L’inconnu du 7 h 12/8

Je leve les mains, mais je suis rapidement plaquée au sol, les collègues n’y vont pas de mains mortes.

Marie met la main à sa poche, les armes se braquent sur elle.

Doucement , je n’ai pas d’armes je me préparais à rejoindre mon travail, laissez- moi vous montrer mes papiers.

Celui qui semble plus où moins le chef la rabroue en lui disant :

Au sol !

Mon grade est plus élevé que le votre, écoutez-moi.

Il y a un léger flottement parmi ses collègues car elle nous a fait part l’autre soir de sa place au sein du GIGN. Si cela se trouve malgré leur cagoule, elle les a reconnu.

Finalement, ils ne lui laissent pas le temps d’en dire davantage, ils nous entraînent le faux Gwen ou Yves, Marie et moi-même

.

En sortant je vois Gwen, le mien qui met un doigt sur ses lèvres, je ne dis rien et me laisse entraîner par ces Messieurs.

Dès notre arrivée, nous sommes tous les trois séparés. Comme je n’ai rien dit et me suis docilement laissé arrêter, celui qui semble être le chef me demande de le suivre.

Je ne vais pas courber l’échine longtemps, je vais m’empresser d’en savoir davantage. Que me veut la cavalerie ? On me pousse et je tombe plus que je m’assois.

De suite je les invective :

Savez-vous qui je suis ?

Oui Caporal Mahusier

Là j’avoue qu’il me désarçonne un tantinet.

Vous auriez pu éviter de me jeter au sol comme une vulgaire criminelle.

Il fallait que cela passe pour une arrestation d’agents dangereux, voir de terroristes. Nous avons opté pour la manière forte pour que les badauds sur le quai et à l’extérieure se félicitent de votre arrestation. Quant à ne pas vous menotter il n’en était pas question devant l’individu qui nous intéressait. Vous étiez des dommages collatéraux, notre proie c’était le dénommé Mac.

Mac Intoch

Vous avez le mot pour rire, Caporal Mahusier.

Et vous ne me faites pas rire Commandant Le Gall. Je t’ai reconnu au son de ta voix, tu es le père de mon fils. Explique-moi, comment as tu pu savoir que j’avais rendez-vous avec ton Mac.

Ne me file pas une claque !

Ah et pourquoi donc ? M’aurais tu piégé ?

Disons au départ non, mais hier oui.

C’est toi qui a écrit le texte de l’inconnu qui n’en est plus un puisque tu viens de me donner son nom. C’est un nom d’emprunt.

Oui de circonstance

Et Marie ?

Marie est ma compagne

Je glousse, je comprends mieux la raison pour laquelle je la trouvais antipathique. Dimitri se marre car il lit en moi comme dans un livre ouvert.

Donc, Marie m’a entraîné dans ce traquenard alors qu’elle savait pertinemment que nous serions tous arrêtés. Mais pourquoi avoir aussi pris le risque d’arrêter le demi frère de Gwen ?

A cet instant, Marie entre et me lance :

« Ce n’est pas son demi-frère »

Les bras m’en tombent, ils ont un air de ressemblance.

Oui mais ça s’arrête là.

Mais et Gwen ?

Il ne le sait pas, Dimitri va t’expliquer.

Elle fait demi-tour pour assister à l’interrogatoire du suspect Numéro 1.

Edith, je m’excuse de t’avoir laissé croire, enfin de vous avoir laissé croire que Mac s’appelait Gwen.

C’est toi qui lui a donné le prénom de son frère.

J’ignorais qu’il était avec vous. C’est Marie qui vient de m’en faire part.

Mais qui est-il et que me veut-il ?

Tu es sa proie,tous les moyens sont bons pour t’attirer dans leur filet. Là ils jouent la carte du coeur sensible, mais ils ne te connaissent pas du tout. Bref ils vont tout mettre en oeuvre pour te kidnapper.

Parce que vous avez l’intention de les laisser faire.

Oui, car c’est le seul moyen de connaître le commanditaire. Tu seras sous surveillance constante et rapprochée. Je ne t’ai pas fait attribuer par le Ministère des armées la meilleure équipe. Ils connaissent leur travail.

Tu crois que la presse ne va pas faire écho de ce grand déploiement de force.

La presse écrira ce que nous allons leur dicter.

Quoi ?

Les trois personnes arrêtées ont été remises en liberté après qu’elles aient décliné leur identité. C’est un malheureux concours de circonstance. Les terroristes recherchées deux femmes et un homme ont profité de cette arrestation pour disparaître et se fondre parmi la foule.

C’est de pire en pire, vous allez affoler la population.

Ce n’est pas moi qui vais communiquer aux journaux.

C’est préférable crois-moi .

Nous avons arrêté deux de ses comparses, mais un jour , puis non viens avec moi tu vas comprendre.

J’accompagne l’équipe qui vient de montrer ses muscles sur le quai devant des badauds ébahis et descends dans les sous-sols de leur repaire.

Arrivée en bas je dois m’habiller comme le commando, il est vrai que se rendre auprès de prisonniers en jupe à fleurs ce n’est pas le pied.

Dès que je me noie dans le groupe on fait sortir trois hommes. L’effet est saisissant, de vrais clones. Je ne bronche pas mais j’ai le coeur qui palpite. Je ne laisse rien paraître mais c’est hallucinant. Gwen en trois exemplaires. Toutefois maintenant que je le connais bien je vois des différences.

Par groupe de trois nous allons les interroger, moi j’ai envie de rentrer chez Clément, je ne veux rien savoir de ces types, sauf la raison pour laquelle ils ressemblent à mon amour.

En parlant de mon cœur je le vois en train de discuter avec je ne sais qui, ainsi habillé il est difficile de savoir qui est qui ?

A grande enjambée il vient vers moi, me saisit par le coude et m’entraîne dans une cellule. Aussitôt je l’apostrophe :

Que t’as dit Dimitri qui sont ces clones ?

