Faits troublants (chapitre 6) Suite

Désolée pour mon absence mais des événements imprévus ont fait que je me suis éloignée de mon blog..A présent tout est rentré dans l’ordre voici la suite du chapitre 6

 

 

 

Après la découverte de son armoire sens dessus dessous et de son verrou fracturé, France est prise d’une peur irraisonnée et se demande où elle va pouvoir cacher l’écrin que son papa lui a confié. Ne rien dire, oui, cela était possible tant que son armoire n’avait pas été mise en l’air, mais maintenant que faire ?

Elle avait beau chercher, réfléchir elle ne voyait rien, ni personne qui pouvait lui faire des suggestions. Il lui fallait se rendre à l’évidence, elle était bien obligée d’en parler à Léa. Son papa n’avait pas mentionné son amie, seuls les adultes ne devaient pasposer les yeux dessus. Après tout, ce n’était qu’une cachette et Léa aurait nullement envie de prendre la clef avec laquelle elle ne  pourrait rien faire, sa mamie, quant à elle aurait pu aller ouvrir le coffre, or son papa ne le voulait pas.

Dès que l’idée de le dire à Léa s’est emparée de son cerveau, aussitôt elle se sent à l’aise et comme libérée d’un poids, mais il va falloir le faire en douce et sans que personne ne se rende compte que toutes les deux ont un secret. Et surtout il va falloir trouver un emplacement  pour les semaines qui les séparent du retour de Léa chez elle, car il n’était pas question qu’en leur absence un autre vol soit commis. Une tablette de chocolat ce n’était pas grave, mais l’écrin de son papa devait être surprotégé. C’est seulement après le petit déjeuner, au moment où elles remontent dans la chambre pour se brosser les dents et prendre leur sac de cours que France demande à Léa une faveur, un moment d’attention afin de l’aider à cacher son écrin. Léa comprend de suite que c’est quelque chose d’important pour France, aussi dans un premier temps elle lui conseille de le glisser dans son armoire et de le déposer dans son sac de linge sale, elles aviseraient plus tard pour voir s’il y avait une place plus judicieuse. Plus la matinée filait, plus France était distraite par la trahison qu’elle avait faite à son papa. Il lui faudrait en reparler avec Léa pour avoir son avis. Elles auraient en début d’après-midi un temps libre, leur professeur d’anglais était malade, et comme personne ne pouvait la remplacer, elles avaient obtenu d’avoir une heure pour lire ou se reposer avant de partir au sport. Aussi, dès le repas, nos deux complices se sont rendues dans la chambre et telles des conspiratrices ont décidé de laisser l’écrin à cet endroit, car Léa a trouvé que cette place était excellente, qui viendrait fouiller ici, le linge sale, c’est personnel.

France a réussi à expliquer ce que son papa avait exigé d’elle, et Léa est arrivée à la même conclusion que son amie, vu que le père de France n’a jamais fait allusion à Léa, il y a de fortes chances pour qu’il ne lui en tienne jamais rigueur. Et puis, France lui dit-elle il faudrait que tu lui en parles, tu n’as vraiment pas intérêt, tu lui diras que la cachette est secrète. Et toutes les deux rirent de la facétie de Léa. Mais avant de quitter la chambre, elles décidèrent  de faire un pacte avec leur sang, Léa l’avait lu dans un livre, Ayant pris une épingle, elles se sont piqué le doigt, une goutte de sang a perlé, elles ont mélangé leur sang sur un mouchoir blanc, et l’ont déposé sur l’écrin en prononçant ses mots :«  A la mort, à la vie si tu me trahis tu es maudite. »

Puis, elles se sont enlacées, se sont embrassées et se sont dépêchées de rejoindre le cours suivant, personne ne les avait suivies, personne ne les avait remarquées, pour Léa comme France l’affaire  avait été menée de mains de maître.

