Une histoire extraordinaire ( suite2)

Nos deux lutins répondaient aux jolis noms de Tic  et Tac.

 

Ils aimaient  s’occuper de leurs amis avec beaucoup d’amour.

Ils partaient le matin ramasser du bois pour agrandir leur maison.

 

Quand ils rentraient le soir leurs enfants avaient

de si grands pieds qu’ils ne pouvaient plus rentrer dans leur berceau.

 

 

 C’était la pendule qui leur avait encore joué un tour.

Un jour Tic le papa décide de s’en aller afin de rendre visite au chef des lutins.

 

Il prend sous son bras la grosse pendule et part le rencontrer pour lui demander d’ôter le sort que leur pendule avait dû subir.

Le chef des lutins eut beau se gratter la tête,

Tirer sur sa barbe,

Se friser sa moustache.

Rien n’allait comme il le voulait.

 

Car la coquine leur faisait des farces.

Lorsque le chef était là,

Elle vivait sa vie normalement,

 Les heures s’égrenaient comme chez chacun d’entre nous.

Mais dès qu’il avait le dos tourné, les aiguilles reculaient et avançaient.

 Elles menaient une danse infernale, une sarabande à faire perdre le peu de cheveux de Tic.

 

Pendant ce temps dans la maison des lutins tout est redevenu normal, la vie suit son cours . Tac imagine que Tic après sa rencontre avec Toc-toc aura de bonnes nouvelles à lui raconter.

A suivre…

Le prince du désert

 

prince-desert

 

Il est apparu un soir où le sable annonçait une tempête

Sa djellaba flottait autour de lui et l’enveloppait tel un fantôme

A surgir ainsi  de nulle part elle aurai du être inquiète

Et pourtant  elle savait déjà qu’ils allaient former un binôme.

 

Il était immense et se découpait dans le ciel de braise

Il avançait d’un pas noble et ne se souciait pas du vent qui se déchaînait.

Ses paroles coulaient comme du miel , il ne lui comptait pas fadaises

Fascinée par l’aura qu’il dégageait ,ses  pas elle ne freinait.

 

Plus tard dans sa tente dressée sous la voûte étoilée

Il dessinait pour cette inconnue des signes incompréhensibles

Puis il posait sa main dans ses cheveux et s’amusait à les emmêler

Alors elle riait en lui disant tu es incorrigible.

 

Mille questions affluaient à ses lèvres

Mais sa bouche gourmande les faisait taire,

Leurs regards s’accrochaient et ils avaient la fièvre

L’amour irradiait de son corps comme la chaleur du désert.

 

Il transportait dans des abîmes profonds celle qui osait le toucher

La volupté régnait en maître sous ses caresses osées

Mais celle qui avait croisé son regard ne semblait pas effarouchée,

Et pourtant sa prestance avait de quoi l’imposer.

 

Son regard aux reflets changeants envoûtait quiconque le regardait

Mais rien n’était plus beau que cet amour conjugué à deux

Sans un mot ils se comprenaient, jamais il ne la grondait

Il riait à chacune de ces facéties et repoussait sans cesse leurs adieux.

 

Mais lorsque la folie des chiffres l’emportait il restait sourd à ses appels

Ce grand mathématicien s’adonnait à son travail pour parachever son oeuvre

Algèbre et géométrie  avaient la précision d’un coup de scalpel

Rien n’était laissé au hasard, surtout pas en mathématique, il allait au chef-d’oeuvre.

 

Il alignait des chiffres, des équations jusqu’à l’aube

Puis satisfait du résultat il laissait les mains de son amour parcourir son corps

Il riait lorsqu’elle comptait ses vertèbres, en jouant au professeur.

 

Quand elle se trompait, tout se terminait par des baisers

Et à nouveau l’amour les enveloppait

Pour enflammer leur corps et petit à petit s’apaiser.

 

Ai-je rêvé? Est-ce le prince du désert? Ce que je sais c’est que je le dédicace à Zoheir un ami qui aligne plus les chiffres que les mots.

 

 

EvaJoe copyright septembre 2016

 

Le croupier!

Un de mes fils qui cherchent du travail c’est vu proposer croupier. Voici la raison pour laquelle j’ai écrit ce texte, ne fréquentant par les casinos je me suis fiée à mes lectures et à ce que l’on dit de ce milieu.

roulette

Les billes s’élancent sur la roue de la chance

Les joueurs misent selon leur idée avec élégance

Est- ce vraiment calculé ou une probabilité?

L’un joue les mains dans les poches, avec légèreté.

