Haïku 34 : embarquement immédiat en train

En faisant le tour de mes blogs amis j’ai trouvé qu’aujourd’hui c’était l’embarquement immédiat  pour les haïku avec comme thème le train, je me suis laissée chatouiller par l’envie d’en écrire quelques uns. Le sujet est tellement vaste, les trains ont tellement fait de progrès qu’il va falloir que je me freine…

 

 

poussif le train monte

de la suie sur leur visage

histoire d’autrefois

 

long couloir étroit

corail et micheline

bidasses endormis

 

passage du tunnel

un sifflement dans la nuit

réveil en sursaut

 

visite du musée

en voiture les passagers

pour un temps figé

 

attente sur le quai

la vitesse en TGV

il est déjà loin

 

les trains d’aujourd’hui

avalent les kilomètres

des vacances au bout

 

Dissertation poétique…

Comme disait Coluche c’est pas compliqué en politique il suffit d’avoir une  bonne conscience et pour ça il faut avoir une mauvaise mémoire.

 

Si lorsque vous parlez politique

je réponds par un discours humoristique

je profite de l’occasion

Pour jouer sur le fil de la dérision.

 

Est-ce une tournure sociale que l’humour

si rire de la politique est un compte à rebours

Alors je prends des chemins obliques

Et j’en deviens cynique.

 

L’ humour est une question de langage

Si Devos était là il en ferait usage.

Pour l’instant on nage dans la fiction

d’une eau trouble en  manque de réactions.

 

Ce n’est pas le rire que l’on communique

Comme l’humour noir évite la panique

Et arrive le temps d’un soir à nous dérider

Sans pour cela nous faire changer d’idées.

 

Si j’attends de l’un autres choses que des propositions

De l’autre j’espère qu’il va relever la nation.

En le faisant d’une manière adroite

Il est facile de se moquer de la droite.

 

Et tout autant  du milliardaire

que l’on voit forcément de travers

Désormais pour rire pas besoin des humoristiques

Même des présidents ont fait  polémique.

 

Les mots sortis de leur contexte créent la confusion

Dans le rire c’est toujours de l’illusion

Chez les autres c’est l’échec de la communication

et la langue de bois sans humiliation.

 

L’humour  peut réduire à néant les propos d’ hommes politiques

Car à chacun de ses discours le rire l’emportera sur l’éthique

Là n’est pas mon propos d’être dans la réflexion

Je suis juste dans le tempo de ma création.

 

Si l’humour est une thérapie

Avec la politique je frôle l’utopie

Pourtant tout n’est qu’interprétation.

Diagnostic ( La traversée dangereuse )

Le père de Mario est inquiet il n’a aucune nouvelle de son fils, cependant ce matin il vient de recevoir un étrange appel. Un homme lui a dit que son fils était en danger quelques parts entre Jura et Alpes. Depuis il hésite, doit-il en informer les siens ou se rendre dans le commissariat le plus proche, finalement la raison l’emporte et il y va.

Après avoir signalé recevoir de drôles d’appels téléphoniques dont le dernier pas plus tard que ce matin, il est à la fois soulagé mais aussi inquiet d’apprendre que son fils gît sur un éperon rocheux au-dessus du vide, qu’il ne doit son salut qu’à son téléphone, hélas depuis 5 h du matin ce dernier n’émet plus ; cependant les secouristes ont compris à quel endroit ils se trouvaient exactement grâce au témoignage précis de deux femmes qui avaient croisé sa route dans les jours précédents. Son fils avait pu communiquer avec elles il y avait à peine deux jours.

Lorsque Tino repart chez lui il est angoissé, il ne doit en aucun cas communiquer sa peur à sa femme, il faut qu’il tienne bon, il va se confier à sa fille, elle saura le soutenir.

Pendant ce temps Mario a passé une sale nuit, lorsqu’il avait été en communication avec les pompiers, ceux-ci lui avaient dit qu’ils pensaient l’hélitreuillé, hélas malgré trois tentatives cela avait été impossible, cela faisait courir trop de risques à tout le monde, aussi en désespoir de cause, Mario l’avait entendu repartir dans la vallée, et, à nouveau il était seul.

