Ecrire pour qui? Pourquoi? Mais il me faut écrire….

Était-ce le jour d’avant où celui d’après 50 ans plus tard je ne le sais plus; mais lui je m’en souviens comme si c’était hier, et pourtant….

Rien ne s’étais passé comme nous l’aurions aimé, rien si ce n’est cette rencontre le jour où ma cousine se mariait, c’était un ami de mon futur cousin.  Il portait un costume blanc, mes sœurs et moi nous taquinions ma cousine en lui demandant si la mariée ce n’était pas le témoin de son futur mari.  Elle, qui d’habitude riait à nos facéties était émue et tellement sérieuse que nous avons vite battu en retraite. 

Puis la longue file des invités est rentrée en troupeau, cela était une réflexion du frère de la mariée, mon cousin.  Nous, nous sommes mis juste derrière la mariée, j’étais juste après les enfants qui portaient sa traîne de princesse. A quinze ans je rêvais parfois, mais ne vous inquiétez pas j’avais les pieds sur terre. Mon cavalier était le témoin du marié, l’homme tout de blanc vêtu, ce qui fit dire à mon cousin: 

– Toi aussi tu te maries

Puis comme à son habitude il a éclaté de rire.

Donc j’avançais au son de la musique qu’ils avaient choisis et je jetais des coups d’œil à mon cavalier. J’avais l’impression qu’il ne goûtait pas comme moi la chance qu’il avait d’être mon cavalier. Ce que j’ai su bien plus tard, c’est lorsqu’il a appris l’âge de sa cavalière il était en colère.

– A quinze ans et à notre époque on ne comprenait pas forcément tout, que lui avais-je fait?

Moi! Par contre j’étais enchanté.

Il était tellement beau et son costume lui allait à merveille. Brun des yeux d’un bleu où de suite j’ai eu envie de  m’y noyer, des dents éblouissantes de blancheur. Il avait comme tous les hommes une rose rouge à sa boutonnière. Il était bronzé, on aurait dit une vedette des années 60.

Une fois la cérémonie terminée il a cru bon de s’éloigner de moi, pourtant j’étais habillée avec beaucoup de charme, une robe bleue pâle comme les trois demoiselles d’honneur qui se mariait bien avec ses yeux bleus. Mes cheveux à la garçonne le dérangeait, pourtant j’avais mis un  chapeau, c’était une idée de la mariée, enfin je ne sais, toujours est-il qu’il s’est rapidement éloigné de moi. Puis, tout a changé, je ne sais ce qui s’est réellement passé.

Il faut dire que j’ai chanté pour ma cousine, à l’époque j’allais dans une chorale, mais pour le mariage de ma cousine j’avais révisé les chansons de l’époque, les chansons d’amour cela va de soi. De suite après la première chanson qui a eu un fort impact sur plusieurs personnes, il s’est approché de moi et m’a dit, je crois ma chère que nous n’avons pas été présenté et il a ajouté vous m’avez donné des frissons en chantant « Les vendanges de l’amour  » 

Tiens je me suis dit, j’existe toujours pour le bel aviateur, car mon nouveau cousin, le mari de ma cousine m’avait dit lors du cocktail qu’il était aviateur. Il avait plus de dix ans que moi, mais à 15 ans on est surtout fleur bleu et on ne pense pas à l’amour comme à 25 ans.

Il m’a enlacée pour une valse de folie, j’ai tournoyé, tournoyé dans ses deux bras puissants, quand on s’est arrêté j’ai vacillé, il m’a retenue,  soulevée du sol et emportée loin des regards. Et là, je ne sais qui des deux a osé le premier mais je pense que c’est lui, ses lèvres se sont emparé des miennes. Un baiser de cinéma, un baiser fou, puis à nouveau il a tourné les talons et m’a planté là.

J’ai attendu un moment, des minutes, une heure je ne sais plus, puis j’ai entendu que l’on me cherchait alors je suis revenue. La fête battait son plein je devais à nouveau chanter. Je me souviens que l’on me criait Adamo, Adamo ! l La première chanson qui m’est venue à l’esprit ce fut : vous permettez Monsieur, un peu par esprit de vengeance, un peu pour me moquer. Il ne m’a pas quitté des yeux, les autres entonnaient le refrain, lui non. Il me mangeait du regard. Puis la soirée s’est déroulée comme dans un rêve, il m’a tenu la main, m’a murmuré des folies à l’oreille, il m’a demandé toutes les danses. Le dernier slow s’est achevé brutalement, mes parents s’en allaient et il me fallait lui dire au revoir, adieu, je ne sais..Mais son dernier baiser a sonné pour moi comme un à bientôt.

 

Est-ce une histoire vécue? Un rêve inachevé? Le résumé d’un futur roman? Je ne sais pas, mais ce dont je suis certaine c’est qu’il fallait que je vous l’écrive….Peut-être un jour une suite sur mon autre blog ici

 

La Saga de l’été (chapitre 2 suite 3)

Lorsque Jean Charles quitte le commissariat, le jeune inspecteur le suit des yeux, il trouve cet homme voûté, triste et se dit qu’il doit penser qu’il est maudit voire pire. Que dire de ce deuxième enlèvement, qui 15 jours après n’a toujours rien donné, rien, pas une mince chance de trouver un indice, aucune des personnes interrogées ne peut expliquer ce qui s’est réellement passé, aucun indic a eu vent de cet enlèvement, le dossier est réduit à peau de chagrin. Mais cet après-midi il doit rencontrer la Belle Maud, la première femme de Jean-Charles, possible qu’elle en sache plus que son ex-mari. Ce serait-elle venger de lui ? Mais pourquoi, quand il la vue hier au cimetière elle semblait fort affecter par la disparition des deux enfants, elle semblait plus émue par le kidnapping du bébé, cela devait trop lui rappeler la disparition de sa petite Léa., enfin il en saurait plus car d’un instant à l’autre elle va rentrer dans son bureau.

