L’autoroute de tous les dangers /22

Un drôle d’interrogatoire

A notre retour au 36 il y avait le Procureur, le Colonel et un médecin ainsi que deux pompiers. Le procureur a fait un signe discret au Commandant Leyrieux, ils se sont engouffrés dans son bureau. Puis le Colonel et le médecin sont à leur tour entré, moins de dix minutes plus tard on apportait une civière et Théo blanc comme un mort y était allongé dessus.

Où l’emmenez-vous?

Calmez-vous Capitaine ! Le Commandant Leyrieux n’est pas en état de mener un interrogatoire. Le choc a été trop rude. Nous l’emmenons pour quelques jours dans la Clinique du Parc où il pourra se reposer et rencontrer des psychologues afin qu’ils puissent parler. Quand il reviendra cela dépendra de la rapidité de sa récupération, comme vous êtes sur le pont depuis plus de deux ans votre hiérarchie vous et celle de la police pourrons conjuguer leurs efforts pour vous accordez un congé spécial.

Mon Colonel est-ce que je pourrais aller le voir ?

A une seule condition que vous ne lui parliez pas de l’enquête.

Oui mon Colonel.

Et maintenant au travail, nous avons deux affaires à éclaircir à moins qu’elles soient étroitement liés.

Lorsque je rentrer dans la salle d’interrogatoire, dans un premier temps je suis seule. Mr Leyrieux père est blafard, mon premier binôme ayant été blessé, Théo dans un état critique mais lui c’est son mental qui en a pris un coup. Me voilà en binôme avec un vieux de la vieille qui partira au mois d’août à la retraite, c’est le Colonel qui lui a dit de me laisser mener l’interrogatoire car cela faisait bientôt 3 ans que j’étais sur l’affaire.

C’était maintenant le moment de vérité, que ce soit les collègues de Théo, ceux de ma brigade et même le Colonel j’allais leur dévoiler la plus grande machination que j’avais mise sur pied avec l’aide de Théo. Et comble de l’ironie j’allais la dévoiler au commanditaire pour qu’il tombe directement dans mes filets.

Voici ce qu’il s’est passé dans la salle d’interrogatoire :

Monsieur Leyrieux si j’ai bien suivi votre raisonnement vous rencontriez ma jumelle perdue dans son monde. Amnésique, paralysée, merci pour ce beau fauteuil électrique que vous lui aviez offert, et surtout qui avait perdu l’usage de la parole. C’était d’une extrême gentillesse, mais nous n’étions pas dupe, c’était pour racheter l’horreur que votre précieux fils avait fait subir à ma soeur. De plus vous lui avez même octroyé un rente à vie, somme assez conséquente pour qu’elle ne soit pas à la charge de mon père.

Ma soeur rêvait d’être comedienne. Votre fils et ses chers amis lui ont coupés les ailes la veille de nos dix huit ans.

C’est bien cela.

Oui, mais pourquoi me racontez-vous ça ? J’ai voulez réparé l’erreur (je ne relève pas le mot mais je bous intérieurement)

Je vais tout vous raconter cher Beau-père. C’est une histoire fort triste, ce n’est pas une erreur, c’est un drame humain qui a eu des répercussions sur toute ma famille.

Ce 23/06/2019 Virginie ma jumelle s’était rendue au théâtre pour jouer l’Avare. Au retour elle est tombée sur 5 jeunes gens plus exactement cinq hommes et l’égérie du groupe, la belle Mélodie, ma jumelle était accompagnée d’une de ses amies.

Si Mélodie a préféré rentrer chez elle, c’est qu’elle connaissait bien ses copains, les quatre autres se sont scindé en deux groupes. D’un côté Stéphane et Arthur, de l’autre Jean-Baptiste et Hugo. Stéphane déjà gros n’a pas pu violer l’amie de ma jumelle, mais Arthur l’a violentée au point qu’elle s’en est évanouie. Arthur voyant que son joujoux ne bougeait plus s’est éloigné, mais la jeune fille a réussi à sortir de son évanouissement, elle s’est traînée sur 100 mètres puis s’est dissimulée dans un fossé et a attendu que ces types rejoignent leurs copains et hélas ma jumelle, mais dans l’état où elle était elle ne pouvait pas faire grands choses.

