Le souterrain de la désespérance (suite 5)

Le père de Marine ne répond pas, il a en sa possession un fait important, une voiture blanche genre fourgonnette se trouvait à la même heure où sa fille aurait pu déboucher du chemin qui arrive du bois. Cette camionnette était garée juste là à la sortie du bois. Que faisait ce drôle de type avec un vélo, d’où le sortait-il ? Était-ce le sien ? Il en est là de ses réflexions quand il voit arriver par le chemin du haut une voiture de police. Elle s’arrête à sa hauteur, et le gardien de la paix qui l’a fait transporter à l’hôpital la veille lui demande ce qu’il fait là.

  • Je pose des questions de -ci de-là !
  • Et ? Vous avez des réponses à vos questions ?
  • Oui, la femme qui habite la seconde maison a vu une camionnette blanche !
  • Quelle marque ?
  • Elle ne m’a rien dit !
  • Alors Monsieur Duchamp aussi difficile soit –elle la disparition de votre fille, je vous conseille de rejoindre des amis et d’attendre, je sais l’attente est longue, puis de toute façon des collègues vont venir fouiller la chambre de votre fille et voir si elle n’a pas laissé quelques choses. Et, ensuite on mettra votre téléphone sur écoute au cas où l’on vous demande une rançon.
  • Vous avez des biens et vous êtes à la tête d’une petite entreprise, des gens mal attentionnés ont pu voir une opportunité de se faire de l’argent sur votre dos.
  • Ma fille ne sort jamais, personne ne pouvait savoir qui elle était.
  • Alors il ne reste plus que la…
  • Vous privilégiez la fugue !
  • Nous ne privilégions rien Monsieur Duchamp nous regardons toutes les pistes, et puis pour vous faire plaisir nous allons aller interroger cette dame, mais rentrez chez vous, nos collègues doivent déjà vous attendre.

Monsieur Duchamp voit que devant chez lui il y a effectivement la police, aussi va-t-il à leur rencontre, la nuée de journalistes est tenue à distance respectable, personne ne l’ennuie et il peut rentrer chez lui en compagnie du jeune capitaine et de deux autres policiers. Ils lui promettent de ne pas saccager la chambre de sa fille et de n’emporter que ce qu’ils jugeront utile pour leur enquête. Il les laisse faire et se fait un café, il en a besoin pour tenir le coup. Quand ils redescendent ils n’ont que l’ordinateur de sa fille, rien n’a échappé à leur fouille mais sa fille n’a rien à cacher. Quant à son ordinateur si elle a eu des contacts sans qu’il le sache la police les trouvera rapidement. Eux savent fouiller même ce qui est caché. On va le tenir au courant, il songe ils vont me tenir à l’écart. C’est ce qu’ils ont dû dire aux parents de l’autre petite qui a disparu.

Du reste que lui a dit hier soir un de ses amis, qu’il ferait bien de se mettre en contact avec les parents de cette gamine. Aussitôt dit aussitôt fait, il a leur numéro de téléphone. Une sonnerie, deux sonneries, enfin on décroche :

  • allo ! Qui est à l’appareil !!
  • Bonjour, nous ne nous connaissons pas mais vous avez dû entendre parler de ma fille, je suis Monsieur Duchamp le papa de Marine !

Au bout du fil un grand silence, puis on lui dit :

  • venez plutôt chez nous, nous en discuterons ensemble, mon mari a appris ce matin certaines choses qui sont similaires à la disparition de notre fille. Mais j’espère que la police fera le rapprochement, aussi il est bon que vous en soyez informés, le kidnapping de vote fille va pousser les recherches dans ce sens.
  • Je me le demande car ils pensent que cela à un rapport avec la roue volée sur le scooter de ma fille, j’ai bien peur qu’il s’égare.
  • Venez, nous allons en parler et surtout nous soutenir.

Avant d’y aller il téléphone au VSL, ce dernier lui demande qui il est, puis il lui apprend que la fourgonnette blanche est partie vers la départementale, mais il ne peut en apprendre davantage.

