Dans les Vosges ( La traversée dangereuse)

Au moment où machinalement il abaisse ses jumelles il voit un éclair aveuglant.  Il hésite puis fixe à nouveau son regard vers le chêne qui se trouve en contre-bas du GR. Là, assise à califourchon se trouve une enfant, à moins qu’elle soit plus âgée,  mais il en est certain c’est une toute jeune fille,  qui regarde dans sa direction avec des jumelles. Il se demande si elle l’a vu, car ce qui se passe ensuite va virer au cauchemar, il voit un corps qui s’écrase  inexorablement sur le sol.

Il n’en croit pas ses yeux,  il est certain qu’il n’y est pour rien, c’est impossible qu’à cette distance il est pu causer la moindre défaillance, cette gamine a dû regarder ailleurs et non dans sa direction. Il a beau scruter le sol il ne voit pas grands choses un tas d’arbres lui gêne la vue. Que faire ? Il ne peut pas redescendre en ligne directe car c’est un amas de rochers tous plus ou moins pointus, un éboulis qui ne lui dit rien que vaille. Après tout personne ne peut savoir qu’il a pointé ses lunettes dans cette direction, aussi sans se soucier de cet incident, il continue son chemin. Il n’a pas fait six pas qu’il s’arrête, il ne peut continuer son chemin sans au moins avertir les secours, il pense être à la limite du chemin d’Alsace et de ceux du Jura, ici pas de panneaux indiquant le nom du département, c’est un chemin qui s’enfonce dans la forêt. Tout en râlant sur le sort qui s’acharne sur lui il parvient à récupérer son téléphone et fait le 15 pour appeler les secours, mais hélas ici rien ne passe. Aussi ne sachant que faire et ne pouvant pas rejoindre  le lieu où sous ses yeux s’est déroulé ce drame, il continue son chemin. Puis la journée se passe sans incident notoire, il a juste croisé un randonneur comme lui, mais celui-là redescendait. Aussi profitant de cette rencontre il lui demande ce qu’il ignore, ayant fait la première partie du chemin comme un somnambule ou un boxeur qui est resté dans le cirage et qui en sort après avoir été sonné par son adversaire, il ne sait plus où il est.

  • J’ai dû me perdre. C’est du n’importe quoi, en fait il ne sait quoi lui dire.

Il me répond assez goguenard :

  • J’espère que vous savez que vous faîtes le GR 5 ;
  • Bien entendu,
  • Alors vous allez pouvoir attaquer le Grand Ballon, à votre place vous devriez vous arrêtez car là-haut il tombe une pluie glaciale.
  • A cette époque ?
  • Cela arrive parfois, vous venez de quel coin ?
  • De Ribeauvillé
  • Vous connaissez bien le temps de l’été sur les crêtes, là c’est simplement plus haut. Enfin je vous dis cela car vous me semblez complétement perdu et si vous n’avez pas l’habitude de marcher.
  • Ne vous inquiétez pas pour moi, la randonnée cela me connait, c’est juste que je pensais avoir franchis la frontière.
  • Ah mais nous ne sommes pas en Suisse, vous voulez aller dans le Jura Suisse.

Agacé au plus haut point il laisse cet homme qui commence sérieusement à lui prendre la tête et l monte allègrement le sentier qui mène à cette vue magnifique sur le Grand Ballon, il ne l’aurait pas raté, mais il pensait passer plus sur le bas. Il faut dire qu’il s’est  lancé dans cette aventure sur un coup de tête, demain matin il observerait plus attentivement son topo guide pour ne pas avoir l’air bête qu’il vient de montrer à ce randonneur, au demeurant un tantinet pédant. Enfin le voici au sommet, du Grand Ballon des Vosges qui culmine à 1424 m, c’est là qu’ il aperçoit la station radar qui ressemble à la proue d’un navire, il y a aussi un monument qui commémore le sacrifice des bataillons de chasseurs durant la guerre de 14-18. Il admire la vue qui s’offre à lui, puis amorce la descente, c’est d’abord sur les pistes de ski, la pluie commence à s’arrêter, et lorsque il atteint le sous-bois il ne pleut plus et le soleil revient. Il essaye de trouver un lieu pour dormir, rien n’est plat, tout est bosselé, comme il regrette les pentes herbeuses des Crêtes. Thann la prochaine ville où il doit se ravitailler est encore loin, enfin voici un endroit pas trop dur, il s’installe et dès qu’il est couché, il revoit cette gamine faire une chute terrible. Si elle est morte il vais s’en vouloir mais comment peut-il le savoir ? Il ne pouvait pas retourner en arrière, surtout que le chemin sur lequel cette jeune fille se trouvait il ne l’a pas sur son guide. Au vu du nombre de personnes qui se baladent sur le bas des sentiers, il espère qu’elle sera retrouvé, et puis qui lui dit qu’une femme soit tombée de ce chêne ; allez n’y pensons plus songe-t-il ?

Au petit matin c’est le brouillard qui l’accueille, un réveil humide qui l’agace. Pour son petit déjeuner il a un fond d’eau  et un sachet de café soluble, il fait chauffer l’eau sur son petit réchaud, il trouve aussi quelques biscuits mous et une barre de céréales. Encore 15 kilomètres et il sera  à Thann et là il va bien se ravitailler. Ce n’est que de la descente et il regrette de ne pas avoir pris ses bâtons. Il s’en achètera,  Thann n’est pas une ville perdue.

La première chose qu’il aperçoit ce sont les manchettes des journaux, on dirait que toute la ville ne parle que de ça. Ils ont retrouvé la gamine, en fait elle a tout juste 17 ans, elle jouait avec ses amies et elle a perdu l’équilibre, ses amies ont donné l’alerte. Finalement les grands titres lui ont donné envie d’en savoir davantage et il a acheté ce maudit canard, maudit car ce qu’il y a lu, lui a  laissé une espèce de malaise.

