Suite 5

Il la rejoint à grande enjambée et lui assène ses quelques mots :

–       Tu as réussis à te faire engrosser et maintenant te voilà dans une drôle de situation, ton amant n’est pas celui que tu pensais. Ose dire le contraire.

Germaine Petiot s’effondre en larmes sur la chaise, elle sanglote devant son mari indifférent à sa peine. Il faut dire qu’ils ne se sont pas vus depuis 9 ans. Et Germaine n’est pas en état de faire la fière.

–       Ou est Jules ?

–       Le brigadier vient de l’emmener chez lui, que lui veux-tu, je ne suis pas certaine qu’il ait envie de te voir.

–       Qu’en sais-tu ? Bien entendu qu’il a pensé être abandonné par le seul homme qu’il aime, moi en l’occurrence, au vu des gentillesses de ce dingue qui vit chez toi. Toutes mes lettres que je lui adressais me sont revenues. La dernière il a dû la jeter.

–       La dernière, je ne sais pas, cela fait deux ans que tu n’écris plus au petit.

–       Je lui ai écrit il y a un mois, mais le facteur devait te la remettre uniquement à toi, voire à Jules, si tu ne l’as pas vu, le petit l’a surement eu c’est tant mieux. Il est au courant de mon retour, je vais aller de ce pas chez le Brigadier, mais auparavant file moi de l’argent, je t’en ai suffisamment envoyé, et maintenant tu as un autre homme ce fric me revient.

–       Mais Pierrot je n’en n’ai pas, il garde tout dans sa mallette et me donne l’argent au compte-goutte

–       Elle est où cette mallette ?

–       Sous le lit dans notre chambre, mais elle est fermée à clefs, et puis c’est aussi pour le bébé.

Au moment où Pierrot va monter l’escalier, il entend un bruit de voix à l’extérieur, il attrape sa femme car elle l’est encore aux yeux de la loi et lui fait signe de ne rien dire sur sa présence, il la pousse dans la grande salle et se planque dans le placard de la grande salle. Sa femme a laissé la porte de la salle entrouverte, aussi notre Pierrot voit apparaître son ami le brigadier accompagnés de deux autres acolytes, ils seraient déjà sur sa trace se dit-il ? Mais ce qui l’entend le rassure rapidement, ils sont venus chercher l’autre du haut, cet homme qui s’en serait pris à son fils et à ses filles au dire du gamin. Mais sa femme confirme les propos de leur enfant. Il boue intérieurement et se jure de faire la peau à cet ivrogne et lubrique individu. Mais lorsque le brigadier vient dans l’arrière cuisine, le vieil ivrogne n’est plus sur le sol il a disparu, étrange pensent la femme et le mari, il avait l’air bien sonné. Comment a-t-il pu se relever sans l’aide de quiconque et ou est-il allé ? Il a dû réussir à sortir par la fenêtre car elle est ouverte, mais il doit se planquer car les bois sont loin et le brigadier qui vient d’envoyer ses hommes devraient  rapidement en savoir plus.

Le brigadier fait demi-tour, et promet à Germaine Petiot de revenir, il lui demande de le retenir s’il revenait dans les parages. Pierrot n’en mène pas large, vite il lui faut fuir, mais auparavant il doit récupérer un peu d’argent sinon il ne pourra même pas s’habiller décemment et surtout se nourrir. Lorsqu’il entre dans ce que fut leur chambre à Germaine et lui, il a un petit pincement au cœur, c’est là qu’ils ont conçu leurs trois enfants, quatre, mais le petit né après Jules n’a pas survécu. Sous le lit il n’y a absolument rien, c’est là que le Maurice a dû se rendre, il a dû entendre leurs conversations. Vite, il doit quitter cette maison et regagner sa planque dans la forêt. Au passage il prend un quignon de pain, un pot de confiture et un gros morceau de lard, qu’il glisse dans une vieille besace qui pend au mur. Puis, il sort par l’arrière de la ferme et disparaît au vu de tous. Pendant ce temps, Germaine ressent les premières douleurs, elle sait qu’elle ne passera pas la nuit, elle vient de voir Pierrot s’enfuir, il ne doit pas vraiment aimer les gendarmes. Son amant n’est plus là, la voici seule. Si Ninon venait chercher son lait comme tous les soirs, elle était un peu bête mais tant qu’à faire elle ferait l’affaire. Mais va-t-elle venir ? Pendant qu’elle réfléchit, elle a mis de l’eau à chauffer sur son vieux fourneau. Soudain, elle entend un pas lourd dans la cour, qui peut venir ? C’est un homme, elle en est certaine; le sien, le père de Jules ou l’autre celui de l’enfant qu’elle porte.

