L’astre de la nuit

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Dans son coussin de nuage la lune se cache en pâmoison

Nimbé d’un voile elle va surgir hors de son écrin

Parée de fil d’or elle joue à cache cache dans la nuit brune

Sans sa dentelle des nuages elle brille comme de l’or.

 

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Comme un diamant au cœur de la nuit

La voici grandiose devant nos yeux éblouis

La terre est suspendue face à cette beauté

Et cherche les étoiles perdues dans l’immensité.

 

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Elle est la fiancée d’un soir épousant son âme soeur

Elle en oublie son maquillage ombré

La voici resplendissante sans son voile de cristal

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A vouloir la saisir elle s’esquive en une ronde

Cueillant au ciel nos rêves vagabonds

Pour disparaître derrière son éventail.

 

Ce 14/11/2016 j’ai vu la lune pendant quinze minutes

Plus tard elle était trop haute, puis elle a disparu dans les nuages.

Ce sont des photos en couleur…

Un paquet bien encombrant ( suite )

 

  •  Je ne vois personne,
  • Il n’a pas mis ses pas dans les nôtres mais je le sais que l’on nous suit !
  • Mais c’est peut-être un randonneur comme nous.
  • Non, il ne connait pas grands choses à la montagne, mais il s’est pas mal entraîné, en fait avant-hier on nous a téléphoné du bureau des guides de Bourg St Maurice, qu’un type voulait un guide pour escalader le Mont Pourri.
  • Mais pourquoi t’appelait-il ?
  • Pour que je l’accompagne, mais quand ils lui ont dit avoir trouvé un guide de disponible et qu’il était gendarme, il a décliné la course. Je pense qu’il nous suit.
  • Seul !
  • Ah je ne sais pas mais je ne vois pas qui a pu le prendre pour la course ;
  • Et bien nous allons le savoir, nous n’irons pas au sommet avec une menace dans le dos. Qu’en penses-tu Pierre ?
  • C’est exactement ce que je vous propose.

Mais à cet instant nous entendons un cri d’horreur, suivis d’un appel au secours. Pierre n’hésite pas, il assure Xavier, nous demande de ne pas bouger et refait en sens inverse notre dernière montée. Il aperçoit suspendu au-dessus du vide un individu qui n’en mène pas large. Pierre ne se pose aucune question qui que ce soit il se doit de le sauver, il appelle Bastien qui de nous trois est le plus chevronné, Guillaume restera avec Xavier. Bastien rejoint Pierre et découvre le drame qui se joue à deux pas d’eux. L’homme a l’air épuisé, mais il ne faudrait pas qu’il leur joue la comédie, car c’est certainement lui que Rosine a observé à la jumelle. Aussi il s’en tiendra à ce que Pierre voudra, mais ce serai que de lui il le laisserait moisir ici. Ce genre d’individus qui ne va pas direct au but mais passe par la montagne pour leur parler, cela devient glauque et ça ne sent pas bon.

  • Monsieur ? Vous m’entendez, ne bougez pas répondez-moi.

Mais il ne dit rien, il a dû s’évanouir, il va falloir le remonter, nous devons le faire bien qu’il en coûte à Pierre. Mais en montagne, un blessé reste un blessé même si c’est un prisonnier évadé ou un grand criminel. Après tout ils ignorent si c’est l’homme qui a refusé son aide.

  • Bastien dit à Guillaume d’emmener Xavier au refuge, et ensuite qu’il nous rejoigne. Mais que Xavier ne cherche pas à redescendre, qu’il en profite pour appeler la vallée et demander à l’hélicoptère de venir chercher notre blessé. Aidés de Guillaume et Bastien ils mirent plus de trente minutes à remonter le blessé, celui-ci était blanc comme un linge et évanoui, il avait sa jambe de fracturer et une plaie au front, sans doute l’arcade sourcilière quand il avait fait le pendule. Mais ce qui inquiétait beaucoup plus Pierre c’est que le temps avait changé, l’hélicoptère aurait du mal à décoller si le brouillard était dans la vallée. Ici le Mont Pourri avait pris un capuchon de nuages et le brouillard faisait le yoyo. Avec un blessé et sans matériel il n’était pas question de redescendre, il fallait aller dans le refuge. Ils mirent plus d’une heure pour remonter alors qu’ils l’avaient fait si facilement il y avait plus de deux heures. Arrivés au chalet il a fallu qu’ils se rendent à l’évidence l’hélicoptère ne décollerait pas, de plus il y avait du vent. Ils allongèrent le blessé sur un des lits et Pierre commence à lui faire une attelle de fortune pour lui soulager la jambe. Le blessé gémi mais n’ouvre pas les yeux. Il lui ôte délicatement son blouson et Guillaume qui fume sa pipe observe et brutalement il sursaute et il s’exclame :
  • Bon sang mais c’est le frère du Colonel, il me semblait bien que je connaissais cet individu ; décidément ils vont tous se liguer contre nous « les de la Roche. »
  • Avec le nom qu’il porte ce n’est pas étonnant qu’il se soit fracassé le crâne contre de la roche.

