Enfin là!

Bastien n’a vraiment pas changé, pense Pierre, pourvu que la supercherie ne se retourne pas contre eux. Mais Bastien lui a expliqué que personne n’oserait dire à son supérieur que le premier ministre était venu et avait soustrait la jeune Djiboutienne aux yeux et à la barbe d’un escadron de gendarmes d’élites. Il connaissait bien ces hommes, n’était-il pas leur commandant il y avait encore quelques semaines ; mais depuis son projet de quitter Paris il avait accepté un poste à la police des polices. Légèrement plus calme. Personne n’oserait accuser un de ces policiers d’avoir pris l’apparence d’un ministre de l’état français, aux yeux de qui que ce soit c’était impensable. Ils avaient discuté dans la voiture des moindres détails, en ce qui concernait son visage  ils avaient prétendu qu’il serait malade et sortir en pleine nuit nécessitait de se couvrir, en plus la chance était avec eux il venait d’y avoir un orage, on voyait au loin quelques éclairs. Et puis Bastien, enfant était le roi des imitateurs, personne ne lui résistait. Dans la voiture il s’était entraîné et ma foi il avait dû tromper jusqu’à ses hommes puisque pas un n’avait pensé à un subterfuge. Ils venaient même de renvoyer l’ambulance et à présent il ne restait sur le tarmac que Bastien, Guillaume et deux autres hommes, l’un était un médecin et il avait examiné sur ordre du faux premier ministre la jeune femme. Pour l’instant la mère et l’enfant qu’elle portait allaient bien. Elle avait remis au médecin les résultats des examens qu’elle avait eu à Djibouti. Les résultats sanguins n’étaient pas bons lors de la première prise de sang mais les seconds n’avaient pas corroborés un empoisonnement du sang du fœtus. Ce n’était pas du qat mais une drogue moins nocive, juste un sédatif pour empêcher ses geôliers de l’entendre crier, c’est du moins ce qu’elle avait dit au médecin venu à la demande de Bastien.

Quant à l’autre homme c’était un ami de Guillaume, dès que celui-ci l’avait informé des problèmes qu’il rencontrait pour l’arrivée de sa femme, il s’était mis en lien avec  Bastien et depuis tout en restant dans l’ombre il s’était improvisé chauffeur.

Enfin Bastien déguisé en premier ministre et Pierre accueillent la femme de leur ami Guillaume, c’est une belle femme, grande avec un port de tête de reine, elle porte un tailleur vert qui la met en valeur ; à son cou un rang de perles blanches. Dans sa main, elle tient une photo, et elle sourit à Pierre et lu dit :

  • Vous avez légèrement changé mais je vous reconnais vous êtes Pierre. Guillaume m’a tellement parlé de vous et de votre ami Bastien.
  • Bastien nous attend, avez-vous beaucoup de bagages ?
  • Je n’ai que ce sac, nous n’avons pas pu aller chercher tous mes vêtements à la villa. Mais Guillaume m’a dit que sa sœur m’aiderait.
  • Ne vous inquiétez pas, tout le monde vous attends, venez nous prenons la voiture du premier ministre.

Si Assia a trouvé étrange que nous montions dans une voiture où deux drapeaux français flottaient elle n’a émis aucun commentaire, par la suite elle nous dira que cela lui avait paru bizarre mais qu’elle me faisait confiance.

La voiture s’est éloignée rapidement de la base militaire, en route Bastien a fait de nombreuses imitations d’homme politiques, mais aussi de Guillaume ce qui a bien fait rire Assia. Nous lui avons confié de quelle  subterfuge nous avons usé, tout en lui indiquant que le premier ministre avait été nommé le matin même. Ce qui nous avait arrangé car personne ne le connaissait et surtout sa voix était encore inconnu de ces hommes de terrain.

 Nous avons repris notre voiture et passer sans encombre, personne ne cherchait Assia, pourtant le lendemain un entrefilet sur le journal signalait qu’une femme avait faussé compagnie à ses geôliers, et, que lors de son retour en France elle s’était évanouie dans la nature. Cela semblait étrange, mais ni Bastien ni moi, avons eu à subir les foudres de qui que ce soit. Bastien ne m’a jamais dit qui était le chauffeur et où il avait récupéré sa voiture flambant neuve. Pour moi, peu importait j’avais répondu à mon ami, et maintenant il allait falloir veiller sur sa perle noire comme il la surnommait.

