Le grand retour/6

Après une nuit peuplée de cauchemars où elle voyait Sergueï la bouche recouverte d’un bâillon et ses yeux qui exprimaient une terreur indescriptible elle a réussi à se préparer afin de se rendre au commissariat de police.

Le policier à son service lui a proposé de distraire son fils en attendant son retour. Elle a fait une déposition pour coup et blessure. Elle reconnaît aisément l’homme de l’ascenseur. Mais elle ne l’a jamais vu ni chez Raymond ni en compagnie de son homme, mais il est vrai que Tonio n’a jamais invité qui que ce soit chez eux. Ils vivaient en autarcie.

Il sera présenté en comparution immédiate et ira directement en prison car il est connu des services de police pour extorsion de fond, menaces, vol à l’étalage et dernièrement vendeur de drogue. Il est sorti de prison un mois plus tôt.Comme l’ homme a été arrêté l’inspectrice lève la mesure de surveillance sur Madame Lucile Thizou. Elle est libre de se déplacer mais elle aura la visite des services sociaux pour voir avec elle qui peut s’occuper de son petit garçon pendant qu’elle ira travailler la nuit.

Est-ce que je peux rejoindre mon domicile

Non, pas encore, nous avons un souci ?

Lequel ?

Votre compagnon a été poussé de cela nous en sommes certains. Par contre la porte était fermée. Les clefs étaient à l’intérieur. Si votre petit garçon nous racontait ce qu’il s’est passé on pourrait peut-être, je dis peut-être car un enfant de trois ans ne pourra pas nous donner des détails.

Oui bien sûr, si j’arrive à le faire parler je vous avertirais. Par contre je ne sais pas si j’ai envie de regagner mon troisième étage car mon Tonio m’aidait lorsque je montais avec mon enfant, seule je ne peux pas le faire.

Et vous iriez où ?

Je vais chercher

Tenez-nous au courant, en attendant vous pouvez rester à l’hôtel, toutefois vous pouvez aller à votre appartement récupérés vos effets et ceux du petit car je me doute que vous êtes parti dans la précipitation.

C’est accompagnée du jeune gardien de la paix qui était en surveillance à l’hôtel lors de son agression qu’elle s’est rendue à son appartement et d’une jeune femme stagiaire qui, elle va s’occuper de son petit garçon.

Lucile a une idée en tête, certes elle doit récupérer des joujoux, des vêtements, couvertures pour son enfant, ainsi que pour elle. Mais elle doit retrouver la carte bancaire d’un compte ouvert par Tonio en vue d’acheter un appartement. On lui a rendu les papiers de Tonio. Quelques euros qui ne l’emmène pas loin. Sa carte bancaire n’y était pas. Elle était forcément dans le bureau qu’il s’était installé dans le petit réduit qui aurait dû leur servir de dressing.

Le policier lui a proposé de descendre ce qu’elle avait préparé, aussi pendant ce temps elle profite de son absence pour faire une fouille minutieuse. Mais elle a beau chercher elle ne trouve rien. Les flics ont dû la trouver comment va-t-elle pouvoir faire pour la récupérer ? Elle a bien une procuration mais sans la carte ni le code elle ne peut pas se rendre à un guichet.

Elle ne doit pas s’affoler mais réfléchir calmement. Elle se revoit discutant avec Tonio et tout à coup elle se souvient. Sa carte il l’avait caché dans le plancher sous une latte qu’il avait trouvé. Lulu s’était étonnée de pareilles précautions mais il n’avait jamais voulu la mettre ailleurs. Vite, elle retourne dans sa chambre, passe la main sous le lit et retrouve la latte qui n’est plus soulevée. Dans sa trousse de maquillage elle prend une lime à ongles en acier et délicatement la passe dans une rainure.

Mais c’est à ce moment que le policier revient, il tape à sa porte et lui demande :

Puis-je prendre vos valises ?

Un moment s’il vous plaît je me change.

Oui, j’attends, prenez votre temps.

Ouf ! Elle s’en est bien tirée.

Dans la cavité elle trouve un objet froid, c’est une arme, vraiment Tonio lui cachait énormément de choses. Puis un paquet de lettres toutes adressés à elle. Elle tremble comme une feuille en voyant d’où ces lettres proviennent. Il faut qu’elle se calme, elle met dans sa valise ouverte pêle-mêle tout ce qu’elle trouve sans vraiment regardé.

Pour l’arme elle hésite, mais la met dans un sac et la glisse sous une pile de vêtements.Elle se change pour être crédible et sort. Elle a la carte de Tonio, la procuration et surtout le code. Le policier va l’emmener à sa demande chez Raymond. Mais auparavant elle profite de la voiture pour se faire arrêter devant un guichet de sa banque pour récupérer un peu d’argent.

Elle est tellement choquée du montant qu’elle a vu sur le compte que dans un premier temps elle revient sans argent. Puis elle y retourne et prends le maximum autorisé. Le policier est intrigué oar comportement étrange de Madame Thizou, il lui demande :

Vous avez vu un fantôme ?

Non pourquoi ?

Vous êtes d’une pâleur à faire peur, vous n’allez pas tourner de l’oeil.

Je pense que j’ai un manque de sucre.

Tenez prenez ce paquet de bonbons, c’est peu mais ça vous aidera, mais ne négligez pas votre medecin.

A suivre…

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