 

Même si il y a défaite, il sait qu’ici c’est le hasard

Qui lui permettra d’empocher le pactole, rarement un milliard

Sa stratégie est payante il a une bonne martingale

Il l’a mise au point, pour lui rien d’illégale

 

C’était juste pour un soir, le temps d’une croisière

Demain il ira jouer au black jack et sera en colère

D’avoir miser son gain de la veille

Et perdu à cause de mauvais conseil.

 

Pour les uns c’est un passe temps

L a frénésie du jeu les emporte, c’est palpitant

Pour les autres si ils reçoivent des pourboires, c’est  un métier

En une nuit ils voient la joie et les pleurs car ils sont  croupiers.

 

Le crime de la Croix du détours! (suite 2)

Aubin, son ami de longue date, il crie, Jules hésite, que faire? Entrer et suivre cet inconnu ou courir au travers de la forêt vers son ami. Puis après un court instant, Jules se rue dans la forêt, son ami, son grand ami est en danger, hurler de cette manière ce n’est pas possible, qui lui fait du mal? Qu’est-ce qu’il a pu voir pour avoir crié de cette manière ?  Les ronces arrachent à Jules de petits cris de douleur mais il ne s’arrête pas, il court à perdre haleine, il faut savoir ce qui se passe. Brusquement il aperçoit la jolie clairière ou les amoureux vont le dimanche, les cris ne venaient pas de là, il s’est légèrement dévié lors de sa course effrénée. Aussi il rebrousse chemin et part dans la direction opposée, quand soudain il entend pleurer, Aubin ne pleure jamais, cela ne peut -être lui, Alors qui? Quoique? Au vu du hurlement qu’il a poussé, il est peut-être blessé, mais Jules a  son sixième sens qui vient de lui dire de freiner, de ne pas se montrer de suite, si il y eu une lutte, l’autre est peut-être encore là? Il avance doucement et aperçoit deux pieds dépassant d’un buisson de mûres. Ce ne sont pas ceux d’Aubin, ceux-là sont plus petits; il s’approche, recroquevillé sur lui-même il voit le petit Jean, le frère d’Aubin, il sanglote, son visage est tuméfié. Jules n’écoutant que son courage se précipite vers l’enfant. Quand ce dernier le voit, au travers de ses larmes il esquisse un piètre sourire.

– Mon petit Jeannot, qu’est-ce qui s’est passé?

C’est Aubin!

Aubin t’as frappé?

Dès que Jules prononce ces mots, il les regrette, ce n’est pas le genre d’Aubin, jamais il ne l’a vu frappé un seul camarade alors encore moins son frère, mais pourquoi le petit est dans cet état. En plus de son visage noir, il a une belle bosse au front et ses deux genoux sont écorchés.

Non ce n’est pas Aubin, c’est le loup garou

En entendant ce nom, Jules se signe et pourtant cela fait belle lurette qu’il n’a pas mis les pieds à l’église du village.

Voyons Jeannot tu sais bien que le loup garou n’existe plus, cela fait longtemps que nos grands-pères l’ont chassé!

Mais le petit pleure de plus belle et s’entête en disant le loup garou il a enlevé Aubin…

Arrête Jean, il est rare que l’on appelle l’enfant ainsi, sauf ceux qui sont en colère contre lui, Jules veut lui démontrer qu’il n’aime pas  ce qu’il vient de dire. Mais malgré le courroux de Jules, l’enfant insiste.

Il a frappé Aubin et il a dit, toi le garnement tu payeras pour l’autre.

Jules est perplexe, pour qui devra payer Aubin, et qui l’a emmené, et aussi pourquoi? Trop de questions lui viennent à l’esprit. Mais pour le moment il doit ramener le petit chez ses parents Il faut faire vite car il doit savoir ce qui se passe au château, et surtout chercher Paulo pour que tous les deux commencent les recherches. 

– Dis-moi Jeannot il était comment le loup garou?

Il avait un grand chapeau noir, une grande cape noire, son visage était plein de barbe noire, et un grand martinet  avec pleins de lanières.

Il vous a frappé tous les deux?

Oui moi sur mes mains pour que je lâche Aubin, et mon frère sur le visage, il lui a ouvert la figure ça coulait du sang de partout.

Aubin a crié?

Oui il a hurlé, c’est pour ça que je pleure, puis le loup garou il m’a poussé contre l’arbre et après je ne sais plus, c’est toi qui m’a réveillé, j’ai dû m’endormir.

Non Jeannot, tu t’es évanoui.