Avant de regagner Peisey, nous avons proposé à Assia d’acheter quelques vêtements chauds, nous l’avons emmené sur Grenoble dans un magasin où Clémentine se servait, elle a choisis de nombreux pulls et pantalons, elle a pris le strict nécessaire, le reste serait récupéré et apporté par Bastien dès la fin de la semaine. C’est munis d’un gros pull en laine sur son tailleur rouge qu’elle est arrivée accompagné de nous deux qui nous étions improvisés garde du corps. Guillaume avait été averti par Bastien que sa femme était en de bonnes mains et c’est au cours de cette conversation qu’il lui avait appris qu’il était le mari de sa petite sœur. Assia avait rapidement compris qu’elle arrivait non seulement chez des amis mais dans la famille de son mari.

Les retrouvailles avec Mathéo avaient été fort belles, l’enfant s’était jeté dans les bras de sa mère et tous les deux avaient pleurés longuement, puis Mathéo avait ouvert son sac à dos et donné à sa mère un téléphone, ce qui avait fait dire à son oncle que ce gamin pourtant jeune tenait de son père. Mais il avait consciencieusement remis sur son dos le sac, ce qui bien entendu nous avait de suite alerté, c’était là le fameux coffre secret dont nous avait parlé son père. Pour l’instant on se contentait d’observer, quand l’enfant aura repris ses repères, nous aurons bien le temps de vérifier ce que son sac pouvait contenir,  Mais à ce moment-là nous étions loin de nous douter de la découverte que nous allions faire.

 

A suivre…

Mornac sur Seudre

Il y a en Charentes Maritimes un petit village médiéval, ostréicole et artisanal. Il est le long de la Seudre. Mais pénétrons au cœur du village, nous parcourons les ruelles pavées désertés par les touristes en ce début septembre.

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De ci de là des fleurs aux balcons et en jardinières, chacune vêtue de ses atours de parade essayait d’attirer notre attention.

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Jpeg
Jpeg

Soudain au détour du chemin une boutique ouverte par laquelle s’échappait des odeurs de caramel au beurre salé qui nous titillaient le nez. Des berlingots, des bois cassés (spécialités du coin) ainsi que des sucettes à la pomme, à la fraise, à l’orange, au citron, à la mûre, au cassis ainsi qu’à la violette se trémoussaient sur un présentoir.

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Nous avons rencontré un vendeur charmant, et oui je ne l’ai pas pris en photo, mais ce fut intéressant car il nous a parlé de son travail, de son art je devrais dire d’une manière poétique qui nous a charmé.

C’est même lui qui s’est proposé de prendre les photos les voici:

 

p1010938On regarde le bois cassé !

p1010941On hume!

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On goûte! Et nous repartons munis de plusieurs sachets pour les offrir à ceux que nous aimons.

Nous quittons « la parenthèse sucrée », nom  délicieusement donné par son propriétaire.

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La visite se poursuit dans les ruelles pavées.

Un bénitier original qui n’est pas sans nous rappeler un coquillage:

 

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Nous quittons le village avec ces maisons aux façades blanchies  et  nous rejoignons les marais salants

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Ici les mots sont suspendus aux paysages!p1010919

Alors suivez-moi…

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Belles cabanes ostréicoles

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Des noms qui nous font sourire d’autres dont on en croque toute la substance!

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Un phare d’un autre temps (lire en dessous)

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Mes vacances sont certes lointaines mais toujours aussi vivace grâce à mes photos.

L’entretien ( suite)

Le Consul voit bien que cette petite phrase a jeté le trouble chez le Colonel, connaîtrait-il cette femme ? De plus en plus étrange, mais il ne lui dit rien et chacun se mure dans le silence. Puis le Colonel lui intime l’ordre de regagner la France et de ne pas chercher à revenir à Djibouti.

  • Mon Colonel avec tout le respect que je vous dois je ne puis abandonner mes beaux-parents.
  • Et bien qu’ils embarquent avec vous, nous pouvons faire une entorse au règlement si cela peut vous tranquilliser.
  • Vous savez bien que c’est impossible, ils ne quitteront jamais leurs pays sauf pour venir nous voir, mais leur vie est ici. Je préférerais qu’ils soient sous protection, mais je suis certain que ce n’est pas dans vos cordes. Alors laissez-moi trouver une solution et je vous promets que je quitterais le Pays d’ici ou une deux semaines.
  • Non ! Les ordres sont les ordres vous rentrez !
  • Je devais rentrer et personne ne me poussait à le faire.
  • Et bien depuis vingt minutes j’ai reçu l’ordre de vous évacuer avec votre femme et je m’en tiendrais à l’ordre reçu.
  • Laissez-moi avertir ma belle-famille.
  • Je mets à votre disposition mon bureau, appelez qui vous voulez et tenez-vous prêt.

