Vent de panique!

Quelques heures plus tard dans l’avion qui nous ramène en France, Guillaume reçoit un appel téléphonique de Xavier, la communication est mauvaise, il nous semble comprendre que le Colonel ne serait pas mort. Puis, plus rien pendant plus de quatre heures. C’est au moment de débarquer que nous apprenons cette fois-ci du chauffeur de Guillaume que le Colonel a été trouvé par sa femme avec son pistolet dans la main, une lettre à ses côtés, quand elle s’est penchée sur lui, elle l’a entendu lui dire :

  • achève-moi je souffre trop.

N’ayant pas pu ou voulu accéder à la volonté de son mari, elle a préféré appeler le Général qui a envoyé une ambulance pour l’emmener vers l’hôpital de Djibouti où le chirurgien des armées l’a pris en charge immédiatement, il était dans le coma à son arrivée. Xavier n’a pas réussis à vous joindre. Il a cependant réussis à subtiliser la lettre et vous demande s’il faut l’envoyer à la présidence, pensant et à juste titre qu’elle serait détruite avant d’être remise aux médias ou aux autorités sur place. Il a ajouté il y a des remous suite aux courriers envoyés. La presse s’affole et les manchettes de journaux titrent déjà : »Un vent de panique sème le trouble  dans les hautes sphères de l’Etat Djiboutien un Colonel rate son suicide, le Consul de France démissionne.

Lorsque Guillaume raccroche un pli soucieux barre son front et ce qu’il me dit me glace le sang :

  • Xavier n’a pas quitté le sol Djiboutien, cela sent mauvais, il nous faut le raisonner, il doit partir, il va être la proie qu’il faut abattre, quant au Colonel jusqu’à son suicide il l’aura raté.
  • Il l’aurait fait exprès il ne s’y serait pas pris autrement !
  • Il est dans le coma ;
  • Comme ça son procès aura lieu sans lui, facile de se rater en restant à moitié mort.
  • S’il devient un légume ; il ne répondra pas de ses actes.
  • Il ne faut pas culpabiliser, nous avons fait le seul geste qui nous semblait être le bon, nous savons pertinemment que si nous l’avions remis au Général il aurait minimisé les choses, maintenant le scandale va rejaillir sur de nombreuses personnes.
  • Si je suis appelé à la barre je leur dirais que dès que j’ai eu vent de ces horreurs j’ai préféré donner ma lettre de démission, ne voulant pas couvrir des actes aussi odieux d’un homme qui se disait mon ami. Mais je saurais prendre mes responsabilités, je ne veux pas être le bouc émissaire. S’il s’était tué je ne serais pas là à m’agacer, nous avions choisis la meilleure méthode maintenant il va falloir se justifier pour expliquer comment on l’a su et pourquoi on n’a rien vu venir.

Dernière partie

 

En atterrissant à Roissy Charles de Gaule nous voyons les manchettes des journaux, le Colonel de la Roche rate son suicide, sa femme a remis une lettre aux autorités françaises signée de la main de son mari. Un scandale se profile à l’horizon de l’armée. Entre temps nous avons eu Xavier il a enfin quitté Djibouti par le même chemin, il est dans le train qui va à Addis Abeba, il va retrouver celle qu’il aime, il sera en France d’ici une dizaine de jours, il lui faut régler certains détails. Il ne nous en dira pas plus. Nous passons sans encombre la douane. Au loin nous voyons Bastien et Déborah, ils nous attendent, l’ex Consul est passé inaperçu la nouvelle n’a pas fait le tour de Paris, personne ne nous a barré la route, nous pouvons rentrer chez nous.

Rapidement Bastien nous demande ce qu’il s’est réellement passé, il ne nous fait aucun reproche, il comprend que c’était réellement le mieux que celui de demander à un militaire de se donner la mort. A-t-il eu peur ? Ou a-t-il été dérangé ? A ce stade de l’enquête nous n’en savons rien. Nous saurons au retour de Xavier que le Colonel avait appelé sa femme alors qu’il agonisait sur le sol carrelé de leur cuisine, pour se donner du courage il s’était enfilé une bouteille de vodka.  Xavier était présent dans la maison mais il avait évité de croiser le Colonel pensant que ce dernier pouvait toujours retourner l’arme contre lui, il n’avait pas vu arriver sa femme et n’avait rien su avant que cette dernière affolée l’appelle au secours. Ce n’est que lorsque son mari eut été emmené qu’elle lui avait dit la raison de sa présence dans leur maison. 

Guillaume ne veut pas s’attarder sur Paris, il lui faut rejoindre sa femme la date de la naissance approche à grand pas. Bastien et Déborah regagnent leur travail et ce n’est qu’en fin de semaine qu’ils nous rejoindrons car malgré les événements nous décidons de maintenir l’escalade du Mont Pourris. Une voiture non officielle nous attend, nous avons de nombreux amis qui se dévouent pour nous. Nous décidons toutefois de nous arrêter chez un vieil ami que nous avons en commun, il est avocat et il nous aidera si le scandale venait à nous rejaillir dessus, mais comme il nous le dit, vous n’êtes pas accusé de quoi que ce soit, l’enquête n’a pas encore démarré. De plus si le Colonel ne survit pas à ses blessures il n’y aura pas de procès. Mais tant qu’à faire nous ne le redoutons pas ce procès au contraire cela peut nous satisfaire, même si le Colonel nous accuse de l’avoir poussé au suicide il verra rapidement que c’était mieux que de se trouver en accusé à la barre d’un tribunal militaire. Que fera la grande muette ? Ceci reste en suspens quand nous quittons notre ami.