Marine pendant ce temps erre dans le long couloir, elle a pu parcourir environ 50 pas, c’est peu mais énorme à la fois. Dans une des cellules elle a vu un escabeau, elle a compté le nombre de pas qu’elle avait fait comme ça si un jour elle était libre de ses mouvements elle pourrait revenir et récupérer cette échelle de fortune. Mais serait-elle assez haute pour atteindre un soupirail, elle l’espère. Ce qui l’a surpris c’est que la grille coulissait et que si elle avait voulu elle aurait pu toucher ce qui peut demain la sauver. Mais pour l’instant elle a froid et elle préfère repartir s’allonger sur le matelas. Au moment où elle va s’en retourner, elle entend siffler, elle ne sait d’où vient cet appel car c’est plus une personne qui siffle pour se faire remarquer qu’un siffleur genre chantre. Elle continue son chemin, elle n’entend plus rien, elle a dû rêver. Mais au moment où elle atteint sa cellule à nouveau ce sifflement aigu mais de plus en plus lointain. Possible que ces caves se trouvent dans un quartier de sa propre ville, le sifflement est peut-être un signe de ralliement entre plusieurs personnes, mais elle ignore si cela a un rapport avec elle. A peine assise sur son matelas que la porte qu’elle n’a pas réussie à atteindre grince à nouveau, quelqu’un vient. C’est l’homme qui répond au prénom d’Éric comme le lui a dit Claudie. Il lui apporte une robe, cette robe est noire, longue mais moche, mais ce n’est pas Marine qui va se plaindre, elle a des manches longues, l’homme la lui tend sans un mot et lui fait comprendre qu’elle doit l’enfiler. Assise elle ne se rend pas compte de la longueur mais l’autre la met debout et voit qu’elle y marche dessus, alors il prend une paire de ciseaux et entaille le bas et d’un coup franc déchire dix bons centimètres. Il la regarde en rigolant et lui dit :

  • C’est mon frère qui va être content, il n’a qu’une envie c’est te retrousser ta robe, et il éclate d’un rire gras qui fait peur à Marine, mais elle ose lui demander
  • – Vous ne pourriez pas me rendre mon maillot de bain,.
  • Regardez-moi ça! .Mademoiselle quémande, tu n’es rien ici, que la chose de mon frère, estimes- toi heureuse que je t’aie apporté cette robe. Ma Claudie n’y rentre plus dedans, elle attend mon bébé.

En entendant cette nouvelle, Marine est catastrophée mais elle ne laisse rien paraître, il va lui en falloir du temps pour digérer cette nouvelle. Voilà donc la raison pour laquelle elles ne sont plus ensemble. Pauvre Claudie les viols successifs ont eu pour résultat qu’elle attend un enfant de ce type. Mais comment peuvent-ils savoir se dit-elle que l’enfant sera bien de lui, les autres aussi l’ont violentés. Marine en pleure ce qui alerte le bonhomme. Il lui prend le visage dans les mains et lui dit :

  • Es-tu vierge ?

Marine ne lui répond pas, lui dire oui le motiverait sans doute à lui la prendre et lui dire non l’exposerait certainement à des outrages plus importants ; elle préfère se taire.

  • Comment ça tu n’en sais rien ?

Marine se tait toujours, elle attend la suite, elle a peur.

  • Tu es une petite poulette naïve tu iras bien avec mon crétin de frère. Je te le laisse mais attends- toi au pire ce n’est pas un tendre. Tout ce qui lui tombe sous la main il va l’utiliser pour que tu puisses perdre ta virginité, c’est un impuissant.

Et sur ce qu’il pense être un trait de génie il éclate d’un rire sardonique et laisse Marine dans le plus grave des tourments. Cet homme la tourmente verbalement.

A suivre…

 

Le souterrain de la désespérance (suite 4)

Marine est inquiète, elle espère qu’elle reverra son père, lui revient tous ses enlèvements en France mais aussi en Europe, cette fille qui avait vécu des années et qui avait eu une petite fille. Elle préfère mourir que de subir les assauts de ce type qui lui semble assez limité à la fois dans ses paroles et dans son comportement. Comment va-t-elle faire ? Elle a peur d’avoir mal de souffrir, elle sait qu’il peut se montrer brutal, elle s’en est rendu compte quand il l’a embrassé de force, bien sûr elle a résisté, est-ce qu’en se laissant faire elle aurait moins à en souffrir. Elle se souvient un jour de la discussion qu’elle avait eu avec Léa sa copine, elle parlait de viol, Léa lui avait dit : «  si un jour on veut me violer et bien je me laisserais faire, j’aurais surement moins mal » faut-il qu’elle se comporte ainsi, à l’époque elle lui avait dit j’essayerais de me sauver, mais bon là se sauver c’est impossible, à moins qu’elle arrive à l’amadouer et qu’il lui enlève ses chaînes. Oui c’est cela qu’elle va faire. Sans lui donner son corps, mais en se laissant prendre les parties de son corps qui l’attirent, mais il faut qu’elle soit plus intelligente que lui, il a beau avoir la tête près du bonnet, elle a bien lu dans son regard une envie irrésistible. La prochaine fois il lui faudra regarder autre chose, rien qu’à cette idée elle sent le rouge lui affluer au visage, jamais avant son enlèvement elle n’avait songé à regarder si un homme avait une érection.   Même ce mot elle n’ose l’imaginer dans sa bouche. Elle a honte d’avoir de telles pensées, mais il faut bien qu’elle sache à quels moments elle pourra à son tour jouer dans sa cour. Elle ne criera plus, rien que de penser à l’odeur qu’il dégage elle a un hoquet et vomi, elle a faim, le goût de bile qui lui vient à la bouche lui donne hoquet sur hoquet, s’ il pouvait venir et lui apporter de quoi boire. Comme elle aimerait boire un bon chocolat chaud, comme elle en a envie. 