Chaque heure qui passait lui montrait sa lâcheté, si je souffre tant c’est que je n’ai rien fait pour tous ceux qui ont croisé ma route, toutefois je ne suis pas si méchant que je le ressens en ce moment, c’est juste parce que je suis isolé, perdu et que j’ai un mal de chien, j’ai dû me briser la cheville, j’ai réussi à ôter ma chaussure, pour la remettre cela a été impossible mon pieds est violet tirant sur le noir et il brille, au vu de son état j’ai renoncé à me passer de la pommade, j’ai juste pris une bande pour me maintenir la cheville, mes tremblements s’étant arrêté. Je ne puis me réduire la fracture, puis un mauvais geste et c’est la descente infernale, en plus je n’y connais pas grands choses, à part les premiers gestes je me vois mal m’auto soigner. Même la bande s’est révélée désastreuse, j’ai dû l’ôter, et là impossible de m’enfiler une chaussette. Après une heure d’effort j’ai réussi à me glisser dans mon duvet, en haut j’ai enfilé tous les pulls que mon sac contenait, j’ai pris mon léger blouson et mis mon poncho, je ne pensais pas qu’il neigerait et je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Sur la plateforme étroite j’ai tellement peur de glisser vers le vide que je me suis accroché d’un côté au rocher si je tombe je resterais suspendu mais au moins je ne m’écraserais pas en bas, par contre je pourrais dire adieu à mon duvet, il est assez chaud puisque j’ai réussis à me réchauffer. Hélas rapidement mon pieds m’a rappelé à l’ordre et depuis je déguste, je n’ose pas entrouvrir mon sac pour vérifier dans quel état je suis. Tous mes gestes me coûtent des efforts, mon téléphone est muet, j’ai réussis à me séparer de mon pistolet, je l’ai glissé dans l’anfractuosité de la roche au-dessus de ma tête. Il est préférable d’être prudent, je ne suis pas à l’abri des fous qui voulaient ma peau et de ce « Commandant » dont le nom m’échappe. Au cours de ma vie je me suis fait plus d’ennemis que d’amis, j’en suis là de mes réflexions lorsqu’à nouveau j’entends l’hélicoptère, enfin c’est à la fois mon salut et autres choses que je ne distingue pas encore mais qui me fait assez peur. La neige m’a protégée du froid vif que je ressens brusquement, l’hélicoptère arrive face à moi et je comprends plus que je l’entends que deux d’entre eux vont descendre et me prodiguer les premiers soins.  Je me demande comment nous allons tenir à trois sur une petite plateforme qui fait à peine un mètre carré.

Le premier homme qui me rejoint est le médecin, il ne se préoccupe pas de la qualité de mon duvet, il taille une large ouverture et examine ma cheville, il n’a pas la peine de la toucher son verdict rejoint le mien fracture. Rapidement il m’explique ce qui va se passer, on va envoyer la civière mais auparavant il faudra que je me soulève délicatement sans bouger mon pied et ils me mettront dans leur sarcophage qui va se gonfler pour que je ne sente aucun des chocs qui risquent de se passer, il me fait une injection de morphine, je me sens rapidement planer. Pendant que le deuxième pompier reste suspendu à l’échelle l’autre récupère le brancard. En les entendant parler je m’aperçois qu’ils sont Suisse, ce n’est pas le peloton de gendarmerie de Haute Montagne. Je ne leur demande pas la raison, je suppose qu’ils sont venus car les autres ne pouvaient pas. Voilà je suis sanglé, attaché et ils vont me remonter en premier. Ils attachent le treuil et je remonte lentement, je vois les alentours, tout est blanc, il a pas mal neigé cette nuit. De toute façon ma randonnée est terminée, je repars vers le monde civilisé et certainement les ennuis.