Il est écrit que les jeunes adolescentes ont vu dans la montagne une lumière comme une paire de jumelle, bien entendu qu’elles n’ont pu dire si elles étaient observés, mais lui, il le  sait et c’est de là que lui vient ce mal être. Il ne va pas aller se présenter à la gendarmerie car après tout dans la montagne  il n’est pas le seul à avoir une paire de jumelles. Il a déjà assez de problèmes avec les femmes, si ces gamines font n’importe quoi, ce n’est pas de sa faute. Et, sur ces bonnes paroles il s’enfonce dans les rues de  la ville à la recherche de ses victuailles pour se ravitailler judicieusement, il ne veut manquer de rien, tout de même il doit faire attention au poids de son sac, et là ce n’est pas gagné. Il ne veut pas dépasser les 7 kg, sinon il va être au-dessus de qu’il se sent capable de porter. Voici le magasin de sport qui lui a été indiqué par une petite vieille qui connaissait bien le GR 5 et qui lui a souhaité bonne continuation. Il a trouvé les bâtons qu’il voulait, et maintenant il reprend son périple. Au début j il a du mal avec la synchronisation de la marche et des bâtons mais petit à petit il prend le rythme et s’envole vers le sommet, il pleut, dans les descentes ils soulagent ses genoux, il avait oublié son accident de ski, et les descentes le lui rappellent. Quant au passage délicat il s’aide et il les passe assez facilement, il lui faut arriver avant 18 h à la petite cabane que lui a signalé un randonneur, il marchait dix fois plus vite et il pense pouvoir le retrouver plus haut. Celui-là avait bien une tête de bandit de grand chemin, et, pourtant c’est lui qui a engagé le premier la conversation lors de son arrêt pour la pause-déjeuner. Juste avant d’arriver au Col de Rimbach, il entend un juron et il voit arriver sur lui venir une dizaine de pierres. Il vient juste de s’arrêter et ne pense nullement à cet homme, pourtant il entend distinctement un appel au secours, décidément le voici toujours face à des gens qui ne savent pas ou poser leurs pieds. Il n’est pas le bon samaritain et il n’a pas envie de se détourner de son chemin. Au moment où il arrive en vue de la petite cabane, il voit sur le côté un homme suspendu dans le vide. Il s’arrête car ce n’est pas un mauvais bougre, pose son sac à même le sol et lui tends la main, il est tétanisé par la peur, en dessous de lui c’est le vide, s’il lâche c’est la mort.

  • « Petit à petit il m’affole car il ne fait rien pour essayer de remonter et  je me sens glisser vers lui, si je continue ce n’est pas un homme qui sera fracassé en bas mais deux. Aussi je le regarde et lui demande de faire un effort, mais il me dit qu’il ne sent plus sa jambe et qu’elle doit être cassée. Je lui fais comprendre dans un premier temps que je ne peux pas le soulever, il semble plus grand et surtout il est plus lourd que moi, aussi je prends une décision, certes horrible mais il faut que je sauve ma peau. Je lui lâche la main et l’inconnu bascule dans le vide. »

A suivre

En route (La traversée dangereuse)

Mario c’est le type même qui a un visage ingrat, un regard franc, une tignasse toujours mal peignée, une poignée forte, dure qui vous serre la main voire vous l’écrase, si vous êtes une femme vous préférerez qu’il ait l’idée de vous faire la bise, sinon vos doigts vont être broyés. A côté de ça il a son franc parlé et il faut filer doux devant lui, car il lui arrive de piquer des colères terribles, il vaut mieux faire profil bas que de l’affronter. Il est entrepreneur d’une Société au concept innovant, à partir de palettes en bois, lui et ses collaborateurs comme il les nomme recyclent, fabriquent des maisons révolutionnaires, ensuite ils les livrent  aux clients en kit. Son affaire est florissante, hélas depuis quelques semaines il n’a plus goût au travail, son frère a beau le seconder tant qu’il peut, Mario déprime.

Sa femme est partie avec l’ingénieur en chef, il était marié depuis à peine un an. Il avait consacré toute sa vie à son travail et le mariage pour lui était secondaire, puis au mariage d’un de ses neveux il avait été ébloui par la jeune Maud, la première copine du fils de son frère qui était venue pour faire un scandale. C’est lui qui avait été chargé d’évacuer la jeune demoiselle qui hurlait sa rage devant la mairie de Ribeauvillé, et de fil en aiguille en voulant la consoler, la belle s’était épanchée sur son épaule il lui avait caressé la tête puis déposer sa bouche sur la sienne et depuis c’était une folie de leurs corps.

Il ne se passait pas un instant où la belle débarquait à l’atelier, dès qu’il la voyait son sexe s’enflammait et peu importe le lieu il la prenait et reprenait, tout le monde l’entendait glousser car la mutine avait le verbe haut, ce qui faisait dire au personnel qu’elle aimait bien que l’on sache qu’elle se faisait baiser par son homme. Cette vie faîtes de sexe, d’alcool de fêtes en tout genre auraient pu durer longtemps si Maud n’avait pas rencontré au cours d’une soirée ou la bière coulait à flot, l’ingénieur en chef de la Société « Mario-Pal-Maud », ce dernier avait été autant ensorcelé que son patron quelques mois auparavant. Si au départ les tourtereaux s’étaient cachés, depuis les vacances ils s’affichaient dans le village. Et, rapidement Mario avait eu vent de l’infidélité de sa femme. Le lendemain du jour fatidique Maud avait retrouvé toutes ses affaires sur le trottoir, depuis ils étaient séparés et Mario avait même modifié le nom de sa Société. Maud avait été ôtée, en lieu et place il y avait à nouveau « Mario-palettes », nom commun mais fort connu.

Quinze jours plus tard alors que la belle, filait le parfait amour avec l’ingénieur de sa Société, lui, Mario a remis les clefs de son Entreprise à son frère et il est parti sac au dos vivre autres choses et s’éloigner de son village où les ragots vont bon train. Il va parcourir le GR5 de chez lui jusqu’à la côte après il avisera pour la suite. Il en est certain il vivra quelques choses de passionnant, grand et captivant. Le soleil brille, il fait chaud avec une légère brise, il est sur les crêtes pas loin du Ballon d’Alsace, il dort à la belle étoile, il a toutefois emporté sa toile de tente au cas où la pluie montre son nez. Il rencontre des familles, des vacanciers des randonneurs qui font un bout de chemin avec lui mais devant son mutisme ils le laissent rapidement. Il préfère être seul  mais accepte de cheminer quand cela se produit. Mais à la longue le babil incessant le saoule.