Guillaume sent comme une suspicion dans l’attitude du Colonel, les deux hommes se connaissent bien ils ont assisté à des prises d’armes, ils sont allés ensemble chez le président de la République de Djibouti et dans d’autres festivités moins formels, mais là, il sent bien que c’est différent, aussi bien que cela lui en ait coûté il s’est bien gardé de lui dire que son fils avait récupéré une clef USB et non deux feuilles. Il est possible qu’il lui en ait parlé s’il ne l’avait pas vu angoissé lorsqu’il lui a donné les détails concernant la jeune femme enlevée. En fait c’est surtout le fait qu’elle soit sans cheveux qui l’ait effrayé. Quand il est de retour vers sa femme il lui dit que le Colonel veut qu’il parte avec elle, cette dernière de suite manifeste un trouble énorme, elle aimerait bien qu’avant il puisse mettre à l’abri sa famille.

  • Assia je vais passer quelques appels téléphoniques, si au moment du départ je ne t’ai pas rejoint, voici ce que tu vas leur dire.

Sa femme acquiesce, ils s’embrassent longuement, ce qui fait dire au Colonel qui les observe que ces deux-là vont se quitter, le Consul va jouer la fille de l’air, il lui faut le surveiller et l’empêcher de commettre l’irréparable. Aussi il repart à son QG à grandes enjambées pour téléphoner.

Pendant ce temps Guillaume sort de sa valise diplomatique le passeport de sa femme, elle peut en avoir besoin en France, et, lui remet une lettre pour sa mère et une autre pour son ami Pierre. Maintenant il lui faut sortir de la base, ce qui risque d’être plus difficile. Son chauffeur vient de le prévenir que la base est en ébullition, il n’en connait pas la raison, mais Guillaume comprends vite que le Colonel le surveille, il va rejoindre Assia et s’allonge sur la couchette proche d’elle, et pour éviter qu’il soit trop surveillé il commence à caresser sa femme, le jeune planton qui est chargé de sa surveillance, appelle le Colonel pour lui demander s’il doit assister aux ébats amoureux du Consul. Le Colonel souri et lui réponds, laissez-les faire, et revenez d’ici une heure nous serons à trente minutes de leur embarquement.

Dès que Guillaume entends les pas du jeune soldat s’éloigner, il serre sa femme dans ses bras et lui murmure, j’y vais, ne t’inquiète pas. Dans la cour il retrouve son chauffeur qui a pris une tenue adéquate pour sortir de la base, il donne au Consul un treillis que ce dernier passe, puis ils récupèrent une jeep apportée par un ami qui est sur la base et franchissent l’entrée comme les autres  qui partent sur Djibouti avant le couvre-feu dans les Quartiers (nom donné aux bidonvilles qui sont à la périphérie de la capitale). Mais au moment de s’engager sur la voie principale le véhicule s’arrête ce qui fait stopper les véhicules qui les suivaient, ils ont un pneu crevé. Le chauffeur leur fait signe d’y aller, une seule voiture s’arrête et son occupant demande s’ils ont besoin d’aide mais devant leur négation il s’en va. Dès que les feux de la dernière voiture ont disparu, le Consul monte dans une voiture qui l’attendait à l’intersection de la place du marché central. Il disparaît assez rapidement.

Pendant ce temps c’est le branle-bas le combat à la base, le Colonel vient de s’apercevoir que sa jeep a disparue ainsi que le Consul. Sa femme a l’air de ne plus comprendre le français, et le Colonel sait qu’il ne peut pas la brusquer mais son mari l’a berné et là il n’apprécie pas du tout. Il va devenir la risée de ses hommes et ne parlons pas du bruit qu’il va entendre au-dessus de lui. Il passe quelques coups de fil mais aucun de ces hommes ne peut lui donner la moindre explication. L’aéroport est sous surveillance il ne pourra pas quitter le pays. On fait rechercher sa belle-famille, mais dans les heures qui suivent l’embarquement de l’avion sanitaire rien n’est remonté aux oreilles du Colonel, le Consul s’est volatilisé, les dernières personnes qui ont vu celui qu’ils pensent avoir pris pour le Consul l’ont vu aux abords du marché central montant dans une voiture de couleur blanche. Mais cette dernière est retrouvée quelques heures plus tard aux abords du bidonville.