Nous somnolons plus que nous dormons mais l’air vivifiant de nos montagnes ne tardent pas à nous réveiller. Nous voici enfin chez nous. Toute la famille doit nous attendre.

 

A suivre…

 

La sentence!

Avant de s’en aller Xavier récupère le pistolet du Colonel, il le fouille pour voir s’il n’a pas apporté des barbituriques ou une autre arme. Puis nous le laissons sous bonne garde.

Nous quittons la pièce et retournons voir comment Idriss s’en sort avec la femme du Colonel. Et là nous apprenons qu’elle a des révélations à nous faire. Et il s’en suit un dialogue qui va nous laisser abasourdis.

  • Avant que je vous parle dîtes-moi ce que vous me reprochez  Monsieur le Consul ?

Mais c’est Pierre qui va lui répondre, chacun a son rôle, et il lui assène ceci :

  • Je vous accuse d’avoir couvert votre mari, d’être devenue sa complice passive,  d’avoir humilié Abeba et certainement d’autres, de ne pas vous êtes opposé à votre époux quand vous entendiez hurler les fillettes quand il les violait. 
  • Je n’étais pas là, je ne le savais pas.
  • vous ne savez rien, vous vous moquez de nous. Vous saviez exactement ce qui se passait chez vous, mais vous n’avez pas daigné lever un doigt pour soustraire ces enfants à la folie de votre mari. Était-il brutal dans vos ébats ?

Madame la Colonel ne dit plus rien, elle se tasse de plus en plus sur son siège, mais Pierre ne se laisse pas apitoyer, il se souvient du regard de la fiancée de Xavier, apeurée, malade, en souffrance totale, honteuse, alors qu’elle n’y était pour rien.

  • Répondez-moi ? Comment se comportait votre mari avec vous ? Vous ne faisiez plus l’amour ?
  • Mon mari était bestial, moi aussi j’étais une proie pour lui, il m’a promis l’amour, la richesse et une vie meilleure, depuis que je suis avec lui, j’ai eu toutes les humiliations, j’ai honte d’avoir laissé faire mais je ne pouvais pas m’opposer à mon mari, il me fouettait autant que nos petites protégées si j’avais le malheur de m’opposer à lui. Lorsqu’Abeba s’est sauvée il a essayé de me tuer, je peux vous montrer ce qu’il m’a fait, et j’ai tellement honte mais j’ai été violenté par lui et deux soldats à qui il s’est bien gardé de dire que j’étais si ce n’est sa femme au moins la mère de ses enfants.

Pierre n’a pas le temps de l’empêcher, la femme du Colonel déboutonne son chemisier, se retourne et nous voyons son dos lacéré de coups de fouet, son mari a dû s’acharner sur elle. Nous sommes effarés, elle était sous sa coupe, car elle n’a pas pu s’infliger pareil châtiment. Nous appelons un médecin car Xavier trouve que certaines plaies suppurent un peu trop. Le médecin connu de Guillaume ne pose aucune question, mais Guillaume s’entretient avec lui pour lui dire qu’il allait rapidement remettre le coupable aux autorités. 

Les deux fils du Colonel ont été récupérés et déposés chez les religieuses qui vont s’occuper d’eux en attendant la suite des événements. Ces enfants n’ont pas à payer les erreurs de leurs parents. Le Colonel n’a pas attendu deux heures pour nous livrer la liste de tous ceux qui ont participé à ce drame qui mettaient en scène des jeunes filles de plus en plus jeunes ; à peine pubère pour distraire des vieux et nauséabonds personnages. Quand nous avons la liste en mains, nous voyons des noms qui nous renversent tant on leur auraient donné le bon dieu sans confession.

Le colonel doit vraiment se croire à l’hôtel, il en oublie même jusqu’à la raison de sa présence ici, il nous demande un verre et de quoi dîner car il n’a pris aucun repas avant de nous retrouver sur la plage. Xavier est tellement écœuré pat tant de mauvaise foi qu’il lui assène une gifle magistrale, ce qui fait dire au Colonel :

  • Vous allez me le payer Xavier !
  • Non ! Vous rêvez c’est vous qui allez payer avec dommages et intérêt ! Mais voyons ce que Monsieur le Consul vous réserve. A ton tour Guillaume ;
  • A partir de maintenant il n’y a plus de Colonel vous vous nommez Hervé et nous nous en tiendrons à ce prénom.
  • Vous pourriez m’appeler Monsieur de la Roche.
  • Ferme ta gueule Roche !

Pierre excédé n’a pas pu s’empêcher de lui dire de se taire, il n’y a pas mis la forme, mais il commençait sérieusement à lui échauffer les oreilles.

