Lumières dans la nuit /14

J’ai eu une nuit agitée entre ma belle-sœur qui se faisait du souci pour mon frère. Mon fils pour son petit frère. J’ai d’abord dû calmer tout ce petit monde. Puis Damien est arrivé.

Il tenait le père des deux gamins d’assez près. Le pauvre type s’est effondré sur une chaise. Il sanglotait, se faisant un sang d’encre pour son gamin. Je lui ai donné un remontant, je n’ai trouvé que du génépi façon pépé. Le gars s’est enfilé le verre et s’est affalé sur la table, groggy. A moins qu’il n’en était pas à son premier verre.

Damien et moi nous l’avons allongé sur un lit de camp et il ronfle. A notre tour de rejoindre nos lits, il est quatre heures du matin . Dans quatre heures il nous faudra être sur le pont.

Mais hélas rien n’allait se passer comme prévu. Moins d’une heure plus tard on balançait des cailloux dans la chambre. Ne voulant pas réveiller Julien, je prend ma lampe torche et j’aperçois Claude en contrebas. Je descends par la fenêtre car mon cousin m’avait montré les aspérités permettant à mon père de s’évader lorsqu’il passait ses vacances ici.

Que se passe-t-il ?

Toto a vidé son sac…

Je suppose qu’il t’as dit que le gars qui portait la civière était le directeur du camps.

Comment le sais-tu ?

C’est mon copain de Lyon celui qui me remplace qui m’a envoyé une photo.

D’accord, mais tu ne sais pas tout.

Le pire est à venir ?

Oui, il y en a deux qui se sont égaré dans les souterrains. Une fille et un gars. Il y a eu un éboulement.

Fichtre , c’est sans doute la raison qui les ont poussés à nous fausser compagnie. Mais à mains nues ils ne vont pas y arriver.

Ils auront besoin d’une aide extérieure.

Et que faisait ces deux gosses sur cette bécane ?

C’était un bizutage

A vive allure sans casque en pleine nuit, sans lumières sur un chemin qui descend truffé de rochers et autres pierres qui menacent de tomber à tout instant. Ils sont malades ces adultes. Mais où ont-ils eu leur BAFD ?

Leur BAFD je ne sais pas ce que c’est ?

C’est le diplôme qui leur permet d’être directeur d’un camp ou d’une colo, encore faut-il qu’ils aient une excellente formation faites par des professionnels. Le fils d’un copain l’a faite via l’Education populaire. Ils ont plusieurs organismes adhérents.

Tiens je pense que mon gamin serait intéressé. Il y a un âge

Oui 17 ans, il faut d’abord être animateurs. Il passera un BAFA ( brevet d’aptitude à la formation d’animateur) c’est en deux parties. Par contre pour en revenir à Antonio et Pedro ils auraient pu refuser de descendre en pleine nuit.

C’est la peur au ventre que Toto est descendu, il a supplié le type à qui appartenait la moto de lui prêter un casque, il a rigolé et ajouté  » je pensais que tu voulais entre chef de gang, ce n’est pas en faisant ton bébé que tu vas y arriver ».

Donc pour ne pas être une poule mouillée, il a exécuté les ordres de ce type. Je pense que Toto le connaît. Mais ils auraient pu faire mine de descendre et planquer la moto. Ils ont bien dû traverser le village en montant.

Son frère avait peur car le directeur lui avait montré un cachot et l’avait menacé de le laisser enfermer.

Des fous, des êtres immoraux, ils sont bons pour croupir en prison.

Je suis bien d’accord avec toi

Mais ça change tout, il ne faut pas attendre, les gendarmes pensaient entrer dans une heure au camping. Il faut qu’ils interviennent immédiatement. En même temps nous devons rappeler les pompiers afin qu’ils prennent en charge et qu’ils recherchent ceux enfermés dans le souterrain.

Ces cons vont nous pourrir nos vacances. Et surtout ils ont la responsabilité de gamins de 13 à 17 ans et ils les mettent en danger, ce ne sont pas des jeunes gens formés. Les parents confient leurs enfants, contents qu’ils prennent des vacances et là ils vont se sentir trompés et trahis.

Dès 7 h je vais réveiller le directeur de l’autre camp.

Ils sont plus jeunes les gamins ?

Justement si c’est les mêmes irresponsables ça risque de tourner au vinaigre. Quitte à aller les chercher …

Je te comprends

Mais les gamins eux ne comprendront pas que nous les ramenions dans la cité. Les vacances pour la plupart des jeunes c’est une première fois sans trop de contraintes, ils font la cuisine, ils se débrouillent, puis le sport c’est agreable, ça les changent de la cité avec ses bagarres, là – bas il y a une discipline sportive. De l’entraide aussi et ils doivent être fair-play. Leurs conditions de vie sont dures en famille.

Souvent l’hiver ils partent faire du ski à Chamrousse, Julien y est allé aux vacances de février. Les moniteurs étaient extra, il en a gardé un bon souvenir.

Et cet été c’est le plus jeune qui est parti.

Oui il voulait faire de la voile, je pensais les emmener mais je me sentais pas encore prêt pour partir en vacances sans ma femme…

Mais tu aurais pu trouver un autre camp voile que de le laisser partir avec cette MJC et comme j’en ai l’impression avec des gosses de la cité.

