La vie d’à côté (suite )

Lorsque Myriam sort et se dirige vers l’atelier ou la viande est mise sous-vide, elle ignore qu’elle est déjà sous surveillance, mais cela ne la dérange pas, elle a un pied dans l’usine à viande comme disent les habitants du coin. La contremaîtresse l’attend, elle a vraiment une tête de peau de vache comme lui l’a dit Cathy, de suite elle voit cette dernière mais elles n’ont ni l’une ni l’autre un regard, il leur faut la jouer intelligemment. Personne ne doit savoir qu’elle a eu une partie de ses renseignements par son amie d’enfance. Aucune des filles et femmes ne lève les yeux de leur travail. Elles portent toutes sur la tête une charlotte, aux mains des gants et une blouse qui au départ devait être blanche et qui est à plus de 11 h de couleur rouge. Après avoir vu les différentes étapes de l’abattoir à l’atelier d’emballage, bien que dans le premier lieu il n’y ait plus d’animaux car ils avaient déjà été découpés en rôtis ou autres filets et emballés sous vide par les petites mains, elle a pu suivre et comprendre la manière dont se déroulait le travail.

  • Rendez-vous demain matin à 3 h 45 car la lingère n’est pas là, et pour rentrer dans les ateliers il vous faut vous changer avant. Donc vous viendrez un peu plus tôt je vous remettrais votre tenue de condamnés.
  • Elle éclate d’un rire sournois qui fait lever la tête de toutes les filles de la mise sous vide. Aussitôt se fait entendre un sifflement aigu, et toutes replongent le nez sur leur travail. Myriam a compris à quoi elle devrait s’en tenir. Faire le dos rond et attendre la suite des événements. Elle regagne rapidement son petit pied-à-terre et passe la fin de la journée à farnienter, elle attend le grand jour.

    A deux heures du matin Myriam fait entrer Cathy dans son appartement, elles parlent doucement comme des conspiratrices, puis éclatent de rire. De conciliabules en éclats de rire, elles sont fin prêtes pour aller travailler, mais chacune part de son côté, Cathy va récupérer une de ces copines que Myriam connaît mais pour l’instant elles n’en sont pas à se faire des courbettes. Elles vont s’ignorer jusqu’à la pause. Mais auparavant, Myriam va subir une espèce de bizutage par les hommes de l’abattoir, elle est avertie mais elle ne sait pas ce qu’ils vont lui faire. Quand elle rentre dans le vestiaire tous les regards sont sur elle, que ce soit Cathy où les  quinze autres filles, toutes la regardent d’un air goguenard.

Soudain un homme rougeaud de figure comme de mains crie :

  • Oh la nouvelle magnes-toi le cul, on n’a pas que cela à faire, allez viens on a besoin de toi. Myriam habillée comme toutes les autres va plonger dans un bizutage qui va lui donner des frissons lorsqu’elle s’en souviendra quelques mois plus tard. Dès qu’elle franchit le seuil de l’abattoir elle a en face d’elle dix bonshommes, l’un d’entre eux tient par les cornes une vache qui meugle. Celui qui l’a récupéré lui dit :
  • – elle sait qu’elle est là pour mourir !
  • Ah j’ignorais, la pauvre ! Enfin il faut bien manger ;
  • je ne vous le fais pas dire Mademoiselle. Je reviens, ne bougez pas d’ici. Parfois des bêtes nous échappent, donc je vous conseille de rester côté visiteurs.

