La saga de l’été (chapitre 4 suite 1)

Midi est passé depuis longtemps et aucune femme ne s’est présenté pour récupérer les deux enfants, lorsque soudain un grésillement se fait entendre à la radio des policiers, on leur signale un accident au lieudit « Les Cuisiniers » Mais le policier qui appelle n’en dit pas plus sauf qu’il faut que l’inspecteur se déplace en personne. La planque est levée, la nounou et les enfants sont emmenés au commissariat.

Amaury ne dit pas un mot et espère qu’il va rester pour voir cet accident bizarre, sa sœur est partie dans une voiture banalisée, exténuée elle dort. Entre-temps ils ont appris que leur père s’était réveillé et demandait à voir ses enfants, mais personne ne savait si il parlait des petits ou bien des grands, tant ces mots étaient hachés, sa mémoire lui faisait toujours défaut, tous espéraient qu’il la retrouverait pour un dénouement heureux. Il fallait lui dire doucement que son fils le plus jeune et sa fille Léa avait été retrouvé. Mais cela se passerait plus tard, pour l’instant les policiers filaient à vive allure vers le lieu du mystérieux accident.

L’inspecteur en arrivant au rondpoint a demandé à Amaury de ne pas bouger, il n’est pas certain que le jeune homme va lui obéir, aussi il laisse en sa compagnie la jeune stagiaire, car tout-à-l’ heure la fougue d’Amaury a mis en danger la vie des deux enfants et il ne veut nullement être confronté à cet incident une nouvelle fois.

Tout en s’approchant du véhicule accidenté, il se remémore le début de son enquête, il lui faut trouver la vérité ou la raison pour laquelle ces quatre enfants ont été enlevés. Qui en est l’instigateur et surtout pourquoi ? Ce Marco l’orienterait plutôt vers la mère des deux plus grands mais cette Nanie et cet individu qui est emmené au commissariat le mène tout droit vers le père des quatre enfants. Son amnésie est-elle fondée ou joue-t-il la comédie. Il espère que d’ici ce soir il aura avancé dans son enquête.

Dans l’herbe à quelques mètres de la voiture une Citroën C4 beige clair immatriculée dans le 75 gît une femme, elle a reçu une balle dans la nuque, ce n’est pas un accident comme la voiture encastrée dans le platane pourrait le laisser croire. A l’intérieur affalé sur le volant un homme mort, lui il est possible qu’il est eu un accident, la femme aurait, pense l’inspecteur voulu se sauver, mais qui les poursuivait. Lorsque soudain débouchant de la forêt surgit une autre femme plus âgée tenant dans ses bras un bébé. Aussitôt, cette femme est entourée, l’enfant déposé dans les bras de l’auxiliaire, c’est une magnifique petite fille qui suce son pouce et dort ignorante de ce qui se passe autour d’elle. La femme âgée ne parle pas un mot de français, elle roule les yeux de gauche à droite et se signe plusieurs fois en disant :

  • Oh il mio Dio, Non ho fatto niente

Et de la voiture où la vitre est baissée on entend Amaury traduire :

« Oh mon Dieu, je n’ai rien fait ! »

  • Amaury demande lui si elle connait la femme allongée au sol
  • D’accord
  • Signora
  • Sì, che cosa mi volete?
  • Conoscete questa donna?
  • Si
  • Chi è?
  • È la madre del bambino

L’inspecteur n’a pas besoin de traduction pour comprendre que la jeune femme était la maman du bébé, mais qui est-elle réellement ? Au moment où il la retourne sur le dos il s’aperçoit que c’est la jeune bonne, l’amie de la famille, en effet c’est bien sa mère, mais qui est la femme plus âgée, son italien est trop approximatif pour qu’il mène l’interrogatoire lui-même aussi en attendant d’être dans son bureau Amaury fera office de traducteur. Décidément dans cette affaire on va de rebondissement en rebondissement, pourquoi la jeune bonne est mêlée à l’enlèvement de son propre enfant et pourquoi a-t-elle été tuée. Et par qui ? Qui est l’homme qui conduisait la voiture, des questions qui méritent des réponses. Il appelle le commissaire et demande que la mère d’Adrien et de la petite Rébecca vienne au commissariat, il a des questions à lui poser.

