Le grand retour /13

Nous voici chez l’oncle de Sergueï, cet homme est d’une stature imposante, il n’a pas dit un mot depuis que nous sommes entré chez lui avec Wladimir et Boris.

Il a pris mon petit garçon dans ses bras en lui disant :

Petit tu ne peux pas renier ton père tu es son portrait craché, tu ressembles à mon neveu comme deux gouttes d’eau, sauf que tu as les yeux gris de ta maman.

Puis il s’est tourné vers moi et il m’a dit :

Je suis le chef de la police d’Hanovre et j’ai quelques questions à vous poser.

Il a reposé mon fils qui est allé jouer avec son petit-fils.

Venez Lucile, n’ayez pas peur mon neveu va vous accompagner mais je pense qu’il y a quelque chose de louche. Chaque fois que vous êtes présentes on s’en prend à vous. Déjà mon neveu Piotr, ainsi qu’Igor, puis ses pauvres gens, à chaque fois vous y êtes, il y a sûrement un moment où…

Mais vous m’accusez de quoi au juste ?

Je ne vous accuse en rien mais les coïncidences sont troublantes. En dehors de ce Tonio qui n’était pas en mesure de fomenter ce genre d’enlèvements ou des assassinats. Vous êtes-vous confiés à une personne que vous ne connaissiez pas ?

Non

Parmi ses photos avez vous été proches d’un de ses hommes.

Et devant Lulu , l’oncle de Sergueï lui montre le grand black, Tonio, le videur, deux inconnus et finalement l’homme au chapeau noir.

Vous voulez dire quoi par être proches, que j’ai couché avec eux.

Non, proche que vous les avez côtoyé.

Le Grand Black m’a collé contre lui en me menaçant.

Et à ce moment avez-vous ressenti une douleur violente dans le cou par exemple.

Elle est troublée , elle se souviens du moment où elle a eu cette sensation de piqûre, elle les laisse continuer et quand arrive le portrait de l’homme au chapeau noir, elle fait celle qui se souvient.

C’est lui !

Comment ça ? Que voulez-vous dire ?

Je me souviens, le jour où j’étais suivie il m’a attrapé par la main puis attiré dans la traboule, et là il m’a murmuré à l’oreille : »Embrassez-moi celui qui vous suit va croire que je suis votre amoureux ». Il m’a serré contre lui et j’ai ressenti comme une piqûre dans le cou.

Autour de moi, les trois hommes sont consterné, Lucile voit leur tête, elle comprends qu’elle aurait dû en parler beaucoup plus tôt, mais elle avait pensé avoir rêvé, surtout que ses jambes s’étaient dérobées sous elle et sans les bras puissants de l’homme au chapeau noir elle se serait effondrée.

Maintenant avec du recul elle se passe en boucle dans sa tête, comment cet homme savait qu’elle était suivie puisqu’il marchait devant-elle. Et le videur d’Igor qu’elle n’a plus jamais revu était-il fiable?

Asseyez-vous, vous êtes livide ma chère nièce, car si vous aimez Sergueï vous etes ma nièce je vais vous expliquer comment ses hommes nous retrouvent, vous suivent. C’est vous qui, sans le savoir porté une balise, eux, ont un écran et vous êtes un point rouge ou vert qu’importe la couleur qui leur indique où vous êtes.

Mais ils vont arriver !

Oui et non car vous êtes dans les bâtiments de la Polizeï, votre police en français. Ils ne vont pas nous attaquer. Ce sont les méthodes du KGB. Par contre il va falloir que nous enlevions la balise implantée j’espère qu’elle n’a pas migré dans votre corps.

Pourquoi elle pourrait-être ailleurs

Oui

Où ?

Calmez-vous je vais appeler un médecin et nous avons un service de radiologie il vérifiera ou est ce mouchard. Il vous l’enlèvera.

Mais s’ils sont a proximité, ils vont quand même nous suivre. Ou ils vont s’apercevoir que la puce est ici.

J’ai ma petite idée, mais procédons par ordre. En attendant ne mangez rien. Ce sera une petite intervention. En fait cela dépendra si elle a migré ou non.