Pendant ce temps Maud erre sans but dans les rues de Tours, personne ne peut la reconnaitre, elle a bien changé, elle a vieillie, même si son port de tête est resté élégant, elle n’est plus la jeune femme dévergondée qui avait pourtant fait une grande impression sur Jean-Charles. Il faut dire qu’à l’époque elle était seule, sans souteneur, puis une erreur de sa part, et cela avait été la dégringolade. Elle avait épousé Jean-Charles lors d’une cérémonie assez intime, Jean-Charles avait mis ses parents au courant que lors de la naissance d’Amaury qui était né cinq ans après leur mariage. Elle avait vite été mise de côté par le père et le frère de son ex-mari, seule sa maman, une femme effacée et douce lui avait tendue les bras. Du reste au moment de la disparition des enfants elle avait été la seule à ne pas la maudire, pour les trois autres hommes c’était entièrement de sa faute et depuis on l’avait chassé, elle allait dire répudié, oui c’était exactement ce qu’il lui était arrivé. Jetée comme une malpropre, personne pour l’aider, pour savoir où en était l’enquête. Ce jeune inspecteur lui a demandé à la sortie du cimetière de venir le voir avant de repartir pour le Mans, elle a acquiescé et là voilà devant la porte. Un planton lui répond que l’inspecteur l’attend dans son bureau et une jeune stagiaire l’accompagne au deuxième étage.

A son entrée l’inspecteur se lève et vient à sa rencontre, elle n’est en rien mêlée, enfin il l’espère à ce deuxième enlèvement, mais il a préféré la rencontrer, puis il a lu le dossier du premier enlèvement et il veut éclaircir quelques points. Qui sait se dit-il avec quelques questions bien posées il va peut-être un peu mieux comprendre ce qui s’est passé la première fois, il trouve que l’interrogatoire de la mère a été bâclé, elle parle d’un « maquereau », puis plus rien, ni son prénom, voire son nom, personne n’a suivis cette piste, étrange.

Dans un premier temps il l’observe, elle est belle, environ 40 ans, grande, élancée mais d’une tristesse à faire peur. Elle a mis pour la circonstance une robe noire assez courte mais cela lui va, dans les cheveux un foulard retient une chevelure qui doit être assez folle, de grandes boucles brunes. Ce foulard est d’un beau vert. Au cou un bijou, une alliance et un petit cœur. Il est certain que ce sont les photos de ces bébés, qui aujourd’hui ont 15 ans et 17 ans. Il a demandé au père des photos, il les a, il va expliquer à cette femme qu’il va les vieillir et les diffuser sur les journaux de la Région, sait-on jamais, mais pour l’instant il se doit de l’interroger.

  • Si je vous ai fait venir ce n’est pas pour parler de ce second enlèvement mais pour éclaircir le premier. A l’époque savez-vous pourquoi on ne vous a pas demandé le nom et le prénom de votre souteneur ?
  • Ils m’ont dit que dans ce milieu il n’allait pas s’encombrer de gamins et que la piste qu’ils avaient suivie n’avait rien donné.
  • Mais vous leur avez dit son nom ?
  • Oui, bien sûr, mais mon mari, enfin mon ex-mari ne voulait pas en entendre parler.
  • Ah je vois, et vous vous souvenez de son nom ou de son « pseudo », car parfois il ne donne pas leur vrai nom.
  • Oui, je le sais il s’appelait Marco
  • Marco ? Connaissez-vous son surnom ou son nom de famille ?
  • Oui
  • Et c’est ?
  • Marco Leif et son surnom c’est le Filou
  • Merci, vous êtes certaine de l’avoir dit à l’époque.
  • Maintenant que vous me le dîtes, je ne sais plus, j’en étais certaine, mais là , je ne sais pas, mon ex ne voulait pas que j’étale ma vie d’avant.
  • Et, si je puis me permettre, lorsque vous étiez marié est-ce que vous avez continue votre métier précédent.
  • Je n’étais plus prostituée, j’étais Escort- Girl pour des patrons qui venaient sur Paris. Je les accompagnais, enfin vous connaissez.
  • Oui, si l’on veut, mais je n’ai nullement besoin d’en savoir davantage, j’explore toutes les pistes de la première fois. Et, est-ce que vous vous rappelez si aux cours des dernières semaines il se serait pas passé quelques choses d’étranges que vous n’auriez jamais dit au moment ou qui vous est revenu longtemps après et qui vous fait penser que peut-être cela pourrait être en lien avec nos deux affaires.
  • Je ne sais pas, vous pensez à quoi ?
  • A tout et à rien, dîtes-moi tout ce dont vous vous souvenez, moi je me débrouille pour écarter ce qui n’est pas en rapport, mais dans l’état des choses, vu que nous n’avons jamais retrouvés vos enfants, j’espère qu’ils sont vivant et le moindre indice me sera profitable.

L’inspecteur a l’impression que Maud est affolée, lui cacherait-elle quelques choses ? Et quoi ? Il va falloir être vigilant mais surtout ferme, sans l’affoler car il pense qu’elle va rentrer dans sa coquille. Mais au même moment un coup discret à la porte le fait lever les yeux.

