L’inconnu du 7 h 12/11

Lorsqu’Edith leur a faussé compagnie Gwen n’a pu s’empêcher de lâcher un juron :

Sale garce, ton ex vient de nous crucifier, sous ses dehors de sainte nitouche et malgré que je l’ai envoyé au sol elle nous a bien joué la comédie.

Gwen et Dimitri, qui avaient faillis en venir aux mains ont bien été obligés de s’associer pour prendre en chasse Édith. Mais hélas elle avait bien réussis à les semer. Force leur a été de le constater.

Puis Gwen a dit à Dimitri qu’elle avait sur elle une balise qu’il avait été obligé de lui mettre selon les ordres du type qui l’avait appelé hier. Il avait la possibilité de changer la fréquence, du moment qu’il n’était pas avec son chef, il avait donc communiqué à Marie tout ce qu’elle avait besoin de savoir ayant appris par elle même qu’elle était féru de ses petits bijoux.

Une fois arrivé à la maison de Clément Marie avait branché un ecran spécial pouvant suivre l’itinéraire d’Édith. Rapidement elle avait téléphoné à Gwen pour lui dire l’emplacement exact où elle se trouvait. Tant qu’elle n’avait pas bougé, elle ne l’avait pas rappelé espérant qu’elle ne s’était pas rendue compte d’avoir cet espion dans le pendentif en forme de coeur que Gwen lui avait mis autour du cou pendant son sommeil.

Dimitri avait récupéré le sac d’Edith et avait laissé Gwen auprès de la gendarmerie plutôt que de la police. A lui de se débrouiller pour informer le chef des clones comme il l’appelait de l’absence d’Edith. Quant à lui il repartait rendre l’ambulance à Clément. Il rentrerait sur Paris dès qu’il en saurait mieux au sujet de la mère de son fils.

Gwen qui a réussis à convaincre une petite escouade de gendarmes du bien fondé de sa mission a son téléphone dans sa poche, c’est à ce moment-là que Marie communique à nouveau avec lui. Ce dernier vibre.

Gwen j’ai un signal, Édith a repris sa progression.

C’est par ses mots laconiques que Marie a raccroché. Marie s’était bien gardé de communiquer à Gwen qu’Edith avait un comportement étrange. Tantôt elle allait vite, tantôt elle se trainait et surtout elle tournait en rond.

Surtout qu’elle avait reçu un SMS de Dimitri lui disant d’éviter de détailler le parcours de son ex. Et elle ne recevait d’ordre que de Dimitri, elle rendait juste un service à Gwen. Elle se l’était tenue pour dit.

La petite famille s’approche des grilles de la sortie, Edith a les yeux fixés sur eux. La mère et la petite fille ainsi que son frère passent. Quant au papa il est contraint de s’arrêter et de décliner son identité. Edith voit son amant poser des questions.

Elle les imagine plus qu’elle les entend :

Bonjour Monsieur, que faisiez-vous dans ce parc ? Avec qui étiez-vous ?

J’ étais en famille avec mes enfants et ma femme, mais que ce passe-t-il ?

Avez-vous croiser une personne ?

Non à part les autres promeneurs.

Ne vous payez pas ma tête.

Écoutez si vous me disiez de quoi il retourne je pourrais vous aider je suis policier.

Ah ! Donc réfléchissez bien cher Confrère avez-vous croisé une femme pour ne pas la nommer.

Croisé non mais elle est venue en aide à ma fille qui était tombée.

Ah pouvez-vous me la décrire ?

Brune, yeux je n’ai pas prêté attention à la couleur de ses yeux.

Peu importe, donnez-moi sa tenue vestimentaire ?

Un jogging noir dont elle avait ôté la veste.

A part s’occuper de votre fille vous a-t-elle donné quelques choses ?

Rien pourquoi ?

Ne posez pas les questions, répondez aux miennes. Une fois qu’elle a relevé votre fille, réfléchissez bien avant de me répondre qu’a-t-elle fait exactement ?

L’homme réfléchit et lui dit, elle s’est adossée au vélo de ma femme.

Où est votre femme ?

Vos hommes viennent de la laisser partir car ma fille avait faim.

Au moment où Gwen va donner l’ordre de rattraper la mère de famille son téléphone sonne, il y jette un coup d’oeil, c’est à nouveau Marie. Que lui veut-elle ?

Allo Marie qu’as-tu de si urgent à me dire.

Elle n’est plus à la grille elle vient de repartir en direction de la bouche du Métro.

Ok mets-moi des SMS je vais être occupé pendant un petit moment. S’il y a un changement important, tu m’appelles mais je pense qu’elle nous a roulé dans la farine.

Elle a dû se rendre compte que tu lui avais mis ce pendentif, ce ne sont pas des pros ceux qui en veulent au projet 50.

Il lui hurle dans les oreilles : « elle dormait triple buse ».

Arrête de me crier dans les oreilles, je ne suis pas ton larbin. Et à l’avenir évite de m’insulter. Compris !

Ne te fâche pas

A plus tard

Excusez-moi, vous habitez loin ?

Non à une station de métro, ma femme aurait dû rentrer à pieds mais la petite doit être fatiguée.

Alors emmenez -moi

Je ne vais pas chez moi, je suis de permanence au commissariat. Je vous donne mon adresse, j’avertis ma femme, elle vous attendra au pieds de notre immeuble. Par contre le vélo va être mis dans notre cave. Dépêchez-vous si vous voulez arriver avant le métro.

J’ai une voiture qui va me prendre en charge, le mieux ce serait que vous m’accompagner. A quelle heure prenez-vous, vos fonctions ?

