Entendre

Ecoute le vacarme de la nuit

Entends-tu le bruit sourd de la ville

Je sais que tu ne m’écoutes pas

Le fais-tu exprès?

Entends ma voix j’ai tant de choses à te dire

Mais je veux que tu m’écoutes!

 

Sais-tu que tu es comme cet invité qui entre dans ma maison

Prends mon fauteuil près de la cheminée

Alors tu peux tout me dire

Mais  en plus de t’écouter je t’entends.

Je ne te convaincrais pas

Quand tu m’auras tout dit je ne penserais pas comme toi

Je ne me mettrais pas à ta place, tu resteras toi

comme moi je resterais la même.

Tu ne me donneras pas de conseils

et, même je sais que tu n’essayeras pas de me comprendre

Mais tu m’auras écouter;

Avec toute l’attention qui est la tienne.

 

En sachant écouter les autres, nous saurons nous écouter nous-mêmes, notre corps, nos émotions, c’est un long chemin, cela permet aussi d’écouter ce que la nature sait nous donner. Les poètes de tout temps aiment poser des mots, c’est dans l’écriture qu’ils s’épanouissent. Aussi j’ai posé ces mots pour dire que sur un blog on est souvent à l’écoute de l’autre. Même si ce que l’on écrit et sauf demande spécifique ne peut être jugé par les autres. Car à l’écrit c’est plus difficile de mettre une intonation de voix, d’avoir un dialogue.

Je dédicace mon texte à mes amis Gibee, Clara et Sabine qui  ont un grand sens de l’écoute. 

La vie d’à côté (suite 2)

  • Ah autres choses avant que vous partiez, je ne me fais pas connaître à qui que ce soit, y compris à Louise, il est possible qu’elle ne soit pas contente quand elle apprendra qui je suis, mais en l’état actuel des choses je préfère me préserver. Personne ne doit savoir que je suis la petite Amélia, du reste j’ai bien changé depuis nos 15 ans. Je vous dirais la raison de ma présence ici quand j’aurais fait le point. Car cette voiture qui me suivait ne m’inquiète pas outre-mesure mais il faut que je comprenne dans quel engrenage je me suis mise en réapparaissant dans la ville de notre adolescence.
  • Mais tu faisais quoi avant de venir ici.
  • J’étais photographe en free-lance
  • Et bien cela doit te changer d’être dans la « barbaque »
  • Effectivement, mais je sais m’adapter à toutes situations, par contre j’espère ne pas m’éterniser trop longtemps ici. Car je pense quitter la France dès septembre.
  • Tu as trois mois devant toi !
  • Deux, car j’ai pris un billet d’avion pour le Pérou pour le 8 septembre.
  • Ah ! Et aujourd’hui tu ne veux pas nous en dire plus ?
  • Non, plus tard, mais pour l’instant je dois mettre mes idées au clair,
  • Cela a un rapport avec la disparition de ta maman ?
  • Oui !
  • Alors nous attendrons, on te comprend.

 

Quand Amélia referme la porte, elle espère avoir mis ses amies en confiance, et surtout elle espère qu’elle ne sera pas trahie par Cathy et Lisette. Pendant les quinze jours qui suivirent ces rencontres secrètes, rien ne s’était passés, la vie aux abattoirs suivait son cours, personne n’avait embêté Myriam, elle pouvait flâner, personne ne la suivait, du coup son amie d’enfance Lisette était repassé par la petite route et avait appris par des fermiers qu’elle connaissait, qu’une grosse cylindrée noire avait quitté la route lundi en quinze. Cela confirmait les dires d’Amélia. Étrange ! Qui pouvait-il être ? Personne n’en n’avait rien dit ni dans les journaux, ni dans les laboratoires. Elle se demandait si elle devait en faire part à Amélia ; mais compte tenu qu’elle ne savait pas la raison pour laquelle elle était revenue, elle avait décidé de se taire, en espérant ne pas commettre une bévue.

