Ecoute

 

Ecoute, écoute, ils arrivent, sais-tu qui ils sont et surtout où ils vont. Ils portent sur leur dos des sacs si lourds que chacun de leurs pas leur coûtent.

Atteindront-ils le sommet de la montagne, voire même la ville au bout du chemin. Harassés de fatigue ils ne voient pas la longue route sinueuse, ils marchent d’un
pas lent et vont.

Là où ils étaient il n’y avait rien, sur leur dos leurs maigres bagages, dans leurs yeux il n’y a qu’un long désespoir.

Ici ou là un sanglot à peine réprimé, ils sont comme un troupeau se rendant à l’abattoir, de le dire me fait mal mais je le ressens ainsi. 

Pauvres gens, demain ce sera le tour de qui?

Ici ou là il y a la guerre, le chomage, la triste réalité de ne plus venir à bout du lendemain. Ceux-là n’ont rien, alors se faire voler en chemin n’apportera ni
aux voleurs, ni aux volés. Mais ensemble ils ont décidé de se serrer les coudes.

Et le soir à l’arrêt ils s’organisent pour qu’ils puissent prendre à tour de rôle un peu de repos pour que demain ils puissent recommencer à mettre un pas l’un
devant l’autre.

 

Ecoute, écoute le murmure du chant qui monte dans la nuit , c’est un chant d’espoir.

Le mirage de l'amour

Sur la chaleur de son corps

Ses doigts esquissent un pas de danse

Et cueille en son antre un froissement de larmes

Effaçant d’un baiser le soupçon de ses colères. 

En robe de satin et saupoudré de safran

Elle arpente des monts des vallées

En un équipage tiré par des chiens de traineaux

L’emmenant dans les méandres de l’amour. 

Dans le jardin d’Eden telle Eve la voici nue

Repoussant au front de cet homme une mèche rebelle

Afin de retrouver en lui cette force qu’elle recherche

Prêt à bondir elle retrouve sa grâce de félin. 

Ils échangent un regard et songe à leur plaisir

En oubliant leurs  nombreuses chimères

Ils se susurrent des mots d’amour en longues déferlantes

Et se sentent planer au-dessus de l’enfer. 

En écrasant d’un baiser sa bouche  il l’entraîne

Tel un fou chevauchant une licorne, il la fait sienne

Oubliant qu’hier encore elle lui était étrangère

Il lui offre un soupir et se lève titubant.

Après cette brève étreinte elle a un long frisson

Se retourne et s’endort sur cette couche. 

Abandonné par un soudard en mal d’amour

Elle se réveillera seule au petit matin.

Délayant ses larmes avec la pluie de l’aube

Rageant de s’être donné à cet inconnu.

 


Soupçon d'hiver

La ligne d’horizon est enlacée au brouillard

Seules les goutelettes pavoisent à nos yeux

telles des pierres étincellantes elles miroitent

dans une vieille vasque abandonnée.


Une belle truite froisse les eaux du canal

sous l’oeil goguenard d’un héron oublié

qui s’en saisis sans autre forme de procès

et la déguste devant un pecheur médusé.

 

Sur une branche subsiste une feuille

de belle couleur jaune elle s’accroche 

et espère l’arrivée du printemps

qui se joue d’elle et se fait fuyant.

 

Etonnant dans ce paysage elle joue la fille de l’air

car en ce matin la bourrasque est méchante

et l’on craint pour sa vie et la voir choir

rendraient triste celles qui ne sont plus que charpie.

 

Deux oies se dandinent le long des berges

inséparables elles avertissent d’une présence

ce sont les meilleurs gardiennes du cottage

ou blottis au chaud la famille attends les beaux jours. 

