L’expédition punitive (suite)

C’est la tête qu’il faut faire sauter, tout partait du Colonel, est-ce que sa femme l’avait suivis ou elle était obligé, nous allons l’interroger. L’interrogatoire cela me connait se disait Pierre, mais là il fallait le faire en tenant compte de ce que Abeba leur avait dit, tout en maintenant la « Colonelle » dans un état de peur comme elle l’avait fait sur l’ensemble des jeunes filles qui étaient passées chez elle. Auparavant le chauffeur du Consul avait discuté avec la petite de 15 ans. Ouf, il ne s’était rien passé car elle était arrivée le matin même de l’école des sœurs. Immédiatement, l’ex Consul, mais les religieuses n’étaient pas au courant qu’il avait quitté ses fonctions, avait téléphoné à l’école de Djibouti pour leur expliquer qu’elles étaient complice de la plus grande traite de femmes. Nous entendions Guillaume leur dire :

  • Si j’apprends que vous continuez à pourvoir le Colonel en fillettes je vous dénonce aux autorités françaises. Et tout le travail que vous avez accomplis ici, sera balayé en une heure.

Mais la mère supérieure avait compris la menace et le jour même avait refusé le départ de deux petites jumelles dans la maison d’un dignitaire du Yémen, plus exactement chez l’Ambassadeur.

Nous pouvions commencer notre interrogatoire, nous enlevons le foulard qui empêchait  « Madame la Colonel » de voir le chemin que nous avions fait depuis son kidnapping, nous l’avons assise brutalement sur une chaise et nous n’avons pas eu besoin de lui poser beaucoup de questions. Elle a rapidement jeté la faute sur son cher et tendre époux. Mais lorsque nous avons évoqué Abeba c’est un torrent d’injures à son encontre qu’elle nous a déversé. Elle s’est rapidement calmée quand nous lui avons rappelé ses gentillesses à son égard, rien que d’évoquer le viol de son mari sur des fillettes de 15 ans elle s’est calmée et nous n’avons plus rien entendu. Au contraire la peur la gagnant elle s’est mise à pleurer. Nous l’avons enfermé à double tour dans une des chambres et Xavier a accepté d’être son gardien d’un soir. Et nous lui avons donné un repas frugal mais nous lui avons prouvé que nous étions moins ignobles qu’elle. Xavier lui avait dit que demain matin nous la fouetterions autant de coups qu’elle avait donné à l’ensemble des fillettes dont elle avait la garde. Elle l’avait supplié de l’épargner. Mais il n’avait pas daigné lui répondre. Ce n’est que le lendemain matin en lui voyant les traits tirés, les yeux larmoyants qu’il lui avait dit que s’il avait à punir une personne c’était les salauds qui avaient profités des filles, quant à elle il la remettrait aux autorités françaises dès que ce serai possible, car elle était complice en couvrant son mari. Elle eut beau nous dire qu’elle ne pouvait lever un petit doigt chez elle, nous qui la connaissions bien, nous savions qu’elle était capable du pire . Mais en attendant il nous fallait nous préparer pour notre rendez-vous avec le Colonel. Nous ne savions nullement s’il allait venir seul comme nous lui l’avions recommandé ou si deux ou trois de ses amis l’accompagneraient, voire des soldats à qui il n’aurait rien dit, mais juste qu’il fallait l’accompagner.

Nous enfermons la « Colonelle » à double tour, Idriss qui nous a rejoints va pour cette nuit la garder, on ne sait jamais, si par hasard elle criait il serait contraint de la bâillonner, mais nous pensons qu’elle est plus tétanisée par la peur qu’autres choses.

Nous roulons aucun de nous parle, nous avons pris une arme de poing chacun, mais notre but ce n’est pas un vulgaire assassinat, cela ne rendrait pas leur honneur aux jeunes filles et femmes qui sont passées dans ses mains, nous voulons dans un premier temps faire appel à son statut d’officier, et pour le reste nous faisons confiance à Xavier. Il nous a mis au courant et Guillaume ayant donné son assentiment nous acceptons sa décision. La route est désertique et en fort mauvais état, lorsque nous arrivons il n’y a plus âme qui vive même les touristes en sont partis y compris ceux qui pratiquent la plongée, il y a des merveilles en cet endroit. Cette plage est acquise aux Français, peu de Djiboutiens y viennent.

Nous entendons le ressac et comme la nuit n’est pas encore là, voulant arriver à l’avance pour prendre position  dans un endroit où personne ne pourrait nous piéger, nous nous disséminons derrière les petits arbustes. Si le Colonel venait seul il emprunterait certainement la nouvelle route en bitume, nous, avions privilégié la piste, ne voulant pas tomber dans une embuscade dressée par le Colonel et ses comparses.

