Le grand retour/10

Dans moins de 4 h je serai à Strasbourg, Raymond avait retenu un hôtel et je repartais le lendemain à 9 h du matin pour Hambourg ou j’arriverais à 16 h 40.

Avant d’arriver à Strasbourg J’avais un changement et j’allais perdre un peu de temps, mais l’essentiel c’est qu’à Hambourg j’avais selon Igor un point de chute.

J’ouvre mon sac à dos, à l’intérieur un portefeuille plein d’argent, je n’ose même pas vérifier combien il y a. Et comme me l’a dit Igor avant de mourir je devrais trouver un téléphone de la même marque que le mien. J’ôte la carte sim de mon téléphone et je la glisse dans le petit coffret où se trouve la médaille de baptême de Tony.

Mon téléphone vide je ne serais pas suivis à la trace par qui que ce soit.Et maintenant je vais sommeiller, la petite main de mon fils est blotti dans la mienne. Raymond m’a donné une laisse de chien je ne comprend pas à quoi elle va me servir.

Je sursaute, on me tape sur l’épaule je me réveille, Ouf ce n’est que le contrôleur. Je lui tend nos billets. Puis il me demande où est la personne qui devait être sur le siège face à moi. Je lui dit qu’il a raté le départ…

J’ajoute je ne repars que demain je pense qu’il me rejoindra en prenant le TGV suivant.

Soudain le haut parleur informe les voyageurs que nous arrivons à Paris Gare de Lyon. Je n’ai même pas vérifié nos billets, moi qui n’ai jamais pris le train il va falloir que je regarde d’où je repars. Ah je dois me rendre à la Gare de l’Est et je dois être dans le TGV à 13 h 53 pour un départ à 13 h 55.Je n’ai nullement envie de prendre le métro, je vais sortir à l’extérieur et prendre un taxi, j’ai largement les moyens.

Tiens voici ce gentils Monsieur qui voulait m’aider pour mes bagages, il s’arrête à ma hauteur :

Vous me semblez désemparée.

Oui j’ignorais qu’il fallait que je cherche la gare de l’Est.

C’est là où nous allons.Venez avec nous.

Vous allez à Strasbourg ?

Oui ! Il s’empare d’autorité de ma valise et sa femme lui emboîte le pas avec leur petit garçon qui est attachée avec une laisse. Je comprends mieux. Si je fais pareil cela m’évitera dans la cohue de perdre mon fils. Mais ce n’est pas un toutou. Tant pis je le porterais.

Lorsque nous arrivons à la gare de L’Est il y a une cohue indescriptible. Un homme vient d’être retrouvé mort et les forces de police ont bouclées l’accès aux quais.

Ça commence bien, notre TGV est annoncé avec un retard de 45 minutes.Cinquante minutes plus tard, les panneaux sont figé aucun train ne circule. Mon fils joue avec son nouveau copain comme dit le petit Mathias. Le jeune couple ont tous les deux mon âge. Et leur petit garçon à l’âge de Tony c’est assez amusant. Ils m’ont demandés :

Êtes-vous seule avec votre petit bonhomme ?

Non je rejoins mon mari en poste en Allemagne.

Comme il.n’insiste pas , je n’en dis pas plus.

Finalement aucun tgv ne va circuler avant de longues heures. On va nous loger dans différents hôtels. Une discussion s’engage de toutes parts. Les uns vont à l’hôtel, moi je décide de ne pas m’éloigner de la gare. Dès qu’un tgv sera prêt ils informeront bien les voyageurs que l’on peut embarquer.

Il me semble que le jeune couple est assez insistant à mon égard. Du coup je me remémore les conseil de Tonton Raymond

Lorsque l’on a un contrat sur la tête tu dois te méfier de tout le monde. Même des plus insignifiant. Et son exemple me fait penser aux Dorléac. Un couple lambda passe partout. Finalement ils sont parti.

Je m’éloigne et avise une femme en chasuble orange et lui demande où je puis aller pour être rapidement dans le TGV en partance pour Strasbourg.

Vous êtes béni des dieux le tgv pour Strasbourg partira à 16 h. Avez-vous un point de chute sur place ?

Oui je vais à l’hôtel.