J’espère que leur foutu câble va tenir, je dois leur faire confiance. En Suisse tout est carré, je n’ai pas trop de soucis à me faire. Enfin voici la cabine, le médecin est remonté plus vite que moi ainsi que l’autre gars, ils me réceptionnent, je ressens une douleur qui me fait grimacer. Ils se mettent rapidement en communication avec l’hôpital de Délémont dans le Jura Suisse et me demande si cela me dérange, je m’en fiche, par contre cela me donnera du temps pour éviter la confrontation avec des policiers français ce dont je me garde bien de leur dire. Mais au moment où je pense m’en être bien tiré, j’entends un appel des autorités françaises.

  • Autorité Française à Autorité Suisse avez-vous récupéré le blessé ?
  • Oui, nous nous dirigeons vers le centre de traumatologie de Délémont.
  • Non, ce ne sera pas possible, cet homme est recherché en France, veuillez le conduire sur la piste d’atterrissage des hélicoptères de l’hôpital français le plus proche.
  • Vous ne pouvez plus rien contre nous, nous venons de passer la frontière ; nous ne manquerons pas de vous communiquer les heures de visite, il a besoin d’avoir sa fracture de réduite le plus rapidement possible, il ne pourra pas se sauver car il en a pour de nombreux mois sans pouvoir poser le pied au sol.

Je suis abasourdi en entendant leurs mots, de longs mois sans mettre le pied par terre. Me voilà fait comme un rat. La Suisse sera une plus jolie prison que la France mais cela ne me rassure pas. Le médecin se tourne vers moi et m’annonce sans prendre aucun gant :

  • Je vais vous mettre sous morphine en goutte à goutte, j’ai bien envie d’augmenter la dose pour voir si vous allez délirer et me raconter tous vos crimes.

J’en reste la bouche ouverte, aucun son n’en sort, franchement cela leur semble fort drôle car le pilote et les deux autres se marrent, puis à nouveau les voici professionnels. Ils installent le goutte à goutte et le médecin me dit :

  • Je ne veux rien savoir, ni ce que vous avez fait, ni qui vous êtes, je m’en tiendrais à votre prénom Mario, un homme accidenté sur le GR 5. Bien entendu que vous allez être obligé de fournir votre identité aux autorités Suisses, mais pour l’instant vous êtes mon premier blessé de la matinée et coupable ou innocent je m’occupe de vous comme le feraient mes confrères en France.
  • Merci
  • Ne me remerciez pas, je suis un professionnel et je fais mon métier celui de sauver tous ceux qui en ont besoin. Je vous souhaite un bon séjour en Suisse.

Ces yeux sont goguenards et ils démentent ces paroles, il ne faut pas que je me laisse attendrir je suis en danger que ce soit en Suisse ou ailleurs.

Dès que l’hélicoptère s’est posé la porte s’ouvre rapidement on m’extrait et c’est une course effrénée dans les couloirs de l’hôpital. Le diagnostic est franchement mauvais j’entends comme dans un étau qui me serre la tête les mots implacables du chirurgien orthopédique :

  • Et bien vous m’expliquerez plus tard comment vous vous êtes fait cela, vous avez un déplacement du calcanéum et de l’astragale, cette dernière est fracturée ainsi que votre tibia. Je vais rapidement vous opérer et nous verrons ensuite quels traitements j’adapterais à votre cas.
  • Docteur ? Je pourrais remarcher dans combien de temps ?
  • Pensez d’abord à vous soigner avant d’espérer repartir sur le GR 5, vous allez devoir être patient. Nous n’en sommes pas encore là. 

Lorsque des heures plus tard je reviens dans le monde des vivants j’entraperçois du bleu, je serai donc au ciel, je n’ai pas le temps de le savoir que j’entends une question qui me glace d’effroi :

  • Monsieur Mario Crespin je suis l’inspecteur Bertrand et voici mon adjoint qui va prendre votre déposition, j’ai une seule question à vous poser ? Avez-vous tué Maud Crespin, votre femme.

