L’inconnu du 7 h 12 /3

Mon Boss a raccroché après m’avoir dit qu’il m’envoyait une équipe de choc, non sans m’avoir fait promettre de ne rien dire à Clément. J’ai juré et promis tout ce qu’il voulait tout en me demandant pourquoi cette pauvre Madame Martin avait reçu la visite de ceux qui devaient me chercher.

J’en étais là de mes réflexions lorsque le carillon du portail a émis son meuglement. Clément a de drôles d’idées, en plus c’est le meilleur moyen de se faire repérer. Ne m’avait-il pas dit qu’il avait mis une douce musique ? Tout en me faisant cette réflexion je me suis avancée jusqu’à sa caméra et là je suis stupéfaite d’apercevoir mon frère. Je vais lui jouer la comédie, cela fait du bien de rire dans ce monde de brute.

C’est pourquoi ?

Edith arrête tes imbécilités et ne me fais pas attendre, ouvre le portail il en va de ta vie.

Et voilà comme s’il ne suffisait pas d’une catastrophe, mon frère Éric est au courant de mes problèmes.Je vais attendre qu’il soit à l’intérieur pour savoir de quoi il retourne, il a pu me dire ceci pour se payer ma tête vu que je lui demandais de me montrer patte blanche.

Il a une mine catastrophique, que va-t-il m’annoncer ? De quelles mauvaises nouvelles est-il le porteur ?

Allez accouche au point où j’en suis, qu’as tu à me dire ?

Je suis là en protection rapprochée à la demande de

De mon Boss

Non pas du tout

Alors de qui ?

Du Ministre !

Le mien ?

Oui, pas le mien vu que je n’en n’ai pas un d’attitré.

Pfff, paye toi ma tête, mais aux dernières nouvelles selon papa tu étais en reportage je ne sais où. Ah oui en Antarctique. Ton cerveau a gelé pour que tu sois capable de me dire que le Ministre des armées, dont je fais partie serait venu te dire de me protéger, alors qu’il doit avoir une bien mauvaise opinion concernant les journalistes.

Il faut croire que j’inspire confiance. N’oublie pas que je suis journaliste et correspondant de guerre dans les conflits sur notre planète.

Et je suis sûre que tu vas me dire et ta croix de guerre reçue en combattant au Mali.

Et bien c’est exactement ses propres mots. Je vois que tu connais bien ton Ministre.

Un eclat de rire nous secoue tous les deux.

Après ce rire, Eric m’expose ce que mon Boss ignorait, et j’avoue que là le doute s’insinue en moi et je le communique à mon frère. Nous nous demandons si le chef du projet Top 50 ne serait pas passé à l’ennemi.

Que faire ? Nous sommes dans l’expectative, il faut que j’appelle mes parents et qu’ils partent dans un lieu sûr. Eric a un pied-à-terre sur la Côte Atlantique, une maison sur une île battue par les flots. Pour les retrouver il faut prendre le seul bateau qui dessert l’île. Eric a son propre bateau. Il va les emmener avant que tout tourne à la catastrophe.

Il m’ apprends que Madame Martin a été retrouvé dans mon propre appartement. Qu’y faisait -elle ? Seule l’enquête pourra le déterminer. Je commence à la soupçonner d’avoir utilisé mes clefs. La raison je l’ignore, peut-être plus par curiosité ? Pour l’instant je la considère toujours comme une grand-mère. Hélas l’avenir allait rebattre les cartes.

Eric téléphonait à nos parents pour s’assurer qu’ils suivraient à la lettre les ordres qu’il leur donnait. Mon père sait les enjeux de mon travail y compris du père d’Hugo il nous a donné l’assurance qu’il quittait sur le champ leur villa situé vers Martigues.

Eric dans le même temps leur prenait des billets de TGV pour aller sur Nantes. Mon père n’aurait qu’à les récupérer à la gare Saint-Charles à Marseille avant son départ. Une fois dans le TGV , il me rappelerai sur mon nouveau numéro. J’avais l’impression d’être entraîné dans un cauchemar où chaque jour allait m’apporter son lot de malheur.