 Perdue dans ses pensées elle n’a pas vu l’homme arrivé, il est là, il la regarde. A sa main un bol, il ne fume plus mais il va lui le faire boire, son frère lui a dit, si tu veux la garder en vie donne lui à boire, montres- toi gentil avec elle, après il te sera plus facile de la faire obéir. Si tu es sage je te la laisse pour toi tout seul. Il pousse la grille, la poulette sursaute, mais aussi bizarre que cela lui paraisse elle esquisse un sourire.

  • J’ai tellement faim et soif, merci !
  • Toi, boire, tu veux ?
  • Oh oui donnez-moi le bol ; c’est quoi ?
  • Du café
  • Ah je n’en ai jamais bu
  • Avec du lait, beaucoup de lait. Tu veux ?
  • Oui, alors il s’approche d’elle, lui ôte la chaîne à son bras s’assoit à ses côtés, passe un bras autour de son dos et lui donne à boire. Marine n’en revient pas, cela a un goût sucré, le café ne lui plait pas mais il semblerait qu’il y ait plus de lait. Il la tient serré contre lui, son cœur bat à plus de cent à l’heure, mais il faut qu’elle se contrôle. Elle a terminé de boire, alors il lui embrasse le front et lui murmure :
  • Gentille fillette ! Comme tu es sage je te laisse libre de tes mains, je vais même t’allonger la chaîne pour tes jambes tu peux aller te promener dans le couloir.

Et à nouveau il l’embrasse sur la bouche, elle sent sa langue s’insinuer dans sa bouche, elle a un hoquet et à peur de vomir, mais il la laisse et s’en va en laissant effectivement la grille ouverte. Alors elle se dit qu’elle a trouvé la solution pour l’amadouer. Ce café au lait était lourd à digérer ajouté à ce baiser, elle sent monter une nausée et se précipite pour vomir à grands jets dans le seau. 

Quand elle se rassoit elle est encore plus mal qu’avant de déjeuner. Elle va aller se balader dans le couloir voire jusqu’où la chaîne va pouvoir la laisser aller. Mais pour s’échapper il faut qu’il lui ôte ces chaînes et surtout qu’elle lui demande des vêtements. Elle prend la couverture et s’en va, un pas puis deux, elle passe devant d’autres grilles, il n’y a pas de lits, personne, elle se demande où elle se trouve. Des mines dans la région il y en a mais personne n’a dit qu’il y avait des cellules. L’ancienne prison est dans le village voisin, mais ce n’est pas sous terre. Si cela se trouve, ces hommes ont créé ce lieu inhumain de toutes pièces. Depuis quand cela dure ? Y-a-t-il eu d’autres disparitions ? Hormis Claudie qui vient de partir dans la maison de son kidnappeur, elle n’a jamais entendu parler de disparitions dans le coin.

 

Après avoir quitté l’hôpital le père de Marine a passé une nuit terrible, sa fille est venue dans ses rêves en lui criant de la sauver, il la voyait enfermée dans une maison isolée, ou jeter dans un puits ou emmurer vivante dans une cave. Quand il se lève au petit matin il est dans un état second. Il n’a goût à rien, il est prostré depuis dix minutes, soudain son téléphone sonne, et si c’était sa fille, mais non c’est un policier qui l’informe que l’on a découvert le téléphone de sa fille à trois cents mètres du champ qui borde le lac. 

 Cela l’effraye et le rassure, mais le policier ne lui laisse pas le temps de reprendre ses esprits, il lui dit que l’on vient de faire un appel à témoins, que l’alerte enlèvement sera diffusé sur toutes les chaines de télévision ainsi qu’à la radio. Il bredouille un remerciement et s’en va prendre une douche. Il lui faut acheter un quotidien pour voir ce qu’ils en disent. Mais à peine met-il un pied dehors qu’une invasion de journalistes l’interpelle :

  • Monsieur Duchamp avez-vous des nouvelles de votre fille ?
  • Monsieur Duchamp que s’est-il passé ?

Monsieur Duchamp fait demi-tour et rentre chez lui, il va s’éclipser par l’arrière de la maison, il ferme son verrou, passe par son garage, prends son vélo et file par son jardin. Un regard en arrière, personne ne le suit, ouf le voilà seul sur la route, il passe à l’intersection du chemin qui débouche sur la forêt et l’envie lui prend d’aller traîner dans le coin, qui sait possible qu’il remarque quelques choses que les autres n’ont pas vues. Sont-ils venus jusqu’ici, ont-ils limité leurs investigations aux alentours du champ, du lac ou des trois cents mètres dans le bois?  