Je ne comprends rien à leur question, Maud serai morte, j’ai l’esprit embrumé, je sens la douleur qui revient en force, pourtant je sens que je suis immobilisé, je vais délirer, gagner du temps, oui voilà je vais gagner du temps. J’ouvre et papillote des yeux, puis les referme et me laisse aller dans l’ouate qui m’entoure, j’entends au loin plus que je ne le comprends l’intervention d’une personne, il me semble que c’est le chirurgien qui m’a opéré :

  • Messieurs j’ai accédé à votre demande, mais Mr Crespin vient juste de revenir de la salle de réveil, il est sous morphine il ne peut pas être en capacité de vous répondre. Je vous laisse le droit de l’interroger mais pas avant demain matin. Je reste à votre disposition et avec l’autorisation de la police Suisse, nous laisserons devant sa porte un homme en faction, mais comme je vous l’ai dit il ne peut pas se sauver.

A suivre…

Images fugaces

Sur la terre assoupie au bord du champ

Dort encore pour longtemps

La cadole enfouie sous les ronces

Des lambeaux de nuages cachent le bleu du ciel

Offrant à l’arbre solitaire un paysage d’aquarelle

Où la rivière s’enivre de sa couleur.

La poussière du jour efface le visage de la nature

Afin que la nuit s’entrouvre au mystère

Pour nous emmenez rêver.

La chute (La traversée dangereuse )

Il est à peine 13 h on dirait que nous marchons depuis dix heures tant le vent nous oblige sans cesse à s’arrêter, se cramponner au sol, c’est titanesque et complètement fou que de vouloir vaincre les éléments.  Je ne fais que me répéter, enfin dans ma tête que je dois dire au « Commandant » de s’arrêter et de trouver une anfractuosité de rocher pour s’abriter. Mais je continue alors que jusqu’à présent j’en ai fait qu’à ma tête. Lorsque dans une accalmie de cette tempête de neige je porte mon regard sur mon compagnon de marche j’ai comme un éclair si ce n’est de lucidité c’est tout au moins de souvenirs. Cet homme ne met pas totalement inconnu. Son port de tête, sa marche bizarre me rappelle un autre homme. Il se découpe sur la crête et doit sentir que je le fixe car brusquement se retourne et m’assène

  • Alors Mario tu m’as reconnu ?

Je suis légèrement déstabilisé, il sait que je commence à comprendre que j’ai des doutes sur le fait que notre rencontre ne fut  pas fortuite. Tout était voulu c’est maintenant dans la situation ubuesque où je me trouve que je le comprends. Je sens que le piège se referme autour de moi. Je le fixe d’un regard perdu sans lui laisser le temps de penser que je comprends qu’il y a quelques choses qui ne tournent pas rond surtout que je ne vois toujours pas qui il est. Je me hisse du mieux que je peux et le rejoint sur la petite plate-forme qui domine les sommets Suisse. Ni l’un ni l’autre ne prononçons un seul mot, je sens comme une chape de plomb qui plane au-dessus de moi. Machinalement je penche la tête et voit les villages au bas, mais là plus près de moi des éboulis de rocher, quelques arbres, je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit à mon compagnon que je sens une poussée dans mon dos, je suis déstabilisé, je me retiens comme je peux, j’attrape sur mon passage une racine et la serre maladroitement, puis en ressentant une brûlure horrible je la lâche. A nouveau c’est une descente infernale, je vois passé devant mes yeux des arbres enracinés dans la pente, des ronces enchevêtrées que je traverse tel un supersonique, j’essaye de planter mes pieds dans la terre, c’est peine perdue je continue ma course folle sur le ventre. Les mains en avant je vois un morceau de bois, espérons qu’il va tenir et je m’y accroche désespérément. C’est à ce moment-là que plus bas, là où se trouvent mes pieds  je sens une douleur aiguë à la jambe, ensuite c’est le trou noir.

Lorsque j’ouvre les yeux je vois devant moi deux pieds, ce sont ceux du  « Commandant », enfin il va m’aider, mais je sens à nouveau une douleur, ce mec est dingue il m’écrase les mains avec ses chaussures de montagne.

  • Arrêtez ! Êtes-vous devenu fou ?