Rapidement les évènements allaient leur faire oublier l’écrin, la petite vie tranquille qu’elle s’était forgée dans l’internat allait être mise à mal par des faits plus que troublants, voire même pour certains, dramatiques. Mais pour l’instant elles regagnent rapidement la salle de sport où les attend leur professeur d’EPS, qui paradoxalement à l’ensemble de l’équipe Educative est le seul homme ; de plus il est jeune et certaines en sont devenues folles amoureuses. Dans cette école comme dans d’autres, tout manquement est puni par une exclusion totale. Il n’y a aucun avertissement, c’est directement la porte. Léa et France n’ont jamais trouvé leur professeur beau, mais Victoire minaude tout le temps devant cet homme qui, imperturbable, continue de leur dispenser son cours. Aujourd’hui c’est volley, comme il sait l’amitié qui unit France et Léa, il décide aujourd’hui de les nommer capitaines d’une équipe différente, ce qui ne va pas sans mal, car elles ont les mêmes copines et leur choix va être fort dur. N’écoutant que leur bon cœur, elles vont homogénéiser leurs équipes respectives afin de donner la chance à toutes, mais un choix Cornélien demeure, qui va prendre Victoire ? Aussi c’est sans se concerter qu’elles attendent le dernier moment pour qu’elle puisse aller dans l’une ou dans l’autre. Comme c’est Léa qui a appelé la première c’est forcément France qui va l’avoir, mais ce dont elles ne se souviennent pas c’est qu’elles sont 13 dans leur classe de sixième edelweiss, comme le volley se pratique à 6 par équipe, Victoire n’a pas de poste. A sa mine qui s’allonge au fur et à mesure que les fillettes les appellent, elle comprend rapidement que les deux amies vont la mettre sur la touche, aussi se rapproche-t-elle du professeur pour lui demander de jouer et non de ramasser les balles, ce qui équivaudrait à la mettre sur le banc. Il faut dire que Marcus l’aime beaucoup cette demoiselle, l’avoir dans une équipe est fort intéressant car elle jouait dans un club là où elle était, et son professeur le sait. Aussi, avant la fin, il intervient contrairement à son habitude pour suggérer à l’une comme à l’autre de s’entourer des meilleurs éléments. Devant la mine contrariée de Léa comme de France, il prend les devants et l’impose à France. Si les yeux de cette dernière avaient été des pistolets il serait mort sur le champ. Mais comme il ne connait pas le degré d’animosité qui sépare les deux fillettes, il ne prête nullement attention au regard courroucé que lui jette France. Elle fait contre mauvaise fortune bon cœur, et annonce Victoria. Celle-ci jubile et en passant près d’elle lui susurre « Et toc » ce qui ne plait nullement à France qui se mord les lèvres pour éviter de l’apostropher. Le jeu commence et dans un premier temps se déroule très bien, grâce aux passes de Victoria la première manche est gagnée par l’équipe de France, la deuxième par celle de Léa, quant à la troisième, rien ne va plus, car France fait une remarque judicieuse à Victoire qui ne l’apprécie pas et prend à témoin le professeur qui n’a rien vu de la scène, donne raison à Victoire qui apprécie d’être glorifiée vis-à-vis de son ennemie. Mais France ne l’entend pas ainsi et prend le parti de Laure qui elle n’a commis aucune erreur. Mais Victoire s’en mêle et frappe avec le ballon la capitaine, un ballon lancé avec beaucoup de dextérité qui atteint France à la tempe et l’envoie au sol, étourdie. Elle peine à se relever et ne comprend pas pourquoi cette fille lui en veut à ce point. Le cours s’achève par la victoire de l’équipe de Léa, le professeur désavoue France en lui disant que dans le sport quoi qu’il arrive il faut rester fair-play, France ne dit mot mais n’apprécie nullement la remarque qu’elle ne mérite pas. Et elle en est certaine, car les élèves de troisième qui attendaient leur tour pour jouer, lui en font gentiment la remarque. Elles ont témoigné de ce que Victoire a fait, ce qui soulage un peu France qui pensait avoir été  trop sévère envers Victoire.