Et les quatre amis s’esclaffent !

  • Sacré Xavier tu n’en rates pas une.

Mais le blessé entrouvre les yeux, il a l’air mal en point, ils ont bien envie de lui poser quelques questions mais celui-ci épuisé sombre dans un profond sommeil. Il profite de ce moment pour s’installer pour la nuit, à moins que l’hélicoptère puisse monter, Pierre va essayer de joindre son peloton, en montant par les Arcs ils pourraient venir récupérer l’individu et le mettre sous bonne garde à l’hôpital de Bourg Saint Maurice. Ils sortent un instant car la communication est mauvaise, et, Pierre pense qu’il joue au mort pour pouvoir capter ce qu’ils se disent.

  • Quand il aura repris ses esprits nous l’interrogerons, enfin toi Guillaume puisque tu le connais, mais c’est son petit frère au Colonel car il me parait bien jeune ?
  • En fait le Colonel nous l’a toujours présenté comme son frère mais je n’en sais rien ; je vais aller le fouiller et voir ses papiers.
  • Fais attention :
  • Tu as vu sa jambe dans quel état elle est, il ne pourra pas me courir après, puis le chalet est petit j’aurai vite fait de m’éloigner.
  • Nous ne l’avons pas fouillé nous ignorons s’il n’a pas une arme, fait très attention, du reste Xavier tu devrais rentrer avec lui ainsi que Bastien, le temps que je joigne mes hommes.

Au bout de quelques instants Guillaume ressort pour demander à Pierre s’il sait où se trouve le sac du frangin, Pierre qui téléphone lui fait signe qu’il ne s’en souvient pas, puis comme la communication est terminée il lui montre le sac qui est resté posé à côté des leurs. Il fouille rapidement le sac et stupéfait il voit la photo de Guillaume, sa femme et son fils ainsi que celle de Xavier. Les photos ont toutes été prises à Djibouti. Et, comme il l’avait prévu il y a une arme de petit calibre mais à bout portant elle ferait des dégâts. D’ un commun accord les deux hommes ôtent les balles et remettent l’arme dans la poche intérieure du sac, Pierre replace les photos dans le portefeuille et rentre avec Guillaume dans le chalet. Tous les sacs sont déposés sur le sol y compris celui du blessé. Celui-là n’a pas l’air de s’être réveillé, il va falloir s’occuper en attendant que les gendarmes arrivent par les Arcs.

 

A suivre…

 

11 novembre

 

mobilisation_generale_1914

 

3 août 1914 ordre de mobilisation générale

C’était le temps de la conscription

Aujourd’hui de 21 ans à 51 ans

Tous iront combattre.

 

carte

 

 Dans le premier mois déjà 300 mille morts

Exténués par les combats les soldats battent en retraite

Le Général  Joffre sonne la contre-offensif

C’est la bataille de la Marne.

 

 

garance

Au fond de leurs tranchées, dans la boue ils étaient

en rouge garance au début du conflit

Plus tard en bleu horizon

En avant , baïonnette aux canons.

 

tranchees

 

La Marne, Verdun, la Somme, 

Jusqu’aux chemins des Dames

1 million 200 milles hommes

Tués, blessés, disparus.

clemenceau

Novembre 1917 Le Tigre veut la victoire

Son gouvernement est celui de la poursuite de la guerre

Il se nomme Clemenceau « le Père la Victoire » 

Portrait d'un poilu francais vetu de son uniforme bleu horizon et equipe de son sac a dos, de sa gamelle, de son fusil et d'un casque, 1914-1918  (image colorisee)  --- Portrait of a french soldier dressed with his sky blue military uniform and carrying a backpack, with his tin dish, his rifle and his helmet , c.1914-1918

 

Ils sont mort les hommes que l’on aimait

Ils sont parti à tout jamais

Emportés par des éclats d’obus

Nous les pleurons ils ne sont plus.

cimetiere 

Ne les oublions jamais

Nous leur devons notre Liberté.

monument-le-creusot(Monument aux Morts du Creusot chez moi) 

 

Aujourd’hui, 98 ans après nous les commémorons

En ce 11 novembre 2016!

 

dardanelles1915

 

Et pourtant mon grand-père a finis de combattre en 1919 après l’armistice

En 1915 il est partis combattre aux Dardanelles.

C’était la Campagne d’Orient

Et même dans les Balkans.