Myriam partait tous les weekends dans la maison qu’elle avait héritée de sa maman disparue six mois plus tôt dans l’accident d’avion de la Malaysia Airlines. Avant de vendre cette maison, elle avait besoin encore une fois de caresser les bibelots entassés par sa mère et rapportés de ses voyages. Mais surtout de reprendre ses esprits et de comprendre ce qu’elle avait trouvé au fond de ce coffre fermée par une clef remise par le notaire il y avait tout juste trois mois. Au début Myriam n’avait pas osé l’ouvrir, puis en s’enhardissant elle avait introduit la clef dans la serrure. A l’intérieur il y avait un nombre impressionnant de photos prises au Pérou. On y voyait une fillette descendant des escaliers d’une jolie maison, puis cette même fillette était devenue une jeune fille, les photos de cette même jeune fille plus âgée il y en avait des tonnes jusqu’à celle du Machu Picchu, où au dos il était noté «  Adieu à mes amours » et la signature était celle de sa mère. Ses amours ? Qui étaient-ils ? Ses parents ? Un mari et des enfants ? Elle ne savait pas, Myriam avait eu beau chercher un lien avec cette phrase, elle ne comprenait pas ce que cela signifiait, mais auparavant il lui fallait régler une autre énigme en France à moins qu’elle ne soit relié entre elle ! Dès qu’elle aurait compris, elle quitterait la France et se rendrait au Pérou, mais en attendant elle avait méticuleusement continué à voir défiler sous ses yeux la vie de sa maman. L’Université à Paris grâce à l’argent que son père diplomate possédait, puis la coupure avec ses parents ca ils n’approuvaient pas ses fréquentations. Cela remontait vingt-six ans plus tôt. C’était certainement de son père qu’il s’agissait, c’est ce qu’elle pensait quand elle en était arrivée à ces courriers échangés entre sa maman et ses grands-parents. Mais, hélas elle s’était vite rendue à l’évidence, ce Pablo n’était pas son père, il était mort dans des circonstances mystérieuses la veille de leur mariage. Sa mère soupçonnait ses parents d’avoir fait assassiner par des hommes de mains l’homme qu’elle aimait. Puis pendant six mois il n’y avait pas d’indices, aucune lettre, enfin si il y en avait mais elle ne les avait pas ouvertes, ni sa mère, mais au vu des timbres elle savait qu’elles venaient du Pérou. Possible qu’avant de partir là-bas, elle serait obligée de les ouvrir. Pour l’instant elle pouvait vivre sans le faire, mais cette voiture entraperçue derrière elle pas plus tard que ce matin l’inquiétait ; aussi elle devait être prudente, et surtout trouver une cachette pour ce coffre. Mais auparavant il lui fallait relire les papiers la concernant et plus particulièrement les courriers échangés entre celui qui semblait être son père et sa maman. Toutes ces lettres étaient postées à deux pas de l’appartement où elle demeurait depuis trois semaines. Et, dans l’une d’entre elles, Amélia avait lu que son père avait bien avant sa naissance remis une clef à sa mère, cette clef ouvrait l’appartement où elle logeait actuellement. Dans l’échange des lettres entre celui qui était son père et sa mère elle découvrait un amour à la fois torride, tendre, passionnée jusqu’à ce que sa mère lui avoue se trouver enceinte. A ce moment-là tout changeait. Il la licenciait, tout en lui disant de garder cet appartement et d’en faire ce que bon lui semblait. Puis plus rien jusqu’à la naissance d’Amélia. Et, là à nouveau une lettre où sa mère avait souligné les passages les plus durs. En vrac, elle en avait relevé quelques-uns :

 « Sale garce tu as essayé de m’avoir, je ne veux pas entendre parler de cette gamine, débarrasse le plancher, mais auparavant rend moi la clef de l’appartement. Puis il y avait une série de menaces. Je vais te pourrir la vie, quand à ton fils  tu ne le verras plus jamais, du reste c’est un enfant ingrat, je pense le mettre dans un pensionnat jusqu’à sa majorité. Je lui dirai que tu l’as abandonné comme l’autre. »

C’était ce mot qui avait chagriné Amélia, ce père qui se fichait pas mal d’elle, parlait d’un autre enfant. Comment ce frère dont elle ignorait tout avait pu se construire loin de sa mère et de son père ? Quelle vie avait-il ? Était-ce Olivier ? Elle en était là de ces réflexions quand la sonnette de la porte d’entrée lui fit perdre ses moyens. Personne ne savait qu’elle était là, elle ne connaissait personne au village, et pourtant maintenant on tambourinait. Alors en glissant sur le sol plutôt qu’en marchant, elle jette un coup d’œil dans la petite cour, il y a une Clio noire, alors s’armant de courage elle demande :

    • Qui êtes-vous ?
    • Mon nom ne vous dira rien, mais j’ai des révélations à vous faire,
    • Ah sur qui ?
    • Sur le passé de votre mère ?
    • Je sais tout de ma mère elle ne m’a jamais rien caché, je ne vois pas ce que vous pouvez m’apprendre.

    Tout en lui répondant ça, elle sait qu’elle se voile la face car sa mère lui a caché une partie de sa vie, ces grosses berlines qui la suivent, ces hommes sont-ils de connivence, elle ne sait pas et n’ose pas ouvrir. Elle est complètement paniqué si la famille Carrée la voyait elle ne la reconnaîtrait pas.

    • Amélia !

    Elle sursaute, cet homme connait son prénom, qui peut-il être ?