C’est bien aux alentours de 23 h que la jeep poussive du Colonel est arrivée par la nouvelle route, donc il pouvait être seul, mais toutefois nous nous tenions sur nos gardes. Le Colonel descend, il allume une cigarette, il est en face de nous, si Xavier l’abattait il tomberait mort. Mais Xavier s’avance face à lui et à visage découvert, le Colonel met de suite la main sur son arme, mais derrière lui Guillaume lui fait une prise de judo et il s’écroule au sol. Il se jette sur lui le maîtrise, aucun coup de feu n’a été tiré, personne n’est venu défendre le Colonel, nous le ramenons en ville. Assis à l’arrière il n’a pas dit un mot, il ne nous a pas demandé où se trouvait sa femme comme s’il avait déjà compris que tout était finis pour lui. C’est aux alentours de minuit que nous arrivons à l’hôtel il n’y a personne aux abords, mais rien ne nous fait peur, nous allons voir ce que le Colonel a dans le ventre. Nous le poussons sans ménagement dans l’ascenseur et nous regagnons la suite que nous avons réservée sous un nom d’emprunt pour pouvoir passer inaperçu. Rapidement le Colonel se retrouve face à 5 hommes. Il reconnaît le Consul et il change rapidement de couleur. Guillaume avait demandé que tous ceux qui le connaissaient ne soit pas avertis de son départ de Djibouti pour que le Colonel se retrouve dans la situation embarrassante ou il se trouve ce soir. Dans un premier temps il va tenter son vatout, mais rapidement i s’aperçoit que Guillaume est impassible devant ces mots de repentir qui sonnent faux dans cette chambre.

  • Monsieur le Consul il y a certainement un moyen de s’arranger, c’est le Commandant Ben qui a trahis ma confiance, moi je n’y suis pour rien.
  • Le viol à répétition d’Abeba et de tant d’autres, la filière d’organes, les humiliations, les morts dans le village de ma femme, les assassinats sous couverts de vos larcins, le kidnapping de ma femme, l’intimidation en France de ma mère et de ma sœur, ce n’est rien ? On va pouvoir s’arranger ; mais vous vivez sur quelle planète Colonel ? Et si vous aviez mis la main sur mon fils vous l’auriez torturé comme vous l’avez fait à des soldats qui vous désobéissaient comme peut en témoigner Monsieur X ici présent. Rien de ce que vous nous direz ne m’intéresse, tout au moins si c’est pour faire porter le chapeau à d’autres. Ce que je veux c’est la liste complète de tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin à vos outrages. viols et assassinats, et j’en passe. Il est 1 h du matin, je reviens dans deux heures, vous avez intérêt à l’avoir remplis, Monsieur X va rester avec vous, et si la liste est plus longue il vous donnera d’autres feuilles. Ensuite il m’appellera et je vous dirais ce qu’il vous restera à faire. Je ne vous salue pas Monsieur.

A suivre…

L’expédition punitive

Après cette phrase lourde de sens, Abeba s’est murée dans le silence, Pierre s’est douté que les horreurs n’étaient pas terminées mais que cette jeune femme n’en pouvait plus de raconter, de se raconter et de souffrir en son corps et son cœur.  

Au même moment  Guillaume lui  demande :

  • Il ne faut pas s’attarder, le temps presse, allons faire notre devoir.

Bien entendu qu’il est fin prêt, il est même sur les charbons ardents, l’ami Pierre, dans son sac à dos a glissé le strict nécessaire il ne s’est même pas embarrassé de vêtements, son ami lui les a fournis, il va se confondre dans la population. Par contre il a glissé une arme, il ne sait pas si en face il y aura du répondant. Il est préférable de se méfier. Xavier s’approche d’Abeba, la soulève comme une plume et la dépose dans le 4X4 qu’il va conduire, à l’arrière prends place Guillaume et Pierre. Le second est conduit par Idriss qui est accompagné du chauffeur et du secrétaire du Consul, ils sont partis pour l’aider ayant apprécié sa simplicité, sa gentillesse, son savoir-faire et l’amour de leur pays. Dès que sa femme avait été kidnappée ils avaient offerts leur service pour la retrouver, maintenant ils étaient partie prenante de cette expédition qu’ils espéraient punitive. Pendant que les voitures s’éloignent du lieu où la sœur d’Assia nous a raconté son calvaire, Pierre se rend compte que son ami Xavier et Abeba sont fort proches l’un de l’autre. Il s’en réjouit car en plus elle le mérite et en plus il forme un beau couple. Guillaume a un don pour lire dans ses pensées, il se penche vers son ami et lui susurre «  Toi aussi tu trouves qu’ils se sont bien trouvé »  

  • De qui parles-tu mon ami?

Mais au moment ou Guillaume va pour me répondre, Xavier nous lance :

  • Alors les cachottiers vous parlez de qui ?
  • De toi !