Il connait très bien les chemins de randonnée, il les a plus fait l’hiver en raquettes ou à ski, cela ne le dérange pas de les parcourir désormais à pieds. Les premiers jours il est allé doucement, puis petit à petit il a augmenté les kilomètres, depuis ce matin il a admiré un chevreuil qui a détalé devant lui. Il la suivit, perdu, retrouvé et là il a sortis ses jumelles pour pouvoir l’observer. Il a beau scruté la montagne, il ne voit rien, il a juste remarqué une gamine qui s’apprêtait à monter sur un arbre juste en contrebas du GR, ensuite il l’avait oublié, il avait continué son chemin, puis, à nouveau il s’était  remis en marche et à ce moment il avait reçu un éclat de lumière dans l’œil et depuis il scrutait l’horizon.

La suite vous l’avez vu en haut….

 

A suivre….

 

 

La traversée dangereuse

Tout là-haut dans les branches du chêne centenaire brillaient deux petits points dans le soleil, il fallait toute la dextérité de l’homme qui parcourait le chemin de grande randonnée pour s’en apercevoir. Il faut dire qu’il scrutait les environs avec une paire de jumelles espérant apercevoir à nouveau le jeune chevreuil  qui gambadait dans les rochers de la montagne qui lui faisait face. Au moment où machinalement il abaisse ses jumelles il voit un éclair aveuglant.  Il hésite puis fixe à nouveau son regard vers le chêne qui se trouve en contre-bas du GR. Là, assise à califourchon se trouve une enfant, à moins qu’elle soit plus âgée,  mais il en est certain c’est une toute jeune fille,  qui regarde dans sa direction avec des jumelles. Il se demande si elle l’a vu, car ce qui se passe ensuite va virer au cauchemar, il voit un corps qui s’écrase  inexorablement sur le sol.

 

A suivre si vous le voulez bien…

Epilogue

Quelques heures plus tard, Cathy inquiète de ne pas voir revenir Guillaume monte les marches qui mènent à son ancienne chambre, elle le trouve allongé sur le lit en train de dormir, sur le sol git le fameux cahier à molesquine rouge acheté juste avant la mort de son époux. Elle se souvient du jour où ce dernier était venu dans la chambre de Guillaume et avait noirci des pages et des pages de sa fine et belle écriture. Il ne l’avait pas invité à lire et elle s’était bien gardée de le lui demander. Cathy ramasse le cahier et s’est à ce moment-là que son fils se réveille et l’accueille avec ses mots qui lui réchauffent le cœur :

  • Maman ! Papa était trop fier pour reconnaître ses fautes, il m’aimait, maintenant je vais pouvoir être heureux et recommencer à vivre dans mon village, je pourrais sortir la tête haute.
  • Alors il a pu te le dire, j’en suis heureuse.
  • Ce cahier est un chant d’amour, il a mis dedans tous les instants merveilleux que nous avons partagé, il m’a demandé pardon et m’a pardonné les bêtises que j’ai faîtes étant adolescent. Je ne retiens que l’amour qui transparaît au fil des pages. Il est juste dommage qu’il n’ait pas eu le courage de me faire signe avant de partir à tout jamais. Dans ce cahier il connait tout de moi, je pense qu’il ne t’a rien dit, il savait que j’avais une femme et un fils. Il veut que toi aussi tu lises son cahier ainsi que Clémentine, il ne veut pas que l’un de ses enfants fassent les mêmes erreurs que lui.
  • Ton père était un homme aimant, bon mais intransigeant avec lui-même et avec ses propres enfants, souvent je lui disais ne sois pas si sévère, nos enfants sont aimables, serviables, adorables mais Guillaume est ton portrait, il est bien normal qu’il se heurte à toi. Il l’admettait mais dès le lendemain il recommençait. Le jour où il est mort il me parlait de toi et me disait il aura le temps d’arriver. Alors je t’avoue lui avoir dit que tu arrivais et ainsi ton père est mort en paix avec lui-même.
  • Merci maman, si je l’avais su j’aurais sauté dans le premier avion, combien j’aimerais un retour en arrière, souvent j’ai eu envie moi aussi de vous appeler, mais je suis fier comme lui et lorsque je prends une décision je ne reviens jamais en arrière. Il a fallu ses événements dramatiques vis-à-vis de ma femme et sa famille pour que je vienne me réfugier dans le seul havre de paix que je connaissais.

Pendant que mère et fils parlaient, deux enfants les écoutaient, Rosine et Mathéo inquiet de ne pas voir leur grand-mère était monté au grenier, puis entendant des voix et ne trouvant personne, ils étaient redescendu et écoutaient médusés ce que Guillaume disait. Et c’est Rosine qui les interpelle :

-Mamie, Oncle Guillaume, vous parlez de papy, moi je te connaissais Guillaume et je savais que j’avais un cousin café au lait comme disait papy. Mais c’était un secret entre papy et moi. Il avait même une photo de vous trois.

– En effet Rosine, je l’ai trouvé dans le cahier que votre grand-père m’a laissé, une photo de Mathéo a l’âge de deux ans prises par Pierre, je suppose que c’est lui qui l’avait offert à papa. Je lui en suis reconnaissant, mais toi maman tu ignorais tout ?

– Pierre m’avait dit t’avoir croisé et il m’avait donné une photo mais j’ignorais que ton père en avait une, comme quoi bien que ton père et moi partagions nos joies nos peines on avait un jardin secret.

– Maman, ce n’est pas grave, l’essentiel c’est que je sois là, et si papa s’en est allé en imaginant que j’allais arriver alors je pense que tout est bien qui finis bien. Maintenant il va falloir que nous retrouvions les pierres précieuses que papa avait trouvé dans les poches de l’anorak  de Maxime de la Roche. Il ne les a ni volé ni acheté, elle lui appartenait, c’était un jeune diamantaire qui cherchait à s’établir dans la région, passionné de montagne il profitait de ses jours de repos pour gravir un nombre important de sommets. Papa l’a su par l’intermédiaire du Colonel quand ce dernier est venu et je viens de le lire dans son cahier.

A nouveau Rosine intervient auprès de son oncle, décidément se dit Guillaume cette fillette n’a pas sa langue dans sa poche, et elle était vraiment la confidente de son père.