A 14 h, mais je dois récupérer des collègues, dites-moi plutôt ce que ma femme doit trouver dans les sacoches de mon vélo.

Pourquoi pensez-vous que cet objet se trouve dans les sacoches de votre vélo. Vous ne me cachez pas quelques choses ?

Lorsqu’elle s’est appuyée c’est le seul endroit où cette jeune femme a pu glisser ce que vous chercher. Ailleurs ce ne serait pas en train de marcher vers la station de métro la plus proche. Alors c’était quoi votre joujou ?

Un pendentif, je jouais à essayer un gps miniature et ma collègue m’a joué un tour.

Qui aime bien châtie bien. Vous la retrouverez votre chérie.

Gwen est déjà loin il n’a pas entendu la fin de la phrase.

Munie de l’adresse il attend la jeune femme avec deux vélos et deux enfants, la voilà qui arrive au bout de l’allée. Il s’approche d’elle, mais regarde ces SMS, c’est bon la rue correspond, rue de Vincennes.

Gwen n’en croit pas ses yeux, ce type était de mèche avec Edith il habite le même immeuble que Madame Martin et Edith. Coincidence ou connivence, la femme sera bien plus vite déstabilisée s’il la cuisine un peu.

Bonjour Madame

Mon mari m’a mise au courant, j’ai retrouvé le bijou de votre fiancée.

Ah merci énormément, vous habitez un joli endroit.

On commence tout juste à s’habituer

Vous zvrz emménagé récemment

Oui il y a 48 h c’est la raison pour laquelle mon époux a décliné votre offre. C’était à 14 h qu’il rencontrait ses hommes.

Oui je comprends, au revoir Madame.

Au revoir Monsieur

Excusez-moi avant que vous rentrez chez vous, dans quel appartement habitez-vous ?

Au troisieme étage

Merci

Il lui faut appeler Dimitri comment se fait-il que l’appartement de Madame Martin soit déjà attribué ? Mais les évènements ne lui en laissent pas le temps. Ricky qu’il a réquisitionné l’appelle

Chef, il.l’entend rire,

Arrete ne fais pas le guignol

Remarque ce que je vais te dire est fort drôle .

Gwen ne relève pas l’insolence du »Précieux  » comme le surnommait Edith, il lui demande :

C’est pour me dire qu’ Edith se paye ma tête d’avoir joué la fille de l’air. Dis lui que la récréation est terminée, que c’est maintenant que les choses sérieuses vont commencer.

Tu n’y es pas du tout, nous avons ratissé tout le parc floral, nous ne l’avons pas vu, par contre…

Accouche

Hum hum nous avons retrouvé sa veste de jogging accroché à un arbuste dans le jardin, sur une branche d’hibiscus.

Oui et alors cela ne me dis pas où elle se trouve.

Sauf que

Oui il faut te tirer les vers du nez.

Il y a un mot pour toi

Et tu l’as lu

J’étais bien obligé il était écrit :

 » Va te faire voir »

Gwen est indigné que celle avec qui il a dormi, caressé, embrassé le traite comme un vulgaire individu.

Mais ce qu’il agace encore plus c’est d’entendre le rire de Ricky.

A suivre…

L’inconnu du 7 h 12

Comme tous les matins avant de prendre mon train à la gare du Nord, je m’affaire dans ma cuisine, le petit déjeuner est vite expédié, un café noir et bien serré, un toast à peine beurré, un verre de jus d’orange, et je sors de ma douche aussi vite que le TGV. Je me précipite à ma boîte à lettres, le journal est arrivé. Je parcours rapidement les titres et je vais aux annonces. Cela fait plus de deux mois que je cherche un pied-à-terre dans la campagne environnante. Mais rien ne pointe à l’horizon.

Et ce matin c’est encore la même déconvenue ! Puis, d’un regard distrait je continue ma lecture, en riant des recherches stupides des uns et des autres. Celui-là cherche une femme qui bondisse comme un moteur bien huilé. Pauvres gens, comme cela me semble désuet et pitoyable. Puis, tout-à-coup mon regard se pose sur une annonce inhabituelle dont les termes me laissent interloqués :

« Si tu te souviens de notre regard échangé à la gare du Nord ce mardi 15

Toi, la belle brune !

Aux yeux pétillants, tu avais un tailleur prune,

le journal sous le bras.

Nous nous sommes souris et nous avons continué notre route.

Rejoins moi ce mardi 22 et nous verrons où tout cela nous mènera.

Signé : l’inconnu de la gare du Nord. »

Le journal sous le bras, le tailleur prune, à n’en pas douter, cet inconnu s’adresse à moi. Oui, je me souviens de cet homme, nous nous sommes croisé, souri et puis mon train est arrivé et je n’ai même pas vu où il allait s’il était resté sur le quai où partis comme moi. C’est cette annonce qui paraît ce mardi qui me le rappelle. De toutes façons je suis libre de mes actes et je peux le croiser à nouveau, je ne vais pas me jeter dans  ses bras, même si il était  un prince d’Orient. Je ris toute seule à ma remarque .

J’imagine cet homme dans son pays, un turban sur la tête, genre maharadja. Pourquoi ai-je envie qu’il arrive d’ailleurs, et du temps que j’y suis pourquoi pas un homme bleu du désert ? Sûrement à cause de son teint cuivré, mais alors il avait des lentilles car je me souviens aussi de ces beaux yeux bleus. Bon, il est temps de filer, mon inconnu m’attend, et je me surprends à rire, et à l’espérer. En fait je vais travailler et mon RER n’attend pas les retardataires.