  • Nous te dirons Hervé Roche cela ira bien, tu es comme une roche inflexible ;
  • Vous pourriez par égard à mon grade me dire vous.
  • Si Monsieur le Colonel veut bien venir ici nous allons le démettre de ses fonctions.

L’ex Colonel aurait mieux fait de ne pas faire de vagues car cela donne une idée à Xavier qui fait retirer à Roche sa veste avec son grade. Il se retrouve en chemisette et cela ne nous dérange pas, il pousse un hurlement, lorsqu’il voit Xavier fouler aux pieds sa veste. Rapidement, nous le maîtrisons et nous lui mettons un bâillon, nous lui passons les menottes et le laissons réfléchir au sort qui l’attend.

Et sur ce nous le quittons pour aller se sustenter un peu, les grandes décisions se prennent souvent autour d’un plat. On ne va pas palabrer on sait exactement ce que nous allons faire. Dès cet instant nous transmettons la liste, pour ceux du Pays nous la transmettons au Président, possible qu’il soit mouillé dans ces horreurs mais on ne peut pas aller derrière chaque gars lui tirer une balle dans la tête nous ne voulons pas atterrir en prison ou être tué. Pour ceux,  qui sur la liste étaient en visite ils seront arrêtés à leur domicile en France, quant aux autres qui sont sur les différentes bases on va les offrir au Général qui les commande.  Il y a des gens de la vie civile et les autres sont des militaires. En ce qui concerne le Colonel c’est à nous de nous occuper de lui, c’est lui la tête pensante. De toute façon il  a vendu ses amis mais c’est bien gardé d’apparaître sur la liste. Ce qui fait dire à Xavier qui ne prend jamais de gants :

 «  Il doit chier dans son froc le rocher »

 

Le lendemain matin nous ne nous sommes pas demandés comment à dormis Hervé nous l’avons su par Xavier, il a essayé de le corrompre, inviter à se retourner contre nous, si dans un premier temps il a joué le jeu c’était pour mieux l’enfoncer, aussi ce matin nous avons décidés que notre punition serai à la hauteur de sa médiocrité. Nous avons imaginé un tribunal et nous l’avons fait comparaître.  Nous lui avons lu le chef d’accusation, nous lui avions proposé que l’un d’entre nous puisse être son avocat, il a tout refusé disant être capable de le faire lui-même ce qui nous a bien soulagé, aucun de nous avions envie de l’être, mais nous sommes plus civilisés que lui et nous l’aurions fait. Mais il n’a jamais émis le moindre regret, il devait penser que nous n’irions pas au bout de notre raisonnement.

Nous nous retirons, il est sous bonne garde, nous devons nous dépêcher car sa disparition va remonter aux oreilles du Général et nous voulons quitter pour toujours Djibouti, la famille d’Abeba et Assia allaient désormais vivre en Ethiopie, cela éviterait les représailles, de toutes façons ils étaient Ethiopiens, ils avaient de la famille là-bas ainsi qu’un lopin de terre. Ils étaient venus sur Djibouti pour fuir la famine des années 80, ils auraient dû en repartir il y a quelques mois mais Fha repoussait toujours le moment.

Lorsque deux heures après nous revenons dans la chambre qui a vu se dérouler un procès non conforme, le Colonel a refusé de voir sa femme, aussi elle n’a plus envie de rester dans le même hôtel que son mari, elle nous demande de la laisser s’en aller, mais nous la reconduisons dans sa chambre, et nous lui promettons de la libérer une fois que nous en aurons terminé avec son mari.

  • Monsieur Hervé de la Roche levez-vous et écoutez votre punition. Moi Guillaume Buffat, ex Consul déclare qu’à compter de ce jour vous méritez la mort, mais nous ne sommes ni juges, ni avocats, nous ne sommes pas vos bourreaux, ce n’est donc pas nous qui appuierons sur la détente, nous faisons appel à votre sens de l’honneur et du devoir, nous allons vous conduire à votre maison où l’ensemble de vos domestiques ne s’y trouvent plus, nous allons vous remettre votre arme et vous vous suiciderez, mais auparavant nous vous demandons de signe ce courrier sur lequel vous avouez ce que vous avez fait et la raison pour laquelle vous vous êtes suicidés. Si par hasard demain matin vous êtes encore vivant nous désignerons l’un d’entre nous pour vous tuer et comme cette lettre sera déposée auprès de votre corps l’enquête souvent bâclée ici conclura à votre décès selon votre volonté. Comme nous sommes magnanimes nous vous laissons la parole une dernière fois.
  • Je voudrais dire au revoir à mes enfants, les embrasser une dernière fois.
  • Vos enfants sont repartis pour la France, votre belle-mère qui était arrivée hier s’en est chargé c’est votre femme qui a accepté qu’ils quittent le pays.