Jules se gratte la tête, il est perplexe, pourquoi cet homme a agis ainsi, car c’est forcément un homme, les loups garous ce sont des histoires à faire peur aux enfants. 

Allez, monte sur mon dos petit Jean, nous allons couper au travers de la forêt et nous suivrons la rivière, nous la traverserons vers le lavoir et je te déposerais chez toi. Tu sauras expliquer à ta mère ce qui est arrivé à ton frère? 

Non, il faut que tu viennes avec moi!

Jules soupire, décidément cette journée est riche en émotions de toutes sortes. Un meurtre, une disparition, le retour de son père; Il sent que rien ne sera plus comme avant, mais il ne sait pas encore ce qui se trame, si on lui l’avait dit en cette fin d’après-midi, il est possible qu’il serait partis se cacher. Mais là, il continue son chemin et rejoint en aval du pont la petite rivière ou pas plus tard que ce matin s’est joué un drame. Les deux affaires sont-elles mêlées. Jules ne peut pas répondre, mais toutefois il a un sentiment étrange que de près ou de loin, tôt ou tard il y sera mêlé. Lorsqu’il franchit la petite barrière, il voit la maman de ses copains qui berce sa petite dernière, elle se lève en voyant le visage tuméfié de son garçon, et couche la petite dans le grand panier qui sert aussi pour ramener le linge de la rivière.

Bonjour Madame prononce à voix basse Jules

– Tu n’es pas avec Aubin? Pourquoi me ramènes tu son frère, ou est mon aîné?

Jules ne sait pas quoi dire à cette femme qui l’observe avec ses yeux bleus clairs, il bredouille des mots sans suite, mais Madame Gros ne l’entend pas  de cette oreille, elle secoue Jules en le sommant de parler

Jeannot m’a dit qu’Aubin s’était fait enlevé

Pour la seconde fois de la journée, Jules entends ce cri qui le glace d’effroi, bien plus que celui d’Aubin, ce tantôt. Quand le père Gros entend hurler sa femme, il sort de son appentis et se précipite vers elle.

 Qu’as-tu la mère?

Elle sanglote et ne peut parler, aussi le Père Gros se retourne vers son jeune fils et lui demande ce qui s’est passé, et surtout qu’est devenu Aubin.

C’est le loup, le loup garou qui a emporté dans son grand sac mon frère.

Le père qui n’est pas tendre, tourne une claque au gamin qui s’effondre au sol en pleurant de plus belle, aussi Jules s’armant de courage ose affronter le père de ses amis.

–       Monsieur Gros ?

–       Que veux-tu Jules ? Si tu sais quelques choses d’intelligent tu me le dis, sinon tu rentres chez toi.

–       Je me promenais dans la forêt en attendant mes copains lorsque j’ai entendu Aubin hurlé, aussi je me suis précipité et j’ai trouvé petit Jean évanouis sur le sol, je l’ai secoué et quand il s’est réveillé il m’a dit qu’Aubin avait été emmené par un homme qui avait de la barbe partout sur le visage, un grand chapeau noir et une houppelande de la même couleur. Voilà c’est tout ce que je sais, Monsieur.

–       Est-ce que Jean t’as parlé du loup garou, ou bien c’est toi qui lui a mis ses idées dans la tête ?

–       Non c’est petit Jean qui m’en a parlé, moi, j’ai préféré vous dire un homme, car je sais qu’ils n’existent plus les loups garous.

–       File chez toi, Jules, je m’occupe du reste.

Jules ne se le fait pas dire deux fois, il redescend vers la rivière mais au moment où il va traverser on l’appelle, c’est Paulo qui vient à sa rencontre.

–       Je t’ai cherché, cela fait deux heures que je tourne en rond, ou étais-tu passé ?

Rapidement, Jules lui raconte ce qui vient de se passer, il se gratte le menton l’ami Paulo, signe d’une grande perplexité. Mais Jules a gardé pour lui le mort de la rivière, et l’homme de la forêt, il sera toujours temps de lui en parler si le besoin s’en faisait sentir, en attendant, il quitte Paulo, car il sait que la maréchaussée ne va pas tarder, il a vu le Père Gros attelé la mule. Il ne sait pas quelle contenance prendre quand il les voit, et dans ces circonstances il lui semble que tout se lit sur son visage. Aussi Jules file dans la forêt et rejoint le château, espérant découvrir des indices concernant son mystérieux homme. Quand il est à quelques encablures, il entend un son étrange, c’est la cloche du château, cela fait belle lurette qu’elle n’a pas sonné. Les gamins du village la sonnaient parfois, mais depuis que le garde champêtre les surveillait, ils évitaient. La cloche sonnait comme le tocsin, c’était fort lugubre, heureusement que ce n’était pas la nuit, sinon Jules aurait pris ses  jambes à son cou. Il avait beau dire et fanfaronner qu’il n’avait pas peur, le son glacial le mettait mal à l’aise. Aussi pour ce jour il n’avait plus du tout envie d’aller là-bas, s’en était trop pour une seule journée. De plus il n’avait pas fait ses devoirs, et il ne voulait pas que le maître le sermonne, ce n’était pas son genre, et il avait toujours rendu ses devoirs en temps et en heures. 