Je suggérais à mon frère de m’emmener loin de tout ce chaos, car je ne pouvais plus vivre sans mon fils, mais il me rappelait que mon devoir était dans mes mains et que tant que l’enquête diligentée auprès de ma Société bidon n’était pas terminé je ne devais pas m’évanouir dans la nature. Sinon je pourrais mettre la puce à l’oreille de ceux qui me prenaient pour une oie blanche.

C’est sur ses termes que j’avais mis fin à ma conversation avec mon frère.

Ne le prends pas mal Edith, s’ils avaient trahis ils seraient déjà loin, je pense plutôt à une taupe.

Alors moi aussi je vais passer à la moulinette. Ça promet des nuits à rester éveillés des heures. Merci je démissionne.

Tu ne peux pas, le projet 50 est trop engagé, tu en sais trop.

Ah oui ça veut dire que l’on pourrait me sacrifier sur l’autel du secret défense. Une balle entre les deux yeux et l’autre en plein coeur.

Arrête Édith tu es en colère et tu dis n’importe quoi ?

Parfois je me dis que je risque gros, pourquoi ? Pour mon Pays…

Pour l’humanité !

Toi, tu en sais plus que ce que tu veux bien en dire.

Je ne sais rien, mais te connaissant jamais tu n’aurais accepté de travailler sur une arme secrète. Donc c’est forcément pacifique. D’où tous ces dingues autour de toi qui ont envie de savoir et qui tue pour t’empêcher de mener à bien ce projet.

Je lui saute au cou. Et nous n’en dirons pas plus.

Eric est allé téléphoné à l’extérieur à un mystérieux correspondant.

Quand il est revenu il me dit qu’il y a eu un accident sur l’autoroute et qu’il y a mon Boss qui est entre la vie et la mort. Quant aux autres ils sont blessé mais personne ne va pouvoir venir me protéger.

Mon Boss les accompagnait là je n’en reviens pas.

Qui t’as mis au courant ?

Mon correspondant

Ok toi aussi c’est top Secret

Oui

Je ne lui demande rien de plus j’ai entièrement confiance en mon frère.

Je suis dans un endroit idyllique mais je ne peux pas en sortir, et lorsqu’Eric sera reparti je serai exposé à ses dingues qui me cherchent. Je suggère à Eric d’appeler Clément il est en convalescence et ne travaille pas en ce moment, mon frère rigole et me dit :

Il ne va pas tarder, il est en bonne compagnie. Je pars dès qu’ils sont là.

Pour moi en bonne compagnie signifie il revient avec une nana. Comme si cette femme allait jouer les gros bras.

Deux heures plus tard, le portail s’ouvre et trois voitures noires s’engouffrent dans l’allée qui mène à la villa de Clément. J’évite de paniquer car je vois mon frère s’avancer vers les nouveaux arrivants.

Clément est accompagné de cinq hommes et deux femmes. Les hommes sont de vrais armoires à glace.

A suivre….

L’inconnu du 7 h 12

Comme tous les matins avant de prendre mon train à la gare du Nord, je m’affaire dans ma cuisine, le petit déjeuner est vite expédié, un café noir et bien serré, un toast à peine beurré, un verre de jus d’orange, et je sors de ma douche aussi vite que le TGV. Je me précipite à ma boîte à lettres, le journal est arrivé. Je parcours rapidement les titres et je vais aux annonces. Cela fait plus de deux mois que je cherche un pied-à-terre dans la campagne environnante. Mais rien ne pointe à l’horizon.

Et ce matin c’est encore la même déconvenue ! Puis, d’un regard distrait je continue ma lecture, en riant des recherches stupides des uns et des autres. Celui-là cherche une femme qui bondisse comme un moteur bien huilé. Pauvres gens, comme cela me semble désuet et pitoyable. Puis, tout-à-coup mon regard se pose sur une annonce inhabituelle dont les termes me laissent interloqués :

« Si tu te souviens de notre regard échangé à la gare du Nord ce mardi 15

Toi, la belle brune !