  • Bon Amaury nous allons continuer les questions, demande lui qui elle est ?
  • Chi siete?
  • Una donna
  • Inspecteur elle se paye votre tête
  • Qu’a-t-elle dit ?
  • Qu’elle était une femme !
  • Bon on l’embarque, Amaury en attendant que je trouve un traducteur tu en feras office, mais je ne sais si le commissaire va accepter, enfin, nous verrons.

Les voitures s’éloignent laissant ceux de la balistique faire les constatations d’usage. Les deux corps rejoignent la morgue des services de la police judiciaire pour être autopsié.

Au commissariat c’est branle-bas le combat. Il y a des journalistes par dizaine devant la porte et il leur est difficile de se frayer un passage pour atteindre la salle d’interrogatoire.

  • Qui les a mis au courant ?

Personne ne peut lui répondre, en tous les cas la foule est énorme et cela n’arrange pas les affaires de l’inspecteur. Mais comme tous les enfants ont été retrouvés il n’y a pas grands choses à craindre de ce côté-là, car ils se trouvent tous dans les locaux de la police judiciaire. Mais un appel téléphonique des services techniques, là où ont été emmenés les corps, laisse une sensation étrange à l’inspecteur. Il se penche vers son subalterne et lui chuchote :

  • «  Ce n’est pas la bonne, c’est une autre femme »
  • Pourtant nous l’avons bien reconnu
  • Oui, mais elle avait un masque en silicone
  • Certainement pour tromper Adrien
  • Ah vous arrivez à la même conclusion que moi, mais alors qui a fomenté ce deuxième enlèvement, moi qui pensait que la petite bonne s’était vengé de son amie car lors de notre première rencontre elle m’avait laissé un sentiment assez nébuleux voire opaque. Nous allons la faire venir, de toute façon le bébé a besoin de sa mère.
  • Passons à l’interrogatoire de la femme âgée, je veux juste savoir si elle était dans la voiture ou si on l’a prise en route.
  • J’ai appelé un traducteur, mais pour l’instant ils ont personne sous la main, as-tu demandé au Commissaire si Amaury peut
  • On n’a pas le temps de l’appeler il est chez le préfet, Amaury va nous servir d’interprète, il s’en fait une joie.
  • Amaury vient avec moi, nous allons interroger la femme, tu vas lui demander ses noms et prénoms, ce qu’elle faisait dans la voiture, pour la suite nous aviserons selon ses réponses. Je compte sur toi pour tout me dire même la chose la plus insignifiante. Tu me donnes immédiatement à chaque interrogation sa réponse en français pour gagner du temps.
  • D’acc Chef !

Amaury a réussis à faire sourire l’inspecteur, et ses hommes se disent qu’il s’est pris d’affection pour le jeune homme.

Trois policiers ont été diligentés vers l’hôpital pour interroger à nouveau le père des quatre enfants. L’un d’entre eux restera en faction devant la porte jusqu’à nouvel ordre. Quand à Marco son interrogatoire n’a rien donné, il est muet comme une carpe. Même en présence de son avocat il n’a pas proféré un mot. Ni qu’il était innocent, ni coupable. Il est campé dans son mutisme. Cela ne fera pas avancé l’enquête.

La Saga de l’été ( Chapitre 4 suite)

Allez je vous en remet une page, c’est bien parce que c’est Vous et que vous êtes assidu. Vous n’êtes pas nombreuse, certes mais de qualité…Non je ne vous flatte pas, je vous remercie.

