Une ombre dans l’escalier (4)

Elle frissonne, parce qu’elle a déjà vu ce gros bouton. Elle l’a vu sur un être minuscule. Shana ne sait plus où c’était. Elle ne se souvient pas du lieu, mais le bébé gisait inerte sur une couverture. Une jolie petite fille. Elle avait au bas de sa nuque ce grain de beauté ou quelque chose qui y ressemblait car cela lui paraît gros aujourd’hui sur l’enfant. Celui qui en possède un c’est l’homme qui lui fait peur, elle a toujours l’impression qu’il l’observe. L’été dernier il était en maillot de corps, un Marcel lui a dit sa voisine qui montait les escaliers en même tant qu’elle. Elle avait vu dans son cou un bouton énorme , sa voisine lui avait dit qu’elle n’aimait pas cette excroissance de chair sur son cou. Shana s’en fichait mais maintenant elle se posait beaucoup de questions. Mais elle garde ça pour elle, pour l’instant.

Myriam s’installe au bord du lit, sort son téléphone, compose un numéro qu’elle semble connaître par cœur. Shana, debout près de la lucarne, serre ses bras contre elle. Elle n’a pas froid, elle est juste vide, complètement vidée.

— Alain ? C’est moi. J’ai besoin de toi pour une urgence néonatale. Non, pas à l’hôpital. Oui, c’est confidentiel.

Elle parle vite mais sans panique. C’est une femme de dossiers, de décisions. Puis elle raccroche et se tourne vers Shana et lui dit :

— Il arrive. Il habite à dix minutes d’ici. Il ne posera pas de questions inutiles.

Elle se lève, observe le bébé une dernière fois, puis se tourne vers Shana.

— Il faut du lait. Et vite. Il n’a probablement rien avalé depuis sa naissance.

Elle ouvre son sac, en sort un portefeuille prends un billet de cinquante, le glisse dans une pochette médicale

— Il y a une pharmacie de garde à République. Je file. Ne laisse entrer personne. Si quelqu’un frappe, tu ne réponds pas.

— Même pas lui ?

Lui glisse Shana, sans même s’en rendre compte. Myriam se fige.

— Qui ?

Shana secoue la tête. Trop tard. C’est sorti.

— Personne. Un homme que je croise parfois dans l’escalier. Je crois qu’il vit ici.

Myriam fronce les sourcils, sans insister.

— Si tu sens quoi que ce soit d’étrange… tu m’appelles. Promis ?

Shana acquiesce, le bébé blotti contre elle, ses petits doigts agrippés au tissu de son t-shirt. Myriam sort, laissant un souffle d’air tiède dans le couloir. Dès que la porte se referme, le silence retombe. Mais…Pas tout-à-fait… Un pas dans l’escalier, les marches craquent.

Quelqu’un monte l’escalier. Un pas lourd rythmé par une canne

A suivre…

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Une ombre dans l’escalier 3

Elle ôte de son cou son écharpe,et l’enveloppe dedans d’un geste maladroit mais instinctif. Il est glacé. Il ne pleure pas. Le cordon autour de son cou l’oppresse encore. Les mains tremblantes, Shana le dégage doucement, tâchant de ne pas paniquer. Elle sent sa respiration faible, mais présente.

Elle serre le bébé contre sa poitrine, une chaleur presque animale l’envahit, mêlée d’effroi. Ses jambes dévorent les marches, oubliant la fatigue. Sa voisine ouvre sa porte, intriguée par les pas précipités. Shana baisse les yeux. Elle n’existe pas. Elle se fond dans le décor.

Arrivée au septième, elle claque la porte derrière elle, pose le bébé sur son lit. Sa chambre est minuscule, à peine dix mètres carrés, mais elle y trouve un peu de coton, de l’eau tiède, des serviettes. Elle a vu une vidéo un jour sur YouTube. « Bien dégager les voies respiratoires,le réchauffer. Elle lui parle doucement.