  • Papy m’en a parlé des pierres précieuses, il a dit je les ai caché, tu diras à Guillaume qu’il suive les cailloux du petit poucet, mais je lui ai demandé ils sont où ces cailloux ?
  • Il te l’a dit ?
  • Oui, mais je n’ai rien compris, ils sont dans le pays féerique qu’aimait ta maman et ton oncle, dis-le à Guillaume il comprendra.
  • Merci ma Rosine, je sais où sont les cailloux mais il va falloir que ce soit l’un de vous ou tous les deux qui alliez les récupérer car je suis bien trop grand et ainsi se fera le passage entre les générations comme dit papa dans son cahier. A la dernière page il fait à nouveau une allusion au monde féerique qu’il a construit dans le grenier, nom que Clémentine donnait au train et à tout ce qui l’entourait, les vraies choses comme le Mont Pourri, les glaciers, les refuges ou la micheline qui comme vous pouvez le voir n’existe pas à Peisey et n’a jamais existé, avec sa gare. Il a aussi représenté les cairns ces monticules de pierres qui sont dans les alpages des Lanchettes.
  • Papa je veux les trouver les cailloux du petit poucet, emmène-moi.

Pour la deuxième fois de la journée, Guillaume et les enfants retournent dans la pièce aménagée en salle de jeux féerique, Cathy cette fois-ci veut assister à la découverte des pierres précieuses. Sous la soupente où ne peuvent tenir debout que les deux enfants et sous la houlette de Guillaume qui a bien observé le plan de son père pour que le jour venu le train puisse être déplacé dans son propre chalet, il guide les deux enfants en jouant à nouveau à chaud froid. Puis il se tait car Mathéo vient de voir un cailloux puis deux jusqu’à arriver au cairn. Le cairn ressemble plus à une maison en pierre levée avec une petite ouverture comme la décrit Rosine. Guillaume demande à Mathéo de glisser sa main à l’intérieur et voici ce qu’il dit en le faisant.

  • Il y a quelques choses de doux comme un nid rempli de duvet, je le prends, c’est un sac noir en velours avec une petite chaîne jaune.
  • En or lui dit Rosine.
  • En or si tu veux, je l’ouvre ?
  • Non, apporte le nous, venez les enfants vous reviendrez jouer mercredi prochain, pour l’instant nous allons rejoindre vos mamans et ouvrir le sac tous ensemble.

Tous se précipitent au ré-de chaussée où ils s’habillent aussi vite qu’ils ont descendu les marches, ils ont hâte de les découvrir les pierres précieuses si bien cachées aux yeux des voleurs. Car il fallait connaître l’histoire du petit poucet version papy pour les découvrir.

A la maison des Lanches il y a du nouveau aussi l’ouverture du petit sac est remise à plus tard, Assia a des contractions, et l’arrivée du bébé est imminente ce qui fait dire à Guillaume que sa femme s’est bien gardée d’affoler sa belle-sœur et que le travail a dû commencer depuis plus longtemps. Pierre qui est aussi médecin dans son peloton de gendarmerie est déjà sur place et le travail a commencé ; Clémentine gronde son frère en lui disant «  mais où étais tu ? Je t’ai envoyé au moins dix texto et appelé je ne sais combien de fois le chalet. Guillaume lui avoue être au grenier depuis plusieurs heures en ayant laissé son téléphone dans la poche de sa veste. Et il ajoute je t’expliquerais, pour l’instant je vais auprès de ma femme. Il s’écoule très peu de temps et soudain les trois enfants entendent pleurer le bébé. Guillaume sort de la chambre et présente à la famille réunie mais surtout à Mathéo une jolie petite fille qui pèse 3 kg 100 et mesure 49 cm et s’appelle Lulit ce qui veut dire Perle en français. Mathéo est ébloui par sa petite sœur mais ajoute, « pourquoi elle a la couleur de la neige ? Ce qui a fait rire petits et grands, et son papa lui explique que tous les enfants naissent blanc qu’il soit Africain ou non. ».

Quelques heures plus tard, il fait nuit et petits et grands sont réunis chez Clémentine, Guillaume a déposé sur la table les 7 pierres précieuses.  L’une d’entre elles attire le regard de tous, c’est une tourmaline bleu-vert, chacune des pierres a une couleur différente une noire une rouge, une belle émeraude, une jaune appelée pierre du soleil, une belle cornaline et une opale. Les grands comme les petits sont émerveillés de découvrir que Guillaume les connait toutes, mais il avoue que c’est le joaillier à qui elles appartenaient qui avait noté leurs noms sur chacune afin qu’elle soit authentifiée comme étant des  pierres précieuses. Tout ce petit monde va dormir, demain il y a l’école et dans deux jours aura lieu le  mariage de Pierre et Xavier.Guillaume attend Bastien qui doit arriver vers minuit, il veut lire le courrier du Colonel et savoir s’il va apprendre de nouvelles choses le concernant.

Ce n’est que le lendemain matin que Guillaume a fait part aux adultes de ce qu’il y avait dans la lettre du Colonel. «  Voilà cette nuit j’ai lu le courrier ou plutôt je devrais dire les dernières volonté du Colonel de la Roche. Il me demande de donner à Abebba l’ensemble des pierres précieuses, libre à elle d’en faire ce qu’elle veut, les vendre, les garder ou les offrir. Certes il sait bien que cela n’enlève en rien son geste, mais au moins ce sera la seule chose qu’il peut lui offrir car il ne possède rien, même son nom est usurpé, il n’a jamais eu de particules, son nom de famille est d’origine Serbe tout comme celui qui a tenté de me tuer en montagne, c’est bien son plus jeune frère. S’il était à la Légion Etrangère c’était le seul endroit où personne ne serait venu le rechercher. Je vous passe sous silence tout qu’ils ont fait au cours de leur vie. Mais son passé un jour l’a rattrapé, en arrivant en poste sur Djibouti il s’est retrouvé face au Commandant Ben qui le connaissait très bien et petit à petit ses mauvais penchants sont revenus au galop et il a glissé inexorablement vers cette pente dangereuse de vices et d’horreur. Lorsque je suis arrivé sur Djibouti, mon nom pas très courant l’a interpellé et il a compris en m’écoutant que j’étais cet homme qui selon ce qu’il en savait avait tué son frère et il n’a eu de cesse que de m’éliminer s’accordant les faveurs du Commandant Ben et de ses hommes de main pour me tendre divers pièges jusqu’au kidnapping de ma femme, mais son but était d’assassiner mon fils pour que je souffre tout autant que lui. Il avait mis une équipe de tueurs sur la tête de mon enfant. Il ignorait que j’avais Bastien et Pierre comme amis. Il termine ses aveux en me disant qu’il n’a pas eu le courage de se tuer la première fois, que sa femme qu’il avait appelé l’en a empêché et c’est la raison pour laquelle la balle s’était logée dans sa colonne vertébrale, il aurait préféré mourir comme je lui l’avais conseillé les armes à la main, et comme il n’a pas eu le courage de demander à sa femme de lui apporter une arme aussi lui a –t-il demandé des barbituriques de façon de s’endormir en lâche.