A force d’effort surhumain elle a réussi à gagner la villa de ses parents, ceux-ci n’étaient pas là. Épuisée, elle s’est endormie dans la cabane de jardin, c’est là que son père au petit matin l’a retrouvé.

Les recherches n’avaient pas commencé pour ma jumelle puisqu’elle devait rester dormir chez son amie c’est ce qu’avait exiger d’elle, votre cher fils Hugo en lui maintenant un vieux couteau de cuisine sur le cou, il lui avait ordonné de téléphoner à notre père.

De minuit à plus de midi à tour de rôle votre fils, votre neveu, Stéph et Jean-Ba ont violés, violentés ma pauvre jumelle. Ils ont fait de son corps leur terrain de jeux pervers. Elle n’avait pas 18 ans. Quand ils ont jeté son corps elle avait perdu l’esprit et à ce jour c’est un légume, elle ne vous a jamais parlé, elle vit en Italie.

Mais si je la voyais toutes les semaines, je lui prenais la main, je lui parlais, elle écoutait ma voix, et il y a quinze jours enfin je l’ai entendu.

Oui c’est exact mais ce n’était pas ma jumelle, c’était moi.

Là, je vois Mr Leyrieux s’affaisser sur sa chaise, il se met a trembler des lèvres et chiale. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre et je continue mon récit.

Je vous ai joué la comédie, j’ai pris sur moi pour ne jamais parler, jamais me trahir, rester comme Virginie inerte, un corps posé sur un fauteuil roulant, les yeux perdus dans le vide, indifférente à tout ce qui se passait autour de moi. Oui j’ai passé trois mois auprès de ma soeur a calqué tous ses gestes, toutes ses mimiques lorsque parfois elle en avait.

Parfois vous deviez avoir peur que je joue la comédie, alors vous vous leviez tout en vous mettant à ma hauteur, vous posiez votre tête au plus près de la mienne, me fixant dans les yeux et surtout homme abjecte vous me pinciez la joue voir même la cuisse, espérant sans doute que je crie, mais je restais impassible. Quand je rentrais le soir auprès de mon amour il s’apercevait que j’avais un bleu sur la joue ou sur la cuisse. Il voulait que j’arrête pour aller vous casser la « gueule ». Mais je devais aller au bout pour pouvoir vous faire tomber. Ce jour d’été votre fils tant aimé a tué mon âme sœur ma jumelle adorée. .

A ce moment-là derrière la vitre sans tain il a dû se produire un cataclysme, mais ils n’étaient pas au bout de mes révélations. Ce n’était que le haut de l’iceberg qu’ils entrevoyaient.

Je sais qu’entre Théo et Hugo il y a toujours eu une rivalité, comment peut-on être en tout point semblable et pour l’un avoir l’esprit machiavélique et pour l’autre être un ange.L’un est un violeur, l’autre un policier excellent et même le meilleur de sa génération, puisqu’il ne sera jamais à la tête de vos laboratoires puisque dans deux mois il va rentrer dans un groupe d’élite.

Oui Mr Leyrieux je me suis payée votre tête, la main que vous avez tenu était celle de la Capitaine Martin, les confidences que vous lui avez faites elle les transmettait au Commandant Leyrieux. Et lorsque j’ai vu que vous marchiez, j’ai commis une légère erreur, j’ai pensé que vous alliez faire la surprise à tous vos amis et je n’ai rien dit à Théo. J’aurais au moins atténué le choc quand il a appris que vous étiez le commanditaire de l’assassinat de la femme de Stéphane qui aurait dû lui donner un enfant dans quatre mois. Et surtout que vous aviez mis un contrat sur ma tête, mais là aussi on vous a piégé, car si je vous le dis dans cette salle d’interrogatoire devant nos deux brigades réunies c’est parce que j’ai enregistré votre monologue. Alors si vous pensez nier vous êtes ferré. Ce sera direct la prison. De plus j’ai réussi à placer un mouchard sur plusieurs de vos vêtements et votre fils a placé aussi des mouchards sur tous les téléphones que vous utilisiez ainsi que des traceurs. Nos gadgets à nous sont juste là pour faire avancer la vérité. Les gadgets de votre fils sont purement sexuels.