  • Excusez-moi Madame,
  • Entrez je vous prie, qu’est-ce que c’est ?
  • Mon Commandant nous avons reçu un avis concernant une jeune fille de 15 ans, elle a fugué ce matin et elle a été aperçue dans les rues piétonnes ce matin vers 11 h, aussi le Commissaire a demandé que je vous donne le signalement.
  • Elle a fugué d’où ? Les parents sont au courant, prévenez mii quand ils seront là.
  • Elle était en foyer vers Moulin, il pense qu’elle serait partis dans la nuit à bicyclette et a attrapé le premier car du matin qui se rend à la gare, mais le chauffeur dit qu’elle est descendue avant la ville.
  • Et à 11 h elle était à Tours, elle a dû trouver une voiture, bon donnez-moi son portrait.

Le jeune gardien passe la photo à son chef qui la pose devant ses yeux sur la table, puis à nouveau va pour interroger la jeune femme, mais elle la voit ouvrir la bouche et sangloter.

  • Que se passe-t-il , pourquoi pleurez-vous ?
  • Cette jeune fille qui a 15 ans l’âge de ma fille, cela me fait pleurer.
  • Ah je comprends dit l’inspecteur, tout en glissant entre deux feuilles le portrait de la jeune fille, bon reprenons, vous êtes bien certaines de ne rien me cacher et de m’avoir tout dit, car vous savez que si l’enquête était rouverte, je pourrais vous convoquer à nouveau, alors autant tout me dire, cela vous évitera de revenir sauf bien entendu si nous découvrons que les deux affaires sont liées.
  • Je ne sais si je peux vous le dire
  • Osez, cela peut nous aider, même une chose infime peut faire commencer ou continuer une enquête.
  • Lorsque j’ai eu ma fille je me suis arrêtée de travailler définitivement, car deux enfants cela me prenaient tout mon temps. Marco le fouineur
  • – Le fouineur ou le filou ?
  • En fait les deux, selon ce qu’ils faisaient ils changeaient, bref un vrai caméléon
  • Je vois, donc vous vous êtes arrêtés de travailler, il s’est passé quelques choses dont vous voulez m’informer ?
  • Oui ! Je lui devais une somme énorme, mon mari m’a dit s’en être occupé, puis quand nos enfants ont été enlevé, il m’a dit tu vas être obligé de retourner « tapiner » car tu n’as pas rendue la totalité de ta dette, si cela se trouve c’est lui et c’est la raison pour laquelle il nous a volé nos enfants. Et, le soir même il me déposait dans la rue ou il m’avait trouvé, en me disant de disparaître à tout jamais. C’est ma belle-mère qui m’a aidé et recueilli, sans elle, je pense que je serais retourné sur le trottoir.
  • Rien d’autre ?
  • Non, enfin oui, mon ex a le jour où il m’a ramené sur  Paris dans les lieux que je fréquentais 7 ans auparavant, il a reçu un courrier, je ne l’ai pas eu entre les mains, mais le parfum qui émanait de cette mystérieuse lettre était le même que celui de Marco.
  • Cette lettre n’est pas dans le dossier, je vous remercie Madame, vous n’avez pas de photos de vos enfants ?
  • Je n’ai que ce médaillon, mon ex ne m’a rien laissé.
  • Ce n’est pas grave, si l’enquête évolue et je vais tout faire pour que les deux enlèvements soient rapidement élucidés, je vous tiendrais au courant, vous pouvez repartir dans votre famille, essayez de ne plus penser, enfin si vous y arrivez. Bon courage Madame.

Maud partie, l’inspecteur ressort du dossier la photo de la jeune Sandie, disparue depuis ce matin mais signalée que maintenant soit plus de10 h après. Il fait diffuser sur les ondes et à la  télévision l’avis de recherche, puis il travaille à différents dossiers jusqu’à fort tard. Lorsqu’il quitte son bureau une idée lui trotte dans la tête, mais en cet état de l’enquête il ne veut point extrapoler. Demain matin il y aura une descente dans les milieux bien connus de la prostitution et ce simultanément sur, Paris où l’enquête sera diligenté par un de ses amis de promotion et en même temps sur Tours. Auparavant silence total.

Il presse le pas et regagne son petit studio, il va dormir quelques heures avant d’aller sur les lieux qu’il a noté dans son calepin ; ceux où il y a 15 ans était fréquenté par la belle Maud, ah mince mais quel était son nom ? Zut il se maudit il ne lui a pas demandé. Que faire l’appeler ? Ou retourner au boulot. Bon à ce degré de l’enquête ce n’est pas grave. Il avisera dans 4 h, pour l’instant il n’a qu’une envie c’est dormir. Lorsque son réveil sonne il lui semble s’être endormis seulement dix minutes avant, vite il avale rapidement un café et gagne le lieu de rendez-vous qu’il a donné à ses hommes. C’est dans un silence total qu’une dizaine d’hommes investissent un bar d’une rue mal famée de Tours et au même moment une autre brigade fait une descente dans un night-club de Paris.

Cette même nuit, non loin de là Théo et Sandie qui ont vu l’avis de recherche à la télévision ont tenu une réunion secrète, le grand-frère pousse sa sœur à aller se présenter au commissariat, mais elle ne le veut pas, il faut dire que plus têtue qu’elle cela ne doit pas exister. De guerre lasse ils sont allés se coucher, et, vers cinq heure trente Sandie s’est glissé hors de la chambre de bonne de son frère et s’en est allée.