Décidément, cette nana en veut à France pense Léa tout en remontant vers les douches. Elle ne comprend pas son attitude, on dirait qu’elle la connait, mais France est catégorique c’est la première fois qu’elle la voit. Elle trouve que leur vie à l’internat risque d’en pâtir avec les problèmes que cela génère. Mais intervenir auprès de Victoire, est-ce que cela peut faire avancer les choses ou bien le problème enflera et la vie de France en sera encore plus lourde à supporter. Déjà qu’elle se fait du souci pour sa maman suite à la lettre qu’elle a reçue, alors s’il y a aussi cette fille, elle sera perturbée, et Léa pense qu’elle n’a nullement besoin de l’être. Chez les Delmas la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Depuis le premier janvier où le papa de son amie s’est envolé vers les USA, son amie n’a reçu aucune nouvelle, seule sa grand-mère a téléphoné, mais elle n’a pas dit grand-chose et quand sa petite fille a demandé des nouvelles, la grand-mère n’a pas pu lui en dire plus que, tout va bien, son travail avance bien. Or France a dit à Léa que son papa n’y allait pas pour son travail, mais pour régler une vieille histoire qui avait refait surface dans sa vie, sans pour autant lui en donner des détails. Léa s’aperçoit qu’il y a des détails troublants mais qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. En effet le papa de France est parti le 1er janvier, dès son arrivée, France avait un courrier qu’elle a trouvé à son retour de la semaine de ski, date à laquelle son armoire était fracturée, et où elles ont fait la connaissance de Victoire. Neuf jours pour arriver des USA, c’était long, et fait bizarre cette lettre n’avait pas été tamponné par la poste, elle était juste dans le casier de France. Mais cette dernière était si contente d’avoir du courrier qu’elle n’y avait pas prêté attention, c’est Léa qui en avait fait la réflexion. Elle aimait bien faire des enquêtes, et en avait déjà résolu quelques-unes, mais de petites envergures. A la prochaine lettre elle vérifierait la date, mais hélas déjà un mois, et toujours aucune lettre. C’était étrange, la famille de son amie continuait à lui dire que son papa était trop occupé et n’avait pas le temps de lui écrire. En fait, Léa réfléchissait et n’osait affoler son amie. Son papa qui avait le téléphone du papa de France avait l’air préoccupé la dernière fois qu’elle l’avait eu au téléphone. Elle s’était bien gardée d’en faire part à son amie, il lui avait conseillé de garder sa langue. Son amie recevrait des nouvelles et toutes les angoisses infondées seraient levées, hélas l’avenir allait démentir ses paroles, mais on n’en était pas encore là.

 

 

A suivre (Le chapitre 6 n’est pas terminé)

 

Copyright « roman »  mars 2015    

Mon grand-Père et la Grande Guerre….

 

Pour la communauté de CLARA, Il y a 100 ans voici mon article de cette semaine

 

 Communauté-1915-2015

 

 

 

Mon grand-père maternel faisait partis de la cinquième Armée qui était commandé par Franchet D’Esperey

Photo prise en Champaogne

Mon grand père est né en 1888 et il est décédé en 1958

Il a été mobilisé à Paris ou il enseignait, il était officier 

Mon grand-père a combattu au 86e Régiment d’infanterie (86RI)

voici l’insigne réglementaire de son régiment 

 

 

En 1914 il a fait toute la campagne de Lorraine, les villes sont Ancervillers, Sarrebourg et Baccarat, c’est à Baccarat où ils vont subir d’énormes pertes, à la fin de la bataille ils ne sont plus que 750 hommes avec 7 officiers. Selon mes recherches en 1914 un Régiment d’Infanterie pouvait compter  120 officiers pour 3250 hommes de troupe……D’autres en comptait moins mais cela dépassait toujours un millier d’hommes…..

35 e Régiment d’Infanterie (35 RI)

Dans ce régiment il y avait des Francs Comtois au cœur solide, des  valeureux Alsaciens, d’enthousiastes Parisiens et de robustes enfants du Massif Central. C’est dans ce régiment qu’ un Colonel  répondait au nom de Mac Mahon, c’était le fils du Maréchal du même nom. Ils ont foulé leurs terres et ils sont allés en Champagne,  jusqu’à la bataille de la Marne. Si vous voulez en savoir davantage voici le lien  Ils ont  aussi participé à la bataille de la Somme et  de Verdun.