    • Amélia ! Je suis votre frère aîné
    • Mon frère aîné, ce qui veut dire que j’ai d’autres frères ?
    • Oui !
    • Qui ça ?
    • Je pense que vous le connaissez mais vous espérez que ce ne soit pas lui !
    • Olivier ?
    • Oui
    • Et vous quel est votre prénom ?
    • Amélia, laissez-moi entrer, en me voyant vous comprendrez, puis je vous expliquerais tout. Je sais que vous avez peur, mais je ne vous ferais pas de mal.
    • Quel est votre prénom ?
    • Pablo !
    • Pablo ?
    • Oui, je suis le fils de Pablo l’homme qui aimait votre, enfin notre mère, mais personne ne l’a fait tuer, il est mort seul, c’était un accident stupide, si notre mère avait ouvert les lettres elle aurait compris, tout est expliqué à l’intérieur.
    • Qui a écrit ces lettres ?
    • Notre grand-père !
    • Est-il encore de ce monde ?
    • Oui ! Il nous attend tous les trois
    • Qui est le troisième Olivier ?
    • Justement c’est la raison pour lequel je suis devant ta porte, tu dois tout me dire d’Olivier, comment est-il ? Est-ce qu’il a des traits communs avec toi ? Avec notre mère ? Avec moi, mais pour cela tu dois m’ouvrir Amélia.

    Amélia est partagée entre la peur de se faire avoir, et le désir de connaître ce Pablo qui lui dit être son frère. Peut-elle lui faire confiance ? Mais avant qu’elle n’ouvre la porte, elle lui demande de glisser sous celle-ci son passeport ; et, après elle avisera.

    • Je vais faire mieux, je te glisse ma carte de visite, mon sésame ouvre-moi ?

    Lorsque la carte est dans les mains d’Amélia, elle est stupéfaire, on dirait sa mère en homme, et sa carte n’est pas banale, c’est une carte de police, elle comprend et lit l’espagnol. Aussi se décide-t-elle à ouvrir sa porte, complètement rassérénée. Il y a juste un moment de flottement puis les deux jeunes gens se jettent dans les bras l’un de l’autre.

    Les premiers moments d’émotion passés, Pablo lui explique la raison de sa présence, mais avant de s’en aller tous les deux vers le Pérou, il comprend qu’elle doit régler son passé en France. Elle n’a nulle envie de faire la connaissance de son père, mais elle veut en apprendre davantage sur son frère Olivier, mais Pablo a des doutes quant à son identité, aussi il va l’aider pour découvrir qui est réellement ce dernier. C’est Pablo qui lui confirme l’identité de son père, c’est bien le vieux, le grand Manitou des Abattoirs Carré,  RC pour Rolland Carré, ce sont les deux lettres entrelacées sur les mouchoirs de sa mère. Son intuition l’avait bien amené au bon endroit, mais lorsque Pablo apprend qu’elle a été suivie, il s’en inquiète et se demande la raison pour laquelle beaucoup de gens s’agitent autour de sa petite sœur.

    Après avoir quitté Pablo, elle se remémore cette journée, sa vie vient de basculer, de fille unique, la voici la petite sœur de deux frères, bien que Pablo ait des doutes sur l’identité réel du jeune Olivier. Pourtant il se ressemble. Tous les trois ont les cheveux d’un noir magnifique, chez Amélia il cascade en belle boucle, et chez les deux garçons on sent qu’ils sont rebelles et indisciplinés. Elle a vu des photos de Pablo enfant, il avait les cheveux longs bouclés comme ceux de sa sœur. Olivier quant à lui il fait en sorte de les laquer mais les filles du laboratoire parlent toutes de ces magnifiques cheveux bouclés quand il vient les lundis matins sans avoir dormis. Par contre ce qui la chagrinait avant de connaître Pablo, c’était la couleur de sa peau, elle avait une peau blanche laiteuse, Olivier était plus basané, par contre Pablo est cuivré. La seule choses qu’ils ont de commun ce sont leurs yeux verts. Pablo et Amélia ont les mêmes. Olivier ils sont certes vert mais différents. Quant au demi-frère d’Amélia, il a environ 45 ans blond comme les blés les yeux d’un bleu métallique, une allure athlétique et c’est Gilbert « le boss des Laboratoires Carré »

     

    Tout en roulant vers Tours, elle se remémore les propos de Pablo, il aimerait qu’Amélia barre la route à Olivier en lui disant qu’il est son frère, car il connait sa réputation et n’aimerait pas que sa jeune sœur soit entraîné dans une histoire sordide.

    Pour l’instant ce n’était pas possible il lui fallait rencontrer son père, « le Vieux «  comme tout le monde le nommait. Mais pour entrer dans la grande villa cossue qui était sur la colline il fallait montrer patte blanche, aussi c’était la raison pour laquelle avant de confier le coffre où était résumé une partie de sa vie, elle avait prélevé une lettre incendiaire de son père, pour lui l’a retournée sans un mot. Après elle attendrait pour voir la tournure qu’allait prendre la réaction de celui qui était son père.

