L’ombre dans l’escalier 20

Dans le bureau du Commissaire, il y a L’inspecteur Lemoine, Myriam, Alain et Shana. C’est un bureau aux rideaux tirés, personne ne peut les voir ni de la rue ni des autres bureaux.

C’est une opération minutieuse qui se met en place. Tous les yeux sont tournés vers Shana, c’est elle qui détient l’issue heureuse de ce cauchemar. L’inspecteur Lemoine sort un dossier, le pose devant elle, et lui explique :

— On a des pistes. Mais on a besoin de vous. C’est vous qui pouvez faire avancer l’enquête. Votre témoignage, ce que vous avez vu, ce que vous avez entendu à l’époque…

Shana recule d’un pas. Le mur la retient. Elle s’y appuie. Elle a l’impression de tomber sans fin. Quand elle a accepté d’accompagner Alain et Myriam, c’était pour écouter ce que l’inspecteur avait à lui dire. Mais jamais au grand jamais elle n’avait penser qu’il fallait qu’elle s’implique.

— Je… je n’étais qu’une gamine. Ils m’ont pris de force. Ils ont dit qu’il était mort. Mon bébé n’était plus là… Morte… Je n’ai rien… Rien…

— Mais vous êtes sa mère. Et si vous ne vous battez pas pour elle, qui le fera ? Écoutez-moi Shana, et après je vous laisse décider :

— Voilà ce qu’on vous propose. Vous coopérez, on vous protège. En échange, vous récupérez votre enfant. Et vous serez régularisée.

Shana déglutit.

— Je dois faire quoi ?

Alain intervient, doucement :

— Tu vas reprendre contact avec Édith. Tu nous as dit qu’elle veillait sur vous comme une maman. Elle pense encore que tu ignores tout. On va simuler un retour au réseau. Tu demandes de l’aide. Tu dis que tu es enceinte, seule, tu aimerais plus dormir dans la rue. Tu aimerais revoir Edith.

Shana baisse les yeux. La peur la saisit.

— Et s’il me reconnaît ? L’homme à la moustache ?

Myriam qui aimerait être douce, car elle sent la peur de Shana, rien qu’à l’idée de retrouver l’ambiance et les hommes aux mains baladeuses. Myriam la guide doucement mais fermement pour qu’elle accepte le jeu dangereux qu’il lui offre pour sa survie et celle des enfants

— Celui qui disait être procureur et que dans ses mains tu étais un moucheron, Il ne doit pas voir ta peur. Il va te falloir être forte pour Mila et Noam si tu le veux bien. Tu joues la petite proie, comme avant. Mais cette fois, tu ne seras pas seule.

Elle sort un petit objet noir : un micro dissimulé dans un bijou.

— Ce que tu porteras va tout enregistrer. À la moindre alerte, on intervient.

Lemoine ajoute :

— Si tu veux Mila, si tu veux la justice, c’est le seul moyen. Dans le cas contraire nous mettrons une de nos collaboratrices dans le réseau. Mais Toi Shana tu obtiens en plus le droit de vivre libre en France.

Shana ferme les yeux. Un long silence. Le silence s’installe. Long…. Coupant.

Shana baisse les yeux. Son souffle est court. Puis lentement, elle relève le menton. Une lueur s’allume dans son regard — faible, mais réelle. Comme une braise qu’on souffle doucement.

— Qu’est-ce que je dois faire ?

Puis elle murmure :

— Je le ferais. Mais je veux être certaine que vous me protéger. Je veux qu’il ne puisse plus jamais les kidnapper, ni toucher une seule fille. Plus jamais…

Merci Shana…. L’inspecteur Lemoine va tout expliquer. Tu auras un médaillon avec le micro à l’intérieur et….Le reste ne se dit pas. Shana va le vivre.

Nous sommes dans un salon richement décoré, feutré, anachronique. De très beaux tapis persans, deux fauteuils en cuir usé, des rideaux lourds obscurcissent le salon, les murs sont tapissés de livres anciens.
L’homme à la canne au pommeau d’argent est là, assis, un verre de cognac à la main.

Shana entre, précédée d’Édith, impeccable, froide, protectrice du système.

— Elle a changé, tu ne trouves pas ? Dit Édith.

Le vieil homme sourit, dévoilant ses dents jaunies.

— Plus mûre. Moins farouche. C’est bien.

Shana baisse les yeux. Elle est sur écoute. Chaque mot, chaque respiration est captée.

— Tu veux revenir parmi nous ? demande-t-il d’une voix doucereuse.