Leur devise est: Tous gaillards, pas de traînards

et au 54e Régiment d’Infanterie Coloniale (54 RIC)

 Je vous en parlerais dans un prochain article

 

Un double V à la Une (W)

Désormais je n’aurais que ce blog (contrairement à ce que je vous en avais dit il y a quelques mois) pour répondre au défi et pour la communauté de Clara, mon blog Un jour un défi rejoint à nouveau celui-là…Merci d’en prendre note.

Toutefois mon blog pour mes romans, nouvelles pour enfants et adultes est toujours d’actualité

 

Et nous voici à la lettre W comme Water, pour le défi de Domi

Et pour la Communauté des nuls

 

 Lorsqu’en rentrant de vacance notre amie Olive s’était plongée dans les futurs destinations de ces vacances elle avait en tête qu’une seule idée c’était de se rendre à Wallis et Futuna, mais c’était sans compter sur son Popeye d’amour qui lui désirait marcher sur les traces de Waldeck Rousseau. Il allait y avoir de fortes frictions entre ces deux-là, surtout depuis qu’Ulla avait regagné son pays ils étaient livré à eux-mêmes….

Pff Nantes c’est en France on peut y aller en une seule fois alors qu’à Wallis on va découvrir de belles choses…Ils en étaient  à se disputer lorsque soudain un coup de sonnette à résonner à la porte. Cela les a laissé debout la bouche ouverte, et, pendant ce temps qui a duré fort longtemps, il y eu aussi des coups forts. A la porte un voisin qui avait trouvé un sac abandonné et leur le rapportait. Ah merci, voulez-vous prendre l’apéritif avec nous?

Oui,

 

Pendant qu’Olive sort les gâteaux apéritifs Popeye fatigué par ses nuits sans sommeil verse du White-spirits à la place du Whisky dans le verre de Wladimir leur voisin. Au moment ou il porte ses lèvres au verre, Olive hurle :

 

– Attention

Ouf Wladimir a laché le verre et fou de rage part à son domicile pensant que Popeye lui en veut , il revient armé d’une Winchester et fait mine de braquer Popeye. Ils en viennent aux mains. C’est avec un manche à balai qu’Olive met fin à cette échauffourée.

Finalement tous les deux partent en Wagon-lits pour la Wallonnie en compagnie de leur petit Wapiti, il faut dire qu’ils connaissent un petit restaurant Japonais ou le Wasabi est servis sur un plateau, et pour leur hôtesse ils lui apportent une plante qu’ils aiment beaucoup un Weigelia aux belles fleurs roses, une bouture qu’ils ont fait prospéré depuis leur voyage en Chine.  Sur place ils rouleront avec leur Volkswagen.

A l’avance ils se régalent car elle va leur servir son meilleur Xérès, mais c’est déjà leur prochaine destination, aussi je ne mettrais pas les bouchées doubles et je vais vous dire à la semaine prochaine…

 

 

 

Chapitre 6 Faits troublants

Chapitre 6

Une arrivée inattendue !

 

Le soir du réveillon tout le monde a oublié les problèmes familiaux et ils ont vécu un réveillon fort réussi. Monsieur Donnât était fort amusant, il a su les distraire avec des tours de magie, des chansons de marins et des histoires plus invraisemblables les unes que les autres. Avec eux, il y avait le frère aîné de Léa, il vivait à Paris avec sa maman, la première femme du papa de Léa. Il était facétieux et poète à ses heures perdues. Il lui a offert un poème écrit sur un parchemin aux armoiries de la famille de sa mère. Il se nomme Denis et veut faire des études pour devenir avocat ou juge pour les enfants, il ne le sait pas encore. Mais les bons moments ont toujours une fin et la date du retour arrivait à grands pas. Mais elles ne repartaient pas pour la Suisse, en effet Monsieur Donnât devait les déposer à la gare de Lyon car elles prenaient un train pour une station de montagne en France. Toutes les deux savaient skier ainsi que d’autres filles de sixième, aussi elles ont eu la chance d’avoir un moniteur de la FFS, il était super beau et tout bronzé, elles en sont toutes tombés amoureuses, ce qui le faisait bien rire.