Ce sont les dernières paroles que nous avons entendu du Colonel, aucune larme n’est venu nous demander de l’épargner, mais fallait-il encore qu’il est un brin de bon sens, car sa femme l’avait bien compris soit il acceptait de se suicider, soit il y aurait un procès en France et sa famille et la sienne en seraient entachés, sans parler de leurs enfants qui allaient traîner sous leur nom les horreurs de leur père. La Colonelle avait déjà assez souffert et compte tenu qu’il y avait deux enfants, deux petits garçons, nous lui avons donner notre parole d’officier de ne jamais faire allusion aux coups qu’elle subissait, ainsi qu’au viol qu’il lui avait fait subir, quant aux deux soldats ils figuraient sur la liste et  ils étaient aux arrêts. Une fois que nous aurons quitté le pays, nous laisserions au chauffeur et au secrétaire du Consul le soin de venir lui ouvrir la porte. Bien qu’elle n’ait pas levé le petit doigt pour les jeunes filles, ni avertis les religieuses, nous la laisserons partir, elle n’aura pas assez d’une vie pour s’en souvenir et avoir des regrets. De plus elle avait assez souffert.

C’est Xavier qui va attendre qu’Hervé Roche se tue, il nous apprend moins de trois heures plus tard que c’est terminé. Il a déposé comme convenu la lettre qui explique son geste. Il rentrera en France avec Abeba, il est allé demander à ses parents d’accepter qu’elle devienne sa femme, Guillaume leur a écrit une lettre, ils sont invités au mariage d’Abeba et rencontrer leurs petits enfants nés et à venir..  Quelques instants avant d’atterrir en France, Guillaume interroge Pierre :

  • Est-ce que tu penses qu’il a eu le courage de le faire ?
  • Je pense que c’est Xavier qui l’a tué. Il n’a pas eu les couilles pour le faire.
  • Pierre tu parles très mal, jamais ta mère va accepter que tu reviennes sous les traits d’un voyou.
  • N’est-ce pas ce que nous avons été ces jours derniers !
  • Nous ne sommes que des justiciers, maintenant nous rentrons chez nous, je trouverais bien un travail qui va me plaire.
  • Avant ton mariage nous ferons le Mont Pourris avec Bastien !
  • Notre montagne est moins pourris que ce que nous venons de vivre.

A suivre…

L’expédition punitive (suite)

C’est la tête qu’il faut faire sauter, tout partait du Colonel, est-ce que sa femme l’avait suivis ou elle était obligé, nous allons l’interroger. L’interrogatoire cela me connait se disait Pierre, mais là il fallait le faire en tenant compte de ce que Abeba leur avait dit, tout en maintenant la « Colonelle » dans un état de peur comme elle l’avait fait sur l’ensemble des jeunes filles qui étaient passées chez elle. Auparavant le chauffeur du Consul avait discuté avec la petite de 15 ans. Ouf, il ne s’était rien passé car elle était arrivée le matin même de l’école des sœurs. Immédiatement, l’ex Consul, mais les religieuses n’étaient pas au courant qu’il avait quitté ses fonctions, avait téléphoné à l’école de Djibouti pour leur expliquer qu’elles étaient complice de la plus grande traite de femmes. Nous entendions Guillaume leur dire :

  • Si j’apprends que vous continuez à pourvoir le Colonel en fillettes je vous dénonce aux autorités françaises. Et tout le travail que vous avez accomplis ici, sera balayé en une heure.

Mais la mère supérieure avait compris la menace et le jour même avait refusé le départ de deux petites jumelles dans la maison d’un dignitaire du Yémen, plus exactement chez l’Ambassadeur.

Nous pouvions commencer notre interrogatoire, nous enlevons le foulard qui empêchait  « Madame la Colonel » de voir le chemin que nous avions fait depuis son kidnapping, nous l’avons assise brutalement sur une chaise et nous n’avons pas eu besoin de lui poser beaucoup de questions. Elle a rapidement jeté la faute sur son cher et tendre époux. Mais lorsque nous avons évoqué Abeba c’est un torrent d’injures à son encontre qu’elle nous a déversé. Elle s’est rapidement calmée quand nous lui avons rappelé ses gentillesses à son égard, rien que d’évoquer le viol de son mari sur des fillettes de 15 ans elle s’est calmée et nous n’avons plus rien entendu. Au contraire la peur la gagnant elle s’est mise à pleurer. Nous l’avons enfermé à double tour dans une des chambres et Xavier a accepté d’être son gardien d’un soir. Et nous lui avons donné un repas frugal mais nous lui avons prouvé que nous étions moins ignobles qu’elle. Xavier lui avait dit que demain matin nous la fouetterions autant de coups qu’elle avait donné à l’ensemble des fillettes dont elle avait la garde. Elle l’avait supplié de l’épargner. Mais il n’avait pas daigné lui répondre. Ce n’est que le lendemain matin en lui voyant les traits tirés, les yeux larmoyants qu’il lui avait dit que s’il avait à punir une personne c’était les salauds qui avaient profités des filles, quant à elle il la remettrait aux autorités françaises dès que ce serai possible, car elle était complice en couvrant son mari. Elle eut beau nous dire qu’elle ne pouvait lever un petit doigt chez elle, nous qui la connaissions bien, nous savions qu’elle était capable du pire . Mais en attendant il nous fallait nous préparer pour notre rendez-vous avec le Colonel. Nous ne savions nullement s’il allait venir seul comme nous lui l’avions recommandé ou si deux ou trois de ses amis l’accompagneraient, voire des soldats à qui il n’aurait rien dit, mais juste qu’il fallait l’accompagner.