C’est pour lui apprendre que tout le monde n’a pas la même vie. Et il va toucher du doigt que lui a de la chance. Cela va lui permettre de se confronter avec moins nantis que lui. Et ça lui forge son caractère. Puis les enfants de mes beaux-parents enfin la famille d’accueil allaient au camp voile, Nicolas a demandé à sa Mamounette d’intercéder auprès de moi. J’ai donné mon accord. On paye plein tarif, Toto je pense que ses parents ont des chèques vacances données par la CAF.

Remarque si tout se passe bien je trouve que c’est une bonne manière pour le vivre ensemble.

Toutes les années les enfants qui sont chez la famille d’accueil partent en camp ou en colonie. Il n’y a jamais eu de problèmes. Cette année j’ai l’impression que tout est compliquée.

Fais en pas une fixette, ce n’est pas obligatoire que dans le camp de Nicolas il y ait des animateurs véreux. On fait quoi ?

Je vais appeler le capitaine Frémont et lui raconter ce que t’a confié le gamin, s’il a des doutes je lui dirai ce que j’ai appris grâce à mon collègue et ami de Sathonay. De plus nous avons autorité sur les gendarmes d’Auvergne Rhône-Alpes.

Et bien Xavier qu’attendons-nous ? On fonce.

Non, je leur téléphone

Commandant Xavier Denis je voudrais parler au Capitaine Frémont

Je vous le passe mon Commandant

Capitaine Frémont je vous écoute

Nous sommes détenteur d’une double information, la première c’est que le directeur du camp canoë kayak était au château, c’est l’instigateur de ce bizutage fou qui a causé l’accident du dénommé Pedro âgé de 15 ans. D’autres parts il a exposé deux autres ados, un garçon et une fille en les laissant parcourir les souterrains du château. Il y aurait eu un éboulement selon le jeune Antonio dit Toto. Je viens d’appeler les pompiers d’Annonay, ils viennent avec un hélicoptère, ils se poseront dans la cour du château, c’est possible. Par contre ils auront besoin de bras, de maçons pour étayer la partie non éboulée. Ainsi que de terrassiers Ici nous avons des vacanciers, je vais aller frapper aux portes pour nous faire aider.

Mon Commandant, nous sommes au camping, le directeur a disparu à moins qu’il ne soit pas rentré. Nous avons trouvé une directrice adjointe, trois animatrices et deux animateurs, ils semblent dépasser par les évènements. Vous avez vu le deuxième individu j’ai pris en photo les deux jeunes gens, dites-moi si vous en reconnaissez un.

Envoyez-moi les photos. Il y a combien de jeunes ?

Les animatrices disent qu’ils manquent deux filles et cinq garçons.

Si nous éliminons la fille et le garçon dans le souterrain plus les frères Gonzalez, ils manquent à l’appel une jeune fille et deux jeunes gens. Où peuvent-ils bien être ? Connaissent-ils les âges de ce petit monde hormis les deux frères.

Les jeunes filles ont respectivement 14 et 15 ans, les trois jeunes garçons ont tous 17 ans dont un qui seraient amoureux de la jeune de 15 ans selon ses compagnons de tente.

Et bien j’espère qu’en plus nous n’aurons pas un viol.

Mon Commandant nous y avons pensé ainsi que les animatrices.

Votre effectif est de combien ?

Trois mon Commandant

Bon je vais faire appel à mon équipe de Sathonay. Nous avons des spéléologues, alpinistes et toute une équipe ayant des chiens qui savent retrouver des personnes vivantes dans les tremblements de terre. Je sais qu’à Annonay ils en ont pas.

Tout en continuant à vous parler mes hommes se sont préparé. Nous arrivons.

Mon cousin est déjà parti réquisitionné des estivants. J’espère en trouver une dizaine. Les pompiers ne pourront pas nous aider il y a un pilote, un médecin et une infirmière. Si dans vos animateurs vous avez des volontaires amenez-les, voir même les jeunes les plus âgés.

Le probleme mon Commandant c’est que ce matin ils ont une sortie canoé-kayak.

C’est un ordre Capitaine !

A suivre…

Lumieres dans la nuit /13

Les pompiers demandent qui va accompagner le jeune mineur et surtout si ses parents sont avertis. Toto nous dit être en vacances à Vallon-pont-d’arc avec un camp d’une cité de Lyon. De suite Damien et Xavier se regardent et trouvent que la coïncidence est un peu trop énorme.

De Lyon, vous êtes partis quel jour ? Et avec quel organisme ?

La MJC

De Vaulx-en-Velin ?

Oui , pourquoi vous connaissez ?

Effectivement nos enfants sont partis à un camp de voile en fin d’après-midi.

Ah oui je sais à Serre-Ponçon ? Ma soeur y est.

Hum donc il faut appeler vos parents, vos animateurs étaient-ils avec vous au château ?

Non !

Qui était-ce ?

Des gars du camping

Pendant que j’interroge Toto , les pompiers sont partis sur l’hôpital de Ruoms, accompagné par Damien en sa qualité de chirurgien orthopédique. Toto a peur de son père et n’ose lui téléphoner.

Mon père se saigne aux quatre veines pour nous permettre de partir en vacances, je vais m’en ramasser une.

Donne-moi leur numéro et ne t’inquiètes pas.

