La révélation (chapitre 8 )

Après les événements de la nuit, Victoire avait traîné au lit, puis sous la douche et c’est d’un pas lourd qu’elle avait rejoint l’ensemble de l’internat qui déjeunait dans un joyeux brouhaha. Les langues allaient bon train, chacune semblait tout savoir sur la manière dont s’étaient déroulés les événements de cette nuit. Toutes y allaient de leur remarque. A part les instigatrices, peu savaient ce qui s’était  réellement passé.

Victoire en arrivant vit la porte fermée, mais elle pensait pouvoir se glisser anonymement dans la salle à manger et gagner une place libre. Hélas, rien ne se passa comme elle l’espérait. A son entrée, la salle a oscillé entre le fou rire et le silence. C’est le silence qui l’a emporté, un silence hostile, qui pouvait glacer le sang de Victoire, qui, à ce moment-là s’est sentie jugée par toutes les internes. Elle a gagné rapidement sa place et s’est assise sous le regard de centaine d’yeux méprisants. Elle qui pensait que peu seraient au courant, là, il lui fallait bien s’avouer que c’était peine perdue. Puis petit à petit alors qu’elle restait figée sur sa chaise, les conversations ont repris, mais malgré tout elle se sentait la cible de toutes les élèves de la sixième à la terminale. De plus elle ressentait en son for intérieur une grosse humiliation. Tout en déjeunant du bout des lèvres, elle savait que la directrice l’attendait, qu’allait-elle lui dire ? Qu’allait-il se passer ? Elle voyait bien que c’était elle qui allait faire les frais de cette aventure. Elle qui avait été enfermée, et non celles qui l’avaient enfermée. Elle ne pourrait être renvoyée, son père s’y opposerait, il avait tellement de travail, la preuve il l’avait déposée là en pleine nuit comme un paquet. Ce père dont elle avait rêvé alors qu’elle était enfant, et qui venait d’apparaître dans sa vie, ce père qu’elle avait idéalisé et qui brutalement lui était revenu…Bien sûr il ne savait rien, sa mère avait caché sa grossesse à tous. Mais il n’était pas l’homme dont elle avait enjolivé sa vie étant enfant. Son prince charmant, c’était un homme beau qui possédait les mêmes cheveux qu’elle, mais ses yeux étaient d’un vert comme la mer un jour d’été. Ce père qu’elle n’avait vu en tout et pour tout que quinze petits jours et qui, brutalement lui avait fait quitter les Etats Unis où, selon ses dires, rien ne le retenait, l’avait emmenée en France. A ce moment-là elle était encore accompagnée par sa tutrice, mais c’est lui seul, après l’avoir présentée à sa mère, qui avait décidé de l’emmener dans cet internat. Au grand dam de sa tutrice, seule sa mère avait compris. Quant à sa tutrice, elle s’était inclinée et avait compris la raison pour laquelle il la mettait dans cette pension, elle avait eu beau le supplier, il lui avait bien fait comprendre que c’était en attendant qu’il règle des affaires importantes, la meilleure solution. Elle sentait de la part de sa grand-mère une certaine animosité, Victoire en connaissait la raison, sa mère avait aimé ses deux fils, et le patriarche, son grand-père avait fait comprendre à ses fils que fréquenter cette femme c’était une mésalliance. Tour à tour il l’avait laissée sous la pression familiale. Seul son père avait affronté le patriarche, mais devant le courroux du vieil homme il avait cédé, tout en demandant à son frère de lui trouver une place dans leur société. Pour sa mère, cette place lui avait permis de garder la tête hors de l’eau surtout lorsqu’elle s’était aperçue qu’elle attendait un enfant de son amour d’adolescence. Et la suite, Victoire la connait, elle avait vécu dans l’ombre de ce père qu’elle ne connaîtrait jamais jusqu’au jour  où lors de l’ouverture d’un testament chez un notaire, Victoire avait appris les noms et prénoms de son père, et la possibilité à ce dernier de pouvoir la connaître et la reconnaître, chose plus importante aux yeux de sa mère. Sa maman était morte des suites d’un cancer.

Tout en allant à son rendez-vous chez la directrice, Victoire se souvient de son père lui expliquant qu’il lui demandait de faire connaissance avec sa petite sœur, et de lui dire qui elle était. Il savait qu’elle aurait un choc, mais elle avait toujours rêvé d’avoir un frère ou une sœur. Il lui avait demandé de lui dire tout son amour pour elle, et que bientôt ils vivraient tous ensemble. Victoire devait lui remettre une lettre en mains propres et non la mettre dans son casier comme elle l’avait fait. Elle avait aussi menti à ses camarades de chambre car elle n’avait pas voulu leur dire que cette mère qu’elle chérissait énormément était trop tôt partie, et, elle leur avait dit qu’elle était vivante.

Quant à France, elle lui ressemblait, sauf qu’elle possédait les fameux yeux verts de son papa. Toutes les deux étaient brunes avec de belles boucles, si France les avait gardées longues, ce n’était pas son cas, elle avait détesté ses cheveux, alors elle les faisait couper très courts,  maintenant elle en est certaine, elle l’allait les laisser pousser. Son père lui avait dit de l’informer dès qu’elle en aurait parlé à sa sœur, ce qu’hélas elle n’avait pas fait, elle ne lui avait jamais écrit.Tout en cheminant vers le bureau de la directrice, Victoire se souvient du moment où son père s’en est allé, il était venu avec elle pendant l’absence de France, pour justement  lui laisser sa chance de faire connaissance. Et elle avait tout raté. Il faut dire que son arrivée avait été assez chahutée par les filles de sa chambre, elles s’étaient un tantinet moquées d’elle, mais elle n’avait rien fait pour en rire avec elle. Et puis, quelle idée elle avait eue d’aller ouvrir, voire même forcer l’armoire de sa demi-sœur et craquer pour une maudite tablette de chocolat.