Nous enfermons la « Colonelle » à double tour, Idriss qui nous a rejoints va pour cette nuit la garder, on ne sait jamais, si par hasard elle criait il serait contraint de la bâillonner, mais nous pensons qu’elle est plus tétanisée par la peur qu’autres choses.

Nous roulons aucun de nous parle, nous avons pris une arme de poing chacun, mais notre but ce n’est pas un vulgaire assassinat, cela ne rendrait pas leur honneur aux jeunes filles et femmes qui sont passées dans ses mains, nous voulons dans un premier temps faire appel à son statut d’officier, et pour le reste nous faisons confiance à Xavier. Il nous a mis au courant et Guillaume ayant donné son assentiment nous acceptons sa décision. La route est désertique et en fort mauvais état, lorsque nous arrivons il n’y a plus âme qui vive même les touristes en sont partis y compris ceux qui pratiquent la plongée, il y a des merveilles en cet endroit. Cette plage est acquise aux Français, peu de Djiboutiens y viennent.

Nous entendons le ressac et comme la nuit n’est pas encore là, voulant arriver à l’avance pour prendre position  dans un endroit où personne ne pourrait nous piéger, nous nous disséminons derrière les petits arbustes. Si le Colonel venait seul il emprunterait certainement la nouvelle route en bitume, nous, avions privilégié la piste, ne voulant pas tomber dans une embuscade dressée par le Colonel et ses comparses.

C’est bien aux alentours de 23 h que la jeep poussive du Colonel est arrivée par la nouvelle route, donc il pouvait être seul, mais toutefois nous nous tenions sur nos gardes. Le Colonel descend, il allume une cigarette, il est en face de nous, si Xavier l’abattait il tomberait mort. Mais Xavier s’avance face à lui et à visage découvert, le Colonel met de suite la main sur son arme, mais derrière lui Guillaume lui fait une prise de judo et il s’écroule au sol. Il se jette sur lui le maîtrise, aucun coup de feu n’a été tiré, personne n’est venu défendre le Colonel, nous le ramenons en ville. Assis à l’arrière il n’a pas dit un mot, il ne nous a pas demandé où se trouvait sa femme comme s’il avait déjà compris que tout était finis pour lui. C’est aux alentours de minuit que nous arrivons à l’hôtel il n’y a personne aux abords, mais rien ne nous fait peur, nous allons voir ce que le Colonel a dans le ventre. Nous le poussons sans ménagement dans l’ascenseur et nous regagnons la suite que nous avons réservée sous un nom d’emprunt pour pouvoir passer inaperçu. Rapidement le Colonel se retrouve face à 5 hommes. Il reconnaît le Consul et il change rapidement de couleur. Guillaume avait demandé que tous ceux qui le connaissaient ne soit pas avertis de son départ de Djibouti pour que le Colonel se retrouve dans la situation embarrassante ou il se trouve ce soir. Dans un premier temps il va tenter son vatout, mais rapidement i s’aperçoit que Guillaume est impassible devant ces mots de repentir qui sonnent faux dans cette chambre.

  • Monsieur le Consul il y a certainement un moyen de s’arranger, c’est le Commandant Ben qui a trahis ma confiance, moi je n’y suis pour rien.
  • Le viol à répétition d’Abeba et de tant d’autres, la filière d’organes, les humiliations, les morts dans le village de ma femme, les assassinats sous couverts de vos larcins, le kidnapping de ma femme, l’intimidation en France de ma mère et de ma sœur, ce n’est rien ? On va pouvoir s’arranger ; mais vous vivez sur quelle planète Colonel ? Et si vous aviez mis la main sur mon fils vous l’auriez torturé comme vous l’avez fait à des soldats qui vous désobéissaient comme peut en témoigner Monsieur X ici présent. Rien de ce que vous nous direz ne m’intéresse, tout au moins si c’est pour faire porter le chapeau à d’autres. Ce que je veux c’est la liste complète de tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin à vos outrages. viols et assassinats, et j’en passe. Il est 1 h du matin, je reviens dans deux heures, vous avez intérêt à l’avoir remplis, Monsieur X va rester avec vous, et si la liste est plus longue il vous donnera d’autres feuilles. Ensuite il m’appellera et je vous dirais ce qu’il vous restera à faire. Je ne vous salue pas Monsieur.

A suivre…

L’expédition punitive

Après cette phrase lourde de sens, Abeba s’est murée dans le silence, Pierre s’est douté que les horreurs n’étaient pas terminées mais que cette jeune femme n’en pouvait plus de raconter, de se raconter et de souffrir en son corps et son cœur.  

Au même moment  Guillaume lui  demande :

  • Il ne faut pas s’attarder, le temps presse, allons faire notre devoir.