Elle peut-être allé dans mon cerveau.

Je ne sais pas, avez-vous eu des migraines ces temps-ci ?

Oui mais j’ai plutôt fait des malaises.

Tout de suite après la piqûre

Oui

C’est normal il y a un liquide anesthésiant pour éviter que vous sentiez trop la douleur, mais j’insiste avez-vous eu de fortes migraines, des douleurs oculaires

Non rien de tout cela

Alors elle n’a pas bougé. Dans moins d’une heure nous saurons à quoi nous en tenir.. En attendant vous allez essayer de dormir, nous vous réveillerons.

Wladimir m’accompagne dans une chambre, il m’embrasse sur le front en me disant repose-toi petite sœur, ne t’inquiète pas tout ira bien.

Lorsque je me réveille je suis attachée sur un lit d’examen, un homme habillé en vert me dit, c’est terminé.

Quoi ? Vous m’avez anesthésié ?

Non vous dormiez si bien, j ‘ai juste endormi localement votre carotide, incisé et récupéré le mouchard.

J’ai passé une radio

Non, vous n’en avez pas eu besoin. Je connais leurs méthodes, pendant que vous dormiez j’ai palpé votre cou et j’ai trouvé l’emplacement de la puce que l’on vous avait mis.

Une puce alors c’est tout petit ?

Oui

Et, maintenant il est quelle heure ?

L’oncle de mon amour entre au même moment et c’est lui qui me répond.

Il est midi. Vous allez dormir chez moi. Vous repartirez cette nuit, par contre je vais envoyer un de mes hommes avec la puce sur une fausse piste pour que vous puissiez repartir tranquille pour Hambourg.

Merci, je peux vous demander un renseignement.

Oui lequel, si je peux vous répondre je le ferais volontiers.

Piotr ou est-il ?

Personne ne vous a rien dit

Non ! Il est mort ?

Oui, hélas, sa blessure était trop grave, il est mort dans les bras de son frère.

Et où l’ont-ils mis ?

A la morgue de l’hôpital de Strasbourg, nous irons récupère le corps lorsque vous serez à l’abri

Je m’en veux si j’avais su.

Mais vous ne pouviez pas savoir, vous ne connaissiez pas les méthodes du KGB. Personne ne vous en veut. L’essentiel est de vous ramener en vie auprès de l’homme qui vous aime.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers /22

Un drôle d’interrogatoire

A notre retour au 36 il y avait le Procureur, le Colonel et un médecin ainsi que deux pompiers. Le procureur a fait un signe discret au Commandant Leyrieux, ils se sont engouffrés dans son bureau. Puis le Colonel et le médecin sont à leur tour entré, moins de dix minutes plus tard on apportait une civière et Théo blanc comme un mort y était allongé dessus.

Où l’emmenez-vous?

Calmez-vous Capitaine ! Le Commandant Leyrieux n’est pas en état de mener un interrogatoire. Le choc a été trop rude. Nous l’emmenons pour quelques jours dans la Clinique du Parc où il pourra se reposer et rencontrer des psychologues afin qu’ils puissent parler. Quand il reviendra cela dépendra de la rapidité de sa récupération, comme vous êtes sur le pont depuis plus de deux ans votre hiérarchie vous et celle de la police pourrons conjuguer leurs efforts pour vous accordez un congé spécial.

Mon Colonel est-ce que je pourrais aller le voir ?

A une seule condition que vous ne lui parliez pas de l’enquête.

Oui mon Colonel.

Et maintenant au travail, nous avons deux affaires à éclaircir à moins qu’elles soient étroitement liés.

Lorsque je rentrer dans la salle d’interrogatoire, dans un premier temps je suis seule. Mr Leyrieux père est blafard, mon premier binôme ayant été blessé, Théo dans un état critique mais lui c’est son mental qui en a pris un coup. Me voilà en binôme avec un vieux de la vieille qui partira au mois d’août à la retraite, c’est le Colonel qui lui a dit de me laisser mener l’interrogatoire car cela faisait bientôt 3 ans que j’étais sur l’affaire.

