L’inconnu du 7 h 12 /3

Mon Boss a raccroché après m’avoir dit qu’il m’envoyait une équipe de choc, non sans m’avoir fait promettre de ne rien dire à Clément. J’ai juré et promis tout ce qu’il voulait tout en me demandant pourquoi cette pauvre Madame Martin avait reçu la visite de ceux qui devaient me chercher.

J’en étais là de mes réflexions lorsque le carillon du portail a émis son meuglement. Clément a de drôles d’idées, en plus c’est le meilleur moyen de se faire repérer. Ne m’avait-il pas dit qu’il avait mis une douce musique ? Tout en me faisant cette réflexion je me suis avancée jusqu’à sa caméra et là je suis stupéfaite d’apercevoir mon frère. Je vais lui jouer la comédie, cela fait du bien de rire dans ce monde de brute.

C’est pourquoi ?

Edith arrête tes imbécilités et ne me fais pas attendre, ouvre le portail il en va de ta vie.

Et voilà comme s’il ne suffisait pas d’une catastrophe, mon frère Éric est au courant de mes problèmes.Je vais attendre qu’il soit à l’intérieur pour savoir de quoi il retourne, il a pu me dire ceci pour se payer ma tête vu que je lui demandais de me montrer patte blanche.

Il a une mine catastrophique, que va-t-il m’annoncer ? De quelles mauvaises nouvelles est-il le porteur ?

Allez accouche au point où j’en suis, qu’as tu à me dire ?

Je suis là en protection rapprochée à la demande de

De mon Boss

Non pas du tout

Alors de qui ?

Du Ministre !

Le mien ?

Oui, pas le mien vu que je n’en n’ai pas un d’attitré.

Pfff, paye toi ma tête, mais aux dernières nouvelles selon papa tu étais en reportage je ne sais où. Ah oui en Antarctique. Ton cerveau a gelé pour que tu sois capable de me dire que le Ministre des armées, dont je fais partie serait venu te dire de me protéger, alors qu’il doit avoir une bien mauvaise opinion concernant les journalistes.

Il faut croire que j’inspire confiance. N’oublie pas que je suis journaliste et correspondant de guerre dans les conflits sur notre planète.

Et je suis sûre que tu vas me dire et ta croix de guerre reçue en combattant au Mali.

Et bien c’est exactement ses propres mots. Je vois que tu connais bien ton Ministre.

Un eclat de rire nous secoue tous les deux.

Après ce rire, Eric m’expose ce que mon Boss ignorait, et j’avoue que là le doute s’insinue en moi et je le communique à mon frère. Nous nous demandons si le chef du projet Top 50 ne serait pas passé à l’ennemi.

Que faire ? Nous sommes dans l’expectative, il faut que j’appelle mes parents et qu’ils partent dans un lieu sûr. Eric a un pied-à-terre sur la Côte Atlantique, une maison sur une île battue par les flots. Pour les retrouver il faut prendre le seul bateau qui dessert l’île. Eric a son propre bateau. Il va les emmener avant que tout tourne à la catastrophe.

Il m’ apprends que Madame Martin a été retrouvé dans mon propre appartement. Qu’y faisait -elle ? Seule l’enquête pourra le déterminer. Je commence à la soupçonner d’avoir utilisé mes clefs. La raison je l’ignore, peut-être plus par curiosité ? Pour l’instant je la considère toujours comme une grand-mère. Hélas l’avenir allait rebattre les cartes.

Eric téléphonait à nos parents pour s’assurer qu’ils suivraient à la lettre les ordres qu’il leur donnait. Mon père sait les enjeux de mon travail y compris du père d’Hugo il nous a donné l’assurance qu’il quittait sur le champ leur villa situé vers Martigues.

Eric dans le même temps leur prenait des billets de TGV pour aller sur Nantes. Mon père n’aurait qu’à les récupérer à la gare Saint-Charles à Marseille avant son départ. Une fois dans le TGV , il me rappelerai sur mon nouveau numéro. J’avais l’impression d’être entraîné dans un cauchemar où chaque jour allait m’apporter son lot de malheur.

Je suggérais à mon frère de m’emmener loin de tout ce chaos, car je ne pouvais plus vivre sans mon fils, mais il me rappelait que mon devoir était dans mes mains et que tant que l’enquête diligentée auprès de ma Société bidon n’était pas terminé je ne devais pas m’évanouir dans la nature. Sinon je pourrais mettre la puce à l’oreille de ceux qui me prenaient pour une oie blanche.

C’est sur ses termes que j’avais mis fin à ma conversation avec mon frère.

Ne le prends pas mal Edith, s’ils avaient trahis ils seraient déjà loin, je pense plutôt à une taupe.

Alors moi aussi je vais passer à la moulinette. Ça promet des nuits à rester éveillés des heures. Merci je démissionne.

Tu ne peux pas, le projet 50 est trop engagé, tu en sais trop.

Ah oui ça veut dire que l’on pourrait me sacrifier sur l’autel du secret défense. Une balle entre les deux yeux et l’autre en plein coeur.

Arrête Édith tu es en colère et tu dis n’importe quoi ?