Mais si votre sœur quand elle a été trouvé ne parlait déjà plus comment pouvez-vous prétendre que ce sont les amis de mon fils qui lui ont fait ça.

Les amis de votre fils et lui aussi n’étaient pas le dernier, lui il l’a humilié, frappé, fouetté, et tant d’autres choses, mais je vais me taire car si je n’étais pas Capitaine je pense que vous et votre fils je vous aurais tué de sang-froid. Je préfère vous voir croupir en prison et, si le cœur m’en dit j’irai voir votre déchéance car vu votre port de tête la prison ne va pas vous épargner.

Je croyais que c’était moi que l’on interrogeait.

Tous vos aveux je les connais déjà, ce sera juste une formalité, j’en laisserais le soin au Major Breton de les notifier lorsque j’aurais fini de vider mon sac. Ce que je sais c’est grâce à Mélodie.

Théo m’a proposé de jouer à la pauvre fille qui travaillait sur l’autoroute A6 non loin de Lyon là où se rendait régulièrement Hugo, dans le même temps votre fils Théo a laissé entendre à qui voulait le savoir qu’il partait faire le tour du monde. Je me suis arrangée pour me trouver sur leur passage. Hugo est tombé follement amoureux de moi, je me suis laissée draguer, j’étais à la station service de l’autoroute A 6, et Hugo et Mélodie partaient en vacances. Cette nuit votre gentil garçon Hugo a abandonné sa maîtresse dans la station service ou je lui avais tendu un piège.

C’est ce soir-là de rage qu’elle m’a raconté avoir assisté à ce qu’ils ont fait à ma sœur, car beaucoup plus futée que votre fils elle m’avait reconnu.

Et c’est elle qui lorsqu’elle m’a vue au bras de votre fils vous a averti que j’étais la fille qu’Hugo avait violé. Par contre son ex amant ne l’a pas crû quand elle le lui a dit. Car j’ai joué la comédie sur toute la ligne, je lui ai laissé croire que j’étais vierge.

Vous semblez incrédule, je vois que vous ne comprenez pas, il existe des tas d’artifice contre ce genre d’homme. J’allais jouer dans son jardin car une fois qu’il a eu violé ma sœur il lui a dit qu’il aimait se faire des vierges. Donc je ne pouvais que satisfaire son égo.

Quant à vous, vous avez essayé plusieurs fois d’attirer mon regard mais je ne vous ai pas rendu la tâche facile. J’ai même pousse le bouchon fort loin lorsque vous m’avez dit que je ferais l’affaire, j’ai pleuré.

je n’ai pas pleuré à cause de vos mots c’est juste que comme vous saviez qui j’étais j’allais pouvoir rentrer dans votre cercle de jeux sexuels.

Croyant que j’étais celle que vous rencontrez depuis plus de deux ans vous avez décidé de me tuer, mais vous aviez sûrement préparé ça en amont, car lorsque j’ai parlé c’était pour vous faire bouger, pour vous pousser à commettre une erreur. Et comme Mélodie vous a avoué m’avoir tout raconté,vous l’avez dégommé en même temps.

La porte s’est ouverte, le Colonel m’a gentiment demandé de sortir et le Capitaine a commencé l’interrogatoire.

Je me suis faites sermoné par le Colonel fou furieux que j’ai pu raconter à Leyrieux tout ce qu’il avait minutieusement monté avec Théo.

Sauf bien entendu que je rencontrais Le père des jumeaux. Ça personne ne le savais.

Mais quand j’ai expliqué la raison pour laquelle je lui avait tout dit, c’est tout juste s’il ne m’a pas serré contre lui en me disant je suis désolé Julie.

A suivre…

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