Lumières dans la nuit/16

En revenant avec Mr la Baffe je vois que mon grand-père est en grande discussion avec mon frère. Je m’avance pour voir de quoi il s’agit.

Ah te voilà Xavier, je pensais rentrer sur Lyon mais je vois que dans le village il se passe de vilaines choses.

Mais grand-père profite de ta famille, nous sommes tous en vacances. Nicolas veut faire ta connaissance, tu ne vas pas parcourir Lyon.

Pour notre Père j’en ai parlé avec Damien je vais mettre sur sa voie mes amis de la gendarmerie. Ma promo va m’aider, bon ce sont les vacances mais beaucoup d’entre eux sont sur le pieds de guerre. Nulle besoin de te déplacer, tout se fait sur internet et par ordinateur. On va le retrouver je te le promet.

C’est ce que je disais à Pépé mais il est têtu

Et bien nous lui ressemblons, quand à vous chère tante je pense que vous êtes pareilles. Lorsque vous avez une idée ce doit être difficile de vous faire changer.

Ah voila autres choses, j’avais mon fils qui me disait : »Maman il n’y a pas plus têtue que toi, maintenant voilà que j’ai mes petits neveux. Quelle famille !

Mamie tu n’en changerais pas lui balance Claude qui nous a rejoints.

Toi aussi tu vas t’y mettre. Quelle famille ! Mais comme je l’aime.

Nous partons tous les trois rejoindre sur le parking les gendarmes, trois pompiers bénévoles et deux jeunes pères de famille en vacance dans le même camping que les jeunes. Une dizaine de vacanciers de notre village y compris les couples de Hollandais. Nos enfants et leurs copains. Je prends les choses en mains en voyant des gamins de douze ans et moins :

En dessous de 15 ans vous restez dans le village. C’est un ordre.

Le Capitaine Frémont me présente la directrice adjointe, une femme d’à peine 40 ans, mignonne mais qui doit se faire du souci pour Pedro Gonzalez. Nous convenons que pour l’instant nous n’aborderons pas les problèmes concernant l’équipe de direction. Nous allons monter rapidement sur zone. Et en haut selon la situation nous aviserons.

Pour les plus chevronnés nous passons par les rochers, les autres iront sur le chemin en pente et herbeux, bien plus long mais moins dangereux. Mes collègues gendarmes arriveront plus tard, mais ils vont prendre l’Eurocoptère qui sert au GIGN ou au RAID.

Au même moment je reçois un appel de mon bras droit. Ils se sont garés avec leur gros hélicoptère sur le terrain de foot et ils ont rejoint la caserne des pompiers. Deux véhicules vont les mener sur zones mais ils vont accéder par l’arrière du château. Du village nous ne pouvons pas y accéder de cette manière. Ce n’est pas accessible pour des gens non entraînés. Mais avec des cordes ils pourront monter. C’est l’élite de la gendarmerie, et je suis fier d’eux car ce sont mes hommes.

Nous attaquons le raidillon comme disait il y a déjà quinze jours mon petit cousin. Je suis à la hauteur de la directrice. Plutôt que de se dire Monsieur ou Madame je lui ai demandé son prenom. Elle se nomme Magalie, elle fait de l’escalade donc la cheminée avant le sommet ne lui fait pas peur. Et lorsque je lui dit qu’en partant du village situé de l’autre côté et aussi à l’abandon il y a un véritable lieu pour alpinistes, je la sens toute guillerette pour aller l’explorer.

Accompagnés par les pompiers bénévoles les deux gendarmes et les habitants du village qui connaissent la montée sur le château nous grimpons d’un bon pas. Personne ne parle nous ignorons si les jeunes gens sont encore vivant ou gravement blessés. Comment ont-ils supportés la nuit ? Et surtout est-ce que Sophie et les gamins du camp sont resté sur place. Quant au directeur s’il y est encore il va passer un sale quart d’heure. Car Magalie est fort en colère. Et pour mise en danger de la vie d’autrui il va aller en prison.

Tout en cheminant j’apprends qu’elle est arrivée hier au soir car certains jeunes s’étaient aperçu que la nuit le directeur s’absentait et comme c’était elle, qui, l’an passé était directrice de ce camp,ils avaient tout naturellement pensés qu’elle pourrait leur venir en aide. N’ayant pas pu joindre le directeur elle avait répondu à leur appel au secours.

Quand les gendarmes l’avaient interrogé, elle avait préféré leur répondre qu’elle était l’adjointe de Justin Marcq. Or ce n’était pas le cas. Elle était juste là pour remonter les bretelles du directeur. Mais à son arrivée la caravane de l’équipe encadrante était éteinte et fermée à clé.

A quelle heure êtes-vous arrivée ?

A 4 h du matin

Vous n’avez vu personne debout près des tentes ?

Malheureusement non

Donc Justin Marcq n’est pas revenu au camping. A-t-il son BAFD ?

Je ne sais pas, je suis professeur de français, jusqu’a l’an passé j’étais directrice en juillet sur le camps de Vallon mais cette année j’ai eu un gros différent avec le directeur et je suis partie en claquant la porte.