Les journées étaient riches et pleines, elles auraient aimé rester toute la vie à travailler deux heures le matin. Puis elles prenaient une collation et partaient sur les pistes jusqu’à dix-sept heures. De retour pour la douche, le travail personnel,  elles se rendaient ensuite dans la salle de jeux ou de lecture. Après le repas et une petite veillée, elles rejoignaient le grand dortoir dans lequel le dernier jour elles allaient faire une grosse bataille de polochons vertement réprimandé par Madame la Directrice qui n’aimait pas cela. Mais les autres jours il régnait dans ce dortoir un grand calme car les fillettes étaient fort fatiguées par leur journée aussi intense.

Le retour à l’internat se fit en bus affrété par l’association des parents d’élèves, ce fut un beau voyage car il avait beaucoup neigé et elles admiraient les formes en sucre blanc. D’autres ont dormi pendantpresque tout le voyage, mais Léa et France s’en sont mis plein les yeux et comme Léa avait un appareil photo, offert par son frère, elle a pris de belles photos.

Lorsqu’elles sont arrivées il était plus de 21 h, et elles sont allées se coucher. Quelle ne fut pas leur surprise de voir dans le lit en dessous de celui d’Erika, une forme allongée et assoupie, leur cheftaine arrivée avec un peu de retard n’avait pas eu le temps de les prévenir de ne pas allumer la lumière ; hélas c’était trop tard. Hirsute et en colère cette fille leur a dit qu’elles étaient de sales gamines, elle avait une voix haut perchée et elle leur a débité une foule d’insanités à faire rougir. Rapidement Erika est  intervenue, a calmé le jeu et chacune s’est déshabillée le plus rapidement possible mais à tâtons pour ne pas déranger la râleuse. C’est le surnom qui lui sera donné par France.

C’est au matin en se levant pour aller déjeuner qu’elles ont découvert qu’elle avait mis la chemise de nuit de l’été, ce qui fit rire les autres pensionnaires. Erika leur a présenté cette nouvelle,  née le même jour que France mais plus âgée d’un an et qui répondait au prénom complètement idiot de Victoire. Le fou rire a gagné toute la chambre, y compris Erika qui ne savait où se mettre. Mais Victoire les a foudroyées du regard ce qui, ma foi, les a calmées rapidement. Elle aussi avait de beaux cheveux noirs frisés, coupés courts, mais contrairement à France ses yeux étaient bruns.

En rangeant ses vêtements, France eut la désagréable surprise de voir que son armoire avait été forcée, le cadenas gisait à terre et à l’intérieur il lui manquait la tablette de chocolat qu’elle avait pensé manger avec ses copines de chambre. Elle ne pouvait se plaindre auprès de l’économe car elle aurait dû la remettre le jour de la rentrée, mais elle signala l’ouverture forcée de son armoire. Les yeux de l’économe se sont portés involontairement vers Victoire, qui a haussé les épaules et murmuré,

-qu’elles essayent de m’accuser elles vont voir

Si France l’avait entendu, l’économe était loin de s’en être rendue compte.

A la suite de cet évènement, Léa et France ont trouvé que la sérénité du pensionnat était mise à mal par différents faits qui allaient se dérouler au fil du temps.

 

Chapitre 5 (suite)

Le lendemain quand elle se réveille, elle est dans son lit et son père dort recroquevillé à côté d’elle. Son beau visage est bien soucieux pense France. Au moment où elle pose le pied sur le plancher, elle le met malencontreusement sur la latte qui grince et ce petit bruit réveille son papa qui semble assez gêné que sa fille le découvre ainsi. Il lui explique qu’elle s’est endormie dans le salon et que Fabien n’avait pas daigné la déposer sur son lit. Sa grand-mère avait attendu que son fils revienne et ce dernier n’avait pas voulu la réveiller, aussi l’avait-il remontée dans sa chambre, et comme il la regardait dormir il avait dû s’endormir lui-même, ce qui fit rire sa fille. Elle, en petite fille adorable s’inquiète de savoir si son papa n’a pas mal au dos, le plancher sans matelas doit être dur. Il la rassure en lui disant qu’il est encore solide comme le roc et il l’invite à venir prendre son petit déjeuner comme autrefois en tête à tête ce qui ravit sa jolie fille.