Parfois je me dis que je risque gros, pourquoi ? Pour mon Pays…

Pour l’humanité !

Toi, tu en sais plus que ce que tu veux bien en dire.

Je ne sais rien, mais te connaissant jamais tu n’aurais accepté de travailler sur une arme secrète. Donc c’est forcément pacifique. D’où tous ces dingues autour de toi qui ont envie de savoir et qui tue pour t’empêcher de mener à bien ce projet.

Je lui saute au cou. Et nous n’en dirons pas plus.

Eric est allé téléphoné à l’extérieur à un mystérieux correspondant.

Quand il est revenu il me dit qu’il y a eu un accident sur l’autoroute et qu’il y a mon Boss qui est entre la vie et la mort. Quant aux autres ils sont blessé mais personne ne va pouvoir venir me protéger.

Mon Boss les accompagnait là je n’en reviens pas.

Qui t’as mis au courant ?

Mon correspondant

Ok toi aussi c’est top Secret

Oui

Je ne lui demande rien de plus j’ai entièrement confiance en mon frère.

Je suis dans un endroit idyllique mais je ne peux pas en sortir, et lorsqu’Eric sera reparti je serai exposé à ses dingues qui me cherchent. Je suggère à Eric d’appeler Clément il est en convalescence et ne travaille pas en ce moment, mon frère rigole et me dit :

Il ne va pas tarder, il est en bonne compagnie. Je pars dès qu’ils sont là.

Pour moi en bonne compagnie signifie il revient avec une nana. Comme si cette femme allait jouer les gros bras.

Deux heures plus tard, le portail s’ouvre et trois voitures noires s’engouffrent dans l’allée qui mène à la villa de Clément. J’évite de paniquer car je vois mon frère s’avancer vers les nouveaux arrivants.

Clément est accompagné de cinq hommes et deux femmes. Les hommes sont de vrais armoires à glace.

A suivre….

L’inconnu du 7 h 12 /2

Ni une ni deux, je ne réfléchis pas et je réponds à sa petite annonce, je ne vais pas lui donner des illusions, il faut que je sois directe :

Partie sans laisser d’adresse, oubliez-moi !

Signée la vierge effarouchée du 7 h 12

Avec cette annonce il verra que je ne cherche pas à le rencontrer et surtout si c’est lui qui sait où je loge il sera en planque devant mon appartement et abandonnera bien vite.

Je passe le reste de la journée en oubliant cette annonce, Clément ne rentre pas ce soir, donc je serais seule et libre de mes mouvements, mais ni je retournerais sur Paris, ni je vais me rendre à l’adresse que je ne connais pas, puisque je n’ai pas ouvert l’enveloppe.

je dois téléphoner à mon patron pour lui dire ce que je compte faire. Je vais m’accorder quelques vacances. Cela fait un an que je bosse sur ce projet  » Top 50″, il est temps que je fasse une pause. Je lui signalerais mes coordonées géographiques. Juste GPS. Ni adresse ni téléphone, aucun nom. J’utiliserais le téléphone du service, qui n’est connu que par deux personnes, mon Boss et notre Ministre de tutelle.

Certes je peux envoyer l’annonce via ma messagerie électronique, mais je préfère la bonne vieille méthode. Quoique cela me contraint à prendre ma voiture et donc à m’exposer. Tout compte fait je vais me créer une boîte Gmail et l’expédier de cette manière.

Il faut que je sois honnête avec ma hiérarchie, on m’a fait confiance, je leur dois bien ça. Il découvrira l’existence de mon fils, et alors il ne me renverra pas pour ça. Combien de fois lui et le Ministre m’ont dit que j’étais leur meilleur élément. Une des seules conditions étaient être célibataire. C’était le cas, puis mon ex ne m’aurait pas introduit auprès de mon Boss si je n’étais pas apte pour ce travail.

Je récupère mon téléphone « Mission Spéciale ». L’allume, attends cinq minutes. Envoie un point de ponctuation. Un seul point dans un SMS à un numéro crypté. Et j’attend.

Le téléphone sonne, je dois parler la première. Et je dois lui dire Monsieur et non son prénom comme au bureau.

« J’ai récupéré dans ma boîte à lettres de mon appartement un courrier. C’est une lettre anonyme.

« Lisez-là « 

Un grand silence, je m’attend au pire, puis un petit rire, et il ajoute :

Edith, ne vous en faites pas, lorsque Dimitri nous a fait part de votre candidature il a ajouté c’est la mère de notre fils, il a deux ans, il vit depuis sa naissance avec ses grands-parents maternels, c’est la seule case que mon ex ne coche pas. Mais comme elle ne le mentionnera pas, je pense que ce ne sera pas un obstacle.

Je comprends mieux lorsque je lui l’ai dit.

Dimitri etant le bras droit du Ministre des armés, nous n’avons pas tenu compte de votre enfant. Toutefois nous nous sommes assuré que personne serait au courant et que Dimitri vous ferait part des directives spéciales le concernant.

Oui, il.me l’a dit et depuis un an je m’y suis conformé.