A suivre

A suivre

La saga de l’été (chapitre 2 suite 2)

Si vos souvenirs s’estompent, voici où nous en étions resté :La tombe ? Quelle tombe ? Ils n’ont jamais été retrouvés !

 Mais il laisse sa phrase en suspend en voyant l’effet que ses paroles ont sur la jeune femme, il se tait, un grand silence s’intercale entre les mères d’un côté et la police de l’autre. Pourquoi 15 ans après ce premier drame ils se retrouvent dans cette maison pour constater l’enlèvement de deux autres enfants, même si il y a eu erreur sur l’un, il y a tout de même deux enfants à nouveau dans la nature. Qui sont les commanditaires et à qui on en veut ? Et pourquoi atteindre les gens avec l’enlèvement de petits innocents ? La bonne est seulement une amie d’étude de Serena, dans leur malheur ils peuvent se serrer les coudes mais 10 jours après l’enlèvement les indices sont plutôt maigres.Quelques heures plus tard, le papa est de retour de son voyage d’affaire, il est dans un état second en apprenant la nouvelle disparition dont il fait l’objet, son fils aîné, né de son mariage avec Selena a été enlevé, il est maudit. Dans son malheur on ne lui a pas enlevé sa fille, mais hélas l’amie de sa femme a subis le sort qui lui était infligé. Ni lui, ni les policiers ne comprennent l’acharnement dont il est la victime. Autrefois ils avaient mis le premier enlèvement sur le compte de Maud, sa première femme, ancienne prostituée, elle devait de l’argent à son souteneur, mais là, Serena n’a rien à voir avec cette sordide histoire. Alors ? Serait-ce lui qui était visé ? Mais par qui ? Et pourquoi ?  Aujourd’hui il est convoqué au commissariat, il va s’y rendre seul après avoir été s’incliner en compagnie de la mère de ses deux premiers enfants sur une tombe qui ne contient pas leurs corps, ils ignorent si ils sont mort ou vivant. Possible que l’enquête soit relancée, car les deux affaires sont liées, le jeune inspecteur en est convaincu. Il verra ce qu’il va lui dire cet après-midi.Maud est là dans l’encoignure de la porte du cimetière, elle attend son ex-mari, il se fait attendre, elle ne comprend pas pourquoi il n’est pas arrivé, lui, si ponctuel se fait désirer. Lui, s’est remarié, elle sa vie s’est arrêtée ce 25 juin 2000, jour où ses deux enfants ont été kidnappés. Des années d’enquêtes qui n’ont jamais aboutis, disparus à tout jamais. Depuis, elle a quitté cette ville et vit en recluse dans la petite maison attenante à celle de ses parents. Ah le voilà se dit-elle dans son for intérieur. Comme il est vouté, il lui semble encore plus triste que d’ordinaire. Machinalement il l’embrasse et soudain se met à sangloter. Maud ne comprends pas, aussi est-ce fébrile qu’elle lui demande :

  • Il y a du nouveau pour les enfants ?
  • Comment le sais-tu ?
  • Non ! Je te le demande
  • Parles-tu de nos enfants ou de ceux de Selena et moi.
  • Je ne comprends pas, que se passe-t-il ?
  • Mon fils a été kidnappé et la fille de notre bonne aussi.
  • Oh mon Dieu quelle horreur, encore, mais pourquoi ?
  • Nous ne le savons pas
  • Mais cela s’est passé quand donc ?
  • Il y a plus de 15 jours,
  • Mais tu ne m’en as rien dit
  • Je viens juste de l’apprendre
  • Oh ! Mais pourquoi te l’avoir caché
  • J’étais en déplacement.
  • Selena ne t’en avais rien dit
  • Voilà, c’est exactement cela, elle m’a joué la comédie plus de 10 jours, elle me passait la petite mais elle l’empêchait de me parler.
  • Mon pauvre ami, crois-tu que ce sont les mêmes ?
  • Tu penses à qui ? A ton ancien souteneur ?
  • On n’a jamais su, il a disparu de la circulation
  • Il se nommait comment, le sais-tu au moins ?
  • Oui
  • Alors accompagne-moi au commissariat et essayons de voir si les deux affaires ne sont pas liées.
  • Pourquoi le serait-elle, je ne connais même pas tes enfants, et moi tu m’as plutôt condamné il y a quinze ans que soutenus, je refuse de t’aider, je repars chez moi, si tu as du nouveau concernant nos enfants, préviens-moi

Maud s’en va en laissant un Jean Charles Paillet complétement désemparé, il se glisse en catimini dans le parc, vers le caveau familial ou il y a juste une ligne :

«  Ce 25 juin 2000 disparaissaient Amaury 2 ans et Léa 2 mois où qu’ils soient qu’ils dorment en paix »

Cette phrase c’est Maud qui a voulu la faire graver sur le tombeau familial. L’inspecteur avait l’air de l’ignorer lorsque Serena lui en a parlé, s’ils étaient vivants on aurait dû les retrouver. Jean Charles allonge le pas et rejoint sa voiture, une belle Lamborghini dernier cri et part en direction du commissariat.