Sa fille n’a pas pu se volatiliser elle a bien dû aller dans une maison, s’il s’avère qu’elle a été kidnappée c’est impossible que personne n’ait rien vu. En bordure de la forêt il y a quelques maisons, il va aller frapper aux portes et demander si hier après-midi ils n’ont pas vu quelques choses d’étranges. La première maison a tous les volets de clos, personne ne lui répond, il vérifie sa montre il est plus de 11 h, les gens ont dû partir en weekend. A la seconde maison un chien jappe, et une vieille femme apparaît, il lui demande si hier elle n’a pas vu une jeune fille :

  • Hier j’étais à l’hôpital et je suis revenue en fin d’après-midi.
  • C’était quelle heure ?
  • Aux environs de 17 h et des poussières
  • Et bien c’est tout à fait l’heure qui m’intéresse, vous n’avez pas vu une voiture par exemple ?
  • On vous a volé votre voiture ?
  • Non on a kidnappé ma fille !
  • Ah c’est de votre fille que l’on parle à la télévision, j’ai vu l’alerte enlèvement, et bien quand je suis revenue, il y avait un type qui mettait son vélo dans une fourgonnette blanche, cela m’a paru bizarre mais les gens font bien ce qu’ils veulent.
  • Il était seul?
  • Oui seul !
  • Vous en être certaine ?
  • Oui,  mais ce n’est pas la première fois que je la vois cette fourgonnette, mais là ce n’était pas le même homme.
  • Comment était cet homme ?
  • Un homme j’aurais plutôt dit un ours, un type barbu bien brun, qui avait un regard fuyant, il m’a du reste regardé d’un sale œil, mais vous pouvez demander au VSL qui m’a ramené il l’a suivis jusqu’au bout du chemin, après je ne sais pas.
  • Donnez-moi son numéro de téléphone, je vous remercie Madame.
  • Je vous souhaite bonne chance Monsieur et j’espère que votre fille n’a fait qu’une fugue.

A suivre

 

Juin 2016 Le souterrain de la désespérance copyright EvaJoe

Le souterrain de la désespérance (suite 3)

Quand le père de Marine arrive au domicile des parents de Marion, il y a plusieurs voitures, il songe qu’il aurait dû téléphoner avant, ses parents doivent avoir des invités, mais dès qu’il sonne il voit que tous ont les yeux rougis, pourtant il ne connait aucune des personnes présentes, mais la disparition de sa fille a déjà fait le tour du quartier.

  • Je suis la maman de Marion, quand nous sommes revenus du travail, Marion nous a fait part de votre appel téléphonique, entrez je vous prie. Marion a téléphoné à ses amis qui étaient présents au lac cet après-midi et elle a rapidement appris que votre fille n’était pas rentrée et qu’apparemment on lui avait joué un mauvais tour avec son scooter. Avez-vous des nouvelles plus récentes ?
  • La police m’a demandé de rentrer chez moi, mais je n’ai pu m’y résoudre, et tout à l’heure votre fille m’a semblé évasive, mais comme je suis persuadé que Marine a été enlevée je suis venu lui poser d’autres questions et qu’elle n’hésite pas si tout à l’heure elle m’a caché quelques choses, qu’elle m’en fasse part si ce n’est à moi, qu’elle puisse le dire à la police. J’ai du reste donné votre nom au Commandant Bertrand.
  • Ah c’est le père de Jules qui mène l’enquête
  • Je n’ai entendu parler de Jules que parce que ma fille a disparu, j’ignorais même qu’il était le fils du Commandant Bertrand.
  • Voilà ma fille, je vous laisse en sa compagnie.
  • Tout à l’heure au téléphone il me semble que vous n’étiez pas sincère, j’espère que je me trompe.
  • Que voulez-vous me faire dire Monsieur, Marine est bien partie à 17 h en direction de son scooter, je n’ai pas regardé ce qu’elle faisait, nous étions plus de 20.
  • Vingt ! Mais il y avait qui donc ?
  • Une partie de notre classe plus des amis !
  • Jules y était !

Au moment où Marion va lui répondre, il y a un violent coup de sonnette, Marion se précipite et se trouve face à deux policiers, elle s’efface et les laisse entrer. Ces derniers réunissent toutes les personnes présentes dans une pièce et emmènent le père de Marine dans une autre pièce

  • Le Commandant Bertrand arrive, il va venir vous expliquer le début de l’enquête.

A ces mots, le père de Marine devient tout blanc et comprend que sa fille a bien été enlevée. Il se lève titube et s’affaisse sur le sol, sans la présence d’esprit du jeune gardien de la paix il se serait certainement tapé la tête sur la table basse, mais rapidement, ce dernier fait appel aux pompiers qui emmènent le pauvre père à l’hôpital.