Aux yeux pétillants, tu avais un tailleur prune,

le journal sous le bras.

Nous nous sommes souris et nous avons continué notre route.

Rejoins moi ce mardi 22 et nous verrons où tout cela nous mènera.

Signé : l’inconnu de la gare du Nord. »

Le journal sous le bras, le tailleur prune, à n’en pas douter, cet inconnu s’adresse à moi. Oui, je me souviens de cet homme, nous nous sommes croisé, souri et puis mon train est arrivé et je n’ai même pas vu où il allait s’il était resté sur le quai où partis comme moi. C’est cette annonce qui paraît ce mardi qui me le rappelle. De toutes façons je suis libre de mes actes et je peux le croiser à nouveau, je ne vais pas me jeter dans  ses bras, même si il était  un prince d’Orient. Je ris toute seule à ma remarque .

J’imagine cet homme dans son pays, un turban sur la tête, genre maharadja. Pourquoi ai-je envie qu’il arrive d’ailleurs, et du temps que j’y suis pourquoi pas un homme bleu du désert ? Sûrement à cause de son teint cuivré, mais alors il avait des lentilles car je me souviens aussi de ces beaux yeux bleus. Bon, il est temps de filer, mon inconnu m’attend, et je me surprends à rire, et à l’espérer. En fait je vais travailler et mon RER n’attend pas les retardataires.

Je dévale les escaliers quatre à quatre, je manque par deux fois de m’écraser en-dessous, mais me rétablis assez vite. Je suis souple et ce n’est pas ce petit exercice matinal qui va me  décourager, au contraire, je ne fais plus aucun sport depuis que j’ai intégré ce bureau d’étude dépendant d’un Ministère.

Et, je l’avoue cela me manque. Mais dès que je peux je vais marcher et je mets un point d’honneur à ne pas prendre le métro les jours où je reste sur Paris. Je connais tous les parcs, les petits comme les grands. Mais habiter hors de Paris me tente depuis plus  de six mois, et, en particulier depuis que j’ai commencé à faire le tour des agences. Bien entendu je serais obligé de me lever plus tôt mais la qualité de vie en sera meilleure. Mais pour l’instant mes recherches sont resté vaines et tout en courant pour attraper mon métro je songe à l’annonce.

Bah, je verrais bien si le jeune homme est dans la gare. Voici mon arrêt, je descends et je suis la foule des travailleurs, personne ne se regarde chacun est déjà plongé dans sa vie,  celle de tous les jours. Nous sommes des êtres humains qui nous croisons, sans un regard, sauf moi qui suis une provinciale à la base et qui aime croiser un regard. Me voici sous la grande horloge, je guette mon train et attends, j’espère le revoir, je l’espère. Il est déjà 7 heures et des hommes il en est passé mais lui mon inconnu de 7 h 12, je ne l’ai pas vu, au moment où je m’engage sur le quai, car mon train est annoncé, je me heurte à un homme fort pressé, notre regard se croise, c’est lui. Il me sourit et ajoute :

« Désolé, je suis en retard, mais mardi prochain j’essaye d’arriver plus tôt, lisez le journal je vous tiendrais au courant, sur ce il m’embrasse à la commissure des lèvres et disparaît happé par la foule.

Je suis scandalisée, car ce n’est pas un sourire aussi beau soit-il qui lui permet d’être familier avec moi. Si j’avais tourné la tête à ce moment-là, il m’embrassait sur la bouche. Dans mon for intérieur peut-être que c’était ce que j’espérais. Pendant que mon train s’éloigne de Paris, je me remémore son regard et ce qui dégage de lui. Il va me falloir répondre à son annonce, je n’ai nullement envie de m’engager dans une affaire de cœur, un copain , certes je puis encore l’admettre mais un chéri, merci j’ai déjà donné et je ne suis pas prête à recommencer.