Quand la porte s’ouvre, et qu’elle voit rentrer l’homme, la pauvre Germaine hurle d’effroi. De ces deux mains elle le repousse, mais elle fait à l’instant les eaux, l’autre est décontenancé et comprend que Germaine va accoucher.

 Elle balbutie :

–       Pitié, pitié !

AC! C’est tassé!!

Pour la communauté des Nuls animée par Domi

 

Voici les rimes en C

 

 

 

Ah  c’est cassé disait Barnabé, j’ai les deux jambes de cassé!

Ouf je n’ai point trépassé!

Mais c’est AC!!

Arrêtez de bavasser

et de m’angoisser

Donnez moi plutôt un opiacé,

vous ne voyez pas que je souffre, déjà que je suis mal placé!

C’est ça disposez de moi comme d’un cétacé.

 

J’aime le mot pour rire du docteur, après vous êtes fracassé

à midi ils vous serviront une fricassée,

c’est fou ce que son humour m’a agacé

J’ai bien besoin de ces mots en ce moment, je ne puis enlacer

ma douce moitié, encore moins la caresser.

 

Ah comme je suis stressé

Je sors quand Docteur, car là je suis pressé.

Oh! Il faut d’abord décompressé

car j’ai mal encaissé

mes deux jambes cassées.

 

Tout le service est venu me dédicacer

mon plâtre, j’ai trouvé que la petite rousse était intéressé

Elle est revenue plusieurs fois, et m’a redressé

sans jamais transgresser

la déontologie, mais j’ai aimé la voir empresser.

Filez ma belle voici ma fiancée!

 

Devant son courroux, je suis maintenant pressé

de quitter ces lieux inhospitaliers car je l’ai vu grimacer

A ses yeux je ne suis pas blessé

juste rapiécé

même violacé

Mais si je reviens chez nous elle va me faire progresser

Allez docteur je fiche le camp car là c’est AC!

je pars avec mon amour car je suis obsé….

 

A suivre pour la rime en D

 

 

 

 

La chanson de Craonne!

 

 

Pour la communauté de Clara Il y a 100 ans

 

 

Cette chanson fait référence aux chemins des Dames

elle a été interdite par le haut commandement  militaire qui estime que ces paroles sont antimilitaristes (voir ici )

 

Elle s’est aussi appelée chanson de Lorette , c’est le premier nom qui lui a été donné , 

allez ici vous en saurez davantage

 

 

Quand au bout d’huit jours, le repos terminé, 
On va reprendre les tranchées, 
Notre place est si utile 
Que sans nous on prend la pile. 
Mais c’est bien fini, on en a assez, 
Personn’ ne veut plus marcher, 
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot 
On dit adieu aux civelots. 
Même sans tambour, même sans trompette, 
On s’en va là haut en baissant la tête…

Refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour, 
Adieu toutes les femmes. 
C’est bien fini, c’est pour toujours, 
De cette guerre infâme. 
C’est à Craonne, sur le plateau, 
Qu’on doit laisser sa peau 
Car nous sommes tous condamnés,
C’est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance, 
Pourtant on a l’espérance 
Que ce soir viendra la r’lève 
Que nous attendons sans trêve. 
Soudain, dans la nuit et dans le silence, 
On voit quelqu’un qui s’avance, 
C’est un officier de chasseurs à pied, 
Qui vient pour nous remplacer. 
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes… (au refrain)