Et bien c’est parfait, empruntez le passage souterrain le Tgv 7445 va rentrer en gare d’ici un quart d’heure passez avant la foule qui dès l’annonce va se précipiter.

Il arrive sur quel quai ?

Celui qui est devant vous le 1, ici vous êtes au 2.

Mais mon billet me donnait accès au wagon 2 en première classe.

Passez de l’autre côté et mettez- vous à hauteur du wagon deux, si vous regardez votre billet c’est le tgv que vous auriez dû prendre à 13 h 54. Donc vous montez à la place que vous avez payé. Vous n’avez que deux heures de retard. Bon voyage Madame.

Merci !Et si cette femme l’avait induit en erreur. Pauvre Lulu, elle a peur de tout. Cette femme ne pouvait pas être là rien que pour elle. Qui aurait pu la placer sur son chemin. L’angoisse la terrasse, elle doit s’appuyer contre le mur à la sortie de l’escalator.

Tony doit sentir la peur de sa mère, il commence à sangloter pour finalement hurler, ce qui attire deux soldats qui quadrillaient le secteur.

Bonjour Madame, vous ne vous sentez pas bien.

Un étourdissement, mais je vais mieux.

Où allez-vous ?

On m’a dit que mon TGV allait entrer en gare.

Oui, celui pour Strasbourg, il vient d’être annoncé, venez je prends votre valise, mon collègue va porter votre enfant. Quel est votre wagon ?

Le deux en première classe.

Le quai est déjà noir de monde. Les contrôleurs sont devant chaque wagon et filtrent les passagers qui ont leurs billets en bonne et dû forme. Ceux du 7445 et du 7543 se sont précipité à l’annonce d’un TGV pour Strasbourg. Pourtant la voix répète que seuls les passagers du 7445 pourront monter à bord du train. Il y a moins de monde vers les premières classes.

Les deux soldats montent dans le TGV et lui désignent ses places. Ils mettent sa valise en haut, à Strasbourg elle trouvera bien une personne pour l’aider car les deux places en vis à vis vont être prises par deux personnes du tgv suivant. C’est ce que vient de me dire le contrôleur lorsqu’il m’a vu en possession de quatre billets, dont seulement deux places seront occupé. A cause du suicide beaucoup de passagers sont venu espérant pouvoir partir à l’heure c’est ce que raconte une dame à sa voisine de sièges.

Le soldat qui a porté Tony prend congé du petit en lui donnant un petit camion militaire. Tony est ravi. Les deux soldats me salue en me souhaitant bon voyage.

Regarde Maman c’est un camion de guerre.

Oui mon chéri, mais toi tu vas pouvoir jouer à la paix.

Le soldat qui distribue des camions militaires lui semble bizarre mais en ce moment elle a peur de tout et surtout n’a confiance en personne.

Le contrôleur averti les passagers que le tgv ne partira pas à 16 h comme il était prévu mais un peu plus tard sans toutefois avancé un horaire.

La dame avec son chapeau violet qui fascine mon fils va nous expliquer la raison, elle a l’air d’en connaître un rayon.Elle ne s’adresse pas à moi, mais à sa voisine d’infortune car elle la voit qui soupire. C’est fort drôle.

Si elle comprend bien ses explications, leur TGV n’était pas pleins , le suivant pas mieux, mais les passagers se retrouvent tous pour le départ de celui de 16 h 55, la SNCF va essayer de caser tout le monde en rajoutant des wagons.

De nouveau elle panique car ceux qui l’ont pris en chasse sont sûrement arrivé. Il était 13 h lorsqu’elle est arrivée à la gare de Lyon, il sera bientôt 17 h. Le suivant partait à peine une heure après le sien. Ils ont dû arriver. Elle est affolée, et espère que les deux personnes qui doivent monter ce ne sont pas eux.

La famille qu’elle a rencontré si c’est comme elle l’a pressentie un faux couple ont bien dû rendre des comptes aux commanditaires. L’homme avait un accent maintenant elle en est certaine c’était aussi un Russe.

Juste avant 17 h accompagné d’un chauffeur, elle ne sait pas, arrive une femme tout de noir vêtu avec une voilette sur le visage qui tombe de son chapeau. Elle est accompagnée d’un jeune homme qui me demande si mon enfant ou moi accepterions de changer de place car sa grand-mère n’aimait pas être dans le sens contraire de la marche. Il doit penser que je suis contrariée car il s’excuse.