  • Mais l’interrompt Bastien, son récit il l’a écrit  il y a plus d’une semaine, il a dû l’ajouter après ton départ pour que cela figure sur sa confession.
  • Il est noté dans la marge qu’il a décidé une fois que j’étais partis de se donner la mort en ayant vu dans mon regard aucun pardon, au contraire il a senti que je l’emmènerais vers une prison qui n’aurait rien de doré pour lui.

La semaine est passée à une allure folle, Pierre et Déborah ainsi que Xavier et Abebba se sont mariés dans le village de Peisey-Nancroix en présence de leurs famille, tout le village des Lanches étaient présents, Assia et Guillaume se marieront plus tard ce qui a fait dire à Rosine «  comme ça on fera la fête deux fois. Youpi ! »

Au cou d’Abebba brillait le plus beau des rubis. Elle en a offert un à la petite perle qui vient de naître, c’est une opale. Les autres seraient vendus et l’argent ainsi récupéré servirait pour construire une maison en vue d’ accueillir les enfants  abandonnés nés des viols ainsi que ceux qui avaient eu à subir les prélèvements d’organes de la clique du Colonel. D’ici la semaine prochaine Xavier et sa femme repartaient pour Djibouti, vivre en France c’était impossible pour Abebba et Xavier avait trop de travail sur place pour tout laisser. Quant à Pierre il songe à s’établir comme médecin sur son village, mais il faut que Déborah ait son poste sur Bourg Saint Maurice, il est le commandant, elle devrait avoir sa mutation, en étant marié c’est plus facile, ensuite il fera comme son père, des médecins on en a besoin dans les villages alentours assez reculés. Quant à Guillaume  il monte une petite entreprise d’ébénisterie. Assia prendra un poste sur Bourg Saint Maurice de professeur de mathématiques, ce qui a fait dire à Rosine qui dansait avec son cousin :

  • Tu sais Mathéo pour les math on a besoin que des chiffres, si tu sais les aligner tu as tout juste. Moi quand je serais grande je serais professeur des policiers et je mènerais des enquêtes.
  • C’est le mariage, danse tu feras la policière demain.

 

FIN

Un secret bien gardé (fin)

Le lendemain Guillaume s’envolait pour Paris afin de rencontrer le Colonel, à son arrivée sur Roissy, Bastien l’attendait de manière à ce qu’il puisse rentrer facilement dans l’hôpital,  au moment où Guillaume rentre dans la chambre il aperçoit deux soldats en faction devant la porte. Bastien ouvre la porte et les laisse seuls. Aucun des deux ne se salue et le Colonel passe à l’attaque le premier «  voilà donc l’assassin de mon frère jumeau, vous avez mis du temps pour comprendre ce que je vous voulais. »

  • Assassin, Monsieur c’est un bien grand mot, en montagne on assassine rarement les gens, sauf votre homme de main qui sur votre ordre a voulu m’exécuter, alors avant de m’accuser de quoi que ce soit attendez ma réponse.
  • Ah vous avez une autre version que celle de votre père.
  • Oui, et laissez mon père où il est, il nous a quitté. Il y a maintenant plus de six mois.
  • Je vous écoute, vous avez quoi pour votre défense.
  • C’et mon père qui a provoqué la chute malheureuse de votre jumeau ainsi que la mienne, mais si votre frère n’a pas pu se récupérer, moi j’y suis arrivé, et c’est la raison de la chute mortelle de votre frère.
  • – Chute mortelle vous voulez rire, vous l’avez laissé seul et il est certainement mort de froid.
  • Non, Monsieur, mon père est descendu dans la crevasse voir comment votre frère était, hélas la chute lui avait été fatale il était mort.
  • Pouvez-vous prouver vos dires ?
  • Prouvez, je n’ai rien à vous prouver Monsieur, vous pensez être blanc comme neige et jouez l’accusateur. Ce que vous avez fait est indigne de votre grade. Voire même de la déontologie que j’éprouve vis-à-vis des femmes, avez-vous songé que si d’autres hommes se permettaient de suivre vos traces vos propres filles pourraient vivre à leur tour la même chose.

Le Colonel se tait, Guillaume a l’impression qu’il a touché le père de famille qu’il est, ils ne disent rien pendant quelques minutes, puis c’est à nouveau le Colonel qui se ressaisit et lui assène ces quelques mots :

  • Vous avez la mémoire bien courte mes filles sont mortes, une à la naissance, l’autre de maladie, mais bon je reconnais que j’ai commis une erreur ;
  • Une erreur vous voulez dire je suppose une horreur !

Il y a un grand silence,  on entend seulement le cliquetis d’un chariot que l’on pousse dans le couloir. Le Colonel ne dit mots c’est donc à Guillaume de se lancer et de contre attaquer, il ne veut pas que le Colonel lui fasse porter un chapeau dont les bords seraient trop large pour lui, il est aucunement question qu’il dise que c’est sa faute, il va laisser planer qu’il a la confession de son père entre ses mains, après tout ce n’est qu’une question de jours, il le trouvera bien ce testament.