Le directeur a été viré il y a un mois . Vous parlez bien de celui de la MJC.

Tout-à-fait Xavier

Nous voici à hauteur de la cheminée Magalie passe très facilement, elle équipe avec corde, baudriers et mousquetons ceux qui se croyaient les meilleurs, mais finalement tout se passe à merveille et nous n’avons plus qu’une centaine de mètres à franchir lorsque nous voyons sortir une moto de la cour du château. Mais elle n’a pas le temps d’amorcer la descente qu’elle se couche sur le sol car sorti de nulle part elle est déséquilibrée par le lasso que Claude avait emporté.

Tout le monde applaudi et le capitaine se précipite vers le couple qui semblait fuir. Aidé par Damien qui lui en professionnel de la santé est allé voir s’il n’y avait pas de blessés, ils relèvent la moto.

Le couple est interloqué de voir tant de monde mais les questions pleuvent et l’homme nous dit qu’il est monté vers minuit. Mais je ne lui laisse pas le temps de me raconter des bobards. Je lui demande par quel endroit il est monté. Lorsqu’il me dit par là où vous êtes arrivés cela fait rire plusieurs personnes.

Mais bien sûr vous êtes les fous volants car il est impossible de venir en moto de ce côté, quant à l’autre chemin il y a eu un grave accident sensiblement à l’heure que vous me dites. Alors ? Dites-moi la vérité ?Puis si cela ne vous dérange pas, relevez votre visière et ôtez votre casque.

Ah et bien je vous connais, vous étiez avec le directeur du camp, vous magniez plus facilement la langue de bois que la dextérité à rester sur votre bécane.

La jeune fille sans que je ne lui demande rien a ôté son casque. Aussi j’appelle Magalie et lui demande :

Magalie dites-moi si vous connaissez cette jeune fille ?

Oui elle habite Vaulx-en-Velin, elle a 14 ans.

La gamine baisse la tête et ne dit rien. L’autre est un adulte de plus de 30 ans inconnu des campeurs. Par contre un des gendarmes à l’air de le reconnaître car il l’apostrophe en lui disant :

« Dans quel bazar es-tu venu te mettre, tu n’ as pas assez fait de conneries ces dernières années ? »

Je m’avance et fait état de mon autorité en attendant mon remplaçant qui ne devrait pas tarder.

Qui est ce jeune homme ?

Un délinquant notoire de Ruoms et à ces heures perdues un vendeur de drogue.

Que faites-vous avec cette jeune fille mineure ?

Il ne dit rien il est affalé dans l’herbe la tête baissée. Je vais m’adresser à la jeune fille au moins pour savoir si ce type ne l’a pas contraint à des sévices ou attouchements.

Mademoiselle étiez-vous consentantes et avez-vous à vous plaindre de Monsieur Roger Pelan ?

Pour toutes réponses elle se met à pleurer. Je la laisse avec un gendarme, Claude accepte de rester en attendant mes collegues. Ils ne vont pas pouvoir s’enfuir, tout le site va être envahi de force de l’ordre. La police d’Annonay va elle aussi arriver.

Quant à nous, il va falloir réfléchir à la meilleure façon d’être efficace. Nous attendons d’avoir l’ensemble des effectifs. Ceux qui arrivent par le chemin, les pompiers d’Annonay, mon groupe de gendarmes, les vacanciers des différents lieux, les jeunes. Tout ce petit monde va être briffé par mon adjoint qui commande actuellement vu que je suis en convalescence.

Magalie semble contrariée et fort anxieuse, elle me fait part de ses craintes :

Je pense Xavier que la jeune Priscillia est sous la coupe de ce type, était-elle consentante au départ, je ne sais mais cet homme a dû abuser de son autorité sur elle. Elle avait la tête des jeunes que je côtoie dans mon association.

Association qui s’occupe des mineures abusées sexuellement ?

Oui garçons et filles.

Oui, j’ai vu ces grands yeux apeurés, au départ j’ai mis ça sur le compte de la peur des gendarmes mais lorsque j’ai évoqué les attouchements elle s’est mise à pleurer.

Ma radio est sur la fréquence des pompiers et j’entends que leur hélicoptère est en approche, ils vont descendre assez bas, je conseille à tous ceux qui s’approchent de la cour de se dissimuler pour éviter un nouveau drame avec les pales de l’hélicoptère.

A suivre…

Lumières dans la nuit /15

Je n’ai pas écouté la réponse du Capitaine, plus tard j’apprendrai qu’il n’avait pas apprécié mais en bon serviteur de l’Etat il m’avait obéi.

Et c’était les animateurs qui lui avait montré l’exemple, tous les jeunes avaient accepté de donner un coup de main et préféraient venir au village afin d’offrir leur service pour leurs copains. La rivière n’allait pas se vider avait dit la Directrice adjointe, une femme d’une quarantaine d’années.

Et devant l’adversité il faut se serrer les coudes. Aidés par quelques jeunes ils avaient préparé des sandwichs, du café et apporter des bouteilles d’eau. Ils sont arrivé sur le coup des 7 h 30. Avec les adultes du village et les gamins, nous étions pas loin d’une trentaine. C’était plus qu’il n’en fallait, mais toutes les bonnes volontés étaient acceptés.