Pendant ce temps le Consul  a récupéré un land cruiser Toyota, les clefs lui sont remises par son chauffeur, ce dernier le quitte en lui souhaitant bonne chance. Guillaume  va emmener sa belle-famille aux portes du désert du « Gagadé », de là ils partiront rejoindre un campement, mais Guillaume les laissera, ils auront 5 à 6 h de marche, il sera en relation seulement avec son jeune beau-frère, moins il en saura mieux il les protégera, une fois dans la voiture il s’habille comme un autochtone Quelques heures plus tard le Colonel a reçu un message émanant de Guillaume :

« Désolé de vous avoir faussé compagnie mon Colonel, je repars en France par mes propres moyens. « 

Aucun mot sur sa famille, aucun mot sur Ben qui venait d’être retrouvé assassiné dans une rue du «  Quartier trois. » Il portait une pancarte sur laquelle il était noté : «  C’est ainsi que l’on tue les traîtres ».  Soit il est mort car on a su qu’il avait égaré des papiers, soit ce sont les hommes du Consul, soit c’est un simple règlement de compte, ce Ben se vendait aux plus offrants, on le connaissait comme étant sans aucun scrupule.

Malgré de nombreuses recherches diligentées par le gouvernement ainsi que par le Colonel, personne ne sut ce que Guillaume était devenu, petit à petit ils abandonnèrent leurs recherches, d’autres préoccupations les emmenèrent sur d’autres chemins qui quelques semaines plus tard allaient s’entremêler avec des faits troublants concernant Guillaume, ce dernier avait démissionné pour avoir les coudées franches. 

 

A suivre…

 

 

 

L’entretien…

Mais au moment où Guillaume va pour lui répondre, la porte s’ouvre, c’est le Major, il lui demande si tout est en règle :

  • Monsieur le Consul l’avion atterrira à la base aérienne de Villacoublay, mais et cela a de l’importance, il faut que ce soit un représentant de l’Etat qui prenne en charge votre femme.
  • Ne vous inquiétez pas, ce sera mon ami d’enfance le Commandant Pierre Masson. Il est en poste sur Bourg Saint Maurice mais il était auparavant à…
  • C’est bon ce nom ne m’est pas inconnu, de plus je me suis passionnée pour ces escalades, car je suppose que c’est le grimpeur aux mains nues.
  • Oui, c’est bien de lui qu’il s’agit, mais depuis son accident il a délaissé cette pratique pour gravir nos belles montagnes comme vous et moi.
  • Oh ! Vous savez moi, je ne monte plus sur les sommets, je me contente du sable à perte de vue. Mais avant que votre femme s’envole pour la « patrie » le Colonel voudrait s’entretenir avec vous, si vous voulez me suivre, Madame je vous souhaite un prompt rétablissement dans notre beau pays.
  • Un instant je dois m’entretenir avec ma femme mais je suis à vous.
  • Faîtes ! Je vous attends de l’autre côté.
  • Mon amour, je vais aller voir ce que me veut le Colonel, mais en attendant essaye de te reposer, les conditions dans lesquelles je t’ai retrouvé n’ont certes pas été néfaste à notre bébé mais il faut que tu te ménages. Je veux à nouveau voir fleurir ton beau sourire.
  • Dépêche-toi d’’aller le voir, et surtout n’oublie pas qu’il peut t’aider, si tu as confiance en tes amis d’enfance tu peux bien avoir confiance en ce Colonel.
  • J’y songerais ma douce et tendre femme.

    Guillaume en quittant sa femme est soucieux, cette dernière lui  a –t-elle tout dit sur les hommes qui l’ont enlevée et surtout il espère qu’elle n’a pas subis d’outrage. Ils en sont bien capable, l’enfant qu’elle porte ne les aurai pas arrêté dans leur sombre machination. Il lui faut le rapport du Major, connaître les résultats de son examen. Et, savoir si ce dernier est passé outre en ce qui concerne la drogue qu’elle a été obligé d’absorber.