Par égard pour Abeba nous ne disons rien la concernant, nous lui laissons le temps. Puis jusqu’aux abords de l’arrêt du train nous ne prononçons plus un mot. Nous sommes plongés dans nos pensées. C’est parti ! Nous voici Monsieur le Colonel, nous arrivons. Des fous, des malades ont eu pendant des années un droit de cuissage, de vie et de mort sur des jeunes femmes et filles voire des enfants. Ils ont profités d’elles en les soumettant à leur folie. Personnellement je pense que pour Abeba cela a dû être très dure de nous raconter son calvaire, elle s’en est bien sortis, finalement heureusement qu’Assia est la femme du Consul, elle a pensé que lui seul pouvait l’aider. Tous les autres n’ont su que profiter d’elle, y compris ceux de son pays. Quel triste réalité songe Pierre. C’est Guillaume qui va rompre le silence, il s’adresse à Abéba. Il lui dit que le mieux pour elle ce serait de rejoindre sa famille qui est en lieu sûr qu’une femme n’a pas sa place avec des hommes aguerris, il ne la diminue en rien, il veut juste la sauver, aucun d’entre nous sommes certains à cet instant que nous ne subirons pas des représailles ou tout simplement que nous n’y laisserons pas notre peau. Est-ce le fait que son beau-frère prenne soin d’elle qui lui libère la parole. Mais elle continue son récit douloureux :

  • Avoir donné mon rein avait ouvert une porte à leur machiavélisme, si certaines femmes se prostituaient, d’autres étaient bonne à tout faire chez les dignitaires blancs ou noirs confondus. D’autres étaient en cuisine, nounou, peu enseignait aux enfants, tout au moins chez les blancs, mais chez les Djiboutiens ou autres d’Arabie elles pouvaient apprendre les bases aux enfants. Ben et le Colonel avaient mis sur pieds une filière de dons d’organes, et bien entendu ils avaient « le bétail » qu’ils voulaient parmi toutes les femmes. Si les organes des prostituées étaient à bannir celles des autres étaient bien, si au début on demandait aux femmes et filles par la suite je pense qu’il y a eu des excès, mais de toutes façons tout était répréhensible car on nous appâtait, on nous couvrait de fleurs, de bijoux, si pour nous c’était important pour eux c’était des babioles. A cette époque il y avait un nombre impressionnant de réfugiées d’Ethiopie qui habitaient à la périphérie de la capitale dans le bidonville. Si certaines vendaient du plastique pour le Yémen les autres survivaient, alors une poignée de billets pour donner son rein, voire pire.
  • Pire ?
  • Oui, une ou deux ont donné leurs cornées.
  • Quel horreur ! Ils sont pires que j’imaginais !
  • Guillaume je ne sais même pas le nombre de personnes qui sont mortes, car beaucoup de femmes que je connaissais ont disparues.
  • Ce petit manège a duré combien de temps ?
  • Je ne sais pas!

     

Un grand silence s’est établis, personne n’a réussis à demander s’il y avait autres choses qu’Abéba connaissait, cela était amplement suffisant pour intervenir. Auparavant Guillaume devait avertir la France, car il y avait des Français de concerner, hormis le Colonel personne ne savait qui était mêlé à ces ignominies. Mais Xavier à l’instant où il a arrêté son véhicule l’a dissuadé d’avertir son ministre de tutelle. On va régler le problème à ma façon. Mais ma chérie je veux que ton frère te ramène à tes parents, je ne veux pas que tu sois avec nous.

  • Idriss on est proche de la frontière, tous les deux vous avez un passeport, prenez une des voitures, nous irons vous récupérer dès que tout cela sera derrière nous. Idriss, si nous avons besoin de toi nous te ferons signe par qui tu sais.

Abeba a bien essayé d’insister mais Xavier a été inflexible et c’est à ce moment qu’il a choisis d’appuyer nos dires :

  • Chut mon amour, je reviendrais je te le promets.

Elle s’est jeté dans ses bras en sanglotant, par pudeur nous avons détournés les yeux et attendus que ces deux-là arrivent à se séparer.

Si l’une d’entre nous était partis, nous étions deux de plus dans le 4X4 mais c’était pour si peu de temps. Nous avons attendu tous les cinq que la voiture devienne un tout petit point et nous avons gagnés la gare la plus proche et nous nous sommes fondus dans la masse des voyageurs, il faut dire que ce train est toujours envahis par des milliers de personnes, on ne pouvait que passer inaperçu. Nous avions décidés de nous mettre hors la loi, de leur faire payer leur inhumanité. Lorsque nous sommes arrivés sur Djibouti nous ignorions tout de la tournure des événements, mais ce que nous savions c’est qu’ils n’oublieraient jamais ce que nous allions leur faire.

La chance nous a souris dès le premier soir Xavier a croisé la femme du Colonel, elle se rendait à son thé dansant chez des amis, où à son bridge, ce qu’elle faisait déjà du temps ou Abeba vivait chez elle. Elle était accompagnée d’une fillette d’une quinzaine d’années, certainement le nouveau joujou de son mari. 

Xavier savait que le Colonel séparait son travail sur la base de sa vie dans son couple. « La Colonelle » devait ignorer qu’il était limogé, au pire il aviserait. Il profite qu’elle soit chez des amis pour enlever sa barbe et se faire raser les cheveux. La petite fille a bien entendu hurlé quand Xavier a kidnappé sa maîtresse, mais rapidement nous les avons emmenés dans un lieu tenu secret. Le soir même le Colonel recevait un courrier dont les mots avaient été soigneusement choisis.

Voici ce que la missive contenait :

Mon Colonel,

Votre femme est entre nos mains, nous connaissons votre dextérité pour prendre sur les femmes qui vous intéressent leur cornée, leur rein, leur poumon y compris leur virginité. Nous vous demandons de nous retrouver demain soir à partir de 23 h sur la plage de Khor Ambado. Venez seul sinon nous prélèverons un doigt à votre femme.