Je peux vous dire sans trahir aucun secret d’État que votre fils ainsi que vos parents ne sont plus dans leur villa. Ils sont dans un lieu sûr. Lorsque nous aurons joint son père, parti à l’étranger quelques jours, nous organiserons une visite afin que votre fils puisse vous voir.

Monsieur vous aviez intercepté des éléments qui montraient un danger immédiat pour avoir demandé à mes parents de quitter leur résidence. Je me demande ce que peut bien faire ma mère.

Mon Boss ri, il se paye soit la tête de ma mère soit la mienne ce qui ne m’enchante guère. Puis il se ressaisi et ajoute :

Elle ne s’ennuie pas, ne vous inquiétez pas pour elle. Puis avec votre Père et les fonctions qu’il a occupé au sein de l’armée elle sait ce qu’est le devoir.

C’est à mon tour de rire, ma mère n’a jamais accepté de bon coeur les missions que mon père avait. Je l’ ai souvent entendu lui dire ses quatre vérités. Mais mon père a toujours su la laisser mener sa barque comme elle l’entendait tout en restant ferme sur ce qui se passait à l’extérieur de son foyer. Il avait le sens du devoir qu’il a inculqué à ses enfants.

Mon Boss me dit que je peux me déplacer pour me rendre au village voisin que vu les coordonnées GPS du lieu où je me trouve, la moindre voiture suspecte sera rapidement interceptée. Il y aura deux équipes qui vont se relayer jour et nuit pour assurer la sécurité.

Je m’inquiète de la venue de ces deux équipes. Une personne seule se camoufle davantage.

Qui fera attention à deux couples qui vont élire domicile chez votre voisin. Et qui raconteront partout où ils passeront qu’ils viennent d’Angleterre et qu’ils visitent notre beau pays. Ne vous inquiétez pas Edith nous avons l’habitude.

Ce n’est qu’en début d’après-midi que je pars sur Chantilly distant d’environ soixante kilomètres afin de faire quelques emplettes et surtout d’acheter le journal du jour. Car de l’inconnu je n’en ai pas fait part à mon Boss. Je ne veux pas mêler cette anecdote tout au moins amusante avec une lettre anonyme. Je n’y vois aucun rapport.

Je m’attarde vers le château de Chantilly et m’asseoir sur un banc et là en première page je lis un titre qui me donne des sueurs froides :

Un incendie détruit un appartement à Vincennes !

 » A l’heure où nous imprimons l’article nous ignorons les circonstances de cet incendie. Est-ce accidentel ou criminel ? Le concierge interrogé par notre reporter sur place ignorait si la jeune femme était chez elle. Aux pompiers et policiers il n’a rien pu leur dire de concret. »

La photo est assez floue, mais elle ne laisse subsister aucun doute dans mon esprit. C’est l’appartement que j’occupais qui a été la proie des flammes. Après avoir été fouillé de fond en comble ils ont préféré le détruire pour que personne ne trouve ce qu’ils cherchaient. Étrange !

Je fais en sens inverse les soixante kilomètres et après avoir pris soin de ranger mes victuailles, j’ouvre mon ordinateur en branchant mon téléphone puisque Clément mon ami n’a pas de wifi. Je me connecte sur la télévision BFM Île de France, il est 8 h 30 du matin. L’incendie a été circonscrit à six heures, un appel téléphonique anonyme avait alerté les pompiers vers 4 h du matin.

Enfin voici une page spéciale concernant cet incendie, le commentateur rappelle brièvement les faits, au même moment je vois arriver derrière les badauds, un camion du SMUR, et, une civière apparaît portée par des pompiers. Dans ma tête je pense que c’est l’incendiaire qui n’a pas pu se sauver, hélas je déchante très vite. C’est la voisine du dessus. Son pronostic vital est engagé. Je n’en apprendras pas plus, après c’est du journalisme et des suppositions toutes plus ou moins fallacieuses. Aucun intérêt. Mais ils n’ont pas parlés de sa petite fille Margot. Mon sang ne fait qu’un tour, elle doit être…

Mon téléphone ligne cryptée sonne. Cela interrompt le cours de ma pensée. Je décroche et attends que mon interlocuteur me parle en premier.

Edith avez-vous lu le journal ?

Oui Monsieur, pourquoi ne m’avez-vous rien dit ?

Je préférais que vous en preniez connaissance seule, de cette manière votre cerveau s’est mis en action et vous allez pouvoir me dire tout ce qui vous ai passé par la tête en lisant.

Monsieur, je n’ai pas seulement lu, j’ai pris les informations sur BFM Île de France.

Donc vous en savez plus que ce que les journalistes en ont dit à l’heure du tirage de leur journal.

En effet, mais la seule chose qui m’est venue à l’esprit c’est :

 » Pauvre Madame Martin, elle a dû respirer des fumées toxiques. Et la deuxième et celle-ci est primordiale qu’est-il arrivé à sa petite Margot ?

Qui est Margot ?

Sa petite fille !

Une petite fille ! Quel âge a-t-elle ?

5 ans mais elle en paraît moins.

Vous etes certaine que cet enfant était chez votre voisine.

Oui, hier lorsque j’ai quitté mon domicile, nous étions une semaine paire et elle l’attendait pour 17 h30.