J’ai entendu ce que vous a dit le gendarme, vous êtes Commandant

Oui près de Lyon

Ah ! Ok

Bon il vient ce numéro

06 .. 24..42

Allo

Oui c’est quoi vous avez vu l’heure

Monsieur calmez-vous je suis Commandant de gendarmerie actuellement en vacance près de Vallon-pont-d’arc et j’ai été témoin de l’accident survenu à votre plus jeune fils.

S’il vous plaît calmez votre femme. Ça ne sert à rien, et surtout je ne vous entend plus.

Je met le haut-parleur

Oui, est-ce que vous pouvez venir d’ici demain matin, et me donner auparavant l’autorisation par écrit sur votre portable de permettre au chirurgien d’opérer votre fils. Car je ne vais pas aller récupérer le papier que vous avez dû signer avant que vos enfants partent auprès du directeur.

Je n’ai rien signé

Et bien vous auriez dû en signer une. Bon envoyez-la moi directement sur mon portable.

Je ne sais pas écrire, ma femme va le faire mais dites-lui les termes.

Je vous dicte l’autorisation. Écoutez moi :

 » Je soussigné  » nom et prénom » autorise le chirurgien à pratiquer sur mon fils Pedro âgé de 15 ans toute opération jugé nécessaire. Vous mettez votre nom en bas. Vous dites à votre femme d’en refaire une sur papier et vous la signer tous les deux. Vous la remettrez au service. »

Qui va opérer mon fils et pourquoi vous l’opérer ? Qu’est-ce qu’il a ?

Une jambe cassée

Et une opération ? Je ne comprends pas

Je ne suis pas médecin je ne peux pas vous donnez une information qui serait érroné.

M…e !

Calmez-vous Monsieur Gonzalez, c’est certainement mon frère qui va opérer votre fils. Je lui communiquerais votre autorisation dès qu’ils seront à l’hôpital de Ruoms.

… « Monsieur Gonzalez hurle et insulte sa femme et surtout son fils Antonio. » Je comprend que le gamin soit tétanisé.

Oui je comprends ne vous inquiétez pas, il est, je vous le répète entre de bonnes mains.

Allez doucement pour venir, mais sachez que demain matin est largement suffisant, mais je comprends que votre femme soit angoissée.

….

Vous voulez que je prévienne les animateurs, aucun problème je m’en charge. Nous vous expliquerons l’accident dès demain. Là il est tard, nous allons garder Toto et dès que vous êtes arrivé rappelez ce numéro.

Oui à n’importe quelle heure !

Allez dormir, vous serez plus en forme demain matin.

Je veux parler à Toto

Non votre fils aîné est avec mon cousin, il est allé dormir chez eux, il est assez secoué. Bonsoir Mr Gonzalez.

Les gendarmes qui attendaient la fin de la conversation s’approchent et leur capitaine me remercie. Ils ont décidé de ne pas se rendre au camping de suite. Mais ils vont rester en faction devant le camping et des demain 6 h ils iront réveiller le directeur. A moins qu’ils aient signalé la disparition des gamins, mais il n’y a personne en ce moment de garde, et nous n’avons pas reçu d’appels téléphoniques.

On se tient au courant Capitaine

Bonne nuit mon Commandant et jamais je n’aurais penser vous retrouvez dans ses circonstances.

Nous nous connaissons ?

Oui, j’étais sur Lyon lors de l’arrestation des dealers de la Duchère. J’etais détaché car sur Annonay un des gars arrêtés un mois avant était de Lyon.

Je me souviens, vous êtes le Capitaine Frémont. Et bien vous voilà face à une énigme. Qui sont ces jeunes et moins jeunes qui squattent notre château ? Je veux bien vous filer un coup de main vu que je suis chez moi.

Chez vous ?

Ce serait trop long à vous expliquez, j’aimerais bien aller me reposer.

Excusez-moi Mon Commandant, par contre nous avons perdu la trace des deux vieux enfin plus âgés que ces deux gamins.

Si ce sont les animateurs je me fais du souci pour mon fils car il est en vacances sur un autre camp…

La MJC de Vaulx-en-Velin vient toutes les années au cours des deux mois d’été faire des camps. Nous n’avons jamais eu de soucis.

Et bien à demain

Enfin je peux me coucher, il est deux heures du matin. Je met mon téléphone sur vibreur, je ne veux pas réveiller toute la maisonnée.

Damien me rappelle vers trois heure du matin pour me dire que le jeune Pedro est dans le coma. Son pronostic vital est engagé. Il le laisse à la surveillance de l’hôpital. Si son état le permet il devrait le transporter sur Lyon à Édouard Herriot.

En plus il y a les parents qui ont débarqué en pleine nuit. La femme était hystérique, il a fallu lui faire une piqûre pour la calmer. Le père est presque dangereux car il veut s’en prendre à l’aîné et lui donner une volée de bois vert. Mais il est dans le 4×4 et ne dit rien. Je lui ai conseillé de laisser sa voiture sur le parking de l’hôpital. Je le descendrais plus tard.

Tu le ramènes dans le village ? Tu vas devoir gérer le père et éviter qu’il s’en prenne à son fils. Je pense que ce mome a été manipulé par les adultes. Nous en saurons mieux demain. Enfin dans quelques heures.