Je dévale les escaliers quatre à quatre, je manque par deux fois de m’écraser en-dessous, mais me rétablis assez vite. Je suis souple et ce n’est pas ce petit exercice matinal qui va me  décourager, au contraire, je ne fais plus aucun sport depuis que j’ai intégré ce bureau d’étude dépendant d’un Ministère.

Et, je l’avoue cela me manque. Mais dès que je peux je vais marcher et je mets un point d’honneur à ne pas prendre le métro les jours où je reste sur Paris. Je connais tous les parcs, les petits comme les grands. Mais habiter hors de Paris me tente depuis plus  de six mois, et, en particulier depuis que j’ai commencé à faire le tour des agences. Bien entendu je serais obligé de me lever plus tôt mais la qualité de vie en sera meilleure. Mais pour l’instant mes recherches sont resté vaines et tout en courant pour attraper mon métro je songe à l’annonce.

Bah, je verrais bien si le jeune homme est dans la gare. Voici mon arrêt, je descends et je suis la foule des travailleurs, personne ne se regarde chacun est déjà plongé dans sa vie,  celle de tous les jours. Nous sommes des êtres humains qui nous croisons, sans un regard, sauf moi qui suis une provinciale à la base et qui aime croiser un regard. Me voici sous la grande horloge, je guette mon train et attends, j’espère le revoir, je l’espère. Il est déjà 7 heures et des hommes il en est passé mais lui mon inconnu de 7 h 12, je ne l’ai pas vu, au moment où je m’engage sur le quai, car mon train est annoncé, je me heurte à un homme fort pressé, notre regard se croise, c’est lui. Il me sourit et ajoute :

« Désolé, je suis en retard, mais mardi prochain j’essaye d’arriver plus tôt, lisez le journal je vous tiendrais au courant, sur ce il m’embrasse à la commissure des lèvres et disparaît happé par la foule.

Je suis scandalisée, car ce n’est pas un sourire aussi beau soit-il qui lui permet d’être familier avec moi. Si j’avais tourné la tête à ce moment-là, il m’embrassait sur la bouche. Dans mon for intérieur peut-être que c’était ce que j’espérais. Pendant que mon train s’éloigne de Paris, je me remémore son regard et ce qui dégage de lui. Il va me falloir répondre à son annonce, je n’ai nullement envie de m’engager dans une affaire de cœur, un copain , certes je puis encore l’admettre mais un chéri, merci j’ai déjà donné et je ne suis pas prête à recommencer.

Me voici arrivé à destination, je descends les escaliers et regagne rapidement la petite voiture de fonction prêtée par mon coach. Au moment où mes yeux se posent sur le rétroviseur, il me semble voir s’éloigner mon inconnu de 7h 12, bizarre, ai-je rêvée ? Ou alors il a pris le même TER que moi ; mais il a bien vu que je suis montée, on aurait pu discuter bien que le wagon était plein à craquer, mais cela ne change guère des jours précédents et aussi des jours à venir. C’est cette promiscuité que je ne supporte plus. Entre les odeurs d’ambre boisé, de lavande bon marché où d’Ungaro, je me sens mal et j’ai bien souvent le cœur au bord des lèvres.

Je serais beaucoup mieux, ici dans cette ville, voir ailleurs au milieu de nulle part. Je possède une voiture de Société et je ne l’utilise que pour couvrir les 10 kilomètres qui me séparent de la gare. Je l’abandonne chaque soir n’ayant nullement envie de me retrouver dans les embouteillages de tous ceux qui reviennent sur la capitale où qui en partent. J’avoue que cela commence à me peser. J’en suis là de mes réflexions lorsque l’on tape à ma vitre. C’est mon inconnu, j’ouvre ma fenêtre souriante et là je suis stupéfaite.

Il me parle grossièrement et m’invective car il veut ma place. Je bredouille des mots sans suite et m’éloigne.

Tout en conduisant ma petite Clio, je réfléchis, obnubilé  par lui, aurais-je inconsciemment confondu mon inconnu avec ce malotru. J’ai sûrement raison et je suis arrivée devant la porte de mon bureau, porte anonyme parmi tant d’autres, mais là se cache toute une technologie que nos ennemis pourraient nous envier. Sans parler d’ennemis qui nous combattent, je veux parler des chasseurs de têtes, voire de projets. Derrière cette porte c’est secret défense.

Pierre, mon coach est là, comme chaque matin, il me serre la main, réajuste ses lunettes, refais le nœud de sa cravate et me propose un café, il ajoute sans sucre, noir et serré. Je souris, car maintenant il ne fait plus de gaffe. J’aime ce matin où nous nous retrouvons tous les deux pour parler de l’avancement de notre projet classé « TOP SECRET ».

Les autres arrivent peu à peu et se joignent à nous pour la rituelle réunion. Nous échangeons tout d’abord sur la météo, puis la morosité de nos concitoyens, et ensuite c’est le moment du briefing, et nous repartons tous plancher sur notre travail. Je m’attarde auprès de mon supérieur hiérarchique, j’ai une question qui me taraude l’esprit ; il faut que je lui la pose sinon je passerais une très mauvaise journée.

« Pensez-vous Pierre que l’Inde a toujours en tête notre projet  et pourrait soudoyer l’un d’entre nous comme cela s’est fait avant mon arrivée. »

« Pourquoi pensez-vous à cela Edith ? »

« Cela fait deux fois en une semaine que je croise un individu et je trouve cela bizarre, et ce matin il était à la gare. »

« Si vous pensez Edith que cet homme vous suis, il va falloir que pour quelques temps vous vous rendiez au pavillon bleu. « 

Sur ces mots il se lève, tire de sa poche une petite clef, ouvre un tiroir  et me tends une enveloppe fermée par un sceau rouge. Sans aucun mot je la prends, et il s’en va, me laissant seule face à mon enveloppe, dessus il est écrit »Ministère des Armées »

A SUIVRE………………….