Le sourire qui illumine le visage de sa fille en dit long sur la joie que cela lui procure. Elle a l’impression qu’elle est de retour définitivement et que les mauvais jours sont enfin derrière eux, mais bien qu’elle sache que c’est une illusion, elle se complait à rêver. Noël passera vite, car toute la grande famille va se réunir, et comme toutes les bonnes choses on ne les voit pas passer, on sera bien vite au 30 décembre, date de son retour à l’internat. Rien que de penser à cet instant qu’elle veut repousser au-delà, elle émet un soupir à fendre le cœur de n’importe qui. Son père qui lisait le journal, la regarde et semble inquiet. Mais il ne prononce aucun mot et continue de la regarder. Elle semble si fragile dans la jolie robe qu’il lui a offerte. Ces longs mois passés loin l’un de l’autre l’ont fragilisée davantage, il faut que sa fille s’endurcisse, la vie ne va pas être comme il l’avait pensée pour elle. En effet, suite à des mauvaises conjonctures et des marchés qui ne s’étaient pas concrétisés, le laboratoire risquait d’être racheté par la concurrence, il se maintenait à flot pour l’instant grâce à l’ensemble du personnel ainsi que de son frère cadet Joseph, qui, pour l’instant, était en déplacement pour trouver des capitaux pour renflouer le laboratoire familial. Jusqu’à présent il avait investi des fonds propres, mais ils s’amenuisaient et bientôt il faudrait faire face.

Fallait-il pour autant sacrifier les trois quarts du personnel comme le suggérait Fabien. C’était tout de même une entreprise Familiale de petite envergure et les méthodes que son neveu appliquait étaient pour les grands trusts internationaux. Ici c’était plus un travail de recherche, il n’était pas question de renvoyer les chercheurs, ingénieurs et autres personnes compétentes pour mettre en place la bande d’incapables qui gravitait autour de Fabien. Il en était là de ses réflexions quand le téléphone le ramena à la réalité.

C’était le père de Léa à qui il avait, de son bureau, laissé un message la veille. France étant proche de lui, elle comprit rapidement qu’elle irait passer le réveillon chez son amie Léa. Le papa de cette dernière s’engageait à  venir la chercher et il l’emmènerait avec sa fille lorsque l’internat aurait rouvert les portes et ce dès le 1er janvier.

Elle passerait la fin de l’année dans la famille de Léa ce qui la ravissait énormément, son père fut content de la voir rayonner une fois qu’il lui eut annoncé cet arrangement. Cela lui enlevait un énorme poids et de cette manière il serait plus disponible pour régler ses affaires et voir quelles dispositions il fallait prendre pour sa femme Luce.

Le lendemain, France sort de son lit comme un ressort, enfin voilà le matin de Noël, sa maman est arrivée hier au soir, ils ont réveillonné tous les trois, elle a offert à sa maman une jolie écharpe en soie qu’elle a achetée avec son papa dans une boutique. A son papa elle lui a offert un cadre photo en argent et elle y a mis la photo de sa Bonne Maman, ainsi que celles de son papa, de sa maman et d’elle-même. Son papa en avait les larmes aux yeux. Elle avait fait ses emplettes avec le chauffeur de sa Bonne Maman hier après-midi. Son papa lui avait offert un ensemble en maroquinerie avec du papier à lettres sentant le parfum de sa maman, une liseuse pour ses livres, et un beau stylo plume. Elle fut fière de recevoir ce très beau cadeau. Ainsi elle n’aurait pas de raison de ne pas écrire à sa famille… Sa maman lui avait remis une enveloppe où se trouvaient 100€, elle lui sauta au cou et dans ses yeux elle vit un éclair de lucidité qui retomba bien vite, ce qui avait l’air de désespérer son papa.