    Mais hélas en arrivant lundi à 4 h tout allait se liguer contre elle. En effet lors de l’ouverture de l’abattoir et du déchargement des bêtes, couchés sur une des tables il y avait un macchabée sans tête.

    A suivre

La vie d’à côté (suite 1)

Après la pause on pourrait entendre voler une mouche dans le laboratoire aseptisé, les filles travaillent vite et bien, mais elles sont à bonne école sous le regard implacable de Mademoiselle, la contremaîtresse la plus aigrie et méchante que l’atelier d’emballage est connu depuis ces dix dernières années.

Le tocsin comme disent les filles  se fait entendre et là c’est la délivrance, les filles du découpage et celle de l’emballage se rejoignent toutes au sous-sol au niveau des douches. Mais pour les trente filles, il n’y a que trois douches, aussi elles passent trois par trois pour pouvoir rentrer le plus vite possible chez elle. Pour cette fois ci, Myriam décide de se passer de la douche, elle verra à l’avenir, chez elle, elle possède une baignoire et une douche, de plus à part cette odeur de sang elle ne se sent pas vraiment sale. L’atelier où plus précisément le laboratoire est d’une blancheur immaculée, bien que le sang laisse de grandes marbrures qui au fil du matin vire rapidement au brun rougeâtre. Mais à la pause les petites mains passent un coup d’éponge pour qu’à nouveau se soit propre. Soudain le brouhaha diminue en intensité on entend plus que le bruit de l’eau qui tombe sur les caillebotis en bois, quelques filles sont parties, Myriam va à son tour pour franchir la porte quand cette dernière s’ouvre sur « Olive ». Quel gougeât pense-t-elle, il ose s’introduire dans les douches des femmes, et devant son air goguenard elle lui dit :

  • Ah mince, vous arrivez trop tard, vous auriez pu me voir à poil.

Et, elle sort laissant ce fils à papa sidéré sur le seuil des douches. Les filles osent lui faire ce genre de remarques maintenant, mais personne ne lui a fait ce sale coup la première fois, au contraire, il les avait souvent trouvés à poil et il avait pu jouir du spectacle qui s’offrait à ses yeux, mais celle-là était d’une toute autre trempe. Mais il aimait bien ces passes d’armes. Il avait pratiqué ça toute sa vie, donc il saurait la mater.

Myriam quitte les filles sur le parking, elle fait connaissance de celles de la découpe, mais elle ne s’attarde pas, elle doit se contenter d’un petit hochement de tête, lorsqu’elle franchit la grille, le garde lui remet un badge, et lui dit :

  • Bienvenue Mademoiselle, je vous souhaite bonne chance au sein de l’ « Entreprises Carré », vous trouverez au dos de votre badge le code pour que demain vous puissiez à la fois franchir cette grille et à la fois passer la grille de la cour intérieure, c’est le même code. Mais ici il vous suffit de passer votre carte dans la fente et la barrière s’ouvrira, alors que dans la cour il vous faudra taper le code. Vous avez…

Mais soudain on entend une voix hurlée dans un haut-parleur,

  • Alors Michel ce n’est pas bientôt finis vos conciliabules, je n’ai pas que ça à faire ?

Monsieur Michel ouvre rapidement le portail et les voitures peuvent s’en aller, mais le frère du boss ne l’entend pas ainsi et il se précipite sur le pauvre garde à qui il flanque une magistrale gifle ce que voit Myriam dans son rétroviseur, mais hélas elle n’ose descendre de voiture craignant que son intervention la mette dehors plus vite qu’elle n’est rentrée. Elle ne doit pas faire de remous, ni se faire remarquer, déjà la chanson de Brassens tantôt elle aurait mieux fait de s’abstenir. Elle va prendre les petites routes pour rentrer chez elle, elle s’arrêtera dans la petite auberge, celle au bon goût d’antan, aussi bien côté nourriture que décor. Une petite chaumière aux volets marron et aux rideaux à carreaux rouges et blancs. Là-bas elle y est allée plusieurs fois, la nourriture est simple et la patronne est une vraie maman pour elle. Mais plus elle avance, plus elle a une sensation bizarre, il y a derrière elle une voiture noire aux vitres teintées, elle serait donc suivie. Voilà qui allait devenir palpitant. Adieu le repas à l’auberge, elle devait bien avoir quelques biscuits dans sa boîte à gants, en tous les cas sur le siège passager, elle a une bouteille d’eau, elle ralentit et boit tranquillement. La voiture derrière elle s’est arrêtée, faut-il qu’elle profite de ce moment pour accélérer. Elle verra si elle se fait des idées ou si elle est réellement suivie. Aussitôt elle laisse sa bouteille et passe rapidement une vitesse après avoir repris sa vitesse de croisière, elle accélère et disparaît aux yeux de celui qui s’est arrêté sur le parking improvisé. Elle connait la route par cœur, elle sait qu’à gauche il y a un petit chemin qui s’enfonce dans les bois, elle va tourner mais seulement si l’autre n’a pas eu le temps de redémarrer. Avant de prendre le tournant elle voit que l’autre démarre mais elle a une longueur d’avance, elle prend immédiatement le chemin de terre situé juste après le virage. Elle se gare et n’attends pas longtemps pour voir passer devant-elle la voiture noire, elle entend les pneus crissés sur la route. Si son poursuivant n’a pas l’habitude, il risque de faire une sortie de route. C’est probablement ce qu’il lui est arrivée, mais elle ne s’attarde pas à le vérifier, elle fait demi-tour et regagne la voie express et elle arrive sans encombre chez elle. Elle est accueillie par Cathy et une autre jeune femme qui a dans ses bras un bébé.