Le grand retour/10

Dans moins de 4 h je serai à Strasbourg, Raymond avait retenu un hôtel et je repartais le lendemain à 9 h du matin pour Hambourg ou j’arriverais à 16 h 40.

Avant d’arriver à Strasbourg J’avais un changement et j’allais perdre un peu de temps, mais l’essentiel c’est qu’à Hambourg j’avais selon Igor un point de chute.

J’ouvre mon sac à dos, à l’intérieur un portefeuille plein d’argent, je n’ose même pas vérifier combien il y a. Et comme me l’a dit Igor avant de mourir je devrais trouver un téléphone de la même marque que le mien. J’ôte la carte sim de mon téléphone et je la glisse dans le petit coffret où se trouve la médaille de baptême de Tony.

Mon téléphone vide je ne serais pas suivis à la trace par qui que ce soit.Et maintenant je vais sommeiller, la petite main de mon fils est blotti dans la mienne. Raymond m’a donné une laisse de chien je ne comprend pas à quoi elle va me servir.

Je sursaute, on me tape sur l’épaule je me réveille, Ouf ce n’est que le contrôleur. Je lui tend nos billets. Puis il me demande où est la personne qui devait être sur le siège face à moi. Je lui dit qu’il a raté le départ…

J’ajoute je ne repars que demain je pense qu’il me rejoindra en prenant le TGV suivant.

Soudain le haut parleur informe les voyageurs que nous arrivons à Paris Gare de Lyon. Je n’ai même pas vérifié nos billets, moi qui n’ai jamais pris le train il va falloir que je regarde d’où je repars. Ah je dois me rendre à la Gare de l’Est et je dois être dans le TGV à 13 h 53 pour un départ à 13 h 55.Je n’ai nullement envie de prendre le métro, je vais sortir à l’extérieur et prendre un taxi, j’ai largement les moyens.

Tiens voici ce gentils Monsieur qui voulait m’aider pour mes bagages, il s’arrête à ma hauteur :

Vous me semblez désemparée.

Oui j’ignorais qu’il fallait que je cherche la gare de l’Est.

C’est là où nous allons.Venez avec nous.

Vous allez à Strasbourg ?

Oui ! Il s’empare d’autorité de ma valise et sa femme lui emboîte le pas avec leur petit garçon qui est attachée avec une laisse. Je comprends mieux. Si je fais pareil cela m’évitera dans la cohue de perdre mon fils. Mais ce n’est pas un toutou. Tant pis je le porterais.

Lorsque nous arrivons à la gare de L’Est il y a une cohue indescriptible. Un homme vient d’être retrouvé mort et les forces de police ont bouclées l’accès aux quais.

Ça commence bien, notre TGV est annoncé avec un retard de 45 minutes.Cinquante minutes plus tard, les panneaux sont figé aucun train ne circule. Mon fils joue avec son nouveau copain comme dit le petit Mathias. Le jeune couple ont tous les deux mon âge. Et leur petit garçon à l’âge de Tony c’est assez amusant. Ils m’ont demandés :

Êtes-vous seule avec votre petit bonhomme ?

Non je rejoins mon mari en poste en Allemagne.

Comme il.n’insiste pas , je n’en dis pas plus.

Finalement aucun tgv ne va circuler avant de longues heures. On va nous loger dans différents hôtels. Une discussion s’engage de toutes parts. Les uns vont à l’hôtel, moi je décide de ne pas m’éloigner de la gare. Dès qu’un tgv sera prêt ils informeront bien les voyageurs que l’on peut embarquer.

Il me semble que le jeune couple est assez insistant à mon égard. Du coup je me remémore les conseil de Tonton Raymond

Lorsque l’on a un contrat sur la tête tu dois te méfier de tout le monde. Même des plus insignifiant. Et son exemple me fait penser aux Dorléac. Un couple lambda passe partout. Finalement ils sont parti.

Je m’éloigne et avise une femme en chasuble orange et lui demande où je puis aller pour être rapidement dans le TGV en partance pour Strasbourg.

Vous êtes béni des dieux le tgv pour Strasbourg partira à 16 h. Avez-vous un point de chute sur place ?

Oui je vais à l’hôtel.

Et bien c’est parfait, empruntez le passage souterrain le Tgv 7445 va rentrer en gare d’ici un quart d’heure passez avant la foule qui dès l’annonce va se précipiter.

Il arrive sur quel quai ?

Celui qui est devant vous le 1, ici vous êtes au 2.

Mais mon billet me donnait accès au wagon 2 en première classe.

Passez de l’autre côté et mettez- vous à hauteur du wagon deux, si vous regardez votre billet c’est le tgv que vous auriez dû prendre à 13 h 54. Donc vous montez à la place que vous avez payé. Vous n’avez que deux heures de retard. Bon voyage Madame.

Merci !Et si cette femme l’avait induit en erreur. Pauvre Lulu, elle a peur de tout. Cette femme ne pouvait pas être là rien que pour elle. Qui aurait pu la placer sur son chemin. L’angoisse la terrasse, elle doit s’appuyer contre le mur à la sortie de l’escalator.

Tony doit sentir la peur de sa mère, il commence à sangloter pour finalement hurler, ce qui attire deux soldats qui quadrillaient le secteur.

Bonjour Madame, vous ne vous sentez pas bien.

Un étourdissement, mais je vais mieux.

Où allez-vous ?

On m’a dit que mon TGV allait entrer en gare.