    • Dîtes-moi Major avez-vous les résultats des examens de ma femme ?
    • Oui, que voulez-vous savoir ?
    • Avez-vous fait malgré mon refus des prises de sang ?
    • Oui
    • Et ?
    • Rien, j’attends votre ordre ;
    • Alors faites une recherche en toxicologie.
    • Le laboratoire de l’armée l’a pratiqué, mais pour vous en donner les conclusions je voulais savoir ce qui s’était réellement passé, du reste c’est la raison pour laquelle le Colonel vous a invité à cet entretien.
    • Invité ! En France on a les mots ;
    • Vous préfériez entendre Monsieur le Consul que nous avons reçu l’ordre de vous interroger, tout Consul que vous êtes.
    • Peu importe, ce ne sont que des mots, je me rends de mon plein gré chez votre chef. Vous m’accompagnez et vous pensez rester ?
    • Je vous accompagne et si le Colonel juge que ma présence est indispensable, il me fera signe de vous rejoindre. A bientôt Monsieur le Consul si ce n’est maintenant ce sera au moment du départ.

      Guillaume en se rendant chez le Colonel a remarqué ce que le major lui a dit au moment du départ, mais il n’est pas question qu’il quitte le pays sans savoir qui a mis en péril sa vie et celle d’un village entier, on y a tout de même dénombré dix morts, et mis ça sur une lutte fratricide alors que ce sont des fous venus de je ne sais où qui ont massacrés tous ceux qui leur résistaient. Quant à ses beaux-parents et ses jeunes belles-sœurs elles ont eu de la chance de ne pas être sacrifié au nom d’une drôle d’idéologie. Comme toutes les filles de Bho et Fha ont été emmenés c’est que ces hommes ne savaient pas laquelle était sa femme. Enfin voici le Colonel il fume sa pipe sur le seuil de son bureau, les deux hommes se connaissent mais jamais ils ne se sont rencontré dans une situation pareille.

      • Monsieur le Consul je vous remercie d’avoir accepté cet entretien,
      • Entretien mon Colonel vous en êtes bien certain, j’ai plus l’impression que c’est un interrogatoire informel mais interrogatoire quand même.
      • Monsieur le Consul si j’avais voulu que vous subissiez un interrogatoire il me semble que la raison serait intervenue d’un peu plus haut, et à ce jour je ne vous vois pas massacrant des hommes dans le village de la famille de votre femme. Par contre j’aimerais savoir ce que vous êtes allé faire en Erythrée ?
      • Ah je ne me suis pas aperçu avoir passé la frontière :
      • Vous deviez avoir un bon guide pour l’ignorer, de plus vous ne vous êtes pas fait connaître auprès du poste armée qui contrôle les entrées et les sorties de la piste, car vous n’êtes pas sans savoir que cette dernière est truffée de mines.
      • Si je suis devant vous, mon Colonel c’est que j’ai su les éviter.
      • Je ne pense pas que votre travail au Consulat vous ait permis de connaitre tous les endroits où les mines se trouvaient, vous étiez avec qui ?
      • Un de mes beaux-frères et un cousin m’ont accompagné, grâce à eux j’ai fait la connaissance d’un homme dont je ne connais même pas le prénom, je sais qu’il se fait appeler Monsieur X.

      A ces mots mon vis-à-vis ne dit mots, mais je sais qu’il connait l’homme qui a fait la sale besogne et délivré ma femme. Quand la conversation reprend il évite soigneusement ce sujet brûlant.

      • Votre femme est de retour, connaissez-vous la raison de son rapt ?
      • Je n’en suis pas certain mais je pense que c’est parce que notre fils Mathéo a eu l’idée de ramasser deux feuilles de papier qui sont tombés de la sacoche de Ben l’ex homme du président.
      • Avez-vous consulté ces papiers ?
      • Oui !
      • Qu’avez-vous découvert et où se trouvent ces papiers ?
      • Ils sont en lieux surs mon Colonel (sûr, il ne sait plus si c’est le bon mot).
      • Où ?
      • En France dans un coffre, ils me protègent pour l’instant, je ne pense pas que ceux qui les ont perdus ont envie qu’ils apparaissent au grand jour.
      • A part récupérer ses papiers qu’a vus votre fils ?
      • Il a vu une femme se faire enlever, nous ignorons jusqu’à son nom ;
      • Quelle description vous en as-t-il donné ?
      • Mon fils Mon Colonel n’a que 5 ans et demi, il m’a fait une description approximative.
      • Alors faîtes- la moi, dîtes-moi ce que votre fils vous a dit ?
      • Est-ce un ordre mon Colonel ?
      • Prenez-le comme vous voulez mais si vous parler il est possible que vous aiderez cette femme ;
      • Une femme métisse,  habillée tout en noir ;
      • Elle n’avait pas de voile ?
      • Il me semble que oui mais
      • Il vous semble où votre fils en est sûr ;
      • Si je me souviens bien ils lui ont arrachés son voile ;
      • Et, votre fils a vu autres choses,

      Le Consul de France à Djibouti hésite, puis finalement tant qu’à faire, il préfère tout lui dire.