C’était maintenant le moment de vérité, que ce soit les collègues de Théo, ceux de ma brigade et même le Colonel j’allais leur dévoiler la plus grande machination que j’avais mise sur pied avec l’aide de Théo. Et comble de l’ironie j’allais la dévoiler au commanditaire pour qu’il tombe directement dans mes filets.

Voici ce qu’il s’est passé dans la salle d’interrogatoire :

Monsieur Leyrieux si j’ai bien suivi votre raisonnement vous rencontriez ma jumelle perdue dans son monde. Amnésique, paralysée, merci pour ce beau fauteuil électrique que vous lui aviez offert, et surtout qui avait perdu l’usage de la parole. C’était d’une extrême gentillesse, mais nous n’étions pas dupe, c’était pour racheter l’horreur que votre précieux fils avait fait subir à ma soeur. De plus vous lui avez même octroyé un rente à vie, somme assez conséquente pour qu’elle ne soit pas à la charge de mon père.

Ma soeur rêvait d’être comedienne. Votre fils et ses chers amis lui ont coupés les ailes la veille de nos dix huit ans.

C’est bien cela.

Oui, mais pourquoi me racontez-vous ça ? J’ai voulez réparé l’erreur (je ne relève pas le mot mais je bous intérieurement)

Je vais tout vous raconter cher Beau-père. C’est une histoire fort triste, ce n’est pas une erreur, c’est un drame humain qui a eu des répercussions sur toute ma famille.

Ce 23/06/2019 Virginie ma jumelle s’était rendue au théâtre pour jouer l’Avare. Au retour elle est tombée sur 5 jeunes gens plus exactement cinq hommes et l’égérie du groupe, la belle Mélodie, ma jumelle était accompagnée d’une de ses amies.

Si Mélodie a préféré rentrer chez elle, c’est qu’elle connaissait bien ses copains, les quatre autres se sont scindé en deux groupes. D’un côté Stéphane et Arthur, de l’autre Jean-Baptiste et Hugo. Stéphane déjà gros n’a pas pu violer l’amie de ma jumelle, mais Arthur l’a violentée au point qu’elle s’en est évanouie. Arthur voyant que son joujoux ne bougeait plus s’est éloigné, mais la jeune fille a réussi à sortir de son évanouissement, elle s’est traînée sur 100 mètres puis s’est dissimulée dans un fossé et a attendu que ces types rejoignent leurs copains et hélas ma jumelle, mais dans l’état où elle était elle ne pouvait pas faire grands choses.

A force d’effort surhumain elle a réussi à gagner la villa de ses parents, ceux-ci n’étaient pas là. Épuisée, elle s’est endormie dans la cabane de jardin, c’est là que son père au petit matin l’a retrouvé.

Les recherches n’avaient pas commencé pour ma jumelle puisqu’elle devait rester dormir chez son amie c’est ce qu’avait exiger d’elle, votre cher fils Hugo en lui maintenant un vieux couteau de cuisine sur le cou, il lui avait ordonné de téléphoner à notre père.

De minuit à plus de midi à tour de rôle votre fils, votre neveu, Stéph et Jean-Ba ont violés, violentés ma pauvre jumelle. Ils ont fait de son corps leur terrain de jeux pervers. Elle n’avait pas 18 ans. Quand ils ont jeté son corps elle avait perdu l’esprit et à ce jour c’est un légume, elle ne vous a jamais parlé, elle vit en Italie.

Mais si je la voyais toutes les semaines, je lui prenais la main, je lui parlais, elle écoutait ma voix, et il y a quinze jours enfin je l’ai entendu.

Oui c’est exact mais ce n’était pas ma jumelle, c’était moi.

Là, je vois Mr Leyrieux s’affaisser sur sa chaise, il se met a trembler des lèvres et chiale. Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre et je continue mon récit.

Je vous ai joué la comédie, j’ai pris sur moi pour ne jamais parler, jamais me trahir, rester comme Virginie inerte, un corps posé sur un fauteuil roulant, les yeux perdus dans le vide, indifférente à tout ce qui se passait autour de moi. Oui j’ai passé trois mois auprès de ma soeur a calqué tous ses gestes, toutes ses mimiques lorsque parfois elle en avait.