Shanna murmure :

— J’ai besoin d’aide. J’ai plus rien. Je veux être utile… comme avant.

Il s’approche. Lentement. Sa canne résonne sur le parquet.

— Utile, oui… C’est un mot raisonnable. Tu sais, je pense que la beauté mérite d’être transmise. Celle que tu as mise au monde…

Elle relève les yeux. Un frisson l’envahit.

— Mila…

Shana regrette d’avoir prononce son prénom, elle n’aurait pas dû. Le vieil homme sourit, dans son regard on voit qu’il jubile, son objet sexuel est rentré au bercail.

— Quel dommage qu’elle n’ait pas été conçue dans des conditions plus… convenables. Mais cela peut se corriger. Tu es encore jeune. Et mon ami le procureur… a de l’ambition. Une descendance pure, encadrée, élevée comme il se doit. Tu feras l’affaire. Il t’avais vu et regrettais que tu sois partie, dès que j’ai su ton retour je l’ai appelé, il ne devrait pas tarder. Ton polichinelle devra disparaitre…

Il avance la main vers elle. Effleure ses cheveux.

— Dis-toi que c’est un honneur qu’un procureur ait envie de toi.

Shanna tremble. Son cœur bat comme un tambour de guerre.Mais elle murmure :

— Je… je suis prête.

À l’instant où sa main glisse vers sa nuque…

À suivre…

Copyright juin 2025

Une ombre dans l’escalier 9

Sa voix est calme. Mais vide.Elle recule d’un pas. Il avance d’un. Il est grand, trop près. Il sent quelque chose de froid. Pas l’alcool, autre chose, c’est indéfini : il se contrôle, oui il ne laisse rien paraître.

— « Tu veux jouer à la petite mère courage ? Tu crois que ce bébé t’appartient ?

Elle tente de passer, il la plaque brutalement contre le mur. La main sur sa bouche. L’autre, déjà descendue, brutale, intrusive. Shana se débat, mord, frappe. Il l’a serre plus fort, la tient plaquée contre lui.

— Tu crois que t’es la première ?

Elle lui écrase le pied avec son talon, hurle à travers sa paume. Il relâche une seconde. Elle en profite. Elle lui donne un coup de coude, s’échappe, court. Elle ne se retourne pas. Elle entend juste sa voix, loin derrière.

— Ce bébé n’est pas à toi. Mais tu vas payer pour l’avoir laissé vivre.

Elle court jusqu’à une bouche de métro, se jette dedans. Elle descend deux, trois volées de marches, tremble, pleure sans un son. Un agent de la RATP la regarde bizarrement. Elle se redresse. Elle essuie son visage. Elle ne dira rien. Elle ne peut pas. Une rame passe elle ne la prends pas. Elle regrette son vélo. Dans l’enveloppe il y a deux cent € en quatre billets de cinquante, et cinquante euro en cinq billets de dix. Elle en prend un et s’achète au guichet encore ouvert sur sa ligne un billet.

Elle descend à la station d’avant, elle va faire un détour, et s’il attendait devant la porte du quatrième. Shana a peur, elle pousse la porte puis elle monte les marches quatre à quatre, comme si les étages pouvaient la sauver. Le souffle court, les mains tremblantes, le cœur au bord de la gorge.

Chaque pas dans l’escalier en colimaçon est un combat contre la panique. Contre ce qu’elle vient de vivre. Ce qu’elle ne peut pas dire. Pas maintenant…

Elle pousse la porte de la chambre, haletante. Et s’arrête net. Un homme est assis sur l’unique chaise. Ce n’est pas l’homme en noir. Celui-ci est en civil, mais on voit tout de suite qu’il est flic : posture rigide, regard qui détaille chaque mouvement. Myriam se lève aussitôt.

— Shana ! Tu vas bien ?

Shana hoche la tête, mécaniquement. Elle n’ose pas s’approcher tout de suite du bébé. L’homme se lève aussi.

— Capitaine Louvel. Brigade des mineurs.