  • Monsieur, j’ai chez moi et dans un coffre le testament de mon père ou il explique la raison pour laquelle votre frère est décédé et pourquoi il m’a accusé. Je vais le remettre entre les mains d’un avocat et si vous voulez y avoir accès et bien vous passerez par moi et avec l’accord de ce dernier je vous procurerais le document.
  • Monsieur le Consul s’est donnant donnant ;
  • Comment ça ?
  • Vous dîtes au Général que vous avez commis une erreur et que je ne suis pas mêlé à ce trafic et outrages aux femmes.
  • Vous avez oublié la clef USB, en quittant Djibouti j’en ai fait faire plusieurs copies que j’ai données à plusieurs personnes, au cas où il m’arrive quelques choses. De plus le kidnapping de ma femme c’était quoi la raison ? Pour faire pression sur moi.
  • Mon frère avait dans son sac à dos des pierres précieuses, je veux que vous les rendiez à ma famille.
  • Quoi il est venu en montagne avec des pierres précieuses mais je rêve. Comment êtes-vous certain qu’il ne les avait pas laissés à l’hôtel dans le coffre-fort.
  • Pour la bonne raison que j’y suis allé à Peisey Nancroix, j’ai récupéré le sac de mon jumeau, on a jamais retrouvé son corps, votre père m’a dit que seul vous, étiez au courant de l’endroit précis.
  • Vous ne vous êtes pas posé la question pour savoir pourquoi mon père avait son sac à dos ?
  • Non, car j’ai eu une explication, vous étiez en train de faire une pause déjeuner et vos sacs étaient au sol.
  • Je rêve, mon père s’est moqué de moi mais aussi de vous. Où êtes-vous monté ? A quel endroit mon père as-t-il dit que l’accident avait eu lieu ?
  • Je ne m’en souviens pas exactement mais mon aide de camp m’a dit qu’il avait vu les deux chalets du refuge proche du glacier.
  • Et bien là où vous êtes allés ce n’est pas là que l’accident a eu lieu c’est sur la descente vers les Arcs alors que vous, tout néophyte que vous êtes mon père vous a conduit en été à un endroit où il vous était impossible de comprendre comment le terrain est au moment des premières neiges, c’est juste un chemin situé sur un couloir d’avalanche, or ce n’est pas une avalanche qui a entraîné la mort de votre jumeau c’est une plaque de glace où mon père a malencontreusement posé le pieds dessus et tout a basculé, glace, neige, mon père, votre frère et moi. Après ce n’est qu’une question de chance, et mon père est descendu dans la crevasse il a remonté le sac et la montre de votre frère. Lui, il est toujours là-haut pris dans la glace.
  • Guillaume je vous crois, mais pourquoi votre père m’a dit que vous étiez le seul coupable.
  • Mon père était en fin de carrière et il était bien trop fier pour avouer que c’était lui qui avait commis cette erreur, car ce n’est nullement une faute mais une erreur d’appréciation. Je ne pense pas que son supérieur ait pu lui en tenir rigueur. J’espère qu’il est mort en paix avec lui-même. Et vous mon Colonel vous allez assumer de quelles manières ?
  • Je suis mis à la retraite et si vous me poursuivez et bien j’accepterais mon sort.
  • Est-ce vous qui avez mis le sarin dans mon grenier ?
  • Non c’est le Commandant Ben, je ne suis coupable que d’avoir filmé les ébats non consentis des jeunes filles qui nous étaient confiés, et, en particulier d’avoir violé votre future belle-sœur, pour cela je comparaîtrais devant mes juges. Et, aussi d’avoir voulu vous faire payer la mort accidentelle de mon jumeau.
  • Adieu mon Colonel !
  • Et les diamants ?
  • J’ignore où ils sont, si je les retrouve je vous le dirais, mais par contre je ne sais pas s’ils appartiennent à votre famille ou s’ils ont été volés.

Quand Guillaume alors qu’il marchait vers la porte se retourne il voit que le Colonel ne dit plus un mot, il a les yeux perdus dans le vague et fixe un point que seul lui doit connaître. Quelques heures plus tard, alors que Guillaume sera dans l’avion il recevra un texto de Bastien l’informant que le Colonel a mis fin à ses jours avec des barbituriques apportées par sa femme, et qu’il ne s’est point raté. Il a laissé un mot pour le Consul de Djibouti, il a le courrier et il le lui apportera dès qu’il arrivera pour le mariage. Finalement, Guillaume pense qu’il n’a pas su la raison pour laquelle il ne s’était pas tué la première fois. Il espère que la lettre lui donnera toutes les explications qui lui manquent. Enfin en regardant par le hublot il voit ses montagnes, il rentre chez lui. Le procès n’aura peut-être jamais lieu faute d’accusés. Mais maintenant il lui faut retrouver le testament de son père pour que sa mère puisse reprendre le cours de sa vie. Et, si en plus il mettait la main sur ses fameuses pierres. il aviserait pour en connaître la provenance et verrait ce qu’il en ferait.

En remontant sur Peisey il fait le rapprochement entre la phrase de son père et les pierres précieuses, voilà ce que tout cela voulait dire, les pierres de Max. Elles seraient cachés dans la montagne et plus précisément vers les « cairns » mais lequel ? Il n’est pas possible de tout démonter pierres par pierres, de plus un sac de pierres précieuses ce n’est pas si gros. Donc il lui faut le testament, aussi après avoir téléphoné à sa femme, il se rend au chalet de sa sœur pour discuter avec sa nièce. Pierre a peut-être raison. Rosine était en adoration de son grand-père, elle le suivait de partout, buvait ses paroles, alors pourquoi son père ne lui aurait pas donné son testament où tout au moins en faisant un grand jeu il a pu lui confier son secret. Mais il ne peut de but en blanc la questionnée, il faut qu’il en parle à Clémentine. Et à eux deux ils verront comment procéder. Mais il doit aller voir sa mère avant de monter aux Lanches, d’une part pour l’informer des derniers événements et aussi pour lui parler des pierres précieuses ; il est possible que son père les ai offerte à sa mère montées sur un beau collier, quoique ce n’est pas le style de sa mère, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures, il lui faut prendre tout ce qui lui arrive dans l’ordre, le testament et à partir de là il aura des éléments et si cela se trouve il aura la clef de l’énigme. Son père aura certainement noté en marge ou en codicille le lieu où se trouve le sac de pierres précieuses. Tout en descendant au chalet familial Guillaume est de plus en plus persuadé que les cairns et les pierres sont liés. Le Colonel lui a dit qu’il y avait 7 pierres, les cairns sont au nombre de 7, et son père est né en juillet, encore le chiffre sept et il se souvient qu’enfant il lui parlait des 7 merveilles du monde et des 7 plaies d’Egypte. Tout tourne autour de ce chiffre, est-ce une coïncidence, non car le petit poucet avait 6 frères .Décidément c’est bien ce chiffre la clef. Il n’a pas besoin de monter, il trouve sa mère en compagnie de celle de Pierre, elles se retrouvent pour finir de préparer la cérémonie de mariage de leurs deux enfants, mais là aussi tout est secret et Guillaume ne leur posera pas de questions, par contre il est bien obligé d’éloigner sa mère des préparatifs.