La seule chose qu’il est arrivé à savoir sans que ça compromette le résultat de ta mission c’est qu’ils ont tous subis une chirurgie faciale.

Il y a quelques choses qui me posent question, personne ne pouvait savoir que j’allais tomber amoureuse de toi.

En effet, mais cela va nous arranger, je ne t’en dis pas plus. Moins tu en sauras plus tu seras facile à retourner.

Il va falloir que j’entre dans leurs jeux pervers.

Oui, mais je serais là je veillerais sur toi.

Car tu crois qu’ils vont te siffler le jour où ils m’attraperont. « Vous ignorez tout du quand, comment, pourquoi ? »

Nous allons le savoir, un des trois s’est mis à table.

Je me demande pourquoi ces clones sont toi et non Éric ou Clément.

Ils n’ont pas de frères.

Et ton frère est-il un de ceux-là ?

C’est là où ça se complique je ne sais pas.

Les pointures de la gendarmerie sont où donc ? Ne me fais pas croire que vous ignorez où il se trouve ?

Gwen me regarde d’un air désespéré. Je ne sais que croire, tant pis nous verrons bien je saurai me défendre j’étais dans un corps d’élite. Je sais piloter un hélicoptère et je suis ceinture noire de plusieurs arts martiaux. Je n’ai pas peur de ces clones…

Enfin apres cette matinée riche en émotion nous voici reparti dans notre Havre de paix à 200 km de Paris. L’après-midi nous nous étions rendu chez le Ministre qui nous a donné des nouvelles de mon Boss, ces jours ne sont plus en danger mais il est mis en quarantaine afin d’être certain qu’il ne soit pas impliqué. Quant à être la taupe il en doute.

Mais souvent ce sont des personnes insignifiantes qui sont choisi et qui trahissent.Et là je dis au chef des armées que Madame Martin en est l’exemple parfait, espérant en le disant qu’il nous en dise un peu plus la concernant. C’est peine perdue il se ferme comme une huître et nous pousse vers la sortie en nous disant qu’il attend le Président du Mali.

Nous avons quitté l’autoroute et nous flânons sur une jolie route départementale bordée d’une jolie rivière et Ricky notre dandy en profite pour demander à Gwen s’il veut s’arrêter en bordure de la petite rivière qui serpente dans les prés pour faire une halte rafraîchissante voir plus.

Je ne suis pas d’humeur et je rugie plus que je ne lui parle :

Tu insinues quoi ? Que l’on pourrait s’envoyer en l’air.

Oh ne te fâche pas cela se voit comme le nez au milieu de la figure que vous fricottez ensemble.

Cela te dérange ?

Moi non, mais quand on est en protection on évite que les idylles aient lieux.

Sache mon cher Ricky que c’est une décision du Ministre. As-tu quelques choses à dire à ce sujet ?

Il ne dit mot, par contre je suis outrée des propos de Gwen, il m’aime sur commande. Je préfère faire celle qui dort que répondre à ses caresses.

Dès notre arrivée je ne reste pas en bas à boire un rafraichissement, je me précipite changer de tenue. Je redeviens la vamp. Mais Gwen ne l’entend pas ainsi il me demande.

Edith je te connais bien tu me sembles fâchée.

Ah ca se voit tant que ça, laisse moi passer.

C’est à cause de ce que j’ai dit à Ricky.

Je préfère ne pas lui répondre et range de ci de là des babioles pour cacher mes larmes, mais il n’est pas dupe et me force à le regarder. Et là la tension nerveuse m’envahie et je m’effondre dans ses bras en gros sanglot. Je n’arrive pas à me maîtriser.

Edith calme toi, je suis tombé éperdument amoureux de toi et le Ministre ne m’a donné aucun ordre, mais Ricky manque à ses devoirs de bienséance, j’ai voulu lui clouer le bec sans penser à te blesser.

Nous nous réconcilions sur l’oreiller et à nouveau je suis comblée. C’est un amant incroyable je vibre sous ses mains expertes.

C’est le téléphone qui nous rappelle à l’ordre. Enfin c’est Éric, il me passe Hugo qui veut trop m’en raconter, mon bout de chou en bégaye. Je passe plus de trente minutes en sa compagnie sous les yeux de Gwen qui me couvre avec bienveillance. J’ai l’impression de voir déjà le futur beau-papa de mon petit bébé.

Je raccroche le coeur en fête, hélas mon bonheur va être de courte durée. J’ai à peine raccroché que mon téléphone sonne à nouveau, tiens c’est Éric dis-je à Gwen.

Il a dû oublier de te dire une chose importante à ne pas dire devant ton fils.

C’est sûrement ça.

Je décroche : Oui Eric ?

Écoutez-moi bien Madame Mahusier ou devrais-je dire Caporal,nous détenons votre fils et votre mère. Je n’entends qu’une voix lointaine, sourde, métallique, le sol se dérobe sous mes pieds et je tombe telle une poupée de chiffon sur la moquette.

A suivre…

L’inconnu du 7 h 12/7

Une fois écrit, je m’éloigne de tout ce beau monde, d’un air enjôleur, je récupère le journal et sort sur la terrasse où je retrouve Ricky. Il me regarde avec ses lunettes cerclés d’or , son nez aquilin et ses lèvres extrêmement minces ce que je déteste au plus haut point, d’un air précieux. Comment a-t-il pu combattre au Mali en étant un dandy. Il n’y a pas un type de soldats pour aller dans un seul moule. Lui est à l’envers d’un Clément, Gwen et même Éric. En mon for intérieur je le prénomme le précieux ridicule.

Je vois à son haussement de sourcils qu’il s’interroge sur le ricanement qui m’a échappé. Je ne vais pas lui en donner la raison.