En attendant que la directrice l’appelle, elle descend dans la cour et se demande comment elle a pu devenir la pestiférée de cette école. Devant ses yeux il y a un paysage des plus beaux. Le Cervin tout auréolé de neige est si majestueux, que tout le monde succombe à ses charmes. Victoire admire sa dent rocheuse qui perce le ciel. Son papa lui a dit qu’il l’avait déjà gravi, elle rêve un jour de l’accompagner, ainsi elle le connaitrait davantage. Mais pour l’instant elle est appelée par la directrice, elle quitte la cour à contre cœur et va vers son inévitable punition.

Rien ne s’est passé comme elle s’y attendait, elle se sent en un sens fort soulagée ; mais comment faire maintenant, il lui faut aller vers France, la directrice lui a appris qu’elle avait reçu un courrier de Monsieur Delmas, s’étonnant du silence de ses filles l’une ne lui écrivant pas du tout et l’autre ne lui disant pas comment elle avait appris la nouvelle. Maintenant la directrice était dans la confidence, elle avait même proposé à Victoire une solution et lui avait demandé d’y réfléchir, la balle était dans son camps, c’était désormais à elle de faire le premier pas. Mais il fallait se dépêcher car France allait aussi l’apprendre de leur père. La lettre était arrivée, la directrice lui avait donné à peine une heure. Il lui fallait prendre le taureau par les cornes et ne pas tergiverser. Toutefois la directrice lui avait dit qu’elle avait eu une attitude déplorable et que ce serait long pour reconquérir l’amitié de l’ensemble de sa chambre dans un premier temps. Elle pensait que dès que France serait au courant, elle devrait lui pardonner, même si elle était allée un peu loin. Pour leur papa il serait préférable qu’elles tissent toutes les deux de nouveaux liens. Elle ne la punissait pas car elle trouvait que ce que ses camarades lui avaient fait, même si on ne fait jamais justice soi-même, était une punition qui lui permettrait de s’en souvenir toute sa vie.

Victoire est à nouveau dans la cour face au Cervin, cette montagne  qu’elle aime car elle la rapproche un peu de son père, qui la connait. Elle sanglote car le moment que son papa a voulu est enfin arrivé, il lui faut parler à France. Et là elle se sent toute petite, ce n’est plus la méchante, c’est une grande sœur qui a fait beaucoup de peine à sa petite sœur, même si cette dernière n’a pas la même mère qu’elle. Victoire n’a pas vu que dans la cour, plus loin, il y avait aussi Léa, qui s’est bien rendu compte que Victoire pleure. Elle ne sait si c’est la punition de la directrice ou alors si elle pleure de ce que ses compagnes de chambre lui ont fait subir, à moins qu’elle regrette, Léa ne sait qu’en penser ? Personne ne l’avait frappée, juste jetée dans une pièce noire et enfermée, du reste, elle pense que c’est surement Laure qui lui avait ouvert la porte ce qui jetait sur Victoire une suspicion comme si elle s’était punie elle-même. Tout à coup elle aperçoit France qui traverse la cour en courant, elle a dans la main une lettre. Mais sur son visage se lit un grand désarroi. De qui peut-être ce courrier ? Dès que France est auprès d’elle, elle lui tend son courrier et lui dit :

–       Tiens lis

Puis, sans un mot elle s’assoit et attend que Léa finisse sa lecture. Léa comprend assez rapidement ce que le père de France lui annonce bien que ce soit à mots couverts, mais elle préfère se taire et attend que France lui dise ce qu’elle en pense.

–       Tu sais Léa, il y a tellement de coïncidences et je me demande si…

Mais elle n’a pas le temps de terminer sa phrase, Victoire les a rejointes et Léa en les voyant larmoyantes, leur trouve une ressemblance. Elle avait bien compris, mais alors pourquoi Victoire s’est comporté de cette manière ?

–       France je te demande pardon de t’avoir fait souffrir et d’avoir eu ce comportement indigne de moi, Madame la directrice nous attend toutes les deux, veux-tu m’accompagner ?

 

–       Oui, mais tu n’as rien à me dire ?

–       Tu as raison, autant en finir tout de suite, France tu es ma petite sœur et je le sais depuis le jour où a été ouvert le testament de ma maman. Pardonne-moi, j’étais tellement jalouse de toi, tu avais eu notre père pendant 10 ans et moi je ne l’ai vu que quinze jours.

Léa, doucement s’éclipse, elles ont tant de choses à se dire, elle ne veut pas être entre-elles.

Elles s’éloignent, côte à côte mais pas encore mains dans la main, mais en fin limier Léa sait que ce n’est qu’une question de temps.

Faits troublants (chapitre 6) Suite

Désolée pour mon absence mais des événements imprévus ont fait que je me suis éloignée de mon blog..A présent tout est rentré dans l’ordre voici la suite du chapitre 6

 

 

 

Après la découverte de son armoire sens dessus dessous et de son verrou fracturé, France est prise d’une peur irraisonnée et se demande où elle va pouvoir cacher l’écrin que son papa lui a confié. Ne rien dire, oui, cela était possible tant que son armoire n’avait pas été mise en l’air, mais maintenant que faire ?