Aussitôt une invasion de policiers envahit la petite maison. Le portrait-robot du petit garçon correspond tout à fait, mais qui est l’autre enfant ? Et où est la petite fille, car dans la maison ils ne découvrent qu’une jeune femme affolée qui leur dit être la nounou des deux enfants qui jouent dans la cour. On l’a engagé il y a un mois pour s’occuper au départ que du petit Charles puis depuis quinze jours on lui a amené le petit Adrien, mais elle n’en sait pas plus. Elle leur signale que le père des deux enfants doit venir dans la matinée. Ils vont donc planquer en mettant les deux enfants comme appât, ce qui semble aux yeux d’Amaury comme un jeu extrêmement dangereux, mais personne n’a d’autres solutions. La jeune femme leur signale qu’il ne devrait plus tarder, les voitures sont éparpillés dans la nature et bien cachés aux yeux du « faux père » qui semble arriver, car on entend au loin un bruit de moteur, plus exactement un tracteur. Amaury ayant accepté d’être silencieux est resté, quand à Léa, elle vient de s’endormir sur la jeune policière, exténuée par ses nuits sans sommeil. Mais ils ont préférés l’éloigner on ne sait jamais ce qui pourrait se passer si par hasard c’était l’homme habillé en  noir qu’il les avait abandonné dans le square  il y a 8 ans. Car, comme le pense l’inspecteur il doit bien y avoir des personnes ayant trempés dans les deux enlèvements, sinon à quoi cela pourrait correspondre cette cachette en tout point semblable à la première, sauf que les lieux avaient été bien restaurés.

La consigne est simple, ils laissent le tracteur se garer devant la maisonnette, l’homme en descend, l’inspecteur scrute le visage d’Amaury, il semble mal à l’aise, tout bas il lui chuchote :

  • Que se passe-t-il Amaury ? Le reconnaissez-vous ?
  • Oui, c’est le fils de Nanie, enfin je crois car il a changé, mais il lui ressemble bien.

L’homme s’approche des deux enfants, mais ne les regardent nullement, c’est étrange de se comporter ainsi pense l’inspecteur, la jeune bonne complètement affolée sort sur le pas de la porte et attend les ordres il leur semble. Pourvu qu’elle ne fasse pas rater leur opération, elle leur semble assez fébrile, l’homme va se rendre compte qu’il se passe quelques choses.

  • Mademoiselle je suis venue vous apporter votre paye, à partir de ce soir nous n’aurons plus besoin de vos services.
  • Ah ! Vous m’aviez embauché pour six mois, vous me renvoyez ?
  • Non mais la mère de mes fils est de retour.
  • Ah parce que Charles et Adrien sont frères ?
  • Oui et non, ils ont le même père, moi en l’occurrence mais je les ai eu de deux femmes différentes.

Au même instant le petit Charles qui est monté sur la balançoire tombe et Amaury  échappant à la surveillance des hommes de l’inspecteur se précipite pour le relever, ses cris attirent le soi-disant père et la jeune nounou à l’extérieur. Les deux hommes se jaugent d’un regard, si l’un sait qui est le plus âgé, l’autre a comme un doute, et c’est à ce moment que l’inspecteur et la BRI décident d’intervenir. L’attitude d’Amaury fait que c’est un peu brutal la rencontre qui a lieu sous les yeux des enfants, mais bien vite ils sont soustrait à tout ce tapage et emmenés par des auxiliaires de police à l’abri de l’assaut final, car l’homme s’est précipité vers son tracteur pour attraper une arme de poing, mais rapidement maîtrisé il s’est effondré sur le sol, garrotté et mis en lieu sûr. A nouveau un grand silence, l’opération qui s’est déroulée sous les yeux de la nounou et d’Amaury est terminé, maintenant ils doivent à nouveau planquer, en effet, la jeune femme leur apprend que l’on doit venir chercher les enfants vers midi. Il est à peine 11 h 30, ils ont largement le temps d’évacuer les petits, mais si ces derniers ne sont plus là, il y aura suspicion, donc à nouveau les enfants rentrent dans la maison et sous la houlette d’une auxiliaire de police devenue pour la circonstance la nounou, ils jouent calmement, ils ne sont nullement perturbés par le changement, sauf peut-être le petit Adrien qui n’a d’yeux que pour Amaury, qui aux dires de la policière est le portrait vivant en plus jeune de son papa et à un air de ressemblance avec le fameux fils de cette Nanie. Tout cela s’oriente vers une sombre histoire familiale, mais laquelle nul ne le sait mais gageons qu’elle sera révélatrice d’un drame.