      • Mon fils a remarqué une chose, elle n’avait pas de cheveux.

A suivre

L’attente

 Bien sûr qu’il a un autre moyen pour avoir des nouvelles de Mathéo et lui annoncer l’arrivée de sa maman , mais si  Mathéo est débrouillard et intelligent puisque depuis la rentrée il est en CP, « c’est un enfant précoce » lui ont dits les sœurs de l’école française. Il se demande s’il va se rappeler qu’il est 17 h et qu’il doit ouvrir le téléphone pour communiquer avec son papa. Il essayera tous les jours si cela ne marche pas aujourd’hui, il se souvient de ce qu’il lui a dit:

  • «  Mathéo chaque jour vers 17 h de la France tu ouvriras le téléphone, tu appuieras sur le bouton à droite, il s’allumera, tu feras le numéro de ton année de naissance, et tu attendras, si cinq minutes après je ne t’ai pas appelé c’est que tout va bien et que je n’aurais rien de nouveau à te dire. Tu éteindras le téléphone et le rangeras dans la poche secrète avec ce que tu sais. »

L’enfant lui avait montré qu’il avait compris lorsque dans l’avion vers 17 h il avait pris son téléphone l’avait ouvert et lui avait dit :

‘ – voilà comme tu n’as pas téléphoné je le range dans la poche secrète avec tes papiers.

Guillaume était ému quand il avait découvert que l’enfant avait tout à fait compris son message, mais maintenant il était en France et devait jouer avec les enfants du village et aussi avec les cousins et cousines. Mais le silence sur tous les téléphones de la famille l’inquiétait outre mesure. Aussi à 17 h soit trois heures avant l’embarquement de sa femme il avait appelé Mathéo, l’enfant lui avait répondu d’une toute petite voix pleurnicharde. Ce n’était pas dans ses habitudes, de suite il avait compris qu’il s’était passé un événement de la plus haute importance au village.

  • Papa !
  • Mathéo que ce passe-t-il ?
  • Le Monsieur de l’avion il est en France, il a détruit la chambre de Mathéo.
  • Lequel ! Monsieur Ben ?
  • Le grand qui a des lunettes noires
  • Mamie est-elle à côté de toi ?
  • Non je suis chez la maman de Pierre, tu viens quand papa ?
  • Mathéo à partir d’aujourd’hui si je téléphone je le ferais sur le téléphone de la maman de Pierre,  tu ne t’occupes plus de l’ouvrir à 17 h, tu m’as bien compris?
  • Oui, mais je ne l’ai pas ouvert devant mes cousins ni devant les grandes personnes.
  • Je sais, mais comme ta maman arrive tu n’auras plus besoin de ce téléphone. Tu le lui  donneras,  tu comprends?
  • Oui!
  • Passe-moi la maman de Pierre.

Guillaume entend son fils parler à la troisième personne :

Mathéo a son papa au téléphone, il veut vous parler.

Si la mère de Pierre est étonnée elle ne le laisse pas paraître à l’enfant, elle écoute attentivement les consignes de Guillaume, à mi-voix elle lui fait part des événements qui sont survenus quelques jours plus tôt, elle se garde bien de lui dire que sa maman en a subi le contre coup et qu’elle a été hospitalisée, mais tout cela rentrera dans l’ordre au retour des siens.

Les seuls mots qu’entend Mathéo c’est que sa maman sera bientôt en France et que Pierre devra aller la récupérer à Paris le surlendemain. Il ne dira rien à ses cousins tant qu’il ne sera pas serrer tout contre elle. La maman de Pierre passe le téléphone à l’enfant qui écoute attentivement ce que son père veut lui confier il opine juste de la tête et à la fin elle entend seulement promis juré. Puis l’enfant envoie à son père des baisers et il raccroche et éteint son téléphone et repart dans la salle de jeux avec son sac toujours vissé sur son dos où il rejoint ses cousins.