Elle avait beau chercher, réfléchir elle ne voyait rien, ni personne qui pouvait lui faire des suggestions. Il lui fallait se rendre à l’évidence, elle était bien obligée d’en parler à Léa. Son papa n’avait pas mentionné son amie, seuls les adultes ne devaient pasposer les yeux dessus. Après tout, ce n’était qu’une cachette et Léa aurait nullement envie de prendre la clef avec laquelle elle ne  pourrait rien faire, sa mamie, quant à elle aurait pu aller ouvrir le coffre, or son papa ne le voulait pas.

Dès que l’idée de le dire à Léa s’est emparée de son cerveau, aussitôt elle se sent à l’aise et comme libérée d’un poids, mais il va falloir le faire en douce et sans que personne ne se rende compte que toutes les deux ont un secret. Et surtout il va falloir trouver un emplacement  pour les semaines qui les séparent du retour de Léa chez elle, car il n’était pas question qu’en leur absence un autre vol soit commis. Une tablette de chocolat ce n’était pas grave, mais l’écrin de son papa devait être surprotégé. C’est seulement après le petit déjeuner, au moment où elles remontent dans la chambre pour se brosser les dents et prendre leur sac de cours que France demande à Léa une faveur, un moment d’attention afin de l’aider à cacher son écrin. Léa comprend de suite que c’est quelque chose d’important pour France, aussi dans un premier temps elle lui conseille de le glisser dans son armoire et de le déposer dans son sac de linge sale, elles aviseraient plus tard pour voir s’il y avait une place plus judicieuse. Plus la matinée filait, plus France était distraite par la trahison qu’elle avait faite à son papa. Il lui faudrait en reparler avec Léa pour avoir son avis. Elles auraient en début d’après-midi un temps libre, leur professeur d’anglais était malade, et comme personne ne pouvait la remplacer, elles avaient obtenu d’avoir une heure pour lire ou se reposer avant de partir au sport. Aussi, dès le repas, nos deux complices se sont rendues dans la chambre et telles des conspiratrices ont décidé de laisser l’écrin à cet endroit, car Léa a trouvé que cette place était excellente, qui viendrait fouiller ici, le linge sale, c’est personnel.

France a réussi à expliquer ce que son papa avait exigé d’elle, et Léa est arrivée à la même conclusion que son amie, vu que le père de France n’a jamais fait allusion à Léa, il y a de fortes chances pour qu’il ne lui en tienne jamais rigueur. Et puis, France lui dit-elle il faudrait que tu lui en parles, tu n’as vraiment pas intérêt, tu lui diras que la cachette est secrète. Et toutes les deux rirent de la facétie de Léa. Mais avant de quitter la chambre, elles décidèrent  de faire un pacte avec leur sang, Léa l’avait lu dans un livre, Ayant pris une épingle, elles se sont piqué le doigt, une goutte de sang a perlé, elles ont mélangé leur sang sur un mouchoir blanc, et l’ont déposé sur l’écrin en prononçant ses mots :«  A la mort, à la vie si tu me trahis tu es maudite. »

Puis, elles se sont enlacées, se sont embrassées et se sont dépêchées de rejoindre le cours suivant, personne ne les avait suivies, personne ne les avait remarquées, pour Léa comme France l’affaire  avait été menée de mains de maître.

Rapidement les évènements allaient leur faire oublier l’écrin, la petite vie tranquille qu’elle s’était forgée dans l’internat allait être mise à mal par des faits plus que troublants, voire même pour certains, dramatiques. Mais pour l’instant elles regagnent rapidement la salle de sport où les attend leur professeur d’EPS, qui paradoxalement à l’ensemble de l’équipe Educative est le seul homme ; de plus il est jeune et certaines en sont devenues folles amoureuses. Dans cette école comme dans d’autres, tout manquement est puni par une exclusion totale. Il n’y a aucun avertissement, c’est directement la porte. Léa et France n’ont jamais trouvé leur professeur beau, mais Victoire minaude tout le temps devant cet homme qui, imperturbable, continue de leur dispenser son cours. Aujourd’hui c’est volley, comme il sait l’amitié qui unit France et Léa, il décide aujourd’hui de les nommer capitaines d’une équipe différente, ce qui ne va pas sans mal, car elles ont les mêmes copines et leur choix va être fort dur. N’écoutant que leur bon cœur, elles vont homogénéiser leurs équipes respectives afin de donner la chance à toutes, mais un choix Cornélien demeure, qui va prendre Victoire ? Aussi c’est sans se concerter qu’elles attendent le dernier moment pour qu’elle puisse aller dans l’une ou dans l’autre. Comme c’est Léa qui a appelé la première c’est forcément France qui va l’avoir, mais ce dont elles ne se souviennent pas c’est qu’elles sont 13 dans leur classe de sixième edelweiss, comme le volley se pratique à 6 par équipe, Victoire n’a pas de poste. A sa mine qui s’allonge au fur et à mesure que les fillettes les appellent, elle comprend rapidement que les deux amies vont la mettre sur la touche, aussi se rapproche-t-elle du professeur pour lui demander de jouer et non de ramasser les balles, ce qui équivaudrait à la mettre sur le banc. Il faut dire que Marcus l’aime beaucoup cette demoiselle, l’avoir dans une équipe est fort intéressant car elle jouait dans un club là où elle était, et son professeur le sait. Aussi, avant la fin, il intervient contrairement à son habitude pour suggérer à l’une comme à l’autre de s’entourer des meilleurs éléments. Devant la mine contrariée de Léa comme de France, il prend les devants et l’impose à France. Si les yeux de cette dernière avaient été des pistolets il serait mort sur le champ. Mais comme il ne connait pas le degré d’animosité qui sépare les deux fillettes, il ne prête nullement attention au regard courroucé que lui jette France. Elle fait contre mauvaise fortune bon cœur, et annonce Victoria. Celle-ci jubile et en passant près d’elle lui susurre « Et toc » ce qui ne plait nullement à France qui se mord les lèvres pour éviter de l’apostropher. Le jeu commence et dans un premier temps se déroule très bien, grâce aux passes de Victoria la première manche est gagnée par l’équipe de France, la deuxième par celle de Léa, quant à la troisième, rien ne va plus, car France fait une remarque judicieuse à Victoire qui ne l’apprécie pas et prend à témoin le professeur qui n’a rien vu de la scène, donne raison à Victoire qui apprécie d’être glorifiée vis-à-vis de son ennemie. Mais France ne l’entend pas ainsi et prend le parti de Laure qui elle n’a commis aucune erreur. Mais Victoire s’en mêle et frappe avec le ballon la capitaine, un ballon lancé avec beaucoup de dextérité qui atteint France à la tempe et l’envoie au sol, étourdie. Elle peine à se relever et ne comprend pas pourquoi cette fille lui en veut à ce point. Le cours s’achève par la victoire de l’équipe de Léa, le professeur désavoue France en lui disant que dans le sport quoi qu’il arrive il faut rester fair-play, France ne dit mot mais n’apprécie nullement la remarque qu’elle ne mérite pas. Et elle en est certaine, car les élèves de troisième qui attendaient leur tour pour jouer, lui en font gentiment la remarque. Elles ont témoigné de ce que Victoire a fait, ce qui soulage un peu France qui pensait avoir été  trop sévère envers Victoire.