 

Les vengeurs

A suivre…

Le cri d’Abeba (suite)

Mais c’est à ce moment que le Colonel est arrivé, il m’a ordonné de monter et m’a ramené à l’école des sœurs, devant Xavier il m’a dit que je ne devais pas fuguer sinon demain je serai obligé de me prostituer. Je n’ai rien osé lui dire, mais quand je suis arrivée devant l’école il m’a accompagné et a dit aux sœurs qu’il me ramenait car il m’avait trouvé sur la plage en train de flirter avec ses hommes. J’ai reçu une claque de la mère supérieure et elle m’a envoyé me coucher mais le Colonel lui a demandé si je ne pouvais pas venir travailler chez lui car sa fille de 8 ans était gravement malade et elle ne pouvait plus venir à l’école. Je la connaissais sa fille, elle était mignonne et sa peau était transparente mais je n’ai connu la raison  que lorsque je me suis retrouvée dans sa maison. Car mes parents étaient contents que le Colonel ait pu poser ses yeux sur moi et me prendre à son service était pour eux une magnifique récompense. Je n’ai jamais osé leur dire la raison pour laquelle il l’avait fait, il avait obtenu mon silence, je ne dirais rien à mes copines de l’école et en plus il m’aurait sous la main.

Notre seconde rencontre eu lieu deux jours après mon arrivée chez lui, j’étais seule car sa fille avait été emmenée à l’hôpital, elle souffrait d’une maladie de rein et tous les deux jours elle se rendait à l’hôpital où officiait un médecin de l’armée.

Il est venu dans la chambre que j’occupais chez eux, je peignais mes cheveux, il s’est littéralement jeté sur moi et il m’a violé, il a mis sa main sur ma bouche au cas où mes cris alertent les autres domestiques. Quand il est parti il m’a dit :

  • Tu es à moi, personne ne pourra te toucher, dans ton pays les filles déflorées sont des filles de mauvaises vies.

J’étais dans un état second, je ne savais pas ce qu’il fallait faire, mais j’ai eu la présence d’esprit de me laver et me relaver, je me sentais sale. Je m’en souviens comme si c’était hier car c’était le jour de mes 15 ans.  Chez nous les filles se marient à 15 ans, il savait pertinemment ce qu’il faisait. Mais deux heures après il est revenu à la charge, je me suis recroquevillée sous mon bureau, il m’a sorti de dessous, il riait et empestait l’alcool, là il a été plus gentil mais j’avais encore mal, il m’a dit je ne te viole pas, je te fais l’amour, rappelle-toi ça, car si un jour tu portes plainte contre moi je dirais que tu m’as aguiché.  Je me suis mise à pleurer alors il a refermé sa braguette et m’a dit ne pleure pas, je vais te couvrir de cadeau. Sur le soir il m’a apporté un bracelet en argent, mais je ne savais pas ce que cela voulait dire, mais je l’ai su quelques semaines plus tard lorsque j’ai croisé le Commandant Ben à la caserne où j’étais venu chercher la fille du Colonel qui m’attendait. Avant de rentrer dans le bureau du Colonel, j’attendais dans une pièce lorsqu’à la porte est apparu un homme dont beaucoup de personne sur Djibouti se méfiait, moi je ne l’avais jamais rencontré et je ne savais pas qui il était, il m’a demandé d‘un ton fort gentil qui j’étais, lui ayant répondu la nounou de la fille du Colonel, il m’a pris la main, a remonté ma manche et m’a dit : «  tu es la chose du Colonel, sa petite maîtresse », je ne lui ai pas répondu, j’ai baissé les yeux, il a ajouté, alors tu as aimé, tu as pris ton pieds. Mais à nouveau je n’ai rien dit, je comprenais qu’il pensait que j’aimais ce que le Colonel me faisait subir, mais je ne pouvais pas lui dire qu’il m’avait violé, mot que le Colonel avait mentionné quand il m’avait menacé. C’est sur ses entrefaites que le Colonel est arrivé, il était là sans sa fille et j’ai vite compris qu’il m’avait tendu un piège. Il m’a regardé avec un sourire méchant, et il a dit au Commandant Ben  «  tu la veux, je te l’offre pour la journée » Et je suis repartie complètement terrifier avec cet homme qui s’est avéré méchant et brutal et je suis devenue « la petite pute «  de ces deux animaux. Si le Colonel me donnait un cadeau, Ben me le reprenait, et si mon patron me le demandait, je n’osais pas lui dire que c’était son ami qui me l’avait repris, alors il me frappait en me disant que je l’avais perdu alors qu’il savait que l’autre prouvait de cette manière qu’il m’avait possédé.