Parfois vous deviez avoir peur que je joue la comédie, alors vous vous leviez tout en vous mettant à ma hauteur, vous posiez votre tête au plus près de la mienne, me fixant dans les yeux et surtout homme abjecte vous me pinciez la joue voir même la cuisse, espérant sans doute que je crie, mais je restais impassible. Quand je rentrais le soir auprès de mon amour il s’apercevait que j’avais un bleu sur la joue ou sur la cuisse. Il voulait que j’arrête pour aller vous casser la « gueule ». Mais je devais aller au bout pour pouvoir vous faire tomber. Ce jour d’été votre fils tant aimé a tué mon âme sœur ma jumelle adorée. .

A ce moment-là derrière la vitre sans tain il a dû se produire un cataclysme, mais ils n’étaient pas au bout de mes révélations. Ce n’était que le haut de l’iceberg qu’ils entrevoyaient.

Je sais qu’entre Théo et Hugo il y a toujours eu une rivalité, comment peut-on être en tout point semblable et pour l’un avoir l’esprit machiavélique et pour l’autre être un ange.L’un est un violeur, l’autre un policier excellent et même le meilleur de sa génération, puisqu’il ne sera jamais à la tête de vos laboratoires puisque dans deux mois il va rentrer dans un groupe d’élite.

Oui Mr Leyrieux je me suis payée votre tête, la main que vous avez tenu était celle de la Capitaine Martin, les confidences que vous lui avez faites elle les transmettait au Commandant Leyrieux. Et lorsque j’ai vu que vous marchiez, j’ai commis une légère erreur, j’ai pensé que vous alliez faire la surprise à tous vos amis et je n’ai rien dit à Théo. J’aurais au moins atténué le choc quand il a appris que vous étiez le commanditaire de l’assassinat de la femme de Stéphane qui aurait dû lui donner un enfant dans quatre mois. Et surtout que vous aviez mis un contrat sur ma tête, mais là aussi on vous a piégé, car si je vous le dis dans cette salle d’interrogatoire devant nos deux brigades réunies c’est parce que j’ai enregistré votre monologue. Alors si vous pensez nier vous êtes ferré. Ce sera direct la prison. De plus j’ai réussi à placer un mouchard sur plusieurs de vos vêtements et votre fils a placé aussi des mouchards sur tous les téléphones que vous utilisiez ainsi que des traceurs. Nos gadgets à nous sont juste là pour faire avancer la vérité. Les gadgets de votre fils sont purement sexuels.

Mais si votre sœur quand elle a été trouvé ne parlait déjà plus comment pouvez-vous prétendre que ce sont les amis de mon fils qui lui ont fait ça.

Les amis de votre fils et lui aussi n’étaient pas le dernier, lui il l’a humilié, frappé, fouetté, et tant d’autres choses, mais je vais me taire car si je n’étais pas Capitaine je pense que vous et votre fils je vous aurais tué de sang-froid. Je préfère vous voir croupir en prison et, si le cœur m’en dit j’irai voir votre déchéance car vu votre port de tête la prison ne va pas vous épargner.

Je croyais que c’était moi que l’on interrogeait.

Tous vos aveux je les connais déjà, ce sera juste une formalité, j’en laisserais le soin au Major Breton de les notifier lorsque j’aurais fini de vider mon sac. Ce que je sais c’est grâce à Mélodie.

Théo m’a proposé de jouer à la pauvre fille qui travaillait sur l’autoroute A6 non loin de Lyon là où se rendait régulièrement Hugo, dans le même temps votre fils Théo a laissé entendre à qui voulait le savoir qu’il partait faire le tour du monde. Je me suis arrangée pour me trouver sur leur passage. Hugo est tombé follement amoureux de moi, je me suis laissée draguer, j’étais à la station service de l’autoroute A 6, et Hugo et Mélodie partaient en vacances. Cette nuit votre gentil garçon Hugo a abandonné sa maîtresse dans la station service ou je lui avais tendu un piège.