Décidément, cette nana en veut à France pense Léa tout en remontant vers les douches. Elle ne comprend pas son attitude, on dirait qu’elle la connait, mais France est catégorique c’est la première fois qu’elle la voit. Elle trouve que leur vie à l’internat risque d’en pâtir avec les problèmes que cela génère. Mais intervenir auprès de Victoire, est-ce que cela peut faire avancer les choses ou bien le problème enflera et la vie de France en sera encore plus lourde à supporter. Déjà qu’elle se fait du souci pour sa maman suite à la lettre qu’elle a reçue, alors s’il y a aussi cette fille, elle sera perturbée, et Léa pense qu’elle n’a nullement besoin de l’être. Chez les Delmas la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Depuis le premier janvier où le papa de son amie s’est envolé vers les USA, son amie n’a reçu aucune nouvelle, seule sa grand-mère a téléphoné, mais elle n’a pas dit grand-chose et quand sa petite fille a demandé des nouvelles, la grand-mère n’a pas pu lui en dire plus que, tout va bien, son travail avance bien. Or France a dit à Léa que son papa n’y allait pas pour son travail, mais pour régler une vieille histoire qui avait refait surface dans sa vie, sans pour autant lui en donner des détails. Léa s’aperçoit qu’il y a des détails troublants mais qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. En effet le papa de France est parti le 1er janvier, dès son arrivée, France avait un courrier qu’elle a trouvé à son retour de la semaine de ski, date à laquelle son armoire était fracturée, et où elles ont fait la connaissance de Victoire. Neuf jours pour arriver des USA, c’était long, et fait bizarre cette lettre n’avait pas été tamponné par la poste, elle était juste dans le casier de France. Mais cette dernière était si contente d’avoir du courrier qu’elle n’y avait pas prêté attention, c’est Léa qui en avait fait la réflexion. Elle aimait bien faire des enquêtes, et en avait déjà résolu quelques-unes, mais de petites envergures. A la prochaine lettre elle vérifierait la date, mais hélas déjà un mois, et toujours aucune lettre. C’était étrange, la famille de son amie continuait à lui dire que son papa était trop occupé et n’avait pas le temps de lui écrire. En fait, Léa réfléchissait et n’osait affoler son amie. Son papa qui avait le téléphone du papa de France avait l’air préoccupé la dernière fois qu’elle l’avait eu au téléphone. Elle s’était bien gardée d’en faire part à son amie, il lui avait conseillé de garder sa langue. Son amie recevrait des nouvelles et toutes les angoisses infondées seraient levées, hélas l’avenir allait démentir ses paroles, mais on n’en était pas encore là.

 

 

A suivre (Le chapitre 6 n’est pas terminé)

 

Copyright « roman »  mars 2015    

Chapitre 5 (suite)

Le lendemain quand elle se réveille, elle est dans son lit et son père dort recroquevillé à côté d’elle. Son beau visage est bien soucieux pense France. Au moment où elle pose le pied sur le plancher, elle le met malencontreusement sur la latte qui grince et ce petit bruit réveille son papa qui semble assez gêné que sa fille le découvre ainsi. Il lui explique qu’elle s’est endormie dans le salon et que Fabien n’avait pas daigné la déposer sur son lit. Sa grand-mère avait attendu que son fils revienne et ce dernier n’avait pas voulu la réveiller, aussi l’avait-il remontée dans sa chambre, et comme il la regardait dormir il avait dû s’endormir lui-même, ce qui fit rire sa fille. Elle, en petite fille adorable s’inquiète de savoir si son papa n’a pas mal au dos, le plancher sans matelas doit être dur. Il la rassure en lui disant qu’il est encore solide comme le roc et il l’invite à venir prendre son petit déjeuner comme autrefois en tête à tête ce qui ravit sa jolie fille.