Et bien Damien nos vacances commencent à 100 à l’heure.

Ce ne serait pas si grave je ne m’en plaindrait pas, mais il va falloir que l’on retrouve les deux vieux. As-tu une idée ?

Tu as pensé à une connaissance ?

Si tu veux dire qu’ils seraient animateurs à la MJC c’est fort inquiétant. J’ai téléphoné au directeur mais son numéro n’est pas attribué. Tu le crois toi ?

C’est grave, après le directeur de la MJC tu as les numéros de ceux du camp de Serre-Ponçon comme moi, je suppose.

Oui

Ton fils ne fait pas une activité spéciale pendant l’année ?

Il fait de l’escalade et du VTT, toi ce doit être pareil.

Bon oui mais je n’ai pas les numéros de tous les responsables d’activité. J’ai laissé gérer cette année par la famille d’accueil de Julie. Par contre j’ai prévenu mon bras droit sur Sathonay (Rhône) et à l’heure qu’il est le directeur doit être dans nos locaux. C’est sûrement la raison pour laquelle il ne te répondait pas.

Tu n’as pas bien entendu Xavier, le numéro que nous avons eu, donné par la MJC au cas où un évènement grave intervienne n’est pas attribué.

Viens on en reparlera plus tard. J’ai un double appel.

Je raccroche rapidement, c’est mon bras droit et ami qui va me donner des nouvelles.

Xavier, nous avons dans nos locaux le directeur, il n’était pas bavard, mais après l’avoir menacé de mettre à sac son appartement, il s’est mis à table.

Et qu’as-tu appris ?

Il vient juste de prendre ses fonctions, l’autre directeur a démissionné suite à je ne sais quelles malversation.

Démissionner quand donc ?

Il y a un mois

Pour Vallon-pont-d’arc est-ce que tu connais le nom du directeur de camp, et aussi as tu une description ?

Mieux j’ai sa photo

Envoie

Pu….e c’est un des gars qui a mis les voiles

Tu en est certain ?

Oui à 100 pour cent.

Et bien c’est grave. Tu reprends du service où tu laisses gérer par les gendarmes du coin.

Je verrais mais pour l’instant je veux retrouver ce type qui a entraîner certains gamins dans ce château. Nous sommes le 5 juillet, quatre jours de camps et déjà un coup fourré à conséquences graves.

A suivre…

Lumieres dans la nuit/12

Nous scrutons le château qui se dessine sur le ciel car ce soir c’est la pleine lune et elle est juste au-dessus du donjon.

Tu as rêvé Claude il n’y a personne, ni humains ni…

Juste au moment où je vais pour terminer ma phrase nous voyons une lampe torche qui s’allume une fois puis s’arrête et fait plusieurs appels sans que je puisse déterminer ce qu’ils se disent. Ce sont des jeux de lumière, ils doivent en connaître la signification. Est-ce un jeu? D’où viennent -ils ?

Nous nous concertons et décidons d’avancer. Si ce sont des vacanciers nous les mettrons en garde. Mais auparavant nous ne devons pas faire d’impair et nous assurer que ce sont juste une bande de copains en mal de sensations fortes. Nous décidons d’avancer sans bruit.

Nous voilà à hauteur du ruisseau, c’est à ce moment là que nous entendons un bruit de moteur. Une moto descend la pente. Claude nous pousse sur le côté dans les genêts. Mais l’engin n’a pas le temps de passer à notre hauteur, il a heurté une des pierres qui jalonnent le chemin. Un cri inhumain puis plus rien.

Nous braquons nos lampes en direction d’un des rochers, la moto est là, quant à ses passagers ils gisent non loin de là. Ils sont deux, l’un a atterrit dans le ruisseau, l’autre semble être plus bas que le rocher dans les pierres que nous avions évité. Deux fous !

Soudain des gémissements se font entendre. Nous éclairons la scène, celui qui est dans l’eau va sûrement se noyer car il est inerte et à plat ventre. Damien se précipite, le retourne et aidé de Claude le ramène sur la terre ferme. Je continue d’éclairer. Puis après qu’il ait un tant soit peu repris ses esprits, il se met à vomir d’abord de l’eau puis ce qu’il a mangé.

Celui qui gémit a dû se rendre compte qu’il y avait des inconnus. Il nous appel au secours, et à nouveau pleure et crie:

Au secours, j’ai mal.

Puis plus un cri, un silence lourd et oppressant s’installe. Pendant que Claude et Damien relèvent la grosse moto, je m’approche du blessé et je vois immédiatement les dégâts. Fracture ouverte du tibia. Le gars a de quoi se plaindre. Une balafre à la pommette droite et la tête qui saigne, je ne vois pas si c’est superficielle ou plus profond. On ne peut pas le déplacer.

Claude me dit ne les avoir jamais vu au village. Il va interroger celui qui devait être devant, afin de savoir la raison pour laquelle ils ont eu cette idée folle de descendre en pleine nuit, tout feux éteint sur un chemin en partie hérissé de rochers.

Mais auparavant il appelle les pompiers, ce sont ceux de Voguë qui vont se déplacer. C’est Damien qui est chirurgien qui prend le téléphone et donne les renseignement. Je l’entend leur répondre :

Fracture ouverte du tibia, l’autre jambe fait un angle je pense qu’il a le genou de déboité, une vilaine coupure assez profonde qui va de l’oeil à la bouche. Et vu qu’il n’avait pas de casque il a une fracture ouverte du crâne.