Par contre le père de Sophie ne décolèrait pas, sa fille n’était pas rentrée de la nuit. Et après lui avoir dit qu’il était probable qu’elle soit au château, Monsieur la baffe était devenu rouge de colère et nous avait laissé en plan.

J’etais retourné le chercher et je m’étais retenu de lui filer mon pieds où je me pense. Je lui avait fait la leçon et fait comprendre que plus vite nous aurions récupéré les jeunes plus vite nous pourrions retourner à nos occupations. Sauf …

Sauf quoi ?

A votre avis ?

Vous allez mettre ma fille en garde-à-vue

Cela va dépendre de ce qu’elle a pu faire. Toutefois une enquête va être ouverte, c’est obligatoire, un des gamins est dans le coma.

J’ignorais

Est-ce que votre fille fréquente un des jeunes du camping.

Ils font du canoé-kayak ?

Oui, et ?

L’an passé elle fréquentait un jeune de son âge

Vous connaissez son nom ?

Son prénom mais pas son nom de famille

Il est de la banlieue Lyonnaise ?

Je ne sais pas, en fait je sais peu de choses, juste qu’il s’appelait Al et qu’il était directeur adjoint.

Votre fille à quel âge cette année ? Un surnom, cela ne va pas nous aider.

Elle m’avait dit que c’était un gamin de son âge.

Vous n’avez jamais mis vos enfants en colonie ou en camp ?

Non ! Pourquoi ?

Pour être directeur il faut avoir un diplôme appelé BAFD et auparavant il a dû passer un BAFA et on ne le passe qu’à partir de 17 ans. Donc votre fille mineur sortait plus ou moins avec un adulte. Vous devriez faire attention à ses fréquentations.

Oui je vous remercie

Et votre fils il ne vient pas, ne me dites pas qu’il court après les filles de Vaulx-en-Velin.

Non, il préfère rester sur le village avec le fils de votre cousin.

Il est tôt, il dort

Non il est parti avant-hier chez sa mère, elle me le ramène vers 9 h. Je vais monter avec vous et j’attendrais son appel si nous ne sommes pas revenu.

Est-ce que vous savez ce qu’il se passe ?

Je sais juste qu’il y a eu un éboulement, mais je ne vois pas à quel endroit ? Est-ce une maison ?

Pourquoi m’avoir dit : »je vais monter avec vous ».

Mr La Baffe semble gêner, me cacherait-il quelques choses ?

Excusez-moi ? Vous êtes chargé de l’enquête ? Vous êtes de la police ou de la gendarmerie ?

Officieusement oui, je suis Commandant de gendarmerie en charge de la Région Auvergne Rhône Alpes et ce sont mes hommes qui vont arriver d’ici une petite heure. Actuellement je suis en convalescence. Mais je sais mener une enquête et surtout j’ai des antennes lorsque l’on essaye de me l’a jouer. Et c’est votre cas.

A suivre…

Lumières dans la nuit /14

J’ai eu une nuit agitée entre ma belle-sœur qui se faisait du souci pour mon frère. Mon fils pour son petit frère. J’ai d’abord dû calmer tout ce petit monde. Puis Damien est arrivé.

Il tenait le père des deux gamins d’assez près. Le pauvre type s’est effondré sur une chaise. Il sanglotait, se faisant un sang d’encre pour son gamin. Je lui ai donné un remontant, je n’ai trouvé que du génépi façon pépé. Le gars s’est enfilé le verre et s’est affalé sur la table, groggy. A moins qu’il n’en était pas à son premier verre.

Damien et moi nous l’avons allongé sur un lit de camp et il ronfle. A notre tour de rejoindre nos lits, il est quatre heures du matin . Dans quatre heures il nous faudra être sur le pont.

Mais hélas rien n’allait se passer comme prévu. Moins d’une heure plus tard on balançait des cailloux dans la chambre. Ne voulant pas réveiller Julien, je prend ma lampe torche et j’aperçois Claude en contrebas. Je descends par la fenêtre car mon cousin m’avait montré les aspérités permettant à mon père de s’évader lorsqu’il passait ses vacances ici.

Que se passe-t-il ?

Toto a vidé son sac…

Je suppose qu’il t’as dit que le gars qui portait la civière était le directeur du camps.

Comment le sais-tu ?

C’est mon copain de Lyon celui qui me remplace qui m’a envoyé une photo.

D’accord, mais tu ne sais pas tout.

Le pire est à venir ?

Oui, il y en a deux qui se sont égaré dans les souterrains. Une fille et un gars. Il y a eu un éboulement.

Fichtre , c’est sans doute la raison qui les ont poussés à nous fausser compagnie. Mais à mains nues ils ne vont pas y arriver.

Ils auront besoin d’une aide extérieure.

Et que faisait ces deux gosses sur cette bécane ?