Il n’y avait pas d’enfants dans l’appartement. Et ce ne sont pas les fumées toxiques qui ont mis cette dame en danger de mort.

Ah ! Elle savait pertinemment que j’étais partie, je lui avait laissé un trousseau de clefs.

Ah ! Si vous étiez surveillé, vous l’avez exposé, je comprends mieux, mais ça ne me dit pas ce qu’est devenu cet enfant.

Monsieur ? Pouvez-vous me dire ce qui est arrivé à Madame Martin?

Elle a reçu une balle dans la tête, tirée à bout portant qui lui a arraché la moitié de son visage.

Oh ! Quelle horreur !

A suivre…

L’inconnu du 7 h 12/1

Rapidement je mets l’enveloppe dans ma poche et prends place à mon bureau, toute la matinée je fais mon travail, mais à la pause je me souviens de l’enveloppe. Les consignes sont claires, l’ouvrir que si on accepte de se conformer à la lettre à ne pas travailler tout le temps que vont durer les recherches, afin qu’à notre retour, les filatures ne reprennent plus.

Leur laisser croire que j’ai changé de lieux de vie, ce qui ne veut pas dire du reste que ce n’est pas ce qui risque de m’arriver, si ce « type » disparaissait.

Je reste dans mon bureau et avale rapidement une salade et un yaourt. Je passe un après-midi entrecoupé d’un tourbillon de questions. Mon travail en pati et je décide vers les seize heures à rentrer chez moi, afin de réfléchir à la décision que je vais prendre.

Ma petite voiture blanche est toujours à sa place, je quitte rapidement l’agence de sécurité et décide de rentrer sur Paris en voiture, cela m’évitera de me retrouver à la gare. De toutes façons tous les mardis je rentre chez moi vers les vingt et une heure, et aujourd’hui ce n’est pas le cas. Pour me suivre il faudrait planquer toute la journée à l’extérieur.

Il n’est pas sûr que cet homme m’ai suivis, pas plus qu’il ne connaît mon appartement. Serai-je en train de me faire du cinéma ? La route me semble longue, mais il est vrai que je n’ai pas l’habitude de venir en voiture. Enfin me voilà dans les bouchons du périphérique, cela a le mérite de me noyer dans la masse. Au cours de la route je n’ai vu aucun véhicule suspect, ou tout au moins personne ne me collait, disparaissait et revenait. 

Je sors Porte de Vincennes, mince, cette rue est en sens interdit. Enfin, je suis arrivée, mon immeuble a cinq étages, le bâtiment n’est pas visible de la rue, il faut montrer patte blanche pour entrer. Le portail s’ouvre avec une clef magnétique qui doit rester en permanence dans notre véhicule planqué dans un lieu improbable.

Zut comme je suis bête, ce n’est pas ma voiture personnelle, elle est dans le garage. Je dois me garer à l’extérieur, je fulmine intérieurement. J’attends un instant. je ne vois personne. Je descends de mon véhicule, prends mon sac où se trouve l’enveloppe, et me dirige vers mon petit immeuble. C’est à ce moment-là que je vois une silhouette se détacher du mur, affolée je cours vers le magasin le plus proche, j’entre, la vendeuse me regarde d’un drôle d’air, c’est une boutique de prêt-à-porter haut de gamme. Je tremble comme une feuille, une peur irraisonnée m’a saisie, je prends rapidement un vêtement et demande où se trouve les cabines d’essayage, elle me les montre du doigt et continue de parler à une cliente. J’entre, tire le rideau, m’assois et éclate en sanglot. Je ne sais combien de temps j’ai sangloté, mais soudain une voix se fait entendre :

« Madame, allez-vous bien ?

« Oui, je m’excuse, je vais sortir

« Prenez votre temps !

Ouf, elle ne s’est rendu compte de rien, je verrais bien en sortant. Je règle mon achat et sors en même temps qu’une dame qui est ma voisine, je ne l’avais pas reconnue, elle et moi  nous faisons quelques pas ensemble, elle me demande si je vais bien. Elle vit seule et s’occupe de sa petite fille tous les weekends ainsi que le mercredi après-midi.

Je lui dis que j’ai des soucis dans mon travail, et nous marchons toutes les deux vers la grande porte en bois de notre logement. Il n’y a personne, j’ai dû rêver, mais je vais rapidement déchanter. Toutes les deux nous nous attardons vers les boîtes à lettres, j’ai du courrier, une longue enveloppe de papier kraft, bizarre je ne connais pas cette écriture, mais je ne dis mots, et prends l’ascenseur, pendant que ma voisine discute avec le concierge.

Qui a bien pu m’écrire ? J’entre chez moi et de suite je m’aperçois que quelqu’un a pénétré dans mon home. A première vue il n’y a rien de déplacer mais je sens une odeur de de pipe froide. Or je ne fume pas et mon frère ne fume que des cigarettes blondes, ce n’est donc pas lui qui serait passé en coup de vent. On a donc pénétré chez moi, je dois savoir qui est venu, le concierge n’ouvre à personne en notre absence et  il a bien fallu que la dites personne passe devant lui. Heureusement que c’était sécurisé comme m’avait dit Jérémy. Il avait pris toutes les précautions afin que je sois sous haute surveillance et bien c’est raté.Car il a fallu que celui qui est venu est démontré qu’il était proche de moi.