Et bien le gamin ne s’est pas raté. Mais quelle idée de faire pareilles idioties. Une envie d’adrénaline, de sensations fortes. Si le gamin s’en sort il aura de graves séquelles.

Damien a donné un calmant au jeune, l’autre nous a dit que c’était son frère et qu’il n’avait que 17 ans. C’est bien lui qui conduisait. Mais ce qu’il faisait au château, il refuse de nous en parler.

Vous êtes combien là-haut ?

Cinq garcons et deux filles

Ils vont faire comme vous, descendre sans casque comme des fous furieux.

Ils attendent que l’on remonte ?

Et bien si tu veux y aller, vas y leur dire ce qu’il vient de vous arriver. Prends ta bécane, pousse là. Tu veux que je t’aide à te relever ?

Le gamin se met à chialer comme un gosse. Je n’insiste pas.

Damien et Claude discutent devant le gamin pour trouver une solution aux problèmes que viennent de leur transmettre les pompiers. Il faut descendre sur la plateforme où se trouvent les voitures car les pompiers ne viendront pas avec l’hélicoptère. Aucune place pour se poser.

Damien brusquement a une idée et nous en fait part.

Un de nous va monter au Château

Attends pourquoi faire

Pour alerter leurs copains et qu’ils nous trouvent une porte.

Oui je vois , nous y mettrons le gamin dessus cela nous fera une civière de fortune. Et nous le descendrons au village. Et bien nous allons les contacter autrement. Je vais leur lancer un appel au secours, s’ils ont un peu de jugeote ils nous répondrons et je pense retrouver la manière de communiquer avec eux. Je vais demander à l’autre gamin si ses copains connaissent le morse.

Bon c’est parfait ils savent se débrouiller. Je vais monter un peu plus haut de façon à ce qu’ils aperçoivent l’appel. Par contre Claude est-ce que tu sais où trouver une porte ?

Je n’en sais rien mais si les gamins ont investi les lieux il y a de forte chance qu’ils aient vu du bois. De toutes façons à eux de se « démerder » c’est leurs copains.

Je commence à leur faire signe en leur demandant de me répondre

Au début rien se passe c’est à désespérer, puis une lampe me répond par un prénom

« Toto,

Non mais au secours SOS ( 3 courtes, 3 longues, 3 courtes)

C’est Toto ou son frère

Mais l’autre gamin m’a rejoint, il boîte et me dit qu’en effet il.s’appelle Antoine dit Toto.

Toto et son frère

Ils iront plus vite me dit le dénommé Toto

En maniant le morse qui me revient peu à peu. Je demande que le plus vieux d’entre eux descendent je dois lui expliquer de quoi il s’agit. Ils doivent se concerter car une à deux minutes s’écoulent et celui qui me répond me demande qui je suis.

Je suis un randonneur et la moto de vos copains est morte et eux sont gravement blessé. Les pompiers vont arriver, le petit est dans le coma avec une fracture ouverte de la tête .

Est-ce que vous vous sentez capable de remonter et de leur dire que votre frère va mourir s’ils ne se bougent pas.

Oui Monsieur j’y vais

Mais à ce moment-là la lampe recommence à émettre et j’apprends coup sur coup que deux gars viennent à notre rencontre avec une civière qu’ils avaient et des sangles pour le retenir. Puis ils me disent au revoir. Et un peu plus tard « Merci. »

A ce moment je pense que ce sont des gamins qui jouent à la guerre dans un château abandonné. Puis j’aperçois les deux jeunes qui arrivent. Jeunes pas tout-à-fait deux types de plus de 30 ans. Je leur indique que le frère de Toto est allongé dans l’herbe vers mes cousins. Nous descendons assez rapidement. Enfin nous voici vers Claude et Damien. Le petit n’a pas repris connaissance.

Si Damien et Claude sont étonné de voir une civière, ils n’en laissent rien paraître. Les pompiers ne vont pas tarder. Je prends avec Damien le gamin , un des gars prend la tête du petit et sans un mot sauf Claude qui compte jusqu’à trois, nous le déplaçons, en un accord parfait nous déposons le petit sur la civière. Sa jambe est déjà prise dans une gouttière que Claude habile de ses mains a fabriqué en mon absence. Ils ont veillé à ce que le bois ne pénètre pas dans la plaie. L’autre jambe ne forme plus cet angle droit. Damien a réduit la fracture, il faudra un plâtre pour cette jambe. Nous espérons que sa colonne vertébrale ne soit pas touché.

Nous allons nous relayer, Claude va être devant pour ouvrir le chemin, Damien et un des gars portent la civière. L’autre gars, Toto et moi nous fermons la marche. La descente est difficile car l’herbe sèche est glissante. Nous avançons lentement ce qui fait râler mon frère. Mais je lui dit c’est mieux que de tomber.

J’essaye d’engager la conversation avec un des deux types, mais il est muré dans un silence impressionnant. Finalement je me tais. Nous entendons la sirène des pompiers nous allons nous retrouver ensemble sur la plateforme.