Me voici arrivé à destination, je descends les escaliers et regagne rapidement la petite voiture de fonction prêtée par mon coach. Au moment où mes yeux se posent sur le rétroviseur, il me semble voir s’éloigner mon inconnu de 7h 12, bizarre, ai-je rêvée ? Ou alors il a pris le même TER que moi ; mais il a bien vu que je suis montée, on aurait pu discuter bien que le wagon était plein à craquer, mais cela ne change guère des jours précédents et aussi des jours à venir. C’est cette promiscuité que je ne supporte plus. Entre les odeurs d’ambre boisé, de lavande bon marché où d’Ungaro, je me sens mal et j’ai bien souvent le cœur au bord des lèvres.

Je serais beaucoup mieux, ici dans cette ville, voir ailleurs au milieu de nulle part. Je possède une voiture de Société et je ne l’utilise que pour couvrir les 10 kilomètres qui me séparent de la gare. Je l’abandonne chaque soir n’ayant nullement envie de me retrouver dans les embouteillages de tous ceux qui reviennent sur la capitale où qui en partent. J’avoue que cela commence à me peser. J’en suis là de mes réflexions lorsque l’on tape à ma vitre. C’est mon inconnu, j’ouvre ma fenêtre souriante et là je suis stupéfaite.

Il me parle grossièrement et m’invective car il veut ma place. Je bredouille des mots sans suite et m’éloigne.

Tout en conduisant ma petite Clio, je réfléchis, obnubilé  par lui, aurais-je inconsciemment confondu mon inconnu avec ce malotru. J’ai sûrement raison et je suis arrivée devant la porte de mon bureau, porte anonyme parmi tant d’autres, mais là se cache toute une technologie que nos ennemis pourraient nous envier. Sans parler d’ennemis qui nous combattent, je veux parler des chasseurs de têtes, voire de projets. Derrière cette porte c’est secret défense.

Pierre, mon coach est là, comme chaque matin, il me serre la main, réajuste ses lunettes, refais le nœud de sa cravate et me propose un café, il ajoute sans sucre, noir et serré. Je souris, car maintenant il ne fait plus de gaffe. J’aime ce matin où nous nous retrouvons tous les deux pour parler de l’avancement de notre projet classé « TOP SECRET ».

Les autres arrivent peu à peu et se joignent à nous pour la rituelle réunion. Nous échangeons tout d’abord sur la météo, puis la morosité de nos concitoyens, et ensuite c’est le moment du briefing, et nous repartons tous plancher sur notre travail. Je m’attarde auprès de mon supérieur hiérarchique, j’ai une question qui me taraude l’esprit ; il faut que je lui la pose sinon je passerais une très mauvaise journée.

« Pensez-vous Pierre que l’Inde a toujours en tête notre projet  et pourrait soudoyer l’un d’entre nous comme cela s’est fait avant mon arrivée. »

« Pourquoi pensez-vous à cela Edith ? »

« Cela fait deux fois en une semaine que je croise un individu et je trouve cela bizarre, et ce matin il était à la gare. »

« Si vous pensez Edith que cet homme vous suis, il va falloir que pour quelques temps vous vous rendiez au pavillon bleu. « 

Sur ces mots il se lève, tire de sa poche une petite clef, ouvre un tiroir  et me tends une enveloppe fermée par un sceau rouge. Sans aucun mot je la prends, et il s’en va, me laissant seule face à mon enveloppe, dessus il est écrit »Ministère des Armées »

A SUIVRE………………….

Le grand retour 22/3

Maman calme toi, papa n’est pas dehors, 21 ans s’est écoulé, Constantin a dû venir car il a dû entendre parler de la soirée anniversaire.

Ah et c’est toi qui l’a averti ? Tu rêves mon pauvre Wlad.

Bon restez-là, je vais voir ce que fais papa et pourquoi Clara ne revient pas.

Non pars pas.

Wlad reste avec Mam j’y vais moi. Après tout c’est moi le policier.

D’accord Ivan mais fais vite

Lorsque Clara est sorti, sa grand-mère lui a appris que son père était parti très vite à cause d’un appel téléphonique.

Il répondait en Russe au téléphone ?