J’ai vu un entrefilet dans le journal qui pourrait s’adresser à moi, mais je n’en fait part à aucun d’entre eux. De toutes façons je laisserais trainer le journal je verrais bien si l’un ou l’autre m’interroge à propos de l’article concernant mon immeuble et plus particulièrement ma voisine.

Pourquoi l’article m’a sauté aux yeux ? Déjà le titre est révélateur :

 » L’honorable Madame Martin n’était pas la vieille dame bienveillante « 

Notre confrère qui a enquêté sur l’homicide de la rue de Vincennes nous a fait part de faits troublants concernant cette grand-mère très apprécié par ses voisins. En effet Madame Martin se trouvait au moment de l’incendie dans la chambre de sa voisine qui est la fille de l’ancien Général en Chef des armées. Elle travaille à Paris la Défense dans une Société d’Import Export. Qu’y fait- elle ? Selon nos sources c’est une secrétaire, elle vient de rentrer du Mali, et a quitté l’armée après cinq ans de bons et loyaux services.

Lorsque je lis je n’apprécie pas qu’aux yeux de tous on fasse allusion au grade de mon père. Mais à part ça tout est conforme. Ma couverture est parfaite.

Mais la suite m’interroge, il est noté que Madame Martin était une dame qui avait été mêlé à un drame quelques années auparavant, elle était sous couverture. Sous un faux nom. C’est tellement étrange, que je ne sens pas la présence de Gwen dans mon dos. Il lit par-dessus mon épaule et c’est au moment où il s’écrit :

Et bien en voilà une nouvelle, une bombe à retardement cet article.

J’essaye de jouer la montre mais il n’est pas dupe.

Arrete Edith tu lisais l’article et ton regard était tellement expressif que c’est la raison pour laquelle je me suis penché sur ton épaule pour regarder ce qui t’absorbais tant. Déjà je m’étais étonné que tu quittes en douce la pièce où nous étions tous.

Et bien maintenant tu en sais autant que moi, le pire c’est qu’ici nous ne pouvons rien faire, à moins que mon supérieur hiérarchique le Ministre m’appelle. Mais lorsque nous sommes sur la touche nous subissons un interrogatoire. Or personne ne nous a rejoint, et c’est le grand silence.

Tim.intervuent en disant :

N’oublie pas que ton chef te rejoignais, or ils ont eu un accident.

En effet, ce n’est pas que j’avais oublié mais personne ne nous a dit comment il allait. Cela ne fait pas avancer notre affaire concernant l’honorable Madame Martin.

Regarde qui a signé l’article et essayons d’en savoir davantage.

Oui c’est une idée, demande à Ricky s’il connait ce journaliste .

Pourquoi le précieux ridicule en saurait-il plus que nous ?

Quelle idee ce surnom !

Bah ce n’est pas bien méchant intervient Ricky, je pense qu’Edith adore nous donné des noms, pour votre gouverne « Madame je sais tout », dans le civil je suis journaliste. Et ce MC je pense le connaître. Je vais m’informer sur ce qu’il a découvert. Je vous souhaite une bonne journée.

Il s’en va raide comme un piquet, Gwen se fend la pêche, accompagné par les deux T et Momo qui immerge de sa longue nuit.

Riez tant que vous pouvez mais nous avons du travail. Moi je vais attendre le journal du soir, car nous n’aurons pas beaucoup de temps pour que vous vous débarrassez de moi.

C’est ensemble que nous allons mettre au point notre rencontre me dit Momo. Car nous n’avons nullement envie de vous jeter dans la gueule du loup.

Ah merci, enfin j’ai du soutien.

Gwen en profite pour m’enlacer tout en me disant :

Tu en doutais ma belle

Oui mon beau

Cela a au moins le mérite de détendre l’atmosphère qui était plus que tendu. Je m’éloigne dans le jardin, fatiguée par ces coups du sort qui se greffent les uns sur les autres. Je sais que je suis suivis. Lequel veut me parler en privé. Je m’asseoit sur le banc et j’admire les rosiers que Clément aime entretenir. Soudain une rose rouge me caresse le visage.

C’est Gwen, je m’en doutais un peu. Il est toujours blond , mais je me plais à l’imaginer brun et c’est l’inconnu de mon train que je vois, aussi lorsqu’il m’embrasse je répond à son attente. Je sens son corps se presser contre le mien et je le laisse s’aventurer sur moi. J’accepte toutes ses caresses plus audacieuses les unes que les autres, jusqu’à ce qu’un pas sur l’allée nous fassent reprendre nos esprits.

La récréation est terminée les tourtereaux, avant de me retourner vers Clément je réajuste mon haut qui laisse entrevoir une partie de mon anatomie. Je suis un peu déstabilisée en m’apercevant que je me suis offerte à Gwen et non à Yves. Puis son demi frère est plus une tentation qu’un être qui pourrait m’accompagner sur le chemin de vie que j’espère entrevoir pour mon fils et moi.

Clément oui tu nous as dérangé, rire de Gwen, c’est que tu as du nouveau à nous apprendre.

La première remarque que je dois vous faire, c’est que nous sommes garde du corps et non amoureux de …

Mon corps, nouvel éclat de rire, Clément excédé tourne les talons et nous annonce d’un ton ironique, mes roses m’appartiennent,demandez-moi l’autorisation pour les cueillir. Sinon Ricky sait qui est le pigiste. Nous vous attendons.

C’est autour d’un excellent repas froid car la chaleur en ce mois de juin est déjà excessive, que nous apprenons que le journaliste qui se cache derrière ces initiales est un petit pigiste qui débute. Ricky se rendra à la Tribune pour rencontrer son chef et en savoir davantage.

L’après-midi s’étire, Gwen et moi nous la passons ensemble. Nos deux corps s’imbriquent l’un dans l’autre. Je suis sur un petit nuage. Gwen est très protecteur et lorsque nous parlons il me dit que si nous allons plus loin tous les deux il s’occupera bien de mon fils sans prendre la place de son père. Nous n’en sommes pas encore là mais toutefois c’est la première fois depuis que Dimitri m’a quitté que je me sens comblée par mon amant.