J’oublie momentanément la lettre qui m’intrigue et je téléphone au concierge, il a dû terminer sa discussion avec ma voisine du dessus. En effet il me répond assez rapidement.

Que puis-je faire pour vous Madame ?

Est-ce que mon frère est passé ?

Non, mais un Monsieur m’a demandé si vous étiez rentré ?

Et que lui avez-vous répondu ?

Que le mardi vous rentriez fort tard.

Où se trouvait ce Monsieur, au téléphone ou s’est-il présenter à la porte.

Au téléphone, pourquoi vous avez été importuné ?

Il me semble que je paye assez cher pour que vous évitiez de raconter ma vie privée à des inconnus.

Je me le tiendrais pour dit, Madame, mais il m’a dit que c’était vous qui lui aviez remis votre clef.

Ma clef ? Et comment a-t-il pu rentrer par la porte en bois.

Il ne se souvenait plus du code.

Ne me dites pas que vous lui l’avez donné

Un grand silence et un tout petit « oui « .

Je vais déménager puisqu’une personne a réussi à s’introduire chez moi. Je ne ferais pas des compliments à l’agence.

Et sur cette dernière tirade je raccroche dans une colère noire. Si j’étais rentré directement au lieu de m’affoler comme une bleue j’aurais empêché cette homme de pénétrer chez moi, mais j’ai fait ma fofolle et il en a profité pour entrer. Comme j’ai rien dans cet appartement il a dû rapidement des chanter.

Qu’est-il venu chercher ? Et qui lui a fourni ma clef ? Comment a-t-il su que j’habitais ici ? Il a dû me suivre. Je me perds en conjoncture de toutes sortes.

lorsque le téléphone sonne, j’attends, cela s’arrête, reprends deux fois, s’arrête à nouveau. C’est mon chef, nous avons ce code pour nous téléphoner, cela évite les mauvaises surprises.

Faut-il que je lui raconte tout ça, ou dois-je tout garder pour moi ? Finalement j’opte pour ne rien dire, après tout je ne sais qui sont ces gens et surtout si cela a un rapport avec mon travail classé top secret. Cela peut-être n’importe qui, mon ex par exemple, mais il m’aurait laissé un petit mot, or je n’ai rien trouvé.

Je décroche le téléphone et mon Boss me demande si j’ai pris ma décision, car il faut que dès demain matin au plus tard, je sois à l’adresse notée dans l’enveloppe. C’est à ce moment que je me souviens de la deuxième enveloppe. J’attrape mon sac tout en écoutant les recommandations de mon chef, je l’ouvre et en sors les deux enveloppes, celle du Ministère et celle de ma boîte à lettres. La dernière ne contient qu’une feuille de papier avec des lettres collées dessus. C’est une véritable lettre anonyme. Mais c’est surtout une lettre de menace.

NOUS SAVONS QUE TU ES UNE POINTURE DU PROJET 50, NOUS T’AVONS A L’ ŒIL, DANS QUELQUES JOURS TU AURAS DE NOS NOUVELLES ! EN ATTENDANT PAS UN MOT A QUI QUE CE SOIT ! SINON UN CERTAIN HUGO AURA DES PROBLEMES.

Je raccroche et assure mon patron que d’ici demain j’aurai pris ma décision. Avec son accord je quitte mon appartement. Il m’a dit de vider mon appartement sauf mes vêtements, ils mettront en place une souricière dès demain matin au cas où cet homme revienne pour une fouille plus approfondie.

Je me dirige vers ma chambre, gagne mon dressing, ouvre le placard. Déplace le tableau qui masque une petite porte secrète qui s’ouvre grâce à un mécanisme astucieux.Je me place face à la plus grosse rose et appuie sur un de ses pétales avec mon stylet. Une porte s’entrouvre donnant accès à un coffre-fort. Je compose une série de plusieurs chiffres, le coffre s’ouvre, je prend mon arme de service, un téléphone, quelques liasses de billets. Je referme le tout. Et surtout je le verrouille par une nouvelle combinaison.

Je sais que ce que je viens de faire va m’éloigner de mon lieu de travail pour quelques temps. Mais je n’avais pas le choix.Car ceux qui m’ont écrit ont eu connaissance de plusieurs choses me concernant. Le travail dont ils me donnent son nom de code qui n’est même pas connu par le président de la République.

Ainsi que les menaces qu’ils ont mis sur la tête de mon fils, la prunelle de mes yeux. Mon petit garçon qui vient juste d’avoir 3 ans et qui vit chez mes parents dans le Sud de la France.Je suis militaire, mon ex mari Dimitri exerce encore à ce jour une haute fonction au sein du Ministère des armées. Lorsque nous nous sommes séparés, c’est lui qui m’a pistonné, afin que j’intègre les services secrets, et le bureau qui leur sert de vitrine dans l’immeuble de la Défense.