A son arrivée l’inspecteur n’est pas là, mais une jeune stagiaire le fait entrer dans un petit bureau chargé d’une tonne de papiers, il lui propose un verre d’eau ou un café, il opte pour le café, il va en avoir besoin, il ignore tout ce que lui réserve le jeune diplômé fraichement sortis de son école d’officiers. Il se dit en catimini c’est un blanc bec, il va vouloir faire du zèle pourvu que ce ne soit pas au détriment des enfants. Il en est là de ses réflexions lorsqu’il voit rentrer le jeune inspecteur en cravate rouge, chemise blanche et complet veston noir. Avec la chaleur qu’il fait il est habillé comme un nabab, lui-même est en jeans et chemise noire ouverte sur rien. Mais bon il n’est pas là pour détailler et comparer leurs vêtements.

  • Bonjour Monsieur Paillet, j’aurais préféré vous voir en d’autres circonstances
  • J’aurais préféré que vous me disiez que vous aviez retrouvé Amaury et Léa, mais hélas j’ai mon second fils de kidnapper ; c’est un véritable cauchemar. Et, on n’a jamais su si les aînés étaient morts.
  • Sans les corps on n’est jamais sûr de rien

A ces mots Monsieur Paillet ne peut retenir ses larmes et le jeune inspecteur respecte ce père, mais il lui faut l’interroger pour savoir ce qu’il faisait, et, où il était ces dix derniers jours.

  • Avez-vous des ennemis ?
  • Non, je travaille pour une Société d’Import-Export, certes j’ai des fonctions importantes puisque je suis le Directeur de la branche Ouest, mais on ne fait pas des produits mettant en périls qui que ce soit. Nous travaillons dans la commercialisation de « tablettes nouvelle génération », cela nécessite aucune Société à nous espionner, ni qui que ce soit à faire des pressions en m’enlevant mes enfants pour que j’avoue je ne sais quoi..
  • Et, il y a 15 ans vous étiez dans la même Société ?
  • Oui, mais j’étais juste un cadre, là j’ai été promu il y a pas plus de 6 mois aux fonctions que j’occupe.
  • Je vois, en effet, mais votre première femme vous l’avez rencontré ou ?
  • Je n’ai jamais caché à l’inspecteur chargé du dossier que je l’avais rencontré dans un bar à striptease, je suis tombée éperdument amoureux d’elle. Seulement elle ne m’avait pas dit qu’elle avait un souteneur et qu’elle lui avait volé de l’argent.
  • Ah ! Mais je n’ai pas vu cela dans le dossier
  • Pourtant nous en avons parlé, mais la première enquête a été bâclé, et je pense, j’ai même la certitude que mes enfants sont vivants, mais je ne pourrais jamais les reconnaître, et comment me verront –ils, comment verront ils leur mère ?
  • Nous reviendrons au cours de notre discussion sur la première disparition, mais pour l’instant revenons sur ce que vous avez fait dans les jours qui ont précédé l’enlèvement. Etes-vous sortis, avez-vous rencontré des personnes que vous n’aviez jamais côtoyés, avez-vous donné des réceptions ? Avez-vous rencontrés des personnes de votre vie antérieure ?

Sous le feu incessant des questions Jean Charles ne sait où donner de la tête, il essaye de tout enregistrer mais ne répond à aucune question, il attend patiemment la fin de cette longue tirade.

  • Effectivement nous avons donné une réception juste avant mon départ pour Grenoble.
  • Ah ! Vous souvenez-vous de qui était présent ce soir-là ?
  • Oui, en partie mais ma femme a dû tout noter c’est elle qui a fait les cartons d’invitation
  • Je lui demanderais, mais est-ce que parmi vos invités il y en a qui connaissent votre vie antérieure. Le kidnapping de vos deux premiers enfants ?
  • Je ne sais pas si il y en avait, nous n’habitions pas sur Tours quand cela nous est arrivé.
  • Rencontrez-vous des gens de votre vie de villégiature, car cette maison c’est bien celle où vous passiez vos vacances avec votre première femme.
  • Oui, mais je ne sais si il y avait les « Morin »
  • Qui sont les Morin ?
  • Des amis d’enfance
  • Et ?
  • Je vous réponds, je ne sais ce que vous recherchez
  • J’essaye de faire le rapprochement entre les deux affaires
  • Et ?

Pour l’instant je ne puis rien vous dire de plus mais j’ai déjà une petite idée, je vais piocher dans ce sens et dîtes à votre femme de me donner la liste des invités à votre réception.

  • Au revoir Monsieur Paillet je vous tiendrais au courant, en attendant évitez de faire du bruit et n’allez pas donner des interviews à la presse ; cela desservirait mon enquête.
  • Ce n’est pas mon genre, ni celui de ma femme, déjà que j’aurais bien aimé la discrétion et bien c’est raté.
  • N’oubliez pas que la dernière fois c’est la discrétion qui ne nous a pas aidé.

A suivre

La saga de l’été (chapitre A suite 2)

Tout en calquant son pas dans celui de Sandie, notre homme réfléchit et se dit que la coïncidence est bien trop belle, sa meilleure gagneuse la belle Mado est la mère de cette gamine. Mais il avait pourtant donné des ordres à l’époque, qui ne les a pas suivis ? Qui lui a fait ça ? Alors qu’il est absorbé dans sa réflexion et qu’il marche tête baissée il ne voit pas la gamine s’engouffrer sous une porte cochère et lorsqu’il relève les yeux la rue est déserte. Il repart de quelques pas mais il lui faut se rendre à l’évidence il l’a perdue. Il furète de ci de là, mais la gamine s’est fondue dans le dédale des ruelles. Et pour la retrouver cela va être impossible. Mais, parfois le facteur chance permet de grandes choses, effectivement Sandie s’est trompée de bâtisse et elle ressort sous le nez de celui qu’elle avait nommé son ange gardien. Dès qu’il la voit, il fond sur elle et la récupère par le bras ; Sandie essaye de se dégager mais c’est peine perdue.