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards 
Tous ces gros qui font leur foire ; 
Si pour eux la vie est rose, 
Pour nous c’est pas la mêm’ chose. 
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués, 
F’raient mieux d’monter aux tranchées 
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien, 
Nous autr’s, les pauvr’s purotins. 
Tous les camarades sont enterrés là, 
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là. (au refrain)

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront, 
Car c’est pour eux qu’on crève. 
Mais c’est fini, car les troufions 
Vont tous se mettre en grève. 
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros, 
De monter sur l’plateau, 
Car si vous voulez faire la guerre, 
Payez-la de votre peau ! 

Suite 4

Jules devient tout blanc, voire même livide, il comprend maintenant ce que sont venus faire les gendarmes, ils soupçonnent à nouveau son père. Mais il n’en fait pas cas devant son ami, et il le questionne au sujet d’Aubin ?

–       Et pour Aubin il en dit quoi ton père ?

–       Il dit que Petit Jean lit trop de contes à dormir debout, et il pense qu’Aubin a fugué.

–       Non ! Crie Jules, car j’ai oublié de dire à ton père que j’avais entendu crier Aubin quelques minutes auparavant.

–       Dépêche-toi d’aller lui le dire. Il veut classer l’affaire.

Jules regarde l’ombre du soleil qui va s’évanouir, il est obligé de rentrer, et, il demande à Paulo de le dire à son père, il acquiesce et accepte de lui dire. Ouf se dit Jules, un poids en moins.

–       A demain à l’école Paulo, bonne nuit !

Il coupe rapidement à travers champs et arrive à la porte de la cuisine, juste pour voir sa mère dans la cour qui lui fait les gros yeux.

–       Vite, dépêche-toi, il va se rendre compte que tu es ressorti, et je ne donne pas cher de tes fesses et de ton dos.

Jules fait le tour et rentre par la porte de l’appentis qui donne accès au couloir, mais au moment où il se baisse vers sa couche, son beau-père surgit brutalement de la cuisine le frappe brutalement au visage et l’envoie valdinguer contre le chambranle de la porte.

–       Fils d’assassin, d’où sors-tu ?

–       J’étais dans la grange

–       Menteur !

Il attrape sa badine de coudrier qui ne quitte guère sa ceinture et tout en le tenant d’une main lui assène deux coups sur le dos après lui avoir arraché sa chemise. Mais il ne va pas plus loin car le père de Paulo vient de faire son entrée. Il se saisi de la badine et frappe son beau-père du revers de sa main, il s’effondre. Il le laisse sur le sol  s’approche de Jules. Il examine son dos qui saigne déjà et il appelle sa mère qui lui prodigue les premiers soins. Elle étale un onguent sur le dos de son fils, tout en pleurant, ce qui fait dire au brigadier :

–       Dîtes moi, Madame Brun vous l’avez bien voulu votre mécréant d’amant, alors éviter de pleurnicher en ma présence. Si vous prenez peur du retour de Pierrot, chassez cet importun, où plutôt retournez dans votre ferme, et je veillerais sur vous. J’espère qu’il ne s’en est pas pris à vous, car avec votre môme dans le ventre, vous seriez bonne pour une hémorragie cette nuit, et je ne vois pas qui viendrait vous sauver. Vous faîtes fuir tout le monde en vous affichant avec cet individu.