 

La patineuse

 

 

 

Tel un feu-follet elle glisse sur la glace

Portée par la foule, elle est acclamée

Hier encore une inconnue ignorée de tous

Elle est adulée et en haut de l’affiche

Elle virevolte et enchaîne les compétitions

 

Elle n’a pas le temps pour la moindre pause

Il faut apprendre la danse et patiner

Ce sont des heures d’entraînement

 Pour aller jusqu’à  la perfection

Des médailles, des coupes et beaucoup de larmes

C’est son lot quotidien pour avoir la meilleure place.

 

Un sourire sur ses lèvres carmin comme figé

Elle fait la une des magazines et préfère  l’ombre

Dans sa vie désormais tout est sombre

Alors qu’elle brille dans son costume de paillettes

Portée par la foule elle est seule quand vient la nuit.

Loin de sa famille elle s’étiole comme une fleur sans eau.

 

Sur la plus haute marche reçoit les honneurs

L’or elle a décroché sous les vivats de son pays

Comme une déesse elle a patiné porté par l’oiseau de feu.

Mais l’oisillon en ce jour est tombé et tout a basculé.

Adieu la gloire, médailles trophées et paillettes

La voici aveugle après une chute sur la tête.

 

Plongée dans la nuit des temps elle se laisse aller

Pense être abandonnée de tous et ne réagit plus

Pourtant son amour va l’aider à surgir du néant

Celui qu’elle avait délaissé car abruti par le travail

Il est là tous les jours et ne la laisse pas tomber

De saut en saut elle retrouve ses sensations.

 

Sur un lac gelé elle patine avec comme musique

Le murmure du vent dans les arbres et la cascade

Elle tombe une fois et recommence encore et encore

Puis son patinage redevient pur et elle est feuille sur glace

Tourbillonnant comme possédée par un feu intérieur

Glisse, patine sous les applaudissements d’une foule en liesse.

 

 

D’après une histoire vraie

 

 

 

Je revois

 

 

En fermant les yeux je revois ce passé si proche

ou enfant nous avons joué à colin maillard

dans la cour de récré de notre école

à chat perché ainsi qu’à la marelle

                                 
                                
marelle.jpg

je revois les sentes escarpés de notre montagne (GR7)

 

GR7.jpg


ses clairières et les trois dents

 

 


DSC 0065 R dents

ainsi que son point culminant au doux nom de perdrix

ses contrastes de couleur au soleil levant ou couchant

 

 

cret-de-la-perdrix.jpg          

                                 
                                            couchant.jpg

je revois les chirats au coeur
massif-pilat-chirats.jpg
 des sapins

 

 

et surtout je sens la bonne odeur du serpolet

que nous cueillons pour de bonnes tisanes

ce sont mes souvenirs et ils sont liés à mon pays.

 


fleur-comestible-fraiche-serpolet.jpg

Je revois la cascade du saut du Gier

sautant de chirats en chirats

grosses pierres roulant sous nos pas

attention à la chute , mais nous avions le pieds montagnard.


imagesjasserie

                                            
saut-du-gier-5


Je revois notre gourmandise quand naguère

nous cueillions les airelles en sous bois 

 

airelles-du-Pilat.jpg

ou à flanc de montagne au milieu de la bruyère.

 

 

       Merci   à link   
                                                       
                                                       
                                                       
                     bruyeres.jpg

Nos fous rires lorsque nous dormions à la Jasserie.

Le froid glacial qui nous réveillait et la fontaine

enrubannée de glace brillant de mille feux sous le soleil.

 

                             
                                                   
 
fontaine-et-glace.jpg

 


la-Jass.jpg

Je revois nos escapades et les prés fleuri de jonquilles

puis le repas pris dans la salle hors sac

avecc la bande de copains et copines.

 

 

jonquilles_a_la_jasserie.jpg

la joie de découvrir au loin le Mont Blanc

ainsi que le Rhône serpentant dans la vallée.    

 

Les photos non marqué sont de la station météo du Cret de l’Oeillon dans le parc Naturel Régional du Mont Pilat (Loire)

J‘ai remis le saut du gier et les trois dents ( déjà paru sur mon
blog)