  • Odile, pardonnez-moi, mais je vous enlève ma mère, j’ai un renseignement assez important à lui demander, tranquillisez-vous je ne vais pas la faire parler du mariage.
  • Guillaume je ne me fais aucun souci vous êtes comme mon Pierre un gentleman.

Les deux femmes se quittent et tout en cheminant vers la demeure familiale, Guillaume informe sa mère des derniers événements, quand il lui parle des pierres précieuses, sa mère pose sa main sur le bras de son fils et lui dit «  tu crois qu’il est bon de remuer le passé, si le colonel est mort à qui donneras-tu les pierres si par hasard tu arrives à y mettre la main dessus »

  • Je ferais des recherches mais il semblerait qu’il y ait deux autres enfants, un frère et une sœur de Maxime de la Roche. Et puis les deux fils du Colonel ne sont en rien fautifs de ces horreurs. Quant à leur mère j’ignore si on va la juger. L’enquête n’est pas terminée, elle a lieu simultanément en France et à Djibouti, mais le seul en France qui aurait dû porter le chapeau vient de se suicider. Quant à sa femme elle va devoir se justifier auprès des autorités car c’est elle qui a apporté les barbituriques à son mari et heureusement qu’elle a été vue car je pense que j’aurai pu porter le chapeau. Et, Bastien se demande si ce n’était pas l’intention du Colonel.
  • Oh mon petit tu as échappé à un nouveau drame.
  • Maman ce ne sont que des suppositions, mais au vu de l’autopsie il a pris les médicaments dans les minutes qui ont suivis mon départ. Maintenant est-ce que papa t’as confié quelques choses concernant son testament ?
  • Il m’a dit j’ai fait un testament, seul Guillaume pourra le trouver. Qu’il oublie mes égarements et qu’il se souvienne du papa que j’étais. Surtout j’espère qu’il me pardonnera.
  • Les mystères s’ajoutent aux mystères, décidément papa a toujours aimé jouer à l’agent secret, un souvenir de sa jeunesse quand il faisait le baroud avec ses copains de régiment.
  • Tu sais ton père m’a souvent tenu loin de ce qu’il faisait c’est certainement la raison pour laquelle je suis devenue cette romancière écrivant des polars.
  • Tu écriras notre histoire en changeant les noms.
  • Effectivement il y a de quoi raconter, alors que vas-tu faire pour trouver ce testament ?
  • Je vais chez Clémentine pour discuter avec Rosine.
  • On voit que tu es un peu à côté de tout, elle est à l’école, nous sommes mercredi mais cet après-midi elle n’a pas danse, ta sœur a annulée quand elle a vu le temps qu’il faisait.
  • Raison de plus pour y aller, je veux en discuter avec Clémentine, si la petite lui a fait des confidences elle va pouvoir m’aider à chercher.
  • Bonne chance mon chéri.

Guillaume trouve que sa mère avait un air de tout savoir, il rejoint sa voiture et monte aux Lanches afin de discuter avec sa sœur des derniers événements, il espère pouvoir comprendre. Clémentine est toute heureuse de voir arriver son grand-frère, il discute à bâtons rompus du mariage, puis de ce qu’il a fait sur Paris, la mort du Colonel lui laisse un arrière-goût amer, mais comprend que vivre dans un fauteuil roulant après avoir fait les cent coups et surtout se voir confronter à ses pairs et répondre d’accusation de viols, peu affronte la justice, sauf ceux qui ont des remords et acceptent de payer pour leur faute, ce ne devait pas être le concepts du Colonel. Pauvres enfants, si la mère est condamnée ils seront placés, elle espère qu’une famille pourra s’occuper d’eux. Puis tous deux essayent de rattraper les vingt années où ils n’ont pas vécu ensemble. Assia arrive à midi quinze après avoir récupéré au bus les trois enfants. L’absence de Bastien se fait ressentir surtout auprès du petit Noa, son père lui manque, quand à Katleen c’est une magnifique enfant qui sait charmer son oncle. Mathéo raconte un épisode de la matinée à l’école de Peisey. Il est fier d’avoir montré sur la mappemonde à l’ensemble de l’école où se situait Djibouti. « La prochaine fois, Papa tu me donneras des photos je leur ferais voir comme c’est beau l’Afrique, mais Rosine l’interrompt en lui disant :

  • Moins que le Mont Pourri et le Mont Blanc, la mer c’est plat, ici c’est toujours plus haut, il y a des montagnes qui grattent le ciel, les couleurs changent, le matin tu as du rose, et le soir c’est parfois violet ou rouge carmin, tantôt jaune ou pourpre, la mer c’est uniforme.
  • Papa, nous lui montrerons les dunes de sable qui changent de forme sous le vent, qui ressemblent à des fantômes la nuit et qui le lendemain ressemble à des bédouins marchant dans le désert.

Au moment où Rosine vexée va lui rétorquer que la montagne est encore plus belle, Guillaume les interrompt et demande à Rosine si elle n’a pas un colis pour lui. La petite fille ouvre des grands yeux et lui demande si « c’est un colis qui est arrivé par la poste ou si elle doit l’avoir parce qu’une personne lui l’a remis. » Guillaume lui répond «  tu dois l’avoir et je pense même que c’est ton grand-père qui te l’a confié. » La petite fille se tortille dans tous les sens et lui dit : oui j’ai un colis mais grand-père m’a dit que si Guillaume son fils revenait je devrais lui faire deviner l’endroit où il l’a caché. Mais il m’a dit il faut qu’il revienne avant qu’il se soit écoulé un an après que je sois partis pour toujours. »

  • Dans ce cas qui devrait le chercher ?
  • Mamie !
  • Tu es certaine de ce que tu dis ?
  • Je dis la vérité Guillaume.
  • Bien, je te crois, mais pourquoi maman ne m’a rien dit demande-t-il à sa sœur ?
  • – Tu connais Maman elle nous a toujours appris à nous débrouilleur seuls alors dans ce cas, elle veut qu’il en soit de même.
  • Mais ce testament il est surtout pour elle.