– Toi et moi nous devons discuter, pour l’instant je ne te veux pas de mal, mais si tu essayes de te sauver je ne donne pas cher de ta misérable peau

Sandie est affolée, mais elle ne doit pas le laisser paraître sinon c’est cet homme qui gagnera, que lui veux-t-il exactement ? Elle accepte de l’écouter mais refuse de monter dans sa voiture, cela ne l’arrange pas.

– Il faut que je t’explique quelques choses ma belle, tu as une dette envers moi, enfin c’est ta mère, mais vu qu’elle a disparue et que je t’ai c’est toi qui va payer

– Moi, mais je ne peux rien vous donner je suis trop jeune

– Jeune, justement c’est ce que recherche le client

– Le client, mais

– Allez je vais te montrer ce que tu feras au début, vu où tu te balades tu as dû depuis longtemps perdre ta virginité

Sandie est sous le choc des mots de cet homme et elle ne se rend pas compte qu’ils marchent et se sont rapprochés d’un bar assez sordide. Brutalement il la pousse et elle atterrit sur le carrelage fendillé du bar Sa jupe est relevée et laisse apparaître de belles jambes fuselées ce qui ne laisse pas indifférents les consommateurs. Plusieurs sifflent, et Sandie en pleurerait de s’être laissé manipuler par cet homme qui semblait si gentils il y a peu. Elle est relevée par un beau jeune homme qui la regarde d’un air triste. Elle est si mal qu’elle a envie de vomir, elle se retient mais brutalement elle vomi sur l’homme qui l’a poussé dans le bar. Tous se poussent mais c’est trop tard il a son costume blanc tout verdâtre. Il assène une gifle à Sandie et la pousse dans un couloir étroit, puis la fait entrer dans une chambre, ouvre une douche et la met dessous, elle se débat mais elle n’a pas le dessus. Il la laisse se laver et l’attend de l’autre côté avec une serviette de bain blanche. Mais la douche coule toujours et la gamine ne ressort pas. Marco, car c’est son prénom attend, il ne comprend pas pourquoi elle ne revient pas, elle doit être sérieusement malade, après tout elle lui a vomi dessus. Il jette un coup d’œil, la gamine est assise sous la douche toujours habillée et sanglote. Il la laisse un instant pour pouvoir se changer, son beau costume blanc est à jeter. Il l’abandonne dans une corbeille et interpelle une jeune femme de ménage pour qu’elle puisse récupérer son beau costume de « maquereau »

Pendant ce temps Sandie s’en veut de s’être mis dans un désastre pareil, mais elle aimerait tant savoir ce que sa mère doit à ce type, mais tout cela lui semble sordide. Elle doit s’en aller, tout d’abord, vérifier si l’homme est toujours de l’autre côté. Non il n’y est pas, la porte de la chambre a un verrou, elle le tourne, puis elle regarde de tout côté pour voir comment elle peut s’échapper, lorsqu’elle se retourne vers la fenêtre, elle se retrouve nez à nez avec le beau jeune homme du bar, il la contemple et la désire cela se lit sur son visage. Il faut dire que sa jupe ruisselle et est plaquée contre son corps, sans parler de son tee-shirt qui moule ses seins, c’est comme si elle était nue. Elle en pleure, et le jeune homme trouve la jeune fille pathétique, il s’approche d’elle mais elle recule, il lui tend la main en lui disant :

– N’ayez pas peur je ne vous ferai pas de mal

Sandie ne sait quoi en penser et continue de reculer vers la fenêtre, cette dernière est ouverte et donne en contrebas sur une petite terrasse, elle attend le moment propice car elle a peur de ce qui va se passer une fois l’autre homme revenu. Il lui faut sauter mais elle sait que sa jupe en séchant va lui entraver les jambes, il lui faut se dépêcher tant qu’elle est encore mouillée, mais rien ne sera gagné une fois en bas, elle ne sait même plus ou elle est. Au moment où elle va franchir la fenêtre, on entend des coups à la porte, le jeune homme fait signe à Sandie de se taire, et l’aide à franchir la fenêtre, il la suit, tous deux se retrouvent sur une terrasse, il la précède et descend les escaliers qui amènent directement au cuisine. Son doigt sur la bouche, il lui prend la main et la fait entrer dans de vieilles cuisines ou l’on sent la graisse chaude et rance, Sandie a un autre haut le cœur, mais rien ne franchit ses lèvres, ses vomissements se sont arrêtés. Le jeune lui explique qu’il travaille dans ce restaurant et que son chef ne va pas tarder, il lui indique un petit chemin et lui dit de s’en aller et de mettre plusieurs kilomètres entre elle et Marco. Si il se pointe dans la cuisine ce qui est probable, il fera en sorte de le retenir pour qu’elle est de l’avance, mais elle ne doit pas repasser devant l’entrée du bar, car il craint pour sa beauté. Avant qu’elle ne parte il lui fait un doux baiser à la commissure de ses lèvres mais n’insiste pas devant le regard qu’elle lui jette.