 

Je m’occupais de sa fille et il me martelait chaque fois qu’il me possédait que j’étais sa maîtresse. Il m’avait fait un passeport car j’ai fait des séjours en France lorsque j’accompagnais sa fille et sa femme. Dès le premier jour sa femme s’est doutée que son mari me violait, mais j’étais à ses yeux que du menu fretin et elle s’en fichait du moment que son mari se protégeait, mais deux ans plus tard, une autre jeune fille est rentrée à son service et il ne s’est plus occupé de moi. J’aurais dû être soulagé mais à partir de ce moment-là j’ai sentis comme une menace encore plus terrible qui était au-dessus de ma tête. J’aurais dû quitter la maison puisque je savais ce qui allait arriver à la jeune institutrice, mais elle était blanche et la raison de sa présence c’est que le Colonel l’avait mise dans son lit sans la violer c’est du moins ce qu’elle m’avait dit. Je n’ai jamais pu savoir si c’était vrai ou faux, car moi non plus je n’aurais jamais dit à qui que ce soit qu’il m’avait violé, mais jamais je n’aurais dit être sa maîtresse.

Je devais quitter le Colonel et sa femme pour être au service du Commandant Ben, car bien entendu si le Colonel ne s’occupait pas de moi, il me prêtait à des amis à lui comme il disait, et mon calvaire a continué, mais je ne souffrais plus comme les premières fois, j’étais passive et me laissait faire. Mais le jour de mon départ la petite fille du Colonel est tombée en syncope, bien entendu la « Colonelle » comme tout le monde l’appelait m’a fouettée disant que c’était ma faute. Le Major qui est venu l’examiner a dit qu’il fallait lui faire une greffe d’un rein et il a dit au Colonel il faut faire un appel à tous vos hommes y compris à vos employés pour trouver un donneur compatible. Mais Madame ne voulait pas le rein des noirs, son mari s’est fâché et lui a dit je me fiche de leur couleur un rein, reste un rein.

Si pour les soldats, ce n’était pas obligatoire, pour nous les employés c’était une forme de remerciement à nos patrons. Quand les résultats sont arrivés j’étais la seule de compatible.

  • Sa fille a votre rein ?
  • Sa fille est morte
  • Ah et on vous a fait payer sa mort ?
  • En quelques sortes oui, Madame la Colonel m’en a voulu .Je suis restée entre la vie et la mort, pendant que la petite Charlène faisait un rejet et en est morte.

J’ai réussis à m’en sortir, mais le Colonel ne pouvait plus supporter que je sois présente lors des repas des deux autres enfants, aussi il m’a mis au service de sa femme et je suis devenue son souffre-douleur, jusqu’au jour ou excédé je lui ai jeté au visage que j’avais été la maîtresse de son mari. A compter de ce jour je suis devenue celle qui gênait et dont il fallait se débarrasser. Je ne pouvais pas vous raconter cela dans la vidéo aussi ai-je inventé autres choses pour que vous puissiez me venir en aide. Mais j’ignorais que je serais sauvé par le chauffeur du Colonel. Par contre c’est bien pour me défigurer qu’elle m’a rasé mes cheveux, la première fois que le Colonel m’a vu il s’est exclamé : « même avec un chapeau sur la tête tu seras toujours belle, j’aimerais que nous reprenions nos petits jeux. »

 

A suivre…

Le cri d’Abéba

 

 

Les voici repartis avec un guide supplémentaire qui est l’oncle de Mathéo, ils ont abandonné leur 4X4 pour prendre des chameaux, habillé comme un des leurs, Pierre se confond dans le paysage désertique. Hormis son visage pale comme le lui a fait remarquer Idriss il fait très Djiboutien. Son statut est celui d’un étranger qui veut faire reculer le désert avec un projet innovant, il a  des papiers faux bien évidemment qui prouvent qu’il a déjà suggéré cette idée en Ethiopie. Il doit rencontrer d’ici deux jours un dignitaire de Djibouti, il en profitera pour acheter différents vêtements qui lui seront d’un grand secours au cours des jours qui suivront. Il restera ici le temps nécessaire mais on lui a demandé de faire vite et d’aller à l’essentiel, mais c’est mal le connaître quand il prend une affaire en main il va jusqu’au bout. Il a reçu l’ordre de revenir au bout de deux mois, il espère bien mettre fin à ces horreurs avant la fin de ce mois. Il va se faire pousser la barbe car à Djibouti il est très connu à la fois par ceux du Gouvernement et à la fois par le Colonel chez qui avait lieu ces petites sauteries dont il n’avait jamais entendu parler ; depuis il ne fait que culpabiliser s’il y était allé il les aurait confondu beaucoup plus tôt, mais Bastien lui a dit que si on ne lui l’a jamais proposé c’est que l’on connaissait son intégrité.

