Les korrigans m’ont pris mon cerveau!

Sur la lande passent les korrigans

ils laissent derrière eux les esprits malfaisant

donnant des idées aux chenapans

qui font peur aux enfants.

 

Dans les contes d’antan l’on parlait de princesses

on enjolivait la vie  par pure  maladresse

il y avait des mots à faire sourire, mais pleins de tendresse

laissons à nos petits retrouver la magie de la caresse.

 

Quand le mensonge rassure, la vérité nous broie

si les rêves sont perdus, à qui je le dois?

A vouloir espérer le soleil

on y perd son orgueil.

 

Dans les landes ou courent nos rêves d’enfants

chahutent les lutins nommés korrigans

ils emportent avec eux notre indifférence

pour qu’enfin s’allument les feux de notre espérance.

 

Retrouverons nous les ajoncs que nos cœurs dégustaient

en repoussant les épines qu »ils nous offraient.

Et jouant la caresse dans le vent frais

ils nous laisse s’en aller sans arrêt.

 

Dans la coupe nous buvons l’hydromel

la boisson des dieux qui temporise l’informel

et si je puise comme une légende au cœur du Graal

C’est que je sais que j’ai un bon mental.

 

 

janvier 2015 EvaJoe Copyright

 

 

Haïku en blanc

Pour le coucou du haïku sur FB de Marie-Alice, relayé par Lenaïg

 

 

 

 

cascade en montagne

un grand froid nous envahit

long panache blanc

 

jardin cotonneux

aucun pas sur la neige

mon chat blanc ronronne

 

ma page est blanche

plus de mots pour écrire

cerveau endormi

Histoire d'en dire deux mots!

Deux commères se rendaient au marché

Et en chemin elles devisaient

L’une reprochant à l’autre

Ses manières cavalières

De toujours faire attention aux mêmes

tout en négligeant les autres

La première tout en ricanant lui tint ses mots

Pauvre fille tu n’as donc que cela à faire que de m’espionner?

 

Fais ce que bon te semble

Mais attention nous sommes dans un village, et,  tout se sait.

L’autre ne dit mots.

Alors de guerre lasse l’autre commère tourne les talons

et s’en va  au loin.

 

Quelques jours plus tard alors que la seconde est à sa fenêtre

Quel ne fut pas sa surprise en voyant sa voisine 

remonter à pas menu la grand rue et se faufiler

chez la Jeanne  dîtes « grande goule »

Peuchère, elle nous fait quoi?

Attends je vais te mettre ton nez dans ton caca.

 

Sur ces entrefaites, elle croise sa comparse au marché du vendredi

toujours geignante et n’arrêtant pas de se plaindre

de ne pouvoir faire grand-chose pour aller voir toutes ses amies.

Notre deuxième commère se moque d’elle

et lui balance:

-« Allez arrête de te plaindre, je t’ai vu chez la Jeanne »

Ah non ce n’était pas moi!

 

Quand soudain surgit de je ne sais où apparaît la grande goule, notre Jeanne

qui lui tint ses mots assassins:

Merci pour cet après-midi comme nous avons bien rit.

La première commère ne sut comment réagir à cette infortune.

 

MORALITÉ

Il faut toujours s’en tenir à ce que l’on a décidé

Sinon tôt ou tard le passé nous rattrape.

 

Note de l’auteure:

 

Si vous voyez une quelconque ressemblance avec  une personne de votre connaissance, pensez bien qu’il  soit possible que j’ai décidé d’en parler de cette manière plutôt que de vous le cacher

 

Au cas où je me permet de rajouter cela..C’est au deuxième degré mais qui sait……

 

Au creux de la vague

Un vent iodé souffle sur la plage

Et  passe comme une image

Empreint  de grains de sable

et de  pluie  fouettant les imperméables.

En ciré jaune marchant sur le rivage

à la recherche de l’unique coquillage

où ils entendront les vagues en furie de leur Bretagne 

qui, pour eux restent malgré tout leur pays de cocagne.

 

Désertant les plages ou l’on grille sous le soleil

ils s’abandonnent dans  des criques aux eaux couleur bouteille

et glissent sur les vagues âpres déferlant sur le port

en faisant des voyages sans passeport.

Et lorsque aux soirs venus se creuse la marée

un brouillard de brume hisse une voile égarée

où sous le souffle d’Éole tangue sur la vague démontée

Des marins courageux  qui finissent par l’affronter.

 

 

Lorsque le murmure des vagues embrassent le ciel de traîne

les pêcheurs entendent au loin le chant des sirènes

ils voguent serein sous les flots cinglant

qui les caressent  en battant les rochers tel Satan.

 

C’est une mer sauvage qui monte et descends sous le ciel

en un clapotement le ressac est démentiel

et sous cette houle forte on entrevoit la terre

où  les femmes attendent leur homme dans un froid glaciaire.

 

EvaJoe Janvier 2015 (copyright)

 

(photos pris sur le web pour illustrer mon texte)

 

 

 

 

 

 

 

Laissez moi….

Laissez-moi ouvrir la porte et voler vers ces montagnes

Découvrir des sommets enneigés, des descentes vertigineuses

 

l’immaculée blancheur

qui se heurte à la noirceur .

 

C’était le jour, le jour d’avant

un matin gris, sans froid, mais à jamais maudit

Un jour comme on ne les aime pas,

un jour à oublier où le soleil parle de la lune

tant sa couleur est pâle.

 

Puis, une petite pluie se mêle aux larmes

sur les joues, les deux se confondent.

En se regardant dans la glace on se demande comment on tient encore debout.

 

Se raccrocher, tenir pour l’enfant, son enfant

Le monde peut s’arrêter de tourner

puisque notre vie s’est arrêtée.

 

Alors laissez-moi, oui laissez-moi

Pour les accompagner c’est moi qui doit être forte

Pour les pousser, les tenir, les étreindre.

 

En ce début d’année on se dit, Non! Je ne veux pas, ce n’est pas le moment, après, plus tard, où plutôt jamais.

Mais c’est déjà trop tard, le mal est là…Le mal est fort, mais il nous faut repousser au loin ce mal sournois

Ce mal qui, déjà gangrène sa vie.

 

Laissez-moi, au milieu de mes larmes encore voir son sourire

Entendre ses éclats de rire, la revoir , te revoir, vous revoir…

Heureux, tous ensemble cet été!

Ce n’est pas si loin, et pourtant avec ce crabe c’est déjà repoussé aux calanques Grecs…

Entre ta naissance et maintenant, 19 années ce sont écoulées.

Dix-neuf c’est trop peu!

 

Alors laissez-moi pensez à ces moments de joie et ensemble nous serons fort

Ensemble nous marchons sur les pentes enneigées.

Le souffle de la vie nous raccroche.

 

Aujourd’hui c’est une marche vertigineuse

sur cette arête rocheuse

Mais tu n’es pas seule, nous sommes tous là!

 

Ecrit pour la fille de nos amis qui ont appris le soir du réveillon et qui vient de se confirmer depuis avant hier qu’elle avait un cancer des os.