Elle lui murmure des mots comme une maman :« Tu es là, tu es fort, reste avec moi. Respire. Je ne suis pas ta maman mais je t’aimes déjà énormément»

Soudain, il pousse un cri. Il est encore faible, rauque. Mais c’est un cri. Il vit et il se fait entendre. Et ce pleur de bébé lui en rappelle un autre. Et là, elle pleure aussi silencieusement.

Il lui faut des soins à ce bébé, mais c’est impossible pour elle de l’emmener dans une maternité. Elle ne veut pas à nouveau l’abandonner, puis si elle se présente avec l’enfant, ne va-t-on pas la prendre pour une voleuse.Elle ne peut pas leur dire je suis Shana, je n’ai pas de papiers. Si elle appelle les secours, on lui prendra le bébé et on l’expulsera peut-être.

Mais elle ne peut pas rester là non plus avec ce bébé, il va avoir faim.Alors elle pense, elle se souvient de la dame : Myriam, c’est une femme qui vient parfois au café. C’est une avocate, toujours gentille avec elle, avec des yeux qui voient au-delà des situations.Elle lui a laissé sa carte un jour, « au cas où » lui a-t-elle dit. Le voilà ce jour elle a besoin d’elle.

Shana attrape son vieux téléphone à écran fêlé. Compose le numéro d’une main, l’autre serrant le nourrisson contre elle. Il respire mieux. Juste un peu.

— « Allô ? »

— « Madame Myriam ? C’est Shana. Je… Je crois que j’ai trouvé un bébé. Il était dans une poubelle. Je… Je suis toute seule. Aidez-moi.

»Un silence au bout du fil. Puis une voix posée, rapide, urgente.

— « Ne bouge pas. Donne-moi ton adresse. J’arrive. »

Il ne faut que vingt minutes à Myriam pour prendre sa voiture et grimper les sept étages. Elle est en tailleur, essoufflée, le regard fou de tension. Elle n’a jamais vu Shana autrement qu’en tablier, courbée derrière un comptoir. Là, dans la pénombre, une jeune femme debout, un bébé grelottant dans les bras, l’attend comme si sa vie entière en dépendait.

— « Laisse-moi voir. »Elle s’approche sans poser de question, sort un téléphone, prend des photos rapides. Puis elle enveloppe le bébé dans une couverture qu’elle sort de son sac. Elle a prévu. Elle a compris avant même d’arriver.

— Il est vivant. Il a froid, mais il est vivant. Tu as fait ce qu’il fallait.

Shana ne répond pas. Elle fixe Myriam, puis baisse les yeux. Le bébé est calme maintenant, ses petits poings crispés autour du tissu.

— Qu’est-ce qu’on va faire ? demande-t-elle, presque inaudible.

Myriam la regarde longuement, comme si elle pesait tout ce que cette question implique, la loi, le danger, la peur.

— On ne peut pas appeler les services comme ça. Tu as raison de m’avoir contactée. On va d’abord le mettre en sécurité, et ensuite on décidera. Je connais un pédiatre discret.

Elle hésite. Puis ajoute, plus doucement

— Tu es en danger, Shana. Tu le sais. Mais tu n’es plus seule. D’accord ?

Shana hoche la tête, le regard ailleurs. Quelque chose cloche. Elle ne sait pas quoi.Puis, quand Myriam s’affaire à vérifier la respiration du bébé, Shana aperçoit un détail qu’elle n’avait pas remarqué avant : une petite marque, un grain de beauté presque invisible, juste au creux de l’oreille du bébé.

A suivre…

Copyright Juin 2025

Une ombre dans l’escalier (2)

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Une ombre dans l’escalier.

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Une ombre sur le Causse.

Le commanditaire ( fin)

Je suis immediatement averti par les hommes qu’il y a eu du grabuge. Un homme est en train de mourir, carotide lacérée, un assassinat silencieux s’est joué dans le buron au moment de l’assaut.

Je m’en veux, j’aurais dû prévenir mes hommes, celui qui git au sol aurait pu être sauvé. Les pompiers essaient de le maintenir en vie. Je ne sais s’ils vont y arriver, nous en saurons plus dans les heures à venir. La sirène des pompiers me semblent plus lugubre que d’habitude.