Bien entendu qu’il est fin prêt, il est même sur les charbons ardents, l’ami Pierre, dans son sac à dos a glissé le strict nécessaire il ne s’est même pas embarrassé de vêtements, son ami lui les a fournis, il va se confondre dans la population. Par contre il a glissé une arme, il ne sait pas si en face il y aura du répondant. Il est préférable de se méfier. Xavier s’approche d’Abeba, la soulève comme une plume et la dépose dans le 4X4 qu’il va conduire, à l’arrière prends place Guillaume et Pierre. Le second est conduit par Idriss qui est accompagné du chauffeur et du secrétaire du Consul, ils sont partis pour l’aider ayant apprécié sa simplicité, sa gentillesse, son savoir-faire et l’amour de leur pays. Dès que sa femme avait été kidnappée ils avaient offerts leur service pour la retrouver, maintenant ils étaient partie prenante de cette expédition qu’ils espéraient punitive. Pendant que les voitures s’éloignent du lieu où la sœur d’Assia nous a raconté son calvaire, Pierre se rend compte que son ami Xavier et Abeba sont fort proches l’un de l’autre. Il s’en réjouit car en plus elle le mérite et en plus il forme un beau couple. Guillaume a un don pour lire dans ses pensées, il se penche vers son ami et lui susurre «  Toi aussi tu trouves qu’ils se sont bien trouvé »  

  • De qui parles-tu mon ami?

Mais au moment ou Guillaume va pour me répondre, Xavier nous lance :

  • Alors les cachottiers vous parlez de qui ?
  • De toi !

Par égard pour Abeba nous ne disons rien la concernant, nous lui laissons le temps. Puis jusqu’aux abords de l’arrêt du train nous ne prononçons plus un mot. Nous sommes plongés dans nos pensées. C’est parti ! Nous voici Monsieur le Colonel, nous arrivons. Des fous, des malades ont eu pendant des années un droit de cuissage, de vie et de mort sur des jeunes femmes et filles voire des enfants. Ils ont profités d’elles en les soumettant à leur folie. Personnellement je pense que pour Abeba cela a dû être très dure de nous raconter son calvaire, elle s’en est bien sortis, finalement heureusement qu’Assia est la femme du Consul, elle a pensé que lui seul pouvait l’aider. Tous les autres n’ont su que profiter d’elle, y compris ceux de son pays. Quel triste réalité songe Pierre. C’est Guillaume qui va rompre le silence, il s’adresse à Abéba. Il lui dit que le mieux pour elle ce serait de rejoindre sa famille qui est en lieu sûr qu’une femme n’a pas sa place avec des hommes aguerris, il ne la diminue en rien, il veut juste la sauver, aucun d’entre nous sommes certains à cet instant que nous ne subirons pas des représailles ou tout simplement que nous n’y laisserons pas notre peau. Est-ce le fait que son beau-frère prenne soin d’elle qui lui libère la parole. Mais elle continue son récit douloureux :

  • Avoir donné mon rein avait ouvert une porte à leur machiavélisme, si certaines femmes se prostituaient, d’autres étaient bonne à tout faire chez les dignitaires blancs ou noirs confondus. D’autres étaient en cuisine, nounou, peu enseignait aux enfants, tout au moins chez les blancs, mais chez les Djiboutiens ou autres d’Arabie elles pouvaient apprendre les bases aux enfants. Ben et le Colonel avaient mis sur pieds une filière de dons d’organes, et bien entendu ils avaient « le bétail » qu’ils voulaient parmi toutes les femmes. Si les organes des prostituées étaient à bannir celles des autres étaient bien, si au début on demandait aux femmes et filles par la suite je pense qu’il y a eu des excès, mais de toutes façons tout était répréhensible car on nous appâtait, on nous couvrait de fleurs, de bijoux, si pour nous c’était important pour eux c’était des babioles. A cette époque il y avait un nombre impressionnant de réfugiées d’Ethiopie qui habitaient à la périphérie de la capitale dans le bidonville. Si certaines vendaient du plastique pour le Yémen les autres survivaient, alors une poignée de billets pour donner son rein, voire pire.
  • Pire ?
  • Oui, une ou deux ont donné leurs cornées.
  • Quel horreur ! Ils sont pires que j’imaginais !
  • Guillaume je ne sais même pas le nombre de personnes qui sont mortes, car beaucoup de femmes que je connaissais ont disparues.
  • Ce petit manège a duré combien de temps ?
  • Je ne sais pas!

     

Un grand silence s’est établis, personne n’a réussis à demander s’il y avait autres choses qu’Abéba connaissait, cela était amplement suffisant pour intervenir. Auparavant Guillaume devait avertir la France, car il y avait des Français de concerner, hormis le Colonel personne ne savait qui était mêlé à ces ignominies. Mais Xavier à l’instant où il a arrêté son véhicule l’a dissuadé d’avertir son ministre de tutelle. On va régler le problème à ma façon. Mais ma chérie je veux que ton frère te ramène à tes parents, je ne veux pas que tu sois avec nous.

  • Idriss on est proche de la frontière, tous les deux vous avez un passeport, prenez une des voitures, nous irons vous récupérer dès que tout cela sera derrière nous. Idriss, si nous avons besoin de toi nous te ferons signe par qui tu sais.