Quand le Commandant arrive il sépare les jeunes des adultes et demande à tous ceux qui n’ont rien à faire chez les parents de Marion de rentrer chez eux. Puis tout ce petit monde se rend au commissariat, les jeunes gens étant tous mineurs ils sont donc accompagnés par leurs pères ou mères. L’enquête va commencer mais le Commandant apprend que son fils a une liaison avec la jeune Marine, que cela dure depuis le mois de février et que cet après-midi il l’a passé dans les bras de  la jeune fille. Son fils quand il l’a interrogé au téléphone lui a dit ne pas être sorti de sa chambre. Il lui a donc mentis, cacherait-il quelques choses ? Il l’envoie un de ses hommes le chercher et le fait ramener au poste manu militari. Dès qu’il voit son père il essaye de mettre ses mains devant son visage, mais son père fou de rage lui envoie une gifle. Rapidement il le remet à son capitaine qui a reçu pour ordre de ne pas le ménager, tout fils de Commandant qu’il est. Rapidement le gamin passe aux aveux, oui il était bien au lac, oui il était avec Marine, mais il l’aime et il ne lui a rien fait, au contraire il a été attentif à ce qu’elle parte bien à l’heure. Elle lui a expliqué que son père ne la laisserait plus sortir si elle rentrait après l’heure. Le capitaine lui demande pourquoi sa galanterie ne l’a pas poussé à la raccompagner, il lui répond qu’il avait encore envie de se baigner et que Marine, l’en avait dissuadé, ayant peur de croiser son père sur la route. Tous les jeunes n’ont rien appris de nouveau au capitaine et au commandant, personne n’a fait allusion qu’ils avaient bien vu le scooter sans sa roue, mais ne voulant pas dire aux policiers que c’était Jules, qui dans l’après-midi avait ôté la roue, l’avait caché car il espérait que Marine viendrait l’appeler au secours si elle se trouvait dans l’impossibilité de partir. Mais au vu des événements ils se gardent bien de l’enfoncer davantage. Mais à cause de leur silence l’enquête allait prendre une tournure qui au bout de quelques jours allait s’avérer comme une voie sans issue. Et ils allaient perdre un précieux temps.

 

Marine regarde sa montre, elle voit qu’il est plus de cinq heures du matin, elle a faim, et a encore envie d’aller au petit coin, la première fois elle n’est pas arrivée au seau, car elle ignorait ou le type l’avait mis, mais cette fois elle sait où il se trouve et malgré la difficulté qu’elle a à se lever, elle parvient non sans mal  à y aller. D’ici demain l’homme ne s’apercevra de rien, pourvu qu’elle puisse se laver. Elle se sent sale, elle a froid, mais elle a trouvé dans la nuit qu’il l’avait dû revenir car sur son corps elle avait une couverture, cette dernière était rêche mais au moins elle la protégeait de cette humidité qui coulait sur le mur. Qu’allait –il se passer quand il reviendrait, elle ne pouvait plus crier, elle devrait subir ses assauts, elle qui était vierge et qui pensait se donner à Jules, elle allait subir cet homme qui la terrorisait. Il sentait une odeur de fumée et d’ail, sa bouche avait une haleine fétide. Qui était-ce ? Était-il connu des services de police ? L’avait-il emmené loin ? Et l’autre femme était-elle toujours là ? En réfléchissant elle se souvenait que dans le lycée de la sœur de Marion il y avait eu une enquête il y avait environ quatre mois, une fille répondant au prénom de Claudie avait disparu. Mais l’enquête piétinait selon Jules. Serait-ce elle ? Elle attendra d’entendre ces chaînes, car elle devait être attachée tout comme elle et elle lui demanderait si elle s’appelait Claudie.

A nouveau elle dort et dans un sens pour elle, c’est mieux que de trop penser. De l’autre côté du couloir, il y a une forme couchée à même le sol, attachée au mur comme Marine, c’est une jeune fille qui aura bientôt dix-huit ans. Elle ne sait plus depuis combien de temps elle est là, elle sait qu’elle attend un enfant mais ignore si c’est de celui qui l’a enlevé et qui l’a violé plusieurs fois ou de son copain de beuverie, elle pense que les deux se sont battus. Qui étaient-ils l’un pour l’autre, elle pense qu’ils étaient frères. Le plus grand, lui a fait mal aussi lui a-t-elle dit j’attends un enfant, il s’est calmé immédiatement et depuis il l’a ramené cette fille qu’elle a entendue crier, puis le plus vieux est revenu et lui a dit :