Lorsque Guillaume raccroche il est assez inquiet, la maison de famille a été retournée sans- dessus dessous ainsi que celle de sa sœur parce que Mathéo y avait passé la nuit. Ils seraient donc sur les traces de l’enfant, mais il avait pris de nombreuses précautions à sa descente d’avion, les autorités n’avaient donc pu retenir Ben assez longtemps. Il faut dire que ce dernier n’avait rien à se reprocher à Djibouti c’est juste parce que Mathéo s’était trouvé au mauvais endroit et que les hommes de main du président les avaient pris en chasse. Fallait-il avertir Assia que c’était Mathéo qui était au courant des derniers événements et qu’il possédait un secret bien lourd à porter pour un enfant de cet âge !Mais la maman de Pierre l’avait rassuré, il jouait avec ses cousins et arrivaient à manger de tout. Mais pourquoi sa mère n’était pas auprès de l’enfant, il faut dire que sa sœur avait accouchée un mois et demi avant la date prévue, elle devait avoir du travail, sa mère devait être avec sa sœur puisque personne ne lui l’avait passé. Il ne voulait pas rappeler pour en savoir davantage, si la maison était dans un drôle d’état il était préférable que les enfants soient ailleurs mais ensemble. Il avait pris soin de noter le numéro de téléphone de la maman de Pierre de cette façon il aurait des nouvelles sans déranger Mathéo, il fallait que son fils ne montre à personne ce que son sac possédait, y compris le téléphone. Il lui avait fait promettre de ne jamais l’ouvrir à l’extérieur et il préférait qu’il ne soit pas au bout du fil plutôt que d’attirer le regard de Ben qui devait tourner dans le coin, dans un village Savoyard, un inconnu et de surcroît noir doit immanquablement attiré le regard des villageois. Mais cet individu était assez malin, il avait trouvé des petites mains pour faire le sale boulot à sa place.

Maintenant il devait convaincre Assia de se rendre en France, il se doutait qu’elle serai partagé entre  rester à Djibouti et rejoindre Mathéo, mais il saurait la convaincre en lui vantant les hôpitaux français qui n’avaient rien  à voir avec ceux de ce pays.

  • Assia le médecin pense que tu seras mieux suivis en France, de toutes façons tu es ma femme et de ce fait tu peux partir avec le convoi sanitaire qui part demain matin.
  • Avec des soldats ?
  • Ne les vois pas comme ceux que tu as côtoyé jusqu’à présent, certains souffrent de paludisme, d’autres se sont blessés, et d’autres encore ont besoin de repos. En profitant du départ de cet avion, tu n’’auras pas besoin d’être inscrite sur une liste qui peut être consulté à tout moment par les hommes du Président.
  • Penses-tu que ce sont eux qui m’ont enlevés ?
  • Je ne sais pas, eux ou d’autres le résultat est le même ; que t’ont-ils dit si tant et si bien qu’ils t’aient interrogés.

Assia a un instant d’hésitation, lui faire part de leurs questions la met mal à l’aise mais il est grand temps de tout lui dire, elle va quitter son pays certainement pour toujours.

  • C’était brutal, du genre Qu’a vu votre fils et où est-il ? Et le Consul que sait-t-il ? Il ferait mieux de repartir en France sinon…

Rien qu’en repensant à ces moments horribles sa femme se met à sangloter, Guillaume la prends dans ses bras, la console et la berce, l’embrasse, et petit à petit elle se calme.

  • Ne me dis rien de plus, je me doute que si je ne leur dis pas ce que je sais, ils me tueront, je vais faire en sorte de me cacher car je ne puis leur dire ce que Mathéo a vu. Sinon ce n’est pas seulement moi mais toute la famille élargie qui sera tué. Ils sont incapables de discernement.
  • Moi, je pense que tu fais erreur Guillaume ce ne sont pas les hommes de mains du président, je pense que ce sont ceux de son adversaire qui est mécontent de ne pas avoir été élu.
  • Tu as certainement raison Assia, mais au stade de mes investigations je ne peux pas me rendre chez le président ou vers son ministre pour lui dire ce que j’ai vu, car j’ignore s’ils ne jouent pas double jeu.
  •  Guillaume fais très attention à toi, j’aimerais retrouver ma vie d’avant. Mais où se trouvait Mathéo quand il a vu cette scène irréaliste et qui est la femme qui a été enlevée ? Où est-elle en ce moment ?

A suivre…