Ah maintenant que tu me le dis, oui en Russe. Est-ce que tu sais qui lui a téléphoné ?

Attends je vais aller voir

Clara

Mais Clara se précipite par le grand vestibule mais au moment où elle atteint la porte d’entrée elle se heurte à son frère.

Où vas-tu sœurette ?

Dans la cour, papa vient de répondre à un appel téléphonique sûrement d’un Russe car Bonne Maman l’a entendu parler en Russe.

Où sont passé Papy et Mamie ?

Je ne sais pas, ils m’ont amené tout-à-l’heure. Ils devaient aider Greta pour le réveillon.

Greta ! Mais c’est ça la raison de la venue de Constantin.

Greta ! Je ne comprend pas Capitaine Ivan.

Greta c’est la fille de Constantin tu as dû mal lire le journal de Maman

Je l’ai lu et même relu, je le sais, mais elle a coupé les ponts. Puis au lieu de parler pour ne rien dire on ferait bien d’aller voir où sont passé le reste de notre famille.

Ivan et Clara se précipitent dans la cour pour accéder à la rue. Et là il y a un attroupement ainsi qu’une ambulance. Papy et Mamie, Papa entourent d’un bras protecteur Greta qui est attachée au service des Ivanovitch.

Papa que se passe-t-il ?

Clara rentre immédiatement , ah mais tu es là Ivan, j’ai appelé la police de quartier.

Pourquoi Papa qui est parti dans l’ambulance ?

Le père de Greta

Constantin ?

Oui

C’est lui qui t’a telephoné !

Oui comment le sais-tu ?

Clara l’a su par Bonne Maman

Clara !

Mais pourquoi as-tu si peur ? Elle a dû rentrer.

Cela se voit Ivan que tu es sur Marseille et nous sur Paris, ta sœur est comme toi au même âge, toujours à enquêter.

Il faudra qu’elle choisisse entre être danseuse étoile, ou funambule voir même Gendarme. Tiens la voilà.

Clara où étais-tu, d’où reviens -tu ?

A la recherche d’indices

Et en as-tu trouvé ?

Tiens Capitaine Ivan voila la balle qui a été tiré sur Constantin. Il restera toujours un bandit, puisqu’on est venu le tuer devant les descendants des Tsars.

Comment peux-tu affirmer qu’il est mort

C’est le policier là-bas qui le disait. Son pronostic vital est engagé Mr le Substitut.

C’est bon j’en ai assez entendu, viens papa tu nous diras ce qu’il s’est passé et ce que t’as dit Constantin au téléphone pour que tu sortes sans précaution.

Pendant vingt-et-un an il ne s’est rien passé. Or avant-hier, Wladimir a reçu un appel téléphonique de son fils Anton qui lui a dit que Constantin avait été sorti de sa résidence surveillée. Et lâché dans la nature, il a pris le métro et est allé à l’ancienne résidence de mes parents. A tiré une clef de sa poche, y est entré et une heure plus tard il en ressortait avec une petite malette.

Comment ça ? Elle est où maintenant cette malette ?

Anton a fait le voyage en sens inverse sans quitter une seule seconde l’individu.

Constantin ?

Oui

Arrivé sur Saint-Petersbourg, il s’est rendu à la banque centrale de Saint-Petersbourg, il en est ressorti avec une malette attachée à son poignet. Il a pris un hôtel à proximité de la gare. Anton est resté planqué jusqu’à ce que le Service du Renseignement Extérieur ( KGB) frappe à la vitre de la voiture et lui demande de s’en aller.

On ne lui a pas demandé de les suivre

Tu me laisses terminer Clara

Oui Papa , de toutes façons il était à ton anniversaire donc personne ne l’a retenu.

Voila, bien vu

Et comment a-t-il appris qu’il venait en France.

Il l’ignorait car une fois qu’il leur a dit qui il était, ils l’ont relâché mais accompagné jusqu’à la frontière avec intérêt de ne plus remettre les pieds chez eux.

Mon cousin a le même faux nom que nous où il s’appelle Ivanovitch ?