C’est là qu’avec d’autres pointures nous mettons au point le projet 50. J’ai un diplôme d’ingénieur Art et métier et j’ai suivi un cursus spécial en tant qu’élève officier De plus pour pouvoir travailler au sein du bureau d’étude basé sur la sécurité, une des conditions étaient d’être célibataire, je voulais le poste, aussi ai-je fait abstraction de la naissance de mon fils deux ans plus tôt. Dimitri m’ayant couvert.

Et maintenant mon passé me rattrape. Je ne puis rien dire à mes supérieurs, et ceux qui me menacent me font aussi peur, que vais-je faire ?Je ferme rapidement mes volets roulant, je prends une douche, je jette dans une valise quelques vêtements, je ferme tous les compteurs, prends mon sac, et me dirige vers l’ascenseur, mais je me ressaisis et monte chez ma voisine. Je lui laisse mes clefs, et lui annonce que je pars chez mes parents en Province pour quelques semaines, que je ne pense pas revenir et que mon ex viendra chercher mes affaires. Elle est désolée que je parte si rapidement mais je ne m’attarde pas, et file vers le sous-sol, là j’ouvre mon garage où je récupère ma voiture personnelle.

mon Boss viendra dans la semaine récupérer la voiture de la Société bidon qui nous sert de couverture. Je m’éloigne rapidement de Paris et m’arrête dans un motel en bordure de l’autoroute, je vais m’accorder un peu de répit avant d’être soumis à un interrogatoire en règle de ma hiérarchie dans la maison bleue. Je vais disparaître et faire la morte, je sais que j’ai 15 jours environ devant moi avant que l’on se mette à ma recherche. Et puis je veux voir si la semaine prochaine l’annonce va réapparaître et ce qui sera écrit dessus.

Je me débarrasse de la puce de mon téléphone, plus rien ne doit me relier à mon travail. Ce sont les ordres. Mais je ne me rendrais pas tout de suite à l’adresse de l’enveloppe que je n’ai toujours pas ouverte. Puis après un frugal repas je sombre dans les bras de Morphée après m’être retournée quatre ou cinq fois.

C’est un bruit à ma porte qui me réveille, je regarde ma montre, il est déjà 8 h 30, j’ai bien dormis, malgré le bruit incessant des voitures sur l’autoroute, cela m’a bercé, bien qu’au début j’ai faillis quitter le motel. Je demande qui est là, en fait c’est la femme de ménage, je prends une douche rapidement et part tout en m’excusant auprès de cette femme. J’ai noué sur mes cheveux un foulard, je ne voudrais pas qu’elle fasse une description de moi si on venait à lui poser des questions. Je me sens un tantinet paranoïaque, mais il faut que je sois fort prudente. Après un petit café noir serré, je me suis arrêtée dans un bureau de tabac pour prendre une puce jetable, je vais pouvoir appeler maman et voir comment Hugo va, ensuite je leur conseillerais de partir dans notre maison de vacance avec papa jusqu’à ce que je les appelle à nouveau. Maman connait mon métier et pensera que je veux ne pas me faire de soucis pour eux trois et que je dois être sur une affaire spéciale. Mais la connaissant elle ne me posera aucune question.

Lorsque j’aurais pris mes marques et si rien ne se passe d’ici là, alors je m’accorderais deux jours et j’irai les voir. Mais seulement si je suis certaine que je ne les expose pas. Une fois cette décision prise, je me sens pousser des ailes et je parcours plus de 100 kilomètres avant de m’arrêter chez le meilleur ami de Jérémy, qui ne me posera aucune question, de toutes façons il est loin, il est en déplacement aux Antilles.

je lui téléphonerais ce soir pour lui demander son avis. Je sais où il met sa clef, et, aussitôt arrivée je regarde sous le pot de fleurs posé à même le sol, et effectivement la clef est ici. C’est une petite maisonnette qui servait à ses parents de maison de campagne jusque dans les années 80, depuis elle appartient à tous ceux qui ont envie de se faire une virée tranquille. En pleine semaine et à cette époque de l’année je ne pense pas que j’aurais de la visite et je serais tranquille pour réfléchir, et puis ce n’est qu’une question de jours.Je sors les victuailles de ma voiture que j’ai apporté de Paris, et me fait rapidement une omelette, le tout arrosé d’un bon vin rouge. Dans le frigo, il y a des fruits, tiens quelqu’un serait donc venu les jours passés, je ne m’en inquiète pas du tout, fais un brin de ménage et passe dans le jardin où les chaises de jardin sont à l’extérieur. Encore une chose de bizarre, ceux qui sont venus auraient bien pu ranger. Je reprends mon journal et regarde plus attentivement les annonces, qu’ai-je loupé ? Possible que cette annonce n’était pas pour moi, mais alors pourquoi toutes ses coïncidences, et surtout quelle mouche lui a pris à mon écrivain en herbe pour m’apostropher de cette manière.

A-t-il eu peur de quelqu’un ? Ou alors il m’a confondu avec une autre ? J’en suis là de mes réflexions lorsque j’entends un chien aboyé et une touffe de poils me monté dessus, mais on dirait le chien de mon ami Clément.

Edith, mais que fais-tu là ?  Je te croyais au bout du monde.