C’est à ce moment que Rosine interrompt le frère et la sœur, «  ce n’est pas un testament c’est un cahier, papy m’a dit c’est ma confession » mais il n’a pas voulu me dire ce que cela voulait dire. »

  • Alors avant la fin de la journée je dois avoir mis la main dessus, on va procéder comme pour un grand jeu, tu as déjà joué à froid ou chaud ?
  • Oui ! Plus on se rapproche de l’endroit où l’objet est caché plus on dit que tu as chaud. Si on s’en éloigne on dit que l’on a froid. Si tu veux jouer à ce jeu je peux te dire qu’ici c’est le Pôle Nord voire l’Antarctique.
  • D’accord Rosine, nous allons descendre en voiture chez Mamie est-ce que je me rapproche ?
  • On y va je te dirais au fur et à mesure ;
  • Attention lui dit Clémentine, tu es bien certaine de savoir où grand-père a caché ce cahier.
  • Non, je ne sais pas la cachette exacte mais papy m’a dit que Guillaume comprendrait très vite une fois qu’il serait au bon endroit.
  • T’inquiètes Clémentine, je sais où se trouve la cachette de papa. Nous y allons. C’est à ce moment-là que Mathéo intervient pour lui demander de les accompagner. Son papa lui dit que si Rosine est d’accord, lui il veut bien. Mamie est dans son petit salon elle écrit, elle ne parait nullement surprise en voyant arriver les deux enfants suivis de son fils Guillaume. Mathéo lance à qui veut l’entendre : Mamie nous allons jouer à froid et chaud. Mamie Cathy souri, elle comprend rapidement que la découverte du cahier se fera rapidement, c’était le jeu préféré de ses propres enfants, et Guillaume a toujours été le gagnant. Ils s’éloignent et elle les entend monter dans le grenier. Elle les aurait bien suivis, mais elle préfère que Guillaume soit seul avec les petits, ce sera comme une suite, un passage pour leur famille et ils garderont le secret jusqu’à ce qu’à son tour elle mette son propre testament dans le lieu choisi par son mari. Mais revenons dans le grenier où Guillaume joue à faire languir les enfants, s’il avait voulu il serait allé directement dans la salle au train et dans la petite gare qui s’éclaire le soir quand le train tourne il aurait découvert une clef qui lui permettrait d’ouvrir le coffre au trésor que son père avait caché lorsqu’il avait construit le chalet ; ce qui du reste pensait refaire Guillaume dans son propre chalet, mais il en n’était pas encore là.
  • Au bout d’une heure de jeu, Mathéo veut aller voir sa maman, aussi Guillaume se rapproche assez rapidement de la salle où se trouve le train, il sait que Mathéo sera ébloui par cette gare miniature, il n’aura plus envie de s’en aller en la voyant. Quand Guillaume entend tu brûles mais tu n’es pas au bord du volcan il se hisse sur la pointe des pieds et décroche la clef de la porte de la soupente du grenier. Et là devant les yeux émerveillés des deux enfants leur apparaît comme surgit de nulle part le train que le père de Guillaume a mis toute une vie à réaliser. Guillaume met en marche le train et dans la pièce apparait le Mont Pourri, les cascades environnantes, les chalets de Peisey et la micheline qui serpente dans la montagne et qui se cache en passant sous les tunnels réalisés par son père. C’était une merveille songe Guillaume c’est devenu un chef d’œuvre. Etant trop grand il va demander à Rosine de passer sa main dans la petite gare qui est allumée et de lui donner la clef qu’elle va y trouver. Elle s’empresse de le faire et comprend que le jeu s’arrête là, car ils sont dans la pièce que son grand-père lui avait montré, mais elle ne l’avait jamais ouverte attendant que son oncle puisse le faire dès qu’il serait de retour.
  • Rosine, j’ai une question, pourquoi avoir attendu quatre mois avant de m’en parler et encore c’est moi qui te l’aie demandé ?
  • Je voulais que ce soit Mamie qui le trouve ; je te connaissais pas encore, puis quand j’ai vu mamie et maman tellement contente je pensais te le dire, puis papa m’a interdit de me mêler des affaires des grands, alors je ne savais plus quoi faire.
  • Ce n’est pas grave ma puce, rejoint avec Mathéo ta grand-mère j’ai besoin d’être seul.
  • Papa on pourra revenir jouer avec le train de Papy,
  • Mathéo c’est mon train, vous reviendrez jouer mais pas aujourd’hui. Maintenant descendez tous les deux, le secret de papy doit rester un secret même pour vous deux. Un jour vous saurez.

Guillaume se dirige vers le fond du grenier, passe par la porte où se trouve la cuisine de Clémentine, que Rosine doit déjà connaître, il pousse une seconde porte et se trouve dans le bric-à-brac de son enfance. Ici  son vélo bleu, ailleurs le coffre aux déguisements, il le pousse et fait apparaître une porte dans le mur, il introduit la clef et se trouve face à un coffre-fort, celle-là il ne l’avait pas imaginé. Quel va en être le code? Il lui faut réfléchir. Qu’est-ce que son père a pu mettre. Il essaye la date de naissance de son père, de sa mère, la sienne, celle de sa sœur. Rien, il n’y arrive pas, il lui faut comprendre son père et brutalement il sait. Il lui faut mettre la date de l’accident sur le Mont Pourri, en effet le déclic se fait entendre la porte du coffre s’ouvre, à l’intérieur une enveloppe kraft sur lequel il est noté ceci est mon testament à n’ouvrir qu’en présence de ma famille élargie, celle de Guillaume ainsi que celle de Clémentine. A côté il y a un cahier d’écolier, dessus il est noté pour Guillaume, puis il y a une montre en or, c’est celle de son arrière-grand-père qui s’est transmise de père en fils, le testament lui dira si elle lui revient ou non. Il y a aussi son arme de service, Guillaume referme le coffre, laisse l’arme et la montre et attends que le notaire procède à l’ouverture du testament comme cela doit se faire, alors il sera toujours temps de venir à nouveau ici et de remettre la montre à celui que son père aura désigné. Quant à lui il emporte le testament et le cahier. En bas il trouve les enfants devant un bol de chocolat et il entend sa mère leur raconter une histoire, curieusement c’est la version modifiée que son père leur racontait sur le petit poucet, étrange, sa mère en sait-elle plus qu’elle a  bien voulu lui dire. Sans faire aucun bruit il se dirige vers son ancienne chambre et s’allonge sur son lit et ouvre le cahier de son père.

Demain l’épilogue….Alors à suivre…..