 

troupes-coloniales-main

 

Et oui ils y étaient…

 

afrique

Aujourd’hui des migrants venus d’Afrique sont venus honorer la France sur les Champs Elysées

Comment nous l’honorons notre France en ce 11 novembre 2016?

 

 

Et les autres jours…..

 

Je n’ai pas voulu faire des raccourcis, j’ai juste dis mon ressentis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un paquet bien encombrant

 .

 A peine arrivé à Peisey Nancroix chez la mère de Guillaume , notre voiture est entourée par nos proches. Assia se jette dans les bras de son mari, ses larmes sont la meilleure récompense pour le travail que nous avons fait, mais elle sait s’effacer pour laisser sa belle-mère prendre à son tour son fils dans ses bras, l’enfant terrible comme elle l’appelle encore ; c’est un joyeux brouhaha qui envahit le village, quelques heures plus tard il nous semble que tout le village était dans la rue, tant notre aventure avait fait grand bruit dans nos montagnes, pourvu me glisse Guillaume que cela ne remonte pas trop haut. Il faut dire que la mère de Guillaume avait raconté à qui voulait l’entendre les exploits de son fils tant aimé. Mais dans nos villages la discrétion est de mise, surtout qu’en ce mois de septembre la majorité des touristes sont repartis. La mère de Pierre est aussi là, elle trouve que son fils fait plus vieux avec sa barbe, mais Pierre lui dit

  • T’en fait pas je vais m’empresser de la couper.
  • Oui, je préfère car là tu fais homme des bois
  • Non, maman du désert.
  • Puis je ne pense pas que ta fiancée va t’apprécier avec cette barbe fournie.
  • Elle m’a vu sur Paris, elle m’a trouvé un peu loup des mers.

C’est sur un éclat de rire que Pierre s’est précipité chez lui, où il a retrouvé Clémentine qui attends que son chalet soit finis de construire. La petite Kathleen dort dans son berceau à poings fermés.

  • Bonjour Clémentine, comme ta fille est belle, je pense que c’est parce que Mademoiselle dort que tu n’es pas descendue chez ta mère.
  • Voilà tu en connais la raison, et puis aujourd’hui c’est moi qui vais chercher les enfants à l’école. Mais toi va vite prendre une douche tu sens le sauvage.
  • Je suppose que c’est la raison pour laquelle tu ne m’as pas dit bonjour.
  • Oh Pierre je manque à tous mes devoirs mais il faut dire que tu m’as surprise, tu avais oublié que je squattais chez toi.
  • Pour tout te dire, oui mais c’est la preuve que tout va devenir normal.
  • Je suis fatiguée et vous savoir dans ce pays m’a empêché de dormir, j’espère que Guillaume ne va jamais repartir. En plus j’aimerais que Bastien réalise son rêve, certes il aime son métier mais quand on a des rêves ce n’est pas à 50 ans qu’il faut les réaliser.
  • Ah l’ami Bastien ce doux rêveur ! Il n’a pas changé.

Quelle belle rencontre de famille et d’amis, les plus proches étaient là, Pierre, Déborah et Xavier accompagnés d’Abeba. Tous les quatre comme a dit Rosine, vous êtes comme les mousquetaires. Rosine et Mathéo ainsi que Noa nous ont demandé de quitter la table, et pour la première fois Guillaume les a emmenés dans le grenier qui nous avait vus jouer étant enfants. Nous les entendions rire aux éclats et le soir Mathéo a dit à son père quand je serais grand je serais commandant des montagnes.

Il ne fait pas très chaud en ce 10 septembre, il est 5 h du matin nous décollons du refuge du Mont Pourris altitude 2374 m, direction le Lac Marlou, enfin nous l’avons mérité cette randonnée. Xavier nous accompagne, ce sera une première pour lui, mais depuis les événements il est devenu l’ami de nous tous, et puis ne sera-t-il pas d’ici la  semaine prochaine le mari d’Abeba ; ce qui fera de lui le beau-frère  de Guillaume. Il n’y a que Pierre qui n’a pas de lien de parenté mais c’est l’ami fidèle celui sur qui, les trois autres peuvent compter. Il a repris ses fonctions au sein de sa brigade. Aujourd’hui c’est lui le premier de cordée, n’est-il pas guide de haute montagne, il fait partis du PGHM (peloton de gendarmerie en haute montagne)

Nous avons 1530 m de dénivelé avant d’atteindre le sommet, nous ignorons si la glace va tenir, l’été a été assez chaud. Mais nous avançons en silence et continuons notre montée jusqu’au Grand Col qui culmine à 2935 m. A l’arrêt c’est Guillaume qui a semé le trouble en nous. Nous faisions le tour des événements que nous venions de vivre, quand soudain il nous demande à brûle pourpoint :

  • A votre avis qui accompagnait Ben en France, qui est ce mystérieux homme, qui selon ma mère était blessé, elle l’a entendu crier, je ne remets nullement en doute sa parole mais je me demande bien qui il était. Car en y réfléchissant bien, je suis d’accord que le Commandant Ben m’ai pris en filature de Djibouti à Paris mais il ne m’a pas suivi sur Paris, je me suis rendu au ministère des Affaires Etrangères, il n’y a que de là-bas que l’on a pu savoir mon adresse. Et, encore c’est celle de ma mère. Et non la mienne, et je ne pense pas leur l’avoir donné puisque je n’étais pas revenu en France depuis plus de dix ans.