C'était hier!

J’étais là abasourdie sur ce pont qui traversait la Loire, lui était un policier dans l’exercice de ses fonctions et les mots qu’il venait de prononcer me tétanisait, Pourquoi m’avait-il arrêté, aujourd’hui je n’en sais toujours rien. Je marchais avec mes amies sur ce pont et regardait couler l’eau…

Nous étions trois copines, jamais il ne nous serait venu à l’idée de lancer des pierres, ou bien de cracher. Nous n’avions que 17 ans et nous étions venues en vacance dans la maison de campagne d’une de nos amies. Seules et non majeurs, avec du recul je me dis que c’est sans doute la raison qui a fait que ce policier nous a interpellé.

A  cet époque la majorité était à 21 ans, mais nos parents réciproques nous connaissaient et savaient que nous ne ferions rien d’inconcevable. Mon père nous avait emmené et il allait revenir nous chercher. A l’époque Saint-Rambert était une petite bourgade, maintenant c’est la banlieue de Saint-Etienne. Nous étions livré à nous mêmes pendant trois jours. C’était une de nos plus grandes escapades seules, bien entendu.

Mais revenons à cette drôle de rencontre, nous étions là sur ce pont, nous revenions d’une petite balade nocturne le long de la Loire et nous étions allées voir la fête du village, mais il n’y avait personne et nous rentrions après avoir reçu une pluie d’été.

Nous devisions tranquillement lorsque trois policiers dans une estafette se sont arrêtés à notre hauteur:

Bonjour Mesdemoiselles

Bonjour

Savez-vous qu’il ne faut pas se promener seule

Moi: Nous ne sommes pas seule, nous sommes trois.

Un silence s’ensuit…

La portière du conducteur s’entrouvre et un policier légèrement bedonnant descend et se met face à nous. Les deux autres plus jeunes sont goguenards.

Que nous veut cet énergumène me dis-je? Nous avons été fort polie, pour ma part je me suis juste amusée à lui répondre d’un ton ironique, cela ne vaut pas d’être réprimandé.

En ces temps-là on avait énormément de respect pour tout un chacun, et encore plus pour la police.

Le plus âgé nous demande nos papiers d’identité, lorsque maintenant je me remémore ces instants je trouve que cela fait cliché voire réplique de cinéma.

Nous n’en n’avions pas!

– Où habitez-vous? Qui êtes-vous? D’où venez-vous?

Mon amie chez qui nous habitions pour ces trois jours leur répond le plus calmement possible.

Nous sommes dans la maison d’enfance de ma maman et elle leur dit le nom de famille.

Un silence de plus, puis le chef lui répond, ah j’ai connu votre mère et sa sœur , j’allais à l’école voisine de la leur et nous revenions ensemble  . Votre maman se prénomme  Aimée ou bien c’est Anne?

Anne

Votre grand-père possédait l’unique entreprise de « passementiers »

Oui

Ah j’étais à 21 ans fort amoureux d’elle, mais elle n’a pas voulu de moi. Je ne devais pas être assez riche

Pendant que le dialogue s’instaure entre ce policier et mon amie je pense en mon for intérieur que l’on ne va pas passer notre temps à l’écouter se plaindre, eux ils ont du travail, nous, nos autres amies nous attendent. Je fais mine de m’éloigner, mais les deux plus jeunes surgissent brutalement de l’estafette et me barre le chemin:

– Halte! On ne passe pas!

J’hausse les épaules, ils en deviennent comiques. Leur chef intervient:

– J’en n’ai pas finis avec vous, mais comme il est fort tard je vous laisse en compagnie de mon collègue; et accompagnés par le second ils s’en vont.

L’autre a deux petits yeux fort près l’un de l’autre, des sourcils épais, une moustache très fine, en un éclair je revois Hitler, j’en ai froid dans le dos, les cheveux coupés ras, il n’inspire pas la sympathie. Il laisse partir mes deux amies, mais elles ne vont pas loin, elles n’ont pas envie de me laisser seule avec ce type , même si c’est un policier, elles n’ont pas confiance.