C’était un bizutage

A vive allure sans casque en pleine nuit, sans lumières sur un chemin qui descend truffé de rochers et autres pierres qui menacent de tomber à tout instant. Ils sont malades ces adultes. Mais où ont-ils eu leur BAFD ?

Leur BAFD je ne sais pas ce que c’est ?

C’est le diplôme qui leur permet d’être directeur d’un camp ou d’une colo, encore faut-il qu’ils aient une excellente formation faites par des professionnels. Le fils d’un copain l’a faite via l’Education populaire. Ils ont plusieurs organismes adhérents.

Tiens je pense que mon gamin serait intéressé. Il y a un âge

Oui 17 ans, il faut d’abord être animateurs. Il passera un BAFA ( brevet d’aptitude à la formation d’animateur) c’est en deux parties. Par contre pour en revenir à Antonio et Pedro ils auraient pu refuser de descendre en pleine nuit.

C’est la peur au ventre que Toto est descendu, il a supplié le type à qui appartenait la moto de lui prêter un casque, il a rigolé et ajouté  » je pensais que tu voulais entre chef de gang, ce n’est pas en faisant ton bébé que tu vas y arriver ».

Donc pour ne pas être une poule mouillée, il a exécuté les ordres de ce type. Je pense que Toto le connaît. Mais ils auraient pu faire mine de descendre et planquer la moto. Ils ont bien dû traverser le village en montant.

Son frère avait peur car le directeur lui avait montré un cachot et l’avait menacé de le laisser enfermer.

Des fous, des êtres immoraux, ils sont bons pour croupir en prison.

Je suis bien d’accord avec toi

Mais ça change tout, il ne faut pas attendre, les gendarmes pensaient entrer dans une heure au camping. Il faut qu’ils interviennent immédiatement. En même temps nous devons rappeler les pompiers afin qu’ils prennent en charge et qu’ils recherchent ceux enfermés dans le souterrain.

Ces cons vont nous pourrir nos vacances. Et surtout ils ont la responsabilité de gamins de 13 à 17 ans et ils les mettent en danger, ce ne sont pas des jeunes gens formés. Les parents confient leurs enfants, contents qu’ils prennent des vacances et là ils vont se sentir trompés et trahis.

Dès 7 h je vais réveiller le directeur de l’autre camp.

Ils sont plus jeunes les gamins ?

Justement si c’est les mêmes irresponsables ça risque de tourner au vinaigre. Quitte à aller les chercher …

Je te comprends

Mais les gamins eux ne comprendront pas que nous les ramenions dans la cité. Les vacances pour la plupart des jeunes c’est une première fois sans trop de contraintes, ils font la cuisine, ils se débrouillent, puis le sport c’est agreable, ça les changent de la cité avec ses bagarres, là – bas il y a une discipline sportive. De l’entraide aussi et ils doivent être fair-play. Leurs conditions de vie sont dures en famille.

Souvent l’hiver ils partent faire du ski à Chamrousse, Julien y est allé aux vacances de février. Les moniteurs étaient extra, il en a gardé un bon souvenir.

Et cet été c’est le plus jeune qui est parti.

Oui il voulait faire de la voile, je pensais les emmener mais je me sentais pas encore prêt pour partir en vacances sans ma femme…

Mais tu aurais pu trouver un autre camp voile que de le laisser partir avec cette MJC et comme j’en ai l’impression avec des gosses de la cité.

C’est pour lui apprendre que tout le monde n’a pas la même vie. Et il va toucher du doigt que lui a de la chance. Cela va lui permettre de se confronter avec moins nantis que lui. Et ça lui forge son caractère. Puis les enfants de mes beaux-parents enfin la famille d’accueil allaient au camp voile, Nicolas a demandé à sa Mamounette d’intercéder auprès de moi. J’ai donné mon accord. On paye plein tarif, Toto je pense que ses parents ont des chèques vacances données par la CAF.

Remarque si tout se passe bien je trouve que c’est une bonne manière pour le vivre ensemble.

Toutes les années les enfants qui sont chez la famille d’accueil partent en camp ou en colonie. Il n’y a jamais eu de problèmes. Cette année j’ai l’impression que tout est compliquée.

Fais en pas une fixette, ce n’est pas obligatoire que dans le camp de Nicolas il y ait des animateurs véreux. On fait quoi ?

Je vais appeler le capitaine Frémont et lui raconter ce que t’a confié le gamin, s’il a des doutes je lui dirai ce que j’ai appris grâce à mon collègue et ami de Sathonay. De plus nous avons autorité sur les gendarmes d’Auvergne Rhône-Alpes.

Et bien Xavier qu’attendons-nous ? On fonce.

Non, je leur téléphone

Commandant Xavier Denis je voudrais parler au Capitaine Frémont

Je vous le passe mon Commandant

Capitaine Frémont je vous écoute

Nous sommes détenteur d’une double information, la première c’est que le directeur du camp canoë kayak était au château, c’est l’instigateur de ce bizutage fou qui a causé l’accident du dénommé Pedro âgé de 15 ans. D’autres parts il a exposé deux autres ados, un garçon et une fille en les laissant parcourir les souterrains du château. Il y aurait eu un éboulement selon le jeune Antonio dit Toto. Je viens d’appeler les pompiers d’Annonay, ils viennent avec un hélicoptère, ils se poseront dans la cour du château, c’est possible. Par contre ils auront besoin de bras, de maçons pour étayer la partie non éboulée. Ainsi que de terrassiers Ici nous avons des vacanciers, je vais aller frapper aux portes pour nous faire aider.