 

3ème Partie

 

Assis à même le sol dans la position du lotus, un homme fait son yoga, c’est l’image que lui envoie ce lieu situé en plein désert. Cet homme, il l’a la sensation de le connaître, mais avec un chèche comme ceux que l’on trouve dans l’Afrique de l’Ouest, cela lui est difficile de le reconnaître. Il a le visage buriné, une barbe lui mange le bas du visage, mais la position lui rappelle un de ses hommes lorsqu’il était à l’armée, mais il n’arrive pas à mettre un nom sur son visage, et c’est ce moment que choisit Guillaume pour lui le présenter :

  • Pierre, voici Mr X, il a déjà été d’un grand secours et là il nous offre à nouveau ses services ;

Les deux hommes se serrent la main et l’un comme l’autre se regarde et Monsieur X lui dit :

  • Mon Capitaine c’est moi Xavier l’aide de camp du Colonel !
  • Monsieur X ! Xavier, mais vous avez finalement quitté l’armée ?
  • Quitter n’est pas tout-à-fait le mot, jeté comme un malpropre, mais finalement au vu des évènements que Monsieur le Consul m’a communiqué, cela me fait dire que je les gênais. Alors que deviens-tu ? Toujours capitaine.
  • Non je me suis recyclé si je puis dire je suis commandant d’une petite escouade de gendarmerie. Je suis reparti en France et c’est mon ami Bastien qui est venu à Djibouti.
  • Toi tu as pris du grade moi j’ai été rétrogradé.

Et sur ce trait de génie il s’esclaffe !

  • Mon Commandant je vais vous présenter une femme qui va vous apprendre ce qu’il s’est réellement passé et la raison de notre et de votre présence dans ces contrées peu hospitalières.

Il se retourne et à ce moment-là accompagné de Guillaume apparaît une beauté, une femme magnifique, assez jeune, portant un foulard sur la tête et habillée en pantalon ce qui me fait sourire dans un premier temps mais dès qu’elle va se présenter, je comprends mieux son accoutrement.

Monsieur Pierre je suis Abéba la sœur d’Assia, j’ai été sauvé par Monsieur X, comme vous le savez j’étais devant le Consulat mais j’ignorais qu’il était fermé, et en repartant, complètement désespérée j’ai été enlevé mais c’était pour la bonne cause. Il m’a soustrait aux griffes des hommes du Commandant Ben et aussi du Colonel, car c’est à cause d’eux que mon beau-frère a dû envoyer sa petite famille en France, mais il faut que je vous raconte une histoire qui est fort triste.

Guillaume qui doit être au courant de ce qui s’est passé, prépare en compagnie de Xavier et des autres hommes qui vont nous suivre les 4X4, démonte la tente et nous donne une heure pour être prêt.

Quand je monterais au Mont Pourris l’été prochain je me remémorerais ces mots confiés par la jeune Abeba. Et, je pense que pendant le temps que je vivrais je n’oublierais jamais ces évènements.

  • J’étais le treizième enfant et leur dernière fille, mes parents ont permis à mes frères de faire des études, et seule Assia a poursuivi au-delà du lycée. On a toujours été à l’école française tenue par des religieuses, mais c’était à Djibouti, on dormait sur place car on avait trop de kilomètre pour rentrer chez nous. J’aimais me promener à Djibouti et un soir j’ai croisé le regard d’un soldat de l’armée française, mais j’ignorais son grade.  C’était le Colonel, je n’aurais jamais dû me trouver là, mais j’avais fait le mur avec une de mes amies qui voulait aller voir son amoureux, moi je m’ennuyais en l’attendant. A cet époque j’avais à peine 15 ans et si je comprenais le français et le parlait je ne pouvais pas encore réellement tenir une conversation. Ce Colonel m’ prise pour une prostituée car il faut savoir que dans les années 90 des femmes Ethiopiennes fuyaient la famine et passaient la frontière sans papier, encore moins avec un passeport et venaient offrir leur service aux soldats, les plus débrouillardes faisaient du commerce avec le Yémen. D’autres offraient leur service et devenaient des bonnes chez les gradés et aussi chez les dignitaires Djiboutiens. Si chez la plupart tout se passait bien, hélas comme de partout il y a de mauvaises personnes. Pour en revenir à cette rencontre, le Colonel m’a demandé si j’aimerais monté dans sa jeep. A 15 ans on est naïve et si en France on met en garde les enfants contre les prédateurs, jamais mes parents n’avaient pensé que j’aurais à subir ce genre de situation.
  • Mes yeux ont dû briller de plaisir car je l’entends encore rire et me dire : «  allez ma petite poulette viens je vais te promener. » Je l’ai entendu dire à son chauffeur d’aller se promener qu’il le récupérerait plus tard. Je suis montée à ses côtés et nous avons roulé, en chemin il avait des gestes que maintenant je trouverais de « déplacé » il mettait sa main sur ma cuisse et par deux fois je lui ai dit non quand sa main essayait de remonter le long de ma jupe. J’avais à peine 15 ans, je ne comprenais pas ce qu’il voulait, même si des filles plus grande que moi parlaient librement d’amour, je ne savais pas trop comment à cet époque les bébés naissaient. Il voulait que j’aille me baigner mais je n’avais jamais eu de maillot de bain et je ne portais que mes sous-vêtements, mais il s’en moquait complètement et il a commencé à me déshabiller de force. Je me suis retrouvée rapidement en slip et soutien-gorge. Quand je me suis retrouvée presque nue devant lui, il a sifflé et m’a fait comprendre que j’étais fort belle, c’est vrai qu’à ce moment-là j’étais fière quand les garçons se retournaient sur mon passage et que cet homme de plus de 35 ans me le disent, et , en plus un français, j’ai dû rougir car il a pris mon visage dans ses mains et a commencé à m’embrasser, pas un baiser de cinéma non, mais des petits bisous qu’il déposait partout sur mon visage, mon cou, mes seins, ma bouche aussi mais sans me forcer à l’ouvrir, juste comme un fou.
    • Je ne savais pas ce qu’il fallait faire, puis brusquement il a oublié la plage, la mer et il m’a allongé sur le sable et là ma peau contre la sienne j’ai reçu dans mon corps comme des décharges électriques je ne savais pas ce qu’il voulait. J’étais nue dans ses bras, ma culotte gisait à quelques mètres et mon soutien-gorge il me l’a quasiment arraché , ce jour-là je n’ai dû mon salut qu’à une bande de soldats qui venait se baigner. Il s’est relevé plus vite qu’il ne m’avait allongé et m’a dit file et ne reviens pas encore une fois m’aguicher.
    • Aguicher je ne connaissais pas ce mot, mais me laisser seule sur une plage avec une bande de soldats n’étaient ni correcte ni très intelligent, car les hommes l’avaient salués. Je me suis habillée et j’ai commencé à aller vers la ville, mais à ce moment-là Xavier, enfin Monsieur X m’a vu et j’ai su que j’étais sauvé. Il m’a dit :
  • Quel âge as-tu ?
  • J’aurais bientôt 15 ans !
  • Il est fou ce Colonel ! Il ne t’a pas demandé ton âge ?
  • Non !
  • Tu aurais dû lui le dire, il ne t’a pas violé ?