Le sourire qui illumine le visage de sa fille en dit long sur la joie que cela lui procure. Elle a l’impression qu’elle est de retour définitivement et que les mauvais jours sont enfin derrière eux, mais bien qu’elle sache que c’est une illusion, elle se complait à rêver. Noël passera vite, car toute la grande famille va se réunir, et comme toutes les bonnes choses on ne les voit pas passer, on sera bien vite au 30 décembre, date de son retour à l’internat. Rien que de penser à cet instant qu’elle veut repousser au-delà, elle émet un soupir à fendre le cœur de n’importe qui. Son père qui lisait le journal, la regarde et semble inquiet. Mais il ne prononce aucun mot et continue de la regarder. Elle semble si fragile dans la jolie robe qu’il lui a offerte. Ces longs mois passés loin l’un de l’autre l’ont fragilisée davantage, il faut que sa fille s’endurcisse, la vie ne va pas être comme il l’avait pensée pour elle. En effet, suite à des mauvaises conjonctures et des marchés qui ne s’étaient pas concrétisés, le laboratoire risquait d’être racheté par la concurrence, il se maintenait à flot pour l’instant grâce à l’ensemble du personnel ainsi que de son frère cadet Joseph, qui, pour l’instant, était en déplacement pour trouver des capitaux pour renflouer le laboratoire familial. Jusqu’à présent il avait investi des fonds propres, mais ils s’amenuisaient et bientôt il faudrait faire face.

Fallait-il pour autant sacrifier les trois quarts du personnel comme le suggérait Fabien. C’était tout de même une entreprise Familiale de petite envergure et les méthodes que son neveu appliquait étaient pour les grands trusts internationaux. Ici c’était plus un travail de recherche, il n’était pas question de renvoyer les chercheurs, ingénieurs et autres personnes compétentes pour mettre en place la bande d’incapables qui gravitait autour de Fabien. Il en était là de ses réflexions quand le téléphone le ramena à la réalité.

C’était le père de Léa à qui il avait, de son bureau, laissé un message la veille. France étant proche de lui, elle comprit rapidement qu’elle irait passer le réveillon chez son amie Léa. Le papa de cette dernière s’engageait à  venir la chercher et il l’emmènerait avec sa fille lorsque l’internat aurait rouvert les portes et ce dès le 1er janvier.

Elle passerait la fin de l’année dans la famille de Léa ce qui la ravissait énormément, son père fut content de la voir rayonner une fois qu’il lui eut annoncé cet arrangement. Cela lui enlevait un énorme poids et de cette manière il serait plus disponible pour régler ses affaires et voir quelles dispositions il fallait prendre pour sa femme Luce.

Le lendemain, France sort de son lit comme un ressort, enfin voilà le matin de Noël, sa maman est arrivée hier au soir, ils ont réveillonné tous les trois, elle a offert à sa maman une jolie écharpe en soie qu’elle a achetée avec son papa dans une boutique. A son papa elle lui a offert un cadre photo en argent et elle y a mis la photo de sa Bonne Maman, ainsi que celles de son papa, de sa maman et d’elle-même. Son papa en avait les larmes aux yeux. Elle avait fait ses emplettes avec le chauffeur de sa Bonne Maman hier après-midi. Son papa lui avait offert un ensemble en maroquinerie avec du papier à lettres sentant le parfum de sa maman, une liseuse pour ses livres, et un beau stylo plume. Elle fut fière de recevoir ce très beau cadeau. Ainsi elle n’aurait pas de raison de ne pas écrire à sa famille… Sa maman lui avait remis une enveloppe où se trouvaient 100€, elle lui sauta au cou et dans ses yeux elle vit un éclair de lucidité qui retomba bien vite, ce qui avait l’air de désespérer son papa.

Dès midi, ils partaient tous ensemble dans la nouvelle voiture de son papa et se rendaient à Oullins dans  la banlieue de Lyon, là où son cousin Fabien habiterait désormais. C’était une jolie maison bourgeoise de la fin du XIX siècle, il l’avait remise au goût du jour et le tout était charmant, même papa l’avait félicité pour l’embellie de l’ensemble.

En plus de Fabien et Bonne Maman il y avait son petit frère Bertrand et sa jeune sœur Myriam, leur maman avait décliné l’invitation pour ne pas se retrouver avec ses beaux-frères. Etaient aussi présents sa sœur et son beau-frère ainsi que leurs deux filles, des jumelles.

Ses cousines adorées avaient le même âge que France, c’est ce jour-là qu’elle s’aperçut que sa tante attendait un bébé, elle en était pas peu fière, c’était un garçon, enfin un Delmas en ligne droite chez eux. Il manquait à l’appel le dernier frère de son papa, mais ses cousins en pension à Lyon étaient présents. Quant à leur mère, elle brillait par son absence, elle venait tout juste de quitter son oncle. Il y avait aussi son Parrain, le jumeau de son père, accompagné d’une charmante femme qu’il a présentée comme sa fiancée, mais c’était au moins le cinquième Noël  où il présentait une fiancée et ce n’était jamais la même ce qui faisait rire ses frères et sa sœur. Cette fois-ci elle arrivait du Bénin où il avait séjourné ces derniers mois.

Un beau Noël comme autrefois avec les treize desserts comme les noëls avec leur Grand Papa trop tôt disparu…Un bon chapon et l’éternel gratin dauphinois célèbre à Lyon. Des fromages de la campagne rapportés par la Grand-Mère et des fruits qui avaient dû coûter les yeux de la tête car en hiver ceux-là sont hors de prix. Et à la fin la traditionnelle bûche au chocolat et aux fruits pour les autres. Le café, le champagne pour célébrer je ne sais quoi, ce que du reste son père a eu l’audace de le dire à mi mots. C’était un magnifique Noël, même si la tension entre son Papa et Fabien était palpable. Tous les deux ont respecté la trêve de paix qu’inspire cette période. Les affaires reprendraient bien assez vite, et les problèmes tout autant.