  • Tu vas venir chez moi maintenant que tu attends un enfant, je vais te rendre heureuse, mais elle ne veut pas vivre avec cet homme, mais il va lui falloir de la patience, avant de partir il lui faut savoir le prénom de la fille, car une fois chez lui, elle arrivera bien à lui fausser compagnie, elle est très faible, mais l’autre qui répond au prénom d’Eric lui a dit qu’il allait la remplumer. Il lui faudra reprendre des forces pour pouvoir s’évader. Elle entend les chaînes de sa compagne d’infortune, elle va essayer de l’appeler :
  • Dormez-vous ?
  • Non !
  • Comment vous vous appelez ?
  • Je m’appelle Marine et vous ?
  • Moi je me nomme Claudie
  • Ah vous êtes la copine de la sœur de Marion
  • En effet vous les connaissez ?
  • Oui Marion est mon amie.
  • Pouvez-vous me dire quel jour nous sommes ?

Quand elle entend la date, elle pense être enceinte de trois mois, voire un peu plus mais vu que c’est déjà le mois de juillet et qu’elle a été enlevée en avril, elle a su de suite qu’elle était enceinte, mais avait peur de leur dire. Mais quand le lourdaud a fait son apparition et l’a violenté  tout un après-midi elle a eu peur, pas de faire une fausse couche  car de cet enfant elle n’en veut pas, mais de mourir en perdant trop de sang, et son instinct de survie est plus fort que l’envie de mourir.

Toutes les deux se taisent, car à nouveau le cliquetis de la porte se fait entendre  et la lampe centrale est à nouveau allumée. Qui vient ? Eric ou son frère le demeuré. Les pas s’arrêtent à la grille de Claudie, le plus âgé entre, se penche sur la jeune femme et l’embrasse à pleine bouche, elle se laisse faire, il ne lui veut pas de mal, il a à la main une pince coupante, il lui ôte ses chaines et lui enlève sa robe qui la serre de plus en plus puis il la prend dans ses bras. Elle frissonne, nue contre lui, elle sent la chaleur de son corps. Elle sait qu’il est en érection, il l’a collé contre son pénis. Elle ne dit pas un mot, il faut qu’elle joue la comédie pour se sauver et sauver cette gamine qui n’a même pas  15 ans.

Quand Marine comprend que Claudie est partie elle se met à hurler, puis se tait car elle entend à nouveau la porte s’ouvrir, à nouveau la lampe centrale est allumée, et devant elle, elle voit un homme beaucoup plus âgé que son bourreau, qui lui demande d’être sage sinon il va lui arriver malheur. Puis il s’en va et n’éteint pas la lumière. Cela lui permet de regarder où elle se trouve. C’est une pièce étroite et tout en longueur, elle comprend qu’elle est attachée à deux anneaux dans le mur ; elle ne voyait pas comment c’était fait, mais grâce à cet homme elle le voit. Il y a une grille sur toute la longueur et un couloir étroit, de l’autre côté elle voit une cellule étroite comme la sienne et des chaînes qui pendent encore au mur, ce devait être là que Claudie a passé tous ces longs mois. Quelle horreur près de trois mois à subir les violences de trois hommes lui a –t-elle dit ? Quelle horreur ! Il va falloir qu’elle trouve un moyen de s’échapper. Au-dessus de son lit elle voit un soupirail, aucune lumière mais au moins il y a possibilité de s’en aller par là. Comment ? Elle ne le sait pas encore, il va falloir y réfléchir si son bourreau lui laisse suffisamment de temps libre.

 

A suivre

 

Certes c’est un peu long, mais lorsque je lis un livre je dévore les pages…Donc je n’ai pu couper ailleurs….

Le souterrain de la désespérance (suite 2)

Mais ils évitent de le secouer, ce père semble affolé.

  • Monsieur, si au lac, il y a le scooter de votre fille il est donc certain qu’elle a pris soit un autre moyen de locomotion, soit elle a coupé par la forêt de la Montagne Noire, n’y allez pas seul car vous pourriez piétiner d’éventuels indices, attendez-nous c’est ce que vous avez de mieux à faire en ce moment. Montez dans votre voiture et n’en bougez sous aucun prétexte, vous nous avez bien compris.