Avant de s’en aller il met une chaîne et s’en va. De longues minutes s’écoulent puis, brusquement la lumière s’éteint, l’abattoir est plongé dans le noir. Au loin des meuglements lugubres se font entendre. Elle sent un souffle chaud, puis une voix off lui demande d’ôter ses gants et de poser les mains sur la table face à elle. Ce qu’elle fait, quand elle touche la table, elle remarque de suite qu’il y a de l’eau, voire du sang, oui c’est forcément du sang. Elle va voir le cadavre d’une vache. Elle ne doit pas hurler, c’est certainement ce que ces hommes attendent. Elle avance un peu plus loin la main et là elle sent que c’est chaud, visqueux et au moment où elle se pose la question de savoir ce qu’elle va découvrir, la lumière revient. Devant elle s’étend une masse immonde de boyaux qui nagent dans du sang frais. Elle reste impassible, pas un son ne dépasse ses lèvres, elle attend, puis ne voyant personne elle crie :

  • bon, alors vous avez fini de vous amuser car moi je n’ai pas que ça à faire, je dois travailler. Au revoir Messieurs.

 Elle tourne les talons laissant sidérer 12 hommes, car hormis les tueurs comme ils sont appelés, il y avait aussi le  « Boss » et le jeune homme aux yeux vert clair. Tous se regardent, ils n’ont jamais vu une fille avoir un comportement pareil. Toutes celles qui ont été soumises à ce bizutage se sont soit évanouies, soit ont hurlé de peur, mais elle les a renvoyé à leurs jeux sans un cri, au contraire elle avait beaucoup de mépris. Quand Myriam pousse la porte de l’atelier, il y a onze paires d’yeux qui la suivent jusqu’à son poste de travail. Même la contremaîtresse est subjuguée par cette jeune fille. Jamais aucune des femmes qui travaillent sous ses ordres ne s’est comportée ainsi, même pas elle, car ces coutumes ne datent pas aujourd’hui. Quand elle s’était présentée pour travailler chez Monsieur Carré, le vieux, elle avait eu droit à ce genre de bizutage. Elle se souvient d’une jeune femme qui avait eu, elle aussi un comportement exemplaire, mais elle avait trouvé que le travail était trop dur, et, elle avait quitté l’atelier de découpage quelques mois plus tard. Vite, elle doit se reprendre sinon elle va laisser l’avantage à sa nouvelle emballeuse. Hier au soir le « Boss » lui a dit que cette gamine était seule au monde et qu’elle devait l’avoir à l’œil et voir qui pouvait la connaître.

  • Madord, vous rêvez ?
  • Non Mademoiselle !
  • Alors prenez place et que je n’entende pas un mot jusqu’à la pause qui aura lieu dans un peu moins de quatre heures, d’ici là j’espère que vous avez pris vos précautions, car personne n’a le droit de sortir de son travail. À la pause par contre vous aurez droit de prendre un café ou une collation, de fumer une cigarette et surtout d’aller faire pipi.

Myriam ne prononce pas un mot, Cathy lui a fait la leçon, elle savait à quoi s’en tenir. Rapidement elle comprend le travail et l’exécute sans rechigner pendant les trois heures suivantes. Soudain une sonnerie se fait entendre, c’est la pause, les filles quittent leur blouse et se rendent vers le vestiaire. Mais Myriam s’en trouve empêchée par la présence du jeune « olive » comme le nomme l’ensemble du personnel, il lui barre la route, elle n’a que le temps de voir Cathy qui lui montre un doigt sur les lèvres qu’elle doit se méfier. Heureusement qu’avant de partir elles se sont donné un code.

  • Alors Myriam il paraît que vous vous êtes montré héroïques devant la masse de boyaux sanguinolents de la vache « Marguerite »
  • Ah c’était une vache ! Je ne l’avais pas remarqué, et, en plus elle portait un nom de fleurs. Tenez cela me fait penser à la chanson de Georges Brassens :
  • « une jolie fleur dans une peau de vache, une jolie vache déguisée en fleur, qui fait la belle et qui vous attache, puis qui vous mène par le bout du cœur. »
  • C’est ce qui m’attend avec vous ?