Le surlendemain son papa lui a annoncé qu’elle se rendrait chez Léa dès le 29 décembre, son papa viendrait la chercher et elle passerait les fêtes de fin d’année avec eux. Voici ce qu’il lui dit :

–      Ma petite fille je vais te confier cet écrin cela n’a rien à voir avec un cadeau de Noël mais c’est fort précieux et en aucun cas tu ne dois t’en séparer, ni le confier à quiconque. Si tu penses que cet écrin n’est pas en sureté alors tu pourras l’ouvrir et ce que tu trouveras à l’intérieur est une clef, tu la suspendras sur une chaîne autour de ton cou. 

 

La petite fille interroge son père, elle se demande à quoi sert cette clef. Il la supplie de ne jamais la donner à quiconque et il lui explique que même sa propre mère ne doit le savoir. Il lui demande de lui en faire la promesse.

France ne comprenant pas la raison, mais voyant que son papa est soucieux lui le promet, je pense même que ce jour-là elle aurait pu tuer pour être en accord avec lui. Et il ajoute que si elle ne peut tenir cette promesse il ne voit pas à qui il peut confier son secret. La jeune Léa se jette au cou de son père et lui fait toutes les promesses du monde, sentant à ce moment-là qu’il se passe quelque chose qui n’est pas encore palpable mais qu’elle espère découvrir assez rapidement.

Son papa esquisse un sourire et l’embrasse sur le front, il lui sourit mais France trouve son sourire triste et se demande ce que l’avenir lui réserve.

Son père s’aperçoit rapidement que sa fillette n’a pas vraiment saisi le sens de sa demande car elle lui demande si elle doit à son arrivée à l’internat le remettre à l’économe, ce qui fait rager son père qui ne comprend pas que sa fille lui pose une question aussi saugrenue.

 

Il essaye, tout en gardant son calme alors qu’il bout  intérieurement, de lui dire que lorsqu’il dit à personne ce n’est certainement pas à une étrangère comme l’économe. Il ajoute qu’elle doit toujours obéir à sa famille, même si parfois elle a l’impression qu’elle bafoue l’autorité de ceux qui s’occupent d’elle en  son absence. Il ajoute, qu’il va lui falloir un tant soit peu d’intelligence, voir d’abnégation, pour cacher ce joyau que représente cette clef.

 

Mais il ne se fait aucun souci, il  connait sa princesse, elle est capable de soulever les montagnes quand elle veut défendre chèrement quelque chose.

Et il lui rappelle un jeu qu’il faisait jadis dans la maison de vacance de Bonne Maman, avec la tribu des cousins et cousines. Chacun leur tour ils étaient invités à cacher un trésor dans le grand parc, et les autres partaient à sa recherche. Ce jeu consistait à trouver une cachette inconnue des enfants mais aussi des grands, et lors de l’anniversaire de France, elle avait été invitée à en cacher un. A ce jour personne ne l’avait découvert et pourtant tout le monde avait essayé de sonder France qui avait su garder sa langue. Ils avaient tous quitté la grande maison sans le savoir et le jeu continuerait l’été prochain mais c’étaient les adultes qui devraient chercher aidés en cela par les enfants. Son papa en se souvenant de ces jours heureux ne peut s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux ce qui ne manque pas d’effrayer sa fille. Aussi elle se jette dans ses bras pour lui témoigner tout son amour.

Mais la petite fille voit bien que son papa essaye de lui ôter toutes les questions qui lui viennent, elle veut savoir à quoi sert cette jolie clef ourlée de dentelle dorée. Et ce que son papa va lui dire va la bouleverser. A mots couverts, comme un espion, il se penche tout près d’elle et écoutons ce qu’il va lui dire :

 

–      Voilà, cette clef tu ne t’en serviras que s’il m’arrive malheur, chut ne m’interromps pas ma petite fille, mais de toute façon tu ne pourras te rendre dans mon bureau que lorsque tu seras en âge de travailler. Si tout se passe le mieux du monde je te redemanderai cette clef et nous ouvrirons le coffret le jour de tes 18 ans. Dans mon bureau il y a, je pense que tu l’as déjà vue, une photo de ton arrière-grand-père, c’est lui comme tu le sais qui a fondé notre Entreprise Familiale.

 Cette photo se trouve dans un cadre en bois. Il faudra que tu ôtes le cadre du mur, derrière se trouve un coffre-fort. Pour accéder au coffret tu feras une combinaison pour tout d’abord ouvrir le coffre. Une fois celui-ci ouvert tu trouveras un coffret marron en bois, c’est sa clef que je viens de te remettre ce jour.  

France sent comme un lourd secret et interromps son papa pour lui dire que ce doit être lui qui doit garder la clef.  Mais lui a de nombreux arguments pour qu’elle comprenne bien que c’est mieux de cette façon. Même si elle n’en n’est pas totalement convaincue.

C’est à ce moment qu’il lui apprend qu’il va partir en voyage aux USA. Il élude sa réponse mais devant ses supplications lui dit qu’il ne sait pas encore ce qu’il va découvrir et c’est justement la raison de son départ. La fillette est fort maligne et se demande si cela n’a pas un rapport avec Fabien, mais son père lui dit qu’elle se méprend. Fabien n’a rien à voir avec son départ. France est aussi têtue que son papa, et elle insiste, mais ce dernier est sauvé par la sonnerie de son téléphone.

 

Il est regrettable se dit-elle que son  Papa ne lui ait pas confié son secret, car cela lui aurait épargné le chagrin inévitable dans lequel elle allait se trouver quelques semaines plus tard. En partant chez Léa, elle  réalisait qu’elle ne connaissait pas la combinaison du coffre de son papa, mais elle téléphonerait de chez son amie.