Il bredouille un oui inaudible ; il comprend de suite que sa fille a dû être enlevée, sinon, elle possède un téléphone portable, elle l’aurait appelé, même si elle lui a désobéi, elle sait qu’une faute avouée n’est pas si grave. Mais si elle a été kidnappée pourquoi ses amies n’ont rien entendues, elle a bien dû crier, à moins qu’elle soit déjà morte. Il en est là de sa réflexion quand il voit arriver une voiture de police. Ces derniers lui posent d’autres questions pendant que d’autres suivent avec un chien une piste. Dans la sacoche du scooter il y avait ses sous-vêtements en vrac, ce qui étonne davantage son père. Mais le policier le rassure,

  • Ici il n’y a pas de cabine pour se changer, votre fille a dû partir avec son maillot de bain sec. Ne vous inquiétez pas, elle n’a pas dû faire une fugue mais elle a dû s’affoler en voyant qu’elle ne pourrait pas être chez vous à l’heure que vous lui aviez imposé.
  • Et, alors ce n’est pas en se cachant qu’elle va m’amadouer.
  • En général les enfants qui craignent leur père préfèrent attendre que le courroux baisse pour réapparaître .
  • Non, ma fille sait pertinemment que je suis bon mais strict. Elle se serait excusée, m’aurait expliquée la raison, et je serais venu la récupérer. Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi on lui a démonté son pneu, et surtout pourquoi elle n’a pas demandé de l’aide à ses amies, qui, elles, avaient le droit de rentrer plus tard.
  • Vous avez déjà discuté avec ses amies, elles devaient rentrer à quelle heure ?
  • 19 h pour la plupart, mais si je sais qu’il y avait une dénommée Marion et une Lola j’ignore qui était les autres ?Ecoutez, vous nous êtes d’aucun secours ici, rentrez chez vous et nous irons vous rendre compte de ce que nous avons découvert, allez rejoindre votre femme.
  • Ma femme est partie il y a 10 ans me laissant seul avec ma fille.
  • Excusez-moi Monsieur,
  • Vous ne pouviez pas le savoir ?
  • Dîtes-moi votre fille aurait pu rejoindre sa mère.
  • Non, elle n’a jamais donné signe de vie
  • Disparue !
  • Non, j’ai fait faire une enquête, mais elle n’a jamais voulue revenir, alors de guerre lasse ma fille et moi avons réorganisé notre vie.

A ce moment-là un grésillement se fait entendre à la radio, et le policier quitte le père de Marine pour répondre.

  • Oui ici l’officier Bertrand, alors qu’avez-vous à me dire
  • Mon Commandant, nous avons découvert un portable avec une coque rose, je pense que c’est le portable de la gamine. De plus il y a des traces de sang au sol, et l’herbe a été piétinée, nous continuons la piste pour voir où cela va nous mener.
  • Entendu, je vais demander discrètement au père si sa gamine avait un téléphone portable et j’essayerais qu’il me dise si celui-ci a une coque rose.
  • Bien mon Commandant, je vous tiens au courant de la suite.

Le Commandant Bertrand s’avance vers le père et lui demande:

  • Avez-vous essayé de joindre votre fille sur son portable,
  • Oui, mais son téléphone sonne et ma fille ne réponds pas, c’est un Nokia, il a une coque rose.

 Le Commandant reste impassible mais le lien est fait avec la scène dans les bois, il est fort probable que cette gamine ait été enlevée. Les circonstances lui rappellent étrangement celles d’il y a plus de trois mois au même endroit à quelques mètres prêt, la disparition de la jeune Claudie âgée de 17 ans. A ce jour l’enquête piétine. Elle faisait son jogging autour du lac comme tous les matins. Elle s’était volatilisé, on avait rien trouvé, rien le néant. Possible que cette nouvelle disparition soit liée à l’autre. Mais que serai devenu la jeune Claudie ? Pourvu songe le Commandant Bertrand que le kidnappeur n’est pas tué la première et en ai pris une autre pour la remplacer, mais à ce stade il sait que ce ne sont que des suppositions. Il les chasse rapidement de son esprit et demande au père de Marine de s’en aller. Car il ne veut pas l’avoir dans les jambes. Il se fait un peu prier, mais voit bien qu’il ne peut être d’aucun secours, il préfère aller chez Marion l’a questionné un peu plus et lui signaler la découverte du scooter avec le pneu à côté. En face à face il verra si elle lui ment, car tout à l’heure il lui a semblé qu’elle lui cachait quelques choses, comme si on lui avait fait la leçon.

 

A nouveau Marine a froid, mais elle sent qu’elle n’est plus couchée sur le sol, elle est dans un lit. Cela devait être un cauchemar, mais quand elle ouvre les yeux, elle ne voit toujours rien, par contre elle entend des gémissements, elle va essayer de se lever mais bien vite elle se rend compte qu’elle est attachée. Elle hurle se débat mais elle sent les anneaux qui s’enfoncent dans sa chair alors elle se met à pleurer. C’est à ce moment-là qu’elle entend une voix :

  • Non je vous en supplie vous me faîtes mal, arrêtez, je vous en prie je ferais ce que vous voulez mais ne me forcez pas. Au secours, pitié !