J’éclate de rire, car moi aussi je pensais cela de Lui. Nous bavardons à bâtons rompus jusqu’à la tombée de la nuit, je ne lui ai rien dit de mes doutes, de mes peurs.

Lui, m’a raconté la raison pour laquelle il était rentré plus tôt… Nous nous organisons pour la nuit, il prendra sa chambre d’adolescent et moi la chambre de sa sœur, puis nous dînons ensemble et nous bavardons encore longtemps. Il me semble que l’aube se levait lorsque nous avons décidés d’aller dormir.

Quelques heures plus tard, je trouve un mot sur la table, « Fais comme chez toi, et je t’ai trouvé le journal ». En effet je lui ai dit que je cherchais une maison dans les parages et qu’il me fallait le journal, en chevalier servant il est allé me le chercher.

Je passe rapidement sur les titres, les faits divers et vais directement sur la page des annonces, toujours rien pour acheter une maison, mais par contre je suis à nouveau attirée par une annonce :

« A ma belle inconnue, je t’ai volé un baiser, mais tu t’es enfuie comme une vierge effarouchée, je t’attendrais tous les jours à la gare du Nord, je t’espère. »

Signé l’inconnu du 7 h 12 

A suivre…

L’inconnu du 7 h 12

Comme tous les matins avant de prendre mon train à la gare du Nord, je m’affaire dans ma cuisine, le petit déjeuner est vite expédié, un café noir et bien serré, un toast à peine beurré, un verre de jus d’orange, et je sors de ma douche aussi vite que le TGV. Je me précipite à ma boîte à lettres, le journal est arrivé. Je parcours rapidement les titres et je vais aux annonces. Cela fait plus de deux mois que je cherche un pied-à-terre dans la campagne environnante. Mais rien ne pointe à l’horizon.

Et ce matin c’est encore la même déconvenue ! Puis, d’un regard distrait je continue ma lecture, en riant des recherches stupides des uns et des autres. Celui-là cherche une femme qui bondisse comme un moteur bien huilé. Pauvres gens, comme cela me semble désuet et pitoyable. Puis, tout-à-coup mon regard se pose sur une annonce inhabituelle dont les termes me laissent interloqués :

« Si tu te souviens de notre regard échangé à la gare du Nord ce mardi 15

Toi, la belle brune !

Aux yeux pétillants, tu avais un tailleur prune,

le journal sous le bras.

Nous nous sommes souris et nous avons continué notre route.

Rejoins moi ce mardi 22 et nous verrons où tout cela nous mènera.

Signé : l’inconnu de la gare du Nord. »

Le journal sous le bras, le tailleur prune, à n’en pas douter, cet inconnu s’adresse à moi. Oui, je me souviens de cet homme, nous nous sommes croisé, souri et puis mon train est arrivé et je n’ai même pas vu où il allait s’il était resté sur le quai où partis comme moi. C’est cette annonce qui paraît ce mardi qui me le rappelle. De toutes façons je suis libre de mes actes et je peux le croiser à nouveau, je ne vais pas me jeter dans  ses bras, même si il était  un prince d’Orient. Je ris toute seule à ma remarque .

J’imagine cet homme dans son pays, un turban sur la tête, genre maharadja. Pourquoi ai-je envie qu’il arrive d’ailleurs, et du temps que j’y suis pourquoi pas un homme bleu du désert ? Sûrement à cause de son teint cuivré, mais alors il avait des lentilles car je me souviens aussi de ces beaux yeux bleus. Bon, il est temps de filer, mon inconnu m’attend, et je me surprends à rire, et à l’espérer. En fait je vais travailler et mon RER n’attend pas les retardataires.

Je dévale les escaliers quatre à quatre, je manque par deux fois de m’écraser en-dessous, mais me rétablis assez vite. Je suis souple et ce n’est pas ce petit exercice matinal qui va me  décourager, au contraire, je ne fais plus aucun sport depuis que j’ai intégré ce bureau d’étude dépendant d’un Ministère.

Et, je l’avoue cela me manque. Mais dès que je peux je vais marcher et je mets un point d’honneur à ne pas prendre le métro les jours où je reste sur Paris. Je connais tous les parcs, les petits comme les grands. Mais habiter hors de Paris me tente depuis plus  de six mois, et, en particulier depuis que j’ai commencé à faire le tour des agences. Bien entendu je serais obligé de me lever plus tôt mais la qualité de vie en sera meilleure. Mais pour l’instant mes recherches sont resté vaines et tout en courant pour attraper mon métro je songe à l’annonce.

Bah, je verrais bien si le jeune homme est dans la gare. Voici mon arrêt, je descends et je suis la foule des travailleurs, personne ne se regarde chacun est déjà plongé dans sa vie,  celle de tous les jours. Nous sommes des êtres humains qui nous croisons, sans un regard, sauf moi qui suis une provinciale à la base et qui aime croiser un regard. Me voici sous la grande horloge, je guette mon train et attends, j’espère le revoir, je l’espère. Il est déjà 7 heures et des hommes il en est passé mais lui mon inconnu de 7 h 12, je ne l’ai pas vu, au moment où je m’engage sur le quai, car mon train est annoncé, je me heurte à un homme fort pressé, notre regard se croise, c’est lui. Il me sourit et ajoute :

« Désolé, je suis en retard, mais mardi prochain j’essaye d’arriver plus tôt, lisez le journal je vous tiendrais au courant, sur ce il m’embrasse à la commissure des lèvres et disparaît happé par la foule.