Savez-vous Mademoiselle ce qu’un policier peut faire à des jolies jeunes filles qui se promènent seules sur un pont à la tombée de la nuit.

– Je n’ai nul envie de le savoir, ce qui m’intéresse c’est le repas qui m’attend dans la maison d’enfance de mon amie.

Mademoiselle un policier a droit de vie ou de mort sur vous, soit je vous offre une violette, soit je vous emmène au violon , soit je vous viole. et aujourd’hui je vais faire les trois V!

Après ces trois phrases j’aurai pu paniquer, bien que tremblante je ne laisse rien paraître, l’estafette vient de revenir, les deux autres attendent, ils ne vont tout de même pas m’emmener de force, certes ils le pourraient, mais mes amies crieraient, y aurait-il dans cette rue déserte une personne pour nous venir en aide.Impossible personne ne se déplacerait, ils ont la force et la loi pour eux. Je suis donc à sa merci. Que lui répondre, rien serait peut-être la meilleure solution.

Alors une idée subite m’a traversé l’esprit, certainement que j’ai été crédible puisqu’ils m’ont laissé

Savez-vous ce que vous répond la petite fille et fille d’un commissaire de police, l’autre est devenu d’une pâleur mortelle, j’ai cru qu’il allait faire sur lui, mais je n’ai pas baissé la voix et je l’ai bien regardé dans les yeux en lui disant:

Avez-vous envie d’être dégradé et mis en prison, alors essayez seulement de toucher un cheveu de ma tête et je ne donne pas cher de votre peau. 

Je revois encore la course effrénée du jeune policier et l’estafette s’en est allée dans la nuit.

 

Aujourd’hui quand je repense à cette drôle d’aventure, je me dis que mon imaginaire m’a sauvé la vie, car ils étaient fort déterminés et je pense qu’ils nous auraient violés.

Mon grand-père et mon père n’ont ni l’un ni l’autre été dans la police mais cette idée m’a sauvé la vie.

Surtout qu’a cette époque et dans la région il y avait des viols non élucidés…Je sais qu’en revenant nous en avions parlés à nos parents réciproques, et nous ne sommes jamais revenues dans la maison d’enfance de mon amie….

 

 

 

La Saga de l’été (chapitre 4)

Au moment où elle va pour se précipiter sur son frère, une poigne la saisie à l’épaule, elle se retourne et se trouve face à Marco. Quelle malchance ! Etre si prêt et retomber dans ses griffes. Mais un coup de Trafalgar intervient lorsque deux voitures de police se garent au bord du trottoir, un grand jeune homme en descend suivit d’une escouade de policiers, Marco est de suite plaqué au sol, Sandie doit suivre le bel inspecteur, qui est accompagné d’une jeune policière, il demande à Amaury de les suivre. Sandie écarquille les yeux en voyant son frère les suivre le plus simplement du monde mais surtout répondre au prénom d’Amaury. Qu’est-ce que c’est que cette mascarade pense-t-elle tout bas.

Dans la voiture qui file à vive allure vers les locaux du commissariat, Amaury explique à sa sœur les rebondissements de ces dernières heures. Elle est abasourdie par ses révélations et ne comprend pas ce qui a pu leur arriver. Elle ne se souvient de rien, étant trop jeune à l’époque de leur enlèvement, son frère n’a lui non plus aucun souvenir, mais tout comme sa sœur il se souvient de Nanie et de sa ferme avec les cousins qui venaient passer des vacances et que l’on ne revoyait plus l’année suivante. Ce qui du reste à l’air d’intriguer énormément les OPJ et particulièrement le jeune inspecteur chargé de cette enquête. Léa alias Sandie, est quant à elle dans un état second, elle ne comprend plus rien, mais ce qu’elle sait c’est que Dorian va la chercher en revenant, mais bien vite le jeune homme disparaît de ses pensées et elle est à l’écoute de tous les rebondissements de ce deuxième kidnapping qui a eu de grandes répercussions sur sa propre fugue et sur leur vie future. Au moment où on les invite à se rendre dans le « bocal » du commissaire, ils voient passer Marco, Sandie-Léa se jette sur lui et le frappe au visage, le blessant à la lèvre, devant la fureur de la jeune fille il recule et un rictus horrible apparait à ses lèvres, on le saisit et le pousse à son tour dans une cellule en attendant son interrogatoire, Sandie est dans une telle fureur que les policiers la laissent invectiver leur prisonnier et écoute les révélations qu’elle fait.