C’est ce soir-là de rage qu’elle m’a raconté avoir assisté à ce qu’ils ont fait à ma sœur, car beaucoup plus futée que votre fils elle m’avait reconnu.

Et c’est elle qui lorsqu’elle m’a vue au bras de votre fils vous a averti que j’étais la fille qu’Hugo avait violé. Par contre son ex amant ne l’a pas crû quand elle le lui a dit. Car j’ai joué la comédie sur toute la ligne, je lui ai laissé croire que j’étais vierge.

Vous semblez incrédule, je vois que vous ne comprenez pas, il existe des tas d’artifice contre ce genre d’homme. J’allais jouer dans son jardin car une fois qu’il a eu violé ma sœur il lui a dit qu’il aimait se faire des vierges. Donc je ne pouvais que satisfaire son égo.

Quant à vous, vous avez essayé plusieurs fois d’attirer mon regard mais je ne vous ai pas rendu la tâche facile. J’ai même pousse le bouchon fort loin lorsque vous m’avez dit que je ferais l’affaire, j’ai pleuré.

je n’ai pas pleuré à cause de vos mots c’est juste que comme vous saviez qui j’étais j’allais pouvoir rentrer dans votre cercle de jeux sexuels.

Croyant que j’étais celle que vous rencontrez depuis plus de deux ans vous avez décidé de me tuer, mais vous aviez sûrement préparé ça en amont, car lorsque j’ai parlé c’était pour vous faire bouger, pour vous pousser à commettre une erreur. Et comme Mélodie vous a avoué m’avoir tout raconté,vous l’avez dégommé en même temps.

La porte s’est ouverte, le Colonel m’a gentiment demandé de sortir et le Capitaine a commencé l’interrogatoire.

Je me suis faites sermoné par le Colonel fou furieux que j’ai pu raconter à Leyrieux tout ce qu’il avait minutieusement monté avec Théo.

Sauf bien entendu que je rencontrais Le père des jumeaux. Ça personne ne le savais.

Mais quand j’ai expliqué la raison pour laquelle je lui avait tout dit, c’est tout juste s’il ne m’a pas serré contre lui en me disant je suis désolé Julie.

A suivre…

L’autoroute de tous les dangers / 21

L’arrestation

Théo Théo !

Mon amour est dans un état second, ni il me regarde, ni il bouge. Et voilà la pluie, une pluie d’orages, forte qui vient en tempête. Il ne manquait plus que ça. Théo relève la tête il a un regard fou, je crains pour sa vie. Il s’allonge sur le quai les bras en croix, pluie, larmes tout se mélange.

Part laisse-moi je veux mourir, je ne suis plus rien ce soir mon père m’a tué. Comment veux-tu que je rejoigne mes hommes après que mon … Et dire que ce mécréant était mon père, Regarde ce qu’il m’a fait. Il vient de briser ma carrière. Un flic avec un père assassin, un frère violeur.

J’ai honte. Va-t-en Julie, éloigne-toi de moi. Fuis pendant qu’il en est encore temps.

Parler cela le soulage, je sais qu’il ne veut pas que je parte car dans le même temps, il s’accroche à moi comme à une bouée de sauvetage.Je suis trempée, lui aussi mais il ne s’en rend pas compte. Je ne sais pas s’il pleure toujours ou si c’est la pluie qui ruisselle sur son visage. Il se croit la nuit alors qu’il n’est pas loin de midi. On doit nous attendre au 36.

Puis brutalement il se calme. Mais reste toujours couché à même le sol. C’est à ce moment que son téléphone émet un bip bizarre. Je ne sais pas qui l’a appelé car il a d’un coup de pied rageur brisé la vitre. Je me lève et j’arrive à lire le nom du Colonel.

Je le rappelle de mon portable

Mon Col …

Où est le Commandant Leyrieux je lui avais donné deux heures et il devait se dépêcher de venir en votre compagnie. Pourquoi c’est vous qui me répondez Capitaine.

Le Colonel crie…

Mon Colonel, il est arrivé un drame.

Il est mort.