A part cet homme il y a un joli magot, Martin s’est propose de le mettre à l’abri dans sa gendarmerie, mes hommes et moi-même lui avons dit d’en faire bon usage.

A cet instant j’ai vu le clin d’oeil de Bart tout est en place nous allons ferrer du lourd. L’homme qui terrorisait un village entier est sur le point de tomber dans nos filets.

_ C’est le moment va libérer Oural, fais lui sentir le chiffon imbibé du produit. Ensuite nous attendrons le dénouement qui ne saurait tarder. Il a dû foncer tête baissée dans le piège. Julie nous dit que c’est bien son père eh oense que c’est son frère qui lui a fait ça pour qu’il se taise à tout jamais. Elle a peut pour elle, certaine qu’il ne va pas se sauver mais revenir terminer le travail. Elle en profite pour nous demander comment va Yves.

C’est Hervé qui lui répond :

_ Vous l’aimez bien ce gamin Mademoiselle Julie.

La demoiselle devient rouge comme une pivoine et elle secoue la tête sans prononcer un seul mot. Mais cela veut dire oui.

_ Un jour vous lui conterez fleurette, il’va s’en sortir. Sinon vous avez bien compris la justice ne vous en tiendra pas rigueur vous étiez sous l’emprise de ce sale bonhomme.

_ Oui j’ai compris, et mon père avez-vous de ses nouvelles ?

_ Non mais je vous promet que dès que j’en ai vous serez la première à le savoir.

_ Merci !

Bien entendu que nous ne lui avons pas donné l’étendue de ces blessures, nous préférons attendre le résultat des investigations des médecins.

Julie semble comprendre et ne nous pose plus de questions, soudain un coup de feu retenti, pourvu qu’il n’est pas tiré sur Oural. Mais mon chien émet une longue plainte on dirait le cri d’un loup. Ces instincts primaires lui reviennent lorsqu’il bloque un individu recherche. Avons-nous misé sur le vrai commanditaire ? De suite nous partons en courant vers le buron des bois, c’est de là que les aboiements se font de plus en plus fort. Bingo notre gros bonnet est allongé sur le sol, maintenu au sol par Oural. A ses côtés la valise de billet de banque c’est renversée.

_ Martin tu es fait comme un rat

Capitaine dites à Oural de me lâcher, il a mis ses crocs dans ma jambe.

_ Vous n’en connaissez pas la raison

_ Je transportait les quatre valises d’argent dans ma voiture lorsqu’Oural m’a jeté au sol.

_ Si j’ouvre les valises je ne trouve que de l’argent

_ Capitaine vous m’accusez de quoi au juste.

_ Vous êtes le commanditaire de cette affaire et pour vous le prouvez je vais procéder à l’ouverture des quatre valises, que pensez-vous que je vais y trouver dedans ?

_ Des billets de banque !

_ Assez tergiversé, Barthelemy ouvrez- moi ces valises, moi je parie pour trois valises de drogue de synthèse et une d’argent. Vous pariez combien Martin.

Mais Martin commence à comprendre qu’il est dans de beaux draps, surtout lorsque je lui met sous le nez l’odeur des billets de banque.

_ L’argent n’a pas d’odeur ais dans cette affaire nous vous avons piègé et vous êtes tombé tête première dans notre guet-apens. Pourquoi avez-vous frappé votre sœur ? Pourquoi avoir donné une dose de trop au jeune Yves Morin, et tentez de tuer votre père ? Avez-vous une explication car je ne comprends pas qu’un homme comme vous aux Etats de service irréprochable vous soyez tombé si bas. J’attends une explication.

_ Je n’ai pas le même père que Julie, mon père c’était le fils de la conteuse Rose. Un soir de décembre j’ai vu s’enfuir ma demi soeur et Yves. Il.couraitbcomme s’ils avaient le diable à leur trousse. Sous le coup je n’ai rien vu d’extraordinaire. Puis en s’avançant j’ai découvert ma grand-mère, ils venaient de la tuer. Aussi j’ai décidé de la venger.

Fin

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