    • Mais où étais-tu passé cela fait une heure que nous t’attendons,
    • Tout d’abord, entrons, je vais vous raconter, et qui est cette dame ?
    • Amalia tu ne me reconnais pas ?
    • Lisette, mais il y a plus de 10 ans, et tu as changé.

    Elle n’ose ajouter et aussi grossis, en effet la jolie Lisette de ses quinze ans a dû prendre plus de 20 kilos, mais elle a un petit garçon dans ses bras, cela peut expliquer ceci. Mais Lisette s’aperçoit des questions que se pose son amie d’adolescence, aussi elle prend les devants et lui dit, je viens d’avoir des jumeaux et j’ai pris énormément de kilos. Mais dès que j’aurais repris le travail, tu as dû voir comme on est obligé d’abattre du travail, je vais rapidement les perdre. Myriam l’embrasse car son amie a dû se justifier devant elle, alors qu’elle ne lui avait rien demandé, elle a dû exprimer sur son visage ce que jamais elle n’aurait dû faire.

    • Bon les filles je vais manger un petit bout car je n’ai pas pris de déjeuner.
    • Mais qu’as-tu fait tout ce temps ?
    • J’ai dû fausser compagnie à un suiveur ;
    • A qui ?
    • Je l’ignore mais vous allez me le dire, il avait une voiture noire avec des vitres teintées. Il m’a suivi dès que j’ai quitté la voie express pour faire l’école buissonnière comme nous faisions autrefois quand nous rentrions du lycée.
    • Le Boss a une voiture blanche et Olivier son frère en a une rouge.
    • Et la contremaîtresse ?
    • Elle a une 2 CV, ce n’est pas une belle voiture noire, tu es certaine que l’on te suivait ?
    • Lorsque j’ai vu cette grosse voiture derrière moi qui mettait son clignotant à chaque fois que je tournais, j’ai pris le chemin forestier situé juste après le tournant et avant les épingles à cheveux. J’ai attendu, je l’ai entendu arriver, il a pris le tournant comme un fou, je pense qu’à l’heure qu’il est soit il est dans le fossé, soit en route pour l’hôpital ce qui revient à dire la même chose.
    • S’il a dépassé le chemin forestier c’est forcément qu’il n’est pas d’ici.
    • Oui ! En effet tu as raison, Lisette je n’y avais pas songé.

Allez oublions ce suiveur, et nous verrons demain comment la journée va se passer, pour aujourd’hui je me sens en pleine forme.

  • En tous les cas pour le bizutage tu m’as épaté, je voulais te le dire hier, puis Lisette m’a fait comprendre qu’il serait préférable que je m’abstienne pour que tu puisses le vivre comme chacune d’entre nous. Alors là chapeau ! Tu as certainement l’estime des tueurs et aussi de l’ensemble des filles. Par contre « Le Boss » va t’avoir à l’œil, méfies-toi de lui et de son protégé son cher petit frère.
  • Ne vous inquiétez pas mes amies, je suis blindée.

 

Hélas, il flottait déjà sur les abattoirs une odeur nauséabonde, comme si l’arrivée de cette jeune femme allait rallumer une mèche qui ne s’était jamais éteinte.

A suivre…

 

La vie d’à côté (suite )

Lorsque Myriam sort et se dirige vers l’atelier ou la viande est mise sous-vide, elle ignore qu’elle est déjà sous surveillance, mais cela ne la dérange pas, elle a un pied dans l’usine à viande comme disent les habitants du coin. La contremaîtresse l’attend, elle a vraiment une tête de peau de vache comme lui l’a dit Cathy, de suite elle voit cette dernière mais elles n’ont ni l’une ni l’autre un regard, il leur faut la jouer intelligemment. Personne ne doit savoir qu’elle a eu une partie de ses renseignements par son amie d’enfance. Aucune des filles et femmes ne lève les yeux de leur travail. Elles portent toutes sur la tête une charlotte, aux mains des gants et une blouse qui au départ devait être blanche et qui est à plus de 11 h de couleur rouge. Après avoir vu les différentes étapes de l’abattoir à l’atelier d’emballage, bien que dans le premier lieu il n’y ait plus d’animaux car ils avaient déjà été découpés en rôtis ou autres filets et emballés sous vide par les petites mains, elle a pu suivre et comprendre la manière dont se déroulait le travail.