Dès midi, ils partaient tous ensemble dans la nouvelle voiture de son papa et se rendaient à Oullins dans  la banlieue de Lyon, là où son cousin Fabien habiterait désormais. C’était une jolie maison bourgeoise de la fin du XIX siècle, il l’avait remise au goût du jour et le tout était charmant, même papa l’avait félicité pour l’embellie de l’ensemble.

En plus de Fabien et Bonne Maman il y avait son petit frère Bertrand et sa jeune sœur Myriam, leur maman avait décliné l’invitation pour ne pas se retrouver avec ses beaux-frères. Etaient aussi présents sa sœur et son beau-frère ainsi que leurs deux filles, des jumelles.

Ses cousines adorées avaient le même âge que France, c’est ce jour-là qu’elle s’aperçut que sa tante attendait un bébé, elle en était pas peu fière, c’était un garçon, enfin un Delmas en ligne droite chez eux. Il manquait à l’appel le dernier frère de son papa, mais ses cousins en pension à Lyon étaient présents. Quant à leur mère, elle brillait par son absence, elle venait tout juste de quitter son oncle. Il y avait aussi son Parrain, le jumeau de son père, accompagné d’une charmante femme qu’il a présentée comme sa fiancée, mais c’était au moins le cinquième Noël  où il présentait une fiancée et ce n’était jamais la même ce qui faisait rire ses frères et sa sœur. Cette fois-ci elle arrivait du Bénin où il avait séjourné ces derniers mois.

Un beau Noël comme autrefois avec les treize desserts comme les noëls avec leur Grand Papa trop tôt disparu…Un bon chapon et l’éternel gratin dauphinois célèbre à Lyon. Des fromages de la campagne rapportés par la Grand-Mère et des fruits qui avaient dû coûter les yeux de la tête car en hiver ceux-là sont hors de prix. Et à la fin la traditionnelle bûche au chocolat et aux fruits pour les autres. Le café, le champagne pour célébrer je ne sais quoi, ce que du reste son père a eu l’audace de le dire à mi mots. C’était un magnifique Noël, même si la tension entre son Papa et Fabien était palpable. Tous les deux ont respecté la trêve de paix qu’inspire cette période. Les affaires reprendraient bien assez vite, et les problèmes tout autant.

Le surlendemain son papa lui a annoncé qu’elle se rendrait chez Léa dès le 29 décembre, son papa viendrait la chercher et elle passerait les fêtes de fin d’année avec eux. Voici ce qu’il lui dit :

–      Ma petite fille je vais te confier cet écrin cela n’a rien à voir avec un cadeau de Noël mais c’est fort précieux et en aucun cas tu ne dois t’en séparer, ni le confier à quiconque. Si tu penses que cet écrin n’est pas en sureté alors tu pourras l’ouvrir et ce que tu trouveras à l’intérieur est une clef, tu la suspendras sur une chaîne autour de ton cou. 

 

La petite fille interroge son père, elle se demande à quoi sert cette clef. Il la supplie de ne jamais la donner à quiconque et il lui explique que même sa propre mère ne doit le savoir. Il lui demande de lui en faire la promesse.

France ne comprenant pas la raison, mais voyant que son papa est soucieux lui le promet, je pense même que ce jour-là elle aurait pu tuer pour être en accord avec lui. Et il ajoute que si elle ne peut tenir cette promesse il ne voit pas à qui il peut confier son secret. La jeune Léa se jette au cou de son père et lui fait toutes les promesses du monde, sentant à ce moment-là qu’il se passe quelque chose qui n’est pas encore palpable mais qu’elle espère découvrir assez rapidement.

Son papa esquisse un sourire et l’embrasse sur le front, il lui sourit mais France trouve son sourire triste et se demande ce que l’avenir lui réserve.

Son père s’aperçoit rapidement que sa fillette n’a pas vraiment saisi le sens de sa demande car elle lui demande si elle doit à son arrivée à l’internat le remettre à l’économe, ce qui fait rager son père qui ne comprend pas que sa fille lui pose une question aussi saugrenue.