Non prenez la place, par contre si cela ne vous dérange pas, j’aimerais être vers la fenêtre.

Oui, bien sûr, cela ne me dérange pas.Il installe sa grand-mère qui me remercie en demandant à Tony s’il aime les sucettes. Bien sûr que mon fils les aime, cependant un sixième sens m’alerte à nouveau elle parle comme Sergueï.

A nouveau elle tremble. Et pousse un cri de frayeur lorsque la femme lui prend le bras et lui dit :

N’ayez pas peur, nous sommes là pour vous protéger, le jeune homme est le frère de Sergueï. Elle se moque de moi, cette femme me semble fragile, elle fera quoi contre des tueurs. Mais en regardant ses mains je les trouve anormalement grande et elle ne ressemble en rien à des mains de femme. Ils sont arrivé sans bagages. Quoiqu’ils ont pu les mettre à l’entrée du compartiment ou dans le sas à l »entree du wagon.

Elle me tient toujours la main, se penche vers moi et me dit je suis un autre de ses frères. Vous ne prendrez pas le train pour Hambourg. Nous partons dès cette nuit pour rejoindre Tatiana. Nos plans ont changé dès que nous avons appris la mort d’Igor. Profitez du voyage pour vous reposer. Vous en avez besoin. Nous veillons sur vous.

Elle est en proie à une grande fatigue et se demande si elle doit leur faire confiance. Qu’est-ce qui lui dit que ce sont bien ses frères. Celui qui se fait passer pour une vieille femme lui tend un courrier. C’est Sergueï qui lui écrit. Piotr est mon frère aîné, tu dois faire exactement ce qu’il va te dire. Ce sont les oncles de Tony.

Il me donne sa date de naissance et son vrai nom Russe. Car Sergueï et moi avions choisi deux prénoms, l’un français, l’autre russe. Et personne n’était au courant ni de mes parents ni deux de mes trois frères. Seul Antony le savait car nous l’avions choisi comme parrain. Et Tony était juste le diminutif d’Antony.

Il ôte sa main de la mienne en voyant mon sourire.

Sergueï a raison vous êtes son rayon de soleil.

Perdue dans mes pensées je me demande comment s’appelle le plus jeune des frères de Sergueï. Serait-ce son parrain ?Elle veut en avoir le cœur net Wladimir

Oui

Alors c’est bien vous, comme je suis heureuse de vous connaître.

Et moi donc, j’ai le même âge que vous.

Ne l’appelez pas Wlad il n’est pas au courant.

Ce n’est pas grave nous allons continuer à l’appeler Tony.

Je n’entend pas la fin de la phrase car je dors. J’étais exténuée et avec mes gardes du corps je me sens protégée.C’est la voix de l’hôtesse qui me réveille, elle annonce l’arrivée en gare fort imminente.

Dans l’allée les gens sont debout. Piotr me fait signe de ne pas bouger. Le tgv ne repart qu’une fois nettoyée, il n’y a pas besoin de se précipiter. On attend que tout le monde descende. Puis Piotr qui parle parfaitement le français m’explique ce que nous allons faire.

Nous avons téléphoné pendant le voyage à un autre hôtel, nous avons retenu trois chambres. Nous prendrons notre repas dans le restaurant attenant à l’hôtel. Vers 20 h 30 vous irez dans votre chambre pour essayer de dormir avec Wlad enfin Tony.

Puis vers 4 h du matin nous partirons pour arriver à Hambourg chez Tatiana, nous l’avons prévenu.

Nous mettrons combien de temps ?

Il y a 700 km, nous sommes trois à conduire, nous ne nous arrêterons que dix minutes toutes les deux heures. Avant midi si tout se passe bien nous serons chez notre sœur. Si nous pouvons partir plus tôt nous le ferons.

J’acquiesce et je descend du train comme une automate. Je n’ai plus rien à craindre de ces malfrats.

Hélas j’ai à peine mis le pieds sur le quai que j’entends le bruit caractéristique d’une arme. Je sens le souffle de la balle passer à quelques centimètres de ma tête. Je pousse un cri et tombe lourdement au sol.

A suivre…

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