 

 

A suivre

Le dénouement – chapitre 13

Lorsqu’au matin France franchit la grande porte du laboratoire, elle a pris sa décision, elle démontrera à son cousin qu’elle est différente de lui. Elle lui donnera deux choix, soit il se retire, soit il crée deux laboratoires en un seul, lui gardant la partie recherche pharmaceutique comme il l’a fait jusqu’à présent, et elle, aura en charge la ligne parfum.

Elle monte les marches et savoure l’instant où elle va se retrouver face à son cousin. Mais pour l’instant, elle se regarde dans la grande glace qui est en-dessous du portrait du fondateur, leur arrière-grand-père. Un regard qui la satisfait. Elle a vêtu son tailleur « chance » comme le surnomme Denis, un ensemble crème avec son foulard vert assorti à ses yeux. Elle s’est maquillée discrètement, enfin elle peut être elle-même désormais. Sa vie va reprendre son cours.

Elle décide de prendre les escaliers qui l’emmènent au premier étage, puis à ce moment, ne voulant pas trop attendre, elle prend l’ascenseur et se rend rapidement au quatrième étage. Elle savoure ce moment qu’elle a tant attendu, il n’y a personne, même les femmes de ménage ont terminé leur travail, pourtant elle sent comme un parfum, un sillage d’un parfum connu…Bizarre, mais elle ne s’attarde pas sur cette odeur, elle continue sa lente progression. Tiens se dit-elle, la porte du bureau de son père, qui était celui de Fabien jusqu’à hier, est entrouverte, c’est étrange, il est possible que les femmes de ménage aient oublié de la fermer. Il y a une odeur de pipe, cette odeur qu’enfant elle aimait, lorsqu’elle se rendait chez Bonne Maman, cet odeur venue d’Orient, qui, ce matin se trouve mélangé à un parfum. Quand elle pense à sa Bonne Maman, elle se souvient que c’est le jour où son bonheur s’est évanoui le jour de ses dix ans

Les souvenirs se bousculent, elle se revoit enfant jouant dans le bureau de son père à la poupée, c’est si loin, il s’en est passé des choses depuis. Son père, les difficultés dans le travail, l’internat, le retour de sa maman dans sa vie, puis la disparition de son père, aujourd’hui il lui manque tellement, comme il serait heureux de la voir bardée de tous ses diplômes prendre possession du laboratoire ou, ensemble, ils feraient, tous les deux, leur premier pas. Mais il ne faut pas vivre que de rêves, la réalité est là. Différente, mais elle va aimer se donner corps et âmes à l’entreprise familiale. 

  Elle continue, le couloir se fait long, comme si elle voulait à la fois retardée ce moment ou elle prendra possession du bureau de son père, ou elle fera table rase du passé. Mais elle sait que tant qu’elle n’aura pas de nouvelles de son père, sa vie restera suspendue à un fil, qui pourra l’aider ? Denis, cet homme qui l’aime, et, qui déjà est auprès d’elle et qu’elle chérie tout autant.

 Maintenant elle accélère son pas, son cœur bat à tout rompre. Voilà, c’est l’instant qu’elle attendait. Elle entre, le fauteuil du « Boss » est tourné côté fenêtre,  dans la pénombre il lui semble voir une silhouette, Fabien serait donc déjà là, et l’attendrait. Mais il n’est pas chauve, qui a pu s’introduire dans le bureau, mais elle n’a pas le temps de se le demander, à ce moment-là le fauteuil du « Boss » bouge et se remet dans la position normale face au bureau et elle entend ceci :

–       Enfin te voilà ma chérie, j’ai vu que tu avais emporté le coffret, je t’ai attendue, cela fait si longtemps, comme tu as tardé !

Et devant France abasourdie, la silhouette, qui, dans la pénombre, elle n’avait pas vue, se lève et s’approche d’elle ; alors venant d’outre-tombe elle n’a qu’un cri :

–       Papa !