Dès que Sandie a franchi le seuil de la cuisine, elle ne sait plus où elle se trouve, elle n’ose pas demander son chemin, encore faudrait-il qu’elle croise une personne. La rue est déserte, il lui semble reconnaître l’impasse d’où elle vient de sortir. C’est celle qui mène dans la rue du bar qu’elle était venue chercher. Elle comprend que le bar existe toujours, et, que la chambre où elle s’est trouvé est bien une chambre de passe. Elle se met à trembler et court, vite, il lui faut retrouver la chambre de son frère, pourvu qu’il ne soit pas arrivé avant elle. Maintenant elle détient d’autres preuves de l’existence de sa mère, mais le tout est toujours entouré d’énigme, et, si elle dit ce qu’elle sait à son frère, il va en faire une histoire et il serait bien capable de la ramener à son foyer vitesse grand V. Et de cela elle ne le veut pas, elle veut avoir les coudées franches pour comprendre pourquoi sa mère Mado de son prénom l’a abandonné. Mais il lui faudrait un garde du corps pour pouvoir retourner dans ce quartier, car seule, elle passera à la casserole mais ce « Marco » ignore l’âge qu’elle a! Il est bientôt midi, les passants la regardent comme si elle s’était jetée tout habillé dans la piscine, il lui faut retrouver la rue et l’entrée où habite son frère, sinon il va être en colère. Après elle se changera, elle a emmené un short et un autre haut, mais elle a tout laissé dans la chambre de bonne, elle planquera ses vêtements mouillés et avisera de quelle manière elle les fera sécher. Enfin elle retrouve la rue et ses maisons à colombages, ce quartier est plus huppé que l’autre, elle se jure de bien faire attention si elle est obligée d’y retourner. Le jeune commis lui a laissé ses coordonnées téléphoniques, mais hélas elle n’a pas de portable, elle demandera à Théo de lui en trouver un, et, elle appellera le jeune homme, qui sait il pourra peut-être l’aider.

Lorsque Théo rentre dans sa chambre il est loin de se douter de ce que sa sœur a fait de tout son matin. Il voit bien qu’elle a les cheveux mouillés, mas il ne lui avait pas interdit de prendre une douche. Il espère seulement que personne n’a entendu l’eau couler. Il s’en rendra vite compte car on l’appelle avec le téléphone interne pour aller déjeuner. Il promet à sa sœur de lui remonter quelques choses pour qu’elle puisse, elle aussi déjeuner, mais elle lui dit qu’elle ne pourra rien avaler.

Rapidement Théo dévale les marches et retrouve sa mère d’accueil, mais cette dernière n’est pas seule, elle est avec sa sœur, la fameuse femme que Sandie a vu ce matin, il lui dit bonjour comme si rien ne laissait présager qu’il savait la raison de sa venue.

– Bonjour Théo, alors ma sœur me dit que tu as d’excellentes notes, j’en suis ravie, ce n’est pas le cas de ta sœur

– Bonjour, vous êtes venu pour organiser le séjour de Sandie

– Pas vraiment

– Ah ! Que se passe-t-il ?

– Ta sœur ne t’a pas donné ses temps ci des nouvelles.

– Non, depuis que vous nous avez séparé je n’ai plus le droit de communiquer avec elle, ce qui du reste doit influencer sur ses notes, moi c’est différent je suis un homme et je suis dans une famille aimante.

– Mais ta sœur est très bien où elle est !

– Non, un foyer avec des éducateurs n’aient pas le lieu idéal pour Sandie nous nous sommes jamais quitté, et elle doit subir plutôt que d’apprécier le fait que nous sommes séparés, je n’ai jamais compris la décision du juge pour enfants. Mais dans un mois je suis majeur et je compte bien lui demander la garde exclusive de Sandie.

Les deux femmes sont abasourdies par les propos du jeune homme. Ni l’une ni l’autre ne s’attendaient à cela. Ce jeune homme si bien rangé semble être fort en colère. Comme quoi même les eaux dormantes peuvent devenir torrent en furie.

– Nous en reparlerons, viens nous passons à table

Elles ne lui disent pas un mot sur la fugue de Sandie, possible que personne ne les ai encore avertis, cela lui donne du temps pour trouver une planque à sa sœur, car il n’est pas question qu’elle reste dans sa chambre, c’est le premier endroit où la police viendra mettre son nez, et, il n’a nulle envie que l’on lui en fasse subir quoi que ce soit. .Il mange du bout des lèvres, mais personne ne le remarque car il subtilise dans sa poche tout ce qui permettra à Sandie de grignoter, une tranche de pain, puis la moitié de sa côtelette, les légumes il doit y renoncer, c’est impossible, mais le fromage plié suit le même chemin, ainsi que la belle pêche. Il boit un verre d’eau, embrasse sa « Tatie » comme il l’appelle et dit au revoir à sa sœur, il prétexte qu’il doit réviser, et il rappelle à Tatie que son meilleur ami ne devrait pas tarder à le rejoindre et qu’elle soit lui ouvrir la porte cochère. Elle rit d’un rire juvénile, lui tapote les cheveux et lui promet qu’elle ne le laissera pas son copain attendre dans la rue.

Il remonte quatre à quatre les marches, Sandie dort, elle est si belle sa petite sœur, mais elle est fragile et à la fois capable de soulever des montagnes. Il met de côté la nourriture qui lui a apporté, il regarde ce que contient son placard, trouve un paquet de chips, il lui prépare une table et la laisse dormir. Il a très peu de choses à réviser, le bac commence dans deux jours, son copain par contre a besoin d’un coup de main en math, il lui a dit qu’il l’aiderait, du reste il l’a mis dans la confidence concernant sa petite sœur, et va lui demander une petit aide contre ses conseils en math.