Elle s’éloigne avec un rire en cascade et le laisse interloqué, et ne sachant même pas la raison pour laquelle ce grand benêt lui a parlé de la vache. Était-il venu en admirateur  où avait-il une suspicion à son égard, elle en saurait sûrement mieux cet après-midi quand elle ferait le point avec Cathy, mais cet imbécile lui avait fait perdre du précieux temps de sa pause. Quand elle arrive dans la salle de repos, toutes les filles se taisent, puis brutalement elles l’applaudissent et viennent la remercier d’avoir tenu tête à la fois aux tueurs mais surtout au Boss et à Olive. Quant à la contremaîtresse, elle est assise devant la fenêtre et fume une cigarette, mais elle écoute les filles sans dire un mot. Elle songe que cette sale gamine avec son acte de bravoure va devenir l’égérie de toutes ces nanas. Elles vont devenir ingérables, elle en touchera un mot au Boss, il ne faut pas la garder. Mais elle sait que ce sera peine perdue, « le Boss » aime bien ce genre de femmes.

 

A suivre…

La vie d’à côté

 

Il y avait déjà quinze jours que Myriam avait rencontré Cathy, elle n’en revenait pas après toutes ces années où ni l’une ni l’autre n’avaient fait le premier pas, il avait fallu ce concours de circonstance pour qu’elles puissent à nouveau tisser des liens. Puis de fil en aiguilles Myriam avait appris que Cathy travaillait à l’abattoir Municipale de la ville voisine. Le patron était un dénommé Gilbert, un vrai salop c’est ce que disaient tous ceux qui en étaient partis. Mais Myriam avait ses raisons, elle voulait se faire embaucher et tous les moyens seraient bons pour qu’elle puisse entrer dans la place. Aussi, Cathy allait le lui permettre. Et ce matin, elle allait passer un entretien d’embauche. Mais devant sa glace elle, qui pensait ourler ses cils de son plus beau mascara vert, venait de recevoir un appel téléphonique, c’était Cathy, que lui voulait-elle ?

 

  • Oui, Myriam, je t’écoute Cathy
  • Myriam, j’ai complètement oublié de te dire, ne te rends pas à ton entretien maquillée, le Boss déteste.
  • Et bien tu as de la chance, j’ai faillis me mettre mon mascara, me peindre les lèvres en rouge carmin. Ouf ! Tu penses que je ne serais pas prise si je me maquille.
  • Oui, j’en suis certaine, met rien, vas-y naturellement.
  • Merci et à plus tard.
  • Tu me le diras si tu es prise ?
  • Oui bien sûr !

Myriam vérifie si ces bas ne sont pas filés, ce ne serait pas le moment, voilà il est grand temps d’y aller. Elle dévale les escaliers, passe par le sous-sol et récupère sa petite KA verte. Puis, elle prend rapidement la voie express et arrive sans encombre à l’abattoir Municipale. De l’extérieur c’est grand, voire immense. Elle parvient  sans encombre à la grille, il faut un laisser passer, mais il y a une sonnette. Au moment où elle va poser son doigt dessus, elle voit face à elle un jeune homme grand, brun au teint basané.

  • Bonjour, je suis de la maison, vous avez besoin de quelques choses ?
  • Oui, que l’on m’ouvre la porte j’ai un rendez-vous avec Mr Gilbert Carré.
  • Ah c’est vous que le « Boss » attend.
  • Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai rendez-vous à neuf heure, et, j’aimerais si possible ne pas arriver en retard.
  • Ne vous inquiétez pas Mademoiselle, le « Boss » n’est pas encore là. Même si cela se trouve vous risquez d’attendre longtemps.
  • Ce n’est pas grave j’ai tout mon temps.
  • Voilà Mademoiselle, vous devez vous diriger vers les bureaux, peut-être à plus tard ;
  • Si je suis prise à plus tard, mais d’ores et déjà merci.