Mon Commandant, nous sommes au camping, le directeur a disparu à moins qu’il ne soit pas rentré. Nous avons trouvé une directrice adjointe, trois animatrices et deux animateurs, ils semblent dépasser par les évènements. Vous avez vu le deuxième individu j’ai pris en photo les deux jeunes gens, dites-moi si vous en reconnaissez un.

Envoyez-moi les photos. Il y a combien de jeunes ?

Les animatrices disent qu’ils manquent deux filles et cinq garçons.

Si nous éliminons la fille et le garçon dans le souterrain plus les frères Gonzalez, ils manquent à l’appel une jeune fille et deux jeunes gens. Où peuvent-ils bien être ? Connaissent-ils les âges de ce petit monde hormis les deux frères.

Les jeunes filles ont respectivement 14 et 15 ans, les trois jeunes garçons ont tous 17 ans dont un qui seraient amoureux de la jeune de 15 ans selon ses compagnons de tente.

Et bien j’espère qu’en plus nous n’aurons pas un viol.

Mon Commandant nous y avons pensé ainsi que les animatrices.

Votre effectif est de combien ?

Trois mon Commandant

Bon je vais faire appel à mon équipe de Sathonay. Nous avons des spéléologues, alpinistes et toute une équipe ayant des chiens qui savent retrouver des personnes vivantes dans les tremblements de terre. Je sais qu’à Annonay ils en ont pas.

Tout en continuant à vous parler mes hommes se sont préparé. Nous arrivons.

Mon cousin est déjà parti réquisitionné des estivants. J’espère en trouver une dizaine. Les pompiers ne pourront pas nous aider il y a un pilote, un médecin et une infirmière. Si dans vos animateurs vous avez des volontaires amenez-les, voir même les jeunes les plus âgés.

Le probleme mon Commandant c’est que ce matin ils ont une sortie canoé-kayak.

C’est un ordre Capitaine !

A suivre…

Lumieres dans la nuit /13

Les pompiers demandent qui va accompagner le jeune mineur et surtout si ses parents sont avertis. Toto nous dit être en vacances à Vallon-pont-d’arc avec un camp d’une cité de Lyon. De suite Damien et Xavier se regardent et trouvent que la coïncidence est un peu trop énorme.

De Lyon, vous êtes partis quel jour ? Et avec quel organisme ?

La MJC

De Vaulx-en-Velin ?

Oui , pourquoi vous connaissez ?

Effectivement nos enfants sont partis à un camp de voile en fin d’après-midi.

Ah oui je sais à Serre-Ponçon ? Ma soeur y est.

Hum donc il faut appeler vos parents, vos animateurs étaient-ils avec vous au château ?

Non !

Qui était-ce ?

Des gars du camping

Pendant que j’interroge Toto , les pompiers sont partis sur l’hôpital de Ruoms, accompagné par Damien en sa qualité de chirurgien orthopédique. Toto a peur de son père et n’ose lui téléphoner.

Mon père se saigne aux quatre veines pour nous permettre de partir en vacances, je vais m’en ramasser une.

Donne-moi leur numéro et ne t’inquiètes pas.

J’ai entendu ce que vous a dit le gendarme, vous êtes Commandant

Oui près de Lyon

Ah ! Ok

Bon il vient ce numéro

06 .. 24..42

Allo

Oui c’est quoi vous avez vu l’heure

Monsieur calmez-vous je suis Commandant de gendarmerie actuellement en vacance près de Vallon-pont-d’arc et j’ai été témoin de l’accident survenu à votre plus jeune fils.

S’il vous plaît calmez votre femme. Ça ne sert à rien, et surtout je ne vous entend plus.

Je met le haut-parleur

Oui, est-ce que vous pouvez venir d’ici demain matin, et me donner auparavant l’autorisation par écrit sur votre portable de permettre au chirurgien d’opérer votre fils. Car je ne vais pas aller récupérer le papier que vous avez dû signer avant que vos enfants partent auprès du directeur.

Je n’ai rien signé

Et bien vous auriez dû en signer une. Bon envoyez-la moi directement sur mon portable.

Je ne sais pas écrire, ma femme va le faire mais dites-lui les termes.

Je vous dicte l’autorisation. Écoutez moi :

 » Je soussigné  » nom et prénom » autorise le chirurgien à pratiquer sur mon fils Pedro âgé de 15 ans toute opération jugé nécessaire. Vous mettez votre nom en bas. Vous dites à votre femme d’en refaire une sur papier et vous la signer tous les deux. Vous la remettrez au service. »

Qui va opérer mon fils et pourquoi vous l’opérer ? Qu’est-ce qu’il a ?