  • Rendez-vous demain matin à 3 h 45 car la lingère n’est pas là, et pour rentrer dans les ateliers il vous faut vous changer avant. Donc vous viendrez un peu plus tôt je vous remettrais votre tenue de condamnés.
  • Elle éclate d’un rire sournois qui fait lever la tête de toutes les filles de la mise sous vide. Aussitôt se fait entendre un sifflement aigu, et toutes replongent le nez sur leur travail. Myriam a compris à quoi elle devrait s’en tenir. Faire le dos rond et attendre la suite des événements. Elle regagne rapidement son petit pied-à-terre et passe la fin de la journée à farnienter, elle attend le grand jour.

    A deux heures du matin Myriam fait entrer Cathy dans son appartement, elles parlent doucement comme des conspiratrices, puis éclatent de rire. De conciliabules en éclats de rire, elles sont fin prêtes pour aller travailler, mais chacune part de son côté, Cathy va récupérer une de ces copines que Myriam connaît mais pour l’instant elles n’en sont pas à se faire des courbettes. Elles vont s’ignorer jusqu’à la pause. Mais auparavant, Myriam va subir une espèce de bizutage par les hommes de l’abattoir, elle est avertie mais elle ne sait pas ce qu’ils vont lui faire. Quand elle rentre dans le vestiaire tous les regards sont sur elle, que ce soit Cathy où les  quinze autres filles, toutes la regardent d’un air goguenard.

Soudain un homme rougeaud de figure comme de mains crie :

  • Oh la nouvelle magnes-toi le cul, on n’a pas que cela à faire, allez viens on a besoin de toi. Myriam habillée comme toutes les autres va plonger dans un bizutage qui va lui donner des frissons lorsqu’elle s’en souviendra quelques mois plus tard. Dès qu’elle franchit le seuil de l’abattoir elle a en face d’elle dix bonshommes, l’un d’entre eux tient par les cornes une vache qui meugle. Celui qui l’a récupéré lui dit :
  • – elle sait qu’elle est là pour mourir !
  • Ah j’ignorais, la pauvre ! Enfin il faut bien manger ;
  • je ne vous le fais pas dire Mademoiselle. Je reviens, ne bougez pas d’ici. Parfois des bêtes nous échappent, donc je vous conseille de rester côté visiteurs.

Avant de s’en aller il met une chaîne et s’en va. De longues minutes s’écoulent puis, brusquement la lumière s’éteint, l’abattoir est plongé dans le noir. Au loin des meuglements lugubres se font entendre. Elle sent un souffle chaud, puis une voix off lui demande d’ôter ses gants et de poser les mains sur la table face à elle. Ce qu’elle fait, quand elle touche la table, elle remarque de suite qu’il y a de l’eau, voire du sang, oui c’est forcément du sang. Elle va voir le cadavre d’une vache. Elle ne doit pas hurler, c’est certainement ce que ces hommes attendent. Elle avance un peu plus loin la main et là elle sent que c’est chaud, visqueux et au moment où elle se pose la question de savoir ce qu’elle va découvrir, la lumière revient. Devant elle s’étend une masse immonde de boyaux qui nagent dans du sang frais. Elle reste impassible, pas un son ne dépasse ses lèvres, elle attend, puis ne voyant personne elle crie :

  • bon, alors vous avez fini de vous amuser car moi je n’ai pas que ça à faire, je dois travailler. Au revoir Messieurs.

 Elle tourne les talons laissant sidérer 12 hommes, car hormis les tueurs comme ils sont appelés, il y avait aussi le  « Boss » et le jeune homme aux yeux vert clair. Tous se regardent, ils n’ont jamais vu une fille avoir un comportement pareil. Toutes celles qui ont été soumises à ce bizutage se sont soit évanouies, soit ont hurlé de peur, mais elle les a renvoyé à leurs jeux sans un cri, au contraire elle avait beaucoup de mépris. Quand Myriam pousse la porte de l’atelier, il y a onze paires d’yeux qui la suivent jusqu’à son poste de travail. Même la contremaîtresse est subjuguée par cette jeune fille. Jamais aucune des femmes qui travaillent sous ses ordres ne s’est comportée ainsi, même pas elle, car ces coutumes ne datent pas aujourd’hui. Quand elle s’était présentée pour travailler chez Monsieur Carré, le vieux, elle avait eu droit à ce genre de bizutage. Elle se souvient d’une jeune femme qui avait eu, elle aussi un comportement exemplaire, mais elle avait trouvé que le travail était trop dur, et, elle avait quitté l’atelier de découpage quelques mois plus tard. Vite, elle doit se reprendre sinon elle va laisser l’avantage à sa nouvelle emballeuse. Hier au soir le « Boss » lui a dit que cette gamine était seule au monde et qu’elle devait l’avoir à l’œil et voir qui pouvait la connaître.