Gwen et moi nous partons récupérer le journal du soir. Son frère a répondu, il m’attend demain matin sur le quai où l’on s’est télescopé il y a un peu plus de quinze jours. Nous rentrons car je préfère aller dormir à un hôtel non loin de la gare de façon à être au rendez-vous demain matin à 6 h 50, selon la demande de … Et là Gwen est en colère car son frère se fait passer pour lui.

Tout le monde y va de son trait de génie, pour les uns c’est Gwen qui écrit le mot , pour d’autres c’est un canular, d’autres encore disent que ça sent le roussi. A qui se fier ?

Finalement je vais y aller mais je modifie mon apparence. Rousse, des lentilles vertes, cheveux long et une jupe fleurie que me prête Marie et mon chemisier vert qui va très bien avec la jupe. Je ne met pas d’escarpins car si je suis obligée de courir il faudra que je sois à l’aise.Si rien ne se passe sur le quai je serai obligée de me rendre à ma boîte. A part Clément, Momo et la cheffe nous partons tous.

Nous allons dans une planque que Momo connait, il nous a donné les clefs, ce sera à la bonne franquette, car les lits ne sont pas nombreux. Ricky et Marie en partagent un, les deux T un autre et Gwen et moi le troisième. Mais Gwen modifie lui aussi son apparence il n’est pas question que son frère le reconnaisse.

Le lendemain nous sommes à pied d’oeuvre. Les deux T se rendent les premiers dans la gare et aperçoivent notre Inconnu. Ils se planquent et attendent. Gwen arrive et se paye même le luxe de demander à son demi-frère d’où part le train pour la Défense. Il le lui indique puis lui propose de venir avec lui car lui aussi se rend à la Tour de la Défense. Gwen a plus d’un tour dans son sac, il lui répond qu’il est en avance car il attend sa femme et ses gamins car ils vont jouer sur le parvis.

J’arrive flanquée de Marie, on papote comme deux vieilles connaissances, je fais signe à Gwen-Yves, qui me regarde incrédule et s’avance vers moi en me disant :

Qui est cette beauté ?

Je suis sa cousine et on s’est trouvé ce matin et vous, qui êtes vous ?

Un ami ravissante beauté

Tiens il nous joue la comédie, nous fait croire que nous sommes deux belles femmes à draguer et que du coup il peut partir avec l’une ou l’autre. Je me dit que c’est un sacré comédien.

Vous m’aviez reconnu ?

Non mais vous m’avez fait signe, à part vous je ne connais personne.

Vous avez envie de travailler par cette belle journée d’été, moi j’irai bien me balader sur la Seine.

Au moment où je vais pour lui répondre, nous sommes entourés par le GIGN. Et emmené manu militari par ces Messieurs.

A suivre….

L’inconnu du 7 h 12/6

Je n’en crois pas mes oreilles, mon « Inconnu » est inconnu de Gwen, tout au moins c’est ce qu’il raconte à ses collègues. Sauf qu’il sait qui il est mais ignore pour qui il travaille d’où la raison pour laquelle il dit qu’il est un inconnu.

Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple. Je me décide à mettre les pieds dans le plat et après être remonté le plus silencieusement possible je dévale les escaliers. Et j’arrive dans le salon. Ils ont l’air plus embarrassés qu’autres choses. Ils ont la tête de vrais conspirateurs !

Que se sont-ils dit pendant que je remontais ? Quelle idiote j’ai été !

Alors Mr Gwen ?

Édith ne lui donne pas du Monsieur, dis- lui Gwen, tu as bien compris on s’appelle par nos prénoms

Ou surnoms

Oui, qu’importe mais évite le Monsieur.

C’est Clément qui est à la manœuvre, ils ont dû le lui demander, pensant que j’accepterai plus facilement la pilule.

Nous allons t’expliquer ce que nous avons décidé. Il est possible que cela ne te plaise pas, mais nous n’avons pas le choix.

Ah qu’avez-vous concocté ?

Écoute, ne te fâche pas, mais comme nous sommes en autarcie, livrés à nous-mêmes. Nous avons pris l’initiative de te donner un rôle, tu vas continuer ta correspondance par petite annonce interposée. Et dès que tu sentiras que tu as ferré ce gros poisson tu lui donneras rendez-vous.

Quoi ? Mais vous êtes de grands malades. D’abord Gwen qui est ce type ?

C’est le fils de mon père.

Pff pas toi ?

Oui aussi mais nous n’avons pas la même

Mère ! Je m’en doute, il travaille pour qui ?

Je ne l’ai pas revu depuis ses dix sept ans.

Il était dans l’armée ?

Comme toi, où ça ?

Clement est obligé d’intervenir car c’est un véritable brouhaha, chacun y va de son idée. Il laisse le dialogue s’instaurer entre Gwen et moi.

Je ne sais pas

Il en est parti depuis quand ?

Mais comment veux-tu que je sois au courant. Il a coupé les ponts avec nous.

Ah et bien pourquoi etait-il sur la même ligne de trains que moi ? Que me veut-il ?

C’est bien ce qui m’inquiète, je n’en sais rien. Et…

Oui ? Qu’est-ce que tu n’oses nous dire ?

Je ne sais pas comment formuler ça ?

Un grand silence s’installe, Gwen bafouille, cherche ses mots. Il est d’un blanc cadavérique quand il reprend la parole.

Quand il vivait chez nous, il a fait des tours pendables.

Il vivait chez toi ?

En effet, car sa mère est décédée alors qu’il avait à peine 10 ans.

Ton père l’a imposé à ta mère ?