    Puis, à nouveau plus rien, Marine est tétanisée, il y a une autre fille avec elle, là, mais fait-elle un cauchemar ? Car personne ne lui répond, et elle n’entend plus rien. Elle ne sait pas ce qui se passe, une porte grince et le plafond tangue il y a une personne qui arrive vers elle, que va-t-il se passer ? Va-t-il la violer, car les cris qu’elle a entendus laissent présager rien de bon pour elle. Mais pourquoi a –t-il fallu que l’on s’en prenne à elle. Jamais elle n’était allée au lac cela ne peut être qu’une coïncidence. On ne pouvait pas savoir qu’elle y serait, mais pourquoi ?  Les pas s’arrêtent, la lampe fait des ombres sur le mur de sa petite cellule, car là elle voit où elle se trouve c’est une prison, la grille s’ouvre en grinçant, le son est sinistre. Apparaît devant elle un homme fort, grand avec une longue barbe, des yeux enfoncés dans leurs orbites, une tignasse hirsute. Il tient à la main une gamelle, il la pose à même le sol et lui dit :

  • Mange!

Marine n’a pas faim, elle a au fond de la gorge une boule qui la serre et l’empêche d’avaler, elle ose lui dire qu’elle a soif, il lui tend une bouteille d’eau et la boit, il l’arrête et lui dit :

  • Arrête de boire, tu n’en auras pas d’autres avant demain matin, si tu as envie de faire pipi c’est là, il y a un seau.

Marine se met à pleurer,

  • Arrête tu n’es pas un bébé, mais si tu continues à pleurer je te bâillonne.

 Elle prend sur elle, mais cela lui est dur. Ses sanglots diminuent alors l’homme se penche et se met à sa hauteur, il lui caresse le visage lentement, elle ne bouge pas mais le fixe, elle a peur, il voit dans ses yeux la peur, il pense qu’elle est certainement plus jeune que l’autre pour que la peur soit apparue si vite. Alors il la prend dans ses bras, et la berce, elle sursaute, elle ne sait ce qu’il veut lui faire. Elle attend, pour l’instant il ne lui fait pas mal, mais elle ne sait pas ce qui va se passer. Brutalement il écrase sa bouche sur la sienne, force ses lèvres à s’ouvrir et l’embrasse tel un fou, elle essaye de se dégager, mais il la serre plus fort, pas trop car il connaît sa force, il pourrait l’écraser. Elle se débat, alors il lui pince un sein, elle crie encore plus fort, alors il lui assène une gifle et la bâillonne. Là il n’entend plus ses cris et continue à la tripoter, lui mord un sein et passe son doigt sur son sexe sans la pénétrer. Soudain il se lève, et s’en va en courant. 

Marine tremble comme une feuille et n’arrive pas à se contrôler, les larmes lui ont barbouillé le visage, elle a un goût de sang dans la bouche, elle attend que ses pas décroissent et que la lumière s’éteigne, alors là doucement elle ôte son bâillon et se pelotonne sur le côté et se souvient qu’il lui a apporté une soupe, elle se soulève du matelas et et à tâtons la trouve, elle l’attrape comme elle peut et, aider de sa main valide arrive à monter l’écuelle vers son visage. L’odeur semble bizarre, et s’il voulait l’empoisonner, mais elle pense qu’il doit la préférer vivante que morte. Alors elle se met à boire, c’est encore tiède, ce n’est pas mauvais à par un arrière-goût qu’elle ne connaît pas. Avant de sombrer dans le sommeil elle sait qui lui faudra aller vers le seau elle ne peut pas attendre, et faire sur elle bien qu’elle soit nue elle en a pas envie. Mais hélas elle n’a pas le temps de se lever qu’elle sombre dans un sommeil profond.

 

A suivre…

 

Copyright juin 2016 EvaJoe

 

 

Les phares du Ponant

Les phares de la mer d’Iroise (trouvés sur le net, merci)mer d'IroiseAyant la tête vide suite à l’écriture de mon thriller, je puise en ce jour dans mon dernier recueil et je vous offre les phares du Ponant inédit sur la toile….

 

Du phare de Kéréon à celui de la Jument

La Mer d’Iroise monte à l’assaut des gardiens des mers

Ces vigies d’un autre siècle n’ont jamais été chimère

Frappés par les embruns ils sont un cap au milieu de l’océan.

 

Surgissant de nulle part ils résistent aux vagues incessantes

Les géants d’Iroise ont leur lettre de noblesse

Pour les marins perdus ils ont réalisé des prouesses

Leur donnant leur cap dans l’immensité des vagues fracassantes.

 

D’Ouessant à l’île de Sein

Erigés sur un rocher perdu en mer

Seul dans son phare le gardien veillait au grain.

 

Le phare de la Jument vibre frappée par les vagues

Leur moral est mis à rude épreuve quand la tempête fait rage

Si les gardiens  ne sont plus là, les murs se souviennent de leur courage.

 

EvaJoe

 

Septembre 2015 Copyright