–        Ce soir j’emmène Jules, nous aviserons pour les vacances ou je vais le mettre, ce soir il dormira avec Paulo, sa chambre est assez grande

Puis, se tournant vers Jules,  sans un regard pour son beau-père, il lui dit de préparer quelques vêtements et sa besace pour l’école. Il l’accompagne et voit avec effroi ou le gamin dort. Il se mord les lèvres et regrette d’avoir failli à la mémoire de son père, quand il était allé le voir en prison au début, il lui avait promis de veiller sur le petit. Mais, trop pris par son travail il l’avait délaissé ces dernières années. Et ce soir il touchait du doigt la vie horrible que son bourreau lui avait fait vivre. Pourtant le gamin, il le croisait parfois, il ne l’avait jamais entendu se plaindre, l’instituteur n’avait jamais fait état de coups que le gamin eu reçu. Possible que Jules ait caché son état à tous, y compris à ses copains. Depuis que son père était en prison, le gamin était appelé le fils de l’assassin et les commères du village en rajoutaient toujours, pas étonnant que sa mère se soit mis à la colle avec ce grand benêt de Maurice. 

La mère de Jules lui dit de quitter sa chemise et ce que découvre le brigadier est insupportable, le dos du gamin est strié de plaies rouges pour les dernières et de longues stries pâles pour les plus anciennes. Ce gamin est battu régulièrement cela se voit. Sans un regard pour son bourreau qu’il laisse au sol, il reviendra plus tard, il quitte rapidement la ferme. La mère de Jules les suit, elle se tord les mains et avant que son fils et le brigadier quittent la cour de la ferme, elle leur demande :

–       Monsieur le Brigadier, mon Jules est un brave petit, il reviendra me voir, mon bébé, ne va pas tarder à naître, avec lui à la maison je me sentais tranquille, mais là je vais être seule, je ne peux pas compter sur le père de l’enfant, il devient méchant, il se saoule de plus en plus.

La pauvre femme à court d’arguments se met à sangloter, Jules n’écoutant que son bon cœur se précipite vers sa mère et supplie le père de Paulo de le laisser avec sa maman.  Mais le brigadier est inflexible, pour cette nuit tu dors à la maison, nous verrons demain, allez Mère Petiot rentrez, et jetez un seau d’eau à votre amant, lui dit-il avec un rictus mauvais, la pauvre femme tourne les talons et ne lui demande plus rien. Elle s’essuie les larmes qui coulent sur ses joues, et entre dans la cuisine, elle trouve son concubin attablé en train de se servir de longues rasades de vin en éructant violemment. Ce qu’elle voit dans ses yeux l’effraie, il veut la posséder alors qu’elle est près de son terme, c’est certain il va encore la violenter. Elle doit s’éloigner le plus vite possible, possible qu’en lui mettant les somnifères dans son vin, cela lui évitera de subir les assauts de ce vieux porc. Comme elle regrette de s’être acoquiné avec lui après la mise en prison du père de Jules. Il l’avait ensorcelé, faut dire qu’elle était encore belle malgré ses trois grossesses, ses deux filles ainées étaient vite partis à la ville surtout qu’il avait essayé de les violer l’une après l’autre, et c’était grâce à Jules qu’elles y avaient échappé, le gamin n’avait pas vraiment compris la portée de l’acte de son beau-père. Il avait tous justes douze ans pour l’aînée, il avait pensé que son beau-père voulait la frapper sur la poitrine quand il avait entendu les cris de sa grande sœur. N’ayant que ses poings nus il avait réussis à faire fuir son beau-père, mais il l’avait payé chèrement par un bras cassé et dix coups de fouet. Puis récemment la cadette avait échappé de peu à la fougue de son beau-père toujours grâce à Jules, mais maintenant il savait ce que cherchait à faire son compagnon. Depuis c’était la guerre entre son fils et son amant. Tout e se souvenant de ses heures terribles, elle s’est rendue dans l’arrière cuisine pour préparer le verre de gnole dans lequel elle a glissé trois ou quatre somnifères, il ne devrait pas résister à ce breuvage. Elle gardait la bouteille pour célébrer l’arrivée du bébé, mais maintenant elle s’apercevait que c’était la plus mauvaise idée qui puisse exister que de l’avoir acheté. Brutalement elle sent les mains rudes et cagneuses de son amant se glisser sous sa jupe et remonter le long de ses jambes fuselées, il va la culbuter, vite, il lui faut se reprendre, car au départ il est toujours tendre et cela s’envenime depuis quelques temps. Il la repousse, et la bascule sur la table de la cuisine.