Non tu n’y es pas, c’est ma propre mère qui a voulu s’en occuper. Nuance, en plus elle nous a élevé ensemble lui était du début de l’année et moi de la fin de la même année.

Mais ses tours pendables consistaient en quoi ? Eric aussi en a fait. Et si cela se trouve vous aussi.

Bêtises ce n’est pas le mot approprié, c’est plutôt des…

Gwen en perd les pédales, il sent la suspicion dans le regard de tous les gros bras, la cheffe s’est éclipsée, nous devions la saouler. Et Miss Pincée ou porte de prison a l’air de s’ennuyer. Elle se fait les ongles.

Au départ se reprend Gwen, il traînait avec les voyous des quartiers Nord de Marseille. Guetteurs, petits larcins. Mon père lui faisait la leçon. Tout allait bien un ou deux jours puis il recommençait. Ensuite bravant l’autorité de mon père il fuguait. Puis…

J’interviens car je sens que la liste doit être interminable. Et je leur dit carrément que toutes ces bêtises auraient dû le conduire à la case prison. Du coup s’il a réussi à échapper à la justice je pense savoir où il s’est engagé.

Je vois bien qu’ils me prennent pour une illuminée. Mais je suis certaine de ce que j’avance. C’est le seul endroit où personne ne pose de questions.

Bon tu accouches

A la Légion Étrangère !

Mon trait de génie les laisse tous pantois, ils sont tellement sous le choc de mon idée qu’ils ne trouvent rien à redire.

Gwen est bien le seul à réagir :

Je pense que tu as trouvé où il se planquait ces dernières années.

Admettons qu’il se soit engagé à la Légion, le seul endroit où son passé ne lui mettrais pas de bâtons dans les roues. Mais tout ce que tu nous dit, intervient Clément ne nous dit pas pourquoi il suivait Edith et pour quelles raisons il lui fait du rentre dedans. Car il veut la kidnapper, sinon pourquoi déployer tout son charme à une femme parmi tant d’autres qui prennent cette ligne tous les matins. Il sait forcément où elle travaille. Et surtout que tu travailles sur un projet dont personne ne veut voir le jour.

Attendez avant de mettre en place une idylle entre Edith et Yves ou un nom d’emprunt, nous devons savoir s’il a quitté la Légion de son plein gré ou s’il a trouvé des commanditaires pour intervenir. Et si par un pur hasard il me trouve à son goût et que je lui plaise. En finissant ma phrase je sais très bien que ce que je dis ne se passe pas comme ça. Tout concorde pour que l’on me fasse disparaître, et que je sois retournée pour leur livrer les secrets d’État que je détiens.

Encore faut-il que ta théorie, Édith s’avère exacte.

Tiens voilà Miss Pincée qui conteste ce que je viens de dire. Elle a dû terminer sa manucure.

Si tu as une meilleure idée, nous sommes toute ouïe.

Je ne dis pas que tu as tort, je pense simplement que nous devons pas rentrer dans le lard de nos interlocuteurs. Il faut marcher sur des oeufs. Seul Gwen peut le faire. C’est ton frère ce sera plus plausible.

Bon je vais téléphoner

Au Ministre, ne passe pas par des subalternes, tape droit au but. Sinon je me demande si ce ne serait pas plus judicieux que ce soit moi.

Et pour quelles raisons ?

Votre ressemblance !

Mesdames, Messieurs calmez-vous. Cela ne sert à rien que chacun exprime son idée. Edith va aller avec Gwen et Tom au Ministère. Nous verrons où tout cela va nous mener. Par contre Edith tu peux nous dire quelques mots du Projet 50.

C’est un projet avant-gardiste, nul n’y a songé avant nous. Alors il doit falloir se pencher vers les Pays qui préfèrent la guerre à la paix.

Nous ne sommes pas sortis de l’auberge. A part l’Europe qui a payé un lourd tribut, je ne vois pas qui préfère la paix…

Trouver d’où vient cet espion est Mission Impossible !

D’où il vient , de France, tu devrais plutôt dire qui l’emploie ?

Russie, Chine, États-Unis, Iran , Syrie et bien d’autres. Me répond une nouvelle fois Clément.

Et bien d’autres…

Il a fait quelles études ?

Scientifique

Bah cela ne nous avance guère. Je vais me coucher. Demain j’irai avec Gwen chercher le journal. Bonne nuit. D’une seule voix j’entends :

Bonne nuit Edith.

Je récupère dans la cuisine une bouteille d’eau, et, au moment où je vais pour faire demi-tour je me trouve nez à nez avec Gwen.

Il a mis son bras en travers de la porte qui va vers l’étage, je suis surprise, il m’attire à lui et me dit :

Je vais te protéger, avec l’accord de mes collègues je vais dormir devant ta porte.

Je suis prise d’un fou rire car je l’imagine assis le dos à la porte, empêchant quiconque d’entrer. Hélas je suis vraiment naïve car ce qu’il me dit me déstabilise un tantinet.

Tu rêves, je ne vais pas dormir sur le sol, Non je vais dormir dans ta chambre.

Dans mon lit

Oui !

Tu te sens bien, il n’en est pas question.

Tu n’as pas le choix Edith, nous avons à faire à de grosses pointures. Et là c’est du travail comme un autre. Je ne te toucherais pas ce serait trahir tout ce à quoi je crois. Par contre tu ne m’es pas indifférente je l’avoue. C’est bien pour cela que mes compagnons d’armes m’ont demandé d’être la nuit ton garde du corps.

Ah bon et penses-tu que c’est réciproque

Disons que jusqu’à ce soir tu préférais Yves.

Oui tu as raison ce beau brun aux yeux bleus m’attirait. Toi ? Tu es teint ?

Oui

Pour quelles raisons ?

Justement pour éviter de lui ressembler.

Alors ressemble lui.