A suivre…

Copyright juin 2025

Une ombre dans l’escalier (4)

Elle frissonne, parce qu’elle a déjà vu ce gros bouton. Elle l’a vu sur un être minuscule. Shana ne sait plus où c’était. Elle ne se souvient pas du lieu, mais le bébé gisait inerte sur une couverture. Une jolie petite fille. Elle avait au bas de sa nuque ce grain de beauté ou quelque chose qui y ressemblait car cela lui paraît gros aujourd’hui sur l’enfant. Celui qui en possède un c’est l’homme qui lui fait peur, elle a toujours l’impression qu’il l’observe. L’été dernier il était en maillot de corps, un Marcel lui a dit sa voisine qui montait les escaliers en même tant qu’elle. Elle avait vu dans son cou un bouton énorme , sa voisine lui avait dit qu’elle n’aimait pas cette excroissance de chair sur son cou. Shana s’en fichait mais maintenant elle se posait beaucoup de questions. Mais elle garde ça pour elle, pour l’instant.

Myriam s’installe au bord du lit, sort son téléphone, compose un numéro qu’elle semble connaître par cœur. Shana, debout près de la lucarne, serre ses bras contre elle. Elle n’a pas froid, elle est juste vide, complètement vidée.

— Alain ? C’est moi. J’ai besoin de toi pour une urgence néonatale. Non, pas à l’hôpital. Oui, c’est confidentiel.

Elle parle vite mais sans panique. C’est une femme de dossiers, de décisions. Puis elle raccroche et se tourne vers Shana et lui dit :

— Il arrive. Il habite à dix minutes d’ici. Il ne posera pas de questions inutiles.

Elle se lève, observe le bébé une dernière fois, puis se tourne vers Shana.

— Il faut du lait. Et vite. Il n’a probablement rien avalé depuis sa naissance.

Elle ouvre son sac, en sort un portefeuille prends un billet de cinquante, le glisse dans une pochette médicale

— Il y a une pharmacie de garde à République. Je file. Ne laisse entrer personne. Si quelqu’un frappe, tu ne réponds pas.

— Même pas lui ?

Lui glisse Shana, sans même s’en rendre compte. Myriam se fige.

— Qui ?

Shana secoue la tête. Trop tard. C’est sorti.

— Personne. Un homme que je croise parfois dans l’escalier. Je crois qu’il vit ici.

Myriam fronce les sourcils, sans insister.

— Si tu sens quoi que ce soit d’étrange… tu m’appelles. Promis ?

Shana acquiesce, le bébé blotti contre elle, ses petits doigts agrippés au tissu de son t-shirt. Myriam sort, laissant un souffle d’air tiède dans le couloir. Dès que la porte se referme, le silence retombe. Mais…Pas tout-à-fait… Un pas dans l’escalier, les marches craquent.

Quelqu’un monte l’escalier. Un pas lourd rythmé par une canne

A suivre…

Copyrights juin 2025

L’autoroute de tous les dangers/19

Le pire est en train d’arriver

Il est pas loin de trois heures du matin lorsque nous rentrons à l’hôtel mise à notre disposition.

C’est à ce moment que je me souviens que je ne lui ai pas parlé de cet hypothétique enfant, car, pour moi tant que je n’ai pas fait de test je ne puis me fier à sa mère. Même si dans son domaine c’est une pointure.

Elle sait toujours avant tout le monde ce qui va se passer. Pour Hugo elle a manqué de discernement ou elle a préféré fermer les yeux.

Mais comment le dire à Théo, j’ai vu ces yeux qui brillaient lorsque nous avons franchis le seuil de notre chambre. Il n’avait qu’une idée en tête me faire l’amour. Comme depuis que nous sommes sur cette enquête, nous prenons ensemble notre douche, c’est notre petit rite immuable, et après de fil en aiguille tout en me lavant et réciproquement je le caresse ou lui, mais ce soir nous n’irons pas plus loin, je préfère lui parler avant.

Il faut que je te dise ce que ta mère m’a dit.

Elle t’a fait de la peine, je pense que tu es en capacité de te défendre.

Non tu n’y es pas du tout.

Elle m’a empêché de boire une coupe de champagne.

Mais en quel honneur ?

Elle m’a dit que j’étais enceinte.

Une avalanche ou un tsunami se seraient produit au même moment je pense que Théo aurait eu la même expression.

Mais Julie la condition pour que tu ailles le plus loin possible dans la relation que tu avais avec mon jumeau c’était que tu te fasses poser un stérilet.

Je ne l’ai pas fait enlever si c’est ce que tu crois, ça arrive, certes fort rarement que des femmes se retrouvent enceinte malgré un stérilet.

Si c’est mon cas et bien je dois rapidement savoir de qui est mon enfant. J’ai fait un calcul, ton frère a mis un préservatif les trois dernières fois avant notre départ pour notre semaine de congés qui date d’il y a deux mois.