 

A suivre 

Chapitre 4 l’internat

Au fronton du portail, France lit : « Pension le Cervin ». Malgré sa tristesse, elle apprécie que son papa ait choisi cette montagne préférée où naguère elle est allée en vacances avec lui et son parrain. Petit à petit elle sort de ses rêves pour suivre du regard les petites et les grandes filles qui descendent des voitures alignées les unes derrière les autres. Enfin c’est leur tour, ils sont accueillis par une grande dame longue comme un jour sans fin et très sévère. Une autre plus jeune et petite  s’avance vers France, coupant de ce fait l’herbe sous les pieds de la grande dame, sert la main de Louise et tapote la tête de France en leur adressant un merveilleux sourire, elle a un drôle d’accent.

Elle les accompagne dans un bureau où se trouvent deux autres personnes, l’une est l’économe, l’autre est une toute jeune fille guère plus âgée que France mais qui déjà est bien à l’aise dans ce milieu que France commence à découvrir.

–      Votre chef de groupe va vous aider à transporter votre valise et va prendre le reste de votre trousseau, je vous recommande de dire au revoir à votre mère.

–      Non c’est ma nounou, ce n’est pas ma maman

La gentille dame s’excuse de son erreur, et lui dit de dire au revoir à Louise, ce qu’elles font sans grande effusion.

Pendant que Louise va renseigner différents papiers, France s’éloigne dans la buanderie où se trouve un trousseau à son nom, elle doit faire l’inventaire avant d’en prendre possession, elle a pour cela une grande liste et elle coche au fur et à mesure qu’Erika, sa cheftaine lui les annonce :

–      Un béret bleu marine, assorti à votre cravate verte et bleue, ne vous inquiétez pas nous vous apprendrons à en faire le nœud.

–      Une chemise de nuit blanche à manches courtes, une autre bleue à manches longues. Si en fin de semaine vous retournez chez-vous, il vous sera demandé de la mettre dans la corbeille de linge sale à votre nom, pour vos draps ce sera une semaine sur deux, sauf accident nocturne.

–      Une paire de deux draps, deux serviettes de toilette blanches et bleu marine, deux gants assortis, une serviette de table.

–      Et enfin un jogging bleu marine, une grande cape de la même couleur ainsi qu’un manteau chaud pour les hivers rigoureux.

–      Votre nounou nous a dit que votre papa avait gardé tous vos bijoux et que vous aviez certainement en votre possession quelques babioles, il faut les donner à l’économe ainsi que toutes les gâteries que vos parents vous ont peut-être confiées.

France n’a reçu de sa famille aucun bonbon, sauf un ou deux livres, mais cela elle peut le garder, elle a bien au fond de sa poche une tablette  de chocolat, mais comme Erika n’a pas mentionné le douanier, France commet sa première faute, mais elle pense que cela n’aura pas de conséquences sur sa vie à l’internat.

-Allez venez je vais vous présenter à vos futures amies de chambre, car vous verrez vous vous ferez des amies. Si vous avez de la peine, vous pourrez aller voir les « nounous de l’internat ».

Un pauvre sourire apparaît sur les lèvres de France, mais bien vite elle retombe dans son mutisme jusqu’à ce qu’elle entende des sanglots, puis des cris, sur sa gauche au bas de l’escalier. Une jeune fille pas plus  grande qu’elle, elle s’est accrochée au cou de son papa et sanglote. Elle lui demande de ne pas la laisser, et elle appelle sa maman qui n’est pas plus présente que la sienne.

 

A suivre

Chapitre 3 Préparatifs

A propos de ce roman, feuilleton, nouvelles, j’en ai écrit en totalité deux jets et en relisant celui que je vous propose, ma pensée c’est égarée, rire et j’ai relevé deux ou trois incohérences, notamment sur l’age de France, dans une première mouture je lui avais donné 10 ans et dans l’autre six…Aussi il y a eu un petit mélange d’âge, du coup cela peut changer la classe. Pour 6 (six) c’est le CP  et  pour 10 ans (dix) c’est la sixième…Mais cela ne change rien  à l’histoire.

 

Avec toutes mes excuses, je vous laisse lire ce troisième chapitre.

 

Chapitre 3  Préparatifs

Il ne restait plus que 8 jours avant son départ pour l’internat, aussi dès le lendemain matin, sa maman, ainsi que Louise sa nounou l’ont emmené  chez une couturière pour lui faire un trousseau bleu marine. Il y avait une jupe, une veste, on lui remettrait le premier jour de la rentrée un béret et une cravate, cette dernière serait rayé verte et bleu marine. Le tout serait complété par un ou deux chemisiers à manches courtes et tout autant à manches longues, ainsi que deux pulls de laine, plus d’autres choses dont sa maman ne se souvenaient  pas. Les chemisiers étaient blancs tout comme l’ensemble de ses sous-vêtements. Une tenue stricte comme si elle avait été une vilaine petite fille, elle avait vu un film chez sa grand-mère où un petit garçon, un voleur, était punis par ses parents et enfermé dans un collège.

Mais, elle, tout le monde s’accordait pour dire que c’était une petite fille en or…Alors Pourquoi ? Pourquoi ? C’est sur ces questions sans réponses que la petite fille s’était endormie en larmes.

Au petit matin elle a encore un bon nombre de questions dans sa tête déjà bien pleine en temps ordinaire, c’est son papa qui prends le petit déjeuner avec elle, c’est une exception, d’habitude il boit un café et l’embrasse du bout des lèvres, ce matin c’est un petit déjeuner en famille. Il lui dit aussi qu’elle va aller dans une école Suisse, à la montagne, mais devant ses yeux baignés de larmes, il préfère tourner la tête, seule, sa maman la prend dans ses bras mais se fait rabrouer par son mari. Aussi se lève-t-elle et elle sort de table.