Non mais cela ne vaut guère mieux.

Expliquez-vous ?

Stéphane lui a donné le nom du commanditaire.

Oui qui est-ce?

Son père.

Je n’entends plus rien, le Colonel n’émet pas un mot.

Puis j’entends mon ami Mario qui me demande:

Où êtes-vous ?

Nous avons quitté notre hôtel à Saint-Germain des prés et nous nous dirigions vers l’île de la cité, je ne sais pas où nous sommes. Attendez !

Quelques secondes s’écoulent et je lui dis d’un seul trait : nous sommes quai de la Tournelle non loin du port.

Ne bougez surtout pas je vous envoie ses hommes.

Il rigole Mario, je ne risque pas de m’éloigner de Théo. Ouf la pluie s’est calmée. Pourquoi m’envoyez ses hommes, deux bien baraqués auraient largement suffi. Possible qu’en les voyant il est un électrochoc, c’est sûrement ce qu’espère le Colonel.

Soudain je vois déboucher une voiture de police accompagnée des pompiers. Trois de ses hommes descendent et se portent à notre hauteur, suivi d’un médecin et de deux pompiers. Théo est prostré, il se laisse faire, les pompiers vont pour le mettre sur le brancard mais lui les repousse tout d’abord gentiment, puis eux ne s’en laisse pas compter et vont pour lui administrer un calmant et c’est à ce moment que Théo d’une voix calme et posée leur dit :

 » Je ne suis pas à l’article de la mort. Docteur et vous Messieurs les pompiers je vous remercie mais je ai nullement besoin d’être dorloté j’ai un boulot à faire de la plus haute importance.

Le médecin avant de remonter dans son camion me tend une boîte d’anxiolytiques et me dit :

S’il a une crise faites lui prendre ça.

Bien Docteur. Combien ?

Un seul sinon il dort trois jours.

Elle sourit et ajoute courage.

Une fois les pompiers parti, Théo accepte de se lever et décidé de retourner à l’hôtel chercher son costume des grands jours pour arrêter son père. Il me demande d’en faire autant. Un de ses hommes prend notre voiture et nous retournons à notre hôtel. Entre-temps j’apprends que Stéphane n’a pas eu le temps de téléphoner à Pierre Leyrieux le père des jumeaux. Car il a été arrêté de suite.

Nous voici trois voitures de gendarmes et de policiers en direction de Choisy-le-Roi où les parents de Théo selon nos informateurs se trouvent toujours. Le Colonel m’a demandé d’entrer la première pour que chacun puisse voir la réaction du vieillard. C’est ainsi qu’il nous est apparu au cocktail, assis dans son fauteuil, la bave aux lèvres, la tête baissée, très mal en point après son avc.

Tous les hommes ont pris position, ils sont tous armé. J’enfile un gilet pare-balles, on ne sait jamais. Son père ne doit pas comprendre pourquoi personne ne l’a rappelé. Théo doute qu’il ait demandé de lui rendre des comptes, il a donné un ordre on a dû l’exécuter. J’arrive à la grande porte non pas en civile mais en tenue, elle est fermée, je tire la corde et une cloche sonne. Je me fais la réflexion que cette cloche me rappelle un couvent en Italie. C’est le Majordome de Madame qui vient m’ouvrir, il reste la bouche ouverte, incrédule et bredouille, Monsieur a fait un malaise revenez plus tard.

Je le pousse et entre, puis je me tourne vers lui et l’apostrophe :

Où est Mr Leyrieux ?

Dans le petit salon mais je viens de vous le dire il a fait un malaise.

Il a reçu un appel téléphonique.

Oui comment le savez-vous ?

A votre avis ? Emmenez-moi vers lui et dépêchez-vous ? Je veux qu’il me voit avant qu’il fasse une syncope.

Ah avez-vous appelé son médecin ?

Non ! Me réponds une voix au fond du couloir, c’est la reine mère.

Julie que se passe-t-il ? Où sont mes fils. Je la pousse doucement et l’écarte de mon passage, je sais où se trouve le petit salon. C’est à ce moment que choisit Théo et ses hommes pour entrer. Sa mère crie en voyant son fils et si le Majordome ne s’était pas précipité vers elle, sa tête aurait heurté l’angle de l’escalier.