Je suis à peu près certaine que cet enfant est de toi. Mais le risque zéro n’existe pas.

Tu veux te faire avorter si ce n’est pas le mien, je te le dis tout net, pour moi c’est non. Je serais son père et il n’aura pas la tête du voisin. Mon frère et moi on est plus que semblable.

Ni les oreilles de mon voisin, bon mais je ferais quand même un test de paternité dès demain car c’est possible. Comme vous êtes jumeaux, tu vas te débrouiller pour avoir un échantillon du sang d’Hugo.

Si je fais ça, tout le monde à la brigade saura que tu attends un enfant.

On ne le chantera pas sur les toits si c’est Hugo, on se débrouillera. Il n’a pas eu de visite médicale, invoque n’importe quoi pour que le médecin lui fasse une prise de sang, tu ne seras pas à cours d’idée.

Je n’ai pas les idées claires ce matin, je vais y réfléchir mais je vois que tu n’es pas convaincue sur le fait de le garder. Écoute nous n’allons pas y penser et on avisera demain.

Alors prends-moi dans tes bras, viens.

Tu me pardonnes Julie mais ce soir je n’ai pas la tête à la bagatelle, je suis abasourdi que mon frère ait pu commettre tous ses actes odieux, aussi bien sur ta sœur et aussi sur son amie. Ainsi que sur toutes ces femmes qui nous ont raconté leur calvaire lorsque j’étais en poste à Lyon. Et le pire c’est qu’il semble que l’on a pas encore touché le fond.

Tu sembles inquiet, qu’est-ce qui te préoccupe ?

J’ai un vague pressentiment, écoute je vais te laisser seule quelques heures, mon ami qui sera en binôme demain avec toi va exceptionnellement dormir dans le canapé de la suite que nous avons.

Pourquoi tu penses que moi aussi je suis en danger.

Je ne sais pas, mais c’est bizarre ce que nous a confié Margot la femme de Jean-Ba, pourquoi un commanditaire aurait donné l’ordre de me tuer. Qu’ai-je vu ou entendu chez moi qui devrait m’alerter ?

Où vas-tu ? Qui vas-tu voir?

Une relation.

Qui ton indic ? La belle que j’ai vu chez tes parents.

Écoute ne te mets pas en tête quoi que ce soit, j’ai besoin de m’assurer d’une chose qui me trotte dans la tête. Moins tu me poses de questions, mieux je te protège. Et, c’est aussi la raison pour laquelle je pars maintenant, il fait encore nuit, je ne pense pas que nous ayons été suivis, les locaux du 36 ne sont plus en service, être là-bas est une excellente couverture.

En effet Toi, surtout si tu portes notre enfant tu dois te reposer. Dors. A demain mes amours.

Dès que Théo est parti l’officier qui a le même grade que moi, son meilleur ami rentre discrètement avec un oreiller. Il a un bandeau noir sur la tête je suppose qu’il va se le mettre sur les yeux.

Je vais dormir, faites en autant Capitaine.

Merci je vais d’abord grignoter, vous n’avez pas faim.

Si mais je tombe de sommeil.

Prenez ce que Théo n’a pas pu avaler.

Oui je sens qu’il a découvert quelque chose mais il n’a rien voulu me dire, à vous non plus j’imagine.

Vous imaginez bien, mais quoi que ce soit je pense que cela va le faire souffrir.

Je mange plus que je grignote, le Capitaine quant à lui ronfle comme un sonneur de cloche.

Puis je m’allonge sur les draps et m’endort.

C’est un bruit imperceptible qui m’a réveillé, soudain je me souviens avoir laissé entrebâiller la fenêtre. Je suis certaine que l’on monte par les terrasses. Je me précipite dans le salon mais on me ceinture et on m’applique une main sur la bouche.

Théo me chuchote à l’oreille c’est moi, ne dis rien et va te cacher dans la salle de bain, sous aucun prétexte tu n’en sors. Tu attends que je frappe trois coups fort espacés d’un silence et à nouveau trois coups. Là tu pourras ouvrir.

J’exécute les ordres et attends, quoi je ne sais pas. Il y a des bruits de lutte, puis un cri, et finalement un coup de feu. Puis plus rien. Et si mes deux gardes du corps étaient blessés et en train de se vider de leur sang. Je devrais leur porter secours.

A nouveau j’entends des bruits, j’écoute ce qu’il se dit.C’est Théo qui parle avec le Colonel, je suis rassurée, mais pourquoi ne vient-il pas?