Oui, celui pour Strasbourg, il vient d’être annoncé, venez je prends votre valise, mon collègue va porter votre enfant. Quel est votre wagon ?

Le deux en première classe.

Le quai est déjà noir de monde. Les contrôleurs sont devant chaque wagon et filtrent les passagers qui ont leurs billets en bonne et dû forme. Ceux du 7445 et du 7543 se sont précipité à l’annonce d’un TGV pour Strasbourg. Pourtant la voix répète que seuls les passagers du 7445 pourront monter à bord du train. Il y a moins de monde vers les premières classes.

Les deux soldats montent dans le TGV et lui désignent ses places. Ils mettent sa valise en haut, à Strasbourg elle trouvera bien une personne pour l’aider car les deux places en vis à vis vont être prises par deux personnes du tgv suivant. C’est ce que vient de me dire le contrôleur lorsqu’il m’a vu en possession de quatre billets, dont seulement deux places seront occupé. A cause du suicide beaucoup de passagers sont venu espérant pouvoir partir à l’heure c’est ce que raconte une dame à sa voisine de sièges.

Le soldat qui a porté Tony prend congé du petit en lui donnant un petit camion militaire. Tony est ravi. Les deux soldats me salue en me souhaitant bon voyage.

Regarde Maman c’est un camion de guerre.

Oui mon chéri, mais toi tu vas pouvoir jouer à la paix.

Le soldat qui distribue des camions militaires lui semble bizarre mais en ce moment elle a peur de tout et surtout n’a confiance en personne.

Le contrôleur averti les passagers que le tgv ne partira pas à 16 h comme il était prévu mais un peu plus tard sans toutefois avancé un horaire.

La dame avec son chapeau violet qui fascine mon fils va nous expliquer la raison, elle a l’air d’en connaître un rayon.Elle ne s’adresse pas à moi, mais à sa voisine d’infortune car elle la voit qui soupire. C’est fort drôle.

Si elle comprend bien ses explications, leur TGV n’était pas pleins , le suivant pas mieux, mais les passagers se retrouvent tous pour le départ de celui de 16 h 55, la SNCF va essayer de caser tout le monde en rajoutant des wagons.

De nouveau elle panique car ceux qui l’ont pris en chasse sont sûrement arrivé. Il était 13 h lorsqu’elle est arrivée à la gare de Lyon, il sera bientôt 17 h. Le suivant partait à peine une heure après le sien. Ils ont dû arriver. Elle est affolée, et espère que les deux personnes qui doivent monter ce ne sont pas eux.

La famille qu’elle a rencontré si c’est comme elle l’a pressentie un faux couple ont bien dû rendre des comptes aux commanditaires. L’homme avait un accent maintenant elle en est certaine c’était aussi un Russe.

Juste avant 17 h accompagné d’un chauffeur, elle ne sait pas, arrive une femme tout de noir vêtu avec une voilette sur le visage qui tombe de son chapeau. Elle est accompagnée d’un jeune homme qui me demande si mon enfant ou moi accepterions de changer de place car sa grand-mère n’aimait pas être dans le sens contraire de la marche. Il doit penser que je suis contrariée car il s’excuse.

Non prenez la place, par contre si cela ne vous dérange pas, j’aimerais être vers la fenêtre.

Oui, bien sûr, cela ne me dérange pas.Il installe sa grand-mère qui me remercie en demandant à Tony s’il aime les sucettes. Bien sûr que mon fils les aime, cependant un sixième sens m’alerte à nouveau elle parle comme Sergueï.

A nouveau elle tremble. Et pousse un cri de frayeur lorsque la femme lui prend le bras et lui dit :

N’ayez pas peur, nous sommes là pour vous protéger, le jeune homme est le frère de Sergueï. Elle se moque de moi, cette femme me semble fragile, elle fera quoi contre des tueurs. Mais en regardant ses mains je les trouve anormalement grande et elle ne ressemble en rien à des mains de femme. Ils sont arrivé sans bagages. Quoiqu’ils ont pu les mettre à l’entrée du compartiment ou dans le sas à l »entree du wagon.

Elle me tient toujours la main, se penche vers moi et me dit je suis un autre de ses frères. Vous ne prendrez pas le train pour Hambourg. Nous partons dès cette nuit pour rejoindre Tatiana. Nos plans ont changé dès que nous avons appris la mort d’Igor. Profitez du voyage pour vous reposer. Vous en avez besoin. Nous veillons sur vous.

Elle est en proie à une grande fatigue et se demande si elle doit leur faire confiance. Qu’est-ce qui lui dit que ce sont bien ses frères. Celui qui se fait passer pour une vieille femme lui tend un courrier. C’est Sergueï qui lui écrit. Piotr est mon frère aîné, tu dois faire exactement ce qu’il va te dire. Ce sont les oncles de Tony.

Il me donne sa date de naissance et son vrai nom Russe. Car Sergueï et moi avions choisi deux prénoms, l’un français, l’autre russe. Et personne n’était au courant ni de mes parents ni deux de mes trois frères. Seul Antony le savait car nous l’avions choisi comme parrain. Et Tony était juste le diminutif d’Antony.

Il ôte sa main de la mienne en voyant mon sourire.

Sergueï a raison vous êtes son rayon de soleil.

Perdue dans mes pensées je me demande comment s’appelle le plus jeune des frères de Sergueï. Serait-ce son parrain ?Elle veut en avoir le cœur net Wladimir

Oui

Alors c’est bien vous, comme je suis heureuse de vous connaître.

Et moi donc, j’ai le même âge que vous.

Ne l’appelez pas Wlad il n’est pas au courant.

Ce n’est pas grave nous allons continuer à l’appeler Tony.