Dans le village quelques lumières s’allument, le père la Baffe sort et nous voit traverser devant chez lui. Celui qui est muet semble fort ennuyé. Ils doivent se connaître, à moins qu’ils se soient battus. Je profite de sa sidération pour lui dire tu connais ce type.

Oui c’est un dingue

Parce que vous et votre bande vous ne l’êtes pas ? Vous avez vu le résultat, un gamin de 17 ans entre la vie et la mort. Vous allez nous accompagner à l’hôpital. Et surtout vous nous direz vos noms et prénoms.

Le mec doit admirer ses chaussures car ni il ne me répond, ni il daigne lever la tête. Mais lorsque nous arrivons sur le terre-plein, il y a en plus des pompiers, les gendarmes.

Mon voisin prend ses jambes à son cou, mais il n’a pas fait 100 mètres que je le plaque au sol. Un gendarme me tends des menottes et je les mets à mon prisonnier.

Une fois les pompiers parti, un des gendarmes s’approchent de moi et me dit :

Je vous ai reconnu, vous êtes de la maison Commandant Denis.

Fin de la première partie

Lumières dans la nuit/11

Notre arrivee dans le village correspond à celles de plusieurs vacanciers dont les deux familles de Hollandais. La famille de Sophie et un Monsieur qui a eu connaissance à Ruoms qu’il y avait des maisons à vendre, des ruines lui a précisé ma grande tante.

Ah !

Claude à peine arrivé l’a emmené visiter deux ruines dont une ne l’a pas laissé indifférent. Il va réfléchir, en parler à son beau-frère et il demande si ce serait possible que vers le 10/08, ils puissent s’installer avec des toiles de tente.

Claude lui a juste dit qu’il en parlerait à l’agent immobilier, ce qui me fait sourire, car c’est de mon grand-père dont il parle.

En effet c’est lui et sa sœur qui sont les représentants de la SCI de Lajaresse, petit agence immobilière qui n’a pas pignon sur rue, et qui n’a qu’un village à gérer avec des maisons plus ou moins en bonne conservation. Certaines n’ont que les murs, d’autres appartiennent a des familles qui n’ont plus jamais donnés signe de vie. D’autres encore ont cédés les pans de mur gratuitement. Peu ont essayés d’arnaquer la Famille Pol, c’est ce que me raconte Claude. Julien demande à Claude s’il y a des maisons plus ou moins dangereuses.

Si tu veux Julien nous irons demain matin visiter le village et si ça t’intéresse Xavier tu peux venir avec nous. Je pense que nos deux jeunes en profiteront pour faire connaissance. Alors qu’en penses-tu ?

Top là Claude j’ y serais.

Nous y serons, à tout-à-l’heure Cousin, je vais présenter Julien à ta grand-mère. Lorsque je frappe à la porte j’entends une discussion à l’intérieur. Il me semble reconnaître la voix de…

Oh mais j’en suis sûr, et de suite je dis à Julien tu vas être présenté à ton arrière grand-père.

C’est vrai, il est là

Oui, il discute avec sa sœur.

Je pousse la porte et, à l’intérieur il y a un couple un peu plus jeune que moi et mon grand-père.

Grand-père je te présente mon fils

Et moi Xavier je te présente ton

Frère tu n’as qu’à dire frère Papy

Je suis Damien et je suis ton frère, nous avons les mêmes parents.

En effet Xavier, mes informations étaient erronées, mais finalement, tous les deux vous pensiez être fils unique et vous voilà deux. Damien pourra te parler de tes parents. Alors aujourd’hui me voici à la tête d’une famille. Il y a encore pleins de questions que je me pose, mais nous arriverons à les régler les unes à la suite des autres.

Julien !

Julien qui jusqu’à présent n’a pas dit un mot s’avance et Jean le prends dans ses bras.

Que je suis heureux de faire ta connaissance, mais où se trouve ton petit frère.

Il est en colonie au lac de Serre-Ponçon

Mais Damien ce n’est pas là où se trouve ta fille ?

Oui elle partait cette nuit.

Quel âge a-t-elle ?

Elle aura 10 ans le 15/08

Alors Papa elle sera dans le groupe de Nico

Ton fils a 10 ans ?

Oui, comment s’appelle ta fille

Mayline

Nicolas a une copine qui s’appelle ainsi, c’est sûrement elle.

Le monde est petit ! S’exclame mon grand-père.

C’est ainsi que j’ai fait connaissance avec mon frère. Sa femme n’a pas dit un seul mot, elle est restée en retrait. Assise dans le fauteuil de Tante Lucienne. Mais une fois que nous avons échangé entre hommes, elle se lève et nous dit :

Alors la famille Pol vous nous oublié tous les trois.

Trois ? Où est le troisième demande mon Grand-père ?

Et bien là !

Elle nous montre son ventre, en effet elle attend un enfant.

Vous savez ce que c’est ?

Non pas encore, c’est un bébé de 5 mois. Nous n’avons pas voulu le savoir. Mais Mayline aimerait tant une petite sœur.

Et vous ?

Damien et moi cela ne nous dérangent pas d’avoir une autre fille ou un garçon.

Et nous voici parti dans une grande discussion autour d’un verre que nous a offert Lulu comme son frère l’a nommé.

Claude arrive, très étonné de nous voir aussi nombreux et très heureux de retrouver son grand-oncle.