Au moment où il va ouvrir sa braguette, elle se relève et lui montre la bonne bouteille de marc, les yeux de son amant brille, il la laisse et s’approche de la bouteille et avise le verre, s’en saisi et boit d’un trait la rasade au barbiturique. La mère de Jules a le temps de se relever mais l’autre ne l’entend pas ainsi et il la rejoint d’un pas lourd, mais il veut prendre ce qu’il estime être à lui. A nouveau elle sent son souffle chaud, ses lèvres et sa bouche humide puant la gnôle et le vin, il l’embrasse à pleine bouche et, en titubant il la pousse sur la table vermoulue, il relève sa jupe, écarte rapidement ses cuisses et s’effondre. La pauvre femme a ce poids lourd à moitié sur elle, mais au moment où elle pense être arrivé à se défaire de ce mastodonte, la porte de la salle s’ouvre et elle voit son mari qui entre, et d’un regard avise la scène qui a faillis se dérouler. Elle devient rouge comme un coquelicot, c’est la honte!

Suite 3

Que chacun d’entre vous lisent à leur rythme, je met la suite, mais cela vous permet de suivre plus facilement l’histoire que je vous concocte….Eh eh!

Si Clara dit que cela lui fait penser à la bibliothèque verte….Là je pense qu’au fil des pages, elle trouvera que le vert s’assombrit et vise plus un public adultes.Toutefois, moi aussi lorsque j’étais jeune j’aimais lire les livres jeunesses de la Bibliothèque verte, et c’est me faire un grand honneur que d’avoir posé  ces mots.

 En espérant que vous ne serez pas offusqués au fil des lignes par les situations qui vont se dévoiler devant vos yeux….

 

Jules est rentré depuis plus de deux heures, il a fait ses devoirs sur la table de la cuisine, sous l’œil attendris de sa mère, quand le heurtoir de la porte retentie. Qui peut bien venir s’interroge Jules ? Son beau-père ne frappe jamais et peu de gens du reste l’actionne. Sa mère se lève et se trouve nez à nez avec la gendarmerie, elle se signe et dit :

–       c’est mon mari ?

–       Nous ne le savons pas encore, mais il y a des similitudes, tout d’abord dans la rivière vers midi nous avons trouvé un homme qui flottait.

En disant cela, les gendarmes regardent bizarrement Jules qui ne sait pas où se mettre, son beau-père a dû parler, il aurait mieux fait de se taire.

–       Mais le Pierrot a terminé sa peine ? Je croyais qu’il avait pris 20 ans.

–       Oui, il a été relâché pour bonne conduite, nous avons perdu sa trace la semaine dernière, depuis nous sommes sans nouvelles, il devait venir au poste tous les jours faire signer un papier, et nous ne l’avons vu que la première semaine, enfin quand je dis-nous ce sont les collègues du Puy.

Jésus, Marie, Joseph murmure sa mère en se signant et en s’essuyant les mains dans un grand tablier. Qu’est-ce qui va encore nous arriver ? Les gendarmes haussent les épaules et continuent de lui expliquer la suite des évènements, Jules se fait tout petit, jusqu’à ce que le brigadier l’interpelle :

–       Dis-moi Jules, qu’as-tu vu dans la forêt ? Tu n’aurais pas croisé ton père par hasard ?

Les yeux de Jules s’embrument de larmes, et il se met à sangloter, il ne joue nullement la comédie, savoir son père si prêt et en cavale le met mal à l’aise mais en même temps il aimerait savoir où il se trouve en ce moment.

–       Allez réponds Jules, Sais-tu quelques choses, Paulo m’a dit que tu étais rentré faire tes devoirs après l’avoir croisé et raconté ce qui était arrivé à votre ami Aubin.