  • Madord, vous rêvez ?
  • Non Mademoiselle !
  • Alors prenez place et que je n’entende pas un mot jusqu’à la pause qui aura lieu dans un peu moins de quatre heures, d’ici là j’espère que vous avez pris vos précautions, car personne n’a le droit de sortir de son travail. À la pause par contre vous aurez droit de prendre un café ou une collation, de fumer une cigarette et surtout d’aller faire pipi.

Myriam ne prononce pas un mot, Cathy lui a fait la leçon, elle savait à quoi s’en tenir. Rapidement elle comprend le travail et l’exécute sans rechigner pendant les trois heures suivantes. Soudain une sonnerie se fait entendre, c’est la pause, les filles quittent leur blouse et se rendent vers le vestiaire. Mais Myriam s’en trouve empêchée par la présence du jeune « olive » comme le nomme l’ensemble du personnel, il lui barre la route, elle n’a que le temps de voir Cathy qui lui montre un doigt sur les lèvres qu’elle doit se méfier. Heureusement qu’avant de partir elles se sont donné un code.

  • Alors Myriam il paraît que vous vous êtes montré héroïques devant la masse de boyaux sanguinolents de la vache « Marguerite »
  • Ah c’était une vache ! Je ne l’avais pas remarqué, et, en plus elle portait un nom de fleurs. Tenez cela me fait penser à la chanson de Georges Brassens :
  • « une jolie fleur dans une peau de vache, une jolie vache déguisée en fleur, qui fait la belle et qui vous attache, puis qui vous mène par le bout du cœur. »
  • C’est ce qui m’attend avec vous ?

Elle s’éloigne avec un rire en cascade et le laisse interloqué, et ne sachant même pas la raison pour laquelle ce grand benêt lui a parlé de la vache. Était-il venu en admirateur  où avait-il une suspicion à son égard, elle en saurait sûrement mieux cet après-midi quand elle ferait le point avec Cathy, mais cet imbécile lui avait fait perdre du précieux temps de sa pause. Quand elle arrive dans la salle de repos, toutes les filles se taisent, puis brutalement elles l’applaudissent et viennent la remercier d’avoir tenu tête à la fois aux tueurs mais surtout au Boss et à Olive. Quant à la contremaîtresse, elle est assise devant la fenêtre et fume une cigarette, mais elle écoute les filles sans dire un mot. Elle songe que cette sale gamine avec son acte de bravoure va devenir l’égérie de toutes ces nanas. Elles vont devenir ingérables, elle en touchera un mot au Boss, il ne faut pas la garder. Mais elle sait que ce sera peine perdue, « le Boss » aime bien ce genre de femmes.

 

A suivre…

La vie d’à côté

 

Il y avait déjà quinze jours que Myriam avait rencontré Cathy, elle n’en revenait pas après toutes ces années où ni l’une ni l’autre n’avaient fait le premier pas, il avait fallu ce concours de circonstance pour qu’elles puissent à nouveau tisser des liens. Puis de fil en aiguilles Myriam avait appris que Cathy travaillait à l’abattoir Municipale de la ville voisine. Le patron était un dénommé Gilbert, un vrai salop c’est ce que disaient tous ceux qui en étaient partis. Mais Myriam avait ses raisons, elle voulait se faire embaucher et tous les moyens seraient bons pour qu’elle puisse entrer dans la place. Aussi, Cathy allait le lui permettre. Et ce matin, elle allait passer un entretien d’embauche. Mais devant sa glace elle, qui pensait ourler ses cils de son plus beau mascara vert, venait de recevoir un appel téléphonique, c’était Cathy, que lui voulait-elle ?

 

  • Oui, Myriam, je t’écoute Cathy
  • Myriam, j’ai complètement oublié de te dire, ne te rends pas à ton entretien maquillée, le Boss déteste.
  • Et bien tu as de la chance, j’ai faillis me mettre mon mascara, me peindre les lèvres en rouge carmin. Ouf ! Tu penses que je ne serais pas prise si je me maquille.
  • Oui, j’en suis certaine, met rien, vas-y naturellement.
  • Merci et à plus tard.
  • Tu me le diras si tu es prise ?
  • Oui bien sûr !

Myriam vérifie si ces bas ne sont pas filés, ce ne serait pas le moment, voilà il est grand temps d’y aller. Elle dévale les escaliers, passe par le sous-sol et récupère sa petite KA verte. Puis, elle prend rapidement la voie express et arrive sans encombre à l’abattoir Municipale. De l’extérieur c’est grand, voire immense. Elle parvient  sans encombre à la grille, il faut un laisser passer, mais il y a une sonnette. Au moment où elle va poser son doigt dessus, elle voit face à elle un jeune homme grand, brun au teint basané.