  • Je te haie, sale type, c’est toi qui nous a fait kidnapper car ma mère te devais de l’argent, mais je pense que tu ne t’attendais pas à nous revoir vivant, tes ordres devaient être de m’éliminer ou de me garder en vie pour faire la « pute » à mon tour. Car c’est bien ce que tu voulais obtenir de moi hier. Voire même te servir avant, je te haie et je te maudis, j’espère qu’ils vont t’emprisonner à vie.

Après ce long monologue la fillette s’effondre et sanglote devant la pièce qui se referme pour éviter que Léa n’en vienne à blesser leur prisonnier qui subit quelques soins avant d’attendre son interrogatoire qui ne saurait tarder.

  • Calmez-vous Léa, nous allons le mettre à l’ombre pour longtemps mais auparavant il nous faut savoir s’il est à l’origine du second enlèvement et quelles sont les ramifications qui existent entre les deux enlèvements.

La jeune adolescente semble être paniquée à l’idée qu’il se passe quelques choses de terrible pour les deux autres enfants enlevés, elle veut parler, mais on la fait taire dans un premier temps, puis brusquement elle éclate en sanglot, n’ayant trouvé que ce moyen pour se faire entendre. Aussitôt la jeune policière lui demande ce qui la met dans cet état.

  • Je pense savoir où sont les deux enfants qui ont été enlevés !

Au commissariat c’est la stupéfaction, que sait Léa ?

  • Nous t’écoutons
  • Ils sont à la ferme
  • Quelle ferme ?
  • Celle où nous étions !

Un silence de plomb fait suite aux dires de la jeune Léa.

  • Tu n’avais que 7ans lorsque Nanie est décédée
  • Je ne me souviens pas du lieu où elle se trouve, mais je me souviens comment était la ferme. Donnez-moi un crayon je vais la dessiner.

Le jeune Paul lui tend un crayon et son bloc à dessin et la jeune fille d’un bon coup de crayons dessine d’une manière précise une ferme sous les yeux de son frère qui acquiesce à chaque coup de crayons. Elle explique à l’inspecteur la disposition des pièces et il dessine sous les dires de Léa. Bientôt apparait une ferme comme il en existe encore quelques-unes dans la Sologne toute proche. Rapidement ils en dénombrent encore trois ce qui va rendre les recherches plus faciles, après tout c’est la seule piste qu’ils ont. L’alerte « Enlèvement «  a été donné trop tard et aucune personne ne s’est manifestée, à part bien entendu les mauvais plaisants. Léa bien qu’extrêmement fatiguée participera aux recherches avec son frère. La première qui appartient au maire de la commune voisine est dans un triste état, personne ne l’a habitée depuis plus de 20 ans ce qui est confirmé par le maire lui-même. La seconde est plus difficile a débusquée, elle ressemble à la description de Léa mais elle n’a pas la petite cour à l’arrière ni le vieux puit au milieu de la cour. Quant à la troisième elle est trop petite pour être celle dans laquelle ils ont vécus cinq ans. Au moment où ils repartent bredouille, Amaury semble reconnaître la maison restaurée non loin de la dernière ferme. Il insiste énormément et c’est en voiture banalisée qu’il s’y rend avec le jeune inspecteur. Deux enfants jouent dans la cour, ce sont deux petits garçons, Amaury crie :

  • Adrien !

 L’un des deux petits garçons se retourne et dit :

  • Papa !

La saga de l’été (chapitre 3 suite 2 )

La petite fille se jette dans les bras de sa maman ne comprenant pas tout, à 5 ans c’est difficile les histoires de grande personne.