 

A suivre…

Premières révélations!

  • Tu devras tout regarder, on ne doit pas la sentir à la main, il va falloir démonter le sac ; aussi je te conseille de prendre le sac et de redescendre, à deux nous y arriverons plus facilement, il n’a pas dû le montrer à Mathéo.
  • Je ne suis pas certain de ce que tu avances, le gamin a l’air de bien savoir où se trouve cette clef.
  • Possible, mais il faut y aller pour le savoir, il est 22 h tu as le temps ; Mathéo fait parfois des cauchemars ne te laisse pas surprendre.

C’est quatre à quatre que Bastien a monté les escaliers mais le plus silencieusement du monde, arrivé sur le palier il a vu la chambre où Mathéo dormait ainsi que celle de sa maman, Pierre était un chic type il devait dormir dans son salon car ces deux chambres étaient prises. Dans la chambre de Matého il fait fort sombre, il doit allumer sa lampe et éviter de réveiller l’enfant, mais il faut bien se rendre à l’évidence ni au sol, ni sur le bureau, ni dans l’armoire il n’y a rien, pas le moindre sac à dos, il a l’air malin, lui avec le sien. Mais en s’approchant de l’enfant dont il voit au-dessus des draps émergé sa tête crépue, il s’aperçoit que le petit est couché sur le ventre, il descend délicatement un peu le drap et le sac à dos est contre lui. Il espère que ce sac est juste posé et non passé sur ses épaules, mais la chance est enfin avec lui, l’enfant se tourne et laisse le sac sur le côté. De suite Bastien s’en saisi et le fouille rapidement, à part un pullover et un bâton de céréales le sac ne contient rien tout au moins à la première palpation. Dans un premier temps il récupère le contenu visible et quand à la clef il avisera, il ne doit pas rester dans les parages, son neveu s’agite pas mal, sentirait-il sa présence. Avant de descendre il va aller se cacher dans le placard du couloir et attendre un instant. Il n’y est pas depuis trente secondes que l’enfant se met à hurler :

  • J’ai perdu mon sac, Maman, maman…

Aussitôt Bastien voit passer en courant à la fois Pierre et il entend distinctement ce dernier lui dire :

  • Mathéo n’hurle pas ainsi, ton sac a dû tomber au sol, mais aussi quelle idée que de le laisser sur ton lit. Tu veux une cachette ?
  • Mathéo ne veut pas de cachette, Mathéo aime dormir avec son sac.
  • Voudrais tu que demain je t’achète une peluche avec des bretelles.
  • Mathéo ne sait pas, il aimerait bien, mais mon sac à dos tu ne dois pas le toucher.
  • C’est d’accord mais si un jour tu veux une cachette et bien demain je t’en montrerais deux, c’est toi qui la choisira mais tu ne me le diras pas.
  • D’accord je veux bien,
  • Maintenant il faut que tu dormes, voilà ton sac il était par terre. C’est souvent que tu dois le retrouver par terre, c’est normal pendant la nuit on bouge.

Mais l’enfant fatigué s’est déjà endormis, quand Pierre se retourne il voit Assia, elle lui souri et lui dit :

  • Pierre tu feras un bon père de famille, je t’ai observé tu es fort proche des enfants et très papa, comment dîtes vous en France, «  Papa Poulet »
  • Papa poule !
  • Ah poule !
  • Oui, va donc te recoucher, demain est bientôt là, je vais aller dormir.

Pierre ne sait pas où est allé se cacher Bastien, mais quand il redescend au rez-de-chaussée il le trouve nonchalamment installé sur son fauteuil.