Je suis scandalisée, car ce n’est pas un sourire aussi beau soit-il qui lui permet d’être familier avec moi. Si j’avais tourné la tête à ce moment-là, il m’embrassait sur la bouche. Dans mon for intérieur peut-être que c’était ce que j’espérais. Pendant que mon train s’éloigne de Paris, je me remémore son regard et ce qui dégage de lui. Il va me falloir répondre à son annonce, je n’ai nullement envie de m’engager dans une affaire de cœur, un copain , certes je puis encore l’admettre mais un chéri, merci j’ai déjà donné et je ne suis pas prête à recommencer.

Me voici arrivé à destination, je descends les escaliers et regagne rapidement la petite voiture de fonction prêtée par mon coach. Au moment où mes yeux se posent sur le rétroviseur, il me semble voir s’éloigner mon inconnu de 7h 12, bizarre, ai-je rêvée ? Ou alors il a pris le même TER que moi ; mais il a bien vu que je suis montée, on aurait pu discuter bien que le wagon était plein à craquer, mais cela ne change guère des jours précédents et aussi des jours à venir. C’est cette promiscuité que je ne supporte plus. Entre les odeurs d’ambre boisé, de lavande bon marché où d’Ungaro, je me sens mal et j’ai bien souvent le cœur au bord des lèvres.

Je serais beaucoup mieux, ici dans cette ville, voir ailleurs au milieu de nulle part. Je possède une voiture de Société et je ne l’utilise que pour couvrir les 10 kilomètres qui me séparent de la gare. Je l’abandonne chaque soir n’ayant nullement envie de me retrouver dans les embouteillages de tous ceux qui reviennent sur la capitale où qui en partent. J’avoue que cela commence à me peser. J’en suis là de mes réflexions lorsque l’on tape à ma vitre. C’est mon inconnu, j’ouvre ma fenêtre souriante et là je suis stupéfaite.

Il me parle grossièrement et m’invective car il veut ma place. Je bredouille des mots sans suite et m’éloigne.

Tout en conduisant ma petite Clio, je réfléchis, obnubilé  par lui, aurais-je inconsciemment confondu mon inconnu avec ce malotru. J’ai sûrement raison et je suis arrivée devant la porte de mon bureau, porte anonyme parmi tant d’autres, mais là se cache toute une technologie que nos ennemis pourraient nous envier. Sans parler d’ennemis qui nous combattent, je veux parler des chasseurs de têtes, voire de projets. Derrière cette porte c’est secret défense.

Pierre, mon coach est là, comme chaque matin, il me serre la main, réajuste ses lunettes, refais le nœud de sa cravate et me propose un café, il ajoute sans sucre, noir et serré. Je souris, car maintenant il ne fait plus de gaffe. J’aime ce matin où nous nous retrouvons tous les deux pour parler de l’avancement de notre projet classé « TOP SECRET ».

Les autres arrivent peu à peu et se joignent à nous pour la rituelle réunion. Nous échangeons tout d’abord sur la météo, puis la morosité de nos concitoyens, et ensuite c’est le moment du briefing, et nous repartons tous plancher sur notre travail. Je m’attarde auprès de mon supérieur hiérarchique, j’ai une question qui me taraude l’esprit ; il faut que je lui la pose sinon je passerais une très mauvaise journée.

« Pensez-vous Pierre que l’Inde a toujours en tête notre projet  et pourrait soudoyer l’un d’entre nous comme cela s’est fait avant mon arrivée. »

« Pourquoi pensez-vous à cela Edith ? »

« Cela fait deux fois en une semaine que je croise un individu et je trouve cela bizarre, et ce matin il était à la gare. »

« Si vous pensez Edith que cet homme vous suis, il va falloir que pour quelques temps vous vous rendiez au pavillon bleu. « 

Sur ces mots il se lève, tire de sa poche une petite clef, ouvre un tiroir  et me tends une enveloppe fermée par un sceau rouge. Sans aucun mot je la prends, et il s’en va, me laissant seule face à mon enveloppe, dessus il est écrit »Ministère des Armées »

A SUIVRE………………….

Overdose

  • Salut Monsieur des hauteurs
  • Que voyez vous du haut de votre grandeur
  • Je vois un monde qui part à vau-l’eau
  • Et la terre qui manque d’eau
  • Sur la plus haute marche
  • Se dandinait une Bernache
  • Elle avait le syndrome
  • D’un escalier monochrome

  • Hello Madame L’oie
  • Que dites-vous si bas
  • Je vois une cité très délabré
  • Dépêchez-vous de la réparer
  • Sur le plus haut sommet
  • Grimpait un être humain
  • Assis dans la neige, il consommait
  • Abandonnant ses déchets tel un gamin
  • Dites-moi Monsieur
  • Êtes-vous sérieux
  • De saccager ce paysage grandiose
  • De vos erreurs j’en ai une overdose