En continuant leur montée cette petite phrase trotte dans la tête des quatre amis. Qui serait cette mystérieuse personne, et où est-elle ? Mais cela ne gâche pas notre escalade. Nous sommes en cordée, Pierre a pris Xavier avec lui, Bastien sera avec Guillaume, mais si ce dernier nous en a parlé c’est qu’il doit avoir des éléments que nous ignorons, nous verrons cela au moment de la pause pense Pierre en mettant son baudrier. Chacun met son casque et en route par la voie normale du Glacier de Geay. Pierre voit que le glacier est très crevassé. Deux ou trois séracs sont menaçants dans la traversée du Grand Col.

  • Attention chute de pierres

Cette petite phrase a le don de nous amuser lorsque Xavier répète :

  • Attention chut il y a Pierre.
  • Farceur, mais fais gaffe où tu poses tes pieds, c’est glacé. Nous aurions pu partir plus tard mais je veux être au sommet avant midi. En temps ordinaire, nous mettons entre 5 h pour monter mais nous pensons mettre une heure de plus, mais ce n’est nullement toi qui est en cause, c’est nous qui avons voulu nous dépêcher de faire notre course, plus tard ce ne sera pas possible il y aura trop de neige. Mais on reviendra.
  • Tu m’as bien coacher, t’inquiètes je suis bien capable de mettre un pied devant l’autre.
  • Tu es très sportif, et je ne me fais aucun souci.
  • Allez continuons.
  • C’est de la haute montagne et du glacier, une autre fois nous t’emmènerons sur l’autre voie, là-bas il n’y a que du rocher et cela se déroule en haute altitude et dans une ambiance aérienne.

Il est plus de 9 h du matin et il ne nous reste que l’arête pour atteindre notre Mont, il fait très beau, c’est une belle journée de fin d’été, une comme nous aimons. Nous prenons le temps de prendre un petit encas avant d’attaquer la plus périlleuse, l’arête. C’est Bastien qui relance la discussion qui s’était interrompue pendant le passage du glacier :

  • Dis-moi Guillaume pour quelles raisons tu nous parles de cette personne, aurais-tu eu un appel ces temps derniers ?
  • Ce n’est pas un appel c’est Rosine !
  • Rosine, ma fille qu’a-t-elle vue s’exclame Bastien !
  • Ecoute, elle ne m’a rien dit de particulier, c’est Mathéo qui nous a dit à sa mère et moi que Rosine menait une enquête, cela m’a alerté, et j’ai posé des questions à Mathéo.
  • Que t’a-t-il dit ?
  • Rosine a dit à un de ses amis à l’école et ce devant Mathéo qu’elle avait vu un homme se dissimulé vers la fontaine de l’hôtel, et quand elle avait pris ses jumelles, elle l’avait reconnu le Monsieur qui accompagnait Ben.
  • Ah voilà ou se trouve mes jumelles, c’est ma fille qui les a ! Mais il faut que je lui parle, elle ne doit pas se mêler de ça. Mais quand as-tu su cela ?
  • Hier matin avant que nous partions pour le refuge.
  • Tu penses à une personne en particulier ?
  • Non, je ne vois pas qui cela peut-être et surtout qu’est-ce qu’il nous veut ?

C’est à ce moment que Pierre a pris la parole :

  • Je pense que nous allons bientôt le savoir, je ne vous ai rien dit mais nous sommes suivis.

A suivre…

Ensorcellement

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Des pas feutrés s’évanouissent sur les petits chemins

emportant dans ses méandres les rires en cascade des enfants

Pour réveiller en douceur le pas du promeneur au petit matin

Qui laisse s’éloigner les bruits de la ville et des olifants.

 

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Deux rochers se murmurent des mots d’errance

Ils en oublient jusqu’aux marcheurs

Qui écoutent  montant des profondeurs

Ce que personne n’entends, juste le silence.

 

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En soutenant le ciel il en retient la terre

Il est là tel un promeneur solitaire

en attendant que la nuit l’étreigne.

 

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En repoussant les songes que la nature broie

Les arbres se blottissent en un frisson de soie

Et laissent entrapercevoir un drôle de sortilège.

 

EvaJoe le 09/11/2016