Comme nous, mais il n’a même pas eu besoin de décliner son nom. Il savait qui il était.

Cette fois-ci il est grillé

Oui

Et toi Papa ? Qu’est-ce que Constantin te voulais ?

Me remettre cette mallette et cette valise pour Greta. Hélas lorsque je suis sorti rien ne s’est passé comme je l’espérais. Constantin m’a demandé où étais Greta, elle était derrière moi, ils se sont serré dans les bras l’un de l’autre, il lui a demandé pardon.

A ce moment j’ai vu arriver un gros 4×4 deux mains sont passé par la fenêtre l’une avec un pistolet qui me visait, j’ai voulu entraîner Greta et son père toujours enlace de façons qu’ils se couchent sur le sol Greta a trébuché, elle est tombée et son père s’est ramassé une rafale de mitraillette à bout portant et dans le dos.

Quand il est tombé il était persuadé que c’était moi qui lui avait tendu ce guetapant.

Mais non Papa il n’a pas crû ça. Tu ignorais jusqu’à sa présence dix minutes avant que tu ne sois dehors. Et pourquoi ne serait-ce pas lui qui tenait sa revanche?

Tout en parlant nous étions de retour dans la maison où Maman se remettait de sa frayeur tout en buvant un bon café comme savait le faire Baboushka.

Pierrot et Hugo nous souhaitent un joyeux Noël, je les retrouverais lundi prochain pour la suite du feuilleton de notre famille. Comme cette semaine jeudi c’est le 25 décembre il n’y aura pas de feuilleton. Je rejoins les grands parents maternels et je les entends dire, Sergueï était visé, ils vont les poursuivre encore longtemps. Je crains pour la vie de nos petits enfants. Clara n’ose pas se montrer, c’est très mal polie ce qu’elle fait mais elle aimerait savoir quelle est cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête ?

Et si en atteignant leur père ils mettaient la vie de tous les autres en danger. Mais il y avait une raison, ce n’était pas parce que mon père avait eu le premier fils dans la lignée qu’ils étaient obligés de l’assassiner. Et Clara est même persuadée que c’est un prétexte et qu’il faut en chercher l’origine dans le travail que faisait son père lorsqu’il etait danseur étoile au Bolchoï.

Dans le journal de sa mère elle n’en a jamais fait allusion, c’est étrange. Il devait travailler avant, surtout en Russie, on ne le laissait pas pousser sans rien faire.

Depuis peu Clara a appris que son père était au Service secret français. Elle ne leur a pas dit qu’elle était cachée dans le placard du couloir chez son oncle Wladimir avec sa cousine Catherine. Elles ont le même âge et des tours pendables elles en ont toujours fait. Il y a quinze jours, elle avait accompagné ses parents et leur avait demandé de rester. Elle s’était rendu compte qu’ils avaient accepté trop rapidement, puis l’avait expédié. Avec sa cousine elle s’était dissimulée dans le grand placard et avait entendu. Et maintenant elle pensait que c’était le seul métier qu’il connaissait. Elle allait en avoir le cœur net.

Papa si tu étais visé c’est que tu détiens quelques choses que ces gens veulent récupérer et comme tu es un agent secret retourné ils te préfèrent plus mort que vivant.

Clap clap clap

Quoi j’ai dit une énorme bêtise tu fais bien parti des Services Généraux de la Sécurité Extérieure de la France.

Papa n’a pas l’air très content, il me prend par le coude et m’emmène hors de la cuisine de mes grands-parents.

Nous sommes dans la bibliothèque il me fait asseoir et me dit à compter d’aujourd’hui tu t’occupes de ta vie et tu oublies ce que tu viens de me dire. Juste qu’en effet je détiens un microfilm que je dois donner à mes chefs.

Depuis quand tu as ce microfilm ?

Il y a à peine deux heures

C’est le père de Greta qui te l’a apporté .

Reste l’enfant que tu es, vis ta vie et oublie tout ça. Je suis sous protection.

Elle est belle ta protection on a faillis te tuer.

A suivre…