  • Bonjour, je suis de la maison, vous avez besoin de quelques choses ?
  • Oui, que l’on m’ouvre la porte j’ai un rendez-vous avec Mr Gilbert Carré.
  • Ah c’est vous que le « Boss » attend.
  • Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai rendez-vous à neuf heure, et, j’aimerais si possible ne pas arriver en retard.
  • Ne vous inquiétez pas Mademoiselle, le « Boss » n’est pas encore là. Même si cela se trouve vous risquez d’attendre longtemps.
  • Ce n’est pas grave j’ai tout mon temps.
  • Voilà Mademoiselle, vous devez vous diriger vers les bureaux, peut-être à plus tard ;
  • Si je suis prise à plus tard, mais d’ores et déjà merci.

Très absorbée par son rendez-vous, elle ne voit pas le regard que lui lance ce jeune homme ; il se gratte le menton et ne comprends pas la raison pour laquelle cette femme l’intrigue. Pourtant des femmes, ici, ce n’est pas ce qui manque. Elles sont au moins trente à travailler. Celle-ci vu son port de tête doit venir bosser dans les bureaux. C’est un beau brin de fille, mais ce n’est pas cela qui a alerté le fils du « Boss ». Il y a autres choses mais il ne sait pas ce que c’est. Il doit la connaître, il attend de voir si on va l’embaucher, et il ira voir sa fiche d’embauche pour connaître son nom de famille. Et, au pire il en parlera avec « le Boss ». Il déteste ne pas savoir, ici il règne en maître sur les filles, il connaît tout de leur vie. Si elles ont des petits copains, si elles sont mariées, si elles ont des enfants, en un mot il sait même si elles ont un amant ou si elles n’ont personne. Celle-là semblait bien renseigner pas une once de maquillage sur la peau, pas de rouge à lèvres, elle devait connaître une des filles de l’abattoir ou des bureaux. Il lui faudra suivre ça de prêt.

Mais revenons à Myriam, la voici dans un petit salon aux murs blancs assise dans un fauteuil en cuir marron, face à elle de grandes baies vitrées qui donnent sur la ville plus bas. Une table basse avec des magazines. Elle attend, elle n’a ni envie de lire, ni envie de regarder par la fenêtre, elle sait que c’est le moment dont elle a rêvé toute sa vie, se retrouver ici et le rencontrer. Mais elle n’a pas le temps de réfléchir que la porte s’entrouvre et la petite secrétaire qu’elle a entrevue  en arrivant l’introduit dans le bureau du « Boss ».

  • Monsieur Carré va arriver, vous pouvez vous asseoir
  • Merci Madame !

Elle sort, mais Myriam ne s’assoit pas, elle reste debout, Cathy l’a bien avertis, attention dans son bureau, ne prends pas un fauteuil surtout si le Boss n’est pas là, sinon il te renverra ; car Monsieur estime que si on s’assoit en son absence cela veut dire que l’on pense être sur un terrain conquis. Lorsque la porte s’ouvre sur le côté, elle sait de suite qu’il y a un malentendu, cet homme a dans les 45 ans, le jeune homme qu’elle a croisé en bas est plus son frère que son fils. Cela commence mal, mais tant pis elle est là, elle en saura mieux par l’intermédiaire de Cathy.

  • Mademoiselle ?
  • Bonjour Monsieur Carré je suis Myriam Madord
  • Oui, j’ai votre fiche sous les yeux, donc vous n’avez pas de diplômes,
  • Non, mais je suis une bosseuse et je peux faire tout ce qui se présentera,
  • Qu’avez-vous fait jusqu’à présent ?
  • Je vous ai apporté mes contrats de travail, les voilà ;

Il les parcourt et relève les yeux en la regardant d’une manière un peu interloqué.

  • Mais vous avez quel âge ?
  • J’ai 25 ans Monsieur Carré !
  • Vous avez quitté l’école à 16 ans pour quelles raisons ?
  • J’ai quitté le foyer où je me trouvais, j’ai fugué ;
  • Ah ! Vous n’avez pas de parents ?
  • J’ai seulement ma mère ;
  • Je vois que vous avez travaillé dans une boucherie. Bon je ne vais pas vous mettre dans les bureaux, mais à l’emballage. Je vais appeler une des contremaîtresses, on va vous montrer le travail. Vous pouvez commencer quand donc ?
  • Dès que vous me le dîtes.
  • Alors dès demain 4 h rendez-vous à la grille par laquelle vous êtes entré tout à l’heure.
  • Merci !

Et, sans autres formes de procès, ils se quittent, mais tout comme son frère tantôt, le « Boss » est dubitatif, cette fille lui rappelle quelqu’un ; mais qui ? De plus elle n’a commis aucune bévue comme si on l’avait renseigné. Il lui faudra la garder à l’œil cette fille.

 

A suivre…