A nouveau des pas nombreux, puis un bruit caractéristique, un lit de pompiers. Il y a un blessé. Intérieurement je maudis les ordres de Théo mais je les suis à la lettre. J’aurais pu me rendre utile. Qui a été blessé ?

Ah ça y est on frappe trois coups, puis le silence et à nouveau trois coups. J’ entrouvre la porte, Théo me prend dans ses bras, il a la lèvre ouverte, un pansement sur la tête.

Que s’est-il passé ?

On est venu pour te tuer !

Moi ?

Oui

Mais qui te l’a dit ?

Mon indic

Elle l’a appris comment ?

En quittant la soirée elle a surpris une conversation entre deux personnes qu’elle n’a pas pu me décrire. Juste leur voix dont une bien caractéristique.

L’homme déguisé aux dents de fer comme nous a dit la femme de Jean-Ba.

Voilà c’est exactement ça, donc je pense que c’était le commanditaire et Arthur. J’ai une petite idée pour celui qui donne des ordres mais il y a tout de même une chose qui me chagrine ce pourrait être lui mais c’est impossible que ce soit lui…

Qui ? Explique toi ?

Plus tard, prends ton petit déjeuner on nous attend au 36.

Il est où ton ami ?

A l’hôpital

On a tiré sur lui

Oui C’est grave?

Hélas..

Et le tireur, c’était ton cousin ?

Ce n’était pas Arthur c’était un comparse armé d’un fusil à pompe. Il a voulu repartir par la fenêtre mais il a mal calculé son coup et il s’est brisé la nuque en chutant brutalement sur le sol

Mais j’y pense pourquoi on a voulu me tuer.

Il y a une personne que je nomme X car j’ignore encore qui cela peut-être, qui était présente au cocktail, elle a trouvé que tu ressemblais étrangement à une fille qui n’aurait pas dû survivre à un viol collectif.

Qui ? Et pourquoi me tuer maintenant ils ont eu plus de deux ans pour tuer ma jumelle vu que moi j’étais sur Versailles. La corvette violette de ton frère avait ramené mon père dans notre maison. Ils savaient pertinemment où elle habitait.

Selon Jean-Ba qui s’est mis à table après notre départ, Hugo se serait rendu à votre maison, six mois après le drame et il aurait appris de votre voisine que ta jumelle était folle, avait perdu la mémoire et ne parlait plus.

Et la voisine n’avait jamais parlé de moi.

Non, ton père m’a dit que tu n’étais pas venu pendant cette période, tu étais plus souvent à l’hôpital psychiatrique que chez eux.

Effectivement je passais des heures à son chevet, plus tard mes parents se sont séparé, ma mère reprochant à mon père d’avoir permis à leur fille d’aller avec Hugo. Ce drame a bouleversé notre vie. Ma mère et mon jeune frère sont parti en Italie. Mon père et ma sœur ont quittés Lyon, vendu la maison et m’ont rejoint sur Versailles.

A cause de mon frère vous avez été les victimes collatéraux.Viens le Colonel nous donnait deux heures pour se remettre de nos émotions et maintenant je suis ton binôme pour l’interrogatoire de mon jumeau

C’est une mesure exceptionnelle car ceux qui sont de la famille sont souvent écartés de l’enquête, mais là on a que ce moyen pour le faire craquer.

Nous voir en couple devrait le faire sortir de son mutisme.

Oui

Tu ne veux toujours pas me dire à qui tu penses pour le commanditaire.

Je ne veux pas accuser une personne qui ne peut pas l’avoir fait.

J’attends un appel téléphonique de St Barth.

Stéphane va t’appeler

Oui j’ai récupéré dans les scellés le téléphone de mon frère, j’ai envoyé un texto à Steph en disant :

Adieu Mélodie, paix à son âme. Et Steph m’a répondu :  » on t’as dit qui était le commanditaire ? » Je lui ai dit non

Et ?

Il m’a répondu je suis en avion dès que j’ai mis le pied à ma cabane de pêche je t’appelle et tu vas tomber à la renverse.

Sa cabane de pêche ?

Oui en plus de sa villa il a une cabane de pêche.

Donc vos collègues ne vont l’intercepter qu’une fois que tu sauras qui est le donneur d’ordre.

Toutefois Julie le donneur d’ordre n’a rien à voir avec l’enquête sauf qu’il était au courant des horreurs. Jusqu’à quels points? Quand je saurais son nom …

Et Théo est blanc comme un linge et si je ne le soutenais pas il serait tombé.

A suivre…