 

Il essaye, tout en gardant son calme alors qu’il bout  intérieurement, de lui dire que lorsqu’il dit à personne ce n’est certainement pas à une étrangère comme l’économe. Il ajoute qu’elle doit toujours obéir à sa famille, même si parfois elle a l’impression qu’elle bafoue l’autorité de ceux qui s’occupent d’elle en  son absence. Il ajoute, qu’il va lui falloir un tant soit peu d’intelligence, voir d’abnégation, pour cacher ce joyau que représente cette clef.

 

Mais il ne se fait aucun souci, il  connait sa princesse, elle est capable de soulever les montagnes quand elle veut défendre chèrement quelque chose.

Et il lui rappelle un jeu qu’il faisait jadis dans la maison de vacance de Bonne Maman, avec la tribu des cousins et cousines. Chacun leur tour ils étaient invités à cacher un trésor dans le grand parc, et les autres partaient à sa recherche. Ce jeu consistait à trouver une cachette inconnue des enfants mais aussi des grands, et lors de l’anniversaire de France, elle avait été invitée à en cacher un. A ce jour personne ne l’avait découvert et pourtant tout le monde avait essayé de sonder France qui avait su garder sa langue. Ils avaient tous quitté la grande maison sans le savoir et le jeu continuerait l’été prochain mais c’étaient les adultes qui devraient chercher aidés en cela par les enfants. Son papa en se souvenant de ces jours heureux ne peut s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux ce qui ne manque pas d’effrayer sa fille. Aussi elle se jette dans ses bras pour lui témoigner tout son amour.

Mais la petite fille voit bien que son papa essaye de lui ôter toutes les questions qui lui viennent, elle veut savoir à quoi sert cette jolie clef ourlée de dentelle dorée. Et ce que son papa va lui dire va la bouleverser. A mots couverts, comme un espion, il se penche tout près d’elle et écoutons ce qu’il va lui dire :

 

–      Voilà, cette clef tu ne t’en serviras que s’il m’arrive malheur, chut ne m’interromps pas ma petite fille, mais de toute façon tu ne pourras te rendre dans mon bureau que lorsque tu seras en âge de travailler. Si tout se passe le mieux du monde je te redemanderai cette clef et nous ouvrirons le coffret le jour de tes 18 ans. Dans mon bureau il y a, je pense que tu l’as déjà vue, une photo de ton arrière-grand-père, c’est lui comme tu le sais qui a fondé notre Entreprise Familiale.

 Cette photo se trouve dans un cadre en bois. Il faudra que tu ôtes le cadre du mur, derrière se trouve un coffre-fort. Pour accéder au coffret tu feras une combinaison pour tout d’abord ouvrir le coffre. Une fois celui-ci ouvert tu trouveras un coffret marron en bois, c’est sa clef que je viens de te remettre ce jour.  

France sent comme un lourd secret et interromps son papa pour lui dire que ce doit être lui qui doit garder la clef.  Mais lui a de nombreux arguments pour qu’elle comprenne bien que c’est mieux de cette façon. Même si elle n’en n’est pas totalement convaincue.

C’est à ce moment qu’il lui apprend qu’il va partir en voyage aux USA. Il élude sa réponse mais devant ses supplications lui dit qu’il ne sait pas encore ce qu’il va découvrir et c’est justement la raison de son départ. La fillette est fort maligne et se demande si cela n’a pas un rapport avec Fabien, mais son père lui dit qu’elle se méprend. Fabien n’a rien à voir avec son départ. France est aussi têtue que son papa, et elle insiste, mais ce dernier est sauvé par la sonnerie de son téléphone.

 

Il est regrettable se dit-elle que son  Papa ne lui ait pas confié son secret, car cela lui aurait épargné le chagrin inévitable dans lequel elle allait se trouver quelques semaines plus tard. En partant chez Léa, elle  réalisait qu’elle ne connaissait pas la combinaison du coffre de son papa, mais elle téléphonerait de chez son amie.

 

A suivre