–       Je ne sais rien Monsieur, juste ce que j’ai raconté au papa d’Aubin et à Paulo, et encore je n’ai rien vu, c’est le petit Jean qui m’en a parlé, même qu’il disait le loup garou.

A ses mots, sa mère crie plus fort, et les gendarmes lui disent de se taire, mais ils se sont jeté un regard qui en disait plus long qu’ils n’ont eu envie de leur en dire.

–       Si vous apprenez quoi que ce soit concernant votre mari et toi ton père vous venez immédiatement me le dire, soit à la maison soit au poste, vous avez bien compris.

–       Oui !

Tous les deux l’ont dit ensemble, et, sur ce la maréchaussée s’en est allée. Jules s’est jeté dans les bras de sa mère et ne sait quoi lui dire, Il est content que son père soit dans le coin, mais en voyant sa mère dans cet état il ‘est inquiet pour elle. Mais ce qu’il redoute le plus c’est ce que son beau-père va en dire. Déjà qu’il ne porte pas Jules dans son cœur, cette histoire va semer le trouble dans la ferme. Du reste, il a bien dû voir la gendarmerie rentrée dans la cour, ou est-il passé ? Jules n’a pas le temps de se poser une deuxième fois la question, que la porte s’ouvre à toute volée et son beau-père entre en titubant, il a bu plus que de raison. Cela va chauffer ce soir. Jules quitte discrètement la cuisine et se faufile dans la soupente qui lui sert de lit depuis qu’il vit chez cet homme. Il ne bouge plus et écoute les cris, pourvu qu’il ne frappe pas sa mère. Il la déjà fait et Jules s’est mis en travers. Mais sa mère attend un enfant il ne faut pas que cette brute la frappe. Il semble content de l’arrivée de son enfant, un fils qu’il a espéré depuis ces huit longues années. Bien qu’il ne sache pas si c’est un garçon ou une fille, parfois Jules rêve d’une petite sœur, d’autres fois il aimerait un garçon, il pourrait mieux se défendre des griffes de celui qui sera son père. Il entend sa mère monter l’escalier suivis du pas lourd de son mari, Jules sait très bien ce qui va se passer, il faut qu’il se bouche les oreilles, il ne veut pas entendre sa mère gémir. La première fois il pensait qu’il faisait du mal à sa maman, mais sa mère lui avait expliqué que c’était pareil que lorsque le chien montait sur la chienne. Depuis Jules savait comment son beau-père avait fait un bébé, puisque c’était comme la chienne Belle qui avait mis bâts deux petits. Cela lui semblait sale, mais il profite que ces deux-là sont bien occupés pour quitter la ferme et aller voir ce qui se passe le long de la rivière, il a vu en rentrant tout un attroupement.

A peine arrivé au bord de la rivière il croise à nouveau Paulo accompagné de sa sœur, Jules lui sourit, il l’aime bien la Jeanne, l’an passé c’était sa promise, mais maintenant elle est au Puy à l’école des sœurs, elle veut devenir couturière, elle secondera sa mère. Mais pourquoi est-elle déjà là, l’école se termine samedi soir, c’est étrange ?

–       Ta sœur est déjà rentrée de la ville ?

–       Oui, il y a une épidémie de scarlatine, et comme elle ne l’a jamais attrapée, maman a demandé aux religieuses qu’elle revienne à la maison

–       Vous faîtes quoi ?

–       J’ai entendu papa parler du mort, je suis venu voir de qui il s’agissait ?

–       On le sait !

–       Non, papa a juste dit il ressemble au Comte, mais comme personne ne l’a vu récemment, on ne sait même pas si c’est lui ou un homme qui pourrait lui ressembler.

–       Qu’est-ce qui fait dire à ton père que ce pourrait être le châtelain

–       La montre qu’il a au poignet, c’est la même que l’on avait trouvé au poignet de son frère il y a 11 ans aujourd’hui.

 

A suivre