Abeba a bien essayé d’insister mais Xavier a été inflexible et c’est à ce moment qu’il a choisis d’appuyer nos dires :

  • Chut mon amour, je reviendrais je te le promets.

Elle s’est jeté dans ses bras en sanglotant, par pudeur nous avons détournés les yeux et attendus que ces deux-là arrivent à se séparer.

Si l’une d’entre nous était partis, nous étions deux de plus dans le 4X4 mais c’était pour si peu de temps. Nous avons attendu tous les cinq que la voiture devienne un tout petit point et nous avons gagnés la gare la plus proche et nous nous sommes fondus dans la masse des voyageurs, il faut dire que ce train est toujours envahis par des milliers de personnes, on ne pouvait que passer inaperçu. Nous avions décidés de nous mettre hors la loi, de leur faire payer leur inhumanité. Lorsque nous sommes arrivés sur Djibouti nous ignorions tout de la tournure des événements, mais ce que nous savions c’est qu’ils n’oublieraient jamais ce que nous allions leur faire.

La chance nous a souris dès le premier soir Xavier a croisé la femme du Colonel, elle se rendait à son thé dansant chez des amis, où à son bridge, ce qu’elle faisait déjà du temps ou Abeba vivait chez elle. Elle était accompagnée d’une fillette d’une quinzaine d’années, certainement le nouveau joujou de son mari. 

Xavier savait que le Colonel séparait son travail sur la base de sa vie dans son couple. « La Colonelle » devait ignorer qu’il était limogé, au pire il aviserait. Il profite qu’elle soit chez des amis pour enlever sa barbe et se faire raser les cheveux. La petite fille a bien entendu hurlé quand Xavier a kidnappé sa maîtresse, mais rapidement nous les avons emmenés dans un lieu tenu secret. Le soir même le Colonel recevait un courrier dont les mots avaient été soigneusement choisis.

Voici ce que la missive contenait :

Mon Colonel,

Votre femme est entre nos mains, nous connaissons votre dextérité pour prendre sur les femmes qui vous intéressent leur cornée, leur rein, leur poumon y compris leur virginité. Nous vous demandons de nous retrouver demain soir à partir de 23 h sur la plage de Khor Ambado. Venez seul sinon nous prélèverons un doigt à votre femme.

 

Les vengeurs

A suivre…

Le cri d’Abeba (suite)

Mais c’est à ce moment que le Colonel est arrivé, il m’a ordonné de monter et m’a ramené à l’école des sœurs, devant Xavier il m’a dit que je ne devais pas fuguer sinon demain je serai obligé de me prostituer. Je n’ai rien osé lui dire, mais quand je suis arrivée devant l’école il m’a accompagné et a dit aux sœurs qu’il me ramenait car il m’avait trouvé sur la plage en train de flirter avec ses hommes. J’ai reçu une claque de la mère supérieure et elle m’a envoyé me coucher mais le Colonel lui a demandé si je ne pouvais pas venir travailler chez lui car sa fille de 8 ans était gravement malade et elle ne pouvait plus venir à l’école. Je la connaissais sa fille, elle était mignonne et sa peau était transparente mais je n’ai connu la raison  que lorsque je me suis retrouvée dans sa maison. Car mes parents étaient contents que le Colonel ait pu poser ses yeux sur moi et me prendre à son service était pour eux une magnifique récompense. Je n’ai jamais osé leur dire la raison pour laquelle il l’avait fait, il avait obtenu mon silence, je ne dirais rien à mes copines de l’école et en plus il m’aurait sous la main.

Notre seconde rencontre eu lieu deux jours après mon arrivée chez lui, j’étais seule car sa fille avait été emmenée à l’hôpital, elle souffrait d’une maladie de rein et tous les deux jours elle se rendait à l’hôpital où officiait un médecin de l’armée.

Il est venu dans la chambre que j’occupais chez eux, je peignais mes cheveux, il s’est littéralement jeté sur moi et il m’a violé, il a mis sa main sur ma bouche au cas où mes cris alertent les autres domestiques. Quand il est parti il m’a dit :

  • Tu es à moi, personne ne pourra te toucher, dans ton pays les filles déflorées sont des filles de mauvaises vies.