  • Ou étais-tu ?
  • Dans ton placard sur le palier, et quand j’ai vu Assia passer et rentrer dans la chambre de son fils je me suis éclipsé.
  • Tu as trouvé la clef ?
  • Non, c’est à se demander si elle y est ;
  • On va le savoir, nous allons démonter le sac.

Chacun prend un bout du sac et le démonte, mais il faut se rendre à l’évidence il n’y a rien, aussi décide-t-il de passer en revue tous les morceaux qui sont étalés sur la table, et la chance leur souri, au niveau d’une des coutures il y a un léger bourrelet dur, il me semble que la clef est extra plate. Enfin ils l’ont dans les mains.

  • Bon, c’est l’instant décisif, notre vie peut basculer, mais il nous faut savoir ce qu’elle contient.

 

Dès les premières images ils s’aperçoivent que la clef contient trois fichiers, l’un intitulé à vous mes deux mes  amis.

  • Sacré Guillaume il était certain que l’on chercherait :
  • Bien il doit nous donner une explication, mais je le connais son fichier ne doit pas être accessible il a dû le verrouiller.
  • Il va nous falloir trouver son code, à moins que nous ne le connaissions déjà !
  • Je vais essayer le code de son verrou de la salle de sport, si cela ne marche pas il y a le tien et le mien.
  • Bingo !

Effectivement c’est Guillaume qui s’adresse à ses deux amis :

  • «  Si vous êtes devant votre ordinateur c’est que vous avez trouvé la clef USB de la femme qui a été enlevée devant le Consulat et sous les yeux de Mathéo, dès que vous serez au courant, vous aussi vous serez en danger car ce qu’elle contient est à la fois terrible et à la fois dangereux car elle implique des autorités d’ici. Mais visionnez par vous-mêmes par contre je vous le dis d’ores et déjà certaines images sont insoutenables. »

Les deux amis sont sous le choc, les mots de Guillaume laissent planer des horreurs, qu’est-ce que cette femme a pu découvrir, Il ne leur dit pas qui elle était, mais il est vrai que les événements s’étaient déroulés il y avait déjà plus d’un mois, depuis, il savait peut-être qui elle était.

  • Pierre aussi horrible que cela peut-être il nous faut savoir comment aider notre ami Guillaume. Nous allons regarder ensemble.
  • Bastien, ne restons pas dans la maison, si Assia descend elle se doutera bien qu’il se passe quelques choses, allons dans ma voiture et roulons jusqu’à Peisey, nous irons dans la cabane de mon frère, je l’avais réservé pour cette nuit. Nous n’avons nullement besoin de la WIFI, juste voir ce que contient la clef.

Les deux amis sont dans la cabane, Ils ont ouvert l’autre fichier et voici ce qu’ils ont entendu :

Je me nomme Abeba ce qui veut dire Fleur en français, Monsieur le Consul, vous seul pouvez m’aider, j’étais depuis trois mois la bonne à tout faire du Colonel, à ce moment-là tout allait bien, même si parfois j’ai ressenti de l’animosité chez sa femme, elle devait penser que j’accordais mes faveurs à son mari ce qui n’a jamais été le cas, je m’en tenais à mon travail, je n’étais pas énormément payé mais j’avais toujours mon passeport, si je parle si bien le français c’est grâce à l’institutrice des enfants, elle a vu mon envie de pouvoir comprendre ce que mes maîtres disaient. Puis le 4 mai de cette année la femme du Colonel, m’a surpris en train de tenir une conversation banale avec son mari ce qui à mon avis n’aurait pas dû devenir  une affaire d’état. C’était le Commandant Ben qui m’avait permis d’entrer chez eux, elle est allée immédiatement se plaindre, et lui est venu m’enlever un matin alors que je me rendais chez un marchand. Depuis quelques temps la femme du Colonel avait exigé que je me rase la tête car elle ne supportait pas mes coiffures savamment faites comme le font les femmes de mon pays. Le Colonel ne s’en était pas offusqué, mais sa femme est malade elle voit le mal partout, même l’institutrice a été renvoyée pour les mêmes raisons. Donc lorsque le Commandant Ben m’a enlevé il m’a jeté en prison, là j’ai été battu, puis il m’a laissé repartir, mais je ne pouvais pas quitter Djibouti je n’avais plus de passeport, quelle idiote j’ai fait, je me suis rendue chez le Colonel et j’ai exigé qu’elle, sa femme me le remette. Elle m’a ri au nez et m’a frappé au visage, ne pouvant me traîner par les cheveux, elle m’a traînée par mon voile et enfermée à double tour dans le bureau de son mari. Mais ce qu’elle ignorait c’est que l’ordinateur du Colonel était ouvert, j’ai fureté de ci de là et trouvé cette clef USB. Voici pourquoi Monsieur le Consul vous entendez mon message. Mais après avoir entendu la porte se refermer, j’ai su que la femme du Colonel s’en était allé, j’ai voulu voir si mon message s’était inscrit et là j’ai découvert plus malheureuse que moi. Monsieur le Consul quand vous visionnerez la vidéo, je vous mettrais en danger, mais je ne vois que vous pour me venir en aide. Je suis la sœur d’Assia.

 

A suivre…