sais quoi, je n’ai rien vu.

–       Jules, tu dois tout me dire, je vais te faciliter le travail. En sortant de la ferme de ton beau-père tu t’es dirigé accompagné de Paulo vers le château ?

–       Oui

–       Et, ensuite ? As-tu entendu quelques choses ou vu un homme s’enfuir ?

–       Non, rien.

–       Qu’as-tu fait ?

–       Rien, je n’ai rien fait, Paulo non plus, j’ai juste vu en arrivant qu’il y avait un corps par terre, et à sa jupe longue et surtout à sa couleur, j’ai compris que c’était ma mère.

–       En était tu certain ? Beaucoup de femmes au village portent ce genre de jupe ; Tu t’es approché d’elle ?

–       Oui, mais je n’ai pas supporté ce que je voyais, aussi je me suis enfui et avec Paulo on a entendu un bruit étrange alors on s’est caché dans l’appentis ou le Comte, autrefois rangeait son bois.

–       Et après ?

–       Lorsqu’on a vu que rien ne se passait, on a pensé Paulo et moi que c’était la peur qui nous jouait des tours, mais on s’est endormis, on était tellement fatigué, quand on s’est réveillé c’était le jour qui se levait, aussi on s’est dépêché de rentrer.

–       Tu n’as donc vu personne ?

–       Je n’ai vu Personne !

–       Étrange, Paulo ne m’a pas donné la même version des faits ? Tu es bien certain que tu n’as pas croisé un individu ?

–       Paulo était devant moi à un moment, possible qu’il est vu quelques choses ou quelqu’un que, moi je n’ai pas vu.

–       Bon, si j’ai besoin de toi, je te ferais signe, ou bien si tu as oublié quelques choses tu me le diras, on se verra ce soir.

–       Ça marche !