Lorsque je pénètre dans le petit salon le père de Théo est debout, la tête appuyée contre la vitre qui donne dans le jardin, face à lui deux policiers l’ont mis en joue.

Je tousse, il se retourne, me regarde et me dit Julie pourquoi as-tu pris le costume de ta sœur, je t’avais dit que je veillerais tout le temps sur toi.

Mais que raconte ce bonhomme. Il croit que je suis Virginie qui s’est faites passé pour moi, pourquoi dit-il ces mots ?

Décidément je crois que je vais en apprendre plus que je n’en sais déjà.

Non je ne suis pas ma jumelle.

Pour l’instant je tais l’échange des prénoms, je suis celle sur qui vous aviez mis un contrat. Je ne suis pas morte. Par contre votre homme de mains s’est brisé la nuque.

Il ne me répond pas, s’asseoit sur son fauteuil roulant et me dit :

 » je le savais que cette histoire finirait mal, ces jours-ci lorsque j’allais voir votre sœur, elle avait retrouvé l’usage de la parole et répétait il faut que je dise à Virginie que l’homme qu’elle aime est mon violeur ».

C’est pour ça que me voyant au bras d’un des jumeaux vous avez pensé me faire disparaitre. Pourquoi m’avez-vous appelé Julie ?

C’est Stéphane qui m’a envoyé un SMS hier matin en me disant Hugo cuve c’est Théo qui sera au bras de Julie.

Il.vous a dit Julie ?

Oui mais je l’ai repris en lui disant c’est Virginie.

Et il m’a ajouté je m’en fiche elles sont jumelles.

Ah ! Qui vous l’a dit ?

Votre sœur m’a raconté que le soir du drame.

Vous appelez un drame, ce viol collectif osez prononcer le bon mot.

Que le soir du viol, elle avait dit s’appeler Julie car vous n’étiez pas timide mais très dévergondée contrairement à elle. Et que votre père penserait plus que vous lui aviez désobéi.

Je ne vais pas raconter ma vie à ce vieux décrépit mais ayant un port de tête qui contrastait avec celui de la soirée en l’honneur de mon mariage.

Bon ça suffit les confidences.

C’est Théo qui entre. S’approche de son père et lui dit tu vas me suivre, et comme tu marches et bien lève-toi, mets tes mains dans le dos et tu es en garde à vue pour l’assassinat de Mélodie de la Feuillantine et de la tentative d’assassinat sur le Capitaine Martin ma douce et bien aimée. Pour l’instant je ne pense pas que tu sois mêlé aux viols collectifs mais tu as caché à la justice des éléments qui auraient pu mettre fin à tous ces viols qui ont eu lieu sur l autoroute A 6, ces deux dernières années.

Madame Leyrieux pleure dans les bras de son Majordome, les quelques invités encore présents quittent la demeure. Mais ils sont obligé de rester dans le parc pour décliner leur identité et fournir un numéro de téléphone. Le procureur a demandé qu’une perquisition soit effectuée dans la maison principale à Neuilly-sur-Seine, et dans leurs deux résidences secondaires, celle-ci et l’autre située à Chantilly maisons que les Leyrieux possèdent. Et aussi que dans leur villa de Saint-Tropez où dans le port ils ont un magnifique voilier. Les deux laboratoires dont Hugo était le PDG seront perquisitionné. La scientifique va aussi venir dans leur gentilhommière de Choisy-le-Roi pour relever les empreintes.

C’est au moment où je vais pour monter dans la voiture que je vois arriver en courant la petite soeur de Théo.

Elle se jette dans mes bras et me dit :

 » Zulie tu es avec Théo ne te trompes pas, surtout que tu attends un bébé ».

Elle avait tout compris. Hugo l’a prenait pour une retardée, elle distinguait plus facilement que son père les jumeaux.

Quand au bébé décidément les femmes de la maison ont un don indéniable.

A suivre…

%d blogueurs aiment cette page :