Une jambe cassée

Et une opération ? Je ne comprends pas

Je ne suis pas médecin je ne peux pas vous donnez une information qui serait érroné.

M…e !

Calmez-vous Monsieur Gonzalez, c’est certainement mon frère qui va opérer votre fils. Je lui communiquerais votre autorisation dès qu’ils seront à l’hôpital de Ruoms.

… « Monsieur Gonzalez hurle et insulte sa femme et surtout son fils Antonio. » Je comprend que le gamin soit tétanisé.

Oui je comprends ne vous inquiétez pas, il est, je vous le répète entre de bonnes mains.

Allez doucement pour venir, mais sachez que demain matin est largement suffisant, mais je comprends que votre femme soit angoissée.

….

Vous voulez que je prévienne les animateurs, aucun problème je m’en charge. Nous vous expliquerons l’accident dès demain. Là il est tard, nous allons garder Toto et dès que vous êtes arrivé rappelez ce numéro.

Oui à n’importe quelle heure !

Allez dormir, vous serez plus en forme demain matin.

Je veux parler à Toto

Non votre fils aîné est avec mon cousin, il est allé dormir chez eux, il est assez secoué. Bonsoir Mr Gonzalez.

Les gendarmes qui attendaient la fin de la conversation s’approchent et leur capitaine me remercie. Ils ont décidé de ne pas se rendre au camping de suite. Mais ils vont rester en faction devant le camping et des demain 6 h ils iront réveiller le directeur. A moins qu’ils aient signalé la disparition des gamins, mais il n’y a personne en ce moment de garde, et nous n’avons pas reçu d’appels téléphoniques.

On se tient au courant Capitaine

Bonne nuit mon Commandant et jamais je n’aurais penser vous retrouvez dans ses circonstances.

Nous nous connaissons ?

Oui, j’étais sur Lyon lors de l’arrestation des dealers de la Duchère. J’etais détaché car sur Annonay un des gars arrêtés un mois avant était de Lyon.

Je me souviens, vous êtes le Capitaine Frémont. Et bien vous voilà face à une énigme. Qui sont ces jeunes et moins jeunes qui squattent notre château ? Je veux bien vous filer un coup de main vu que je suis chez moi.

Chez vous ?

Ce serait trop long à vous expliquez, j’aimerais bien aller me reposer.

Excusez-moi Mon Commandant, par contre nous avons perdu la trace des deux vieux enfin plus âgés que ces deux gamins.

Si ce sont les animateurs je me fais du souci pour mon fils car il est en vacances sur un autre camp…

La MJC de Vaulx-en-Velin vient toutes les années au cours des deux mois d’été faire des camps. Nous n’avons jamais eu de soucis.

Et bien à demain

Enfin je peux me coucher, il est deux heures du matin. Je met mon téléphone sur vibreur, je ne veux pas réveiller toute la maisonnée.

Damien me rappelle vers trois heure du matin pour me dire que le jeune Pedro est dans le coma. Son pronostic vital est engagé. Il le laisse à la surveillance de l’hôpital. Si son état le permet il devrait le transporter sur Lyon à Édouard Herriot.

En plus il y a les parents qui ont débarqué en pleine nuit. La femme était hystérique, il a fallu lui faire une piqûre pour la calmer. Le père est presque dangereux car il veut s’en prendre à l’aîné et lui donner une volée de bois vert. Mais il est dans le 4×4 et ne dit rien. Je lui ai conseillé de laisser sa voiture sur le parking de l’hôpital. Je le descendrais plus tard.

Tu le ramènes dans le village ? Tu vas devoir gérer le père et éviter qu’il s’en prenne à son fils. Je pense que ce mome a été manipulé par les adultes. Nous en saurons mieux demain. Enfin dans quelques heures.

Et bien Damien nos vacances commencent à 100 à l’heure.

Ce ne serait pas si grave je ne m’en plaindrait pas, mais il va falloir que l’on retrouve les deux vieux. As-tu une idée ?

Tu as pensé à une connaissance ?

Si tu veux dire qu’ils seraient animateurs à la MJC c’est fort inquiétant. J’ai téléphoné au directeur mais son numéro n’est pas attribué. Tu le crois toi ?

C’est grave, après le directeur de la MJC tu as les numéros de ceux du camp de Serre-Ponçon comme moi, je suppose.

Oui

Ton fils ne fait pas une activité spéciale pendant l’année ?

Il fait de l’escalade et du VTT, toi ce doit être pareil.

Bon oui mais je n’ai pas les numéros de tous les responsables d’activité. J’ai laissé gérer cette année par la famille d’accueil de Julie. Par contre j’ai prévenu mon bras droit sur Sathonay (Rhône) et à l’heure qu’il est le directeur doit être dans nos locaux. C’est sûrement la raison pour laquelle il ne te répondait pas.

Tu n’as pas bien entendu Xavier, le numéro que nous avons eu, donné par la MJC au cas où un évènement grave intervienne n’est pas attribué.

Viens on en reparlera plus tard. J’ai un double appel.

Je raccroche rapidement, c’est mon bras droit et ami qui va me donner des nouvelles.