Très absorbée par son rendez-vous, elle ne voit pas le regard que lui lance ce jeune homme ; il se gratte le menton et ne comprends pas la raison pour laquelle cette femme l’intrigue. Pourtant des femmes, ici, ce n’est pas ce qui manque. Elles sont au moins trente à travailler. Celle-ci vu son port de tête doit venir bosser dans les bureaux. C’est un beau brin de fille, mais ce n’est pas cela qui a alerté le fils du « Boss ». Il y a autres choses mais il ne sait pas ce que c’est. Il doit la connaître, il attend de voir si on va l’embaucher, et il ira voir sa fiche d’embauche pour connaître son nom de famille. Et, au pire il en parlera avec « le Boss ». Il déteste ne pas savoir, ici il règne en maître sur les filles, il connaît tout de leur vie. Si elles ont des petits copains, si elles sont mariées, si elles ont des enfants, en un mot il sait même si elles ont un amant ou si elles n’ont personne. Celle-là semblait bien renseigner pas une once de maquillage sur la peau, pas de rouge à lèvres, elle devait connaître une des filles de l’abattoir ou des bureaux. Il lui faudra suivre ça de prêt.

Mais revenons à Myriam, la voici dans un petit salon aux murs blancs assise dans un fauteuil en cuir marron, face à elle de grandes baies vitrées qui donnent sur la ville plus bas. Une table basse avec des magazines. Elle attend, elle n’a ni envie de lire, ni envie de regarder par la fenêtre, elle sait que c’est le moment dont elle a rêvé toute sa vie, se retrouver ici et le rencontrer. Mais elle n’a pas le temps de réfléchir que la porte s’entrouvre et la petite secrétaire qu’elle a entrevue  en arrivant l’introduit dans le bureau du « Boss ».

  • Monsieur Carré va arriver, vous pouvez vous asseoir
  • Merci Madame !

Elle sort, mais Myriam ne s’assoit pas, elle reste debout, Cathy l’a bien avertis, attention dans son bureau, ne prends pas un fauteuil surtout si le Boss n’est pas là, sinon il te renverra ; car Monsieur estime que si on s’assoit en son absence cela veut dire que l’on pense être sur un terrain conquis. Lorsque la porte s’ouvre sur le côté, elle sait de suite qu’il y a un malentendu, cet homme a dans les 45 ans, le jeune homme qu’elle a croisé en bas est plus son frère que son fils. Cela commence mal, mais tant pis elle est là, elle en saura mieux par l’intermédiaire de Cathy.

  • Mademoiselle ?
  • Bonjour Monsieur Carré je suis Myriam Madord
  • Oui, j’ai votre fiche sous les yeux, donc vous n’avez pas de diplômes,
  • Non, mais je suis une bosseuse et je peux faire tout ce qui se présentera,
  • Qu’avez-vous fait jusqu’à présent ?
  • Je vous ai apporté mes contrats de travail, les voilà ;

Il les parcourt et relève les yeux en la regardant d’une manière un peu interloqué.

  • Mais vous avez quel âge ?
  • J’ai 25 ans Monsieur Carré !
  • Vous avez quitté l’école à 16 ans pour quelles raisons ?
  • J’ai quitté le foyer où je me trouvais, j’ai fugué ;
  • Ah ! Vous n’avez pas de parents ?
  • J’ai seulement ma mère ;
  • Je vois que vous avez travaillé dans une boucherie. Bon je ne vais pas vous mettre dans les bureaux, mais à l’emballage. Je vais appeler une des contremaîtresses, on va vous montrer le travail. Vous pouvez commencer quand donc ?
  • Dès que vous me le dîtes.
  • Alors dès demain 4 h rendez-vous à la grille par laquelle vous êtes entré tout à l’heure.
  • Merci !

Et, sans autres formes de procès, ils se quittent, mais tout comme son frère tantôt, le « Boss » est dubitatif, cette fille lui rappelle quelqu’un ; mais qui ? De plus elle n’a commis aucune bévue comme si on l’avait renseigné. Il lui faudra la garder à l’œil cette fille.