Un rire sardonique me réponds, il n’en finit pas de rire, en d’autres circonstances j’aurais pu adhérer, mais là il appuie de tout son poids et ne me laisse aucune chance, bientôt je vais continuer de tomber. Je ne dois pas perdre mon sang froid, ne pas m’énerver. J’ai une jambe sur laquelle je ne puis plus compter, à ce moment-là j’ai pensé elle est cassée. L’autre est encore solide, aussi avec cette dernière je cherche un appui pour poser mon pied et lâcher si je le puis le rocher sur lequel je suis resté accroché lors de cette chute terrible. Il faut que je me dégage de cette chaussure, c’est peine perdue, il la maintient serré. Il va falloir négocier.

  • Commandant, vous avez assez ri, maintenant il serait temps de continuer notre chemin, vous voyez bien que vos pieds sont dessus mes mains.
  • Effectivement mon petit Mario je le sais, et j’aimerais savoir, cela vous fait quoi que de vous retrouver dans la posture où c’est trouvé ce professeur il y a quelques semaines.
  • Je ne comprends pas, je n’ai nullement écrasé les mains de qui que ce soit.
  • Je suis d’accord avec vous, par contre vous ne lui avez pas tendu la main.

Je ne vais pas parler des heures sur ce qui s’est passé il y a trois mois, il y va de ma survie car l’apique est impressionnant en dessous de moi. Aussi je joue cartes sur table, possible que cela peut me sauver la vie.

  • Commandant vous n’y étiez pas, je puis vous assurer que je lui ai tendu la main, il l’a saisi mais hélas il n’a pas réussi malgré tous mes efforts à passer sa jambe sur le surplomb et petit à petit j’ai senti sa main se desserrer, je n’ai rien pu faire.
  • Tu aurais pu mon petit Mario te préoccuper de son sort, savoir s’il était encore vivant, lui prodiguer quelques soins, le soulager et si tout était fini lui donner la main pour l’accompagner dans la mort, et surtout appeler les secours, avec l’hélicoptère cela aurai peut-être pu le sauver.
  • J’aurais sifflé pour appeler, mon portable était HS, le temps était mauvais, je n’ai pas eu d’éclair de lucidité, je suis médiocre, tu es le meilleur alors ôte tes pieds, car tu me reproches de ne pas avoir sauvé cet homme, par contre toi tu veux me tuer délibérément. Tu es encore plus minable que moi.
  • Adieu Mario, cherche qui je suis pendant le peu de temps qu’il te reste à vivre. Je ne donne pas cher de ta peau, certes la descente est moindre que lorsque je t’ai poussé, par contre en-dessous tu as des rochers et ensuite il n’y a plus rien, je connais cet endroit, il y a de beaux points de vue, personne ne s’y est aventuré depuis qu’il y a eu des accidents, l’endroit est condamné. Lorsque les secours que je ne manquerais pas d’appeler depuis le village te récupéreront, tu feras les manchettes des journaux et nous y lirons que tu étais un imprudent.
  • Pauvre con, dégage, je n’ai pas besoin de toi.
  • Adieu Mario !

C’est un soulagement lorsqu’il soulève ses pieds mais il est de courte durée, il me soulève les doigts puis une main et essaye de me pousser, je m’accroche à ses mains, puis petit à petit il m’écrase une seconde fois la main et alors plus rien ne me retient et à nouveau je tombe en poussant un cri.