Xavier, nous avons dans nos locaux le directeur, il n’était pas bavard, mais après l’avoir menacé de mettre à sac son appartement, il s’est mis à table.

Et qu’as-tu appris ?

Il vient juste de prendre ses fonctions, l’autre directeur a démissionné suite à je ne sais quelles malversation.

Démissionner quand donc ?

Il y a un mois

Pour Vallon-pont-d’arc est-ce que tu connais le nom du directeur de camp, et aussi as tu une description ?

Mieux j’ai sa photo

Envoie

Pu….e c’est un des gars qui a mis les voiles

Tu en est certain ?

Oui à 100 pour cent.

Et bien c’est grave. Tu reprends du service où tu laisses gérer par les gendarmes du coin.

Je verrais mais pour l’instant je veux retrouver ce type qui a entraîner certains gamins dans ce château. Nous sommes le 5 juillet, quatre jours de camps et déjà un coup fourré à conséquences graves.

A suivre…

Lumieres dans la nuit/12

Nous scrutons le château qui se dessine sur le ciel car ce soir c’est la pleine lune et elle est juste au-dessus du donjon.

Tu as rêvé Claude il n’y a personne, ni humains ni…

Juste au moment où je vais pour terminer ma phrase nous voyons une lampe torche qui s’allume une fois puis s’arrête et fait plusieurs appels sans que je puisse déterminer ce qu’ils se disent. Ce sont des jeux de lumière, ils doivent en connaître la signification. Est-ce un jeu? D’où viennent -ils ?

Nous nous concertons et décidons d’avancer. Si ce sont des vacanciers nous les mettrons en garde. Mais auparavant nous ne devons pas faire d’impair et nous assurer que ce sont juste une bande de copains en mal de sensations fortes. Nous décidons d’avancer sans bruit.

Nous voilà à hauteur du ruisseau, c’est à ce moment là que nous entendons un bruit de moteur. Une moto descend la pente. Claude nous pousse sur le côté dans les genêts. Mais l’engin n’a pas le temps de passer à notre hauteur, il a heurté une des pierres qui jalonnent le chemin. Un cri inhumain puis plus rien.

Nous braquons nos lampes en direction d’un des rochers, la moto est là, quant à ses passagers ils gisent non loin de là. Ils sont deux, l’un a atterrit dans le ruisseau, l’autre semble être plus bas que le rocher dans les pierres que nous avions évité. Deux fous !

Soudain des gémissements se font entendre. Nous éclairons la scène, celui qui est dans l’eau va sûrement se noyer car il est inerte et à plat ventre. Damien se précipite, le retourne et aidé de Claude le ramène sur la terre ferme. Je continue d’éclairer. Puis après qu’il ait un tant soit peu repris ses esprits, il se met à vomir d’abord de l’eau puis ce qu’il a mangé.

Celui qui gémit a dû se rendre compte qu’il y avait des inconnus. Il nous appel au secours, et à nouveau pleure et crie:

Au secours, j’ai mal.

Puis plus un cri, un silence lourd et oppressant s’installe. Pendant que Claude et Damien relèvent la grosse moto, je m’approche du blessé et je vois immédiatement les dégâts. Fracture ouverte du tibia. Le gars a de quoi se plaindre. Une balafre à la pommette droite et la tête qui saigne, je ne vois pas si c’est superficielle ou plus profond. On ne peut pas le déplacer.

Claude me dit ne les avoir jamais vu au village. Il va interroger celui qui devait être devant, afin de savoir la raison pour laquelle ils ont eu cette idée folle de descendre en pleine nuit, tout feux éteint sur un chemin en partie hérissé de rochers.

Mais auparavant il appelle les pompiers, ce sont ceux de Voguë qui vont se déplacer. C’est Damien qui est chirurgien qui prend le téléphone et donne les renseignement. Je l’entend leur répondre :

Fracture ouverte du tibia, l’autre jambe fait un angle je pense qu’il a le genou de déboité, une vilaine coupure assez profonde qui va de l’oeil à la bouche. Et vu qu’il n’avait pas de casque il a une fracture ouverte du crâne.

Et bien le gamin ne s’est pas raté. Mais quelle idée de faire pareilles idioties. Une envie d’adrénaline, de sensations fortes. Si le gamin s’en sort il aura de graves séquelles.

Damien a donné un calmant au jeune, l’autre nous a dit que c’était son frère et qu’il n’avait que 17 ans. C’est bien lui qui conduisait. Mais ce qu’il faisait au château, il refuse de nous en parler.

Vous êtes combien là-haut ?

Cinq garcons et deux filles

Ils vont faire comme vous, descendre sans casque comme des fous furieux.

Ils attendent que l’on remonte ?

Et bien si tu veux y aller, vas y leur dire ce qu’il vient de vous arriver. Prends ta bécane, pousse là. Tu veux que je t’aide à te relever ?

Le gamin se met à chialer comme un gosse. Je n’insiste pas.

Damien et Claude discutent devant le gamin pour trouver une solution aux problèmes que viennent de leur transmettre les pompiers. Il faut descendre sur la plateforme où se trouvent les voitures car les pompiers ne viendront pas avec l’hélicoptère. Aucune place pour se poser.