Je n’entend pas la fin de la phrase car je dors. J’étais exténuée et avec mes gardes du corps je me sens protégée.C’est la voix de l’hôtesse qui me réveille, elle annonce l’arrivée en gare fort imminente.

Dans l’allée les gens sont debout. Piotr me fait signe de ne pas bouger. Le tgv ne repart qu’une fois nettoyée, il n’y a pas besoin de se précipiter. On attend que tout le monde descende. Puis Piotr qui parle parfaitement le français m’explique ce que nous allons faire.

Nous avons téléphoné pendant le voyage à un autre hôtel, nous avons retenu trois chambres. Nous prendrons notre repas dans le restaurant attenant à l’hôtel. Vers 20 h 30 vous irez dans votre chambre pour essayer de dormir avec Wlad enfin Tony.

Puis vers 4 h du matin nous partirons pour arriver à Hambourg chez Tatiana, nous l’avons prévenu.

Nous mettrons combien de temps ?

Il y a 700 km, nous sommes trois à conduire, nous ne nous arrêterons que dix minutes toutes les deux heures. Avant midi si tout se passe bien nous serons chez notre sœur. Si nous pouvons partir plus tôt nous le ferons.

J’acquiesce et je descend du train comme une automate. Je n’ai plus rien à craindre de ces malfrats.

Hélas j’ai à peine mis le pieds sur le quai que j’entends le bruit caractéristique d’une arme. Je sens le souffle de la balle passer à quelques centimètres de ma tête. Je pousse un cri et tombe lourdement au sol.

A suivre…

Le grand retour /8

Avant de partir pour la gare…

En rentrant chez elle cette nuit-là dans le studio de Raymond. Elle se souvient comment elle l’a rencontré.

Elle se remémore les dernières semaines passées chez ses parents après l’enlèvement de Sergueï. C’était prise de tête sur prise de tête avec son père. Le ton était monté entre Lucile et ce dernier, il lui reprochait son attitude éhontée. Les mots enflaient, sa mère se taisait, emmenait le petit dans le jardin ou allait se promener. Le père et la fille s’affrontaient, il avait honte d’avoir une fille qui se comportait mal, avoir un enfant avec un type sorti de nulle part et de dix ans son aîné, déjà qu’il avait fermé les yeux sur le fait qu’elle était mineure. Ce type faisait sûrement partie de la mafia Russe. Pire il pensait que si le KGB l’avait enlevé c’est que dans son pays il était recherché. Sinon Ajoutait-il :  » Qui avait pu le kidnapper en pleine rue ?

« Une nuit après s’être disputé une énième fois avec son père elle était partie sans laisser un mot.

Dans un premier temps elle était allée chez une amie du lycée mais elle allait se marier, et son futur voyait mal leur cohabitation. Elle avait cherché du boulot auprès de la communauté Russe de Lyon et c’est ainsi qu’elle avait atterrit chez Raymond.

Au départ elle faisait le ménage, elle croisait souvent le beau Tonio petit truand notoire de la Duchère. Le soir à la fermeture de la boîte il l’a raccompagnait chez elle et si au départ elle l’avait éconduit, petit à petit il s’était immiscé dans sa vie jusqu’au jour où il avait profité d’elle après l’avoir fait boire. Le lendemain un peu groggy il s’était excusé et il lui avait proposé d’unir leur destinée sans mariage, sans contrat tout en acceptant de s’occuper de son petit blondinet. Comme son amie ne pouvait plus l’héberger c’était l’occasion rêvée de vivre avec Tonio.

Malgré que le souvenir de la vie avec Sergueï l’a hantait. Un matin Tonio l’avait vu danser devant la grande glace de leur chambre. Il lui avait acheté une jolie robe et demandé à Raymond si elle ne ferait pas l’affaire pour se produire sur scène. Mais le patron voulait surtout une chanteuse. Et Lulu comme l’appelait Tonio avait entonné une chanson de Piaf qui avait conquis les deux hommes. Mais Piaf ou Brel c’était pour Tonio et Raymond. Les clients préféraient les chansons nasillardes. Ce qu’elle faisait depuis bientôt deux ans. C’était bien mieux payé que le ménage. Elle recevait des pourboires des clients.

Sergueï, Tonio tous les deux étaient morts dans des circonstances étranges. Désormais aucun homme ne franchirait le seuil de sa porte, elle préférait vivre dans le souvenir de son premier amour. Quant à Tonio il lui avait apporté que des ennuis. Et cet argent, mais c’était de l’argent sale de cela elle en était pratiquement certaine.

Deux hommes en quatre ans elle était maudite.En rentrant ce soir elle voulait savoir qui lui avait envoyé ses lettres ? Sur les 18 premières lettres dont aucune n’était ouverte elles étaient oblitérées d’Allemagne. Les deux dernières de Finlande. Mais ces deux-là avaient été ouvertes et sûrement lues. Et pourquoi Tonio ne lui les avait jamais donnés ? Et comment se les était-il procurées ? Que lui avait-il caché ?