A nouveau la voici seule, aussi elle retourne dans sa chambre jusqu’à ce que Louise vienne la chercher pour l’emmener faire quelques courses en vue de son départ. France avait de beaux cheveux frisés noir comme ceux de son papa, ils était longs, tout en chemin faisant, sa nounou lui annonce qu’elles vont chez une coiffeuse de sa connaissance pour mettre de l’ordre dans sa toison, France ne comprends pas ce qui va se passer, aussi elle s’assoit et attend sagement que les grandes personnes aient finis de parler. Mais attentive elle entend sa nounou demander qu’on lui coupe les cheveux à la garçonne, France n’écoutant que sa peur se lève, se faufile hors du salon de coiffure et disparait dans la ville. La pauvre Nounou  la cherche depuis plus d’une heure et en désespoir de cause joint son patron qui la jette comme une malpropre.

Ils appellent la police et perdent un temps précieux, ils ne savent même pas de quels côtés chercher, ou a-t-elle bien pu aller s’interroge son papa ? Qui a pu la cacher ? Demande les policiers, mais le papa ne connait pas suffisamment sa fille et de plus depuis qu’il lui a dit qu’il l’emmenait dans un internat il a perdu toute sa confiance en son enfant.

Ce n’est que sur le coup des 20 h que la fillette a fait sa réapparition, elle n’a dit à personne ni à ses parents, ni à la police ce qu’elle avait fait. Mais elle avait dû manger à sa faim car elle est allée se coucher épuisée et n’a même pas réclamé quoi que ce soit. Comme l’enfant est revenue au foyer le père n’a pas cherché à en savoir davantage et l’affaire s’est arrêtée là. Le lendemain au petit déjeuner le papa attendait sa petite fille, il a pris dans ses bras en lui disant qu’elle garderait ses beaux cheveux longs et qu’il n’était plus question que qui que ce soit lui les coupent. Elle était tellement contente qu’elle s’est jeté dans ses bras en lui disant :

–      Merci oh merci mon « papounet » d’amour !

–      Appelle moi autrement France, tu n’es plus un bébé

Et, tout en lui disant cela, son papa essuyait deux grosses larmes qui coulaient sur ses joues.

–      Prépare-toi, aujourd’hui nous allons nous promener ensemble car demain tu vas partir à l’internat, du reste j’en suis fort triste, car tu vas me manquer ma petite puce adorée.

–      Oh mon papou, heu papa, je me dépêche.

–      Voilà qui est bien mon enfant.

 

Ce fut une merveilleuse journée comme autrefois, mais le soir même toute sa gentillesse volait en éclat, il lui intima l’ordre d’aller se coucher, l’embrassa d’une manière désinvolte  et sorti en faisant claquer la porte.

La nuit a été pour France à la fois courte et à la fois fort longue, car elle n’a pas vraiment dormis, mais elle se lève rapidement sans rien laisser apparaître, prends sa douche, s’habille normalement, elle aurait bien temps de s’habiller comme les autres quand elle serait en Suisse.

Quand elle part après que le chauffeur de son papa ait chargé ses valises, elle s’aperçoit rapidement qu’il n’y aura que lui et sa nounou pour l’accompagner, même sa maman n’assiste pas à son départ, son père la prends dans ses bras, lui caresse les cheveux et lui dit ne pleure pas, car je vais manquer de courage et ma petite fille quoi qui se passe dans ta vie au fil du temps dis-toi bien que je t’aime et que je t’aimerais toujours. Pour France c’est incompréhensible, d’un côté son papa l’aime, de l’autre il ne vient pas avec elle, en plus elle l’a su avant que son papa ne lui le dise.

C’est en allant chercher son bol de lait, et alors qu’elle n’était pas encore dans la cuisine, elle a entendu sa nounou ricaner bêtement en disant à la cuisinière, avant mon départ, il faut encore que je me coltine cette gamine, ne sachant pas que la petite fille entendait tout. Alors assise, dans la voiture qui roule sur l’autoroute, la petite fille décide que pour ne plus souffrir il fallait qu’elle se mette derrière une carapace, et elle se mura dans un silence qui allait durer encore quelques temps.

Elle profite de ce voyage pour bien regarder ce qui se passe, et quand elle entend Maurice lui dire :

–      Petiote nous sommes arrivés !

Elle sent que ce sont les derniers moments qui la tient encore tout près des siens, bientôt elle sera seule face aux autres. Dans sa poche elle a une tablette de chocolat offerte par un douanier au passage de la frontière. Sa nounou a bien essayé de lui le reprendre mais Maurice est intervenu, elle l’a remercié avec son plus beau sourire malgré ses larmes. De toute façon elle n’avait même pas voulu la manger, car depuis bien avant son départ elle a une grosse boule au fond de la gorge qui l’empêche même d’avaler son chagrin. Et, puis que dire ? Elle avait toujours été une petite fille obéissante, à part son écart pour ses cheveux, elle n’avait jamais désobéis aux consignes des grands et elle trouvait que ceux-là en profitaient.

Depuis qu’ils ont quitté l’autoroute, la voiture monte et prends rapidement de la hauteur, la vue est magnifique, quand soudain, Maurice s’engage dans un chemin forestier où une barrière se lève sur son passage et ils arrivent après avoir traversé un bois à une grande bâtisse ou il y a un va et viens incessant de voitures amenant des fillettes.