Tu restes ?

Oui, je suis venu avec Damien qui est le frère de Xavier.

Et bien cette année est riche en rebondissements. Je n’avais qu’un seul cousin partis au fin fond de l’Afrique, j’en ai deux et si tu es aussi sympa que Xavier je pense que nous allons bien nous entendre.

Et bien nous verrons qui des deux est le plus sympa nous dit en riant Damien.

Vous buvez l’apéro sans moi, ah ce n’est pas sympa, moi j’étais venu vous chercher car ma douce moitié vous invite pour dîner. Par contre je dois l’avertir que de trois nous passons à sept.

Laisse, nous allons apporter ce qui manque. Sais-tu ce que nous devons manger.

Oh tu sais chez nous c’est simple. Un barbecue, une salade de tomates et des fraises.

Et bien j’apporte le fromage, en montant grand-père m’a dit de m’ arrêter à la petite ferme et nous avons pris fromages blancs frais et sec.

Et toi Xavier ?

De l’eau ça vous va ?

Tout le monde éclate de rire, quel bonheur d’être tous ensemble. Ici tout est paisible, c’est agréable, il sera temps demain de faire face aux problèmes.

Non je vous apporte du rosé, Claude m’a emmené chez un de ses clients, et il nous a servis un rosé délicat et au goût du terroir.

C’est chez Mardot

Oui c’est sa goutte d’or

Top là Xavier c’est le rosé idéal en cette saison.

Nous passons une agréable soiree sans penser au lendemain. Les soucis reviendront bien vite, hélas. Pour l’instant nous fêtons l’arrivée de Damien et sa femme. La réussite au Brevet de nos enfants ou neveux. Et nous avons eu des nouvelles de Nicolas et Mayline, ces deux-là sont comme les doigts d’une main. Nous les laissons passer des vacances tranquilles. Ils apprendront demain qu’ils sont petits cousins, cela ne changera rien à leur amitié.

Nous repartons chacun dans notre maison. Pour l’instant nous sommes tous dans la maison de grand-père nous nous arrangeons pour cette nuit, demain nous aviserons. Grand-père est resté chez sa sœur, afin de nous laisser pour ce soir la chance de pouvoir se connaître davantage. Puis, je l’ai trouvé fatigué. Il aura 80 ans le 15/08, nous le fêterons, c’est sa petite sœur qui nous l’a dit au cours de la soirée.

Reste dans ta chambre Xavier, nous prenons la chambre de grand-père pour cette nuit. Demain nous verrons comment nous nous organiserons.

Je pense que Julien va prendre une des chambres vides à moins qu’ils dorment à la belle étoile avec les jeunes vacanciers qui viennent d’arriver.

J’ai rencontré une fille , Papa

Belle,

Je n’ai pas fait attention, elle vient de Rotterdam

As-tu parlé en allemand ?

Oui

Tu vois que ça sert d’apprendre des langues.

Mais elle sait aussi parler français et son père lui a dit : »tu es en France tu parles la langue du Pays » .

Du coup ça t’a arrangé

Non car elle me l’a dit juste à la fin.

Je te taquine mon Julien, allez file et va dormir. Julien m’embrasse, je le sens moins tendu que cet après-midi. J’espère qu’il va profiter pleinement de ses vacances.

Damien et moi nous rejoignons Claude,il nous a glissé deux mots avant de partir, car il avait vu des lumières. Nous avons chacun une grosse lampe, de bonnes chaussures. J’ai une matraque, dont j’éviterais de me servir ou en cas de force majeure. Nous allons monter par le chemin qui mène au ruisseau car, en sortant, Claude a vu des lampes qui s’allument un coup côté château et d’autres côté donjon qui semblent leur répondre. Cela lui semble étrange. Le château n’est pas en excellent état et s’il arrive un accident, nous pourrions être tenu pour responsable.

En montant, Damien pense qu’il faut déjà installer un panneau du genre  » Interdit au Public, risque d’éboulement ». Nous trouvons l’idée excellente. Dès demain nous en fabriquerons plusieurs. Car pour les maisons c’est aussi le cas.

Nous sommes arrivés à la première maison,tout est calme, nous taquinons Claude. Damien lui dit :

C’était des feux follets

Non , enfin je n’en ai jamais vu, mais je ne pense pas que cela clignote comme si deux personnes se répondent .

Genre trois courts trois longues trois courts.

Je n’en sais rien, tu connais toi Xavier

Je connais un appel au secours. C’est ce que je viens de te dire. Maintenant ils peuvent s’être donné des signes qui pour eux ont une signification. Mais l’appel au secours est universelle.

A suivre..

Lumieres dans la nuit /10

Quoi ? Ce n’est pas lui, tu te fiches de moi Julien, il était en face de ta mère, il a tiré délibérément sur elle. Je ne vous ai pas raconté je ne pouvais pas. C’était trop difficile. Mais il s’est joué de toi.

Papa écoute-moi ?

Excuse-moi, je t’écoute Julien

Il m’a aussi dit que c’est toi qu’il voulait tué, car tu représentais tout ce qu’il détestait. Et qu’au moment du tir tu avais bougé, exposant Maman. Et le tir l’a atteint en plein cœur.

Stop n’en dit pas plus, tu crois que j’ai exposé ta mère volontairement ?