Pendant ce temps Marco a piqué une colère contre le jeune commis et si le chef n’était pas intervenu il aurait pu lui démonter la tête comme il en avait l’intention. Mais ce dernier lui a fait comprendre que le gamin était terrorisé et que de cette manière il allait lui mettre la pression, son envie de bien faire allait disparaître, et mettre la puce à l’oreille du jeune ne servirait pas ses intérêts. Contre mauvaise fortune bon cœur, Marco s’est laissé convaincre mais il a décidé de ne pas relâcher la pression sur le commis, ce dernier a dû communiquer avec la gamine et, qui sait il le mènera peut-être directement vers elle.

La Saga de l’été ( chapitre A suite 1)

Finalement après avoir dormis plus de deux heures, Sandie a décidé d’aller se balader dans la rue et retrouver cet enseigne de bar qu’elle a gravé dans sa tête, elle a une mémoire d’éléphants quand cela l’arrange. Elle se souvient l’avoir lu la première fois sur les pages arrachées au journal de celle qui lui servait de grand-mère, cette Nanie, mais elle ne sait où cela va la conduire. Elle arpente depuis un bon moment les rues du vieux Tours, ici c’est un peu plus sordide, les hommes se retournent sur son passage, elle n’aime pas les regards qu’il lui lance. Mais elle veut savoir quelle raison à pousser sa Nanie a mentionné ce bar sur un dossier assez épais. Dommage qu’il n’ait pu le prendre dans sa totalité. Il a juste fallu que sa fille soit apparue le jour de la mort de sa mère. Il lui faut allonger le pas car depuis qu’elle a tourné dans la ruelle, il lui semble qu’un pas se calque sur le sien. Faut-il se retourner ou prendre ses jambes à son cou. Dans la panique qui s’en suit elle trébuche et de suite un homme lui prend le bras, la relève et la mange des yeux comme si il voyait une revenante.

– Vous êtes bien jeune pour vous trouver dans ses lieux, Mademoiselle !

– Seriez-vous mon ange gardien ?

– Ici je suis plutôt le diable !

– Il n’existe pas !

– Méfiez-vous, je pourrais vous le prouver, mais dîtes-moi plutôt ou vous pensez aller dans ce quartier.

– Je cherche la ruelle du Chat Botté

L’homme s’esclaffe et lui dit que cette rue ou ruelle n’existent pas.

– Ah me serais-je trompé ?

– Certainement

– Vous cherchez quoi au juste ?

– Un bar

– Lequel ?

– Je ne sais pas, j’ai lu son nom sur un papier de famille.

– De famille et bien votre famille fréquentait de mauvais endroit Mademoiselle ! Alors quel est son nom ?

– Je me souviens que du Chat Botté !

– Ce bar n’existe plus, c’était ni tout à fait un bar à strip-tease ni tout à fait un bordel, un genre de «super nightclubs» qui représentait l’envers malfamé de cette vie nocturne.

– Oh !

La pauvre Sandie se met à pleurer en entendant les propos que lui tient cet inconnu, qui la prend par la main et l’entraîne vers des rues plus animées. Il la fait asseoir à la terrasse d’un café bien connu des Tourangeaux et attend qu’elle se calme. Gentiment il lui tend un mouchoir, lui commande un Orangina et se prend une bière et attend patiemment qu’elle lui donne quelques explications. Encore un ou deux sanglots puis tout en s’essuyant les yeux et les joues, elle le remercie pour la boisson et raconte sa vie. Rapidement elle s’aperçoit qu’elle se résume à trois ou quatre lignes, puis elle lève les yeux et regarde cet homme, il est plus âgé que son frère, pire il pourrait être son père. Il la regarde intensément, que petit à petit Sandie se sent mal.

– Pourquoi vous me fixez ainsi ?

– Vous me faîtes penser à une femme

– Ah ! Et ?

– Je ne sais pas, mais vous avez cette expression qu’elle avait, mais c’est de l’histoire ancienne, personne ne l’a revue depuis son mariage ; je ne sais pas où elle est ? Pourquoi teniez-vous tant à aller dans ce bar.

– J’ai retrouvé des papiers de famille et, c’était noté dans une marge : M viendra payer sa dette au bar du chat Botté sinon….

– Alors vous êtes la fille de Mado ?

– Mado !

– Votre mère ne se prénomme pas Mado ?

– Je ne sais pas

– Comment ça, vous ne vivez plus avec elle ?

– J’ai vécu avec Nanie jusqu’à mes neuf ans

A ces mots, l’homme se lève brutalement et fait tomber sa chaise, il bredouille des mots sans suite, puis brutalement jette de la monnaie sur la table et prends le poignet de Sandie pour l’entraîner rapidement vers une belle voiture rouge qui brille de tous ses feux sous le soleil.

– Monte

– Pourquoi !

– Monte, je te dis et obéis moi !

– Je ne peux pas monter, mon frère m’attend

– Où est ton frère ?

Sandie lui montre un jeune homme à quelques pas, l’homme s’engouffre dans sa voiture en lui disant :

– Je te retrouverais.

Puis, il démarre sur les chapeaux de roue, laissant une Sandie tétanisée par la peur. Dans quelle galère s’est-elle mise et qui est cet homme qui semble avoir connu sa mère. Mais que va dire son frère, vite, il lui faut regagner le havre de paix qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Tout absorbé par ses problèmes elle ne voit pas la voiture rouge se garer, et l’homme qui la conduisait la suivre.

A suivre