La première datait de la première journée où elle avait commencé à faire le menage chez Raymond à peine deux mois après l’enlèvement en pleine rue de Sergueï. Au fur et à mesure qu’elle lisait son courrier, son visage se décomposait, le courrier lui était adressé grâce à la jeune sœur de Sergueï, elle s’appelait Tatiana et voici ce qu’elle lui disait :

« Chère petite sœur Lucile,

Si l’on te dit que mon cher frère est mort ne les croit pas, Sergueï a été récupéré par le KGB mais grâce à notre petite communauté de Russes blancs nous leur avons tendu une embuscade avant leur embarquement dans un petit aérodrome de la Région Lyonnaise. Sergueï ne voulait pas partir sans toi et le petit, mais nos amis et Igor dont je te parlerais prochainement lui ont conseillés de ne pas resté en France. Il est donc parti pour une destination inconnue et s’est évanoui dans la nature, même moi je ne peux pas te dire où en ce moment il se trouve. Mais je communique avec lui grâce à la valise diplomatique, j’habite en Allemagne.Il m’a chargé de te dire qu’il pensait à toi et à votre enfant tous les jours. Dès que ce sera possible soit il te rejoindra en France soit tu prendras ton passeport et ton visa et je t’indiquerai où te rendre.Ne doute pas de son amour il t’attends.

Mes parents et mes autres frères ont hâte de te rencontrer. Et moi aussi.

Ta petite sœur Tatiana.

Si la mort de Tonio avait un rapport avec ces lettres il fallait que je lise les deux dernières.La dix neuvième émanait de Sergueï et ce que je lisais me faisait froid dans le dos. Qui était le beau danseur dont j’étais éperdument amoureuse ? Un grand de ce monde car un contrat de mort était sur la tête de notre petit Tony.

Mon amour,

Alors que dans la lettre précédente, Tatiana te disais de te tenir prête, j’ai l’immense tristesse de te dire que nous devons reculer de quelques mois ton départ de France. Je ne veux pas t’affoler mais il y a un contrat sur la tête de notre enfant et par la même occasion tu es toi aussi en danger.

Igor que tu sembles connaître selon les renseignements que j’ai va te protéger. Mais je te conseille de quitter ce Tonio qui te donne l’illusion d’être à l’abri du danger. Il est fourbe et a de mauvaises fréquentations et intentions. Rejoint tes parents ils pourront veiller sur vous.

Je t’aime et t’embrasse, prenez bien soin de vous.

Ton Sergueï

J’étais à la fois dans une colère noire et à la fois paniquée. Tous ces messages, ces gens qui me suivaient, ces pas dans la nuit. La bagarre dans la boîte. Ce n’était pas seulement à cause de l’argent de Tonio mais c’était à cause de ce contrat de mort sur nos têtes. Sergueï vivant. Il est vivant…. Je suis sous le choc mais il faut bien que je me rende à l’évidence. Tonio et peut-être Raymond-Igor me l’ont caché.Il faut que je lise la dernière lettre, c’est toujours l’écriture de mon Amour. Elle était très récente. Arrivée le jour de l’assassinat de Tonio.

Mon amour,

Le grand jour est enfin arrivé, tu peux te rendre à la gare Perrache à la date indiquée sur le billet, direction Hambourg. De là tu prendras un ferry de nuit pour Stockholm en Suède. Tu retiens une cabine pour toi et le petit. L’argent te servira à prendre ce qui est le meilleur pour vous deux mes amours. Profite de cette nuit pour dormir afin de te reposer car le chemin sera long et sûrement semé d’embuches.Tatiana et moi nous vous attendrons si vous n’êtes pas au premier ferry, nous reviendrons pendant huit jours voir si vous y êtes. Passé ce délai tu devras te débrouiller, tu te rendras au Consulat de France à Stockholm. Ne t’inquiètes pas l’ambassadeur est un ami, il sera au courant et pourra m’avertir. Les Suédois pourront t’aider pour t’indiquer où se trouve le Consulat. C’est un peuple accueillant. Et c’est tous ensemble que nous nous envolerons pour Helsinki. Dans le petit paquet il y a la preuve que c’est bien moi qui t’écrit. Je t’ai mis la médaille de baptême de notre enfant que je portais sur moi le jour de mon enlèvement. Si tu ne te sens pas capable d’effectuer ce voyage seule avec notre enfant, je me suis mis en relation avec Igor, qui pour moi est comme un frère, je sais qu’il veille sur toi. Il te proposera de t’accompagner, il passera aux yeux de ceux que tu croiseras pour un oncle bienveillant.

La lettre tombe à mes pieds, je suis désemparée. Que Tonio ne m’ait rien dit ça je peux le supporter mais Raymond ou Igor je n’arrive pas à comprendre.Si mon amour me dit ça c’est qu’il a pu l’avoir en direct. Lui a-t-il dit à quoi j’étais réduite. Alors que j’avais une fortune qui s’élevait à plus de 40 millions d’Euro. Mais je n’ai pas lu les autres lettres, cet argent est-ce bien celui de Tonio, je n’en ai aucune certitude. Ces lettres qui les a reçu ? Elles ne sont pas arrivées ici dans notre appartement, il y a forcément une personne qui les ont recues. Qui ? Mes parents ? Igor ? Mes frères ? Ce n’est pas aujourd’hui que j’aurais la réponse.Un doute s’insinue en moi et si c’était Igor qui avait tué Tonio car il devait refuser de me laisser partir. Mon petit garçon m’avait dit  » tonton boum Tonio ». Je n’avais pas compris mais maintenant tous les pions se mettaient en place.

Or mes frères bien que Tony les connaissent n’étaient jamais venu chez nous. Le seul qui se faisait appeler Tonton c’était Raymond.

J’avais déjà perdu deux jours, il m’en restait six pour parcourir 2075 kilomètres avec un petit garçon de 3 ans et demi. Je devais me dépêcher. Mon billet de train était valable, il fallait juste que je regarde si les tgv en partance pour Strasbourg puis Hambourg avaient deux places.

A suivre…

Le grand retour/7

La police l’a déposé devant le cabaret « Au Gnafron chantant » où l’attend l’autre danseuse, c’est elle qui l’a appelé pour lui dire de la rejoindre pour éviter de dire à la police où se trouvait l’appartement du patron.