Non Papa, mais je préfère te le dire

Arrête-toi Claude

Je descend et je rend tout mon repas, ce gamin m’accuse non pas d’avoir appuyé sur la gâchette mais d’avoir laissé ma femme sans protection et de ce fait il culpabilise Julien et m’accuse en même temps.

Claude discute avec Julien, ils reviennent vers moi.

Ecoute Xavier, ce que Julien veut te dire

Papa, je connais ton intégrité et jamais tu n’aurais mis en danger notre Maman. Je pense qu’il a essayé de me retourner pour que je sois contre toi.

Il ne t’a rien dit d’autres ?

Je vois Julien être embarrassé, que lui a dit ce fourbe et où était l’équipe qui protège leurs grands-parents ? L’autre est en cavale et il a réussi à se pointer à 500 mètres de leur maison.

Faut tout me dire Julien ?

Il m’a dit qu’il était allé chez Papounet et Mamounette, que que… Ta mère titubait, elle avait une bouteille d’alcool à la main et…

Mon gamin se met à sangloter, Claude et moi, nous nous regardons, puis je me précipite et prend dans mes bras mon enfant. Je le calme en lui chuchotant des mots de réconfort.

Julien si tu n’arrives pas à me le dire, je peux attendre. Tiens bois un verre d’eau. J’ouvre la glacière et lui donne une bouteille. Il essuie ses larmes et me dit l’insoutenable.

Il a demandé de l’argent à Mamounette, mais elle ne pouvait pas lui en donner car Grand-père cachait l’argent. Alors il a attendu que Papounet rentre. Il s’est planqué et il

Lui a tiré dessus ?

Non il a pris la main de Mamounette , et …

Pleure pas j’ai compris.

J’ai abandonné ma mère à l’hôpital sans prendre de ses nouvelles. Il faut que je téléphone, ça change tout ce gamin est machiavélique. Son père devait être un sale type. Ce n’est pas possible. Mon père adoptif en a fait un monstre. Je comprends mieux la raison pour laquelle les mômes de la cité m’ont menti. Christian leur avait fait la leçon et menacé.

Je m’éloigne et j’ai le service où ma mère se trouve. Aucun changement, elle est toujours dans le coma. Je demande si je dois me rendre à son chevet. L’infirmière me dit que pour l’instant cela ne sert à rien. Et elle ajoute, il y a un policier devant sa porte.

Je ne dis mot, c’est à cause de moi que la police la surveille. Pourtant elle ne va pas s’échapper. Elle avait 5 grammes d’alcool dans le sang. Une chance qu’elle ne soit pas morte. Mais je me demande dans quel état elle sera quand elle ouvrira les yeux.

J’en profite pour appeler la famille d’accueil de Julie. Je tombe toujours sur la messagerie. Cela m’inquiète, certes mes fils ne sont plus chez eux, mais ils ont encore un garçon de l’âge de Nicolas. A moins qu’ils soient partis en vacances. J’étais pressé je ne leur ai rien demandé. Je vais appeler mon ami, il me dira si les gendarmes continuent de les protéger.

Et bien non dis-je à Claude lorsque je raccroche. Ils n’ont plus mes enfants donc plus de surveillance.

Oh ne t’inquiètes pas, ton fils m’a dit qu’ils avaient fait les bagages du gamin qu’ils ont.

Ah je vais lui demander sans lui faire peur.

Ils partaient Papounet Mamounette ?

Oui ils vont dans un village de vacances en Ardèche

Ah bon et à quel endroit ?

A Voguë

Je connais, nous sommes à 20 minutes environ. Et à Voguë ils ont le même château que le nôtre mais bien mieux conservé.

Papa je peux les appeler pour leur dire que nous ne sommes pas loin de chez eux.

Ce soir, je dois d’abord m’assurer de plusieurs choses.

D’accord Papa

Je caresse la tête de mon fils, je vois que malgré la mort de sa mère il est resté ce gamin droit et franc mais sensible. L’avoir avec moi me fait chaud au cœur. Il nous reste à peine dix kilomètres il faut que je lui apprenne que j’ai retrouvé un grand-père et toute une famille. Il me manque juste mon vrai père et quant à ma mère, seul mon père pourra m’en parler. Un demi-frère, des cousins et des oncles et tantes.

Et bien Papa toi qui n’avait pas de frères ni de soeurs te voilà avec une grande famille. Tu sais Papa je suis bien content. Je pourrais aller me baigner. Et j’ai toujours rêver de descendre en canoë-kayak l’Ardèche, tu crois que ce sera possible.

Tu ne dis rien sur ta future famille, tu ne penses qu’à aller te promener, nager et faire du sport.

Il faut d’abord que je les rencontre mais s’ils sont tous comme Claude alors je pense que je vais bien m’entendre avec eux.

Nous traversons Vallon-pont-d’arc, Julien regarde les vacanciers, mais nous nous éloignons et petit a petit nous attaquons la montée, c’est Claude qui conduit il a l’habitude de chaque tournant en épingle à cheveux. Nous garons le véhicule en le fermant à clefs, ce que jusqu’à présent personne ne faisait. J’en fait la remarque à Claude.

Depuis les fenêtres saccagées et les bruits entendus mon père est méfiant et il me l’a conseillé.

A suivre…