  • Je t’expliquerais ma poupée, en effet Amaury est le grand-frère dont papa te parlait, il n’est pas avec Papy et Nanie.
  • Mais si Maman il y a son prénom
  • En effet ma chérie, mais Amaury il est là et il va même dormir dans notre maison. C’est désormais sa place.
  • Moi je veux ma grande sœur
  • Oui, bientôt elle sera avec nous.
  • Et papa il est où ?

Après un instant d’hésitation, la jeune femme réagit et dit à sa petite fille :

  • Papa va revenir prochainement, pour l’instant il est trop préoccupé, mais d’ici quelques heures il sera de retour et nous vivrons tous en famille.

Pour Rebecca quelques heures c’est à la fois court et long, elle n’a pas la capacité à son âge de mesurer le temps. Mais aux mots de sa maman la petite fille est plus tranquille, et, du reste elle met sa petite main potelée dans la main de son grand-frère, ce qui fait dire à l’inspecteur :

  • Amaury vous allez devenir le chevalier servant de votre petite sœur.

Puis l’inspecteur prend congé de la famille car son enquête n’est pas terminée, il lui faut relier les deux affaires, retrouver les deux autres enfants, savoir ce que le père a compris et faire un appel à la télévision concernant Sandie pour lui permettre de se présenter sans peur  dans un commissariat. Il ne faut pas mettre la puce à l’oreille des ravisseurs, mais il lui faut trouver les mots qui tranquilliseront la jeune fille. Mais il est vrai en voyant Amaury avec sa petite sœur, lui et ses hommes se sont un peu attardé sur ce bonheur naissant.

  • Amaury, nous vous souhaitons pleins de belles choses et nous vous promettons de vous ramener votre petit frère et votre sœur, ainsi que votre fille, Madame.
  • J’espère que ce ne sera pas dans quinze ans.

Les mots de la jeune bonne sonne comme un glas, mais l’inspecteur se ressaisit et lui dit avec gentillesse mais fermeté :

  • Si il y a 15 ans des erreurs ont été commises nous allons grâce à celles- ci pouvoir rebondir et orienter nos recherches dans une autre direction, nous apprenons toujours de nos fautes.

La jeune femme se trouble et fond en larmes, Serena la prend dans ses bras et la console, à deux elles se serrent les coudes. Une fois la porte refermée, la belle-mère d’Amaury le convie à la suivre, la petite fille est toujours accrochée à ce grand frère qui est tombé du ciel, ils se rendent dans une chambre spacieuse qui est celle qu’il avait enfant. Il prend possession des lieux avec Rebecca assise sur le lit qui papote comme le font toutes les petites filles de son âge. Il cherche dans son sac son téléphone portable et ne le trouve pas, il va demander d’appeler sa famille d’accueil, ce que lui laisse faire Serena.

  • Tatie c’est moi
  • Ah Amaury, cela se passe bien, aurais-je oublié quelques choses que tu me téléphones
  • Oui mon portable
  • Je ne l’ai pas trouvé, ou l’avais tu mis ?
  • Dans ma chambre sur ma tablette
  • Je veux bien retourner voir mais je n’ai rien vu tout-à-l’heure
  • Ah !
  • Aurais-tu peur de l’avoir perdu,
  • Non ? je pense savoir.
  • Sandie
  • Oui, et je raccroche je dois appeler l’inspecteur.

Il trouve près du téléphone fixe un portable, c’est sa belle-mère qui l’a déposé pour lui laisser un peu d’intimité. Il regagne sa chambre et appelle le Commandant.

  • Bonjour je suis Amaury et je voudrais parler à l’inspecteur chargé de la disparition des deux enfants.
  • Qui êtes-vous ?
  • Je suis le premier enfant enlevé

Amaury entend des chuchotements, et rapidement on le met en relation avec l’OPJ chargé de l’enquête.