Nous sommes arrivés sur le palier et devant son air ahuri j’éclate de rire. J’entre la première, il attend mon feu vert pour se glisser à son tour sous les draps. Le problème c’est que je n’ai pas emporté de vêtements qui cachent mon corps. Je n’ai que des nuisettes un peu affriolantes. Et le pire il fait très chaud.

Edith qu’est-ce que tu fais ?

Ecoute, entre et j’aviserais pour la suite des évènements.

Gwen parle avec Clément dans le couloir, j’entends un bruit de ferraille et le rire des deux hommes. Qu’est-ce que ces deux-là manigancent ?

Lorsque Gwen entre il est en bermuda, torse nu, de belles tablettes de chocolat sur le ventre. A la main il tient une paire de menottes.

Qu’est-ce que tu fabriques et pourquoi riais-tu ?

A cause des menottes et de ce que Clément m’a dit.

Les jeux sados ce n’est pas ma tasse de thé

Et j’entends un rire à l’extérieur et Clément qui crie :

J’ai gagné mon pari, tu vois je la connais bien.

Ces deux-là se payent ma tête. Aussi je ne lui demande pas de quels côtés il préfère dormir. Je m’allonge et lui tourne le dos, auparavant j’ai éteins la lumière. C’est à taton qu’il s’approche du lit. Il m’attrape le poignet, je commence à me débattre. Que me veut-il ?

Edith arrête, tu dois m’obéir que ça te plaise ou non. Je te met les menottes à une seule main et je l’attache à mon poignet. Nous sommes l’un à l’autre sans l’être.

Je refuse catégoriquement, tu crois que si des types venaient à entrer tu pourrais me sauver en étant attaché à toi. Puis si la nuit je veux aller ou toi au toilette, on réveille l’autre. Vous êtes complètement dingue.

Il me dévisage et voit que je suis très en colère, aussi ni une ni deux pour me faire taire il plaque sa bouche sur la mienne et m’embrasse.

Je lui file une claque, me lève et l’entraîne au sol car il n’a pas eu le temps de se détacher. Je profite qu’il soit déséquilibré pour mettre mon pieds nu sur sa poitrine et je lui assène tout mon mépris.

Dégage et va dire a Clément qu’il vient de chuter dans mon estime. Quant à toi va te coucher où tu veux .

C’est la tête basse qu’il sort de la chambre.

Je ferme la porte à double tour, laisse la clef dans la serrure, je n’ai nullement envie de le voir débarquer en pleine nuit.

Boum… Boum mais qui tambourine à ma porte ?

J’émerge de ma nuit peuplée de cauchemar, ne réponds rien, file prendre une douche et met un short et un chemisier noué autour de mes seins. J’ai décidé de jouer la vamp pour ses mâles. Ils vont voir de quoi je suis capable.

Lorsque j’ouvre ma porte, je ri intérieurement en voyant les yeux ronds que me font les deux T : Tom et Tim. Je les salue en leur jetant une petite phrase ou est Tam ? Cela n’a pas l’air de leur plaire. Tom le rouquin me tend le journal et me dit :

On vous a répondu

Bien, je verrais ça plus tard je vais prendre mon café

Fort et serré oui il vous attend.

Super les garçons vous avez été bien briefé.

Je m’installe, il n’y a personne sauf les deux T, je tartine deux toast avec du beurre, un de plus que d’habitude, j’ai du temps. Je bois mon café chaud serré et ouvre le journal à la page des annonces.

Revenez mon amie, l’inconnu du 7 h 12 se languit de vous.

Je vous attends demain vendredi, le dernier jour de la semaine sous les panneaux de départ, je vous raconterais une belle histoire.

Décidément entre Gwen et l’autre dingue, son faux jumeau ils sont tous axés en-dessous de la ceinture.

Je vais lui répondre :

Je viens juste de rentrer de voyage je suis libre

Qu’es-tu en train de faire, attends que l’on se mette d’accord me crie Tom.

Et pour aller faire pipi il faut aussi que je vous demande.

Ne fais pas ta mauvaise tête. C’est sûrement très bien ce que tu as répondu mais il faut que nous en discutions tous ensemble.

Gwen, Clément, les nanas et les deux T sont là, l’autre dort encore. Je leur dit ma réponse de l’autre fois, du coup ils comprennent mieux pourquoi il me supplie de revenir.

Maud ou la pincée a une idée qui est approuvé par tous, elle nous en fait part, à moi de la mettre sur le papier. Il ne faut rien changer. Nous aviserons suite à sa réponse qui ne saurait tarder car ce quotidien a un tirage le soir.

A mon Inconnu du 7 h 12, avant de vous rencontrer, j’aimerais connaître votre petit nom. Confiez-le moi et si dans le tirage de ce soir vous me le dites alors je serai demain matin à l’heure qui vous convient sous le panneau de départ.

A suivre….

L’inconnu du 7 h 12/5

Leur rire n’en finissait plus, moi, je réfléchissais pour quelles raisons j’avais ce bout de papier qui ne me servait à rien.

Si je m’étais retrouvée seule à vouloir me rendre à ma destination qui aurait pu me renseigner ? Perdue dans mes songes je n’entendais plus leurs réflexions jusqu’à ce que le mot placebo m’interpelle.

Quoi j’ai une enveloppe bidon !

Plus un bruit dans la pièce, ils se regardent les uns les autres assez interloqués. Puis chacun y va de son idée.Pour les uns c’est une blague, pour d’autres, en effet c’est comme un placebo glissé dans une enveloppe, pour d’autres c’est inadmissible.

C’est Clément qui se ressaisit le premier, il me demande l’enveloppe qui était scellée. Il l’examine attentivement et s’aperçoit que cette enveloppe a été ouverte avant que j’en fasse sauter le sceau de cire. Donc ils ont bien raison, il y a une taupe au sein de ma Société, mais comment ont-ils su que j’allais quitter mon domicile.

Et lorsque mon cerveau rentre en ébullition c’est la turbo que je mets en route.