Damien brusquement a une idée et nous en fait part.

Un de nous va monter au Château

Attends pourquoi faire

Pour alerter leurs copains et qu’ils nous trouvent une porte.

Oui je vois , nous y mettrons le gamin dessus cela nous fera une civière de fortune. Et nous le descendrons au village. Et bien nous allons les contacter autrement. Je vais leur lancer un appel au secours, s’ils ont un peu de jugeote ils nous répondrons et je pense retrouver la manière de communiquer avec eux. Je vais demander à l’autre gamin si ses copains connaissent le morse.

Bon c’est parfait ils savent se débrouiller. Je vais monter un peu plus haut de façon à ce qu’ils aperçoivent l’appel. Par contre Claude est-ce que tu sais où trouver une porte ?

Je n’en sais rien mais si les gamins ont investi les lieux il y a de forte chance qu’ils aient vu du bois. De toutes façons à eux de se « démerder » c’est leurs copains.

Je commence à leur faire signe en leur demandant de me répondre

Au début rien se passe c’est à désespérer, puis une lampe me répond par un prénom

« Toto,

Non mais au secours SOS ( 3 courtes, 3 longues, 3 courtes)

C’est Toto ou son frère

Mais l’autre gamin m’a rejoint, il boîte et me dit qu’en effet il.s’appelle Antoine dit Toto.

Toto et son frère

Ils iront plus vite me dit le dénommé Toto

En maniant le morse qui me revient peu à peu. Je demande que le plus vieux d’entre eux descendent je dois lui expliquer de quoi il s’agit. Ils doivent se concerter car une à deux minutes s’écoulent et celui qui me répond me demande qui je suis.

Je suis un randonneur et la moto de vos copains est morte et eux sont gravement blessé. Les pompiers vont arriver, le petit est dans le coma avec une fracture ouverte de la tête .

Est-ce que vous vous sentez capable de remonter et de leur dire que votre frère va mourir s’ils ne se bougent pas.

Oui Monsieur j’y vais

Mais à ce moment-là la lampe recommence à émettre et j’apprends coup sur coup que deux gars viennent à notre rencontre avec une civière qu’ils avaient et des sangles pour le retenir. Puis ils me disent au revoir. Et un peu plus tard « Merci. »

A ce moment je pense que ce sont des gamins qui jouent à la guerre dans un château abandonné. Puis j’aperçois les deux jeunes qui arrivent. Jeunes pas tout-à-fait deux types de plus de 30 ans. Je leur indique que le frère de Toto est allongé dans l’herbe vers mes cousins. Nous descendons assez rapidement. Enfin nous voici vers Claude et Damien. Le petit n’a pas repris connaissance.

Si Damien et Claude sont étonné de voir une civière, ils n’en laissent rien paraître. Les pompiers ne vont pas tarder. Je prends avec Damien le gamin , un des gars prend la tête du petit et sans un mot sauf Claude qui compte jusqu’à trois, nous le déplaçons, en un accord parfait nous déposons le petit sur la civière. Sa jambe est déjà prise dans une gouttière que Claude habile de ses mains a fabriqué en mon absence. Ils ont veillé à ce que le bois ne pénètre pas dans la plaie. L’autre jambe ne forme plus cet angle droit. Damien a réduit la fracture, il faudra un plâtre pour cette jambe. Nous espérons que sa colonne vertébrale ne soit pas touché.

Nous allons nous relayer, Claude va être devant pour ouvrir le chemin, Damien et un des gars portent la civière. L’autre gars, Toto et moi nous fermons la marche. La descente est difficile car l’herbe sèche est glissante. Nous avançons lentement ce qui fait râler mon frère. Mais je lui dit c’est mieux que de tomber.

J’essaye d’engager la conversation avec un des deux types, mais il est muré dans un silence impressionnant. Finalement je me tais. Nous entendons la sirène des pompiers nous allons nous retrouver ensemble sur la plateforme.

Dans le village quelques lumières s’allument, le père la Baffe sort et nous voit traverser devant chez lui. Celui qui est muet semble fort ennuyé. Ils doivent se connaître, à moins qu’ils se soient battus. Je profite de sa sidération pour lui dire tu connais ce type.

Oui c’est un dingue

Parce que vous et votre bande vous ne l’êtes pas ? Vous avez vu le résultat, un gamin de 17 ans entre la vie et la mort. Vous allez nous accompagner à l’hôpital. Et surtout vous nous direz vos noms et prénoms.

Le mec doit admirer ses chaussures car ni il ne me répond, ni il daigne lever la tête. Mais lorsque nous arrivons sur le terre-plein, il y a en plus des pompiers, les gendarmes.

Mon voisin prend ses jambes à son cou, mais il n’a pas fait 100 mètres que je le plaque au sol. Un gendarme me tends des menottes et je les mets à mon prisonnier.

Une fois les pompiers parti, un des gendarmes s’approchent de moi et me dit :

Je vous ai reconnu, vous êtes de la maison Commandant Denis.

Fin de la première partie