Puis un appel téléphonique de Raymond les informe de se rendre avec le videur au 3 de la rue de la République C’est un tout petit studio, mais elle va y vivre seule puisque son frère et sa belle-sœur vont prendre en charge Tony en attendant qu’elle ait un nouveau travail plus en rapport avec ses études.

Sa belle-sœur a accepté de le garder à condition de la payer. Elle emmène Tony vers 17 h et le récupère à 9 h le lendemain. Son frère lui a proposé qu’elle lui donne 100€ pour 2 fois 8 heures. Ce sera l’argent de poche de sa femme. Elle travaille de 19 h à 3 h du matin mais elle doit dormir. Elle n’a pas rechigné. Puis c’est pour éviter que les services sociaux s’en prennent à son enfant.

Elle ne veut pas le perdre c’est le seul souvenir qu’elle a de son Sergueï bien aimé. Il a ses yeux, la couleur de ses cheveux et il commence à faire des pirouettes. Même son frère lui a dit :Il va devenir danseur étoile regarde Lucile comme il se débrouille bien pour à peine quatre ans.

Aujourd’hui Raymond a fermé sa boîte, elle a pu récupérer le petit ils seront ensemble jusqu’à vendredi 17 h. Deux jours pleins. cette nuit il y a eu une bagarre alors qu’elle chantait et dansait a la demande de touristes. Deux hommes avec des chapeaux noirs, des truands sans aucun doute sont entré et ont commencés à invectiver Lulu. Ils étaient accompagnés d’un grand noir qui fumait sa pipe. Il s’était assis et regardait Lulu sans intervenir, elle n’en menait pas large.

Deux ou trois quolibets qui n’ont pas été du goût du patron ont fusés. Quelques habitués ont commencés à crier, tout ce beau monde en est venu aux mains. Lulu a voulu s’esquiver dans la pièce où elle se maquille avant de monter sur scène. Le grand black l’a coincé contre le mur, il avait une haleine fétide, elle s’en souviendrait, il lui avait dit :

 » On t’a vu dans la banque où Tonio a planqué notre fric tu as trois jours pour l’apporter à cette adresse. » Et en le lui disant il lui a glissé dans sa poche un papier. Puis il s’est permis de la plaquer contre lu en disant ses mots glaçant :

Ton ami Igor est impliqué dans de sales affaires. Si tu ne nous verses pas l’argent on fera fermer son « bouge ». Tu as compris.

Oui, mais je n’ai pas cet argent. Le compte est vide. Le banquier n’a pas voulu me dire où Tonio avait emporté les 40 millions d’€uro.

Quarante millions, il ne perd rien pour attendre Raymond alias Igor. Casse toi petite et merci pour le renseignement on va lui mettre le feu à son cabaret. Toi par contre si tu nous la joue je ne donne pas cher de ta petite personne.

Lulu n’avait rien dit mais pendant que les sirènes de police hurlaient elle avait regagné son appartement et commencé à faire ses bagages. Vers six heures du matin Raymond l’avait appelé sur son téléphone et lui avait dit qu’il fallait qu’elle quitte les lieux le plus rapidement possible.

Il avait ajouté :

Pars pendant que la police est encore dans ma boîte. La rue est calme, le videur t’accompagnera jusqu’à ce que je te retrouve à la gare. Ne prends aucun train car j’ai une chose fort importante à t’apprendre.

Raymond il est six heures du matin, j’ai déjà préparé ma valise et celle du petit, mais si je traverse la rue en les traînant, je serais vite repéré.. Ma voiture est près de mon ancien logement. Tonio avait un garage je l’ai laissé là -bas.

Bon vu ce que tu me dis je change mes plans, Lulu nous allons prendre ma voiture et je te déposerais à la gare Perrache je t’expliquerais. Ta voiture tu la laisses dans le garage c’est dangereux de l’utiliser. Tu ne remets plus les pieds ici. Par contre tu me fais un chèque d’un million pour que je garantisse ta sécurité.

C’est pour payer tes copains et rendre la dette de Tonio.

Non mais je t’expliquerai. Et surtout tu vas très loin. Si j’étais toi j’irai en Russie, Sergueï a encore sa famille et ses parents. Si ça se trouve ils seraient heureux de te rencontrer et de voir leur petit fils.

Comment es-tu au courant ?Peu importe. Descends je suis en bas. Je vais t’expliquer.

Lorsqu’elle se trouve face à Raymond, elle n’est pas dupe, sa tête a doublé de volume. Il a deux dents de cassés, un oeil au beurre noir. Il s’est fait tabassé.

Je lui tend le chèque, il me remercie et je m’engouffre dans sa Volvo. En chemin il me dit qu’il va rejoindre la communauté Russe de Lyon et se ranger de cette vie. Je ne lui demande rien, cette vie de rapine, de truands me donne du dégoût. Si ma famille savait dans quels milieux j’évoluais il ne comprendrait pas. Même mon frère n’était pas très chaud que je me sois rapproché de lui. Il est vrai que vu sa situation, maintenant j’étais le vilain petit canard.

Cela faisait trois semaines qu’il me tannait pour que je retourne dans mon école de danse où il cherchait une secrétaire. Je pense que je n’étais pas encore prête, le courage me manquait car j’allais obligatoirement croiser les jeunes danseurs en tutu. Et ça c’était au-dessus de mes forces.

Mais ce que j’allais apprendre de la bouche de Raymond après avoir pris connaissance du courrier trouvé dans la planque me ferait prendre conscience que j’étais dans une machination orchestrée par des forces obscures et machiavéliques.

A suivre…