Je me lève et leur dit que je me retire dans ma chambre. Je suis épuisée mais il faut que je réfléchisse calmement.Je mets sur papier et sur mon ordinateur chacune des personnes que j’ai croisé dans les jours qui ont précédés tous ses incidents.

Un /Mme Martin décédée Assassinée

Deux /L’inconnu du 7 h 12 . Est-ce lui ou un autre qui est parmi les gros bras. Il lui ressemble mais…( A voir)

Trois/ Mon Boss Stéphane, bien mal en point car son pronostic vital est engagé, pour lui nous serons vite fixé,

Quatre/ Mes deux collègues du Bureau X et Y, je ne connais rien de leur vie et réciproquement.

Cinq/ le Concierge

Six/ Clément, et encore lui je ne l’ai pas contacté je suis arrivée chez lui comme une voleuse. Donc je me dois de le supprimer de ma liste.

Sept/ mon ex Dimitri, lui, c’est un coup d’un soir qui a mis en route notre fils, la seule chose que je ne peux lui reprocher c’est que notre petit garçon est aimé par ses deux parents, même si notre mariage éclair n’a été consommé qu’une fois. C’était juste pour éviter les problèmes pour lui, car il était en mission secrète lorsque nous nous sommes rencontrés.

Puis-je le considérer comme une taupe, non, je ne pense pas ? Mais nul n’est à l’abri de rien. Pourtant Dimitri est intègre. Puis nous aimons tous les deux Hugo et nous savons que notre fils a besoin de ses deux parents même si nous ne vivons pas ensemble. Je vais comme son ami Clément le rayer de ma liste.

Il ne m’en reste que 5 ou plutôt 6 puisque mes deux collègues je les ai mis sous un même numéro. Mais qui est la taupe ?

C’est à ce moment que l’on frappe à ma porte :

C’est, moi Gwen

Oui, et vous me voulez quoi ?

Rien de bien précis, sauf , allez-vous bien Edith ? Car en peu de temps vous avez été confronté à des événements dramatiques. Et…

Ah je comprends vous êtes un macho et vous me prenez pour une femme craintive, ayant besoin d’un homme baraqué comme vous.

Vous vous méprenez sur mon compte Edith, je vous le prouverai.

Je vous prends au mot, mais pour l’instant je suis plus dans la réflexion que dans le claquement de dents.

Je l’entend qui s’éloigne en riant. Je l’imagine bien se tapant sur les cuisses, rejoignant le gros de la troupe et se payer ouvertement ma tête. Heureusement que j’ai un allié en la personne de Clément, sauf qu’au contact de ses amis je l’ai senti loin de moi.

Je les rejoins , ne voulant pas être pris pour une mijaurée et le fait de tous appartenir à l’armée me réconforte tout de même. Le repas est délicieux notre cuisinière est une véritable cheffe. Le menu est apprécié de tous.

Consommé froid de Tomates.

Tranche de rosbeef et haricots Verts

Fromage de chèvres ou blanc Frais.

Salade de fruits de Saison
Café
 
 
Clément pour parachever le repas sort de derrière les fagots quelques bouteilles de digestifs Le macho prend un cognac et les autres prennent un rhum. La cheffe se contente de son café alors que la miss pincée prend une chartreuse jaune. Moi je m’en tiens à sa liqueur de banane rapportée de la Guadeloupe, c’est une tuerie. Clément y ajoute un nuage de rhum c’est ainsi que je l’apprécie.

Je profite de la discussion qui s’engage sur leurs faits de guerre et je m’éclipse.Mais lorsque je vais franchir le seuil de ma chambre je suis bousculée gentiment par mon inconnu.

On pourrait se dire tu, ne crois-tu pas

Je ne vous connais pas.

Faisons connaissance.

Que voulez-vous savoir de moi ?

Comment se fait-il que depuis deux semaines je ne fais que vous croiser ?

C’est une coïncidence, je n’ai su que ce matin que Clément cherchait une équipe de choc, j’ai dit oui de suite.

Il vous a montré ma photo, me reconnaissant, vous êtes empressé de venir.

Aucune photo, juste votre grade et votre nom, comme vous portez le même qu’Éric, j’ai pensé que vous étiez sa petite sœur dont il nous parlait au Mali.

Bon d’accord, je demanderais à Eric.Mais j’aimerais savoir pourquoi me parler par le Journal.

Pardon ? De quel journal parlez-vous ?

Tenez j’ai découpé les annonces, si ce n’est pas vous, et bien vous lui ressemblez. Là, j’ai marqué un but magistral, j’ai senti Gwen devenir d’un blanc à faire peur. Il s’est passé une main dans les cheveux et a murmuré.  » Non ce n’est pas possible. »

J’ai cru qu’il allait me laisser choir, non, il s’est assis sur le lit, la tête entre les mains et m’a juste dit :Je vais avertir mes collègues mais vous êtes en grand danger, par contre il va falloir continuer à entretenir ce dialogue à coup d’annonces pour ne pas lui montrer que vous êtes sur vos gardes.

Puis il s’est levé, m’a prise dans ses bras, serré contre lui, embrassé sur la joue. Et a quitté la pièce.

Il avait sur les épaules tout le malheur du monde.

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, mais j’ai laissé ma porte entrouverte et je l’ai suivie. Et, ce que j’ai entendu m’a fait dresser les cheveux sur la tête c’était pire que ce que j’imaginais.

A suivre…

L’inconnu du 7 h 12/4

Si les hommes sont de grands baraqués, les deux femmes doivent être là pour faire de la figuration. Je les vois mal s’opposer aux barbouzes qui ont mis à mal mon appartement et assassiné cette pauvre Madame Martin. Car je suis bien certaine qu’elle est passée de vie à trépas.

Clement discute sur la terrasse comme si tout ce beau monde était en visite de courtoisie. Comme c’est désagréable de se sentir sur la sellette sans savoir quel acte répréhensibles on a pu commettre.