 

A suivre…

La vie d’à côté (résumé)

Amélia vivait jusqu’à la disparition de sa mère dans le vol de la Malaisie Air Lines une vie paisible et sans histoire, mais cette disparition brutale allait la plonger dans un monde inconnu d’ elle. Dans le coffre en bois rapporté par sa mère hôtesse de l’air d’un de ses voyages, elle allait découvrir ce que sa mère avait mis 25 ans à lui cacher.

Aussi avec deux de ses amies d’enfance elle décide de se lancer sur les traces de sa mère. Elle va remonter le temps grâce à des cartes postales retrouvées dans ce coffre. Sa mère est Péruvienne, mais elle ignore tout de son père. Elle espère que sa longue quête va lui permettre de le retrouver et de le connaître. Acceptera-t-il de lui raconter son histoire.

Mais hélas rien ne va se passer comme elle le pensait, sur son chemin des inconnus vont l’empêcher de connaître le mystère qui entoure sa vie.

Le dénouement sera t-il à la hauteur de vos attentes vous le saurez prochainement.

 

 

Une disparition étrange (suite)

Vous vous imaginez que la nuit fut longue et angoissante surtout pour la petite Camille, les parents quand à eux ne laissaient rien paraître devant les grands yeux pleins de larmes de leur enfant. La nuit fut longue pour Jeantou le grand-frère qui adorait sa petite sœur. Il a parcouru les champs, les ruisseaux y compris des lieux mal famés de la ville voisine, mais rien cette ponette s’est volatilisée. Il espère que des gens peu scrupuleux ne s’en sont pas emparés pour faire des expériences sur elle et son petit.

Toute la nuit ils ont répétés leurs faits et gestes des jours qui ont précédé la disparition de leur Salade bien aimée, qui est venu à la ferme? Qui ont-ils croisés d’inconnus? Mais rien, personne ne les a choqué, personne, aucun inconnu ne s’est présenté chez eux, tout du moins pendant qu’ils étaient là….Mais alors qui a découpé soigneusement le grillage? Et à quels moments? Et pourquoi?

Épuisés ils se sont endormis à l’endroit où ils étaient, sauf Camille que Papa a porté dans son lit. Sur son visage il y a encore les traces de  ses larmes. Pauvre enfant son poney c’est sa vie, mais les gens sans scrupule se moquent pas mal d’une petite fille qui vit dans une ferme et qui est adorable et sage. Après s’être concerté ils ont décidés de mener l’enquête eux-mêmes, tout au moins Jeantou qui connait beaucoup de monde, mais ils vont tout de même déposés plainte à la gendarmerie; ils ont des moyens plus grands que les leurs, mais ils ont bien peur que cela reste peine perdue, une ponette c’est moins important que les disparitions d’enfants.

La journée s’est étirée  sans qu’aucun élément ne soit venu les aider à comprendre, l’après-midi une escouade de gendarmes est venu faire les premières constatations, mais de nombreux pas autour de l’enclos compromettent déjà l’enquête.

Quant à Camille elle est restée de longues heures assise sur les marches de la maison, elle ne comprend pas qui l’a punie, elle n’a rien fait de mal juste sourie au Monsieur de la forêt qui lui a dit aimé les animaux. Mais de cela elle n’en n’a rien dit à personne. Elle ne l’a pas suivis, papa lui l’a défendu, ne jamais parlé aux inconnus, mais lui ce n’est pas un inconnu, c’est Pierrot le commis qui travaillait avec Papa, si il est partis c’est qu’il a mal à sa jambe, papa le trouvait fort travailleur. C’est Camille qui l’a laissé entrer dans l’enclos, il voulait donner une carotte à Salade, ce n’est pas méchant, elle se dit ceci dans sa tête et à nouveau se met à pleurer, quand soudain elle s’entend appeler:

– Camille

– Oui

Viens me raconter ton chagrin!