  • Tu as des ennuis Amaury ?
  • Non, mais ma sœur Sandie m’a piqué mon téléphone et je sais que vous pouvez localiser ce dernier.
  • Oui, en effet, donne-moi les renseignements dont j’ai besoin et je vais essayer de la tracer, j’espère que j’aurais d’ici quelques heures de bonnes raisons de te rappeler, en attendant je te conseille de ne pas bouger de chez ton père.
  • Je n’en n’ai nullement l’intention, j’attends ma mère d’accueil elle doit m’apporter mon ordinateur et du courrier que j’ai reçu.

L’inspecteur et Amaury raccrochent, chacun espère le même dénouement, tout au moins en ce qui concerne Amaury pour sa jeune sœur. Mais où est passé Sandie se demande Amaury, pourquoi se cache-t-elle et pourquoi ne lui a –t-elle pas donné le moindre signe. Elle doit bien se douter qu’il se fait du souci, mais il est vrai qu’ils ont tous les deux changés, et ni l’un ni l’autre ne sait comment l’autre peut réagir à des situations pareilles.

Sandie quant à elle a réussis à entraîner son jeune amoureux transi, le commis du restaurant de la rue du bar dans sa quête de son passé. Pendant la nuit où ils ont énormément discutés, elle lui a avoué et raconté qu’elle cherchait sa mère, qu’elle se demandait si c’était cette « Mado » dont lui avait parlé Marco. Dans la nuit elle avait convaincu Dorian de l’accompagner dans la campagne en direction du Mans, où elle pensait que la ferme pourrait se trouver, mais Dorian plus avisé avait pris une carte et tracer un rond et lui avait montré les différents endroits éloignés et dans la campagne de Tours. Autant dire il leur était impossible d’y aller sans moyen de locomotion, et chercher une ferme pâle souvenir d’une enfant de 5 ans c’était voué à l’échec. Mais c’était sans compter avec la détermination de Sandie. Auparavant il leur fallait trouver un moyen de locomotion, Dorian avait une bécane mais Sandie ne voulait pas y monter dessus, elle la trouvait trop vétuste, puis elle ne pouvait pas lui donner de l’argent, elle avait tout laissé chez son frère. Quand elle pensait à ce dernier elle se demandait quand est-ce qu’elle allait pouvoir le revoir. Aussi avant d’aller chercher la maison de son enfance, il lui fallait lui rendre son téléphone. Sans rien dire à Dorian partis à son travail, elle décide de se rendre à Tours.

La voici faisant le chemin en sens inverse, elle se remémore ce qui s’est passé à l’aller, et se demande si elle ne va pas se jeter dans la gueule du loup, mais son frère ne va pas justifier longtemps l’absence ou la perte de son GMS.

Pendant ce temps au Commissariat de Police, sur une carte on vient de s’apercevoir que le téléphone d’Amaury qui vient d’être localisé, bouge. Il y a de grandes chances pour que Sandie revienne sur Tours, une souricière est mise en place pour cueillir à la fois la fugueuse, mais aussi pour lui permettre qu’à son tour elle connaisse son histoire. C’est Amaury qui va servir d’appât. Il va se rendre accompagné dans un premier temps par l’inspecteur au domicile de sa famille d’accueil où il attendra que sa sœur surgisse, après ce ne sera plus son affaire, il espère toutefois que cette dernière ne sera pas trop récalcitrante à se laisser attraper. Sandie pendant ce temps continue son chemin, tout en étant fort vigilante, elle ne veut pas retomber dans les griffes ni de Marco, ni de la police, ni de son foyer ou de la tante exécrable. Il lui faut être attentive et déceler toute anomalie, voire une filature, aussi se retourne-t-elle souvent lorsqu’elle aborde les rues plus passagères de Tours. Enfin la voici dans le vieux Tours, bientôt elle sera devant la maison cossue de la famille d’accueil de  Théo. Mais ne serait-ce pas lui qui marche tête baissée dans sa direction. En effet son frère vient d’apparaître au détour de la rue la plus passante de Tours, il a l’air dans ses pensées, aussi Sandie s’approche doucement de lui pour lui faire peur. Mais rien ne va se passer comme elle espérait.

A suivre