Enfin tout ce petit monde se retrouve dans la grande pièce à vivre de Clément. C’est Éric qui est à la manœuvre. Il explique que je ne suis pas prisonnière, que j’ai le droit de me promener où bon me semble, sauf que chaque fois je serais accompagnée aux yeux de tout le monde avec une de ces dames. Et incognito par les armoires à glace.

Bien entendu que mon frère ne parle pas de meubles en me présentant mes geôliers, comme moi je les vois. Une drôle de prison dorée s’entrouvre sous mes yeux.

J’ai beau me les frotter je suis bel et bien la femme à abattre. La pauvre Madame Martin comme je le pensais n’a pas survécu à ses blessures. Clément fait les présentations des cinq hommes qu’il me présente comme ses compagnons d’armes, du reste mon frère les connait aussi. Nous sommes tous à des degrés diverses issue de l’armée.

Tom de l’escadron de la mort, tous rigole lorsque mon frère me le présente de cette manière. Je ne veux même pas savoir ce que cela sous entend.

Tim du 5ieme para de Pau

Tam est certainement le troisième, qu’elle idée de leur changer leurs prénoms, je bouillonne intérieurement. Cela m’agace au plus haut point ce simulacre.

Gwen du Morbihan

Ah enfin un qui a un prénom qui me plaît. Mon regard croise le sien et je suis tetanisée par ce regard métallique. Il ressemble à mon inconnu. Je sens le sol qui se dérobe sous mes pieds et je sombre dans le néant.

Je reviens à moi et la première personne que je vois c’est l’inconnu, qui n’est plus un inconnu puisque j’ai entendu la fin de son curriculum, Gwen du Morbihan second maître de la base de Lann Bihoué .

Chut , ne dites rien, ne me trahissez pas.

Ne pas vous trahir mais de quoi ? L’autre jour c’est tout juste si vous ne me preniez pas en flagrant délit de je ne sais quelle faute ?

J’en suis confus c’était une erreur, veuillez me pardonner caporal.

En plus vous connaissez mon grade.

C’est moi qui vient de lui le dire, c’est Clément qui intervient.

Ici aucun grade juste une bande d’amis venu se rendre visite. Comme tu nous as fait peur, nous avons abrégé les présentations et Éric est parti pour Nantes pour récupérer ton père. D’ici trente minutes nous aurons un contact avec ton père, nous te laisserons lui parler sans te surveiller. Personne ici ne te veut du mal. N’est-ce pas Gwen ?

Pourquoi me prends-tu à témoins

Car il.n’y a que toi et Edith !

Ah ok, tout le plaisir était pour moi Edith, à mes heures perdues je suis aussi médecin et je puis vous dire que vous avez fait une hypoglycémie. Je vous ai mis ce qu’il fallait dans la perf que je vous ai mis en goutte a goutte.

J’allais vous le demander. Merci.

Plus tard j’ai fait connaissance de Momo qui était dans les chasseurs Alpins sur Besançon, j’ai même oublié son grade tant j’étais troublée par le Breton.

Le cinquième se fait appeler Ricky, légèrement américain, il est blond aux yeux bleus et mâchent du chewing-gum toute la journée. Il m’agace au plus haut point. Lui est aviateur confirmé Pilote de chasse sur rafale. Une fois qu’il a eu finis de me raconter tous ses exploits je suis sortie en chantant : « Toute ma vie j’ai rêvé d’être hôtesse de l’air toute ma vie j’ai rêvé d’avoir les fesses en l’air. » Je l’ai entendu murmuré, ça promet …

Quand aux deux femmes, l’une est une chef de sa cuisine et elle est là pour remplir notre garde-manger et nous nourrir, elle aussi vient tout droit de l’armée, mais elle ne l’a pas donné son grade, du reste cela ne m’intéresse nullement.

Quand à Marie, prénom passe-partout elle est ma demoiselle de compagnie du même grade que moi au sein de la gendarmerie. J’espère que nous pourrons échanger un peu plus que ce qu’elle m’a laissé paraître d’elle. Une vraie porte de prison. Ça promet.

Tout ce beau monde a trouvé un coin pour dormir. Le bras long de Clément a réussis à réquisitionner les deux maisons qui se trouvent chacune aux angles de sa propriété, il a même ouvert une brèche dans le grillage de façons à ce que personne ne vienne de la route. Surement une sage précaution en cas de coup de Trafalgar.

C’est à 20 h que mon père a appelé et comme convenu avec Clément j’ai pu m’isoler afin de parler à mon petit garçon.

Mon bébé c’est Maman

Je ne suis plus un bébé, j’ai quatre ans.

Oui mon cœur

Tu reviens bientôt, tu me manques

Ensuite un cri à faire pleurer toutes les mamans du monde, c’est terminé il ne veut plus me parler, c’est Maman qui prends le relai.

Ma pauvre Édith je le savais et ton petit se languit de toi. Il ne faudra plus tarder. Allez nous allons dormir. Bonne nuit et fait bien attention à toi.

Le repas qui suit est lugubre, je me sens exclu de cette bande de joyeux lurons, ils ont l’air de bien se connaître. Pendant tout le repas j’ai le regard de Gwen posé sur moi, tantôt moqueur, tantôt agacé. Si c’est moi qui l’agace ça promet. Je ne sais pas pour combien de temps je suis là.

Au moment du café Tom me demande d’ouvrir l’enveloppe. Avant que je la récupère dans l’ourlet de ma ceinture les paris sont engagé pour savoir s’ils connaissent cette fameuse planque.

J’ouvre soigneusement l’enveloppe, fais sauter le cachet de cire et lit :

 » Vous êtes arrivé à destination »

Un eclat de rire secoue l’assemblée, il n’y a que moi qui ne comprend rien.

A suivre…