C’est le meilleur copain de son frère, son « pote » comme Jeantou le nomme. Il lui fait signe, elle n’hésite pas et court se réfugier dans ses bras. Que lui a-t-il murmuré à l’oreille pour que la fillette lui donne la main et s’en aille avec lui…Le saura-t-on?

 

A suivre copyright 

©

Le 24/10/2014

 

 

(j’ai une autre version mais pour les enfants, je la mettrais si vous le désirez plus tard)

Une disparition inquiétante

Elle était là au bout du chemin avec son toit de guingois et ses fenêtres aux petits rideaux à carreaux rouges et blancs. Une maison comme les autres, mais cette ferme avait un secret. Comme dans toutes les fermes il y avait des animaux qui vivaient les uns avec les autres et répondait à des noms mais ici ils avaient de jolis prénoms. Il y avait Etoile la belle alezane et sa petite pouliche Vénus.

Les vaches ne s’appelaient pas Rita ou Marguerite, mais Prunelle et Mirabelle. Le coq se nommait Auguste et quant aux poules il y avait Mascara car on aurait dit qu’elle s’était maquillée, puis Châtaigne, elle avait toujours ses plumes en bataille et la petite dernière se nommait Poucette car lorsqu’elle était née elle n’était pas plus grosse que le pouce du fermier.

Dans la cour sous un soleil caniculaire dormaient deux chiens, le plus âgé se nommait Réglisse il était noir et c’était un beau labrador, mais il était vieux et à moitié aveugle, mais jappait quand il se passait quelques choses d’anormal. La plus jeune répondait au doux prénom d’Amande, sa couleur s’en rapprochait, c’était aussi une labrador, mais elle était jeune et un tantinet fugueuse. Un gros chat qui ne dormait que d’un œil était allongé de tout son long dans la balancelle, mais il se gardait bien de la faire bouger ne voulant pas réveiller la charmante enfant avec qui il se trouvait. Lui, il répondait au doux prénom de Camomille, il faut dire que sa couleur s’apparentait à la tisane.

Il y avait aussi deux biquettes une se nommait Tempête et l’autre Téméraire, quant aux moutons ils sont bien trop nombreux pour tous les nommer, mais pour vous donner un aperçu je vous en cite quelques uns. Améthyste, Topaze, Rubis, Précieuse, Émeraude et bien d’autres dont à ce jour j’ai oublié le nom.

C’était une fin d’après-midi où au loin on voyait s’amonceler de gros nuages noirs et dans les champs les hommes s’affairaient pour rentrer les « roules ». Mais lorsque Camille se réveille de sa longue sieste, elle se précipite dans l’enclos ou se trouve sa ponette, qui bientôt doit mettre bât, hélas, cette dernière a disparue. Quel émoi dans la petite cour….De tous les côtés nous entendons:

« Salade ou es-tu? »

« Salade reviens »

« Salaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaade…. »

 

Mais nenni personne ne répond aux cris angoissés de la petite Camille. Sa maman sort dans la cour et constate comme le grand frère que la clôture de l’enclos laisse apparaître un gros trou comme si on avait découpé avec beaucoup de précaution le grillage où se trouvait la jolie Salade. Dans le pré seuls broutent paisiblement les deux vaches et bien entendu elles n’ont rien vu….

Bizarre ni Amande ni Réglisse n’ont aboyé constate le papa en rentrant des champs. Bizarre et étrange, il n’était pas loin son champs, il n’a vu personne s’en aller ni en charrette, ni en voiture, voir même en camion…Tout cela était bien étrange. A la nuit tombée ils constatent que rien ne s’est produit et ils sont contraints d’appeler la gendarmerie, qui, bien entendu en entendant disparition se sont précipités à la ferme, mais quand ils ont vu que c’était une ponette sont repartis plus vite qu’ils n’étaient venus, en leur demandant de venir déposer une plainte le lendemain matin si cette dernière n’était pas revenue. En partant ils râlaient pour s’être déplacer pour un canasson….

 

A suivre Copyright le 17/10/2014