J’étais dans un état second, je ne savais pas ce qu’il fallait faire, mais j’ai eu la présence d’esprit de me laver et me relaver, je me sentais sale. Je m’en souviens comme si c’était hier car c’était le jour de mes 15 ans.  Chez nous les filles se marient à 15 ans, il savait pertinemment ce qu’il faisait. Mais deux heures après il est revenu à la charge, je me suis recroquevillée sous mon bureau, il m’a sorti de dessous, il riait et empestait l’alcool, là il a été plus gentil mais j’avais encore mal, il m’a dit je ne te viole pas, je te fais l’amour, rappelle-toi ça, car si un jour tu portes plainte contre moi je dirais que tu m’as aguiché.  Je me suis mise à pleurer alors il a refermé sa braguette et m’a dit ne pleure pas, je vais te couvrir de cadeau. Sur le soir il m’a apporté un bracelet en argent, mais je ne savais pas ce que cela voulait dire, mais je l’ai su quelques semaines plus tard lorsque j’ai croisé le Commandant Ben à la caserne où j’étais venu chercher la fille du Colonel qui m’attendait. Avant de rentrer dans le bureau du Colonel, j’attendais dans une pièce lorsqu’à la porte est apparu un homme dont beaucoup de personne sur Djibouti se méfiait, moi je ne l’avais jamais rencontré et je ne savais pas qui il était, il m’a demandé d‘un ton fort gentil qui j’étais, lui ayant répondu la nounou de la fille du Colonel, il m’a pris la main, a remonté ma manche et m’a dit : «  tu es la chose du Colonel, sa petite maîtresse », je ne lui ai pas répondu, j’ai baissé les yeux, il a ajouté, alors tu as aimé, tu as pris ton pieds. Mais à nouveau je n’ai rien dit, je comprenais qu’il pensait que j’aimais ce que le Colonel me faisait subir, mais je ne pouvais pas lui dire qu’il m’avait violé, mot que le Colonel avait mentionné quand il m’avait menacé. C’est sur ses entrefaites que le Colonel est arrivé, il était là sans sa fille et j’ai vite compris qu’il m’avait tendu un piège. Il m’a regardé avec un sourire méchant, et il a dit au Commandant Ben  «  tu la veux, je te l’offre pour la journée » Et je suis repartie complètement terrifier avec cet homme qui s’est avéré méchant et brutal et je suis devenue « la petite pute «  de ces deux animaux. Si le Colonel me donnait un cadeau, Ben me le reprenait, et si mon patron me le demandait, je n’osais pas lui dire que c’était son ami qui me l’avait repris, alors il me frappait en me disant que je l’avais perdu alors qu’il savait que l’autre prouvait de cette manière qu’il m’avait possédé.

 

Je m’occupais de sa fille et il me martelait chaque fois qu’il me possédait que j’étais sa maîtresse. Il m’avait fait un passeport car j’ai fait des séjours en France lorsque j’accompagnais sa fille et sa femme. Dès le premier jour sa femme s’est doutée que son mari me violait, mais j’étais à ses yeux que du menu fretin et elle s’en fichait du moment que son mari se protégeait, mais deux ans plus tard, une autre jeune fille est rentrée à son service et il ne s’est plus occupé de moi. J’aurais dû être soulagé mais à partir de ce moment-là j’ai sentis comme une menace encore plus terrible qui était au-dessus de ma tête. J’aurais dû quitter la maison puisque je savais ce qui allait arriver à la jeune institutrice, mais elle était blanche et la raison de sa présence c’est que le Colonel l’avait mise dans son lit sans la violer c’est du moins ce qu’elle m’avait dit. Je n’ai jamais pu savoir si c’était vrai ou faux, car moi non plus je n’aurais jamais dit à qui que ce soit qu’il m’avait violé, mais jamais je n’aurais dit être sa maîtresse.

Je devais quitter le Colonel et sa femme pour être au service du Commandant Ben, car bien entendu si le Colonel ne s’occupait pas de moi, il me prêtait à des amis à lui comme il disait, et mon calvaire a continué, mais je ne souffrais plus comme les premières fois, j’étais passive et me laissait faire. Mais le jour de mon départ la petite fille du Colonel est tombée en syncope, bien entendu la « Colonelle » comme tout le monde l’appelait m’a fouettée disant que c’était ma faute. Le Major qui est venu l’examiner a dit qu’il fallait lui faire une greffe d’un rein et il a dit au Colonel il faut faire un appel à tous vos hommes y compris à vos employés pour trouver un donneur compatible. Mais Madame ne voulait pas le rein des noirs, son mari s’est fâché et lui a dit je me fiche de leur couleur un rein, reste un rein.

Si pour les soldats, ce n’était pas obligatoire, pour nous les employés c’était une forme de remerciement à nos patrons. Quand les résultats sont arrivés j’étais la seule de compatible.

  • Sa fille a votre rein ?
  • Sa fille est morte
  • Ah et on vous a fait payer sa mort ?
  • En quelques sortes oui, Madame la Colonel m’en a voulu .Je suis restée entre la vie et la mort, pendant que la petite Charlène faisait un rejet et en est morte.

J’ai réussis à m’en sortir, mais le Colonel ne pouvait plus supporter que je sois présente lors des repas des deux autres enfants, aussi il m’a mis au service de sa femme et je suis devenue son souffre-douleur, jusqu’au jour ou excédé je lui ai jeté au visage que j’avais été la maîtresse de son mari. A compter de ce jour je suis devenue celle qui gênait et dont il fallait se débarrasser. Je ne pouvais pas vous raconter cela dans la vidéo aussi ai-je inventé autres choses pour que vous puissiez me venir en aide. Mais j’ignorais que je serais sauvé par le chauffeur du Colonel. Par contre c’est bien pour me défigurer qu’elle m’a rasé mes cheveux, la première fois que le Colonel m’a vu il s’est exclamé : « même avec un chapeau sur la tête tu seras toujours belle, j’aimerais que nous reprenions nos petits jeux. »

 

A suivre…