J’avais tout de même assuré ma chute, la douleur dans le pied me tétanise, il faut que j’arrive à me stabiliser, mon autre pieds cherche un rocher plat ou tout au moins un lieu pour me poser, mes mains sont à la recherche d’une faille dans le rocher. Je ne vois plus mon bourreau, la casquette du rocher doit me le cacher. Attend-il l’hallali ? Je suis plus occupé à chercher un appui, que de vouloir savoir ce qu’il fait, je dois à tout prix trouver un endroit pour pouvoir le temps que je regarde si je peux remonter rester calme et reposer mes jambes sur lesquelles la tension a donné un tremblement que je ne peux pas contrôler. A force de tâtonner, je sens que là en dessous il y a un aplomb rocheux avec une esplanade certes exiguë, mais je n’ai pas le choix, je dois me poser, voire même reprendre des forces. Mon sac à dos est toujours bien accroché, dedans j’ai la moitié du repas que nous nous étions partagé au départ. Dans ma poche intérieure de mon blouson j’ai aussi mon pistolet, je vais éviter de l’utiliser quitte à m’en débarrasser, ne voulant pas être soupçonné de quoi que ce soit si par malheur je ne mourrais pas. Être retrouvé vivant en possession d’une arme n’est pas à mon avantage. Enfin je réussis tant bien que mal à atteindre le rocher. Dans un premier temps je me laisse aller tant je souffre. Je dois m’assoupir quelques instants, car soudain j’entends des rires au-dessus de ma tête. J’ai l’impression que ce sont les deux péronnelles à qui j’ai fait faux bond.

  • Au secours ! A l’aide !
  • Ohé : où êtes-vous ?
  • Là en dessous !
  • Qui êtes-vous ?
  • Un homme, un randonneur, je suis blessé, pouvez-vous m’aider.
  • Mario c’est vous ?

Que leur dire ? Que je ne suis pas ce Mario dont j’entends dans leur voix comme une suspicion.

  • Oui c’est moi
  • Adieu, démerdez-vous tout seul, vous nous avez abandonné, maintenant nous devrions vous secourir, nous n’avons rien, ni corde, ni quoi que ce soit. Nous acceptons juste de prévenir dans la vallée, hélas nous avons encore quelques heures de marche.
  • S’il vous plaît vous pourriez appeler les secours. Vous devez bien avoir un téléphone.
  • Oui, seulement ils sont vide ; nous ne pouvons rien pour vous, si nous croisons des randonneurs venant en sens inverse nous leur signalerons votre présence dans les rochers en contrebas du chemin, c’est tout ce que nous pouvons pour vous aider. En attendant bon courage.

A nouveau plus rien, je suis désespérément seul, en plus j’ai mal et le froid commence à m’envahir, je vais essayer de prendre un pull sans faire tomber mon sac en bas dans le vide. Si je fais un seul écart je suis mort. En dessous il n’y a rien. Ce type doit bien connaître le coin pour m’avoir poussé au seul endroit où les rochers sont suspendus dans le vide, tels des arêtes, sans qu’il y ai la possibilité de venir me récupérer, bien que le « Commandant » m’ ai parlé d’une montée interdite suite aux nombreux accidents. Des professionnels peuvent encore me récupérer de ce côté. Il faut que je téléphone, il me reste de la batterie. Je téléphone au seul numéro que je connaisse, tant pis si je me jette dans leur gueule, le peloton de secours en montagne ne me demandera pas ma carte d’identité, ils me sauveront même si je suis l’ennemi public numéro un.

  • Allo, je suis tombé du chemin de randonnée GR 5, je ne sais pas vraiment où je suis, la seule chose que je peux dire c’est que j’ai réussis à m’allonger sur une esplanade qui domine selon certains randonneurs des rochers par lesquels l’escalade est interdite.
  • Le temps de nous préparer, c’est bon nous savons où vous trouver, nous vous recommandons de vous protéger la température va baisser au cours des prochaines heures, il va certainement neigé. Si cela vous est possible laissez votre téléphone allumé, car je vois qu’il est doté d’un gps nous allons pouvoir vous récupérer plus facilement.
  • Merci !
  • Quel est votre nom ?
  • Mario grrrr

Je préfère couper la conversation ils croiront que mon téléphone ne passait plus. Je n’ose leur dire mon nom, pourtant il va bien falloir le leur dire, ils me rappellent.

  • Nous savons qui vous êtes, ne vous inquiétez pas, nous venons secourir toutes personnes blessées y compris les criminels.
  • Je ne suis pas
  • Un criminel, non cependant vous êtes recherché, en attendant reposez-vous, mangez, attachez-vous et essayez de dormir. Nous arrivons.

 Fin de la deuxième partie

A suivre…